Le parfum

Par Marine

C’est bientôt Noël, ça ne vous aura pas échappé. Sinon, je vous conseille une rapide incursion sur les Champs Elysées, ce sera très clair dans votre tête. Avec l’aimable concours de Vingtenaires Inc., Marine teste pour vous un parfum, A-Men, la version pour hommes de Angel, de Thierry Mugler. L’offrirez-vous à Noël?

« C’est en puisant dans ses souvenirs d’enfance que Thierry Mugler a trouvé l’inspiration pour « Angel« , son premier parfum. Dans cette fragrance est cristallisée toute la magie de l’imaginaire du créateur : senteurs de fêtes foraines, odeurs de barbe à papa, ambiance des goûters organisés par sa grand-mère… » Effectivement, grand-mère; on tient le bon bout, je crois…

Je reconnais les qualités indéniables de Thierry Mugler dans certains domaines : la bouteille est très belle, la campagne de pub, éthérée à souhait mais si seulement le parfum avait pu l’être aussi… Quand je sens Angel, je ne pense pas à un ange évanescent mais à ma prof d’histoire-géo de première, celle qui disait « objurgations » au lieu d’avertissement. Angel, c’est pour moi la première fois qu’un ange est associé à une sorcière.

Remarquez, je suis pas un bon public au départ, je supporte pas le parfum. C’est physiologique. Ca me donne des nausées. Quand je vais dans une parfumerie, j’y reste 10 minutes montre en main, en apnée, et je ressors avec une furieuse envie de rendre à l’humanité ma salade croutons-gésiers du midi. Petite biographie parfumée. Ma mère est prof. Comme tous les profs elle adoooore le parfum surtout si il sent fort. Tout y est passé, Rive Gauche, Amarige, Poison, … Angel. Le seul qu’elle a pas aimé, c’est Champs Elysées, normal, il avait une odeur légère. Moi, c’était mon préféré. Vous l’aurez compris, j’ai eu une enfance difficile. A cinq ans, on m’offre Céleste, le parfum Babar (j’ai encore le flacon chez moi). Il sert surtout à la déco. A 12 ans, je suis dans ma période « Eau Jeune », il y a un top model dans la pub Démon, j’acquiers le parfum. Le flacon est presque plein aujourd’hui. Finalement les parfums bon marché, c’est pas du tout une économie, on s’en lasse trop vite, on n’en veut plus au bout d’un mois. A 14-15 ans, victime de la mode, je veux et j’exige CK One. Pour être comme Kate Moss? Le mystère reste entier.Toujours est-il que celui-là, je le mets… pour me coller une migraine tous les soirs. Au bout de quelques mois (on n’est pas sérieux quand on a 17 ans) j’abandonne la bataille. En gros, le choix est simple : ou je mets le parfum sur mes vêtements, et là, complètement absorbé par le tissu, impossible qu’il s’évapore, et moi j’y ai droit avec intensité toute la journée, c’est horrible j’en ai des papillons dans l’intestin grêle en fin de journée (glamour is not a crime). Ou je le mets sur ma peau et là c’est génial, je fais virer tous les parfums, je pourrais me mettre un très évanescent très subtil J’Adore de Dior, au bout d’une heure, on dirait une contrefaçon achetée sur le marché de Casablanca un 27 juillet à l’heure la plus chaude. C’est bien simple ça a l’odeur de l’alcool à 90. Comprenez qu’au départ, la nature ne m’a pas gâtée. Comprenez qu’un homme qui se parfume trop, en plus de trouver ça louche (mais … mais… il se lave pas ou quoi?), je suis assez vite indisposée. Comprenez que j’ai assez peu de chances de conclure avec un homme si je sais qu’au bout d’une demi-heure je vais devoir faire des exercices de respiration pour rester en forme.

