Chuck Norris décide de l’heure qu’il est

Pendant longtemps, je fus inculte, je ne savais pas. Je n’étais pas initiée et ne riait pas quand les autres faisaient des blagues sur le sujet. Puis un jour, je sus et là, depuis, je ris avec les autres.

Tout commença par cette vidéo montrée par Simon (on travaille toujours très sérieusement)

Et là, comprenant que cette vidéo n’était pas une farce mais un réel extrait d’une œuvre avec Chuck Norris, j’ai enfin compris l’engouement pour cette personne. Je l’avoue, je ne l’ai jamais regardé Walker Texas Rangers et pour cause : déjà le générique. Le côté héros solitaire redresseur de torts, ça m’a toujours saoulée. Surtout quand le redresseur de torts est un pro Bush affirmé et qu’il officie au Texas, ça me fait peur. Yohann, à l’époque, m’avait expliqué que dans cette merveilleuse série, les méchants étaient toujours des asiatiques, pour le côté politiquement correct. Donc voilà pourquoi je ne regardais pas.

Puis Simon m’a initiée aux joies des paroles fulgurantes de Chuck. Tu me connais lecteur, tu sais à quel point j’adore les merdes télévisuelles, je les regarde avec délectation, je les brocarde. C’est une passion assez commune, y a qu’à voir comment LilVirgo et Vicky suivaient avec enthousiasme Alerte à Malibu avec moi, comme SoLong et moi parlons d’Hélène et les garçons et ses
suites
pour se remémorer qui a fait quoi avec qui, comme j’ai contaminée PinkLady avec les 5 sœurs (là, ils ont mis un transsexuel qui zozotte, c’est trop bon)… Sur le net, j’ai aussi vu sur des forums des amateurs de nanars. Bref, on a tous en nous une certaine merdophilie, la même qui fera que Cindy Sander va vendre des milliers de singles et qu’on va tous devoir danser sur Papillon de lumière sur les dancefloor cet été.

Mais pourquoi on est fan de Chuck, comme ça, pourquoi tant de fans clubs, de groupes facebook ou autres ? Mais parce qu’on arrive aux confins du ridicule. Franchement, comment peut-on rester de marbre devant de telles répliques magiques, si profondes,
si inoubliables. Evidemment, le risque serait de se faire intoxiquer par une forte dose de bushisme mais alors là, on sort la carte magique du second degré : on se fout de l’intrigue, on ne fait qu’attendre, stylo à la main, la réplique culte du jour. Deuxième risque : tomber sur un épisode nul mais pas suffisamment pour se marrer pour se marrer et donc perdre quelques minutes de notre précieux temps. Au moins, ça repose le cerveau et si on coupe juste après, notre temps de cerveau disponible ne sera pas alloué à Coca. Franchement, après une dure semaine de labeur, une détente du cerveau, c’est nécessaire.

Je t’avoue que depuis mon initiation, j’ai toujours pas regardé Walker texas rangers parce que le dimanche, je regarde pas trop la télé, surtout à cette heure là. Ceci étant, j’ai fouillé un peu sur youtube pour essayer de choper de nouvelles répliques cultes parce qu’au boulot, on n’arrête pas de dire « je mets les pieds où je veux, et c’est souvent dans la gueule » et il nous faudrait de nouvelles phrases cultes en français. Oui parce qu’on a plein d’expressions polonaises genre maintenant, face à une situation complexe genre se rendre
compte que 2 mois pour commander le mobilier de la stagiaire, c’est pas suffisant (si, si, ils m’ont entendue au service fourniture), on soupire « non mais c’est ceski film là ! ». Parce qu’en Pologne, quand tu vas voir un film auquel tu comprends rien, tu appelles ça un film tchèque (ceski), comme nous, on parle de film ousbek. Mais Ioulia m’en a soumis une nouvelle. A voir !

Be subversive, fuck en levrette

Des fois, le soir, quand je sors pas, j’aime regarder des séries, quand je dors pas lamentablement devant. Et souvent, ces séries sont américaines, même si je ne néglige pas les bonnes daubes françaises comme les 5 sœurs ou les Vacances de l’amour. L’autre soir, avec Naughty, on commentait via MSN Californication et la demoiselle en a même fait deux article (là et là). De là, on a eu une grande conversation sur la levrette dans les séries

 

Depuis quelques années, la mode est aux séries « trash » à base de sex, drug et rock’n roll. A l’époque, il y avait six feet under puis Nip/Tuck, Californication et autres où les scènes de sexe sont volontairement explicites. C’est pas comme Desperate housewives où les scènes de cul sont symbolisés par les deux amants s’écrasant violemment sur le matelas. Et comme les scènes sont explicites, on décide d’aller au bout de l’ultime trasherie en mettant les personnages en levrette. En général, c’est le signe d’une sexualité bestiale, virile et hors mariage. Parce qu’en général, dans ces séries, ils ne font que l’amour entre époux (et en général, c’est ennuyeux), le jeudi soir à 22h47 et dans la pénombre, s’il vous plaît.

