Mais je vous aime pas !

Par PinkLady

Petite présentation des Playmo stories pour ceux qui ne connaissent pas : je prends des playmos, je les photoshope et ça fait une histoire. J’ai choisi quelques vieilles histoires mais promis, des nouvelles arrivent bientôt ! Oui !

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Message de Nina : J’ai créé la page Facebook des Vingtenaires, j’ai pas tout tout fini par rapport à ce que je veux faire mais voilà, c’est là : Les vingtenaires

Petite chose fragile

Dernièrement, j’ai expérimenté le « je suis la petite chose fragile de service », statut assez inhabituel pour moi dans la mesure où je suis plus habituée à être la pompom girl du groupe, celle qui encourage, montre que le verre n’est pas si vide et que « tu verras, demain, ça ira mieux ». Préceptes que j’applique à moi-même même si parfois, je ne serais pas contre une télécommande magique qui ferait avancer ma vie de quelques semaines jusqu’au moment où tout ira mieux de façon indéniable.

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Ces derniers temps, les gens sont donc très préoccupés par mon bien-être et la gestion de la crise qui est mienne depuis presque deux mois. Tout le monde me dit « n’hésite pas, je suis là pour toi », y compris celle qui vient de perdre sa grand-mère. Les gens me demandent s’ils peuvent inviter l’Amoureux parce qu’ils ont peur que ça me fasse mal. C’est délicat de leur part mais je ne suis pas fâchée avec lui (ni lui avec moi) et le fuir ne servira à rien. J’ai coupé les ponts pendant 15 jours histoire de reprendre des forces. Maintenant, il
nous faut construire une relation amicale et ce n’est pas en le fuyant que je vais arriver à quoi que ce soit. Nous avons des amis et des activités communs, autant affronter la situation.

Je ne sais pas si je suis forte ou juste apathique dans cette histoire mais quand je vois comme les gens s’inquiètent pour moi, ça me touche mais me surprend néanmoins. La semaine dernière, je l’ai revu. Pas en tête à tête, il y avait du monde. Il est arrivé, nous avons parlé tous les deux pendant quelques minutes. Pas de la rupture, je pense qu’il n’y a rien de plus à dire sur la question qui ne remuerait le couteau dans la plaie. Juste de nos vies depuis 15 jours, de ses projets, de mon nouveau taf… Et j’ai vu mes copines qui me surveillaient du coin de l’oeil, vérifiant que j’allais bien, que je n’allais pas me mettre à pleurer et cette question sous-tendue : »Ça va? ». D’autres m’ont questionnée par mail le lendemain, même ma maman m’a posé la question alors que nous avons des problèmes plus graves à gérer dans la famille que mes peines de cœur.

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Je suis touchée. Indéniablement. Mais quelque part, ça m’effraie légèrement : ai-je bien réalisé ? Sous-estimé-je ma propre situation ? Je suis parfois gênée de voir mes copines s’excuser car elles parlent de lui à un moment. Mais son nom n’est pas tabou. Je ne me surestime pas, je me sais fragile en ce moment et les discussions autour de mon retour au pays de la séduction de simples boutades car pour le moment, je n’en ai pas envie. J’ai envie de boire de la tisane dans un pyjama pas sexy du tout et de dormir avec mon chat. Bon, l’épilation reste irréprochable, plongée oblige. Je ne veux pas d’un homme qui ne serait qu’un cataplasme sur mon coeur. Mais j’ai pas non plus envie qu’on marche sur des œufs en ma présence, d’être le centre de l’attention générale pour quelque chose de triste. Réjouissons nous plutôt ensemble de mon nouveau boulot. Concentrons-nous sur celles qui vivent des drames plus graves que les miens. Il est vrai qu’il est doux de voir toutes ces mains tendues, de savoir que si l’on recraque, que l’on a besoin d’une épaule ou de sourires pour oublier, on a qu’à décrocher son téléphone. En attendant, je tiens le cap. Alors the show must go on, parlons de choses gaies. Comme mes vacances d’été en Martinique !

La bonne gestion de la rupture

(Article que j’avais prévu d’écrire il y a deux ou trois ans déjà, je précise)
Connaissez-vous quelqu’un qui n’a jamais connu de rupture ? Moi non. Hé oui, ça fait sans doute partie de l’aventure de la vie, on se rencontre, on s’aime, on finit parfois par se quitter parce que c’est la vie. Donc on vit tous à un moment ou à un autre cette triste aventure de la séparation, que l’on en soit l’instigateur ou la victime. Quelle que soit la place, ça fait en général mal. Donc pour gérer cette crise, il faut de la méthode, un planning. Laissez-moi vous expliquer.

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Je décortiquerai la rupture en trois temps :

– Temps 1 : le choc, la douleur. C’est le temps immédiat de la rupture, celui où l’on pleure recroquevillés dans notre lit, sur le sol de la salle de bain, sous la douche, dans les toilettes, dans la rue et peu importe où. On prend la mesure de la capacité de notre corps à expulser de l’eau par nos canaux lacrymaux. Quand on croit que c’est fini, on repense à cet autre désormais “ex” et c’est reparti pour un tour.

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– Temps 2 : la rémission. On arrête de pleurer tout le temps, ça peut nous reprendre de temps en temps mais ça va quand même mieux, on commence à ré envisager la vie sans l’Autre.

– Temps 3 : L’Autre a enfin cessé de squatter nos pensées et notre coeur, nous sommes repartis à la conquête d’un nouvel Autre (ou plusieurs, faites comme bon vous semble).

