Les fiançailles de l’extrême

Ce week-end, alors que des amazones apparemment hystériques décidaient de tenir tête à l’équipe des hommes sur une île lointaine, je m’apprêtais à vivre mon propre Koh Lanta. Au menu des épreuves : marche en talons hauts et collants (soit « marche sur une patinoire ambulante toute la journée »), messe d’une heure, repas gargantuesque en tenue de gala, nuitées en camping car. Bref, vendredi soir, quand je suis montée dans le train, nonobstant les baisers et les caresses d’encouragement d’Amant chouchou sur le quai (comme c’est romantique), je n’étais
guère jouasse. Cramer tout un week-end pour des fiançailles, ça fait un poil chier. Des fiançailles aux allures de mariage avec placements à table, obligation d’être chic et même une urne pour
donner des chèques (??). Pour plus de clarté, ne sachant plus si j’en ai parlé ou non dans ce blog, les fiancés, ce sont Yohann mon presque frère et Blanche, sa copine (oui, il se fiance avec sa copine, c’est quand même d’un pratique !)

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Arrivée à la gare, je suis récupérée par Alice et Anthony, on embarque un autre mec au passage, Yohann dont je vous reparlerai car il fait partie de mes fantasmes récurrents. Mais ce sera dans un autre article. Donc ma soeur et son mec viennent nous chercher à la gare et nous annoncent que tout le monde est parti se coucher donc en gros, en arrivant, on va devoir en faire autant. Yohann commence à râler en soulignant qu’il est parti direct du boulot pour prendre le train et qu’il aurait apprécié, outre le fait d’être accueilli, d’avoir genre une petite bière. Ma soeur fera donc la barmaid tandis qu’Anthony me largue devant le camping-car familial où sont installés mes parents et où je vais passer la nuit. Oui, je suis logée dans un camping car, je ne connais absolument pas ces choses, c’est mon dépucelage de camping car. A 30 ans, il était temps. Alors en fait, le camping car, ça ressemble à un bateau jusque dans le tangage. Oui parce qu’une fois couchés, dès qu’il y en avait un qui bougeait, ça faisait bouger le camping car. On se maaaaarre. Ah, j’avais aussi oublié que mes parents avaient tendance à ronfler. A un moment, je crois avoir pensé que j’allais passer une bien courte nuit. Heureusement, mon gêne marmotte fut le plus fort et j’ai fini par m’endormir.

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Jour J des fiançailles, je me lève et me douche en faisant bien attention à l’eau (c’est pas stressant ça aussi, tiens), enfile ma belle robe marron, dans les mêmes tons que celle de ma mère et de ma soeur. On se la joue un peu « drôles de dames » dans la famille Bartoldi, yeah. Je pars à l’église avec la mère de la fiancée très « artiste » comme nana, c’est pas triste. Mais le mieux, c’est la cérémonie qui est assez folklorique. Entrée sur Etienne Daho joué par des amis de Yohann (la fille chante faux) on a eu droit à un K’s Choice et du Paolo Conte, des discours et des prières pas trop cucul, ça va. Ma soeur a réussi l’exploit de terminer une prière sur le couple par une référence au rugby. Elle est grande. A un moment, on a eu aussi eu des chants juifs… Ca fait son effet dans une cérémonie simili-catholique. Les gens applaudissaient en rythme, je me suis un peu demandée où j’étais sur le coup… Bon, finalement, la cérémonie n’est pas trop chiante et on part pour la meilleure partie de la journée, à priori, l’apéro. Bon, je savais qu’à table, j’étais désolidarisée de ma famille et placée à la table des vingtenaires avec Yohann-fantasme. Je discute un peu avec les gens notamment un mec qui était au lycée avec ma soeur devenu bien appétissant qui me raconte des choses intéressantes : « alors, il paraît que tu as été éditée ? ». Ah ? J’étais pas au courant. J’avais effectivement été contactée par une maison d’édition mais je n’ai jamais rien rendu donc non. Quoi qu’en ce moment, j’avance bien sur mon nouveau roman, je dois écrire à peu près 3 lignes par jour, youhou !

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Bref, le déjeuner se passe à merveille, je suis à la meilleure table, on rigole bien, on se promet de se revoir à Paris (j’ai filé mon numéro à personne, ça va être compliqué), on boit beaucoup. Après une baignade des jambes dans la piscine (j’avais pas de maillot et j’ai pas osé me baigner en string), je m’endors comme une merde sur le transat, le vin rouge monte à la tête. Le soir, c’est danse party sur le parquet, ma mère est déchaînée. Et voir sa mère imiter du Gilbert Montagné alors qu’elle est même pas bourrée, c’est un peu une expérience à laquelle on ne s’attend pas. Anthony me sert un punch de sa composition et me fait manger du camembert rôti (c’est boooooon), je colle un peu Yohann-Fantasme mais pas trop car y a mes parents à côté et qu’ils pensent toujours que je suis monogame et en couple, actuellement (même si j’ai laissé mon compagnon à la maison et que je n’ai pas parlé de le ramener à Noël).

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Moralité ? Moi qui traînais des pieds à y aller, finalement, j’ai passé un bon week-end dans une propriété magnifique avec le soleil en prime. Que demander de plus ? Le dimanche matin, en attendant qu’on me ramène à la gare, je suis allée me promener quelques instants dans les vignes. C’est marrant comme la nature me rend toujours sereine, on est bien dans le silence de la campagne. Finalement, moi qui pensais un week-end pénible, j’ai pu passer de bons moments. Par contre, je suis bien claquée…

Deviens l’héroïne du roman de ta vie

Ma chère moi d’avant,

Cela faisait longtemps que je ne t’avais pas écrit parce que ma vie, tu sais, elle est un peu folle. Justement. Là, tu as 13 ou 14 ans, tu es en 4e et la prof de français vous a demandé de rédiger un roman. Carrément oui. Quand elle vous a proposé l’exercice, elle a suggéré la possibilité d’ecrire une autobiographie. Tu as attendu un peu : si tu embrassais un garçon, tu l’écrirais cette autobiographie. Finalement, tu as rendu un roman policier façon club des 5 (sauf qu’ils étaient 8). Je me souviens, y avait même des dessins représentant les 8 personnages toujours les uns derrière les autres. Ce qui est terrifiant, c’est que 16 ou 17 ans après, je dessine exactement pareil (je vous scannerai ça lors de mes prochaines vacances).

