Le grand public a-t-il forcément mauvais goût ?

Il y a quelques temps est sorti le film Astérix et les jeux olympiques que je n’ai pas vu. Les critiques ont massacré ce film et globalement le public aussi même s’il fut très nombreux à se rendre dans les salles. Alors, là, je me suis demandé : est-il si courant que critiques et grand publics soient opposés que les uns et les autres ne s’écoutent plus. A moins qu’ils n’aient pas les mêmes buts quand ils vont au cinéma.

Qu’est-ce que le cinéma ? Ca dépend. Ca peut être un art avec des films très torturés, compliqués, soignés. Par exemple, j’ai regardé Le mépris avec Gabriel l’autre jour, film que je voulais voir depuis que j’avais lu le roman de Moravia, mon romancier préféré. Sur le coup, on est un peu surpris, on apprécie les prises de vues, le jeu de perspective… Mais c’est surtout le lendemain qu’on s’est dit que, ouais, il est quand même fort ce film. Un peu comme Mulholland Drive : on sort de là circonspect puis après réflexion, on se dit qu’on a passé un bon moment de cinéma.

Mais le cinéma est aussi un divertissement. Le cinéma pop corn comme on dit. On laisse le cerveau à l’entrée de la salle et on se laisse aller pendant deux heures, en espérant qu’on rigolera ou qu’on frissonnera, selon le genre. Aussi vite vu, aussi vite digéré. C’est un peu comme la BD, finalement, c’est un art avec du bon et du moins bon, du très soigné ou des traits simples…Dans le cas d’Astérix ou encore Bienvenu chez les ch’tis (que j’ai pas vu non plus mais après avoir lu tous les commentaires sur le sujet, j’ai plus envie de le voir, surtout que je connais la fin), c’est vrai qu’on va pas s’extasier sur l’image ou le scénario.Mais devinez quoi : c’est pas fait pour. Alors évidemment, quand on est critique de cinéma et qu’on est payé pour avoir une haute opinion du 7e art, on a du mal à s’extasier sur ce genre de films. Mais je trouve souvent qu’on oublie le but du film : divertir. Si je suis allée voir « Il était une fois » au cinéma, ce n’était pas pour réfléchir ou pour en prendre plein la vue, c’était juste pour passer un bon moment. D’ailleurs, il est pas mal du tout ce film, surtout pour les jeunes filles de notre âge, nourries aux dessins animés Disney à la Cendrillon ou la Belle au bois dormant.

Alors du coup, peut-on forcément conclure que le grand public a mauvais goût. Selon Bourdieu pour qui le bon goût est défini selon des critères bourgeois, oui, bien sûr. Mais soyons nuancés. Evidemment que des films grands publics ne réunissent pas les ingrédients d’un grand film, au sens artistique du terme. Mais peut-on réellement reprocher aux gens de payer 9 euros pour voir un film qui va les divertir durant deux heures ? Evidemment, on peut trouver déprimant le succès d’un navet intégral comme Astérix tout comme on peut regretter le succès de Cauet à la télé. Moi, ça, ça me navre vraiment. Mais d’un autre côté, moi aussi je regarde des merdes télévisuelles, je regarde des séries qui me font rire à leurs dépens, des émissions de télé réalité où on peut se moquer des candidats (Next ou l’ile de la tentation mais pas la star ac, faut pas exagérer non plus). Et puis y a parfois des documentaires qui sortent de l’ordinaire comme l’odyssée de la vie qui m’avait réellement scotchée.

Bref, pourquoi à tout prix brocarder le cinéma populaire ? D’autant que les films salement rabaissés aujourd’hui seront peut-être les films cultes de demain, un peu comme les Valseuses. Bon, après, y a des films qui sont universellement nuls, genre « on se calme et on boit frais à St Tropez ». Non mais déjà, qui a pu trouver un tel titre ? Rien que ça, ça donne pas envie de le voir. Mais finalement, même s’il est à peu près sûr que cet Astérix là ne restera pas dans les annales, y a quand même des gens qui l’ont apprécié. Si, si, j’ai vu des avis positifs ! Alors peut-on reprocher à ces gens là d’avoir un humour de merde et qu’ils devraient avoir honte d’avoir filé de l’argent à une daube pareille ? Et bien, si eux ont passé un bon moment, n’est-ce pas tout ce qui compte. Et puis être bon public, c’est une qualité, c’est agréable de pouvoir rire de tout, aussi.

Courrier des cœurs, réponse à Alice

Cette semaine, Alice nous a soumis la question suivante : « si on a des fantasmes et potentiellement quelqu’un enclin à les réaliser, est-il dans notre intérêt de le faire? Faut-il réaliser ses fantasmes? »


La cellule Love and sex des vingtenaires s’est réunie et voici ce que ça a donné :

Diane : Le gros problème de base, avec la réalisation des fantasmes, c’est: est ce qu’une fois réalisés, ils ne vont pas en perdre du coup tout intérêt? L’intérêt n’est-il pas, au final,  davantage dans le fantasme lui même que dans sa réalisation…

Mais je pense que le mot « fantasme » est à dissocier de celui de « désir » en cela que le désir, c’est quelque chose que l’on ressent (plus ou
moins consciemment, merci docteur Freud), et que le fantasme, je situe plus cela dans le domaine de la réalisation.

En gros, réaliser son fantasme serait un peu un pléonasme, vu que, fantasmer, c’est déja en quelque sorte la réalisation imaginaire de son désir, la mise en scène de son désir par l’esprit.

