Le kangourou

Par danger ouioui

Quand un lapin est trop gros, il finit par ressembler a un kangourou !

A une époque lointaine où j’étais célibataire  je travaillais dans une grande entreprise de plusieurs centaines de salariés et une jeune fille m’avait fait forte impression : les cheveux noir et raide un peu asiatique, un visage aux lignes douces, de grands yeux noisette, la taille fine les hanches rondes, bref, parfaite ! …Mes amis l’appelèrent « kangourou » !

AU prix de manœuvres stratégiques ô combien machiavéliques  j’étais parvenu a démêler l’echeveau des copinages à nouer, pour parvenir a entrer en contact avec la belle.

Au bout de quelque mois d’un travail quotidien et acharné, j’avais réussi le pari incroyable de déjeuner une fois par semaine avec elle et ses copines. Il faut noter que dans cette entreprise existait un très fort clivage homme-femme et lorsque je déjeunais a la cantine de l’entreprise seul garçon au milieu de 6 jeunes filles, je passais pour un extraterrestre aux yeux de tous et pas seulement mes collègues.

Donc tout fier de ma petite victoire, je m’enhardis a proposer a la demoiselle une promenade en roller avec d’autres amis car je savais qu’elle aimait cela. Elle accepte, la soirée se passe bien, on « rolle », on boit un coup puis chacun rentre chez soi, en se promettant de remettre ça une prochaine fois.

Alors convaincu que la partie était bien engagée, chaque fois que j’organisais quelque chose susceptible de l’intéresser  je lui proposais. Bien sur souvent elle refusait, mais parfois, elle acceptait. Mais chaque fois qu’elle acceptait, un imprévu de dernière minute l’empêchait de venir, j’ai eu droit a : son petit frère a l’hôpital l’interdiction de sortir de sa mère (elle avait 25 ans), l’anniversaire de son petit frère  l’anniversaire de sa grand-mère… Au deuxième anniversaire de son petit frère j’ai commence a prendre ça vraiment a la rigolade, alors je l’invitais a toutes les occasions, bien sûr mes copains et copines se moquaient bien de moi, et des paris s’engageaient sur l’excuse farfelue qu’elle me servirait pour ne pas venir. Un soir, je fut invité a dîner chez un collègue  c’était mon anniversaire, comme ce collègue connaissait la demoiselle, je me dis que cela la motivera peut être de ne pas être chez des inconnus donc je demande si je peux l’inviter, un autre des futurs convives était là a ce moment là et s’exclame alors : « je te parie mon slip, qu’elle viendra pas ! » , moi bien sûr, parce que je suis joueur, je réponds : « pari tenu ! ».C’est ainsi que je dus, le soir de mon anniversaire, me dessaper et offrir mon boxer a mon hôte  devant les yeux médusés de sa femme que je voyais pour la première fois. Mais je ne suis pas rancunier, et comme la chasse au lapin géant me faisait bien marrer, j’ai continué à inviter cette jolie jeune fille, qui a finit par céder et m’offrir une soirée en tête a tête au restaurant … je crois que je me suis jamais autant ennuyé avec quelqu’un (probablement, elle non-plus), nous n’avions rien en commun, pas le même humour, pas les mêmes centres d’intérêt  plus j’apprenais de chose sur elle plus je la trouvais repoussante.
Pour finir, je lui ai poliment proposé une balade digestive a pied histoire de discuter un peu encore. Elle declina l’offre, et je la ramenais chez sa mère.

Par la suite je ne l’ai plus invité de peur qu’elle accepte.

Post-brouettum, animal assoupi

(Vilain détournement de titre de film dans le titre de ce post, je sais)
 
Dans le sexe, il y a trois phases, grosso modo : les préliminaires, la brouette en elle-même et le post-coït. Bon, déjà, entre les préliminaires et la brouette en elle-même, la frontière est floue : une fellation peut-elle être considérée comme un acte sexuel et ferait alors partie de la brouette plutôt que des préliminaires ? Idem pour le cunni ? Mais là n’est pas le sujet de l’article du jour, je vais parler du post-coït qui paraît la zone la plus claire : c’est quand la brouette est terminée, tout le monde a pris son pied (avec de la chance) et les corps s’abandonnent à un doux repos bien mérité.
 