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Et bien rassure-toi ma chérie, 16 ou 17 ans plus tard (je vais arrêter d’ecrire cette phrase), tadam, ta vie vaut bien un roman. Non que tu aies un destin à la Natacha Rostov (tu comprendras plus tard de qui je parle) mais quand même, il va t’en arriver des choses. Même que des milliers de gens viendront lire tes péripéties sur ton blog. Niveau boulot, déjà, ça va pas mal tanguer mais t’inquiète pas : dans Titanic, l’héroïne survit (oh le méchant spoil que je viens de faire, le film n’existe pas à ton époque !). Bref, tu te raccroches aux branches et à chaque fois, tu t’en sortiras comme une reine.

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Niveau sentimental, c’est pareil, c’est romanesque. Depuis tes 13 ans, tu en as embrassé des hommes et quelques femmes aussi (ne dis pas beurk, tu ne sais pas de quoi tu parles). Et tu as vu un certain nombre d’entre eux tout nus histoire de… Rappelle-moi, à 13 ans, tu sais ce que c’est le sexe ? Ah oui ! Ben voilà, ma fille, tu ne seras pas Belle au Bois Dormant qui ne connait qu’un seul prince mais plus. Tu seras plus…euh… Tiens, Amanda Woodward. Enfin en moins garce, carriériste, maigre et pour l’heure, tu n’as pas de draps imprimes
léopard. J’ai espoir que tu n’en aies jamais mais petite leçon de vie : ne jamais dire jamais. Par exemple, j’avais dit jamais d’iPhone et finalement… C’est pas que tu es devenue une croqueuse d’hommes à la Amanda. Déjà, la preuve, à 30 ans, tu ne t’es pas mariée une seule fois encore, Amanda devait déjà en être à 3 (dont un qu’elle a essayé de tuer). Non, c’est juste que tu te laisses porter par la vague, ce qui est très bien aussi. Déjà, vu que tu fais un peu l’effort de ne plus te planquer derrière de grand t-shirts informes, c’est de suite plus facile de choper du mâle. Je dis ça, je dis rien mais note. On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre, comme on dit, même si je ne vois pas bien l’intérêt d’attraper des mouches.

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Sauf que par une logique mathématique, qui dit multiplicité d’hommes dit profils psychologiques différents (les uns par rapports aux autres, je veux dire, pas différents par rapport à une norme, je ne sors pas forcément qu’avec des inadaptés même si on peut débattre de l’état psychologique de certains, effectivement. Mais petite leçon de vie : certains cachent très bien leurs déséquilibres). Et forcément, tout ne rentre pas en adéquation avec toi, ton vécu ne te sert parfois à rien vu que Stéphane ne réagit pas comme Pierre et que les hommes ne sont pas livrés avec le mode d’emploi. Ce qui, entre nous soit dit, est un vrai calvaire. Parce que certains, tu saurais de suite sur quel bouton appuyer pour les garder (ou pour te rendre compte que ça va pas être possible), ce serait plus simple. Moins drôle mais plus simple. 

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Et puis ce qui est fascinant avec la vie, c’est qu’elle te taquine toujours un peu genre « mais où sont tes limites, petit scarabée. Ah, là, tu viens de les repousser un peu, t’as vu? ». Tu testes, tu découvres, les « jamais » de ta prime jeunesse sont limite ton quotidien de jeunesse tout court. Parce que finalement, tu te rends compte que les contes de fées n’existent pas (entre nous, tant mieux, tu mérites mieux que de transformer en mère pondeuse), qu’une histoire est avant tout une affaire de compromis, qu’il faut savoir dire oui mais
aussi non. Que parfois, tu te précipites dans des situations impossibles en te demandant à quelle drogue peuvent bien carburer les scénaristes de ta vie. Pour te dire, ces derniers temps, je suis persuadée que ceux qui écrivent ma vie ont taffé avant pour Des jours et des vies. De fait, j’attends la découverte d’un frère caché dans les prochains jours. Oui, un frère, comme tu le voulais, tu te souviens ? Non parce que ta meilleure amie du lycée, Cécile (oui, en 4e, tu l’apprécies sans plus mais tu verras), elle a 2 grands frères et tu trouves ça génial car qui dit grand frère dit potes du grand frère dit mecs potentiels. Je me demande si ça marche encore à 30 ans. Et si oui combien d’amis de mon nouveau frère j’aurais le droit d’essayer avant qu’il ne se dispute avec eux car ils pensent qu’ils vont tous pouvoir me sauter (alors que non, c’est moi qui choisis) ? Mais bon, les scénaristes drogués de ma vie vont m’arranger, ça, hein !

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Bref, tu auras noté que je ne rentre pas dans les détails et je te jure que ce que tu imagines du haut de 13 ans est sérieusement en deça de ma réalité. Ce qui n’est pas difficile vu qu’à 13 ans, on est franchement neuneu. Je ne t’en dirai pas trop pour ne pas déflorer le suspense mais je pense que si, là, je me décidais à écrire mes mémoires, y aurait de quoi dire. D’un autre côté, écrire ce que l’on a déjà vécu, je ne trouve pas ça très intéressant. C’est pas mon passé qui m’intéresse, c’est mon avenir. Bof, j’écrirai ça à 80 balais, quand je
serai célèbre et que ça intéressera éventuellement quelqu’un. Tiens, à propos de célèbre, faudra qu’on en reparle.

FAMOUS

Allez bisous, entraîne toi à rouler des pelles en attendant. Même si rassure-toi, à 30 ans, tu assures grave sur ce point, paraît-il. 

Ton toi de dans 16 ou 17 ans (rah!)