Et comme ce qu’on s’imagine dans notre petit cerveau est toujours mieux que le réel (forcément, vu que ça émane directement de ce qu’on est en profondeur, et que c’est fait entièrement et complètement pour nous satisfaire, tout en sachant absolument ce qui nous plait et ce que l’on veut), eh bien j’aurais tendance à dire que certains fantasmes seront toujours plus beaux et appréciés s’ils restent chimères…

….Mais que d’un autre côté, dans la pratique, je me dis aussi qu’il vaut mieux un réel un peu décevant que pas de réel du tout, hein…

Tout en gardant à l’esprit que tout dépend de la nature de la transgression aussi hein (vu que fantasme dit forcément transgression, transgression de ce qu’apprennent la société, les parents, les bonnes moeurs etc…): il y a certain fantasmes qu’il faut savoir garder pour soi . Exemple: si ton grand fantasme est d’enlever ta voisine et son caniche nain et d’entamer avec eux un ménage à trois…eh bien je te conseillerais alors de t’abstenir. CQFD.

Nina : Ah, les fantasmes, grande question. On en a tous et ce qui est magique, c’est qu’ils évoluent. Alors pour ta question, je dirais que ça dépend surtout de la gestion de l’après. Réaliser un fantasme si on en a les moyens, je dis oui. Mais, parce qu’il faut quand même apporter une nuance je dirais qu’il faut voir si on assume après ou pas, s’il peut y avoir des conséquences néfastes ou pas. Si c’est juste l’occasion de se faire plaisir en toute sérénité, aucune raison de reculer. Puis une fois qu’on a réalisé un fantasme, on peut s’en trouver un autre. Si tu veux, on pourra te suggérer des idées.

Tatiana : Alors j’ai envie de te dire oui et non. Oui car réaliser un fatasme c’est quand même vachement cool et c’est pas tous les jours qu’on a l’occasion de le faire. Et non car pour moi un fantasme c’est avant tout quelque chose qui ne peut pas se réaliser ou qui n’est pas fait pour être réalisé. Disons que si tu réalise ton fantasme tu prends le risque de connaître une période de frustration. Un fantasme en fait c’est un peu comme l’attente avant noël lorsque tu es petit. Je pense que tu as du connaître cela : on est en décembre et tu as tellement hâte d’avoir tes cadeaux de noël. Plus les jours passent et plus la hâte grandit jusqu’au jour ultime. Tu déballes tous tes cadeaux et soudain c’est la black out : tu as ouvert tous tes cadeaux. Maintenant tu devras attendre l’année prochaine avant de connaître à nouveau une telle montée d’adrénaline. Alors voilà ce qui risque de se passer si tu réalise ton fantasme. Maintenant c’est à toi de voir.

Lucas : Pour résumer, encore une fois on a qu’une seule vie. Si ledit fantasme n’a pas de conséquences pour autrui et qu’on risque uniquement d’écorner notre répioutèycheun, où est-le problème ?? J’en verrais deux et qui n’en sont pas vraiment.
Le fait d’avoir au village sans prétentions une mauvaise réputation ?
La crainte de ne plus avoir de raisons d’aller de l’avant ?
Je crois qu’il ne faut pas confondre le fantasme (par nature épisode fugace,sortant de l’ordinaire) et les projets. Et puis j’ai vraiment envie de croire qu’à chaque age de la vie il est un fantasme et que notre bonheur passe par leurs réalisations. Bon, pour autant, des fantasmes j’en ai réalisé aucuns et je ne suis pas déprimé/replié sur moi. Mes fantasmes ? Qd j’étais gamin c’était piloter un Tom Cat (merci Tom Cruise…), qd j’étais lycéen c’était diner un soir avec Andie Mc Dowell et passer la nuit avec elle, quand j »étais en Droit c’était déporter et exterminer tous les énarques, etc… (oui, j’ai des fantasmes trop délire). Donc oui, réalisons nos fantasmes. N’oublions pas qu’en espagnol fantasma c’est le fantome. Alors à quoi bon courir après des fantômes sans jamais les atteindre ? Jut Do It !
(cette réponse est à lire avec un fonds sonore adéquat. Au hasard J’irai ou bout de mes rêves… mais moi j’dis ça j’dis rien.)

Si toi aussi, tu as une question qui t’interroge, n’hésite pas à nous soumettre ta question en comm ou mail. On te répondra avec toute la dérision qui est nôtre.

L’agitation du mouchoir blanc

Parfois dans la vie, on est un peu triste et on se dit qu’on est stupide d’être triste pour « si peu ». Mais le si peu, c’est une chose très relative. Hier soir, j’étais sur MSN (en hors ligne, je précise pour ceux qui m’auraient pas vue connectée) quand ma Vicky vient me parler. Et là « ce soir, j’ai besoin de ton soutien affectif : je tue Vicky ».


Curieusement, ça m’a un peu minée. Je respecte sa décision et ne ferait pas de chantage affectif pour qu’elle reprenne son blog, ce serait ridicule. Mais ce soir, j’ai le sentiment de fin d’époque. Oh, personnellement, la Vicky, je continuerai à la voir, on a déjà deux week-end en amoureuses de prévu, des soirées… Donc techniquement, la fille derrière la blogueuse ne me manquera pas puisqu’on continuera à se voir. Mais quand même, Vicky, c’était un peu ma chouchoute de la blogosphère, ma chérichounette à moi. Quelque part, c’est normal que je vive bien mon célibat, j’ai tout l’amour et l’affection dont j’ai besoin. Quand ça va, on se voit, quand ça va pas aussi, elle m’a même vue pleurer (ce qui est assez rare vu qu’en général, je pleure en cachette… Quoi que bon, là, j’ai pas pleuré depuis un bail mais je vais pas aller me forcer non plus). Elle est arrivée dans ma vie pile au bon moment, quand j’étais au fond de trou sous la vase. Depuis, je suis devenue quelqu’un de bien à mes yeux (enfin, mieux qu’avant) et je me dis qu’elle est pas étrangère à tout ça.

