Que font deux journalistes quand ils se rencontrent ? Ils s’interviewent, bien sûr (honte à ceux qui ont pensé autre chose, bande de pervers !). Me voici donc face à un grand trentenaire décontracté, stylo à la main. Interviewer un journaliste en plein milieu de la nuit sous la pluie avec des jeunes et moins jeunes saouls qui hurlent, voici un exercice inédit ! Bouc et Moustache (B&M) a crée son blog il y a trois semaines mais il a déjà beaucoup de
choses à dire sur la question.
Nina : Pourquoi as-tu crée ce blog ?
B&M : Je l’ai fait pour poursuivre ma thérapie post-rupture après avoir arrêté d’aller voir mon psy. Je suis dans une période de transition et je voulais en garder une trace, c’est un moment unique… pourquoi ne pas le faire devant des inconnus en partageant humour et émotions. De plus, ça me force à écrire au fur et à mesure. Au départ, j’écris trois quatre lignes et je développe, ça finit par faire un article.
Pour l’heure, je tiens le rythme. Je fais un billet rose par jour en semaine. Je n’en fais pas le week-end car la fréquentation est en baisse et je ne voudrais pas que mes lecteurs ratent un épisode.
Au départ, je me suis posé la question : devais-je faire un blog plus politique ou plus personnel ? Dois-je créer deux blogs pour développer ces deux thèmes ? Finalement, j’ai décidé de tout mettre sur le même, bien que j’ai besoin de développer plus les billets roses. Toutes les rubriques ont été mises en place dès le départ, excepté le billet orange que j’ai dû rajouter. C’est une rubrique un peu fourre-tout… c’est d’ailleurs là que je mets ton interview… héhé.
N : Tu as crée une rubrique qui critique les médias mais elle est vide pour le moment. Finalement, vas-tu la remplir ou pas ?
B&M : Franchement, je ne vais pas me gêner. Mais j’ai besoin de plus de recul avant de faire un vrai coup de gueule. J’ai besoin de temps, aussi… J’ai vécu la campagne du référendum et j’en ai gros sur le cœur. Je n’ai pas la télé mais je regarde tout de même « Arrêt sur images » sur le net… je suis.
N : Ça ne te pose pas de problème de parler politique sur ton blog ?
B&M : J’ai mes idées politiques et je ne les cache pas. Evidemment, il y a un risque par rapport au lecteur qui pourrait être déçu par mes opinions. D’ailleurs une fois, j’ai eu un commentaire réactif… Mais le lecteur est revenu le week-end dernier. En fait, il n’a pas aimé mon article sur Sarkozy, ça ne me gêne pas, j’aime les débats.
N : A ce propos, tu écris tes articles pour toi ou pour tes lecteurs ?
B&M : Bonne question, je ne sais pas trop… Je le fais pour moi, par rapport à mon histoire. J’écris pour garder une trace de mon histoire. Mais c’est vrai que si je vois que je n’ai plus de lecteurs, je pense que je ne continuerai pas.
N : Tu fais attention à tes statistiques ?
B&M : Oui, je les regarde mais je ne suis pas là pour pulvériser les records d’audience ! Mais j’aime l’idée d’avoir des lecteurs réguliers. Actuellement, je tourne autour de 50 lecteurs par jour… Ce qui m’amuse, c’est ceux qui arrivent par google. Parfois, ils arrivent en ayant tapé « bouc et moustache » mais la plupart arrivent en cherchant des informations sur « vagin » ou même « vagin de noire », « un bocal dans mon vagin » ! Il y a également ceux qui recherchent des informations sur « les monologues du vagin ». Tous les jours, j’en ai un ou deux comme ça. Je ne sais pas s’ils trouvent ce qu’ils cherchent ou non mais c’est l’article qui attire le plus de lecteurs.
N : Pourquoi as-tu parlé des « Monologues du vagin » ?
B&M : En fait, j’ai décidé de présenter une œuvre d’art, comme ça, le week-end. Là, je vais peut-être parler d’un bouquin espagnol [NDLR : Finalement, ce fut un billet sur le film Le dictateur].
N : Revenons aux billets roses. Tu mets les vrais prénoms ?
B&M : Non, ce ne sont que des pseudonymes, à une exception près. Mais j’étais obligé par rapport à un poème : il y avait un jeu de mot avec son prénom, ça n’aurait pas été compréhensible, sinon. Mais cette histoire est loin.
N : Tu n’as pas peur qu’une des personnes dont tu parles tombe sur ton blog ?
B&M : Non, je n’ai pas vraiment peur et même, des fois, j’ai envie de leur dire qu’elles sont dessus. J’ai même anticipé récemment en parlant du blog à une femme. En fait, je discute avec elle sur Internet depuis quatre mois mais que je n’ai jamais rencontrée. Elle n’arrive pas à se décider à me voir… Elle connaît
le blog et me prend pour un chasseur. Une autre s’est reconnue et ça s’est bien passé.
Je ne suis méchant avec personne même si je suis particulièrement lucide par rapport à mon ex, elle pourrait mal le prendre… Et je m’en fiche totalement. Je suis assez précis donc elle se reconnaîtrait sans problème. Mais il faudrait déjà qu’elle tombe dessus ! Mais des fois, je me dis que, une fois que j’en aurai fini avec elle, je lui dirai… ou pas. Après tout, pour
quoi faire ?