Où je me stupidifie (et pas qu’un peu)

En ce moment, je suis chiante. Est-ce la crise de la trentaine qui m’a poussée à redevenir rousse et à me vernir les ongles ou la fameuse crise du mois de mars, là où les emmerdes tombent, je ne sais. Toujours est-il que comme je suis globalement de mauvaise humeur, ma première victime, c’est moi. Je me trouve tous les torts, je m’auto insulte à base de « t’es qu’une pauvre larve, ma fille ! » et autres amabilités du genre. Et mon nouveau complexe du moment, outre ma procrastination crasse (même pas au boulot, en plus, mais quand je suis chez moi et que je fous rien), c’est ma culture G qui fond comme neige au soleil.

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Il y a trois semaines, je suis partie en week-end pour le boulot. Dans une gare de province, je remplis mes petites menottes de ma littérature fétiche de voyage : des féminins. Faudra d’ailleurs que je fasse un article sur le sujet. Je discute avec la personne qui m’accompagne quand je tombe sur le Nouvel Obs et là, soupir : ça fait un bail que j’en ai pas lu un. A dire vrai, j’ai la sensation que mes lectures sont de plus en plus navrantes. Où est passé ma soif de culture ? Non parce que ça peut toujours servir de connaître le dernier produit Chanel histoire d’être frustrée ou de lire des histoires de cul sans doute inventées par les journalistes qui rédigent le papier (moi, ça me plairait bien, ça) mais ça ne m’aide pas pour suivre l’actualité. L’Actualité, devrais-je dire.

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Et que dire de mes lectures littéraires ? Récemment, j’ai fait un truc, un sacrilège : j’ai lu un Guillaume Musso. Bon, je précise, on me l’a prêté (à ma demande, je voulais me faire un avis). Je vous en parlerai dans un article mais j’ai cru me trépaner 47 fois tellement c’était insupportable, j’ai failli pleurer des larmes de sang. Bon, ça me rassure, je suis pas devenue si cruche. Du coup, pour remonter le niveau, je lis du Kessel. D’ailleurs, je suis fort ravie, j’ai acheté ses chroniques journalistiques et dans le premier tome, il parle et de l’Irlande du Nord et de la Russie. Je suis amoureuse mais moins que de Moravia parce que Moravia, il a une plume exceptionnelle et en plus, c’était un sacré beau mec (pourquoi ne suis-je pas née 80 ans plus tôt, hein ?).

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Mais je digresse. Revenons en à nos moutons. Donc je me sens devenir conne. Je ne consomme plus que des futilités. Alors je veux réagir ! Parce que j’arrive à 30 ans, raison ultime pour péter une durite au sujet de tout et n’importe quoi et que je veux me cultiver. Donc j’achète des livres un peu intelligents (de toute façon, la littérature girlie me gonfle, maintenant) et surtout, je fais un vœu pieux : acheter ET lire (nuance importance) le Nouvel Obs et Stratégies parce que c’est un peu important de se tenir au courant de l’actu de sa
profession au sens très large du terme. Et faudrait que j’apprenne le russe, toujours… Mais, plus que de volonté, c’est du temps qu’il me faudrait. Mais bon, c’est con, je ne suis pas une cruche à la base, j’ai appris plein de choses à la fac et par moi-même, j’ai la sensation que je perds ma curiosité, mon envie d’explorer un sujet pour apprendre. Et ça me navre. Ca me navre parce que c’est l’illustration parfaite de ce phénomène que je déteste et dont je suis victime : le métro-boulot-dodo. Je ressors du taf la tête farcie d’infos et je suis trop épuisée pour faire l’effort de faire quelque chose derrière. Et je passe ma soirée à cliquer bêtement sur yahoo ! jeux en soupirant parce que, merde, je me fais chier. La suite de Technopolis est bloquée à la page 166 depuis 3 ans et j’ai plus le courage d’écrire autre chose que des notes de blog crachées sur une feuille virtuelle.

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Non. 30 ans, le virage, je me ressaisis. Et je vais reprendre l’écriture, tiens. Ca m’occupera (enfin, ça m’occupera mes quelques heures de libre, c’est du n’importe quoi en ce moment).

PS : Non mais sérieusement, il transpire le sexe Moravia…

La générosité est-elle un égoïsme porté aux nues ?

Par Lucas


Oui je sais, j’aime bien les titres niais et accrocheurs qui attirent le chaland comme les mouches.

Quelques explications s’imposent.

Vous n’êtes pas sans savoir (dobeul négation enarchiste) qu’il y a deux ans et demi je m’emplafonnai sur un arbre devant Roland Garros. Petite virgule dans le phrasé de ma vie, pendant un mois (one month in coma) et qq mois à Garches avec le ballet des zélicos qui amenaient des patients sur la pelouse en face de mon bâtiment. Envole-moi…


Donc depuis deux ans et demi, je me demande comment faire pour profiter de la life, avoir un quotidien palpitant mais presque. Petite maturité évoquée par Nina avec boucou de justesse. Petite maturité là où, avant, je courrais par monts et par vaux pour oublier l’absurdité de cette existence (Albert, tu es mon dieu et l’absurde est une question qui m’anime… mais passons)


Jeune, je ne savais rien,
Jeune, je ne connaissais rien,
Un beau jour j’ai changé tout d’un coup, j’ai tout oublié,
Je me suis réveillé ce matin là de bonne humeur,
Surpris de n’avoir
Aucune idée noire

Donc, disais-je, avant j’adorais et j’adore encore faire des actes que bcp trouvent idiots. Des actes gratuits. Par exemple le coup du métro, 

Entre autres.

En fait, cette générosité était un moyen de me faire plaisir, de faire un acte qui n’avait aucun sens pour le pékin moyen mais qui me parlait. Comme envoyer des roses aux deux premières candidates qui avaient participé pendant deux mois à Singulier Pluriel (une sorte de concours dont j’étais le bachelor et où les filles devaient me séduire…) 

D’où ma question. Ce genre de générosité apparente n’est elle pas l’instrument d’un égoïsme extrême ?