Bon, fin de l’éloge de la personne, elle n’est pas morte en vrai, c’est juste son blog. Mais tu vois, la blogosphère, c’est pas rose. Souvent, ça sent mauvais et ça ressemble à un mauvais épisode des feux de l’amour. Machin s’est engueulé avec truc qui déteste bidule. Et vas-y que ça trolle, ça règle ses comptes à mots couverts ou pas…Alors du coup, je me sens bien dans notre coin, avec les copains vingtenaires et les blogs amis (lesquels ? Mate les liens). Je suis un peu sortie des histoires de blogs compliquées et c’est pas plus mal.

Mais quelque part, je la comprends, Vicky. Y a des jours où ça saoule d’être Nina, aussi. D’un autre côté, ce blog reste mon bébé et pour le moment, j’ai aucune raison d’arrêter. Je m’expose plus vraiment, je raconte parfois des conneries sur ma vie sur mon autre blog mais à coup d’un article par semaine (alors que j’en ai plein en préparation en train de moisir mais, incroyable, travailler prend du temps). Mais je me sers plus du blog pour me psychanalyser parce qu’en fait, tout va plutôt bien dans ma vie. J’ai parfois la sensation que le personnage de Nina se dissout un peu et du coup, ça m’a redonné un nouvel élan. Sans parler des séries, ça m’amuse, ça, surtout celle de l‘homme. Faut que je prépare des trucs pour l’été, d’ailleurs, genre une saga comme celle de Marine mais là, de suite, j’ai pas l’inspiration.

Mais revenons en à Vicky, quelle égocentrique cette Nina ! Ca me chafouine bêtement que la demoiselle quitte notre blogobulle, sans doute une espèce de nostalgie. D’un autre côté, de façon totalement égoïste, je me dis que Vicky, je la partagerai plus avec ses centaines de lecteurs. Juste avec Babysitter et la girlie team mais là, ça va, je veux bien prêter.

Bye bye ma chérichounette. On se retrouve  dans la real life très vite ! Tu veux manger quoi dimanche au fait ? En attendant, je garde ton araignée, qu’elle se sente pas abandonnée !

L’homme est une femme comme les autres (et vice et versa)

(La chômagie reprendra après les ponts du mois de mai)

Y a quelques années, tout le monde ne jurait que par le livre « les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus », sorte de bible psychologique du genre qui nous explique que si on se comprend pas, c’est normal, on ne marche pas pareil et ce sera comme ça pour toujours. Il y a des fois où moi-même, je dis : « pfffff, ces mecs, je les comprends pas ! ». Il est vrai que parfois, je comprends pas les hommes. Mais y a des fois où je comprends pas les femmes non plus… Et si finalement, les différences entre hommes et femmes, c’était la grande illusion ?

Hier soir, j’ai acheté GQ. J’en ai lu quelques pages puis j’ai bouquiné un peu cosmo juste après. Et là, on se rend compte quand même qu’on vit un peu les mêmes choses finalement. La comparaison serait plus juste avec Elle mais peu importe, je vais pas non plus faire une analyse de presse approfondie, j’écris un article de blog, pas une thèse. En gros, la différence majeure que je vois entre ces titres, c’est qu’on a remplacé la mode par le high tech mais pour le reste : culture, sexe et même beauté, on s’y retrouve. Et surtout les
articles à base « comprenez le sexe opposé ». Mais à bien y réfléchir, sommes-nous si différents ? Les hommes préfèrent-ils réellement les chieuses et les femmes les hommes de pouvoir ? Et bien ça dépend des filles et des garçons, y a pas de règles. Nina ou l’art d’enfoncer les portes ouvertes. Nous, les femmes, on n’arrête pas de se plaindre des diktats de la mode et des mannequin sylphides et retouchées par photoshop. C’est vrai, dans les magazines de mecs, y a que des mannequins mâles au ventre mou et poilu, tiens. Même que les hommes, ils font aussi des régimes. Et oui !

En fait, aujourd’hui, le rôle de l’homme et de la femme sont moins distincts qu’autrefois, même que ça fait hurler ce bon Eric Zemmour. Si on regarde, pendant longtemps, l’homme investissait la sphère publique, la femme le privé. Aujourd’hui, les femmes ont aussi une vie publique, une carrière… Une femme peut vivre sans un homme. De la même façon, un homme s’investit dans les tâches privées. D’ailleurs, selon une étude américaine, un juste équilibre des tâches ménagères dans un couple accroît la libido. Je vais imprimer l’article où il est fait mention de cette étude (dans GQ, c’est l’édito écrit par Anne Boulay… Ouais une femme !). Les hommes peuvent tout à fait prendre un congé parental, ils s’investissent de façon naturelle dans l’éducation des enfants, tout ça, tout ça.

Evidemment, il reste le biologique et on aura du mal à passer outre certains états de fait. La maternité, par exemple. Même dans une société parfaitement égalitaire (si tant est que ce soit possible mais j’en doute), ce seront toujours les femmes qui auront la lourde tâche de porter l’enfant. Par contre, je rêve du jour où la contraception sera vraiment l’affaire des deux parce qu’à partir du moment où le préservatif disparaît, c’est à la femme d’assurer en prenant la pilule ou en posant le stérilet…

Selon une théorie culturaliste des relations internationales, il est coutume de penser que si les femmes gouvernaient le monde, il ne tournerait pas pareil. Et bien, moi, j’en suis pas convaincue du tout. Imaginons par exemple que Ségolène Royal ait été élue présidente de notre pays et Hillary Clinton présidente des Etats-Unis (ce qui à mon avis, n’arrivera pas mais c’est pas le sujet). La face du monde en aurait-elle été changée ? Oui et non. Pas parce qu’elles sont des femmes mais parce qu’elles sont des individus. Si par exemple
nous avions eu Strauss Kahn président, les choses seraient certainement différentes aussi, ce n’est pas une question de sexe mais réellement une question de vision de la société et de caractère aussi. Des chefs d’Etat s’entendent ou non sans que leurs opinions politiques entrent en ligne de compte mais juste parce que ce sont des personnalités qui s’accordent ou pas.

