Résultats du concours!

Et voilà, les résultats du concours sont là!!

 

Alors, les membres du jury (Banana, Lucie, Gauthier et moi-même) avons décidé de faire gagner un écrit et une BD. Les oeuvres ont été notées sur dix.

Sans plus attendre, les gagnants sont:

 

Catégorie écrits

Boulou avec un beau 8 !

 

Catégorie BD

Jepeh avec un 7,625.

 

Mention spéciale à Archi et Ced qui n’étaient pas loin avec respectivement 7, 625 et 7,5!

 

Bon, maintenant, je vais travailler sur le design des T-shirt et dès que c’est prêt, je vous en envoie un, vous me donnerez votre taille à ce moment-là ! 🙂

 

Je mettrai les autres candidats en ligne au fur et à mesure, un par samedi, ça vous convient?

 

Soirée arrosée

Par Boulou
Le cadre : une salle de bal hyper chique, entourée de toute la fac (ainsi que de la moitié des profs), petite musique d’ambiance discrète et serveurs sapés comme des pingouins qui passent avec petits fours et… champagne !!
 
Le mec : Christophe, un charmant jeune homme mignon, sympa, souriant. Je le connais depuis 2 ans mais on n’a fait que se croiser à quelques soirées, on a sympathisé… Je craque pour lui depuis quelques temps déjà , on parle souvent sur msn de tout et de rien… Le seul problème : il est timide et moi aussi !!!
 
Bref, me voilà entrant dans la salle telle une princesses vêtue de ma robe de soirée parfaite (en d’autres termes sexy mais classe). Je prends nonchalamment une coupe de champagne qui traîne, je fais un tour de salle pour repérer une «proie» et là je tombe nez à nez avec Christophe, que je n’ai plus vu depuis 6 mois ! On se salue, il est avec Chloé une amie commune (mais y’a rien entre eux, ils sont juste potes, je me suis renseignée avant) et on commence à discuter… Au bout d’un petit temp je finis par m’éloigner et je retrouve ma meilleure amie (Marie) qui est aussi mon coach en matière de mec. Elle m’incite à foncer parce qu’elle est sûre que je lui plais (c’est vrai que c’était un peu ambigü entre Christophe et moi) mais qu’il ose pas faire le 1er pas (non non on est pas au lycée, je vous le jure)… Evidemment, vu ma timidité (presque) maladive et mon manque de confiance en moi, j’ose pas non plus y aller franco.
 
 Au fil de la soirée, je le recroise, il m’offre quelques verres et après quelques coupes de champagne, Chloé me confie qu’elle pense aussi que je plais à Stéphane mais que lui-même ne lui en a pas parlé donc en fait, rien n’est moins sûr. Il faut dire que je me méfie des gens qui veulent à tout prix caser leurs potes et qui inventent n’importe quoi pour y parvenir… Mais au fur et à mesure que la soirée avance, je le trouve de plus en plus miam miam et j’ai vraiment envie de me retrouver dans ses bras cette nuit. Je mets alors une stratégie en place sans l’aide de ma coach (qui était à ce moment-là en train d’embrasser un beau blond dans un coin de la salle) et qui ma foi, au vu des événements ultérieurs, n’a pas été la meilleure idée que j’aie eue… Je décide de boire pour me « donner du courage » et oser l’embrasser la 1ère. Pour le lecteur qui ne m’a jamais vue saoule, il est vrai que je suis nettement moins timide avec un taux d’alcoolémie de 3 g dans le sang et que je me mets à parler à tout le monde, je suis hyper affectueuse et donc je finis souvent par trouver un compagnon de comptoir. Le seul problème c’est que, le lendemain, avec une migraine d’enfer et la bouche pâteuse, je me rends compte de qui j’ai embrassé (voire qui j’ai ramené) la veille et à la lumière du jour, le compagnon de comptoir me semble franchement moins beau et surtout intelligent que dans mes souvenirs embrumés d’alcool . J’avais donc décidé d’arrêter les « plans alcool » afin d’éviter de faire n’importe quoi avec n’importe qui… Mais dans la situation présente, je me disais que ce n’était pas grave puisque le garçon en question me plaisait alors que j’étais sobre et que ma seule envie était de faire des galipettes avec lui…
 
Je vide donc résolument quelques verres supplémentaires (ce qui, je dois bien l’avouer, ne m’a pas posé trop de problèmes) et me retrouve donc complètement bourrée au milieu de la salle… Juste à ce moment-là, je retrouve Christophe et comme par un coup de chance, un slow commence. N’écoutant que mon courage, je l’invite à danser (ben oui, je sais, normalement c’est au mec d’inviter mais pour rappel, le monsieur en question est hyper timide!!) et il accepte bien volontiers. Bon, ça marche bien, on essaie d’abord d’échanger quelques mots, puis on se regarde dans les yeux en souriant, je me serre un peu plus fort contre lui, je pose ma tête contre son épaule en respirant son parfum… Je gère, je gère, je relève la tête, oups je me rattrape de justesse à lui parce que j’ai failli me planter à cause de mon état d’ébriété avancée, je relève la tête, il me regarde en souriant et je choisi le moment parfait pour l’embrasser !! Wouh, il embrasse bien, j’ai atteint mon but, je suis vachement fière… On se ballade main dans la main, il m’offre encore un verre puis il rencontre des amis et j’en profite pour aller discuter avec mes potes. Le problème est le suivant : j’ai avalé plein de verres à la va-vite pour être saoule mais l’effet ne se fait vraiment sentir que maintenant, j’arrive presque plus à marcher, j’ai envie de vomir, je raconte pleins de trucs hyper gênants à voix haute (pour rappel lecteur, la moitié du corps enseignant est présent et je passe des examens oraux devant ces enseignants quelques mois plus tard). J’invite même un de mes profs à danser un slow langoureux (mais heureusement,  avec celui-là j’ai déjà passé l’examen donc on ne pourra pas m’accuser de réussir en couchant avec les profs). Bon le type a évidemment remarqué que j’étais plus que bourrée puisqu’il a dû me rattraper plusieurs fois et je pense qu’il a eu un peu peur que je lui vomisse sur le smoking quand il a senti que j’avais un haut le cœur… Bref, après avoir évité l’incident diplomatique de justesse, je retrouve ma coach qui me demande toute excitée qui est le beau brun que j’ai embrassé sur la piste. Je me retourne alors toute excitée parce que je viens d’apercevoir Christophe approcher et je lui réponds que je vais lui présenter… J’approche donc de Christophe, je le prends par la main, je l’embrasse et je lui présente Marie… Et là, je me rends compte qu’en fait ce n’est pas Christophe que je viens d’embrasser mais un type qui lui ressemble vaguement… Le type a un air ahuri parce qu’il ne comprend pas ce qui lui arrive et tout le monde est mort de rire autour de moi…
 
Après ça, je n’ai plus retrouvé Christophe de la soirée, je suis retournée avec des amis et j’ai dû faire arrêter la voiture pour pouvoir vomir par la fenêtre, je me suis retrouvée seule dans mon lit sans pouvoir fermer un œil parce que dès que j’essayais, ça tournait dans ma tête et je devais courir aux toilettes et je vous parle même pas du mal de crâne qui m’a plus lâché pendant 3 jours !!! En plus j’ai revécu l’horreur de la soirée puisque je me souvenais pas de grand chose et que c’est Marie qui a dû me faire un compte rendu détaillé de mes exploits…J’ai revu Christophe sur msn et apparemment il n’avait pas vu la pelle monumentale que j’avais roulée à cet inconnu mais il était un peu fâché que je sois partie sans lui dire un mot et l’histoire a tourné court…
 
Tout cela pour dire qu’après ça, je me suis promis de ne plus jamais draguer en ayant bu… Malheureusement, je n’ai pas vraiment tenu cette promesse 😉

La visiophonie, c’’est le diable !

Cette semaine, comme tu sais, lecteur, je suis allée à France Telecom. Alors que j’attendais que le vieux devant moi ait fini son caca mou à cause d’un minitel qu’il fallait commander. Je me lance dans un exercice de respiration ventrale. Non, ne va pas crier sur le vieux en lui disant que France Telecom lui prête gracieusement un minitel donc il peut patienter quelques jours… Et puis le minitel, ils doivent être trois en France à l’utiliser encore.
Coucou!
 
Pendant que monsieur fait un scandale parce que le vendeur veut pas lui montrer le seul modèle en réserve (« je veux voir la dimension ! » « Mais c’est la même que celui que je viens de vous montrer » « Mais je veux le voir quand même ! Ah depuis qu’il y a la concurrence… »), je jette un œil à droite, à gauche, et je tombe sur un objet bizarre : un mini ordinateur portable aux coins arrondis et tout blanc. Ah, j’ai compris, c’est le téléphone nouvelle génération : la visiophonie. Je fais la moue : je suis totalement contre la visiophonie et pourquoi ?
 
Il faut savoir que, dès le départ, j’aime pas le téléphone. Pourquoi ? Parce que contrairement à des conversations sur MSN, je peux rien faire d’autre et, ça, ça m’agace. Evidemment, on me répondra : et le téléphone sans fil ? C’est le pire des mouchards ! Par exemple, vous téléphonez et il est l’heure de faire la vaisselle, mettons. Vous faites couler l’eau et, là, immanquablement : « mais tu fais quoi ? C’est quoi ce bruit ? ». D’autant que sans fil ne veut pas dire sans mains : calez-le contre votre épaule et ça donnera : « alors, frtttt, frtttt, ça va ? frrrrt Oui, moi ça va, frrrrrrt et…. Bam ! ». Et je ne parle pas de ceux qu ont une irrépressible envie d’aller aux toilettes pendant que vous racontez votre vie (de là à dire que vous êtes chiants…). Non mais imaginez vous êtes en train de pleurer sur le fait que Jean-Robert a annulé votre repas pour la 150ème fois vu que vous avez déjà forniqué la veille, il ne va pas s’emmerder à dîner avec vous ce soir. Donc, en pleine : « bouhouhou, Jean-Robert est un salaud, bouhouhou… » le téléphone produit un « plouf ! » étrange. Bon, vous laissez à votre correspondant le bénéfice du doute quand un nouvel étrange son ponctue votre litanie sur Jean-Robert : ça s’appelle une chasse.
 