Se faire plaisir comme ça, n’est-il pas le summum du penser pour soi, une sorte de malhonnêteté intellectuelle déguisée (ici je perds au moins 15000 fans dans la Lucas Fans Church) ?

Vous allez rire, ou bruler des poupées vaudou à mon effigie, mais, en bon mécréant qui s’assume, parfois, je me dis que toutes les bonnes actions que font les membres du clergé et les catholiques de façade, ne sont qu’un instrument pour obtenir un séjour longue durée au Fhloshton Paradise

En fait, en ce moment je me pose des questions que j’aurais du me poser il y a 15 ans à savoir « quess que je veux faire de ma vie ? » et  » quess que je sais faire ». Deux questions qui restent sans réponses. Avec l’ESC Reims, j’ai le sentiment d’avoir fait une école de potentiel, une institution qui nous sélectionne pour nos capacités à faire travailler les deux hémisphères sans penser constamment à migrer vers de tristes tropiques ou des mers « septentriEnales ». Je vois Enzo qui a un bon salaire et qui fait un truc qu’il aime, je vois Nina qui a un bon salaire et qui fait un truc qu’elle aime.

J’ai un copain qui après l’école s’est engagé pour devenir gendarme. Service public, rôle auprès de la communauté : j’applaudis son choix qui s’apparente pour moi à un apostolat. Je suis trop égoiste pour faire ça ! Felipe aura toujours en tête le but suprême de ses gardes, de ses horaires, des risques pris, etc.
Felipe, Nina, Enzo : leur quotidien a du sens…

Comment voulez-vous vous lever le matin si vous savez que votre rôle sera d’augmenter les ventes de Mir express sur le marché européen ?

 

D’aucuns marketeux me diront que l’enjeu en terme intellectuel est intense.

Oui. Peut-être.
Que le salaire permet de se faire plaisir.
Oui surement
Que les problématiques poussées à fond ont des dimensions stratégiques fortes.
Oui, Certainement.
qu’à terme on peut devenir un patron et avoir des enjeux passionants
Oui, parfois.

Faut-il donc passer outre le fait que tout cela n’a aucun sens, que le boulot a une grosse dose d’emmerdes, et qu’à la fin de son existence on n’aura pas bcp de satisfactions ?

« J’ai été Monsieur Mir Express Europe de l’ouest ».

Sic.

Je pense très souvent aux velléités de Nina il y a qq années d’écrire un roman de SF.
A-t-elle remisé ses rêves d’adolescente ?
Son quotidien rédactionnel lui apporte t-il des satisfactions aussi intenses que celles qu’elles avaient eues en écrivant les aventures de son héroïne ?

Est-ce une naiveté ingénue (oui j’aime bien les accumulations) que de croire qu’on peut se faire plaisir dans son job ?

Je pense à tribulanne qui me parle de ses lundi comme un summum.
Mais le reste du temps ?

Alors je pose la question…
Faut-il avoir un boulot qui rapporte et se faire plaisir en prenant des vacances terribles et en s’éclatant le week end
ou avoir un quotidien qui a du sens et qui nous motive suffisamment pour se lever ?


Je crois qu’on a un lecteur égaré de 50 ans qui pourra donner un avis de papy. Et le votre, jeunes lecteurs vingtenaires m ‘intéresse, tant sur la question de la générosité comme outil de l’égoïsme que sur le boulot !

Où es-tu, je reviens te saouler

Par Lucas

Bien sûr amies lectrices, amis lecteurs, vous n’allez pas manquer de lâcher un « Lucas il est jalouuuuux« . Je sais bien et j’avoue : je suis jaloux, effaré par le succès d’auteurs aussi merdiques que ces deux loustiques. Je n’ai même pas besoin de vous donner leurs noms ; ils trustent les deux premières places des ventes en France : Guillaume et Marc.

Ils ont trouvé un filon et ils l’exploitent jusqu’à la lie. J’en veux pour preuve les atermoiements des lecteurs (pardon, des lectrices…) qui ont donné un jugement sur FNAC.com.  Musso en prend plein la gueule avec son dernier roman Je reviens te chercher car selon les lectrices il joue la facilité. Il reprend, d’une part, un schéma stérile et facile, d’autre part le thème de la seconde vie, et il use tout ça jusqu’à la corde. Je ne vous parle pas de Levy avec Toutes ces choses qu’on ne s’est pas dites. Les copines à qui j’en ai parlé ont eu un petit sourire gêné, en avouant du bout des lèvres qu’elles étaient un peu déçues. Une sorte de Max Gallo spirit… Perso j’ai ouvert « Vous Revoir » qui trone sur la bibiyotek de ma p’tite sœur. J’ai tenu 50 pages…


Marc et Guillaume ressortent donc des schémas éprouvés et les copient-collent d’un roman à un autre.

C’est ce que faisait Paul-Loup Sulitzer avec le western financier,

c’est ce que fait Grisham avec le monde juridique américain,

c’est ce que fait Higgins avec la l’IRA et la Seconde Guerre Mondiale : c’est ce que font nombre d’auteurs de romans de gare. Musso et Levy en sont les dignes successeurs. Sauf qu’ils ont une machinerie marketing derrière eux, eux. Et le market, c’est ce qu’on nous a appris à faire en école de commerce. Ça me rend fou… De manière plus ou moins avouée, c’était en partie ce que Beigbeider critiquait dans 99 francs, même si ce n’était pas le sujet principal.

Ce qui est déplaisant là dedans c’est que ce mimétisme semble toucher bcp d’écrivains à succès. Je prends un exemple : Douglas Kennedy.

Kennedy  a écrit un de mes romans préférés, L’Homme qui voulait vivre sa vie.
Il y dépeint les travers de l’Amérique qui veut toujours réussir sur des schémas classiques (bonnes études, situation importante, travail acharné). Dans Les Désarrois de Ned Allen, il raconte cette vie à crédit où tout le monde court après un bonus, dans Rien ne va plus c’est le coté superficiel des relations humaines à Elaye, dans Les Charmes Discrets de la Vie Conjugale c’est le schéma de la vie de famille aux States et la main mise des média qui servent au public des infos markétées donc vendeuses, etc…

Je n’ai jamais été déçu… jusqu’à La Femme du Vème.