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Je ne parlerai pas du temps 3 aujourd’hui, je vais plutôt me pencher sur les temps 1 et 2. Donc comment gérer intelligemment une rupture selon Nina. Voici comment je procède. D’abord, je me laisse le temps de digérer la première phase. C’est à dire que selon l’intensité et la durée de la relation, je me dis que j’ai le “droit” à deux jours, une semaine, un mois de total laisser-aller. Manger un pot de nutella en un week-end ? Si tu veux. User 4 paquets de Kleenex par heure ? Vas-y ma fille, faut que ça sorte. Traîner en pyjama tout le week-end sans mettre le nez dehors ? Je le fais hors période de rupture alors autant en profiter pour ne même pas culpabiliser. On peut même dire aux gens “écoute, en ce moment, je suis pas la fille la plus joyeuse du monde, je préfère rester chez moi à pleurer et à manger du nutella en pyjama” ou au contraire “écoute, je viens de rompre, j’ai besoin de boire pour oublier, let’s go to the party !”.

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Sauf que le laisser-aller ne doit durer qu’un temps pour une raison très précise : il ne renvoie pas une image très valorisante de notre personne. Et puis le temps 1 présente de grands risques de cercles vicieux : plus on se lamente, plus on voit la vie en noir, plus on se lamente… C’est sans fin. Sans sous estimer notre peine, arrive un moment où pleurer toute la journée ne changera rien à la donne. Qu’il soit parti ou que vous l’ayez quitté, c’est fini. La vie continue et il va falloir en faire quelque chose. Comme dirait le poète “the show must go on”.  Donc en gros, quand rupture il y a, mesurons l’ampleur des dégâts et disons nous quelque chose comme “Ok, je me donne jusqu’à telle date pour être une larve et après, je me bouge !”. Alors attention, quand je dis je me bouge, je ne parle pas de dégainer sa carte bleue pour s’offrir un abonnement sur meetic ou remplir gratuitement son panier sur adopteunmec, tut tut tut. Non, faut pas se précipiter non plus, y a le temps 2 avant. Et le temps 2, c’est celui des projets. Je ne parle pas forcément du projet de toute une vie, ne nous surestimons pas non plus, nous ne sommes pas vraiment en état de gérer un échec. Par exemple, quand ça s’est terminé avec Guillaume 1er, j’avais la “chance” d’être en plein partiels. Bon, en plein, il ne m’en restait qu’un mais ça m’a un peu occupé la tête. Après les exams, j’ai encore un peu pleuré puis j’ai dit stop la larve ! J’ai pris mon ordinateur et j’ai cherché tous les journaux et médias existant sur Toulouse puis j’ai pris des feuilles et un stylo et j’ai écrit une dizaine de lettres de motivation à la main, j’y ai joint mon CV. Et j’ai décroché un stage. J’ai aussi fait pas mal de bagues en perles à ce moment là. Ca peut paraître quelque peu futile mais ça m’a occupée.

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En fait, l’idée est simple. Le temps 2 est, si on le considère sous le bon angle, une période douce dont il faut profiter. C’est un temps de recentrage sur soi, de chouchoutage et de repos. Mine de rien, si on ne retient que le positif, une rupture est aussi synonyme de plus de soirées libres donc plus de temps pour faire ce dont on a envie sans chercher à faire coincider les agendas de l’un et de l’autre. Tiens, si je sortais (enfin) la machine à coudre qui prend la poussière à la cave pour m’en servir ? Tiens, si je me lançais dans tous ces loisirs créatifs qui me font de l’oeil depuis une éternité et demi ? En somme, puisque le nous ne vient plus soutenir le je, je pars à sa reconquête, je me reconstruis.

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Evidemment, tout est toujours plus facile à dire qu’à faire. Et le fait que je me supporte pas au fond du trou m’aide à rebondir plus vite. Et mon agenda est encore plus rempli depuis que je suis célibataire, les gens craignant qu’en fait, je sois malheureuse sans le dire et qu’il faut donc me divertir (ce qui est adorable). Donc ma machine à coudre reste pour le moment dans la cave mais promis, dès que j’ai des sous (en mars), je me lance !
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Je t’entends rire derrière ton écran, tu sais…

Peut-on parler de la St Valentin quand on est célibataire

Et voilà, la St Valentin s’approche et me revoilà célibataire. Pas d’aigreur particulière sur la question, on ne l’aurait de toute façon pas fêté vu que notre anniversaire aurait été deux jours plus tôt. Mais qui dit fête des amoureux dit toujours “ceux qui sont laissés sur le bord du chemin et qui l’ont mauvaise”. Ah oui, le monde est-il désespérément binaire ?

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Si l’homochiralité existe dans la nature, c’est bien que tout ne fonctionne pas de façon symétrique. Oui, je me la raconte légèrement depuis que je suis abonnée à Pour la Science. Minute culturelle : l’homochiralité désigne le fait de ne trouver qu’une forme de chiralité dans la nature, on parle de molécules lévogyre quand il ne s’agit que de la forme gauche de la chiralité et de dextrogynes quand il s’agit de la forme droite. Pouf, pouf, j’ai perdu tous mes lecteurs. Donc si l’homochiralité, le gris ou la bisexualité existent, c’est bien parce que tout n’est pas binaire. En somme, au 14 février, il n’y a pas les couples heureux d’un côté et les célibataires dépressifs de l’autre.