Comme si le téléphone n’était pas assez pénible, voici un nouvel engin de torture : le téléphone mobile. Hé oui, maintenant, vous êtes joignables partout !Déjà, j’ai une
théorie linguistique : je ne sais pas si vous avez remarqué mais quand vous décrochez votre portable, votre correspondant ne dit plus bonjour mais : « t’es où ? ». Donc je dis que dans quelques années, on dira : « t’es où ? » à la place de « allo ? ». Bref, le portable, c’est pénible : si vous répondez pas, vous avez droit à un message : « et bé, tu réponds pas à ton portable ? » Si, je réponds mais c’est plus marrant d’imiter le répondeur… Puis si on ne répond pas, les gens finissent par s’inquiéter : « Ça fait 10 fois que je t’appelle en trois minutes, pourquoi tu réponds pas ? ». Oui, des fois, il m’arrive d’oublier le portable chez moi…
 
Donc, voilà, déjà avec le téléphone, on n’est plus très libre. Mais imaginez avec la visiophonie. Déjà, elle est disponible depuis quelques temps sur les mobiles, Gauthier l’avait
mais il était à peu près le seul donc très utile… Je me souviens d’un jour où son super ex pote Damien l’avait appelé, on était au McDo et c’était encore plus pénible qu’une personne qui téléphone car, là, il était obligé de regarder son écran avec l’autre qui ne disait rien, en plus, super conversation… Mais la visiophonie, c’est génial, la visiophonie, c’est super, beurk ! Maintenant, au lieu d’entendre ce que l’on fait, notre correspondant va le voir. Et moi, je suis contre, je veux garder mon intimité.
 
Certains me répondront : « mais tu n’es pas obligé de l’allumer ». Ah oui, certes, mais si vous l’allumez pas, il y aura toujours quelqu’un pour vous demander pourquoi. Or personnellement, il m’arrive de répondre au téléphone :
– alors que je viens de me lever et que j’affirme le contraire
– en pyjama, pas peignée, pas maquillée
– en sortant de sous la douche, donc nue.
Donc, si vous n’allumez pas votre visiophone, votre correspondant vous sortira une de ces trois hypothèses :
« Ah, toi, tu viens de te lever.
– Non…
– Bah allume la visio alors. »
Sans parler des maris jaloux qui croiront que leur épouse n’allume pas le petit écran car elle est en galante compagnie. Je dis : la visiophonie, c’est la mort du couple.
De plus, la visio est un retour en arrière : finie la liberté de se promener en téléphonant, vous êtes obligés de rester devant et vous ne pouvez strictement rien faire, si ce n’est regarder bêtement votre correspondant. A ce niveau-là, autant se voir directement. Et puis on a déjà les webcams (moi, évidemment, je n’en ai pas), je pense que les personnes susceptibles de s’intéresser à cette technologie ont déjà le net. Et puis les webcams, ça ne me passionne pas non plus, voir la personne qui me fait un coucou et qui m’oblige à laisser sa fenêtre MSN en premier plan, bof…
 
Car le problème dans tout ça, finalement, c’est que les gens vont s’introduire chez nous sans forcément y avoir été invités car, comme pour le portable, ça va vite devenir malpoli de ne pas allumer notre écran, de ne pas nous montrer au réveil dans notre appart en bordel, de ne pas rester bêtement assis devant un écran pendant une demi heure pendant que votre interlocuteur vous fait coucou, vous montre son petit dernier, le chat, le magazine qu’il est en train de lire, les chaussettes qu’il vient d’acheter… La visiophonie, c’est l’enfer, la visiophonie, c’est la vieille copine collante qui débarque chez vous par surprise, qui décolle jamais alors que, vous, vous vouliez regarder une connerie devant la télé en mangeant une cochonnerie en pull XXL et jogging.
 
La visiophonie, c’est le mal.

Toute ma classe a vu ma culotte (mes hontes, volume 2)

Et voilà, suite au premier article sur le sujet, mes amis m’ont gentiment rapporté d’autres anecdotes, je les en remercie ! Je vous les livre à nouveau.

la-honte

 
Ma semelle se fait la malle
Classe de seconde, je déjeune tous les midi en ville avec Cécile (bonjour l’équilibre alimentaire). A l’époque, je mets des chaussures à talons, plus ils sont longs, plus c’est bon. Et oui, depuis ma plus tendre enfance, je suis petite. A 15 ans, on complexe sur tout : je peux pas tricher pour réduire mes fesses donc je me grandis. Cette année là, je ne vis que des malheurs avec mes chaussures : je perds une paire qui était dans mon sac (mal) accroché à mon scooter, la deuxième paire blanche me fait une ampoule qui me prend tout le talon et après un passage à la machine, elles sont immettables. Troisième paire, le sort s’acharne. En fait, au fur et  à mesure des jours, la semelle se décolle. Un midi, alors que je chemine en compagnie de Cécile dans le centre de ma moyenne ville de province, clac ! la semelle cède, elle tient juste par la pointe de la chaussure. Me voilà à boitiller en faisant des bruits de tongs, trop glamour. Je reviens comme je peux au lycée, morte de rire, secondée par une Cécile tout aussi hilare. Tout le monde me regarde. Drame : ce jour-là, on a une sortie scolaire, je suis incapable de me rendre au théâtre ! Dieu Merci, dans mes amies de classe, il y a des pensionnaires, l’une d’entre elles me prête une paire de tennis pourrie qui me fait perdre quelques centimètres. Depuis, j’ai renoncé aux talons.
 
Ma culotte à l’auberge de jeunesse
Classe de première, on part en PAE (projet de je sais plus quoi éducative) à Avignon. C’est super, on loge dans une auberge de jeunesse. Le soir, en rentrant du spectacle, des petits groupes se créent, je pars avec quelques copines rejoindre des charmants Suisses qui nous jouent de la guitare jusqu’à tard dans la nuit. On retourne à l’auberge, direction la douche. Hop, je me déshabille, je me lave, je récupère mes affaires et dépose le lot dans la chambre avant de partir squatter la chambre des garçons. Oui, j’étais en littéraire : 18 filles et 3 garçons, forcément, on s’entasse dans la chambre la plus petite. On discute, on rigole. Des filles qui sont rentrées plus tard que moi arrivent à leur tour et interpellent deux copines qui étaient avec moi dehors. Elles sortent de la pièce puis reviennent.
« Qui c’est qui a perdu une culotte rouge en dentelle ? »
Et là, je deviens de la même couleur que la culotte qui avait orné mes fesses toute la journée : rouge. Non, c’est pas possible, ce n’est pas la mienne… Je réponds timidement : « heu, je crois que c’est la mienne… » et là, une des dernières arrivantes se met à crier : « Ben dis donc, Nina, elle est sexy ta culotte ! » Et voilà comment je suis devenue la fille à la culotte rouge en dentelles.
 
Je montre encore ma culotte au lycée
Ah, j’aime ça, j’en redemande. Fin d’année de terminale, les profs ont gentiment organisé un pot pour nous dire au revoir. Ce jour là, je porte un pantalon ample qui se ferme par une simple fermeture éclair sur le côté. Arrive un moment où je dois aller aux toilettes (ça m’arrive plusieurs fois par jour, en fait). Je vais mes petites affaires, j’entreprends de me rhabiller et, là, c’est le drame : en tirant sur la fermeture éclair, celle-ci me reste dans les mains. Sans elle, mon pantalon ne tient pas… Je sors donc de là en tenant d’une main ferme mon vêtement, mais y a un gros trou sur le côté, tout le monde voit ma culotte bleue. Je fais le tour des pensionnaires (y compris un très mignon) pour récupérer une pince à nourrice mais personne n’en a. Au secrétariat, solution d’urgence : une énorme pince. Me voici donc rendue au pot de départ avec une érection étrange sur mon côté gauche. Mais je persiste, je veux remettre mon pantalon, il me plaît trop ! Donc quelques jours plus tard, me voici dans mon pantalon attaché par une épingle à nourrice mais ça baille toujours… Ainsi, à peine arrivée au lycée, quelqu’un me fait remarquer que ma culotte orange est très jolie… La journée va être longue.
 
Braguette magique
Dans la série « j’ai pas de chance avec mes pantalons », ceux dont la fermeture éclair s’ouvre seule. J’ai un jean comme ça, je le tiens avec un élastique à cheveux. Un jour, je sors dans la rue avec mon pantalon d’été rouge en tissu crépon. Je fais quelques mètres, il y a foule et là, une femme m’arrête. Evidemment, elle va me demander son chemin, je dois avoir un tatouage « renseignements », sur le front. Sauf que je suis très mauvaise en orientation, je ne connais jamais le nom des rues et une fois sur deux, je me plante.
« Excusez-moi…
– Oui ?
– Votre braguette est ouverte ! »
Effectivement, mon joli string qui ne dissimule rien s’étale au vu et au sus de tout le monde… Bon, et bien, je vais rentrer chez moi.
 
Mon pied dans le goudron
J’ai un défaut : dans la rue, je ne fais pas attention où je marche. Les chiens sont contents, j’honore avec soins les petits colis qu’ils abandonnent en route. En fait : soit je suis seule et je suis totalement perdue dans mes pensées, à mille lieues de ce macadam que je foule, soit je parle avec quelqu’un qui me tire souvent par la manche : « hé, t’as failli marcher dedans ! ». Merci.
Un jour, je me promène avec mon meilleur ami hétéro de l’époque, Yohan, on discute, on rigole. Il fait chaud, c’est l’été, je suis en légère robe et tongs. A un moment, un embouteillage se forme sur le trottoir : une mémé, un vélo, c’est trop pour moi, je décide de contourner l’obstacle. Je lève le pied et là, je réalise : il y a des travaux, des plots en plastique partout et mon pied qui, emporté dans son élan se dirige droit vers le goudron récemment posé. Non, essaie de dévier ! Trop tard, ma jambe droite se trouve enfoncée jusqu’au genoux dans une mixture terreuse. La jambe gauche a la bonne idée de choisir une autre trajectoire et je parviens à sortir du trou sans m’arracher le genou. Yohan rigole puis me demande : « Nina, elle est où, ta chaussure ? » Et là, misérable, avec ma jambe gainée de goudron : « heu… dans le trou ! ». Gentiment, il part la récupérer. Elle fait trente kilos, je ne peux pas la remettre.
Heureusement, des ouvriers qui bossaient dans un magasin voisin ont assisté au drame car je me voyais partir à cloche-pieds jusqu’au square à peu près voisin (plusieurs centaines de mètres) pour laver ma jambe et ma chaussure. Du coup, il m’apportent des bouteilles d’eau et je me nettoie tant bien que mal, en attendant de rentrer chez moi. Evidemment, cette scène s’est déroulée juste à côté du Capitole, là où il n’y a personne ! Mais grâce aux gentils ouvriers, j’ai évité l’épreuve du « je me déplace sur une patte sur la place du Capitole à 16h ». Quelques jours plus tard, je suis repassée : les ouvriers avaient comblé le trou crée par ma jambe. Dommage, je serais devenue célèbre, une plaque aurait indiqué : « Ici, Nina s’est payée la honte ».
 