N : Tu estimes la durée de vie de ton blog à combien de temps ?
B&M : Ça va dépendre de ma période de célibat, je pense. Le jour où je rencontrerai l’âme sœur, j’arrêterai… ou pas. Après tout, il y a autre chose que les billets roses. Honnêtement, c’est une question que je me pose mais je n’en ai pas la réponse. Je me suis quand même rendu compte que la plupart des blogs que je
lis sont assez récents donc leur durée de vie semble assez courte.
N : Tu serais capable de faire des rencontres féminines juste pour remplir ton blog ?
B&M : J’ai fait un article court l’autre jour pour annoncer qu’il n’y aurait pas de billet rose le week-end donc j’ai encore de la marge. La réponse est non, l’inverse serait bien triste, d’ailleurs. Je ne suis pas du tout dans une optique de conquête mais plus de rencontres. C’est ce que j’explique sur le net. J’aime
dire que je suis plus un explorateur qu’un conquistador.
N : C’est à dire ?
B&M : Un conquistador est un homme limité, il ne cherche que la conquête de l’or alors que l’explorateur ne sait pas où il va et il est donc plus ouvert aux rencontres qu’il fait. Quand je dialogue sur le net, je ne me limite pas à la région parisienne. Par exemple, je dialogue avec une Québécoise. C’est très intéressant, aussi et quand on me contacte de si loin, ce n’est pas pour un plan cul… Ça vaut le coup donc je me laisse surprendre.
N : As-tu fait des rencontres intéressantes via ton blog ?
B&M : Une seule et elle est en face de moi ! Il y a certaines personnes que j’aime bien comme Gajulie, avec qui
j’échange des mails, ou Fourmi… D’ailleurs, j’ai fait un petit truc pour son anniversaire et cet article a été très lu, il a attiré quasiment le double de lecteurs, comme quoi, quand on est gentil ! Les blogs constituent un monde étrange pour moi. Avant, je ne pensais vraiment pas que c’était un truc pour moi, je ne comprenais pas à quoi ça servait.
N : Tu aimerais rencontrer d’autres blogueurs ?
B&M : Ce serait sympa de faire une soirée entre blogueurs, oui. Ça me ferait plaisir de rencontrer Alya, Banana, Gajulie, Manou, Fourmi, K, Naughty Girl ou Nicolin, même s’il est Marseillais (rire). Il y a la rouquine, aussi, mais peut-être plus avant que maintenant, peut-être parce que la trouve trop crue quoique
justement…
Ce qui m’a fait rire, c’est que lorsqu’on découvre les blogs, par liens directs ou ceux en commentaire, on se rend compte que tout le monde se connaît.
N : Il a des sujets dont tu ne parleras pas sur ton blog ?
B&M : Avant de te rencontrer, je ne pensais pas parler rugby dessus ! (rires).
N : Non, je parlais de choses te concernant directement.
B&M : Je ne sais pas, je verrai au fur et à mesure. C’est un journal intime et anonyme, on peut tout aborder, y compris les histoires peu brillantes. Par exemple, j’ai été particulièrement mauvais avec une femme, une fois, j’en parlerai.
Après, je me demande ce qu’il se passerait si je rencontrais une blogueuse et qu’il y avait brouette : je donnerais son vrai pseudo ou j’en inventerais un ?
Après, je ne sais pas si je serai capable de tout raconter. Est-ce que je respecte les gens dont je parle ? J’ai un article à venir sur mon père assez personnel, par exemple… Des gens que je connais dans la vraie vie, deux sont au courant du blog, il s’agit de mon meilleur ami (Folamour) et un ami qui navigue beaucoup sur le net, Helmut. Je préfère éviter d’en parler
à d’autres, il vaut mieux que je le garde pour moi.
N : Ton blog est différent de ce que tu envisageais au départ ?
B&M : Je consacre plus de temps aux billets roses mais je ne pense pas avoir dévié. Aujourd’hui, j’ai mis un article débile [NDLR : une histoire de bidon, publiée samedi]. J’ai beaucoup hésité à parler de ce blog à des amis et finalement seuls deux sont au courant, donc. Et je ne regrette pas de leur en avoir
parlé, pour le moment.
N : A propos de cette histoire de petit bidon, cet article est très léger. Tu penses faire plus souvent ce genre d’article ou c’est
exceptionnel ?
B&M : Il n’y aura pas de photos de mon sexe, sinon je vais démoraliser trop d’hommes et ce n’est pas le but de mon blog… pour le reste… nous verrons bien… au feeling.
N : Quels blogs suis-tu assidûment ?
B&M : Ceux qui sont en lien sur le mien ! En fait, au départ, quand j’ai fait ces liens, c’était pour permettre au
lecteur de découvrir les blogs que j’aime et, finalement, ça me sert surtout à moi. Je vais d’abord sur mon blog et, de là, je navigue, je rebondis de liens en liens.
N : Tu crois que ce blog peut changer ta vie ?
B& M : Ça me fait avancer dans ma tête, c’est plus un processus… Je ne sais pas quand ni comment ça va se finir. Quoi qu’il en soit, je n’ai pas d’espoirs incommensurables sur le pouvoir du blog.