 
J’avoue que j’adore le câlin post-coït (oui, bon, je suis la fille qui adore le pré, le pendant et le post brouette, j’avoue…). Juste après, quand on sent notre sexe palpiter autour de celui de notre partenaire, à moins que ce ne soit le sien qui palpite en nous… Peu importe, j’adore cette sensation, ainsi que l’espèce d’apaisement qui suit le déchaînement d’émotions très fortes. Mine de rien, un orgasme, ça pompe quand même pas mal d’énergie, du moins chez les femmes, ça, c’est sûr. Chez les hommes aussi, d’après ce que j’en sais, ils se sentent…hum…vidés. Ceci étant, y a qu’à voir leur tête au moment de l’éjaculation, on sent bien que c’est violent (j’espère ne pas avoir cette tête au moment de l’orgasme, quand même). Donc, après un acte d’une certaine violence, ô combien agréable, nous voilà posés l’un sur l’autre, emboîtés encore l’un dans l’autre. Oui, je supporte pas les mecs qui se retirent à peine après avoir éjaculé. Ok, c’est marqué sur la notice du préservatif mais j’ai pas des griffes qui sortent de mon vagin à peine l’acte terminé qui vont déchirer la capote ! Alors, certes, une fois que le pénis de monsieur a retrouvé sa taille initiale, il y a des chances que j’embarque le préservatif en me levant (c’est déjà arrivé…) mais si on fait attention, y a pas de soucis.
 
Donc, voilà, pour un beau câlin post-brouette, le monsieur reste dedans. Là, mes pensées qui volaient dans tous les sens pendant l’acte s’ordonnent un petit peu. Oui, en préparant cet article, je me suis demandé à quoi je pensais pendant la brouette et je me suis rendue compte que je n’en savais rien du tout. Je crois que les seules pensées cohérentes qui peuvent me venir pendant la brouette sont : « tiens, j’ai bien envie de changer de position », à part ça… Justement, après la brouette, tout se réordonne un peu, je reprends conscience de mon environnement : tiens, j’ai mal fermé le robinet de la salle de bain, ça goutte, tiens, il fait nuit, tiens, Kenya est définitivement une sale mateuse… Bref, le monde se rappelle à mon bon souvenir.
 
Mais juste après la brouette, surtout, ne rien faire. Selon la position finale, je caresse du bout des doigts mon partenaire sur le dos, sur le torse, sur les bras (ça dépend de ce que je peux atteindre), j’ai tendance à le couvrir de baisers pour le remercier de ce bon moment partagé, je lâche à la limite un « waouh » mais je préfère le silence. Oui, lecteur, sois surpris : le seul moment où j’ai pas envie de parler, c’est après la brouette. J’en avais parlé une fois avec Julien qui semblait très étonné de ça : une fille qui n’aime pas les conversations post-coïtales, canonisons-là ! Je voulais lui prouver que je mentais pas mais je me suis pris un vent… Après le sexe, j’aime savourer la pression qui redescend, les corps qui s’abandonnent après la chevauchée fantastique, plus rien que nos respirations qui reprennent un rythme normal. Puis, avec cette folle détente, je m’apaise, je m’assoupis. Parfois, avec Guillaume Ier, on s’endormait juste après et on se réveillait une demi-heure voire un heure plus tard, j’avoue que j’aimais bien ça.
 