Je sais pas jouer au bowling
Avec Guillaume, mon ex, on allait souvent jouer au bowling entre amis. J’étais nulle, je perdais toujours mais je n’en avais cure. En plus d’être nulle, je suis maladroite… Première honte au bowling : je prends ma boule (pourquoi c’est si lourd, cette connerie), je prends mon élan, je cours, je jette ma boule et…et… ma chaussure mord la piste, le poids de la boule m’entraîne en avant et ziiiiip… sur les fesses ! Mes amis rient en vérifiant que je me suis pas cassé le coccyx, je ris en me relevant, les fesses douloureuses mais rien de grave.
Episode 2 : un autre jour. Bon, j’ai compris, je prends plus d’élan, trop dangereux et puis me colorer les fesses de bleu pour envoyer ma boule dans la rigole, bof. Donc, je saisis ma boule (qu’elle et lourde), je la soulève péniblement, ne me rendant pas compte que ce n’est pas celle avec laquelle je joue d’habitude. Je me positionne face à la piste, la boule dans la main, je projette mon bras en arrière pour lui donner de l’élan… Et cette andouille de boule se détache de mes doigts pour aller rouler vers un groupe de personnes que je ne connaissais absolument pas.
Me voilà seule, debout sans ma boule, morte de honte, à regarder ses pauvres inconnus agressés par une boule venant de nulle part… Ah, si, elle vient de la fille minuscule et maladroite qui est cramoisie… Je vais donc récupérer ma boule en me confondant en excuses, je retourne sur la piste et, pour changer, je l’envoie dans la rigole.
 
Moi y en a rien comprendre
Youpi, Lucie a passé l’écrit de son CAPES, ça se fête (oui, nous, on fête tout) ! Soirée beuverie chez elle, nous voici partis dans la boîte gay la plus proche. Bon, déjà, le trajet fut périlleux : à peine sortis de chez Lucie, Pierre-Louis, un copain, fait tomber son portable dans la rue, il est abîmé, qu’est-ce que ça nous fait rire ! Je m’appuie sur lui pour cheminer, on part du trottoir droit et, sans comprendre comment, on termine sur le gauche, bravo, très fort.
On arrive dans la boîte en question : c’est un pote qui fait l’entrée, je me mets à hurler : « Hééééééééé, c’est Aurélien, je le connais-euh ! Salut ! Salut ! ». Il me demande gentiment de baisser d’un ton. On descend sur la dance-floor, un copain danse très collé-serré avec moi, Mister Big me plaque contre un mur et mime un coït, ahahah, on rigole, on s’amuse. Tout à coup, je vois un jeune homme qui est gay comme moi je suis vierge qui fonce vers moi : personne à droite, personne à gauche, ils sont où mes potes ? Le voilà qui me coince contre le mur, aussi, et commence à me tripoter donc je me dégage de ses griffes et me jette sur Lucie. On joue les lesbiennes de façon pitoyables (en gros, on se tient la main mais à distance raisonnable) puis on se jette sur Gauthier qui était au bar pour l’embrasser à pleine bouche : lui, c’est notre mec, fous-nous la paix, vilain monsieur qui me colle !
Du coup, on décide de bouger et on atterrit dans l’appart d’une fille que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam. Je suis affalée dans un fauteuil et Gauthier vient me voir : « Dis, y a Aurélien qui m’a dit que ça lui ferait plaisir qu’on se voit tous les trois, un soir ». Et moi, je me mets à beugler : « QUOI ? UN PLAN A 3 AVEC AURELIEN ? » Gauthier se met à hurler à son tour : « Non mais ça va pas, t’es folle ! ». Il faut savoir que l’Aurélien en question, il n’y a que lui pour croire qu’il n’est pas gay donc ça ne m’étonnait pas plus que ça.
A un moment, j’entreprends de changer de place et je vais m’asseoir sur une espèce de banquette. Il y a un côté en pente mais c’est pas grave, je suis une équilibriste du bout du monde, même pas peur. Je m’assois donc là-dessus et, évidemment, je glisse et me vautre comme une grosse buse. Bon, Lucie et moi avons fini la soirée chez elle à regarder le Grand Prix d’Australie, j’ai fait une analyse curieuse du nouveau règlement, alcoolémie oblige.
 
L’enchaînement dramatique en plein partiel
Mois de mars, ça y est, ce sont les partiels, les derniers de ma vie (heu… normalement). Aujourd’hui au menu, partiel de sociologie de la réception des produits journalistiques, la matière où je dois me planter, normalement. Non seulement je suis pas allée en cours mais en plus, le prof qui a pondu le sujet n’est pas celui qui a fait cours, super ! Sujet : « je sais plus quoi Lazarsfeld, Ecole de Chicago ». Bon, super, j’ai rien à dire. Pas de panique, taillons mon nouveau crayon à papier rose fluo acheté chez Castela à Toulouse. Je prends mon taille crayon, je commence à tailler mon gadget et je taille, et je taille… Et putain, y a pas de mines ! Alors que je commence à m’énerver, le drame commence. Les tables sont légèrement inclinées et il n’y a rien pour faire tenir le stylo. Alors, forcément, mon stylo plume commence à glisser inexorablement vers le sol. Je fais un geste brusque pour tenter de le rattraper et ma main tape directement dans mon gobelet de cappuccino (très sucré donc très collant) qui se met à dégouliner sur la table et coule direct dans mon sac. Panique ! Panique ! Panique ! Je file un coup de pied dans mon sac Lancel (quand même…) pour le pousser de sous la cascade de café… Mais j’ai pas de Kleenex. Mon voisin de derrière, le mec le plus miam miam de ma promo, me tape sur l’épaule et me fait gentiment : « Nina, y a ton café qui coule. » Toi, t’es une graine de journaliste ! Bon, Clara qui était à côté de moi me file un kleenex, je nettoie comme je peux.
C’est pas tout ça mais j’ai un partiel à faire, moi. Et là, panique à bord : il est où mon stylo encre ? Je m’agite dans tous les sens, il n’est nulle part ! Finalement, après réflexion, je le retrouve au fin fond de mon sac : il avait suivi la rivière Cappuccino.
Pour info, ce partiel a été le seul où j’ai pas eu la moyenne, je me suis pris un magistral 2,5/10… On se demande bien pourquoi !
 
Moi sur le trottoir à St Michel
Non, rassurez-vous, je ne suis pas tombée dans le cercle vicieux de la prostitution. A peine arrivée à Paris, c’est mon anniversaire, Lucie et Gauthier viennent me voir pour l’occasion. On se fait un resto à St Michel avec Clara (qui vivait chez moi), Pedro et le meilleur ami de la demoiselle. Repas sympa : Pedro, Clara et son pote d’un côté, Gauthier, Lucie et moi de l’autre. Faut dire que le Pedro, il a été particulièrement insupportable ce soir-là et il a fait une forte impression à ma ronchonne préférée (« il est moche, il est con et il se la pète, en plus ! »).
On dîne et en revenant des toilettes, Clara tombe, je ris. Quelques minutes plus tard, Dieu, s’il y en a un, décide de venger ma copine. On traverse la rue et là, j’évalue mal la distance, mon pied bute contre le trottoir, je perds l’équilibre et c’est le drame : me voici à genou sur le sol, face à la vitrine d’un restaurant, dans un quartier naturellement désert un samedi soir. Tout le monde rie, moi aussi d’ailleurs, je me lève, Gauthier me demande gentiment si ça va : « Oui… hihi…Aïe… hihi… j’ai mal… hihi ». Je tiens à dire que je n’étais pas encore saoule donc cette chute est encore plus ridicule.
 
Une honte qui n’est pas de moi
Bon, pour rééquilibrer un peu, je raconte une honte dont j’ai été témoin et qui m’a fait mourir de rire. Avril 2004 ou par là, il faut chaud, j’ai mis un débardeur avec un t-shirt en filet : j’ai donc un splendide décolleté. Mes écouteurs dans les oreilles, je pars d’un pied sûr vers le fac pour aller à un cours que je détestais. Peu de temps après mon départ, je me retrouve derrière un jeune homme qui se retourne et me mate. Il continue son chemin et se retourne très fréquemment pour bien me signifier son intérêt pour ma personne mais je joue les belles indifférentes. Sauf que, forcément, quand on marche en regardant derrière soit, on se rend pas compte de l’échafaudage dressé sur le trottoir… Et évidemment, on rentre de plein fouet dans un poteau ! Du coup, j’explose de rire et passe mon chemin. Je l’ai recroisé quelques jours plus tard et j’ai eu droit aux mêmes œillades insistantes : décidément, certains ne doutent de rien.

Fidélité, infidélité, polyamour

Grande thématique amoureuse : faut-il être fidèle ou pas ? Ou commence l’infidélité ? A chacun sa réponse. Pour moi, la fidélité existe à partir du moment où il y a tentation : quand je suis en couple et que je n’ai envie de personne d’autre, je ne me considère pas comme fidèle. C’est plus un état de fait : je suis avec un tel et je ne vois personne qui pourrait me donner envie d’aller voir ailleurs.
 