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A dire vrai, la St Valentin ne m’intéresse plus depuis que j’ai quitté le lycée, époque où j’espérais recevoir une belle déclaration d’amour en ce jour J. Ce qui n’est jamais arrivé. Adulte, je n’attends rien de cette journée, que je sois en couple ou non. Parce que dans les faits, ça ne représente rien pour moi. Certains me disent “mais siiiii, c’est l’occasion de se retrouver tous les deux, de se faire un resto”. Ok, à la limite, argument recevable. Sauf que pour ma part, adorant la foule qui piétine avec fureur mon espace vital, je préfère inventer une autre fête de l’amour qui serait propre à mon couple, en dehors de l’anniversaire. “Tiens, chéri, si on disait que le 28 mars, c’était notre St Valentin à nous ?”. Cherchez pas pour le 28 mars, j’ai donné une date au hasard. Ce serait un peu comme un rendez-vous obligé, un “quoi qu’il arrive, le 28 mars, c’est toi, moi, et on fait un truc un peu inédit, pas juste une soirée canapé-dvd-pantoufles.” Non que je n’apprécie pas les soirées canapé-dvd-pantoufles, y a des moments où elles deviennent nécessaires tant pour notre santé physique que pour notre porte-monnaie mais c’est pas vraiment ce que j’appelle une fête de l’amour. 

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Je m’égare. Puis-je donc parler de la St Valentin sans être soupçonnée d’aigreur puisque célibataire (et fraîchement en plus) ? De mon point de vue oui, de celui de certains autres, non. Parce que si j’explique que la St Valentin n’a pa d’intérêt en soi, que c’est plus la fête des fleuristes, restaurateurs et chocolatiers, on me répondra que je dis ça uniquement parce que j’ai pas de mec et que je suis jalouse de celles qui en ont un. De 1, je ne peux pas être jalouse de toutes les nanas en couple, certaines le sont avec de pauvres types dont je ne voudrais même pas un soir de faim sexuelle tenace. De 2, si tel était le cas, je ne serais pas jalouse juste le 14 février mais également le jour de l’anniversaire du couple, de l’anniversaire des demoiselles, de Noël et du Nouvel an, pour leurs vacances, l’annonce de leurs fiançailles… Bref en permanence ou à peu près. Puis soyons honnêtes, au vu de la communication spéciale St Valentin de nombreuses marques, y compris celles qui n’ont rien à voir (genre les fast food, top romantique), c’est que, oui, c’est un business. Et ça me gênerait de forcer mon homme à participer d’autant que paye ton effet de surprise “Oh chérie, je t’ai acheté des fleurs!” “Un jour de la st Valentin, je m’y attendais pas du tout mon coeur ! Tu es si surprenant !”. Sans parler des pauvres gars qui sortent tard du boulot et sont en galère pour trouver ne serait-ce qu’une rose potable. Et puis d’ailleurs, pourquoi c’est toujours les hommes qui doivent offrir des fleurs aux femmes ? Moi, j’avais bien offert une plante à l’Amoureux pour le remercier, une fois. 

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A se demander si, finalement, la St Valentin n’est pas plus la fête des femmes amoureuses que des amoureux tout court.

En attendant, j’ai pas d’amoureux mais je veux ce magnifique bouquet !

Comment séduire une fille hétéro (quand on en est une aussi)

A la rentrée, en septembre, il m’est arrivé quelque chose d’un peu inédit pour moi. J’ai rencontré une femme très attirante. En fait, des femmes attirantes, j’en rencontre régulièrement mais normalement, ces filles là, j’ai envie d’en faire des amies, ça ne va pas plus loin. Mais là, non, c’est différent, j’ai envie de lu faire du bien, du mal, de me glisser dans les recoins les plus secrets de son intimité, de glisser ma main dans ses cheveux pendant que je fais ployer son corps de mes doigts agiles. Bref, j’ai envie d’elle.


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Dans ma courte vie (j’en suis même pas à la moitié selon l’espérance de vie moyenne, j’aime le rappeler), j’ai rarement été vraiment attirée par une femme. Je me souviens, quand j’étais toute petite, en CP très précisément, il y avait une fille qui était plus âgée, en CE1 ou CE2, je ne sais plus bien. Je ne suis même pas sûre d’avoir un jour connu son prénom. Et je la trouvais belle, je la regardais tout le temps et je voulais qu’il ne lui arrive que des choses bien. J’ai un souvenir très précis d’ailleurs du jour où la voyant passer par la fenêtre de la porte de ma classe hors récréation, j’en ai déduit qu’elle allait à la piscine avec sa classe. Tiens, mais elle y va deux fois cette semaine alors ? Et là, j’ai eu une sorte d’ivresse de bonheur : « C’est trop bien pour elle, elle le mérite, je suis contente ! ». En dehors de cette douce demoiselle, je ne me souviens pas d’émois « lesbiens » particuliers (je mets lesbien entre guillemets car à 6 ans, je ne suis pas sûre qu’on soit déjà orienté sexuellement) mais y a eu une bascule. J’avais quelques rêves érotiques lesbiens mais comme tout le monde je suppose mais depuis que j’ai concrétisé le fantasme, j’ai un peu la sensation que mes attirances changent un peu. Les hommes continuent à me rendre folle mais quelques femmes me troublent depuis. C’est étrange. Sauf qu’à chaque fois, les filles qui me plaisent énormément, elles sont hétéros et même en couple avec un homme. 

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J’en avais parlé avec l’Amoureux qui était très amusé de la situation. Quelques fois, quand je râlais car je ne vois jamais Jade, il m’a fait remarquer que cette fille m’obsédait. Il m’a même donné des conseils.

« Ecris lui un mail.

– Non mais t’es malade ! D’abord, j’ai pas son mail [je l’ai eu depuis] et puis je peux pas lui sortir ça comme ça, elle est en couple et puis je ne sais pas si elle peut être potentiellement attirée par les femmes.

– Si tu lui demandes pas, tu peux pas savoir. 