Revenons à  A-men. Avant lui, Angel. Le pari initial était donc de créer un parfum à l' »odeur de fête foraine ». Pari gagné. Une fête foraine, c’est des enfants qui rient, de la barbe à papa, des animaux rieurs, des attractions sympa. Mais une fête foraine, c’est également des ordures partout par terre, des ânes qui chient, des gens qui font la queue pour la grande roue (et développent une sudation supérieure à la normale) et des forains à l’hygiène assez peu conventionnelle.En deux mots, ça pue. Jusqu’ici, on est d’accord (si vous êtes pas d’accord, le navigateur « Marques-pages » est juste au-dessus de cette page, vous pouvez changer de site, il n’est pas trop tard). Des fois, un cri du coeur permet à quantité d’esprits de s’unir. Vous êtes nombreux, chers lecteurs, à être de mon avis sur Angel. Toutefois, on m’a demandé : et A-men? Qu’en penses-tu, Marine? Premier a priori mitigé. D’une part, le traumatisme d’Angel. D’autre part, le nom est très bien trouvé. Il garde la tonalité mystique, et il joue avec le côté Angel au masculin, j’aime bien. Il a une réputation aussi. Sur ces pages, il a l’air d’avoir du succès, on me le vend comme aphrodisiaque, entre autres… Puis, comme je suis consciente que j’ai une mission à remplir, je m’y colle. Samedi dernier. En pleines courses de noël. Je me rends à mon concessionnaire de parfums le plus proche. Je prends une grande bouffée d’air avant de rentrer. Je me dirige vers le rayon hommes d’un pas ferme et décidé, prête à tout envoyer valser sur mon passage. Je prends un testeur. Je prends A-men. Je vaporise sur le testeur. Je cherche la sortie la plus proche, je frôle l’apoplexie (oui bah essayez de trouver un parfum pour homme dans un concessionnaire de parfum un samedi après-midi en période de Noël pour voir)…
Bon, je sens l’affaire. Première impression, c’est boisé. Donc je pourrais dire A-men, ça fend du bois. Mais ça vous avancerait peu. Disons que oui, c’est viril. Deuxième impression, une heure après, c’est chocolaté (ça doit être l’aphrodisiaque, ça)… du coup c’est un peu écoeurant, mais c’est l’effet dit « testeur ». Au final, il n’est pas désagréable, rassurez-vous messieurs, il ne m’a pas provoqué les haut-le-coeur de son confrère « pour femmes » et ça sent bon. Mais je dirais pas que c’est la révolution olfactive non plus. Donc, lecteur, à acheter et à porter si tu veux compléter ton apparence d’homme qui en impose le matin à la Défense. A porter si tu veux draguer en soirée sur les Grands Boulevards, sans doute. C’est le genre de parfum qui se porte sur costard. A offrir, lecteuse, à ton père/frère, parce que ça sent bon, et que tu les vois pas exactement tous les jours non plus (sympa pour la belle-doche, elle va se taper les migraines à parfum). Mais attention, petite mise en garde, pas à ton mec, parce que c’est quand-même un peu entêtant. Ou alors à ton mec, si vous vivez pas ensemble. Comme quoi l’achat d’un parfum, c’est aussi l’occasion de redéfinir l’intensité de ta relation à tes proches, et ça aussi, c’est la magie de Noël. Finalement, à tout prendre, moi, en parfum pour hom
mes, je préfère le Mâle, de Jean-Paul Gaultier. Celui-là, oui, il me rend toute frémissante.

Les sextoys, le truc des filles branchées ?

Quelques jours avant Noël, dans une parfumerie chut-chut pas de marque. Une Nina cherche désespérément un éventail en plume rose pour être la plus belle au réveillon. Notre pauvre amie ne trouve pas son bonheur mais par contre, elle aurait pu se consoler avec un mignon petit canard rose Chantal Thomas. Un canard rose, me direz-vous ? Mais notre amie Nina a passé l’âge de jouer avec des canards. Mais, lecteur, ce canard-là, il est justement pour adulte.
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Lectrice, si tu veux être hype, il te faut, toi aussi, un canard vibromasseur dans ta salle de bain. En janvier, je retournai dans notre parfumerie, désirant acheter de la poudre de bain pour mon week-end breton… et un canard. Après tout, quitte à avoir un mignon petit canard rose qui me fait grimper aux rideaux, autant y jouer à deux. Damned, il n’y en avait plus. Et voilà comment Nina n’aura jamais de canard vibro rose qui aurait pourtant été parfait pour sa salle de bain. Tant pis, je m’en achèterai un jaune.
 
Aujourd’hui, toutes les filles ont leur sextoy ou presque. Par exemple, Emma et moi avons un petit vibro, du type ladyfinger (ridiculement petit), Jules pour elle, Ernest pour moi. On les aime, on les trimballe partout, même dans le métro un jour d’attentats à Londres. Ceci étant, j’ai fouillé dans mon sac tout à l’heure pour y chercher mon billet de train, j’y ai trouvé du gel lubrifiant et un soutien-gorge (que je cherchais partout, je me demande ce qu’il fout là). Bon, faut dire ce qui est, moi, Ernest, il me sert plus à le prendre en photo sur mon étagère qu’à m’envoyer au septième ciel parce qu’il est vraiment petit. Mais bon, je suis une fille in, j’ai un vibro et quand j’en parlais à mes amants meetic, ça les faisait rêver (alors qu’ils ne s’en sont jamais servis, finalement, bande de petits joueurs). Bon, après, j’ai des menottes et un pistolet à bout rouge mais ce sont pas des jouets sexuels, ça, ce sont des jouets tout court. Franchement, attacher quelqu’un avec ses menottes là ne sert à rien : à peine on tire dessus qu’elles se défont.
 