Quand la tentation est là, la fidélité devient parfois pesante… Comme j’ai expliqué à Bouc et Moustache, je ne
suis pas fidèle par moralité mais plus par peur de blesser l’autre, de trahir sa confiance. Quand j’étais avec Guillaume, j’ai été sérieusement tentée par d’autres hommes. Le premier, Fabien, faisait de la radio avec moi. Dès qu’il m’effleurait, j’avais des frissons partout. Pour faire court, j’avais très envie de lui, au point de m’en rendre malade. Dès que le voyais,
systématiquement, je rêvais de lui la nuit suivante… Et c’était hautement érotique. Je me suis vraiment posé la question sur la conduite à suivre :
– d’un côté, Guillaume. Je l’aime mais au bout d’un certain temps, la routine s’installe… Ai-je envie de le quitter ? Non. Ai-je envie de le blesser ? Non. Ai-je envie de le tromper ?…
– de l’autre, Fabien. Il y a une complicité indéniable entre nous, je crève d’envie de lui. Est-ce que je l’aime ? Non. Est-ce que je pourrais envisager de sortir avec lui ? Pourquoi pas mais ça ne durerait pas. Ai-je envie de lui ? Oui, oui et encore oui. Et lui ? Je n’en sais rien mais certaines choses me font penser que je ne laissais pas totalement indifférent (je ferai peut-être un article sur lui plus tard pour développer cette histoire).
 
Fidélité…
Tromper ou pas ? Je suis terriblement tentée, j’ai envie qu’il m’embrasse (hypocrite, je ne ferais jamais le premier pas, même si j’en ai envie), qu’il me caresse, qu’on fasse l’amour comme des sauvages, toute la nuit… Juste une fois. Après tout, l’infidélité, c’est courant, tout le monde se laisse tenter, pourquoi pas moi ? Juste une fois, pour éteindre le
brasier. Mais je le sais : c’est comme la cigarette, on en fume une, « juste parce qu’on en a envie » et c’est le cercle vicieux, on n’en sort plus, après. Surtout qu’autant en matière de tabagisme que de sexualité, je n’ai AUCUNE volonté, je ne peux dire non à mes envies.
 
Mais j’ai été fidèle, pourquoi ? D’abord parce que je ne voulais pas blesser Guillaume mais si Fabien avait fait un pas vers moi, je crois sincèrement que j’aurais craqué. Re-belote avec Bertrand, mais la situation est différente : mon couple avec Guillaume est dans le coma, Bertrand est charmant, il s’intéresse à moi (pas forcément en tant que petite amie potentielle mais en tant que camarade étant attirée par le journalisme). Je suis de mauvaise foi : si je pèche avec Bertrand, c’est parce que je suis en manque avec Guillaume qui ne me donne plus rien. Tout bascule un soir de juin : après des partiels, on sort entre potes de promo, Guillaume n’est pas là et je flirte gentiment avec Bertrand, on discute, on se frotte un peu, je le regarde avec des yeux plein d’étoiles mais je suis saoule alors je ne suis pas sûre qu’il se soit rendu compte de quoi
que ce soit. Je suis très tactile avec lui alors que je ne le suis jamais, une main posée négligemment sur son épaule, quelques mots susurrés à son oreille pour couvrir la musique…Le lendemain : double combo. Fabien m’appelle pour m’inviter à un barbecue, je ne pense qu’à Bertrand et à la délicieuse soirée que nous avons passés. Est-ce normal d’avoir plus envie de voir un gars de ma promo que mon petit ami ? Est-ce normal d’avoir envie d’aller au barbecue de Fabien et de ne pas voir mon petit ami, du coup ? Explosion en plein vol : je romps avec Guillaume.
 
Donc, je n’ai jamais été infidèle mais est-ce par volonté ou par manque d’occasion ? Clairement le second. Je me connais : si je m’étais retrouvée seule avec un des deux jeunes hommes et qu’il avait tenté quoi que ce soit, j’aurais été incapable de résister…Enfin, je ne crois pas. Après, je m’en serais certainement voulue, j’aurais pas été capable de cacher mon
« forfait » car je suis nulle comme menteuse. Faire du mal à tout le monde pour un peu de plaisir, est-ce que ça vaut le coup ? En théorie, non. En pratique, je ne vais pas faire la moraliste alors que je ne sais pas si j’aurais cédé ou non.
 
Ou pas
A présent, l’infidélité dans l’autre sens. L’article d’Emma sur ses amours clandestines a soulevé un débat intéressant. Alors que j’étais en couple, on m’avait posé la question suivante : « Si ton mec te trompe avec une autre fille, tu en veux à qui ? » Au monsieur, of course. Ce n’est pas de la solidarité féminine mais la demoiselle n’est déjà pas censée savoir que mon mec a une copine (moi, en l’occurrence). Ensuite, puis-je lui en vouloir d’être tombée sous le charme de mon mec ? Techniquement non, puisqu’il m’a séduite aussi. C’est à lui de dire non, pas à elle. Depuis que je suis à Paris, j’ai rencontré plusieurs demoiselles qui sortaient avec des hommes mariés. C’est super facile de leur jeter la pierre : « et tu as pensé à sa femme ? Et à ses gosses ? Et à son chien ? » Mais elles souffrent, personne n’y pense, à ça. Oui, bien sûr : « elles n’avaient qu’à pas tomber amoureuse d’eux ». C’est tellement facile de choisir de qui on tombe amoureuse ou pas ! En matière d’amour, il est difficile de condamner et tellement facile en même temps : ouh, la vilaine briseuse de ménage ! Statistiquement, je pense que la proportion des hommes infidèles par simple plaisir de conquête et des femmes réellement briseuses de ménage est assez mince. L’amour, ça se commande pas. Fanficsworld a laissé un commentaire très intéressant sur le désir des autres quand on est marié. Mettre une alliance autour de son doigt n’empêche pas qu’on regarde les autres hommes ou femmes et qu’on peut être tenté, après. Faut-il condamner ceux qui franchissent la ligne ?
Chaque cas est particulier, impossible de répondre à cette question de façon tranchée. Je crois qu’il faut connaître la situation de chaque protagoniste avant de crier au scandale. Après tout, plus d’une fois, je m’en suis bien moquée de la greluche qui partageait la vie du mec que je visais : après tout, qui dit qu’il sera plus heureux avec elle qu’avec moi ?
 
La troisième voie ?
Solution intermédiaire : le polyamour ou les relations libres : on va voir ailleurs de façon consentie. La solution me semble pas mal si les deux sont d’accord… Mais me connaissant, j’aurais peur de finir par partir avec l’amant. Pierre, mon amant pervers, était un adepte de ce genre de relations. Un jour, il fait remarquer à sa compagne du moment (trois ans de relation, ils vivaient ensemble) que le voisin semble attiré par ses charmes, il la pousse dans ses bras. Résultat, elle est partie avec lui et ça m’a fait doucement rigoler. Je pense que, si dès le départ, elle était réticente, c’est qu’elle devait sentir que ça allait se terminer comme ça. Je crois que le concept est intéressant mais à partir du moment où on a qu’un seul amant/maîtresse, ça me paraît dangereux. Pierre m’avait expliqué ce concept : si on part du principe qu’on ne peut aimer deux personnes de la même façon, tous ces hommes m’apportent une forme d’amour différente et il  n’y a pas à avoir d’exclusivité à ce sujet. Sur le fond, ça se défend. Sur la forme, mes expériences amoureuses m’ont démontrée que je ne pouvais aimer qu’un homme à la fois, pour les autres, je n’avais que du désir.
 
Du haut de mes 25 ans, je me considère plutôt comme monogame, j’ai toujours été fidèle dans les faits. Une brouette ne mérite pas de blesser l’autre. Ce n’est pas pour autant que je jette la pierre aux infidèles ou à ceux qui sortent avec une personne déjà prise. Chaque cas est particulier et c’est trop facile de condamner sans savoir.

J’’ai la lose

Aujourd’hui, je pousse un cri. Un cri de rage. Un gigantesque : « va te faire f**** » à la sale personne qui m’a jeté un sort. Aujourd’hui, je me plains parce que j’ai la lose. Il y a quelques temps, j’avais écrit un article annonçant une bonne période… Je crois que je me suis avancée.
 
 
Effectivement, si on analyse la situation, ma vie a de bons côtés : côté cœur, j’ai rencontré de charmants garçons récemment, c’est très épanouissant. Côté études, c’est officiellement terminé : sur une promo de 12, nous ne sommes que la moitié à être diplômés. Après avoir reçu mes notes, je me retrouve avec une mention assez bien, j’ai raté la mention bien de peu (je sais, je m’en plains, je suis chiante). J’ai eu la moyenne partout (même à mon rapport de stage et à mon cours de droit) sauf à un partiel où je me suis pris un sale 2,5/10. Bon, j’avais raconté à peu près n’importe quoi dans ma copie mais c’est ma faute, aussi, si le prof qui a pondu le sujet n’était pas le responsable de ce cours ?
 
Oh, j’ai la lose !
Bref, a priori, ça va. Mais j’ai la lose et je commence à en avoir assez de cet acharnement du sort. Oh, il ne m’arrive rien de grave, personne n’est décédé, je n’ai perdu aucun membre. Que des petits ennuis qui s’accumulent, s’accumulent et me font sortir de mes gonds. Comme une sale fatigue qu’on traîne.
 
Première catastrophe : la réaction en chaîne. Je fais une machine, bam ! bam ! badaboum ! Comme d’habitude, lors de l’essorage, ma machine essaie de se faire la malle, la garce. Bon, je m’en vais pour étendre mon linge avec le système D (comme débile, pas comme débrouille). En fait, je mets un étendoir à linge en équilibre sur la barre de mon rideau de douche qui tient lui même sur 5 mm de carrelage. Donc équilibre instable. Je commence à étendre mes trucs quand mon étendoir se casse la gueule une première, fois, je le rattrape comme je peux (avec deux bons kilos de linge mouillé). J’essaie de remettre le tout sur ma tringle et là, la tringle tombe et décanille la bouteille de bain moussant en verre qui traînait sur le bord de la baignoire. Cette dernière va naturellement s’écraser sur le sol, craaaaaac ! Et voilà le bain moussant qui coule sur le sol, vague bleue et gluante sur mon carrelage en marbre… Et cette douce odeur de raisin chimique absolument pas entêtante, mmmm… Bon, et bien, nettoie. Le truc très amusant avec le bain moussant, c’est que ça mousse, précisément. Donc me voici avec mon seau plein de flotte a essayer de nettoyer le cataclysme, ma serpillère fait des bulles, plus je rince, plus ça mousse, je m’en sors plus !
 