Dans les cas de trasheries ultimes, il est même question de sodomie. Ohlala dis donc, ça rigole plus. En fait, si, ça rigole quand même. Genre on peut facilement voir les indices pour savoir si le héros tombe amoureux : il découvre qu’il peut faire l’amour (déjà, on change de vocabulaire) en regardant la belle dans les yeux et pas dans les fesses et qu’il est même pas obligé de lui tirer les cheveux. Pour savoir s’il est un peu ou très amoureux, il suffit de compter les bougies allumées autour du lit. J’ai toujours admiré ce détail. Dans ma
vie, il me semble que j’allumerais la dernière des 100 bougies, la première serait déjà morte et mon amoureux endormi depuis longtemps. Bref, on se moque mais c’est bien l’idée : à force de subversivité, ces séries tombent dans le cliché qui ne trouble plus guère personne.

Ceci étant, je me demande : pourquoi la levrette ? Bon, ok, ça rappelle l’imagerie porno où ce type de position est plus que répandu et je pense qu’il n’y a pas plus d’explication à trouver. Bon, les scènes de cul dans ce genre de séries sont bien plus courtes, souvent qu’une courte série d’image d’à peine une minute pour montrer que le héros est une bête virile, mâchoires serrées qui s’accroche de ses bras puissants aux hanches de sa partenaire qui ouvre grand la bouche pour faire comprendre au spectateur qu’elle prend son pied. Parfois,
les femmes prennent le dessus, faut pas exagérer non plus. Là, le message est clair « je suis une dominatrice, laisse moi faire poulet ». En général, c’est le fait des hyprasexuelles tendance mantes religieuses. Par exemple, dans Nip/Tuck, la femme qui prend le dessus, c’est forcément la méchante de l’histoire, ça ne rate jamais. Tu comprends une fille qui domine notre héros pro de la levrette, elle est forcément malsaine. A la différence à la limite de Californication où Hank se fait souvent dominer mais j’ai l’impression que c’est plus par feignantise qu’autre chose. Ouais, Hank, c’est un peu un paresseux, bonjour l’arnaque ! Y a que quand il a le nez plein qu’il se décide un peu à faire son travail.

Bref, dans les séries américaines, on ne sexe pas n’importe comment non plus, ça dépend de la cible. En gros, moins tu cherches la ménagère de moins de 50 ans, plus tu levrettes. Alors question : à quand une levrette dans Desperate Housewives ?

Ma famille concurrence les Feux de l’’Amour

Lecteur, tu as peut-être remarqué que, parfois, j’étais un peu bizarre, un peu sur une autre planète…Et bien, je crois que ça vient tout simplement de ma famille ! En effet, j’ai pu me rendre compte récemment qu’ils étaient tous frappadingues là-dedans !
 
Je t’ai déjà parlé de la famille de mon père, avec ma chère grand-mère, voici donc aujourd’hui le côté maternel, le seul que je fréquente, pour tout dire. Ma mère est la 2ème d’une famille de cinq filles, elle s’entend bien avec toutes ses sœurs sauf feu n°4, décédée il y a trois ans. Les quatre sœurs restantes sont semblables et différentes à la fois mais elles se serrent les coudes. Aujourd’hui, je parlerai de n°1 et n°5 (je sais, ce n’est pas classe de les appeler par un numéro mais ça ira plus vite que de trouver des faux noms à tout ce monde).
Deux pour le prix d'une!
 
N°1, que j’adore (c’est ma marraine !) est professeur d’histoire et géographie dans un lycée, elle entame sa dernière année d’enseignement et, zou, à la retraite ! Normalement, il lui restait encore cinq ans à faire mais je n’ai pas trop compris pourquoi elle part dès à présent. Elle est veuve et a trois enfants entre 25 et 30 ans, plus un chien qui fait tellement de conneries que Kenya, à côté, c’est le prix nobel de la sagesse.
 