Bref, tout ça pour dire quoi ? Et bien, je pense sincèrement que pour régler la guerre des sexes, il suffit de comprendre qu’elle n’existe plus. Si je ne comprends pas un mec, c’est essentiellement parce que cette personne ne raisonne pas comme moi. Tout comme ça m’arrive avec les femmes. 

Où trouver l’homme ? Episode 11 : la balade romantique

A la recherche du prince charmant

 

(Note pour toi, nouveau lecteur ou toi, ancien lecteur inattentif : cet article est une fiction, la scène suivante n’est jamais arrivée.)

La semaine dernière, lors d’un abordage en toute finesse sur un trottoir, j’ai attrapé le numéro de téléphone d’un gars plutôt pas mal. Après un échange standard de coups de fil, nous voici  à la concorde pour un rendez-vous « balade in Paris ». Hé oui, j’ai joué la provinciale paumée, il va falloir assumer et jouer les niaises à coup de « oh » et de « ah ».

Bon, il est à l’heure, bon point. Un homme motivé à l’idée de conclure avec une fille est ponctuel (ou à peu près, la ponctualité est un sport à Paris). On chemine
joyeusement dans le parc des tuileries en se demandant quoi de neuf depuis la dernière fois, on parle de nos boulots respectifs.

« Tu fais quoi ?

– Responsable de communautés.

– …

– Non, je travaille pas dans une secte ».

Ce qui est bien avec mon métier, c’est que ça fait toujours son effet quand tu donnes l’intitulé, les gens te regardent toujours un poil effrayés. Bref, après les échanges d’usage, ça devient laborieux.

« C’est agréable.

– Oui, il fait beau aujourd’hui.

– Ouais.

– …

 »


Un ange passe et il a ramené tous ses potes. Des fois, dans ces cas là, j’aimerais réellement qu’un ange passe, ça ferait un sujet de conversation, au moins.

« Et sinon, tu fais du sport ? »

Aïe, la question qui fâche. J’hésite à lui parler de ma drague sportive mais je vais me contenter de lui expliquer que je me suis ruinée le poignet en roller mais dès que je peux, je retourne à la piscine puis à la salle de sport où j’ai pris un abonnement. J’ai bien compris que je choperai pas là-bas mais au prix de la salle, faut rentabiliser, hein. Et là, il me parle de sa passion pour le foot, le sport ultra national qui ne m’a jamais réellement passionnée, même si je fais des efforts. Et là, le garçon, taquin, me demande « c’est quoi ton équipe préférée ?

– Oh moi, le foot… Et toi ?

– Devine ! ».

Et là, je prie l’escouade d’anges qui nous escorte de ne pas parler à un fan acharné des fois que je me plante d’équipe. Non mais c’est vrai, si le mec, c’est un ultra de Boulogne et que je réponds l’OM, je sens que je vais rigoler. De l’autre côté, les ultras de Boulogne, je suis pas sûre d’avoir envie de les fréquenter, je sais pas pourquoi… On n’a pas le même humour. Bon, allez on se lance « Heu… l’OL ? ». Bon, je me suis trompée mais ça le fait rire, c’est donc pas un ultra, il n’aime même pas le PSG. Mais voilà, maintenant qu’on a joué au devine-mon-équipe-de-foot-préférée, nous revoici dans nos grands silences contemplatifs.

On s’arrête à un café. Peut-être qu’il n’arrive pas à marcher et parler en même temps ? Assis, il n’est pas plus bavard. Bon, on va s’entraîner à touiller le café. Comme c’est passionnant. Bien, là, il est temps de trouver une bonne excuse pour fuir. Il est mignon mais il n’y a aucun feeling entre nous, c’est un fait. Hop, je lui raconte que je dois voir ma sœur pour dîner chez elle. « On se rappelle », me dit-il. Je prends ça pour une façon polie de dire « toi et moi, ça le fait pas du tout, tu le sais, je le sais, on va arrêter le massacre ». Je lui tape la bise et je file fissa chez moi. En trajet, je reçois un sms : « super l’après-midi avec toi, j’espère qu’on remettra vite ça ». Je ne
comprendrai jamais les hommes.

Oh non, je suis contaminée !

Je vis une situation très pénible en ce moment, je vous raconte pas. Ah ben si, justement, je vais vous raconter. Je crois que je suis gagnée par le mal du
siècle : je deviens analphabète.


Depuis quelques temps, au boulot, je donne un coup de main à Simon pour valider les critiques des internautes sur les films pour notre site ciné. Le problème, c’est
qu’on ne les valide pas comme ça, on corrige les fautes d’orthographe. Et vous me connaissez, je suis assez tatillonne sur le sujet. Et là, on se rend compte que le niveau des spectateurs de cinéma lambda est très mauvais en la matière et je ne te parle même pas de la grammaire et de la syntaxe. Apparemment, beaucoup ont séché le cours où on apprend par exemple qu’après un point, on met une majuscule. Comme là, par exemple. Concernant les virgules, c’est même pas la peine d’y penser. D’ailleurs faire des phrases, non, non, c’est plus rigolo d’aligner des mots sur un paragraphe entier.

