Trop beau pour toi

L’amour, ah, l’amour. Qu’est-ce qu’on s’emmerderait sans lui. Un matin, vous vous levez, votre vie est vide de ce doux sentiment, vos fantasmes sont peuplés d’acteurs et de mannequins top bueno parce que dans votre entourage, nul ne fait vibrer votre coeur. Eventuellement, en tirant un peu, vous reconnaissez que le beau mec du pôle du côté peut faire frémir votre culotte mais à force de l’avoir sous le nez toute la journée, vous vous êtes légèrement lassée. En un mot comme en cent : nul n’occupe vos pensées.

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Alors que vous cheminez ainsi, un homme vient croiser votre destinée. Il est TOUT. Tout à fait à votre goût, bourré de charme et d’humour, ouvert et cultivé et il a même cette voix grave qui vous fait frissonner des pieds à la tête. Ca tombe bien : enamourée, vous pourriez passer des heures à l’écouter parler, vous émouvant de ses connaissances, de son sourire, de son visage d’ange et de cette petite fossette, là, au creux du menton (ou de tout autre détail physique qui vous séduit. En fait, moi, je suis plus sensible aux jolis nez qu’à la fossette mais là n’est pas le débat. Enfin, je crois pas…). Bref, ce mec là, mon vieux il est terrible. Justement trop. Vous crevez d’envie de lui, ça vire à l’obsession mais vous avez la sensation de ne pas jouer dans la même cour.

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Les Américains raisonnent en terme de notation sur le sujet. Vu dans la navrante série Joey qui a trouvé comme ressort humoristique l’inceste (on en est tous très à l’aise), ce dernier explique à son neveu la règle de drague : tu es une note, tu peux viser les gens du même rang que toi, un rang en dessous et tenter le rang en dessus mais tu ne dois pas sortir de ce cadre-là. Un 8 peut tenter le coup avec un 7 ou un 9 mais si tu es un 6, tente pas le 8, tu vas te manger un râteau.

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En théorie. J’y oppose trois arguments massue (attention):
– perso, je suis bien infoutue de m’auto noter. Soit on se sous évalue (le plus souvent, je pense), soit on se surévalue.
– quel est le référent de beauté ? Je veux dire, existe-t-il seulement un canon universel à un point donné ? Actuellement, je suis une charmante blonde à la peau caramel (ok, j’exagère légèrement ce dernier détail mais c’est mon blog, j’ai le droit de survanter mon bronzage, merde) d’1m56 avec des gros seins. Pour le mec qui kiffe les petites blondes à gros seins et au teint hâlé, je dois être du 8-9 facile. Par contre, pour le mec qui kiffe les grandes brunes androgynes, je suis un 4, on va dire. Ou pour le mec qui kiffe les Noires, là, je dois descendre à 3 voire 2. Donc existe-t-il une note universelle ?
– et si je me donne une note pas top, rien n’interdit à mon 10++ d’avoir mauvais goût et de trouver qu’il grignoterait bien la note largement inférieure que je suis. Après tout, George Clooney est bien resté trois ans avec Céline Balitran (qui n’est certes pas moche mais qui était un peu une inconnue au moment des faits. C’est marrant, c’est le seul exemple qui m’est venu, si vous en avez d’autres…).

Peacemaker Premiere

Sur le papier, rien n’est jamais perdu tant qu’on n’a pas tenté. Peut-être que votre 10++ se donne un 4 et vous croit hors de portée. Peut-être que votre charme, votre charisme et votre humour vous fait gagner un joli bonus de points que vous ne soupçonniez pas. Il reste difficile de draguer un mec que vous estimez hors de portée. De 1/ le râteau vous paraît inévitable, de 2/ si vous arrivez à l’obtenir, vous aurez peur qu’il trouve mieux que vous. A moins que vous ne vous détendiez. Vous n’êtes pas si mal que ça… Et les mecs ne sortent pas avec vous par charité.

Le grand public a-t-il forcément mauvais goût ?