Brrrrrrrr !
Ça continue samedi dernier (soit trois jours après l’affaire du bain moussant) : après une nuit torride avec mon nouvel amant dont je parlerai plus tard (pas Guillaume, un autre), je dois vite me doucher car Benoît arrive. Oui, je sais, deux amants à une poignée d’heures d’intervalle, j’ai fait fort mais c’est pas le sujet de l’article. Donc opération épilation avec de la crème (pas le temps de fignoler) qui sent pas très bon donc c’est une bonne idée de se doucher, après. Hop, je fais couler l’eau, elle commence à se répandre sur mon corps et… merde ! L’eau chaude s’est fait la malle ! C’est froid, c’est désagréable ! Bon, en désespoir de cause, je pompe de l’eau chaude dans le lavabo et me frotte à l’éponge mais, là, aussi, la douce chaleur liquide se transforme en griffes glacées. A partir de là, l’eau chaude joue l’arlésienne : dès que ça marche, je prends des douches bouillantes, j’aspire à pleines narines la vapeur d’eau, j’ai des orgasmes aquatiques… Mais ça se fait rare. D’ailleurs, à partir de mercredi, c’est la catastrophe. Solution de dépannage : mettre la chaudière en mode « eau et chauffage ». Mais c’est pas tout à fait ça, je me lave avec un filet d’eau et c’est plus tiède que chaud… Je crois que je vais me laver avec mon brumisateur, ce sera plus efficace. Il faut que j’appelle mon proprio mais je ne sais pas si c’est un problème de chaudière ou de plomberie. A priori, je dois avoir une fuite au niveau de la salle de bain puisqu’il fait toujours humide là-dedans…
 
Allo ? Allo ?
Appeler… En voilà une bonne idée ! Encore faut-il pouvoir ! Vendredi, je sors de la douche en compagnie de Guillaume quand je reçois un texto SOS de Gauthier : « je m’ennuie, je veux sortir, pitié ! ». Du coup, je lui renvoie un texto pour lui proposer d’aller boire un verre à trois. Il me répond : « ok, je t’appelle sur le fixe ». Deux minutes après, texto : « t’as débranché ton fixe ? » Oui, je suis joueuse : quand on m’annonce qu’on va m’appeler, je coupe mon téléphone. Donc je lui réponds que non, on discute par téléphone portable : c’est parti pour le film du jour : « le mystère de ma ligne fixe ». Guillaume, qui travaille dans les télécoms regarde et conclue que le téléphone est décédé. Ouais, bonne remarque. Bon, partant de ce principe-là, je ne m’inquiète pas outre mesure. En effet, j’ai essayé de le brancher à l’autre prise téléphone, même résultat. Donc, aujourd’hui, après mon déjeuner avec Zoé, je m’en vais à la FNAC acheter deux téléphones (un pour ma ligne fixe, l’autre pour la freebox). De retour dans mon doux foyer, je fais un test : mon nouveau téléphone marche pas non plus sur la ligne. Bon, ok, ne paniquons pas ! Je branche le troisième téléphone, toujours pas de tonalité… Bon, pas de panique, faisons le 1014. Ils me balancent sur le service « payer votre facture ». La dernière,je l’ai payée il y a trois semaines, ils se moquent de moi ?
 
Pas énervée du tout, je vais à mon agence France Telecom voisine : deux pauvres mecs doivent servir tous les clients et c’est du lourd : la moyenne d’âge doit être de 50 ans (rappelons que j’en ai 25 et que je l’ai faite chuter). Une mémé accapare le premier vendeur : « mais comme on fait pour mettre une ombre noire sous le texte ? » donc le vendeur, plutôt mimi, lui fait la manipulation et lui montre. « Et on fait comment ? Mais c’est ça l’ombre noire ? Ah non, c’est moche, ça me plaît pas ! ». Le mec me regarde, désemparé, je lui souris, amusée (on ne sait jamais, au cas où ma loose disparaîtrait…). A côté, l’autre vendeur se fait incendier par un vieux parce qu’il n’a plus de minitel disponible, il faut en commander un (je croyais que ça n’existait plus). Bon, finalement, c’est celui-là qui me sert, si je puis dire. En effet, après avoir pianoté sur son ordinateur, il me donne le téléphone pour que je m’entretienne avec le service technique. Personne me répond. Bon, le gentil vendeur, avec des beaux yeux bleus, essaie de trouver et m’explique que ma ligne a été suspendue mais il ne sait pas pourquoi. « Vous vous êtes trompée de code, non ? » me demande-t-il. Mais de quoi il me parle ? Quel code ? J’ai pas de code, moi ! Bon, le pauvre gars jonglait entre trois clients, essayait de m’aider tout en se faisant engueuler par son collègue : « non mais elle a qu’à appeler le 1014 ! » Connard, tu me payes la communication ? Parce que, certes, c’est gratuit à partir d’un fixe… MAIS JE N’EN AI PLUS ! Et voilà, au bout de trois-quarts d’heure, je repars et j’ai toujours pas de téléphone.
 
Luke, je suis ton père…
On rajoute à ça un autre élément fort sympathique : mon téléphone portable qui date d’il y a 3 mois marche mal… Gauthier m’appelle ce soir pour discuter et la qualité de la discussion se dégrade rapidement : de mon côté, j’entends des drumbles, du sien, une étrange voix déformée, si bien qu’à un moment, il me dit : « On dirait Nono le petit robot qui a avalé Dark Vador ». Du coup, je ris et ça lui fait peur.
 
J’en viens sérieusement à penser que la technologie moderne me déteste et me le fait sentir. Maintenant, je me demande quelle va être la prochaine contrariété. Une maladie ? Vu que je me douche à l’eau froide ou tiède, ça ne va pas tarder. Me retrouver coupée du monde ? Mon téléphone portable survit, Internet marche encore mais si on me coupe free, plus de téléphone (oui, j’ai une ligne freebox) et plus d’Internet (donc plus d’articles pour toi, lecteur !). Une inondation ? Ça me pend au nez. Un incendie ? L’inondation l’éteindra. Une coupure d’électricité ? Les huissiers pour me réclamer de payer une facture jamais reçue ? Me casser un ongle ?
 
Lecteur, les paris sont ouverts.

Petite bulle de bonheur (Guillaume)

Jeudi matin, lever aux aurores (non, je déconne), opération : « Guillaume arrive » ! Donc ménage en grand. Puis épilation, évidemment… Mais évidemment, le sort s’acharne contre moi : mon eau chaude se fait capricieuse. En effet : quand j’allume le robinet, un filet délicieusement chaud apparaît… Mais il ne reste que trente seconde, pas le temps de se laver, même avec la meilleure volonté du monde. Donc toilette à l’eau froide. J’espère que ce n’est pas un mauvais présage !
 
Etape 1 : le cadeau
Tout est parfait chez moi (enfin, à peu près rangé, quoi), me voilà partie en direction de la librairie de ma ville pour trouver le cadeau que je voulais lui offrir. Oui, Guillaume vient me voir pile le jour de ses 24 ans donc il faut marquer le coup. C’est très difficile de faire un cadeau à un homme qu’on ne connaît pas physiquement : on laisse tomber tout ce qui est vestimentaire. Un objet de décoration ? J’ai bien vu des photos de sa chambre mais laissons ça de côté aussi : je ne sais pas ce qu’il a, ce dont il pourrait avoir besoin… Une photo de moi… Non, je plaisante ! Des CD, il fait de la musique, trop risqué. Alors voilà, je vais lui offrir un livre. On avait parlé littérature une fois par MSN puis mail, il me demandait une liste des livres que j’aimais car il avait envie de lire plus qu’il ne le faisait. Bon, rusée, je m’en vais acheter un livre que je lui avais conseillé. En fait, je voulais lui offrir un coffret Harry Potter (oui, j’aime beaucoup, même si les premiers sont mieux que les derniers). Mais ma sublime librairie locale n’a pas ça, elle n’a rien, d’ailleurs. Les Harry Potter, il y en a mais aucun volume n’est dans la même collection, je ne peux pas lui offrir ça… Je tourne, je vire… Les Bernard Werber, il n’aime pas ça. Amélie Nothomb ? Je ne crois pas que ça lui plaira… Certains livres ont des titres alléchants mais je ne les ai pas lus donc je ne vais pas tenter… Bon, en dernier recours, je me rabats sur le « Da Vinci Code » mais je ne suis pas très contente, ce n’est pas ce que je voulais.
 
Etape 2 : le retrouver sur le quai de la gare
Je ramène le cadeau à la maison et hop ! Je saute dans le train, dans le métro et me voilà à Montparnasse : j’ai 20 minutes d’avance, ce qui tombe bien vu qu’il est 16h et je n’ai encore rien mangé. Donc un petit arrêt chez Paul pour m’acheter un beignet à la framboise (au passage, je trouve ça scandaleux qu’ils ne fassent plus les macarons à la vanille, c’étaient les meilleurs) que j’avale à toute vitesse. Une petite clope et voici le train qui arrive. Je respire, ça va bien, pas de panique. Enfin, si, un peu : j’ai pas pris mes lunettes, je ne vois rien. En fait, à l’extérieur, j’ai mes lunettes de soleil « à ma vue » donc le contraste est saisissant, je vois des tâches floues à la place des visages. Mais comment vais-je voir Guillaume ? Je ne peux tout de même pas remettre mes lunettes de soleil… Ah, quel drame !
 
Les gens défilent : on sent le week-end à rallonge, il y a un monde ! Tout à coup, je vois un jeune homme brun s’avancer vers moi, tout sourire… C’est marrant, il ne ressemble pas du tout à ses photos, il est mignon, mais… ah, ben ce n’est pas à moi qui sourit ! Voilà pourquoi il ne ressemble pas à ses photos : ce n’est pas lui. Deuxième tentative, un jeune homme brun s’approche, il a des lunettes et une drôle de sacoche… Non, ce n’est pas lui. Je suis trop nulle ! Ah, et ce jeune homme là ? Brun, assez grand… Ah, là, j’en suis sûre, c’est lui ! Effectivement, il me sourit et avance dans ma direction : même sans mes lunettes, je me suis pas trop plantée à cette épreuve.
 
