Deviens l’héroïne du roman de ta vie

Ma chère moi d’avant,

Cela faisait longtemps que je ne t’avais pas écrit parce que ma vie, tu sais, elle est un peu folle. Justement. Là, tu as 13 ou 14 ans, tu es en 4e et la prof de français vous a demandé de rédiger un roman. Carrément oui. Quand elle vous a proposé l’exercice, elle a suggéré la possibilité d’ecrire une autobiographie. Tu as attendu un peu : si tu embrassais un garçon, tu l’écrirais cette autobiographie. Finalement, tu as rendu un roman policier façon club des 5 (sauf qu’ils étaient 8). Je me souviens, y avait même des dessins représentant les 8 personnages toujours les uns derrière les autres. Ce qui est terrifiant, c’est que 16 ou 17 ans après, je dessine exactement pareil (je vous scannerai ça lors de mes prochaines vacances).

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Et bien rassure-toi ma chérie, 16 ou 17 ans plus tard (je vais arrêter d’ecrire cette phrase), tadam, ta vie vaut bien un roman. Non que tu aies un destin à la Natacha Rostov (tu comprendras plus tard de qui je parle) mais quand même, il va t’en arriver des choses. Même que des milliers de gens viendront lire tes péripéties sur ton blog. Niveau boulot, déjà, ça va pas mal tanguer mais t’inquiète pas : dans Titanic, l’héroïne survit (oh le méchant spoil que je viens de faire, le film n’existe pas à ton époque !). Bref, tu te raccroches aux branches et à chaque fois, tu t’en sortiras comme une reine.

titanic

Niveau sentimental, c’est pareil, c’est romanesque. Depuis tes 13 ans, tu en as embrassé des hommes et quelques femmes aussi (ne dis pas beurk, tu ne sais pas de quoi tu parles). Et tu as vu un certain nombre d’entre eux tout nus histoire de… Rappelle-moi, à 13 ans, tu sais ce que c’est le sexe ? Ah oui ! Ben voilà, ma fille, tu ne seras pas Belle au Bois Dormant qui ne connait qu’un seul prince mais plus. Tu seras plus…euh… Tiens, Amanda Woodward. Enfin en moins garce, carriériste, maigre et pour l’heure, tu n’as pas de draps imprimes
léopard. J’ai espoir que tu n’en aies jamais mais petite leçon de vie : ne jamais dire jamais. Par exemple, j’avais dit jamais d’iPhone et finalement… C’est pas que tu es devenue une croqueuse d’hommes à la Amanda. Déjà, la preuve, à 30 ans, tu ne t’es pas mariée une seule fois encore, Amanda devait déjà en être à 3 (dont un qu’elle a essayé de tuer). Non, c’est juste que tu te laisses porter par la vague, ce qui est très bien aussi. Déjà, vu que tu fais un peu l’effort de ne plus te planquer derrière de grand t-shirts informes, c’est de suite plus facile de choper du mâle. Je dis ça, je dis rien mais note. On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre, comme on dit, même si je ne vois pas bien l’intérêt d’attraper des mouches.

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Sauf que par une logique mathématique, qui dit multiplicité d’hommes dit profils psychologiques différents (les uns par rapports aux autres, je veux dire, pas différents par rapport à une norme, je ne sors pas forcément qu’avec des inadaptés même si on peut débattre de l’état psychologique de certains, effectivement. Mais petite leçon de vie : certains cachent très bien leurs déséquilibres). Et forcément, tout ne rentre pas en adéquation avec toi, ton vécu ne te sert parfois à rien vu que Stéphane ne réagit pas comme Pierre et que les hommes ne sont pas livrés avec le mode d’emploi. Ce qui, entre nous soit dit, est un vrai calvaire. Parce que certains, tu saurais de suite sur quel bouton appuyer pour les garder (ou pour te rendre compte que ça va pas être possible), ce serait plus simple. Moins drôle mais plus simple. 