Là encore, tel un Musso ou un Levy, Kennedy s’embarque dans des explications surnaturelles ! Alors même que ce qui fait tout l’intérêt de ses romans précédents c’est justement de présenter des situations humaines au possible, sans force occulte ! Des situations qui prennent pied dans notre société avec ses travers et ses bonheurs. La vie, quoi !

Je pourrais aller loin comme ça. Vous parler des girlie books qui fleurissent à la FNAC. Dans la droite ligne de Bridget Jones et Le Diable s’habille en Prada. Les bouquins, pas les films qui en ont été tirés. Vous savez bien, tous ces bouquins avec des couvertures bien flashy, bien affligeants mais qui ciblent une population (les femmes dynamiques, vieilles vingtenaires, jeunes trentenaires) et ça marche. A se demander ce qu’il reste aux vrais auteurs. Bah parlons-en.

Le prochain roman d’Amélie Nothomb  sort, comme d’hab, en Septembre, pour la rentrée littéraire. Les premières pages proposées par le magazine Lire sont un peu décevantes. Je ne vais pas juger avant l’heure mais c’est vrai que Journal d’hirondelle m’avait un peu laissé sur ma faim. Amelaye avait heureusement rebondi avec Ni d’Eve ni d’Adam, grace à son fonds de commerce, Amélie au Japon. Mais il faut avouer qu’elle sait parfois centrer son roman sur des thèmes forts  (Attentat avec les normes de beauté, Mercure avec les apparences et les relations humaines, Acide Sulfurique et la télé réalité, entre autres). Pour autant, quid avec Le Fait Du Prince ?
Réponse à la rentrée…

Pour ma part ça fait des années que des copains me pressent d’écrire un roman. Mais il y a un océan entre vous baver des articles pamphlétaires à deux sous sur les Vingtenaires et avoir la rigueur d’écrire 100 pages intéressantes et intelligentes, captivantes et rythmées. C’est là-dessus et uniquement là-dessus que mon honnêteté intellectuelle doit saluer Levy et Musso. Ils savent (ou ils ont su) écrire des trucs qui tiennent en haleine. Encore une fois ça démontre bien à quel point, dans notre existence absurde (merci Albert Camus) on a besoin d petits moments d’émotions épars pour se sentir vivre. Ces petits moments de souffle court, c’est peut-être ça que les lectrices aiment chez Marc Musso…

C’est bientôt l’été

Cette année, je suis une travailleuse, un peu comme l’an dernier d’ailleurs. Mais là, j’ai prévu 15 jours de vacances, ni plus ni moins, dont une semaine à la mer en parentale compagnie. Or qui dit une semaine à la mer dit une semaine sans le net, ce qui ne me dérange pas en soi mais je sais que certains d’entre vous n’auront pas la chance de partir et je pense à eux, je veux assurer l’interim sur ce blog. Alors l’idée serait de faire une série un peu genre la saga de l’été comme l’an dernier mais j’hésite, j’hésite. Alors, toi qui me lis, je compte sur tes comms pour m’aider un peu.

 

Comme je n’ai pas d’histoire vraie à transformer en saga, je me suis demandée ce que j’allais vous raconter. Si je me base sur le principe de la saga de l’été, il faut :

– une héroïne qui revient dans sa famille après des années d’absence

– un lieu en province parce qu’il n’y a personne à Paris l’été

– une famille qui a des secrets

– un peu de mystère ésotérique.

– un meurtre

 

Mais la question est : as-tu envie de lire les mêmes trucs que ce qu’on voit à la télé. Surtout que moi, je peux pas me payer Ingrid Chauvin ou Cristiana Reali. Du coup, j’hésite, j’hésite. Déjà, j’ai jamais rien écrit de tel, si ce n’est mon roman de quand j’avais 16 ans mais y avait pas de secret de famille et de mystère ésotérique. Puis c’était long quand même parce que si je calcule, si je fais tenir la série sur une semaine, 7×2 = une histoire en 14 pages word, c’est pas beaucoup. Sans compter le manque total d’interactivité. Ou
alors, j’écris une histoire et selon vos propositions, j’en créerai la fin.

Ou alors, je fais un espèce de Cluedo, je raconte une histoire de meurtre et je ne dis pas qui est le meurtrier avant mon retour de vacances pour vous laisser dans l’expectative. Ou alors vous avez une autre idée et c’est là qu’il faut me la suggérer en comm parce que je prends.

Allez y, lâchez vous, je vous écoute.

Quand la motivation revient

La semaine dernière, j’ai un peu fait l’article sinistre sur les bas du chômage. Mais il y a également des hauts et il est important d’en parler, ne serait ce que pour éviter la dépression de mes lecteurs chômeurs. Alors parlons de ce regain de motivation régulier qui nous attise.

Quand j’étais au chômage, ce qui m’a aidée, c’est l’orgueil d’un côté, mon entourage de l’autre. Des refus, j’en ai essuyé, des semaines sans qu’il ne se passe rien aussi. L’avantage quand on touche le fond, c’est qu’on peut donner un coup de pied pour remonter. A chaque non, je me laissais une demi-journée voire journée pour chouiner et faire chier mon monde. Puis ça repartait. Tu crois vraiment que je vais me laisser faire, la vie ? T’as pas compris que plus tu me rabaisses, plus j’ai envie de t’envoyer dans les dents que je suis plus forte que toi ?

Des idées, quand j’étais au chômage, j’en ai eu des milliers. D’abord, j’ai voulu faire un press book sous forme de magazine avec édito me présentant, un « Nina mag », en quelques sortes. Premier souci : je ne suis pas maquettiste et très peu à l’aise sur le logiciel quark Xpress que j’ai vaguement utilisé lors de mon DESS de journalisme. Disons que je sais la base mais je ne sais pas faire les feuilles de style, ce genre de truc. Bon, j’achète un bouquin. J’ai réussi à apprendre le html sur le tas et à me bricoler un site web à l’époque, je peux tout apprendre pour peu que je m’y mette sérieusement. J’en parle à Alex qui n’est pas très chaud, il a peur que ça fasse un peu trop égocentrique. Oui, je dois convaincre que je suis la meilleure, c’est pas le souci mais point trop n’en faut. Alors je trouve une autre idée, un espèce de communiqué de presse, je vous le montrerai la semaine prochaine.