Etape 3 : le premier baiser ?
Alors que faire ? Dans une conversation MSN, on avait évoqué cette question du premier contact : baiser langoureux ou sage bise ? Après avoir opté pour le premier, on se rabat sur le second : il ne faut pas précipiter les choses. On se contente donc d’une sage bise puis il me serre dans ses bras. Après cette sage étreinte, direction le métro. Il commence à me caresser les fesses avec sa valise (il ne l’a pas fait exprès) puis, une fois dans la rame, il se penche soudain vers moi : « oups, j’ai failli tomber ! » Zut, je croyais qu’il voulait m’embrasser (il s’agissait effectivement d’une première approche). On arrive chez moi, on discute tranquillement. A un moment, il va dans la salle de bain donc je vais m’allonger sur le lit pour jouer avec Kenya qui est juste en dessous. Guillaume sort de la pièce et vient s’asseoir à côté de moi, commençant à me masser les épaules. Mmmmm ! Comme je suis en travers, je me remets comme il faut, il s’assoit en califourchon sur moi et là, c’est parti pour un massage anthologique, je fonds sous ses doigts. Mais mon T-shirt le gêne, ses doigts ne glissent pas bien dessus. Ok, je l’enlève. Un baiser sur la joue plus tard, il dégrafe mon soutien-gorge : « le prend pas mal, hein ! C’est juste parce que ça me gêne. » Tout va bien. Un deuxième baiser atterrit sur ma joue, puis dans mon cou et, enfin, sur mes lèvres.
 
Etape 4 : sortie mondaine
Nos corps se découvrent peu à peu mais je n’en dirai pas plus, il y a des enfants qui peuvent passer par là. Donc, après cette brouette « découverte » tant attendue, nous voilà partis à prendre une douche (oui, on sortait après). Merveilleux, l’eau chaude est revenue, je me paie un petit orgasme aquatique pour le coup. On se frotte, on se savonne, on se rince joyeusement et nous voilà partis en retard pour le resto où nous rejoignions Banana, Agnès, Sab, Tink et Gauthier. J’appelle donc ce dernier pour le prévenir et il s’écrie : « ah, je le savais, espèce de coquinette velue ! ». Oui, bon, d’accord, tout le monde a compris… Dans les couloirs du métro, on profite de chaque escalator pour s’embrasser, on se touche, on se caresse doucement (on reste décents), on se prend la main… Bref, un vrai petit couple et ça fait du bien. Arnaud n’était pas très câlin en public, je devais toujours réclamer alors que là, non. Enfin, on se perd dans le quartier, j’essaie au passage de m’acheter des clopes, on récupère Tink au passage et nous voilà enfin au resto avec la joyeuse bande. Un resto très sympa sauf qu’on s’est entassé à sept sur une table de six, j’avais les pieds de la table entre les jambes (merci de m’éviter les jeux de mots vaseux à ce sujet !), je pose mes plats en équilibre entre deux tables… Franchement, ils ont abusé !
 
A un moment, Guillaume part aux toilettes. Déjà, Banana m’avait regardé tout le repas avec un sourire béat, sous-entendu : « et alors ? », Tink en fait autant. A peine mon cher correspondant aux toilettes, cinq paires d’yeux se tournent vers moi pour un interrogatoire en règle : on a consommé, pas consommé ? Qui a fait le premier pas ? Ah, revoilà Guillaume. Bon, on dîne, mon cher voisin glisse sa main sous la table et m’effleure gentiment la cuisse, je glisse la mienne au même endroit et on se caresse innocemment les mains. Banana et Gauthier nous calculent puisqu’ils se font des messes basses (Gauthier me confirmera ça plus tard, tout comme le fait que, lorsque nous sommes arrivés, il a dit à Banana : « ils sourient, ils ont brouetté ! »). Après ce dîner, on va dans un bar plus que louche, après avoir abandonnés Banana et Gauthier qui voulaient se coucher tôt. le patron était complètement saoul. Un café ? Non, la machine est en panne. Un coca light ? Un quoi ? Super, quoi ! Je tire les cartes à tout le monde, le tirage de Guillaume est délicat à interpréter, il y a une histoire de femme adultérine dans son présent… hum ! Bon, on rigole et on finit par partir en courant après qu’Agnès se soit pris un stylo dans la tête jeté par le patron du bar. De retour à la maison, il m’avouera avoir eu droit au même interrogatoire quand je me suis absentée aux toilettes mais lui n’a rien dit (contrairement à moi…)
 
Etape 5 : sortir du lit (on a échoué)
On rentre chez moi et Guillaume et moi dégustons du champagne pour fêter dignement son anniversaire. On commence à s’embrasser assez chaudement. A un moment, je vais dans la salle de bain pour me brosser les dents, il m’accueille à la sortie et fait mine de me ramener au divan pour finir le champagne mais c’est un piège : il me pousse sur le lit et…voilà. Joyeux anniversaire mon cœur !
 
Ce week-end, on n’a pas fait grand chose, on est resté au lit très longtemps : réveillés tard, levés encore plus tard, on profite au maximum de l’autre. Vendredi soir, on va boire un verre avec Gauthier. Samedi, monsieur m’offre un resto. Pendant le repas, il me demande s’il considère qu’on est un couple. Aïe, question piège ! Je lui réponds la vérité : non. Je suis bien avec lui mais il vit trop loin, je ne crois pas aux relations à distance et il est d’accord avec moi. En gros, nous sommes ensemble quand on se voit et entre temps, on ne se doit rien. Nouvelle session alcoolique avec Gauthier dans le Marais. Je bois peu mais vite (on se faisait mettre dehors du café, la margarita est fatale, je suis saoule. On repart après le dernier métro : bus de nuit ou taxi ? L’alcool ayant activé ma libido (déjà que…), je supplie Guillaume de prendre un taxi, on finit par en trouver un de libre et là, c’est parti pour l’aventure : le chauffeur ne connaît pas ma ville mais pas de soucis, je vais le guider. Donc, je rappelle à mon lectorat que je suis saoule et myope… A un moment, Guillaume me demande : « c’est pas à droite là ? » « Heuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu…si ! » Trop tard, l’intersection est déjà dépassée. Bon, le chauffeur nous balade, je lui demande de s’arrêter à un stop proche de chez moi et là, c’est le drame : il ne prend pas la carte bleue ! Bon, on se cotise, on râcle les fonds de poche. Il manque 10 centimes mais le chauffeur est sympa, il nous en fait grâce (ben tiens !). On rentre vite chez moi pour assouvir nos envies. Dimanche, grasse matinée à  nouveau puis on prend un bain à la lueur des bougies. Oui, j’ai trouvé une combine pour avoir de l’eau chaude car vendredi et samedi, douche à l’eau froide, brrrrrr ! Bon, évidemment, nos deux corps nus enrobés de la douce lumière des bougies… Je vous laisse deviner la suite.
 
Etape 6 : nos petites manies
Bref, ce week-end, on a vécu « d’amour et d’eau fraîche » comme a dit Guillaume. A un moment, juste après une brouette, je lui susurre à l’oreille : « t’es beau ». Et bien, je ne sais pas si c’était une bonne idée car tout le reste du week-end, il a fait en rigolant : « je m’en fous, je suis beau ! ». C’est pas bon de trop flatter les mecs, ils se reposent sur leurs lauriers… Enfin, pas Guillaume, ouf ! Faut dire qu’il a de beaux yeux verts rehaussés de cils magnifiques. Ça me dégoûte un peu qu’un mec ait des cils comme ça alors que, moi, je suis obligée de les gainer de mascara pour avoir le même effet. Et puis, au fil du week-end, son visage est assombri par une barbe de quelques jours, j’adore ça… En plus, il a des cheveux épais et très doux, j’adore passer mes mains dedans (je lui ai fait une coiffure d’enfer durant tout le week-end). De son côté, il a découvert une sale manie que j’ai : dès qu’un mec ne fait pas ce que j’ai envie, je pousse un gémissement de protestation : « hmmmmmmmm ! ». Par exemple, après une brouette, je n’aime pas que le mec se retire trop vite donc dès que je sens qu’il part : « hmmmmmm ! ». Ensuite, dès qu’il veut quitter mes bras pour aller dans la salle de bain : « hmmmmmmm ! ». Et le pire c’est que, avant qu’il me fasse la remarque, je n’avais jamais fait attention à ça ! Mais bon, si je suis capricieuse en matière de câlin, je ne le suis pas ailleurs, je ne suis pas du genre à réclamer qu’on me paye des restos, des verres, des cadeaux, qu’on soit disponible pour moi 24 heures sur 24… Il ne faut pas abuser.
 
Etape 7 : les au revoir
Aujourd’hui, dernier round de ce week-end merveilleux : il s’en va. Je le savais. Je le taquine un peu : « et si je te kidnappais ? Tu es vraiment obligé de partir ? » mais il ne peut en être autrement. On tente de prendre une douche mais l’eau chaude s’est à nouveau fait la malle. Déjeuner en tête à tête sur le quai de la gare, je le plains : à côté de lui, dans le train, une vieille acariâtre qui n’a pas arrêté de râler durant les deux minutes où j’ai été dans le wagon et, en plus, il tombe dans le wagon des enfants non accompagnés. D’ailleurs, avant le départ, toute cette marmaille pleure à chaudes larmes, parfait pour l’ambiance, ça. Mais les adieux ne sont pas si déchirants que ça : il repasse sur Paris le week-end prochain et j’irai le voir le week-end du 20.
 
Guillaume, une nouvelle fois, je te remercie pour ce week-end magique, j’ai hâte d’être à samedi.