homme femme

Et puis ce qui est fascinant avec la vie, c’est qu’elle te taquine toujours un peu genre « mais où sont tes limites, petit scarabée. Ah, là, tu viens de les repousser un peu, t’as vu? ». Tu testes, tu découvres, les « jamais » de ta prime jeunesse sont limite ton quotidien de jeunesse tout court. Parce que finalement, tu te rends compte que les contes de fées n’existent pas (entre nous, tant mieux, tu mérites mieux que de transformer en mère pondeuse), qu’une histoire est avant tout une affaire de compromis, qu’il faut savoir dire oui mais
aussi non. Que parfois, tu te précipites dans des situations impossibles en te demandant à quelle drogue peuvent bien carburer les scénaristes de ta vie. Pour te dire, ces derniers temps, je suis persuadée que ceux qui écrivent ma vie ont taffé avant pour Des jours et des vies. De fait, j’attends la découverte d’un frère caché dans les prochains jours. Oui, un frère, comme tu le voulais, tu te souviens ? Non parce que ta meilleure amie du lycée, Cécile (oui, en 4e, tu l’apprécies sans plus mais tu verras), elle a 2 grands frères et tu trouves ça génial car qui dit grand frère dit potes du grand frère dit mecs potentiels. Je me demande si ça marche encore à 30 ans. Et si oui combien d’amis de mon nouveau frère j’aurais le droit d’essayer avant qu’il ne se dispute avec eux car ils pensent qu’ils vont tous pouvoir me sauter (alors que non, c’est moi qui choisis) ? Mais bon, les scénaristes drogués de ma vie vont m’arranger, ça, hein !

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Bref, tu auras noté que je ne rentre pas dans les détails et je te jure que ce que tu imagines du haut de 13 ans est sérieusement en deça de ma réalité. Ce qui n’est pas difficile vu qu’à 13 ans, on est franchement neuneu. Je ne t’en dirai pas trop pour ne pas déflorer le suspense mais je pense que si, là, je me décidais à écrire mes mémoires, y aurait de quoi dire. D’un autre côté, écrire ce que l’on a déjà vécu, je ne trouve pas ça très intéressant. C’est pas mon passé qui m’intéresse, c’est mon avenir. Bof, j’écrirai ça à 80 balais, quand je
serai célèbre et que ça intéressera éventuellement quelqu’un. Tiens, à propos de célèbre, faudra qu’on en reparle.

FAMOUS

Allez bisous, entraîne toi à rouler des pelles en attendant. Même si rassure-toi, à 30 ans, tu assures grave sur ce point, paraît-il. 

Ton toi de dans 16 ou 17 ans (rah!)

Quand je serai grande, je serai Jean-Luc Azoulay

J’ai des tas de choses à dire en ce moment mais peu voire pas du tout le temps de les écrire (ma vie est folle, je pardon, enfin, relisez mes 15 derniers articles, j’arrête pas de répéter que je suis débordéeeeeee) mais ce matin, j’ai comme une envie de manque de sérieux donc je vais faire un article n’importe quoi. Et donc vous parler de Jean-Luc Azoulay.

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Alors pour ceux qui ne connaissent pas, je vous raconte qui est ce monsieur : c’est le papa des sitcoms AB : concepteur, scénariste, compositeur (il écrit aussi les chansons d’Hélène, de Dorothée et de tous ceux qui ont l’idée de se lancer dans la chanson soit la moitié des acteurs de ses sitcoms, avec plus ou moins de bonheur)… Un homme à multiples casquettes. Evidemment, on pourrait débattre de la qualité de sa production mais tel n’est pas mon sujet, on s’en fout. C’est la success story qui m’intéresse.