Alors j’avais pensé vous faire un best of mais il y en a tellement en fait que je ne saurais pas lesquelles choisir. Déjà, j’ai découvert que les Français n’avaient
globalement rien compris aux participes passés. Er, é, ée, és… Non, ça l’amuse pas de le savoir, il y  va au pif. Le c et ç n’a plus la côte non plus, on met des s partout, on ne sait jamais, sur un malentendu…Ah par contre le c fait son apparition sur les possessifs, là où il n’a rien à faire. Bref, nos internautes réinventent le français en me faisant pleurer très fort. Sans parler des fautes de frappes. Alors certains me diront « nul n’est parfait, faute d’inattention », ok sauf que quand tu écris un message de 3 lignes, ils pourraient au moins se relire. Et quand t’as aucun participe passé accordé correctement, les s absents et co, j’appelle ça des problèmes d’illettrisme. Il y a quelques années, Yohann m’avait dit « tu vois, y a des  tas de mots qu’on utilise pas, c’est qu’on ne les maîtrise pas tellement ». Ben, là, quand je vois le nombre de français qui ne maîtrisent ni leur grammaire, ni leur syntaxe, orthographe et
qui ont trois mots de vocabulaire répétés en boucle, ça fait limite peur.

Mais ce qui me fait le plus peur dans tout ça, c’est que je suis en train d’être contaminée. Parfois, je lis ces commentaires et soudain, je ne sais plus. 1 ou 2 f
à époustouflant ? La souris, animal, c’est s ou e à la fin ? Heu, je situe pas qui est le sujet de la phrase, avec qui je conjugue le verbe ? Et nous sommes tous les trois, Simon, Ioulia et moi à souffrir du symptôme. Parfois, on entend une voix qui s’élève : « j’ai un doute, ça s’écrit comment ce mot ? ». Et là, on se rue sur le net pour vérifier (ça va plus vite que le petit robert). Et j’ai honte, j’ai grand honte. Tu vois, je peux vivre avec des ongles pas manucurés, pas vernis, juste coupés mais avec un mauvais orthographe, non !

Bref, la semaine dernière, j’étais tellement énervée par ces horreurs pour mes yeux que j’ai été à deux doigts d’ouvrir un blog orthographique qui ferait des corrections orthographiques de blogs. Parce que j’en connais à qui on n’a jamais offert de Bescherelle, j’ai envie de pleurer quand je lis ça. Je ne parle de skyblogs bien sûr, le sms, je le lis plus depuis que je n’y suis plus obligée. Mais des blogs de gens qui ont quand même fait de hautes études, qui ont des postes à responsabilité… C’est vrai que le Français est une langue compliquée mais quand même, écrire en français est à la portée de tous, ce n’est qu’une question de concentration et d’attention.

En attendant, moi, je vais lire. Dans les livres, y a presque pas de fautes.

Veste en jean et gilet

Par Tatiana

L'enfer de la mode

Le 02 mai

Les jours se suivent et se ressemblent. Je fais des books et je m’ennuie. Je supporte le rire d’ado de Clarissa et ses accès de minauderies lorsqu’elle est en présence de testostérone (non gay). Enfin, aujourd’hui mon stage a pris une tournure intéressante. On est en train de faire les retours de fringues auprès des marques car on va passer à la collection d’hiver. Du coup tout le monde en profite pour récupérer ce qu’il lorgne depuis des semaines. J’ai pris mon courage à deux mains et j’ai demandé à Big Boss s’il était OK pour que je prenne une ou deux choses, et il a dit oui ! Me voilà donc avec un gilet et une veste en jean. Ca fait bien plaisir. J’aurais au moins eu une fois un avantage dans ce stage. A part cela on a passé la journée à défaire les cartons qu’on avait fait la veille pour retrouver une paire de chaussure : les boules !

Le 03 mai

Aujourd’hui je suis dans les cartons jusqu’au cou. Les mettre dans les ascenseurs n’était pas de tout repos croyez-moi. Je commence à m’inquiéter de ma paie car ils ne m’ont encore rien donné. Normalement je devais toucher 300€ par mois mais là que dale. Il faut que je tire ça au clair. En plus, les rapias commencent à me déteindre dessus car je suis dégoûtée de rater des choses éventuellement intéressantes qui partent en retour lundi.

Mais l’essentiel du jour c’était le défilé de blondes au showroom, qui venaient chercher des fringues. Franchement c’est pas un métier pour moi car je suis bien
incapable de faire de la lèche aux journalistes. Et sur ce point une des filles est d’accord avec moi : Bettina. Au début je ne l’aimais pas du tout cette fille et en fait je me suis bien trompée sur elle. Certes, elle est un peu étrange mais c’est sans doute une des personnes la plus franche que j’ai rencontrée pour l’instant dans ce stage.

Ah oui il y a un deuxième essentiel du jour. La cellulite de Clarissa. Elle s’est ramenée avec un short en éponge super court façon sixties et l’a essayé devant
nous. Et bien le palper rouler faudrait peut être s’y mettre ma fille hein. C’est pas joli tout ça. Cette fille est fière d’être mince mais ça sert à quoi d’être fine si on est pleine de cellulite et qu’on a une peau pourrie ? Elle ferait mieux de prendre son short et d’aller faire du sport.

Le 07 mai

Il se passe un truc bizarre : Clarissa est aimable aujourd’hui. Je ne comprends pas trop ce qu’il se passe. Elle s’est peut-être trouvé un mec. En plus, j’ai eu une bonne fin de journée. On a fini avec Big Boss, son mec, Big Mother et Clarissa. On discutait tranquillement et pour la première fois depuis un mois je me suis sentie presque intégrée. Le seul problème c’est que ça ne dure jamais longtemps.

Le 09 mai

Aujourd’hui pas de stage car on avait le pont mais il faut quand même que je vous raconte la journée horrible que j’ai passée. Mon portable sonne a 8h45 ! Le
con, je ne lui ai rien demandé moi. Remarque j’étais en train de me battre contre une armée d’abeilles tueuses (téléfilm de la six la veille : note pour plus tard arrêter de regarder les téléfilms de la six). J’avais décidé d’aller chez un coiffeur pour me faire faire un soin et un massage, mais comme je ne suis pas hyper riche j’ai choisi un coiffeur pas trop cher. Grossière erreur de ma part. Me voilà dans un des salons les plus lugubres que j’ai jamais vu de ma vie. Il n’a pas été construit dans les années 70 mais pourtant on pourrait le croire vu la déco et la saleté ambiante. Les bac à shampoing ressemblent à des éviers de campings sans étoiles avec des cheveux de la fille d’avant à l’intérieur. Mais le pire c’était la coiffeuse qui ressemblait à une
ex militaire et qui en avait la douceur. Ce qui devait être un moment de détente et plaisir c’est transformé en cauchemar.