– Ben oui mais je la vois jamais, c’est dur de savoir…

– Bon, tu veux coucher avec elle ou pas ? »

Oui mais c’est pas quelque chose qu’on demande comme ça, de but en blanc, entre le fromage et le dessert. « Ca va avec ton mec ? Ton boulot ? Tu veux pas coucher avec moi ? ». Déjà, même si Jade peut être attirée par des expériences lesbiennes, rien ne dit que je sois son type de femme. Puis ça peut jeter comme un froid, quand même… Même si on se voit peu. 

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En fait, j’ai la sensation d’être revenue à l’adolescence, l’époque où je n’étais pas capable de dire à un homme qu’il me plaisait et que s’il voulait me faire des bisous avec la langue à la sortie des cours, ça me plairait bien. Aujourd’hui, je n’ai plus froid aux yeux. Même si je ne formule pas forcément les choses de but en blanc, je les fais comprendre. L’Amoureux avait compris dès notre deuxième entrevue que je le voulais, essentiellement parce que je me suis bien frottée à lui pour lui faire la bise, façon pour moi de tester ce que ça me faisait, le rapprochement physique. Ca m’a bien plu. Mais soyons honnêtes, j’avais compris qu’il y avait moyen de moyenner donc je ne prenais que peu de risque. Là, je sais que Jade est en pleines turbulences amoureusement parlant donc je ne suis pas sûre qu’elle soit très disposée à une quelconque expérience extra-conjugale, avec un homme comme avec une femme. 

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Alors je fais quoi ? Je me contente de la regarder en me disant à part moi « Haaaan, elle est torride, ses lèvres teintées de rouge, j’ai envie de les embrasser, de les mordre, de les sentir sur mon corps, j’ai envie de toucher sa peau laiteuse que j’imagine très douce… » ? J’essaie de lancer la conversation sur « Et sinon, tu te sens totalement hétéro ou tu es « hétéro-curieuse », comme on dit ? C’est quoi ton type de filles, hihihi ! Non mais je demande pour faire la conversation, hein… » ? Je laisse un peu faire la vie en admettant la possibilité qu’il ne se passe jamais rien parce qu’entre hétéros, c’est un peu plus compliqué ? 

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Ouais ben comme d’hab, c’était plus simple quand j’étais petite, à l’époque où le fait de voir la jolie brune aller à la piscine me comblait de bonheur. 

Les bienfaits du silence admiratif

En décembre, j’ai eu la chance de récupérer deux entrées pour l’expo Monet, celle hyper blindée, événement culturel incontournable pour tout Parisien qui se respecte. Enfin pour ceux qui ont pris leur place en avance ce qui n’était pas mon cas. Ni un ni deux, je prends la stagiaire Ashley sous le bras et nous voici parties faire la queue au Grand Palais.

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30 mn dans le froid plus tard (j’ai dit décembre, c’était à la sortie du boulot), nous voici enfin dans ce temple de la culture. Je suis toute frétillante d’impatience, j’ai toujours eu une affection particulière pour les impressionnistes. En fait, je les ai découverts quand j’avais 9 ou 10 ans, je crois, en CM1. Je suis incapable de dire comment ça m’est venu mais je me souviens que mon père m’avait offert un lourd ouvrage sur les impressionnistes. J’avais alors été choquée de voir qu’ils peignaient tous des femmes toutes nues, même Renoir mon préféré. Evidemment, ce coup de foudre artistique était purement esthétique, je trouvais ça beau toutes ces couleurs. Je me souviens également de mon premier voyage à Paris en 91 (à 11 ans donc) où nous sommes allés visiter le musée d’Orsay. Mon musée préféré encore aujourd’hui. J’avais fait des milliers de photos de chaque tableau (sans flash), les trois quarts des clichés étaient à jeter. Bien, ceci étant posé, vous imaginez donc à quel point je suis ravie de visiter l’expo.

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L’expo en elle-même est top, les explications visibles, bien intégrées à l’espace et écrites suffisamment gros pour que je puisse les lire. Mais si j’étais critique d’art et de scénographie, ça se saurait. Non moi, je suis une râleuse un poil cynique qui adore observer les gens puisqu’ils se sentent obligés d’investir mon espace vital. Mon espace vital est très étendu, certes. Et à cette exposition, j’ai entendu quelques perles qui m’ont contraintes à regarder dans les coins s’il n’y avait pas de caméra cachée. Cette expo était quand même un repaire pour de nombreux m’as-tu-vu. Monet ? Au fond, ils s’en foutent mais faut l’avoir vu cette expo, c’est géniâââââl tu comprends. Certains étaient venus avec leurs enfants, des tout petits assez vite saoulés, ce que je peux comprendre car l’expo prend plus d’une heure et quand on est petits, c’est vraiment très long. Il y avait également ceux qui faisaient l’expo au pas de charge, mes chouchous car moins ils restent devant un tableau, mieux je peux le voir. Y a ceux qui râlent parce qu’il y a du monde, ceux qui n’écoutent pas la conférencière. Mais surtout, surtout, il y a ceux qui commentent. Et là, ça fait mal.

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Première fulgurance entendue : un jeune homme d’une vingtaine d’années explique à sa compagne de visite que Monet, n’ayant pas de descendance à sa mort, ses œuvres avaient été léguées à un musée à condition qu’elles soient exposées. Bon, c’est un peu faux, un de ses fils est mort bien après lui mais ses enfants à lui n’ont pas eu de descendance par contre.
Bref, le mec raconte ça, silence de sa camarade qui digère l’information avant de sortir un définitif : « Comme ça doit coûter cher ces tableaux ! ». Oh la d’accord.