Souvent, les filles reprochent aux mecs de s’endormir après l’amour, grief que je n’ai jamais compris. Que faire d’autre ? Oui, on peut recommencer, certes (quoi, je suis insatiable ?), mais parler, non, vraiment pas. Parler de quoi, d’abord ? « Merci pour l’orgasme chéri mais t’as payé l’électricité ? On va voir ta mère, dimanche ? » Bon, je préviens, le premier mec qui me parle de ma mère juste après une brouette, je le fous dehors (ça va pas de penser à ma mère dans ces moments-là ?). Une fois, j’avais lu une intervention sur un forum où une nana, mariée depuis une dizaine d’années, expliquait que son mari et elle s’arrêtaient parfois en plein coït pour des conversations de ce genre et qu’elle trouvait ça naturel. Le jour où mon mec s’arrête en pleine levrette pour me parler du déjeuner du dimanche, ce sera terminé entre nous. Chaque chose en son temps. Même si c’est pour parler de la précédente brouette, il faut laisser poser : PAS DE SUITE. Autant je suis une fervente adepte des discussions sur l’oreiller jusqu’au milieu de la nuit, autant la débuter dès la fin du coït, ben non.
Le débat entre Lilvirgo et Sechev dans les commentaires sur cet article est assez révélateur, cependant d’un certain malaise : que faire après ? S’endormir, parler, aller faire la cuisine ? Tout dépend de la personne et de la relation, je suppose. Après le câlin post-coït (qui doit durer un bon quart d’heure, sinon, je râle !), chacun fait ce qu’il veut, une douche (à deux, histoire de…), aller lire un livre, dormir, peu importe… Mais mon câlin, j’y tiens ! Et qu’on ne me parle pas ! De toute façon, vu que je passe très vite en mode somnolence, mes phrases ressemblent à :
« Je crois que… oui… non… je sais pas »
Avec de grands blancs entre les mots… Mon cerveau il veut plus marcher, faut pas l’embêter ! Le câlin post-brouette, c’est une façon de profiter encore un peu de l’autre, de son odeur, du parfum de sa peau, de sentir sa chaleur. Curieusement, je n’aime pas quand un mec se retire (ou finit par glisser en dehors car il a débandé), je me sens un peu vide, sur le coup, je sais pas trop si les autres filles ressentent ça ou pas. Des fois, j’aimerais passer la nuit en position postcoïtale mais en même temps, je me connais, je n’arriverais pas à dormir, vraiment. En général, quand un mec me prend dans ses bras pour dormir, je finis toujours par partir de mon propre côté.
 
Tout est question, sans doute, de personnalités mais après la brouette, moi, je n’ai qu’une envie : savourer au maximum les sensations qui restent, prolonger comme je peux le plaisir que je viens d’avoir. Je trouve que c’est un moment magique qu’il faut savoir préserver. Et d’écrire cet article, ça me chatouille un peu au creux des reins…

Nota Bene 2, le retour

A noter que le texte du n°12 est envoyé donc vous avez toutes les cartes en main pour voter pour nos miss.

 

Sinon, comme une andouille que je suis, j’ai donné les échéances sans regarder sur un calendrier : le 12, c’est dimanche, je vais pas rendre les résultats un dimanche ! Donc j’hésite entre le mercredi 15 (résultats à rendre au plus tard le 14, donc) et le lundi 20 (résultats à rendre le 19), vous préférez quoi?

 

Les gens heureux sont chiants

Pour changer un peu le ton de ce blog trop plein de fleurs, de petits oiseaux et de cœur en ce moment, crachons un peu de fiel, je sais que c’est comme ça que tu m’aimes lecteur. A se demander si certains d’entre vous ne m’imaginent pas volontiers en maîtresse SM ! (qu’ils seraient déçus).
 
Août 2005. Gauthier et moi sommes affalés devant la télé en attendant des gens pour faire la fête, nous regardons le best of de « tout le monde en parle », émission que je ne regarde jamais, n’ayant pas une passion particulière pour ces talk show où Agathe Mange-moi-la-fouffe, la nouvelle actrice X à la mode est posée à côté de Jack Lang ou Salman Rushdie. C’est pas que je sois réac’ mais je suis pas sûre de bien voir l’intérêt de demander à un homme politique si « sucer, c’est tromper », si ce n’est jouer la provoc et avoir encore plus d’audimat. Bref, on mate d’un œil morne le best of et là, arrivent Pierre Sled et Sophie Davant, les Jean-Pierre et Samantha Stevens (ma sorcière bien aimée pour les trois du fond qui suivent pas) du service public. Et là, étalage du bonheur simple d’un couple parfait. Et là Gauthier soupire et me dit : « descends-moi ces deux sur ton blog, s’il te
plaît ! ». Hé oui, y a pas à dire, les gens heureux sont chiants.
 