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Parce que mine de rien, Jean-Luc, il est fortiche. Comment réussir à écrire une dizaine de sitcoms dont certaines comptent plus d’une centaine d’épisodes ? Facile : on recycle. Des fois même au sein de la même série. Un exemple au hasard : dans Hélène et les Garçons, à un moment, Nathalie la méchante alternative (des fois, elle est gentille un peu) qui traîne beaucoup en boîte se fait violer par plusieurs garçons et arrive en larme au garage, décoiffée et débraillée. Alors là, déjà, subtilité scénaristique, les violeurs sont des « fils à papa » que la bande méprise parce que eux, ils ne le sont certainement pas, ils vivent en cité U. Bon ils ont des instruments de musique qui coûtent un bras et vont à la cafèt toute la sainte journée pour se sustenter sans jamais bosser mais c’est pas pareil. Donc la bande organise une expédition punitive et tend un piège aux vilains fils à papa. Les filles servent d’appât, amènent les mecs dans le garage, les font déshabiller et quand ils sont tous nus, les garçons surgissent de cartons dans lesquels ils étaient planqués et les prennent en photo
tous nus et font promettre aux vilains garçons de ne pas recommencer.

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Dans le Miracle de l’amour, cette fois-ci, Adeline devenue Manuela devient un peu une petite salope (petite car elle allume mais pas touche !) et commence à fréquenter des garçons mauvais genre. Soit des fils à papa. Ses copines lui disent que c’est mal parce qu’elle est pas comme ça et puis « qu’est-ce que tu cherches avec eux, hein ? ». Là, Adeline/Manuela répond la réponse universelle dans l’univers AB quand un personnage glisse dans l’univers underground : « je fais ce que je veux, c’est MA vie ! ». Evidemment, Adeline/Manuela finit par se faire violer en gang par les fils à papa mais dans le garage, cette fois-ci. Là, attention, le scénario est un peu différent : les garçons vont d’abord péter la gueule des fils à papa parce que Nathalie qu’est gentille les connaît (elle a été un peu bitchasse, avant, souvenons nous) et ils se retrouvent en garde à vue et tout le monde dit « non, c’est pas possible alors ils vont s’en tirer comme ça ? » parce qu’Adeline/Manuela a un peu omis de porter plainte et a refusé les prélèvements vaginaux à l’hôpital. Mais là, Laly a une idée, elle sert d’appât aux vilains garçons avec Adeline/Manuela et finit par menacer les garçons avec un revolver pour leur faire comprendre que violer les filles, c’est mal. Voilà, limite du copier/coller même pas assumé puisque Nathalie ne va pas voir Adeline Machine en lui disant « je sais ce que c’est, tu sais », non, Nathalie a manifestement occulté son viol.

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Bref, dans ces conditions, on comprend qu’il écrive des épisodes au km, à l’instar de son avatar M. Girard, scénariste pour Amour toujours. D’ailleurs, on sent qu’il n’a pas d’illusions sur son métier, la moitié des personnages de la dite série se moquent ouvertement d’Amour toujours à part les trois niaises de service qui adoooooorent. D’ailleurs, le viol réussi ou non revient régulièrement et souvent sur le schéma de l’homme plus âgé et charismatique qui essaie de violer la jeune niaise. On a Virginie qui manque de se faire violer dans Premiers Baisers et les Années fac par un photographe puis un producteur bidon de ciné, la chaudasse de la Philo selon Philippe qui manque de se faire violer par un prof remplaçant puis par un photographe. Hmmm, un homme de pouvoir qui viole une jeune première, tu sens limite le fantasme malsain. D’un autre côté, on a aussi toujours des personnages très jeunes qui fantasment sur un homme plus âgé (prof, photographe ou scénariste de sitcom)

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Bref, quand on considère qu’un épisode compte 20 mn dont 10 bonnes minutes de bisous bisous trop mignons, que les scénarii sont copiés/collés et assez incohérents et d’une mièvrerie totale, le fait que ce mec ait réussi à se faire des millions ben, moi, ça me fascine un peu. Sérieusement, être payée des millions à écrire des conneries, c’est un peu le pied… Par contre, je crois qu’en plus, j’aurais créé une branche « érotique » parce qu’écrire des mièvreries du genre toute la journée, ça doit finir par peser un peu…