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Salle suivante, je me retrouve derrière un couple quinqua-sexagénaire que je devine en parade prénuptiale. L’homme explique des choses à la femme sur le coup de pinceau de Monet  ou sur sa période honfleuraise, je ne me souviens plus. Donc l’homme, sans doute pour impressionner sa compagne étale sa culture. La dame absorbe, silence, puis elle ouvre
la bouche : « il avait quand même une sacrée barbe Monet ! ». Oh mon Dieu. Et je vous passerai tous les « oh, c’est joli » qui ont fusé. Je suppose qu’il faut se féliciter de la démocratisation de l’art et oui, je trouve ça très bien. Mais un tableau n’est pas joli ou moche… C’est pas une carte postale… Même s’il peut le devenir, c’est vrai. 

Faut-il raconter sa vie privée au bureau ?

Depuis maintenant 10 jours, j’ai commencé une nouvelle aventure professionnelle et j’ai déjà des milliers de choses à vous raconter sur la vie en agence. C’est fascinant. Mais tel n’est pas le sujet aujourd’hui, non, aujourd’hui, je veux vous parler intégration dans l’effectif. En gros, comment devenir une collègue efficace ET sympa. 
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Dans ma précédente boîte, j’ai raté mon intégration. Ok, j’ai pas été aidée, j’ai mangé toute seule le premier jour mais quand même, raté, c’est raté. Faut dire qu’à ce moment là, j’avais décidé d’arrêter de fumer et c’est tout le drame de la nouvelle salariée : pas de clope, pas de pause, pas de blabla avec les collègues, pas d’existence. Oui, je sais, on peut accompagner les fumeurs mais quand tu débutes un nouveau contrat, ça fait vaguement la fille qui s’incruste. Donc je planifie mon prochain sevrage tabagique en mai, par là, après ma période d’essai. Parce que cette fois-ci, je bosse mon intégration, je fume, je parle, je fais des blagounettes, j’accompagne les gens pour aller chercher à déjeuner. Et je bosse aussi, beaucoup. Mais force est de constater que j’ai la sensation d’avoir plus de substance sociale en 10 jours ici qu’en 6 mois ailleurs.
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Donc je sociabilise. On sort sur la terrasse s’encrasser les poumons et on parle de tout et rien. Comme les vacances en Thaïlande de Lise qui me refile donc tous ses dossiers, les cas chauds bouillants qu’on a à gérer en ce moment. De quoi je parle, moi ? De plongée. Ben ouais. Et de grossesse et d’accouchement aussi mais ce n’est pas moi qui ai commencé, c’est une autre collègue et ils ont tous été étonnés par ma maîtrise de la question « Ben, oui, j’ai travaillé sur des forums féminins ! » « Aaaaaah ! ». L’avantage de la plongée, c’est que ça occupe un peu les discussions : qui en a déjà fait (les baptêmes, ça compte) et qui a peur d’en faire et chacun de raconter son aquaphobie ou sa pisciphobie. Oui, en fait, depuis que je fais de la plongée, je découvre que beaucoup de gens ont peur des poissons et de la faune aquatique ou du moins en sont dégoûtés. Alors que je trouve ça super cool les poissons moi, même les mérous. Mais
j’ai pas encore croisé de murène ou de requins, juste des poulpes et je sais comment m’en débarrasser s’ils viennent me coller. Oui, la plongée est une source inépuisable de connaissances, vous n’imaginez pas.
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Et le reste ? J’ai vaguement parlé de mon rendez-vous chez le dentiste, de ma sœur qui bosse donc dans l’agence associée, du fait que je viens du sud ouest. Et voilà. Mes amours ? Alors déjà, je voudrais en parler que je n’aurais pas grand-chose à dire.
« T’es célib ?
– Ouais
– Ca fait longtemps ?
– Quinze jours. »
Donc là, ça jette comme qui dirait un petit blanc du style « oh mais ma pauvre, qu’est-ce qu’il s’est passé ? ». Parce que ça ferait 6 mois, on ne demanderait pas mais quand la rupture est fraîche… Mais non, personne ne se demande le statut marital. Pour la plupart, je suppose que l’info est connue de tous, je sais par exemple qu’un mec a une femme et des enfants parce qu’il en a parlé au détour d’une conversation, je sais qu’une des stagiaires vit avec son mec et… et ben c’est tout, tiens. J’essaie du coup de deviner qui est célibataire et en couple, qui est gay ou hétéro. Mais après, nos coucheries respectives ne semblent pas faire partie du menu des conversations usuelles, contrairement au froid.
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Pourtant, selon les univers, c’est handicapant. Dans mon ancienne boîte, donc, je n’ai rien raconté et je me suis sentie un peu exclue, genre « non mais elle, elle veut rien dire ! ». Parce que les confidences instillent une connivence, une complicité. On n’est pas juste collègues, on est copines. La profondeur et la force de ladite amitié est sujette à débat mais il y a un lien supplémentaire, un lien qui fait qu’on va aller déjeuner ensemble ou boire un verre histoire de se raconter les potins plutôt que de laisser moisir la rabat-joie qui
raconte pas sa vie devant son écran à l’heure du déjeuner. Vous allez me dire qu’on s’en fout, que du moment qu’on est efficaces, on n’a pas besoin d’être pote avec tout le monde. Pour avoir expérimenté la chose, je peux vous garantir que non, il m’a même été expressément reproché de ne pas déjeuner avec les autres, de rester dans mon coin. Parce que je peux être efficace et relativement irréprochable (relativement dans la mesure où je commence à accepter le fait que je peux aussi faire des erreurs sans être la pire employée du monde), par rapport à un employé efficace ET sociable, je saute. Parce qu’on n’est pas des machines payées à juste exécuter et que quitte à passer 8h au minimum avec des gens, autant que ça se passe bien. Maintenant, il est des limites à respecter, celles de la pudeur et de la décence. Vous exprimer sur votre statut marital est une chose. Faire la revue de tous vos amants à mesure où ils apparaissent avec force détails, par contre…  

Faut-il draguer son dentiste ?