Quand t’es au chômage, la moindre lueur fait du bien. Il est vrai que je n’ai pas été inactive pendant tout ce temps. Entre octobre 2005 et avril 2006, j’ai eu un CDD de 3 semaines enchaîné direct sur un stage de 4 mois mais ça laisse quand même pas mal de mois d’inactivité. Le but est de faire le max de choses pour ne pas laisser une
impression de creux dans le CV. Déjà, j’ai ma pige, certes non rémunérée, pour un site étudiant. L’ayant commencé en janvier 2005, quand je trouve un boulot, ça fait plus de deux ans que je suis chef de rubrique étranger, c’est quand même pas mal. Et puis y a d’autres occasions, des piges un peu à droite à gauche, mon travail pour Modo qui m’a quand même accompagnée un couple de mois. Il ne faut pas que ça prenne tout mon temps mais le matin, quand je me lève, j’ai de réelles choses à faire, des articles à écrire ou des dossiers de presse. Et puis ça fait grossir le press book et ça permet de garder la main. Tout ça n’est certes pas un travail rémunéré avec contrat mais on ne sait jamais quelles portes ça peut ouvrir. Avec modo, je travaille mon volet communication et ça fait plus sérieux quand on postule pour un poste d’attachée de presse. J’ai
même décroché un entretien dans une agence de comm. Bref, tout ceci n’est pas vain, bien au contraire.

Et puis il y a les petits projets perso. Mes romans mais aussi mon blog qui m’a beaucoup aidée, mine de rien, malgré deux ou trois crétins qui ont trouvé drôle d’essayer de m’enfoncer. J’ai aussi crée un autre blog de recherche d’emploi qui me permettait d’écrire autre chose, des articles un peu politiques, des critiques de films, de livres, une chronique CD. J’avais prévu d’y mettre mon press book en ligne, j’avais des idées de rubriques que je n’ai jamais développées vu que j’ai trouvé du boulot à peu près deux mois après l’avoir créé. Mais j’y écrivais tous les jours. Ce n’est pas forcément que j’espérais qu’un recruteur tombe sur mon CV et m’embauche mais en multipliant les entrées sur le web, on ne sait jamais. Mieux vaut ne négliger aucune piste.

Bref, le chômage n’est pas qu’une succession d’envois de CV et d’entretiens, il y a aussi les moments où on a de nouvelles choses à faire, de nouvelles idées… Et ça vous relance pour un bon moment.

Niaiserie de Noël

Paraît que Noël, c’est niais (en plus de mercantile, tout ça) alors pour être pile dans l’ambiance et pour être dans l’idée « hé cadeau », voici une grande idée que j’ai
eu encore. L’an dernier, je vous avais offert la reproduction d’une lettre-journal intime que j’avais écrit à 16 ans, une horreur de niaiserie. Là, j’ai trouvé mieux : un extrait d’un roman
écrit quand j’avais 15 ans. Je recopie littéralement, ça vous laissera apprécier ce style inimitable qui était le mien. Je laisse même les fautes.
 
Chapitre 1
 
Summerinsland, île de l’Atlantique
 

Marion souligna ses yeux bleus d’un coup de crayon puis se regarda attentivement dans la glace. Banale ; elle était banale. Elle n’était ni trop grande, ni trop petite ; elle n’était pas belle mais pas exceptionnellement belle non plus. Elle était le type de fille que les garçons croisent dans la rue en pensant qu’elle est mignonne mais ils l’oublient aussitôt.
Quant à son nom, il n’avait rien d’exceptionnel non plus : Marion Duval. Elle soupira puis se dirigea vers la cuisine. Elle passa devant l’immense baie vitrée qui donnait sur l’océan. Elle
pensa alors à ses ancêtres : cette île leur appartenait depuis trois générations. Elle était peu à peu devenu une île touristique grâce au centre de thalassothérapie que tenait actuellement
ses parents. Elle arriva à la cuisine où sa sœur Valérie finissait son verre de jus de papaye. Elle leva les yeux et vit sa petite sœur :

« Salut microbe ! Bien dormi ?

– Arrête de m’appeler comme ça ! Je te rappelle que je suis presque aussi grande que toi !

– Excuse moi l’asperge ! Ah, maman a dû aller au centre et elle ne rentrera pas avant midi. Moi, je vais sur le continuent pour faire deux trois courses. Ah ! Nathalie a
téléphoné : elle ne peut pas venir ce soir à cause d’une histoire de punition, un truc comme ça. Bon, j’y vais ! Ciao ! »

Marion suivit sa sœur du regard ; elle avait de la chance, elle au moins : avec ses longs cheveux frisés et ses grands yeux bleus espiègles. Elle saisit le journal et
elle alla s’asseoir qur le hamac. Elle tomba soudain sur un article concernant le vol de diamants qui avait eu lieu à Sines, au Portugal. La côte portugaise n’était qu’à vingt minutes en bateau
de l’île. D’ailleurs, la plupart des clients étaient portugais ou espagnols. Marion parlait parfaitement le portugais et un peu l’espagnol. Mais elle allait tout de même au lycée français de
Lisbonne où elle était pensionnaire. Elle ne rentrait que pour les vacances et encore, elle passait le plus clair de sont emps chez Nathalie Berger, sa meilleure amie, qui habitait à Santo
Domingo, à dix kilomètres de Sines.

« Je me demande si Nath sait quelque chose sur ce vol. J’aimerais bien aller voir ça de plus près ! »

Elle se mit alors à rêver qu’elle retrouvait les diamants et que le Prince à qui ils appartenaient tomberait follement amoureux d’elle et l’emmènerais dans son château… Non, il ne
fallait pas rêver ! Ce genre d’histoire n’arrivait que dans les romans à l’eau de rose que sa sœur lisait. Et puis, si la police n’y arrivait pas, comment pourrait-elle y arriver ! Le
téléphone la fit sursauter.