Ma première expérience avec un sextoy remonte à 1999, à l’époque où j’étais avec Pierre le Pervers, évidemment. Il avait un coffre plein d’objets sexuels dont des boules de geisha qu’il décida de me faire essayer. C’était celle avec des picots, histoire de bien stimuler. Et j’avoue que pour être stimulée, j’ai été stimulée, j’ai passé la journée à soulager ma pauvre vessie qui ne comprenait pas pourquoi elle était soudain aussi sollicitée. Déception totale, donc. J’ai entendu de tout sur les boules de geisha, apparemment, je ne suis vraiment pas la seule à ne pas avoir ressenti grand chose avec mais quelque part, j’aimerais réessayer, pour voir… A propos des boules de geisha, j’ai traumatisé Clara le jour où je lui ai dit que j’avais déjà essayé, à tel point qu’au milieu d’une soirée avec son meilleur ami et les potes de ce dernier, elle s’écria « ouais, toi, tu fais des trucs dégoûtants comme les boules de geishas, là ! ». Bon, je suis passée au rouge et j’ai explosé de rire, tellement je m’attendais pas à ça et un jeune homme m’a plus lâché de la soirée. A retenir comme plan drague.
 
Autre fois où je me suis retrouvée « confrontée » à un objet sexuel, ce fut chez Laurent, qui se révèle être l’équivalent de Pierre, sur certains points, finalement. A un moment, il me montre un truc bizarre, une espèce de gaine en plastique qu’on enfile à la base du pénis avec des picots sensés stimuler le clitoris. Là, j’avoue que j’ai rigolé le truc avait la largeur d’un doigt et même si c’est extensible, Laurent mettait des préservatifs XL et pas pour se vanter donc je ne vois pas comment il aurait pu rentrer là-dedans. Pas testé, pas d’avis.
 
En mars, Emma et moi avons prévu une virée au sexodrome, lieu qui m’interpelle quand même. Comme dirait Axelle Laffont  « J’ai jamais vu autant de bites de ma vie sur une étagère… SUR UNE ETAGERE ! ». Quelque part, les sextoys, c’est amusant mais aussi un peu repoussants. Il y a des trucs vraiment immondes genre les bouches en plastique mou pour les messieurs… J’ai mis mon doigt dedans, j’avais l’impression de m’enfoncer dans du dégueulis gélifié, quelle horreur ! Concernant les godes, certains sont franchement effrayants. Mon Ernest, il est peut-être petit mais il est tout joli, doré et arrondi. C’est pas que je sois une maniaque de l’esthétique mais j’aime bien les choses jolies, surtout si elles doivent visiter mon vagin ou toute autre partie de mon anatomie. Quelque part, je trouve les godes munis d’un excite-clito assez effrayants car l’excite clito tient plus de la queue de
scorpion que d’autre chose. J’ai l’impression que ça gratte plus que ça ne caresse… Il y a aussi les énormes godes tout mous en plastique souple. Dans Six feet under saison 1, à un moment, le
frère de Brenda offre à sa sœur un panier rempli de godes et autres joyeusetés (oui, il est dérangé) et Brenda prend cet espèce d’énorme gode qui me fait penser à de la saucisse toulousaine et là, je me demande comment on peut être excitée par un truc pareil.
 
Je pense que les créateurs de godes et autres vibromasseurs en ont tout de même confiance puisque dans la pléthore de modèles proposés, on en trouve vraiment de très jolis, nacrés, transparents à paillettes (ça me fait rire, ça). Pour tous les goûts et pour toutes les formes. Quitte à s’envoyer en l’air avec un bout de plastique plutôt qu’avec un homme, autant le choisir à notre goût. J’en avais vu un très joli transparent et légèrement rosé, j’en avais parlé à Mister Big et Gauthier, mes 25 ans approchant, mais non… Donc je le dis clairement, pour mes 26 ans, si vous devez m’offrir un jouet sexuel, ce sera la cravache, merci.
 
Avoir un sextoy, est-ce être une femme libérée ? Je suis pas convaincue dans la mesure où ne pas en avoir ne signifie pas ne pas avoir d’auto-sexualité. De temps en temps, rien ne vaut la douceur de mes blanches mains pour m’envoyer toute seule comme une grande au septième ciel. Mais bon, ça permet de varier les plaisirs. Mais malgré la gamme incroyable de choix, je trouve que rien ne vaut un homme, quand même… Parce qu’en plus du plaisir, on a la tendresse. Et puis, ce que j’adore avec un mec, c’est le soudain changement de rythme que j’ai pas forcément senti venir, quand il donne de petits coups rapides et que soudain, il s’enfonce profondément en moi, longuement, brutalement… Enfin, bref, je vais pas m’étaler là-dessus… Donc, voilà, ce que j’aime dans le sexe, c’est un peu la surprise. Avec un gode, c’est moi qui le maîtrise donc a priori point de surprise. Ceci étant, je pense que les sextoys ont un rôle important à jouer dans la découverte de son corps et de ce qui nous plaît, sexuellement parlant. Avec un gode, on peut expérimenter différents angles de pénétration (Seigneur, c’est horrible, j’ai l’impression de faire un cours de science), trouver ce qui nous convient le mieux, localiser son point G, etc. Ce qui n’est pas forcément évident avec un amant.
 
Bref, les sextoys, c’est marrant, faut quand même l’avouer, même si certains sont plus glauques qu’autre chose. Vivement le mois de mars, hein Emma !