[Je tente une nouvelle forme de texte pour où trouver l’homme, plus proche de ce que je pensais faire à la base, n’hésitez pas à me donner votre avis]

Il y a certains hommes qu’on n’a pas vraiment envie de croiser mais notre corps n’en fait qu’à notre tête. Les dentistes font partie de ces hommes là. Je parle bien évidemment d’un croisement dans leur bureau, sur le fameux fauteuil du dentiste, ce sont certainement des hommes charmants en dehors. Mais aujourd’hui, posons nous la question : faut-il draguer son dentiste.

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Un matin, on se lève et quelque chose ne va pas. Ce quelque chose, c’est notre dent, notre joue gauche a doublé de volume et on ne peut plus rien faire de notre dentition sans une furieuse envie de lâcher une bordée de jurons. Dans le langage populaire, on appelle ça une rage de dent. Là, plus le choix, faut appeler l’homme au fauteuil SM. Rendez-vous
est pris avec un nouveau docteur que nous ne connaissons pas car il y a des moments dans la vie où l’on déménage ou que le dentiste qui nous a arraché nos dents de lait ballotantes et qui a paré nos quenottes de magnifiques bagues rendant l’adolescence encore plus difficile prend sa retraite.

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Qui dit dentiste dit docteur et sur le principe, c’est sexy. Sauf qu’à ma connaissance, aucune série ou comédie romantique met en scène un dentiste et ce n’est pas
pour rien. Outre l’acte incroyable de soumission que représente la visite chez le dentiste, entre le fauteuil équipé de minuscule instruments de torture et le fait de présenter sa bouche offerte
à un homme ganté de latex, on sait que ça va faire mal. Hors détartrage, bien entendu. Pensez quelques secondes au doux ronron de la fraise. Voilà, rien que ça, vous sentez votre pulpe dentaire
frémir d’effroi. A partir de là, le romantisme est mort.

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Revenons en à notre dentiste. Il est imaginable qu’un dentiste soit la copie conforme d’un George Clooney ou d’un Eric Dane. Dans la salle d’attente, en feuilletant
distraitement un Elle daté de 2006, vous commencez déjà à fantasmer sur ce qu’il pourrait se passer sur un fauteuil qui vous paraît tout à coup bien plus accueillant. Sauf que la réalité va
manquer cruellement de glamour. A peine assise sur le fauteuil, alors que vous n’avez même pas eu le temps d’entamer une parade pré nuptiale, voilà que vous devez ouvrir la bouche pour lui
présenter vos problèmes dentaires. Une carie ou un abcès, ça n’a jamais été sexy. Même pas le tartre.  Et la suite est encore pire : il va vous piquer la gencive, vous endormir la bouche,
mettre des engins de torture pour vous trouer les dents avec un goût de camphre dans la bouche et une odeur de dent calcinée dans l’air. Et je ne vous parle même pas des projections de salive et
de micro bouts de dents qui vous atterrissent sur le visage pendant que le docteur vous pulvérise feu votre quenotte. Mais surtout la question qui se pose est : comment flirter ? Dans le cadre
d’un détartrage, Monsieur peut nous complimenter sur notre dentition mais le problème majeur du dentiste, c’est qu’il vous met des choses dans la bouche. Et quand je dis des choses, je ne pense
pas à sa langue (à minima). Donc pendant que le dentiste plonge ses instruments dans ma bouche, le voilà qui a envie de parler, sans doute parce que je suis tellement tendue qu’il craint que
j’arrache le bras de son fauteuil.

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« Et alors, vous partez en vacances ?

– Han han

– Ah oui et où ? »

Heu oui alors ma réponse risque de ressembler à un borborygme incompréhensible du genre « Ouahehou ». Comment lui démontrer que je suis une femme merveilleuse et
fantastique s’il ne me reste que mes voyelles pour m’exprimer ?

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Et encore, je ne vous ai même pas parlé de son assistante qui me tient gentiment la main pendant que je maudis ma foutue bouche qui refuse de
s’endormir. 

Moralité : si vous voulez sortir avec un dentiste, ne soyez pas sa cliente.

J’aurais voulu être une actrice…

Comme je le disais dans mon article résolution, je me suis abonnée à trois magazines : Pour la science, Management et Grazia. J’avais dit Stratégies aussi mais ça coûte bonbon et si la rumeur de déménagement de mon service se confirme, j’y aurai accès facilement (pour le moment, je l’ai pas vu dans nos bureaux actuels). Donc depuis trois semaines, je reçois Grazia toutes les semaines (et un numéro de Pour la science que j’ai pas commencé) et au détour d’une page, je lis l’interview d’une actrice pressentie pour être révélation de l’année aux Césars. A la question « quelle a été votre dernière révélation », réponse : « à mon cours de chant, j’ai découvert que j’étais mezzo et pas soprano ». Et c’est à la suite de cette phrase que j’ai ma propre révélation.

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La comédie ne m’a jamais vraiment attiré en soi. Sauf à l’âge où l’on a des rêves de gloire mais je me trouvais plus douée en chant, je m’imaginais plus facilement sur une scène avec ma guitare et mon micro que dans la peau de différents personnages, alors même que je n’ai jamais su jouer de guitare. Il paraît que j’ai certaines prédispositions, j’avais fait un peu d’impro où je m’en sortais super bien et ma prof de français de première m’avait fortement complimenté sur ma façon de lire un texte, très vivante.  Mais jamais je n’ai pris de
cours de théâtre et je doute aujourd’hui d’en avoir le temps. Mais quand je dis que je veux être une actrice, je ne parle pas du fait de jouer la comédie en soi (même si c’est très bon pour la mémoire) mais des multiples activités qui s’y agrègent.