« Allo ?

– Marion, c’est maman. J’ai oublié ma pochette avec les factures dans le bureau. Tu peux me l’apporter ? 

– C’est la bleue avec des étoiles dessus ?
– Oui ! Dépêche toi, c’est très important !

– Cool ! Laisse-moi le temps de venir ! Je suis là dans moins de cinq minutes. »

Elle raccrocha et se dirigea dans le bureau. La pochette était posée sur l’écran de l’ordinateur. Elle l’enfouit dans son sac et se précipita vers le garage. Elle mit son casque et
enfourcha son scooter. Dans deux semaines, elle aurait enfin l’âge de conduire une voiture. Le centre n’était qu’à trois minutes de scooter. Sa mère l’attendait dans le hall d’accueil, soulagée
de retrouver enfin sa pochette qu’elle arracha des mains de sa fille. Un homme brun d’une quarantaine d’année s’approcha.

« Marion, je te présente Patrick Tréfond, notre nouveau comptable, dit-elle en le désignant.

– Je suis enchantée de faire votre connaissance Marion. Vous êtes aussi charmante que votre mère.

– Oh Patrick ! Ne charmez pas ma fille ! C’est les clients qu’il faut charmer ! Ma chérie, je ne pourrai pas rentrer à midi, on a une tonne de travail. Vous mangerez
seule.

– Je mangerai seule. Je ne pense pas que Valérie rentre à midi. Elle est partie sur la côte.

– Je n’aime pas trop ça ! Je suis sûre qu’elle est allée manger avec ce Pedro ! Enfin, toi, au moins, tu ne traîne pas avec des voyous. Oh ! Je vais prendre du
retard si je continue. A ce soir ma chérie ! ».

 

Edifiant, non ? Allez, je vous mets en exclu le passage sexuel (moi, à l’époque, j’étais un peu totalement pucelle) : « Ah un moment, elle rentra dans la chambre 59 [celle de son mec] et rougit en voyant l’état du lit ». Mais quelle cochonne !

 

Quant à la fin, un tel dégueulis de guimauve que, depuis, j’ai développé une aversion certaine pour les happy ends. Les méchants méchants sont morts ou en prison, les gentils
gentils s’aiment et se marient. Beuuuuuuuuuuuuuuuuurk !

 
Joyeux Noël à tous !!

N’importe qui peut faire mon métier

 Il y a pas mal de temps, j’ai lu un article d’Hervé Brusini sur les journalisme et la blogosphère (Le journalisme, quand Internet est roi…, dans Le Monde du 05 mars… Oui, je
fais preuve d’une incroyable réactivité, là). Le lisant dans le train reliant mon sud adoré à Paris, j’étais déjà passablement de mauvaise humeur grâce à l’heure et demie de retard de mon train.
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Là, je lis la prose de M. Brusini et je suis passablement agacée. « Tous journalistes ? ». Ben tiens, c’est bien la peine que je me sois fait chier à faire 7 ans d’études alors que journaliste, c’est pas quelque chose qu’on devient, c’est quelque chose qu’on est. Hé oui, moi, je fais ma maline avec mon « master professionnel de journalisme » mais n’importe qui peut faire la même chose que moi.

Le blogueur est-il un journaliste ? Rien ne m’agace plus que cette affirmation. Qu’est-ce qu’un blogueur ? Quelqu’un qui écrit, se filme ou parle, nous sommes d’accord, il utilise finalement les mêmes formats qu’un journaliste. Je ne dénigre pas le média blog, sinon, j’aurais pas les miens ! Je trouve que les blogs, bien utilisés, sont un vecteur
d’information tout à fait intéressant, j’en lis tous les jours. Mais ce que j’aime dans leur blog, c’est leur subjectivité, leur légèreté.

Quand j’écris un article pour mes blogs, je suis en mode « fille ordinaire de 27 ans » et pas en mode journaliste. En gros, je ne fais pas de recherche documentaire, je décroche pas mon téléphone pour un entretien, avoir l’avis d’un psy, d’un sociologue ou d’un politologue, je croise pas les infos, j’ai pas de dossier de presse. Quand j’écris un article de blog, je me pose juste devant mon ordi et je plaque mes idées sur l’écran et ça ne va pas plus loin. C’est totalement subjectif et je le revendique. J’ai d’ailleurs dû m’énerver car pas mal d’internautes me reprochaient mes opinions, m’expliquant que « pour une journaliste », j’avais des avis bien tranchés. Apparemment, on est tous journalistes mais ceux qui en ont le diplôme n’ont pas le droit d’avoir un avis.

Un blog n’est-il pas finalement que la vision écrite (ou filmée) d’une conversation du café du commerce. Ici, je vais m’amuser à analyser l’actu, à donner mon opinion mais je ne
pose aucune vérité établie, je ne cherche pas à recouvrir ma prose d’un vernis de crédibilité pour vous faire adhérer à mon avis. Pour moi, la différence majeure entre journal et blog, c’est le but. Un journal cherche à informer et à faire comprendre alors que le blogueur cherche à partager. Une musique, un coup de cœur, une opinion mais il partage.

Je suis un peu fatiguée par cette volonté de toujours opposer les uns aux autres. Le fait de bloguer n’est pas du journalisme et je trouve très grave de faire l’amalgame. Parce que
c’est écrit, on a l’impression que c’est indiscutable, on se méfie plus des journalistes que des blogueurs sous prétexte que les blogueurs annoncent clairement leurs orientations politiques et sont « libres ». Pourtant, pas mal d’intox circulent sur le net comme les nombreux hoax qu’on reçoit par mails et que certains prennent pour argent comptant.