Le 13 mai

Journée épuisante : retours, rentrée des nouvelles collections qu’il faut exposer. Je commence a avoir l’impression de faire ma place dans cette univers et chose encore plus dingue : je crois que Clarissa commence à m’accepter. Elle n’est plus désagréable avec moi et a enfin appris mon prénom. Récemment j’ai eu un compliment de la part de Big Boss, ça m’a laissé sans voix. En fait j’ai rangé une nouvelle marque dans le showroom et j’ai demandé à Big Boss ce qu’il pensait de mon aménagement, car il faut être sûr que ce soit harmonieux sinon ça ne va pas. Et il m’a dit que c’était très bien. Après-demain c’est la journée de présentation de la nouvelle collection.

Le 15 mai

La crise. A 10h du matin on recevait encore des cartons de vêtements de la nouvelle collection. C’était un peu la panique car les journalistes n’allaient pas tarder à faire leur entrée. Le monde commence à arriver. Au début je suis restée un peu en retrait car je ne savais pas trop quoi faire. Puis au bout d’un moment, j’ai fini par m’occuper des journalistes. Mon boulot consiste à leur présenter les collections et les nouvelles tendances de l’hiver et elles, elles prennent des notes sur ce que tu dis, et réserve des vêtements pour les prochains shootings photos. Et puis surtout, je crois qu’elles viennent pour manger à l’œil et se raconter les derniers potins avec leurs copines journalistes. Et puis bien sûr, pour le cadeau. Car toute journée de présentation de collection qui se respecte comporte un cadeau. Au final on a pas eu tant de monde que ça et surtout c’était pas des magazines important. Maintenant il va falloir s’occuper de préparer les shoppings (c’est-à-dire ce que les journalistes ont réservé dans chaque collection).

Be subversive, fuck en levrette

Des fois, le soir, quand je sors pas, j’aime regarder des séries, quand je dors pas lamentablement devant. Et souvent, ces séries sont américaines, même si je ne néglige pas les bonnes daubes françaises comme les 5 sœurs ou les Vacances de l’amour. L’autre soir, avec Naughty, on commentait via MSN Californication et la demoiselle en a même fait deux article ( et ). De là, on a eu une grande conversation sur la levrette dans les séries

 

Depuis quelques années, la mode est aux séries « trash » à base de sex, drug et rock’n roll. A l’époque, il y avait six feet under puis Nip/Tuck, Californication et autres où les scènes de sexe sont volontairement explicites. C’est pas comme Desperate housewives où les scènes de cul sont symbolisés par les deux amants s’écrasant violemment sur le matelas. Et comme les scènes sont explicites, on décide d’aller au bout de l’ultime trasherie en mettant les personnages en levrette. En général, c’est le signe d’une sexualité bestiale, virile et hors mariage. Parce qu’en général, dans ces séries, ils ne font que l’amour entre époux (et en général, c’est ennuyeux), le jeudi soir à 22h47 et dans la pénombre, s’il vous plaît.

Dans les cas de trasheries ultimes, il est même question de sodomie. Ohlala dis donc, ça rigole plus. En fait, si, ça rigole quand même. Genre on peut facilement voir les indices pour savoir si le héros tombe amoureux : il découvre qu’il peut faire l’amour (déjà, on change de vocabulaire) en regardant la belle dans les yeux et pas dans les fesses et qu’il est même pas obligé de lui tirer les cheveux. Pour savoir s’il est un peu ou très amoureux, il suffit de compter les bougies allumées autour du lit. J’ai toujours admiré ce détail. Dans ma
vie, il me semble que j’allumerais la dernière des 100 bougies, la première serait déjà morte et mon amoureux endormi depuis longtemps. Bref, on se moque mais c’est bien l’idée : à force de subversivité, ces séries tombent dans le cliché qui ne trouble plus guère personne.

Ceci étant, je me demande : pourquoi la levrette ? Bon, ok, ça rappelle l’imagerie porno où ce type de position est plus que répandu et je pense qu’il n’y a pas plus d’explication à trouver. Bon, les scènes de cul dans ce genre de séries sont bien plus courtes, souvent qu’une courte série d’image d’à peine une minute pour montrer que le héros est une bête virile, mâchoires serrées qui s’accroche de ses bras puissants aux hanches de sa partenaire qui ouvre grand la bouche pour faire comprendre au spectateur qu’elle prend son pied. Parfois,
les femmes prennent le dessus, faut pas exagérer non plus. Là, le message est clair « je suis une dominatrice, laisse moi faire poulet ». En général, c’est le fait des hyprasexuelles tendance mantes religieuses. Par exemple, dans Nip/Tuck, la femme qui prend le dessus, c’est forcément la méchante de l’histoire, ça ne rate jamais. Tu comprends une fille qui domine notre héros pro de la levrette, elle est forcément malsaine. A la différence à la limite de Californication où Hank se fait souvent dominer mais j’ai l’impression que c’est plus par feignantise qu’autre chose. Ouais, Hank, c’est un peu un paresseux, bonjour l’arnaque ! Y a que quand il a le nez plein qu’il se décide un peu à faire son travail.

Bref, dans les séries américaines, on ne sexe pas n’importe comment non plus, ça dépend de la cible. En gros, moins tu cherches la ménagère de moins de 50 ans, plus tu levrettes. Alors question : à quand une levrette dans Desperate Housewives ?