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Il y a 4 ans, je travaillais sur un projet de long métrage, Modo, je vous en avais parlé. Au cœur du projet, une actrice, Aurèle, avec qui
j’avais sympathisé et ses journées étaient rythmées par différentes activités : sports de combat, danse, cours de mime… Bref, un acteur se doit d’être polyvalent et d’avoir plusieurs cordes à son arc, prendre des tas de cours fait partie de son travail. Et ça, ça, mes amis, je trouve ça merveilleux.

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Evidemment, y a du négatif, c’est un métier difficile avec beaucoup d’appelés et peu d’élus. Quand on voit que Marion Cotillard a dû attendre 29 ans pour recevoir le prix de la meilleure actrice dans un second rôle, faut faire preuve de patience. Pourtant, même si je suis pas fan du tout de la demoiselle, reconnaissons qu’elle a déjà un très beau physique pour l’emploi. Pour le talent, je ne me prononcerai pas, j’ai juste vu Les jolies choses avec elle, difficile de juger une carrière avec un seul film, sans parler de l’évolution de son jeu d’actrice. Ah si, j’ai vu un autre film avec Thierry Lhermitte qui basait son buzz sur des scènes en clubs échangistes et je n’ai que très peu de souvenirs de ce truc. Faudrait que je le revoie pour ma rubrique totalement poussiéreuse de l’art du nanard. Bref, je vous parle de Marion Cotillard qui a su faire son chemin depuis grâce à un rôle et sa vie amoureuse mais faudra voir dans 10 ans. Et dans l’ombre de Marion et des quelques élues, des tas de femmes pas moins jolies, pas moins talentueuses mais qu’on ne connaît pas et qu’on ne connaîtra peut-être jamais. J’ai par exemple une amie du primaire – collège qui est passée de documentaliste à actrice. Ce n’est pas une bimbo bonnasse mais elle a un putain de charme et les quelques vidéos que j’ai vues d’elle sont très convaincantes. La verrai-je un jour devant une caméra ou sur une scène de théâtre ? Rien n’est moins sûr. Et que dire de l’épouse polonaise d’un ancien collègue carrément magnifique ? Elle parle français sans aucun accent au besoin mais on ne lui donne que des rôles de slaves avec nécessité de reprendre son accent (en même temps, c’est un vrai chant à mes oreilles, j’ai toujours adoré les accents étrangers)

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Mais ce ne sont pas les paillettes et les feux des projecteurs qui m’intéressent, donc, c’est la possibilité (nécessité) d’ouvrir en permanence ses horizons, de prendre des cours pour être toujours meilleure, progresser en permanence dans divers domaines. Mais quelle richesse ! Apprendre à chanter, à maîtriser quelques instruments de musique pour un rôle (je pourrais reprendre des cours de violoncelle), une langue pour jouer une étrangère (l’anglais est incontournable. Et le russe ? J’ai les yeux bleus, je pourrais jouer les slaves. Ok, je suis pas très blonde et je suis un peu minuscule mais bon), du sport car je dois affûter mon instrument de travail. Sans parler de l’apprentissage d’une bonne respiration, mon problème majeur dans la vie. Oui, la plongée m’a révélé que je ne savais pas respirer. On a un exercice qui s’appelle le phoque : on doit vider ses poumons et se projeter au fond de la piscine. Avec des poumons vides, tu coules. Moi, je remonte. Pourtant, j’ai l’impression que je n’ai plus d’air à souffler mais manifestement, il m’en reste plein. Parce que je ne respire qu’avec ma cage thoracique et pas avec mon ventre donc je vide pas bien. L’Amoureux m’avait un peu fait travailler ça mais je pars de loin. 

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Bref, faire un métier qui nécessite d’être en permanence d’un nouvel apprentissage, de rajouter encore et toujours une nouvelle corde à son arc, ça me titille. Sauf qu’en parallèle, la non garantie d’un revenu régulier me fout trop les pétoches, sans parler du fait qu’à 30 ans, je pars de trop loin pour espérer quoi que ce soit. Ne serait-ce que parce que je n’ai pris aucun cours de comédie dans ma vie donc même s’il semble que j’ai certaines prédispositions, je suis loin, très loin du niveau minimal pour jouer la comédie.


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Ceci étant, en écrivant cet article, j’ai envisagé de m’inscrire dans un cours de théâtre. Pas pour devenir actrice mais je pense que ça pourrait m’apporter certaines choses, travailler ma mémoire et ma respiration. Va juste falloir que je trouve du temps et vu le rythme de mon nouveau travail, va falloir que j’accepte que toutes mes soirées ne peuvent plus être dédiées à mes loisirs. La vie en agence, c’est bien particulier, faudra que je vous raconte.

Coupe tes mails

Il y a quelques temps, j’ai lu un article très intéressant de Rue89 sur le temps de concentration moyen de l’employé français : 12 minutes. 12 ridicules minutes surant lesquelles il peut vaguement travailler avant d’être dérangé. On fait quoi en 12 minutes , hein ? Pas grand chose, à peine le temps pour deux ou trois chansons. Un souffle. Voilà à quoi nous sommes rendus.
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Je suppose que la plupart d’entre vous travaillent comme moi en open space ce qui sous-entend « personnes venant jusqu’à votre bureau pour vous demander quelque chose ». Imaginons la vie lambda du salarié (qui est un peu la mienne, je le concède): on arrive, on consulte nos mails. Une fois le tri fait dans les dernières infos et demandes à prioriser, on
peut commencer à travailler. Tiens, ce matin, commençons par le dossier « brûlant ». Avec un peu d’efficacité, dans une heure, il est fini. Là, on applaudit toute la naïveté de l’employé optimiste. Oui, camarade, tu aurais pu terminer ton dossier en une heure sauf que tu vas être dérangé. Téléphone : « Ouais, c’est Luc, tu peux me dire où on est sur le dossier
pas-urgent-mais-comme-j-appelle-tu-me-réponds steuplé », les mails : « tu peux faire ça ? », les collègues qui soignent leur tonus fessier en se déplaçant jusqu’à votre bureau pour vous brieffer sur un nouveau dossier, brief noté en hiéroglyphes sur un bout de cahier, re les mails « non mais pourquoi tu n’as pas encore fait ça, ça fait une demi-heure que je te le demande! »; Ding ding, il est midi, le dossier urgent n’est pas bouclé.