Quelques semaines plus tard, je prends le métro, je suis accrochée à la barre centrale et je me livre à mon occupation préférée quand j’ai oublié mon bouquin : écouter les gens sans en avoir l’air. Là, deux nanas discutent, l’une inonde l’autre de considérations sur son mec, s’extasiant de tous les moments passés avec lui. L’autre lâche des « ah » et des « oh », je lui jette un coup d’œil discret : y a pas à dire, le bonheur de sa copine l’emmerde. Qui n’a jamais râlé (intérieurement ou non) devant un couple qui se roule la pelle du siècle en public. Quand j’étais à la fac, des pauvres frustrées ne supportaient pas que Guillaume et moi on s’embrasse, ça leur « bouffait leur liberté ». Pourtant, c’étaient juste des smacks affectueux (je ne suis pas très fan des pelles en public, j’avoue), on n’a jamais copulé sur la table de la cafétéria. Tant mieux, elles étaient toutes bancales, on se seraient cassés la figure. Perso, je ne vois pas trop les couples qui s’embrassent, sauf quand ils le font au milieu de la porte en la laissant grande ouverte alors qu’il fait froid et qu’en plus, je sors tous les quart d’heures pour aller vomir (oui, hélas, c’est du vécu, ça). Je me fous des couples qui s’embrassent tant qu’ils ne semblent pas sur le point de copuler ou que ce n’est pas trop écoeurant. Quand j’étais au lycée, mon ex amie Johanne était la pro de la pellasse en public mais un truc ignoble. Déjà, elle ouvrait très grand la bouche, on avait l’impression qu’elle allait avaler son partenaire et surtout, au lieu de tourner la langue, elle tournait la tête… C’était franchement ragoûtant. Et puis comment on peut arriver à ouvrir sa bouche comme ça ? Ces couples qui s’embrassent, dans la rue, ils voient même pas qu’on passe à côté d’eux en faisant la gueule. Enfin, des fois, si on est de suffisamment bonne humeur, on peut prendre un peu de leur vie en rose et sourire mais en général, les trois quart des gens passent à côté d’eux en grimaçant.
 
Mais, au fond, le bonheur des autres, ça fait chier. D’abord parce qu’ils deviennent monomaniaques, ils ne parlent plus que de ça. « Tu es malheureuse, toi ? Moi pas, je sors avec Brad, tu imagines ? ». Merci la compassion. Tout dépend des personnes mais il est vrai que certains sont indécents avec leur bonheur car ils en deviennent égoïstes. Me rendre compte qu’un(e) de mes ami(e)s proches est devenu indisponible car heureuse, ça me fout un peu les boules. Le pire, c’est qu’on est tous susceptibles de devenir comme ça, moi la première. Pourtant, quand nos proches sont heureux, on est sincèrement heureux pour eux…tant qu’ils ne l’étalent pas trop.
 
Et puis, quand les gens sont heureux, ils n’ont plus besoin de nous. Une amie en détresse, vous accourez au milieu de la nuit pour la soulager, vous arrivez à sécher ses larmes et vous êtes fière de vous. Si, il faut l’avouer, ça fait du bien de se sentir utile auprès de ses amis. Quand ils sont heureux, on ne sert plus à rien, si ce n’est d’oreille quand ils s’extasient de leur bonheur tout beau tout neuf.
 
De façon plus générale, je crois que, quelque part, on aime tous se réjouir du malheur des autres car « il y a toujours pire ailleurs ». Je n’ai jamais eu autant de lecteurs que dans ma période Lexomil. Quand ça va, ils s’en vont. Je vous annonce donc que le jour où j’aurai trouvé un boulot et, accessoirement un petit ami, vous ne serez plus que trois, Emma, Gauthier et moi-même ! J’exagère ? Pas tant que ça. Si on regarde les blogs qui ont du succès, ce sont souvent ceux de losers, adorables, certes, mais losers quand même. Les gens heureux, ça va cinq minutes mais pas plus, on veut un exutoire, pas un sucre d’orge écoeurant tellement il est sucré. Pourtant, la dame de l’ANPE me l’a annoncé : je suis de l’année du chien, cette année sera mienne ! Oui, j’ai pas perdu ma matinée en allant à l’ANPE, moi ! Un homme, un boulot, la santé et l’argent, j’aurai tout, bye ma lose et bye mes lecteurs aussi. Enfin, heureusement, quand j’aurai un boulot, je pourrai critiquer mes collègues et cracher un peu de fiel, comme vous l’aimez tant.
 