Emma

Nom : Emma
Age : 26
Signe astro : vierge (si si !)
Profession : infirmière en secteur psychiatrique (re-si si !)
Situation amoureuse : COMPLIQUEE, plus paumée, je pense qu’il n’y a pas… (pourquoi je tombe toujours amoureuse d’hommes déjà pris ???)
Lieu de chasse favori : y a pas… je marche à la rencontre, suis pas une prédatrice…
Ce que vous cherchez : l’harmonie, le bonheur
Liaison amoureuse la plus longue : près de 5 ans
Votre meilleur souvenir en amour : les 36 merveilleuses petites heures que j’ai pu passer en cachette auprès de l’homme que j’aimais si fort, mais qui était lié à une autre que moi…
Une anecdote marrant en matière de sexe : avec le même homme, en plein été, au milieu d’un champs de tournesol (en cachette, toujours, mais là on n’avait nulle part où aller, donc on a pris ce qu’on avait sous la main…). Donc, nous « brouettions » dans la voiture (hommage à Nina) lorsqu’un groupe de randonneurs à vélo est apparu, a longé tranquil peinard notre « lit-véhicule » et a passé son chemin en rigolant… Je crois que je n’ai jamais été aussi rouge de honte de ma vie !
Vos règles et devises : « Ce qui me Nourrit me Détruit »
Petite présentation : à la fois très simple et très complexe; spontanée et me posant des milliers de questions; adorant mes amis, espérant l’amour et profondément solitaire; optimiste et fataliste… bref je travaille en psy, sans doute pour avant tout me soigner moi-même ! Sinon, ben suis pas blonde mais frisée…
 
Si vous étiez une chanson : « la Quête » de Brel
Si vous étiez un livre : L’Etranger de Camus
Si vous étiez un film : la Cité de la Peur des Nuls (cultissime !!!)
Si vous étiez un arbre : saule pleureur
Si vous étiez une fleur : un coquelicot
Si vous étiez un animal : un paresseux (arf j’vois que ça !)
Si vous étiez une ville : Barcelone
Si vous étiez un pays : l’Islande
Si vous aviez 3 vœux : 1/ trouver l’amour le vrai  2/ avoir le plus bel orgasme du cosmos  3/ avoir des supers-pouvoirs
Si vous pouviez être invisible, vous iriez espionner : l’homme que je veux et qui est tellement loin et tellement marié (snif)
Ma vertu préférée : le courage
Le principal trait de mon caractère : dépendante au chocolat
La qualité que je préfère chez les hommes : la gentillesse
La qualité que je préfère chez les femmes : l’humour
Mon principal défaut : je suis absolument, inévitablement, incurablement toujours en retard
Ma principale qualité : j’ai toujours une bonne raison d’être en retard
Ce que j’apprécie le plus chez mes amis : qu’ils le soient ! J’ai beau être assez sauvage, j’aime profondément mes amis
Mon occupation préférée : glander chez moi
Mon rêve de bonheur : une vie harmonieuse avec beaucoup d’amour
Quel serait mon plus grand malheur ? : ne jamais trouver les éléments sus-cités
A part moi-même qui voudrais-je être ? : SuperWoman
Où aimerais-je vivre ? : dans mon lit
La couleur que je préfère : le violet (j’aime le rouge tout autant que le bleu… alors voilà)
L’oiseau que je préfère : le manchot empereur (pfff là j’ai pas d’idée..)
Mes auteurs favoris en prose : Carson McCullers
Mes poètes préférés : Jacques Prévert
Mes héros dans la fiction : les X-Men !
Mes héroïnes favorites dans la fiction : Carrie, Samantha, Charlotte et Miranda
Mes compositeurs préférés : suis pas très classique… mais J’ADORE Björk
Mes peintres préférés : Edward Hopper
Mes héros dans la vie réelle : mes patients quand ils s’en sortent malgré leurs souffrances
Mes héroïnes préférées dans la vie réelle : idem pour mes patientes
Mes héros dans l’histoire :
Gandhi
Ma nourriture et boisson préférée :
foie gras (je le fais très bien mi-cuit en terrine) et le vin rouge !
Ce que je déteste par-dessus tout :
le fromage, la condescendance, et l’horrible instant où mon réveil sonne… arg !
Le personnage historique que je n’aime pas : tous les salopards célèbres
Les faits historiques que je méprise le plus :
la haine de l’autre en général
Le fait militaire que j’estime le plus : quand Rambo sauve les otages de « ces putains de viet » lol (j’admire pô les guerres, ni tout ce qui va avec)
La réforme que j’estime le plus : la Loi Veil (respects)
Le don de la nature que je voudrais avoir : chanter (au moins juste…)
Comment j’aimerais mourir : sans souffrance
L’état présent de mon esprit :
à la fois sereine et inquiète (je vous l’ai dit que j’étais pas simple comme nana !)
La faute qui m’inspire le plus d’indulgence : le retard (normal !)

De l’’art de ne jamais tomber amoureuse du bon…

Par Emma

Malgré le fait que je ne le vois pas du tout comme ça (romantisme oblige…), je dois bien reconnaître que le terme de « liaisons foireuses » s’adapte particulièrement bien à mes parcours amoureux, sentimental et sexuel. Je dois être génétiquement programmée pour uniquement choisir les histoires d’amour impossibles, et, je vous le donne en mille, je crois bien que j’aime ça, à chaque fois je replonge…
 
Je ne vous parlerai pas de mes amourettes d’ado, de mes béguins obsolètes de jeune adulte, mais plutôt de ma réelle difficulté à avoir une vie de femme amoureuse à peu près équilibrée !
 
« De l’art de ne jamais tomber amoureuse du bon… ». En fait, ma vie se résume à 2 choses : cette phrase et la chanson de Priscilla « Toujours pas d’amour » (oui je sais top canon la référence chanson française, mais c’est pas ma faute, c’est Gauthier qui m’a fait découvrir l’œuvre de Priscilla, depuis je suis fan). C’est vous dire l’ampleur de la catastrophe… L’amour a tout de même été présent dans ma vie et heureusement, sinon j’aurais déjà fait mon choix entre le gaz ou la corde ! Le problème essentiel qui me concerne, c’est que je suis amoureuse de « celui qui faut pas ». J’éclaircis vos lanternes : amoureuse de celui déjà marié, déjà fiancé, déjà en couple, plus ou moins déjà père de famille bien entendu ! Bref, la situation simple et saine par excellence ! Ma dernière histoire d’amour s’est déroulée dans ces circonstances, elle est aujourd’hui terminée mais pas complètement cicatrisée, mais voilà que je m’apprête à replonger avec un autre homme dans un schéma quasi similaire !!!
Donc : 1) je suis totalement pathologique
            2) j’ai vraiment pas de bol
 
J’ai rencontré mon ex au boulot, nous sommes collègues. Ce fut un réel coup de foudre, je crois que j’ai été amoureuse à la seconde même où mon regard s’est posé sur son merveilleux sourire. Je ne me suis pas rendu compte de mes sentiments au début, je constatais simplement que nous avions une complicité particulière, que j’aimais travaillais avec lui, être avec lui, parler avec lui, rire avec lui, et qu’il avait également l’air de m’apprécier particulièrement. Au fil du temps j’ai bien sûr réalisé que ce que je ressentais ressemblait fortement à de l’amour, mais il était en couple, venait d’acheter une maison et rêvait de la remplir d’enfants. De mon côté j’étais avec mon copain depuis près de 5 ans et notre relation était devenu amicale, fraternelle, routinière… Sentir à nouveau le frisson amoureux m’a aidé à réaliser que Ludovic et moi, c’était fini. Je l’ai donc quitté quelques mois après avoir rencontré mon collègue, avec pertes et fracas car lui n’était pas du tout près à entendre la fin de notre histoire.
 
Peu de temps après cet épisode, mon collègue et moi sommes partis chercher un patient dans un autre hôpital, voyage nécéssitant un aller-retour en 2 jours. Il m’avoua plus tard avoir tout fait pour pouvoir faire ce transfert avec moi… C’est lors de ce trajet que notre liaison a commencé, pour se terminer 6 mois après. Ce fut je crois, les moments les plus intenses et les plus heureux de ma vie. Les plus douloureux aussi. C’est durant cette période que j’ai croisé Jeff, ma récidive actuelle dont je vous parlerai tout à l’heure.
 
Notre histoire fut malgré tout très simple : il a toujours été très honnête, ne m’a jamais rien promis, et a aussi souffert de cette situation. Je l’ai aimé de toutes mes forces, et je sais que lui aussi a ressenti de l’amour pour moi. Il est très difficile d’émettre un jugement sur ce genre de relation sans y être plongé dedans, sans avoir connu ce tourbillon. Tout en connaissant la réalité, je l’occultais pour pouvoir croire et rêver d’un avenir commun. Mille fois nous nous sommes dit « on arrête » et mille fois nous avons rechuté ; nous quitter semblait impossible. Pourtant il a choisi de continuer sur la route qu’il avait commencé à emprunter avec elle. J’ai cru crever de douleur, je m’étais préparée à cet instant, mais la souffrance emporte tout. J’ai pleuré, je me suis cognée la tête et les poings contre les murs, je ne dormais plus, et je devais pourtant faire bonne figure au boulot… L’année qui suivi la fin de notre liaison il s’est marié et sa femme a accouché de leur premier enfant. De mon côté, cette année-là, j’ai écumé les boîtes gays toulousaines en tenue de pouffiasse, j’ai énormément bu, j’ai fumé, goûté au poppers, vomi, pleuré, pour finir par coucher avec un jeune mec super beau à qui rappelez-moi d’aller casser la gueule un de ces quatre. Non seulement cette relation ne m’a pas aidé à oublier mon collègue et ma douleur, mais en plus c’était un sale con à qui je regrette bien d’avoir fait l’honneur de partager une brouette ! Et le détail que je ne vous dirai pas car c’est beaucoup trop personnel, c’est qu’en plus, sa bite ressemblait plus à un Carambar qu’à un pénis physiologiquement normal… tout piti piti piti… -hein ? non j’l’ai pas dit !!-
 
Notre histoire est finie depuis 2 ans, je commence à vraiment faire mon deuil, après beaucoup de larmes et d’alcool. J’ai eu l’horrible sensation en le perdant, de perdre l’homme de ma vie.
 
Bon, la partie suicidaire de mon article est maintenant terminée, et tu te dis, lecteur, que tu vas pouvoir ranger les kleenex et attaquer quelque chose de sans nul doute autrement plus rigolo… Bingo ! Tu sais quoi lecteur, après tant de souffrance, de questionnements, de nuit sans sommeil, et bien je crains de ne pas être vaccinée… Je suis en train de tomber amoureuse d’un homme marié, avec 1 enfant, et comble du suprême du top de ma capacité à me foutre dans la merde, vivant à l’autre bout de la France, disons à peu près 800 bornes… Elle est pas bonne celle-là ???!!!
 