N°5, c’est l’excentrique de la famille. Les cheveux oranges, lunette rouges (comme ma mère, ceci étant dit), vêtements géniaux, bijoux énormes… Elle a refait tout l’intérieur de sa maison, c’est fantastique ! C’est très coloré, très original, on aime ou on déteste. Cette tante-là est infirmière libérale, elle vit en concubinage depuis près de 20 ans avec son ami qui est le père de leur fils, mon cousin le plus jeune avec qui je m’entends particulièrement bien. En fait, je les aime bien car ce sont quasiment les seuls de gauche de ma famille et je me sens moins seule lors des repas.
 
Jeune, je me souviens que n°5 m’avait dit qu’elle voulait se marier pour ses 50 ans, je crois, nous étions parties toutes les deux à imaginer notre mariage commun (oui car on trouvait amusant de se marier le même jour). Mais son compagnon, Oncle n°1, est contre le mariage. Déjà, il ne rentre jamais dans les églises, sauf pour les enterrements. Je me souviens, pour le baptême du fils aîné de ma cousine (grand moment, faudra que j’écrive un article du dimanche dessus, tiens), il est venu avec son fils, ils ont fait la bise à tout le monde, ils sont restés dehors tout le temps de la cérémonie, ils ont refait la bise en sortant et c’est tout, nous n’étions pas invités au repas.
 
Il est donc contre ce qui est religieux mais il est aussi contre le mariage civil et même le PACS, ça ne lui plaisait pas. Il est comme ça, lui, il est libre Max. Je l’aime beaucoup parce qu’il a traversé le Canada en solex et ça me fait rêver, j’aurais aimé en faire autant…
 
Il y a près d’un mois, je rentre sur Paris, Arnaud me récupère à la gare, nous allons nous poser dans un café car mon train est annulé. J’en profite pour appeler ma maman, histoire de lui dire que je ne suis pas morte dans le train et là, elle m’annonce : « nous sommes de mariage en juin ! ». Petit tour d’horizon de ma famille : tante n°3 a bien un « ami » depuis 10 ans mais ces deux-là ne se marieront jamais. Cousine n°1 est célibataire, cousin n°1 et n°4 gays donc pour l’heure, ça ne peut pas être eux, cousine n°2 vient de divorcer. Ca ne peut pas non plus être ma sœur Alice, ma mère ne me l’aurait pas annoncé sur un ton aussi badin. Reste donc cousin n°2 mais il ne sort avec sa Bretonne (décidément) que depuis un an et demi. Quant à cousin n°3, le caille-ra de service (on se demande comment ça se fait qu’il ne soit pas encore en prison, grosso modo), ma mère ne m’en aurait pas parlé. Alors qui se marie ?
Et bien tante n°5 et oncle n°1 mais « ils divorcent juste après, c’est juste pour les impôts ». Je rigole, persuadée que c’est une blague.
 
Je redescends donc dans mon sud natal ce week-end, ma grand-mère (maternelle, of course) est conviée au déjeuner. On discute, on rigole puis revient sur le tapis cette histoire de mariage.
« Mais c’est une blague, non ? m’enquis-je.
– Non ! répond ma mère. Tante n°5 se marie en juin.
– Nooooooon pas du tout ! intervient ma grand-mère. En juin, oncle n°1 se marie avec tante n°1 puis il divorce pour se marier avec tante n°5 et redivorcer. »
 
Quoi ? Mais qu’est-ce que c’est cette histoire ? Suis-je en train de rêver ? Me suis-je retrouvée par les mystères du songe dans la peau de Nicky ou Victoria (ou n’importe quelle pintade des Feux de l’Amour). Je me mets à rigoler : « ahahah, n’importe quoi ! ». Mais ma grand-mère n’en démord pas : oncle n°1 va épouser tante n°1 puis divorcer pour épouser tante n°5 et s’en séparer. Alors que j’essaie de replacer ma mâchoire tombée, mon père part dans de grandes explications sur le divorce. Je te le répète lecteur car c’est intéressant. « Tu vois, on peut pas se remarier de suite après un divorce, il faut attendre 9 mois. Et pourquoi 9 mois, comme par hasard ? C’est pour être sûr que la divorcée n’est pas enceinte de son ex-mari ». Oui, enfin, aujourd’hui, faut rajouter des tests de paternité aussi car une fraîche divorcée peut tout à fait être enceinte de son amant… hum ! hum !
 
Samedi, alors que je partais faire l’andouille avec Clara et mes camarades de promos j’ai croisé tante n°5 mais je n’ai pas eu le temps de lui demander pour cette histoire de mariage, divorce… Ils sont tellement frappadingues dans ma famille que ça ne m’étonnerait pas que ce soit vrai, au fond. Je ne sais donc pas au mariage de qui je vais assister en juin mais comme dirait ma mère : « du moment qu’on boit le champagne, moi, je m’en fiche ! »