Il y a quelques temps est sorti le film Astérix et les jeux olympiques que je n’ai pas vu. Les critiques ont massacré ce film et globalement le public aussi même s’il fut très nombreux à se rendre dans les salles. Alors, là, je me suis demandé : est-il si courant que critiques et grand publics soient opposés que les uns et les autres ne s’écoutent plus. A moins qu’ils n’aient pas les mêmes buts quand ils vont au cinéma.

Qu’est-ce que le cinéma ? Ca dépend. Ca peut être un art avec des films très torturés, compliqués, soignés. Par exemple, j’ai regardé Le mépris avec Gabriel l’autre jour, film que je voulais voir depuis que j’avais lu le roman de Moravia, mon romancier préféré. Sur le coup, on est un peu surpris, on apprécie les prises de vues, le jeu de perspective… Mais c’est surtout le lendemain qu’on s’est dit que, ouais, il est quand même fort ce film. Un peu comme Mulholland Drive : on sort de là circonspect puis après réflexion, on se dit qu’on a passé un bon moment de cinéma.

Mais le cinéma est aussi un divertissement. Le cinéma pop corn comme on dit. On laisse le cerveau à l’entrée de la salle et on se laisse aller pendant deux heures, en espérant qu’on rigolera ou qu’on frissonnera, selon le genre. Aussi vite vu, aussi vite digéré. C’est un peu comme la BD, finalement, c’est un art avec du bon et du moins bon, du très soigné ou des traits simples…Dans le cas d’Astérix ou encore Bienvenu chez les ch’tis (que j’ai pas vu non plus mais après avoir lu tous les commentaires sur le sujet, j’ai plus envie de le voir, surtout que je connais la fin), c’est vrai qu’on va pas s’extasier sur l’image ou le scénario.Mais devinez quoi : c’est pas fait pour. Alors évidemment, quand on est critique de cinéma et qu’on est payé pour avoir une haute opinion du 7e art, on a du mal à s’extasier sur ce genre de films. Mais je trouve souvent qu’on oublie le but du film : divertir. Si je suis allée voir « Il était une fois » au cinéma, ce n’était pas pour réfléchir ou pour en prendre plein la vue, c’était juste pour passer un bon moment. D’ailleurs, il est pas mal du tout ce film, surtout pour les jeunes filles de notre âge, nourries aux dessins animés Disney à la Cendrillon ou la Belle au bois dormant.

Alors du coup, peut-on forcément conclure que le grand public a mauvais goût. Selon Bourdieu pour qui le bon goût est défini selon des critères bourgeois, oui, bien sûr. Mais soyons nuancés. Evidemment que des films grands publics ne réunissent pas les ingrédients d’un grand film, au sens artistique du terme. Mais peut-on réellement reprocher aux gens de payer 9 euros pour voir un film qui va les divertir durant deux heures ? Evidemment, on peut trouver déprimant le succès d’un navet intégral comme Astérix tout comme on peut regretter le succès de Cauet à la télé. Moi, ça, ça me navre vraiment. Mais d’un autre côté, moi aussi je regarde des merdes télévisuelles, je regarde des séries qui me font rire à leurs dépens, des émissions de télé réalité où on peut se moquer des candidats (Next ou l’ile de la tentation mais pas la star ac, faut pas exagérer non plus). Et puis y a parfois des documentaires qui sortent de l’ordinaire comme l’odyssée de la vie qui m’avait réellement scotchée.

Bref, pourquoi à tout prix brocarder le cinéma populaire ? D’autant que les films salement rabaissés aujourd’hui seront peut-être les films cultes de demain, un peu comme les Valseuses. Bon, après, y a des films qui sont universellement nuls, genre « on se calme et on boit frais à St Tropez ». Non mais déjà, qui a pu trouver un tel titre ? Rien que ça, ça donne pas envie de le voir. Mais finalement, même s’il est à peu près sûr que cet Astérix là ne restera pas dans les annales, y a quand même des gens qui l’ont apprécié. Si, si, j’ai vu des avis positifs ! Alors peut-on reprocher à ces gens là d’avoir un humour de merde et qu’ils devraient avoir honte d’avoir filé de l’argent à une daube pareille ? Et bien, si eux ont passé un bon moment, n’est-ce pas tout ce qui compte. Et puis être bon public, c’est une qualité, c’est agréable de pouvoir rire de tout, aussi.