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Comme je suis une rebelle administrativement célibataire et nullipare, j’aime ne pas prendre certains jours de congés que certains s’arrachent comme le 12 novembre, surtout quand, comme cette année, il tombe un vendredi. J’ai également « travaillé » le 31 décembre mais en vrai, « travailler » le 31 décembre consiste surtout à poser son cul sur sa chaise de 10h30 à 15h et de partir en criant : « amusez vous bien, on se revoit l’année prochaine, huhuhu! ». On se marre ! Donc le 12 novembre, disais-je, j’ai travaillé et j’ai BIEN travaillé. Parce que j’ai dû recevoir une dizaine de mails dans la journée et que personne n’est venu au bureau me brieffer alors que je travaillais sur autre chose. C’est fou comme on avance mieux quand on n’est pas dérangés.


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Admirant mon efficacité toute neuve, je me dis que je tiens là la clé du succès : et si je coupais mes mails pendant que je travaille pour ne les rallumer que lorsque je termine un dossier avant d’en reprendre un autre. Belle utopie. Tout d’abord, pour avoir réellement la paix, il faudrait aussi couper les messageries instantanées du boulot, débrancher
le téléphone et se couper physiquement de ses collègues pour éviter le fameux « je viens à ton bureau te parler comme ça, tu es obligé de m’écouter parce que « non mais j’en ai pour deux minutes ». Je sais pas qui a eu l’idée des open spaces un jour en se disant « ouais mais trop bien, la vie en collectivité, ça émule ! ». Ouais, je veux bien mais bon sang, quel parasitisme surtout. Le nombre de fois où je manque de mourir d’un infarctus car, tout à coup, un collègue se matérialise derrière moi pour me demander un truc… Gaaaaaah ! Mëme quand je travaille dur, ça me fait peur (quand je procrastine, ça me fout juste la honte).
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Je me demande quand même comment on faisait avant. C’est vrai, y a pas si longtemps, les mails n’existaient pas donc pas de réponse exigée en instantané, sans parler des messageries instantanées internes (ou pas). Evidemment il y avait déjà le téléphone (non mobile) et les collègues qui bougent leur cul mais au moins, on n’était pas censés rester joignable et lire nos mails à l’autre bout du monde et on pouvait ne pas répondre immédiatement à une demande vu qu’on ne la recevait pas dans l’immédiat. C’est l’ère de l’instantanéité, avec ses avantages et ses inconvénients. Non, je ne vais pas diaboliser le web, faut quand même rappeler que je suis de la classe laborieuse digitale quand même. Mais des fois, ça me ferait un peu plaisir de pouvoir attendre avant de répondre à un mail pour avancer sur mon dossier sans en recevoir 3 avec un sigle urgent à la fin alors que ça ne l’est pas tant que ça. Pourquoi je ne fais pas ça maintenant ? Mais parce que je préfère faire deux choses bien successivement que deux choses moyennement faites voire médiocre simultanément. C’est pas dur à comprendre.


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Mais c’est un peu de ma faute aussi. Je ne sais pas ne pas répondre sans rapidement culpabiliser parce que voilà, dans ma tête d’employée traumatisée, les choses devraient être faites avant même qu’on ne me les demande. Cherche pas, c’est traumatique, je te dis. Et plus l’heure de réception du mail s’éloigne de l’heure actuelle, plus j’angoisse, plus je
crains l’apparition de la fenêtre bleue maudite me notifiant d’un nouveau message. Oui, j’ai aussi travaillé avec des gens qui harcèlent, qui te demandent 10 fois la même chose dans la journée et à qui tu réponds 10 fois que oui, c’est noté, que tu feras ça quand tu auras terminé ce que tu fais. Parce que dans la mesure où on ne s’exécute pas de suite parce qu’on travaille sur autre chose, ce n’est pas un drame. On travaille quand même. Evidemment, dans le monde magique du travail, les priorités changent trois fois dans une journée et tout est finalement prioritaire. Mais comme j’aime à dire “si tout est prioritaire, rien ne l’est en fait”. Parce que je veux bien être efficace et pro active mais je n’ai hélas qu’une tête avec deux yeux et un seul cerveau, un pc, deux mains donc dur dur de faire trop de choses en même temps. Malgré toute la bonne volonté du monde.
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Finalement, n’est-ce pas à moi d’éduquer mes collaborateurs à ma façon de travailler. “S’il ne s’agit pas d’une demande urgente qui nécessite absolument que j’abandonne tout ce que je suis en train de faire pour exécuter ta demande, tu attendras. En attendant, là, je bosse sur un truc super chaud donc je coupe mes mails”.


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A tenter ! Quoi que pour mon nouveau boulot, je ne reçois mes mails externes que depuis aujourd’hui donc ça a limité ce stress (parce que j’ai déjà plein de trucs à faire). Et pour finir un article de 2007 sur les zero mail friday qui dit que c’est trop bien de pas ouvrir ses mails.