Courrier des cœurs, réponse à Daniela

Cette semaine, Daniela nous a posé la question suivante : « Je suis en Fac, mais toujours célibataire. Etant du genre à courir plusieurs lièvres à la fois, je n’ai pas une, ni deux, mais trois cibles ! L’un a été croisé au cours d’une soirée, l’autre est un ami que je retrouve à la bibliothèque, et le troisième est mon voisin de TD. Je ne sais si je dois concentrer mes efforts sur seulement l’un d’entre eux, ou bien me jeter à la tête de chacun et voir ce qui pourra se passer. La polygamie est-elle si mal vue ? Puis-je les convaincre qu’ils sont seuls et uniques chacun dans ma vie… Etre toute à chacun d’eux sans espoir ? NB : j’ignore si je leur plais. Qu’on se le dise ! Mais que de sourires échangés, que de regards équivoques… que de films dans ma tête ! »


 

Comme tous les samedis, la cellule love and sex des vingtenaires s’est réunie et voilà nos avis :

Jane : Tout d’abord, si on parle bien de rapports amoureux, la polygamie est mal vue, oui. Ca peut être triste, mais c’est ainsi. J’ai une solution assez (trop?) simple: Pourquoi ne pas attaquer les cibles… les unes après les autres? Il y en a déjà deux qui fréquentent les mêmes endroits, donc à moins de faire comprendre aux
messieurs qu’en public, on fait comme si on ne se connaissait pas, il y a forcément un moment où l’un des deux se rendra compte qu’il n’est pas le seul et unique élu… C’est pas si bête que ça un homme!
En tentant ta chance successivement, il y a sûrement moins de risques. Sauf si l’un d’entre eux annonce fièrement à un autre qu’il t’a jeté avant que tu ne te rabattes sur lui. Il y aura quelques froissures d’ego…

Nina : La question que tu poses est finalement celle des oeufs dans le panier. Dois-je mettre mes oeufs dans le même panier et ne sélectionner qu’une cible ou explorer les 3 pistes pour essayer de conclure avec un. C’est aussi ce que j’appelle la fidélité pré-couple : et si mon futur mec apprend que j’avais d’autres mecs en vue avant
lui, ne vais-je pas briser son coeur? Alors déjà, pour répondre à cette dernière question, je vois pas l’intérêt d’être honnête sur ce point, c’est pas super valorisant un « tu sais, si je sors avec toi, c’est parce que t’as été le plus rapide, huhuhu! ». Et s’ils sont deux ou trois à mordre à l’hameçon, tu peux même la jouer bachelorette : tu passes une soirée avec chacun d’eux et tu choisis le plus mieux. Oui parce que 3 mecs à gérer, c’est utopique!

Summer : rien ne t’empêche de courir plusieurs lièvres à la fois étant donné les probabilités que les 3 s’intéressent effectivement à toi au final le choix se fera peut être seul. Si tel n’est pas le cas, je pense que les affinités que tu auras avec l’un ou l’autre te feront naturellement prendre une décision, du moins je l’espère car
vieux jeu comme je suis je ne peux faire la promotion de la polygamie. Je préfère donc ne pas me prononcer sur la deuxième partie de la question.

Tatiana : Et bien que dire ? En fait je ne sais pas trop. Dejà une blague pourrie « ah ben la polygamie pourquoi pas si on me paye le voyage ». Ok, ca c’est fait. Après je dirais que tu peux très bien courir tous tes lièvres à la fois si tu n’as pas peur de t’essoufler et que tu es bonne en endurance. Ensuite à partir du moment où ça se
concrétise tu ferais bien d’être honnête car ils finiront par découvrir le truc et ça risque de ne pas leur faire plaisir. Si tu es claire dès le départ en leur disant que t’as pas envie d’une relation exclusive, peut être qu’ils seront Ok eux-aussi. Et puis sinon tu peux toujours m’envoyer la photo et le tel des 2 restés en rade (ok je sors).

Lucas : C’est Lucas en mode cœur d’artichaut qui parle. Sauf que là on évolue dans un cas où la personne n’est même pas tombée amoureuse ! Ça me rappelle un article que j’avais lu il y a 10 ans au sujet de deux « couples », l’un entre deux filles et un mec et l’autre entre deux mecs et une fille… Perso, je n’pourrais pas. Non pas que
je sois possessif ou jaloux mais d’une part j’aurais trop peur de délaisser l’une au profit de l’autre d’autre part je me verrais mal scinder mon temps libre déjà shorty entre deux demoiselle. Pire, si j’étais un des 3 mecs de la nana : comment voulez-vous lui faire des léchouilles quand vous savez que son vagin vient d’être visité par la bite à Dudule ? Non, vraiment moi ça me bloque !
J’ai vraiment envie de croire que dans la vie il faut faire des choix. Si je vivais avec deux compagnes, je ne vois pas comment une des nanas pourrait se sentir aimée à part entière (même si c’est le cas) : elle sait qu’elle partage la vie de son mec avec une autre…

Si toi aussi, tu as une question essentielle à nous poser que ce soit en amour ou en sexe et tout ce qui a autour, n’hésite pas à poster ta question en comm (voire
en mail)

CRITIQUE DE LA LIAISON PRATIQUE

Par Diane

Plantage de décor : j’étais il y a peu en train de déjeuner avec mes amies Gudule et Cunégonde, cette dernière nous contant ses aventures avec ce qu’elle
appelle son « amant », qui équivaut en langage de djeuns contemporains, -d’après ce que j’ai pu lire dans cosmo en tous cas-  au très populaire « sex friend », c’est à
dire un jeune étalon avec lequel on biscote ardemment de temps en temps, quand on en a envie, sans attaches affectives intensives, et sans qu’il aie à venir nourrir le Chat Perceval quand on part en vacances. Devant le récit de ses biscotades légères et libidineuses, je vis soudain Gudule pousser de gros soupirs et nous avouer toute penaude que, elle qui était en couple sûr stable solide depuis plus de 5 ans, elle qui nous contait souvent ses petites joies concubinantes (et je ne vous raconte pas toutes les allusions tendancieuses qu’on peut tirer de ce néologisme là), eh bien
elle, en écoutant Cunégonde, sentit soudain le démon de l’envie s’emparer d’elle. Elle enrage, elle en désespoir, elle en mollesse ennemie de son petit couple gentillet option ikéa et dimanche en famille.