J’ai donc croisé Jeff à l’époque où j’étais avec mon collègue. J‘avais remarqué le charme, le regard, le sourire, la gentillesse et la douceur de Jeff, sans m’y arrêter, j’en aimais un autre… Nous nous sommes retrouvés avec Jeff cet été, et là, BOUM ! Coup de cœur réciproque… Il ne se passa rien à ce moment-là, juste un jeu de séduction et l’évidence qu’on flashait l’un pour l’autre. Nous avons gardé contact par mail et texto, en s’avouant plus franchement notre attirance l’un pour l’autre, et nous nous sommes revus la semaine dernière. Ce fut la confirmation de ce coup de foudre, il m’a mangée du regard toute la soirée en maudissant son alliance, et moi je priais pour que mon cœur ne s’arrête pas de battre à chaque fois que je le sentais près de moi… La soirée s’est terminée par un chaste mais délicieux baiser, l’incertitude de quand, où, comment nous nous reverrions, la merveilleuse sensation que l’amour m’envahissait et le sentiment que je fonçais tête baissée dans une inextricable galère…
 
Depuis j’ai reçu quelques messages adorables et je m’acharne à trouver un moyen de le faire descendre dans le coin… JE VEUX LE REVOIR !!!
           
Ne pas pouvoir vivre un amour que l’on éprouve est à la fois très déchirant et très excitant, c’est vrai, mais je préfèrerai malgré tout avoir une vie sentimentale plus sereine !
 
Pourtant j’ai croisé des hommes beaux, disponibles, gentils avec qui je m’entendais super bien, mais je ne suis pas tombée amoureuse… Quand je ne plonge pas, c’est pas la peine, je sors de l’eau, mais quand je plonge vraiment, je me noie ! Là, j’ai plongé et je m’apprête à couler… Mais je suis amoureuse et cette sensation guérie de tout, malgré la situation foireuse dans laquelle je suis… c’est grâce à ça que je vais surnager dans mes eaux troubles !
 
           
La suite (ou autre) au prochain épisode… !
 

Perso

C’est dimanche et le dimanche, on parle culture. Evidemment je ne parle pas de grande culture. Ce n’est pas que j’en ai pas (bande de mauvaises langues !) mais le dimanche, c’est détente, c’est léger. Et puis même si ma culture du dimanche flirte avec les profondeurs abyssales, c’est toujours mieux que de regarder Michel Drucker (non mais !).
Aujourd’hui, j’évoque un sujet qui me tient à cœur et qui a marqué mes jeunes années d’étudiante : le magazine Perso. Je ne sais pas si tu l’as connu, lecteur, il n’existe malheureusement plus et c’est bien dommage.
 
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Au tout début, il s’appelait « Personnalités », je crois, quelque chose dans ce goût-là. Je me souviens la première fois que j’ai eu ce titre entre les mains :
j’avais rendez-vous chez le coiffeur et pour passer le temps, il me fallait un peu de littérature. Oui, moi, quand je vais chez le coiffeur, je fais toujours des trucs qui prennent trois heures (permanente, couleur ou mèches). Dès le départ, une grande histoire d’amour naît entre nous. Je me souviens que c’est en lisant Perso que j’ai découvert pour la première fois des noms comme Amélie Nothomb, Tina Arena ou leur préférée, Asia d’Argento.
 
Premier changement notable : Personnalité (ou Personnality, j’arrive pas à m’en souvenir) devient Perso, c’est plus facile à retenir. Une fois à la fac, tous les mois, je rôde dans les rayons des magazines féminins, je me l’achète et, le soir, je le lis dans mon bain. Seigneur que c’est bon !
 
Il y a plusieurs choses dans Perso, des rubriques modes (que je ne lisais que peu), des pages sur des personnalités, des rubriques psychologie, sexe, voyages (je crois), culture… Bref, un magazine féminin comme un autre mais avec un ton fantastique. C’est rédigé de telle façon qu’on a plus l’impression de lire une lettre envoyée par une bonne copine qu’un papier rédigée par une journaliste quinquagénaire frustrée de la liberté sexuelle de la génération suivante. Les premières pages étaient occupées par des petites brèves très marrantes pour présenter les trucs tendance, du genre : « faut-il acheter ce nounours Agnès B ? Oui parce que c’est pour la bonne cause et en plus, je le trouve tout mignon ». La particularité de Perso, c’est que ce genre d’article était rédigé à la première personne du singulier mais ce « je » n’excluait pas le lecteur, au contraire. Ce « je » écrit  par une journaliste pouvait me coller, je pouvais devenir son « je ». Perso, c’était vraiment devenu ma meilleure copine.
 
Il y avait une rubrique que j’adorais plus que tout et qui a franchement inspiré le ton de ce blog, c’était « les aventures d’une fille toute simple ». J’aurais adoré
connaître la fille qui écrivait cette rubrique, elle avait un style, un humour ! Sa première histoire, c’était sa tentative de drague sur Pedro, le trop beau gosse. A un moment, elle fait une soirée, elle boit plus qu’elle n’aurait dû. Mais alors vraiment trop, le genre de cuite qui fait qu’on a un gros blanc. Le lendemain matin, elle se réveille et elle comprend qu’elle a brouetté comme une folle toute la nuit. Là, Pedro entre dans la chambre avec un plateau de petit-déjeuner : bingo ! se dit-elle. Du coup, elle sourit timidement au jeune homme et lui
fait : « qui l’aurait cru ? » 
« Oui, en effet ! ». Et là, ça bouge dans son lit. Mais que se passe-t-il ? La bosse inanimée à ses côtés se révèle être Etienne, le cousin de Pedro… Donc, voilà, non seulement elle n’a pas eu l’homme qu’elle voulait mais, en plus, elle a couché avec son cousin… bravo, bravo ! Bon, rassurons-nous, elle finira par l’avoir, son Pedro, elle finira même par le larguer, je ne sais plus du tout pourquoi mais il l’avait bien cherché. Autour d’elle, elle avait des amies : celle qui sortait avec un homme marié (« tu dois le
plaquer », expliqua la fille toute simple), la fille super intelligente agrégée de latin qui se faisait passer pour une conne car « les hommes n’aiment pas les femmes plus intelligentes qu’eux » et mes préférées, Déprima et Lexomil, deux « joyeuses comiques » comme leur nom l’indique. Cette fille toute simple, c’était moi, c’était toi, lectrice. C’est la meilleure amie rigolote idéale. Des fois, ses aventures me manquent. Honnêtement, ce blog n’est finalement que la continuité de ses histoires, j’espère arriver à vous plaire autant qu’elle me plaisait, à l’époque.
 
Perso est devenu culte à la fac, je le prêtais à mes amis. Oui, il n’y a pas de faute d’orthographe, je dis bien « amis » sans e car Gauthier aimait bien le lire. Je me
souviens d’une fois où je l’ai appelé car il y avait un article « hype/pas hype » et, dedans, ils expliquaient que rouler en fiat Uno avec un A au derrière, c’était pas hype… Non mais y aurait eu écrit : « Rouler en fiat uno bordeaux avec un A au cul, c’est pas hype, Gauthier ! », ça aurait été pareil.
 
Perso a fait naître de nombreuses anecdotes dont une qui colle à la peau de la pauvre Anne. 5 ans après, on en parle encore. Donc un midi, à la fac, je lis Perso et leur dossier spécial Pénis, tout le monde rit, tout le monde glousse, surtout qu’il y a des photos de zizi et pas en ombres chinoises ! A un moment, Anne arrive à table (nous étions assez nombreux) pour prendre un café avec nous et Gauthier, qui ne la connaissait pas à l’époque, lui pose le Perso sous les genoux et lui demande de lire la première page du dossier pénis où étaient listés je ne
sais combien de synonyme du sacro-saint Phallus. Et là, Anne, dans toute sa spontanéité, s’écrit : « Ah non, pas ça dans ma bouche ! ». Evidemment, comme on ne voit toujours que le mal, on a rigolé comme des bossus, la pauvre Anne ne savait plus où se mettre. Du coup, pendant six mois, quand je parlais d’Anne et que Gauthier buggait : « C’est qui, Anne ? », je lui répondais : « Mais, si, tu la connais, c’est « pas ça dans ma bouche » ! ».
 
Ce dossier sur lé pénis a marqué le début de la fin. Forcément, on parle zizi, on en montre, ça choque. Pourtant, le dossier était extrêmement bien fait, les photos pas vulgaires du tout. A un moment, ils demandaient à des lectrices la première et la dernière fois qu’elles avaient vu un pénis, c’était marrant. Personnellement, je ne me souviens pas la première fois que j’ai vu un pénis, dans la mesure où j’ai grandi avec mon cousin, je devais avoir 2 ans et je pense que je m’en suis foutue royalement. Mais la plupart des demoiselles s’en souvenaient et étaient choquées par la chose. Ah ? Mais les réponses les plus amusantes étaient celles liées à la dernière fois, on sentait les nanas frustrées : « je m’en souviens même plus ! » « celle de Raymond Barre aux Guignols, rien en vrai, malheureusement… ». Puis les autres : « celle de mon copain ce matin ! ». Les garces ! Bref, un dossier fort bien construit avec témoignages, interview d’un sexologue… Et forcément, ça a fait scandale. Le mois suivant, l’édito était justement sur les réaction négatives qu’avaient engendré ce dossier. En substance, la rédactrice en chef s’étonnait qu’on puisse se scandaliser d’un tel dossier aujourd’hui. Ouais, je suis d’accord. Peu de temps après, la lignée rédactionnelle a complètement changé et c’est devenu chiant. Mode, mode, mode, mode… Je me souviens d’un numéro très « hype » où ils s’étaient amusée à prendre un mannequin noir habillée en noir sur fond noir… Donc on n’y voyait rien, forcément ! Oui, c’est concept, c’est tendance…mais c’est surtout très con.
 
J’ai continué à acheter quelques numéros jusqu’au jour où, stupeur, ma meilleure amie rigolote idéale a disparu : il n’y avait plus d’aventures de la fille toute simple ! Du coup, j’ai gardé mes pièces pour moi, hors de question de soutenir un journal qui commet de telles erreurs ! Ils ont tué ma meilleure amie, bouh ! Ce Perso là n’était plus le mien, c’était devenu un bête journal féminin, sans intérêt. Il ne me faisait même plus rire. Pourtant, Perso, c’est le seul journal à avoir osé écrire : « faire l’amour dans un arbre, pourquoi pas mais c’est pas facile de trouver une branche plate de deux mètres sur deux ».
 
J’ai jamais retrouvé d’équivalent, je lis Cosmo, depuis, mais ce n’est pas pareil, je ne rigole pas autant… Perso me manque.