Le journaliste, lui, a une obligation morale et éthique de ne pas avancer n’importe quoi. Notre métier implique non seulement un savoir-faire qui ne s’acquiert pas en claquant des
doigts, un réseau constitué au fil des expériences, une rapidité d’exécution née de la pratique mais surtout une déontologie. La rumeur ne doit pas faire les choux gras des journaux. Bien sûr, ça, c’est la théorie. Mais tout de même, je suis lassée de voir à quel point mon métier est bradé aujourd’hui. Bien sûr que je savais écrire avant de commencer mon « master professionnel ». Mais j’oubliais parfois, comme mes camarades, que le but premier d’un article, c’est d’informer donc les titres semi obscurs genre on fait du Libé mais on pousse le bouchon trop loin, on oublie. Si on veut faire des effets de style qui rendent nos propos limite incompréhensible, on écrit un roman. Un article de journal, il faut que ce soit compréhensible pour tous. Sujet, verbe, complément, pas la peine de faire des phrases de 4 km de long. On apprend aussi l’art de choisir la bonne photo, comment fonctionne une caméra, ce qu’il faut filmer, les montages d’images qui donnent du sens, éviter les faux plans, les mauvais raccords, travailler sa voix pour la faire paraître plus spontanée. Quoi qu’en disent certains qui méprisent le journaleux, c’est
un vrai métier.

40 jours, 40 nuits et même plus !

Je vous l’ai annoncé la semaine dernière au détour d’un article : je relance l’opération abstinence active. Ou lesbianisme abstinent ou No more mec in 2007, au choix. J’aime bien donner des noms à mes opérations de vie. Ca fait commando. Bref alors que je décidais ça, j’ai vu un chef d’œuvre du 7ème art appelé « 40 jours et 40 nuits » où le héros décide de ne plus avoir de sexe pour oublier son ex. Ben moi, c’est pour remettre un peu d’ordre là dedans.

 

Vous vous demandez sans doute pourquoi j’ai décidé ça tout à coup. Ou alors vous vous le demandez pas mais je vais le dire quand même. C’est à cause d’une goutte d’eau en trop, celle qui fait déborder le vase. En quelques mots, récemment, j’ai rencontré THE mec parfait ou à peu près : intéressant, intelligent, cultivé, curieux, touche à tout. Et beau. Mais alors beau, un truc de malade. Après un premier rendez-vous idyllique de 24h (rien que ça) et deux nuits tendres et torrides à la fois, je commence à flipper. Alors que je disais à Vicky : « non mais t’as vu comme il est beau, je fliiiiiiiiiiiiiippe ! », je reçois un mail : « ça fait pas longtemps que je suis célib, je sors d’une longue relation. Mais toi parfaite, je regretterai sans doute ». Bon, j’insiste un peu mais non. Donc, forcément, là, c’est trop. En 2007, j’ai côtoyé plus ou moins une dizaine de mecs, seuls 3 échappent au titre de connard : Gaétan (le dernier en date), Gabriel (même si quelques maladresses parfois) mais le titre de gentleman ultime, irréprochable de bout en bout revient à… Guillaume IV, celui là même
qui m’a quittée genre le 4 ou 5 janvier. Pour le reste, une succession de « je te baise, je disparais » ou « je te donne pas un billet mais le cœur y est ». Donc stop.

Le problème c’est que tout ça finit forcément par faire douter. Même si mes amis me disent que je suis géniale, même ceux qui me quittent dans les règles vantent mes qualités mais ça suffit pas. Bien sûr qu’on a tous et toutes vécu des sales histoires, je suis pas la seule et je vous sors pas la complainte de la pauv Nina. C’est pas du tout le but de cet article qui se veut optimiste. Là, je me range des voitures quelques temps pour me recentrer un peu sur moi, regonfler ma confiance en moi. Parce que même si l’amour, ça se mérite pas, je suis quelqu’un de bien qui a des choses à offrir (et à recevoir aussi). Faut juste que je change ma façon de procéder, je pense, que je sois plus sélective, moins précipitée. Plus naturelle aussi parce que de peur d’effrayer ces messieurs, je dis rien, je montre rien. Forcément, je passe pour la bonne sexfriend de service mais pas mieux. Alors que je peux être géniale comme petite amie, même si je demande à mon mec de m’acheter des tampons et du démaquillant (3 ans après, Guillaume m’en a encore reparlé, le pauvre !). Je fais pas des scènes pour rien parce que ça me saoule. Ouais, les disputes, c’est fatigant, j’aime pas.

 

Donc voilà, je me lance dans un hiver cocooning ressourçant. Le tout pour racheter une belle confiance en moi toute neuve. Bah oui, c’est mathématique : mieux je suis dans ma peau, plus je rayonne, plus je suis attirante. Par ailleurs, en ayant confiance en moi, je peux démarrer en relation en toute sérénité au lieu de bouder mon plaisir genre « il est merveilleux, fantastique mais il va me plaquer, c’est sûr de sûr ». Non parce qu’autant le boulot, après une crise, j’étais obligée de continuer à chercher parce qu’un taf, j’en avais besoin mais un mec, non. Je dirais pas que c’est un bonus mais comme je suis pas dans une logique « tiens, si je trouvais un père pour mes futurs enfants ». De toute façon, si je commence à rentrer là dedans, je crois que le risque de se prendre un mur augmente. Non parce que si je me mets la pression, je vais forcément la mettre sur l’autre qui n’a rien demandé et ça ne va pas être vivable. Zeeeeeeeeeen, ma fille, zeeeeeeeeeeeen. Donc voilà, j’ai ressorti mon tricot (j’ai un peu massacré mon pauuuuvre échantillon), ma couverture, je passe mes soirées peinardes à la maison et ça me fait du bien. C’est un peu comme un roman qu’on écrit : si à un moment, on bloque, ça ne sert à rien de s’acharner. Si on insiste, on va sortir un truc médiocre, au mieux moyen, mais si on laisse reposer, le chef d’œuvre est au bout du chemin. Ou du moins, un truc qui nous plaît.

Donc voilà, c’est parti pour une soixante dizaine de jours d’abstinence minimum. Ca tombe bien, avec mon boulot, je vais être très très occupée.