Alors moi, je compare.

1/Gudule soupire sur l’étiolement de la passion qui aux premiers temps de leurs florissantes amours enflammait leurs âmes et leurs libidos. Elle se rappelle, l’œil
humide et lointain, les temps où Childebert aurait creusé la terre jusqu’après sa mort pour couvrir son corps d’or et de lumière…

Aujourd’hui Childebert, Humain trop humain, se gratte les coudes devant le match de foot et se tripote le bide qui grossit au fur et à mesure des descentes de
bières.

2/Les Passions de l’âme ont déserté son quotidien, et elle nous rappelle qu’être en couple signifie également subir tout un tas de petits désagréments matériels
tels que la belle-mère qui critique ta ratatouille (vous mettez trop de poivrons, Gudule !), le caniche quipuequipète de la dite belle mère à sortir, et surtout à supporter,  ou encore les moultes névroses que votre cher compagnon prendra bien soin de vous imposer.

3/Gudule nous avoue qu’elle jalouse aussi ce petit goût de liberté qui a déserté ses pensées. Etre en couple, c’est être, d’une façon ou d’une autre, attaché à l’autre. Si l’on veut tout d’un coup partir à l’autre bout du monde, là où on dit qu’il y fait toujours beau (c’est là que migrent les oiseaux), il faut penser à l’autre (et si lui il veut pas ? je pars quand même ou pas ?). Ou, à échelle plus réduite, si j’ai envie de sortir le soir, de partir en week end avec une amie, il faut toujours prévenir l’autre, avoir en quelque sorte « des comptes à rendre », elle sent que ça enlève à sa vie une sorte de spontanéité.

Et à passer sa vie aux chaud dans ses pantoufles

il se pourrait alors que vos amours s’essoufflent…

Et voilà t’y pas que Cunégonde en rajoute une couche que ouaaaiiis c’est top kiffe cool la vibe le sex friend. Alors moi, je m’interroge


CRITIQUE DE LA LIAISON PURE

Cunégonde nous affirme donc que l’hédonisme est un humanisme, qu’elle se consacre à la jouissance totale et sans entraves morales ou matérielles, qu’avec son
« amant », vu qu’il n’y a pas d’attaches, elle se sent d’une liberté totale et se permet plus de choses, laisse parler ses fantasmes et ses instincts, sans se réprouver, et je ne parle pas que de biscotage, bande de pervers libidineux que vous êtes. Etant donné qu’elle ne se sent pas redevable vis à vis de lui, qu’elle ne cherche pas particulièrement à lui prouver quelque chose, à attester qu’elle est une fille bien et intelligente et spirituelle et morale et que sais-je encore, elle se sent totalement désinhibée et par conséquent laisse s’exprimer ses instincts que la bonne morale ou la Métaphysique des mœurs réprouveraient. Mais à passer sa vie à jouir de ses instincts, se pourrait-il alors que cet amour soit vain? (excusez moi lecteurs, d’avoir pour mes refrains, pris, l’esprit joueur, goût à l’alexandrin…)  

Et là, voyant Cunégonde empêtrée dans ses chimères et sachant que l’Avenir d’une illusion n’est jamais rose, je me sentis immédiatement investie d’une mission de
plombage d’ambiance et de raisonnage caractérisé. Je lui sortis donc, en contrepoint de son éloge de la folie et peut-être aussi pour rassurer notre larmoyante Gudule prête à s’enfuir à Acapulco avec Miguelito le serveur Mexicain du bar, deux arguments :

1/L’authenticité : je me demande : le fait d’être totalement désinhibé, sans  entraves aucune, est-il facteur d’authenticité ? Est-ce être vraiment soi que de ne pas se réfréner ? Est-ce que notre raison, notre morale ne fait pas partie de nous autant que nos vices ?

2/L’intimité : et là, c’est à mon humble avis l’argument en béton, celui qui fait s’écrouler les 99 autres pro-amant-coupdevent qu’on avait pu énumérer avant.
La légèreté, la liberté totale de mouvements, la pure indépendance peut aussi avoir ses inconvénients, la légèreté à son revers qui est la solitude, le manque de solidité. Ne pas avoir d’épaule sur laquelle pleurer ses états d’âmes, ne pas avoir quelqu’un qui aie besoin de nous, bref ne pas connaître ce petit frisson serein, cet étrange sensation d’harmonie et d’apaisement qui nous traverse quand on entend la voix ou quand on sent l’odeur de l’autre sur un vêtement laissé là, c’est quand même louper un sacré bout d’essentiel.

Et me voilà lancée devant mes deux amies sceptiques dans une critique ou plutot un éloge d’une hypothétique et idéale liaison dialectique, qui serait faite bien sûr
d’un dialogue entre la liaison pure et la liaison pratique,  où seraient habilement mêlés l’intime et le léger, et où une heureuse Cunédule roucoulerait des jours heureux en compagnie d’un homme à la fois raisonnable et exalté, une sorte de Roméo pantouflard qui ferait la cuisine en lui récitant du Lamartine.

Et Cunégonde de me répliquer : « A quoi ça sert d’en discuter de toute façon, puisque je suis heureuse » ….Les gens heureux sont
désespérants.