Je ne bosse pas à Voici mais je vous parie ce que vous voulez que les numéros qui marchent le plus sont ceux qui annoncent des ruptures. Après tout, dans l’histoire Jennifer Aniston-Angelina Jolie-Bradounet, je suis sûre que les gens étaient au fond ravis de la rupture entre Jennifer et Bradounet car c’était un couple trop parfait, trop beau, qui réussissait tout… Non mais ça peut pas exister, ça va pas ! Bon, personnellement, je trouve Angelina cent fois plus belles que Jennifer mais il paraît qu’elle est très dérangée donc ça fait un couple un peu moins lisse, un peu moins parfait. N’empêche qu’il paraît que mademoiselle est enceinte et franchement, je trouve pas ça juste que ces deux-là fassent un gosse ensemble : vous imaginez comme ses camarades de maternelle vont se sentir merdiques par rapport à ce gosse ? Non parce que vu ses parents, ce sera forcément un trèèèès beau spécimen. Je crois que, de façon générale, les gens préfèrent les stars qui sortent avec des inconnus un peu boudinés (comme ça, on peut se dire que nous aussi, on pourra se marier avec eux un jour). Et surtout, au fond, on est contents quand ils divorcent. C’est salaud mais c’est un exutoire comme un autre.
 
Quand j’ai le moral à zéro (ce qui est arrivé un peu en début d’année), je pense qu’il y a pire ailleurs. Bon, ok, j’ai 25 ans, je suis au chômage et célibataire mais bon, je vais trouver pire. Bon, y a bien ma cousine de 5 ans mon aînée qui est dans la même situation que moi mais elle, je l’aime bien donc j’ose pas me consoler en me comparant à elle. J’ai pas d’ennemis non plus donc les pires, ce sera les gens qui écrivent des blogs (ah, le nase, il vient de se prendre un vent !) ou des célébrités dont j’ai vent des mésaventures (ahahah, Jessica Simpson divorce… mais c’est qui ?). Oui je suis au chômage mais je suis talentueuse. Oui, je suis célibataire mais mon nouveau shampoing me fait de beaux cheveux soyeux qu’on a envie de toucher (malgré l’électricité statique). Bon, je suis sûre que cette précédente phrase ne m’a fait perdre aucun lecteur mais on a les raisons de se réjouir qu’on peut.
 
En attendant, je vais trouver des gens heureux à pourrir, ça m’occupera !

Les hommes parlent des femmes (et disent n’’importe quoi)

Dans la série « entre sexes, on ne se comprend pas », j’ai eu l’occasion de me rendre compte que les hommes fonctionnent comme nous : au cliché. De façon générale, les hommes adorent nous ranger dans des tiroirs : si on est infirmière ou secrétaire, on est cochonnes. Si on a des gros seins, on est cochonne. Si on est blonde, on est cochonne. Si on est brune, on est chaude comme la braise. Si on est rousse, on est sulfureuse. Si on a des lunettes, on est le feu qui couve sous la glace. Si on est instit, on est perverses et on cache notre jeu. Par contre, si on porte un vieux gilet de grand-mère avec une jupe en laine et des mocassins sans talons, on est frigide, on n’intéresse personne. D’ailleurs, dans les films pornos, vous remarquerez qu’il n’y a jamais de physicienne ou de conductrice de bus. Pourtant, dans ces catégories socio-professionnelles, il y a aussi de belles filles.
 
Forcément, les tiroirs, ça nous rassure. La psychologie féminine, ça paraît compliqué et ils ne savent jamais comment nous prendre (je ne parle pas de sexe dans cette phrase). Car les hommes pensent tous que nous avons été gavées de contes de fées durant toute notre enfance. Donc il faut toujours agir en conséquence et attention au faux pas. Et bien non, messieurs. Je ne rêve pas d’être la nouvelle Cendrillon ou la nouvelle Belle au Bois dormant, absolument pas. Déjà, messieurs, apprenez que les fleurs ne font pas tout. Dans tous les films romantico-concon censés augmenter les ventes de Kleenex, l’homme offre des fleurs, tout le temps, pour rien. Un premier rendez-vous ? Un bouquet. Une demande en mariage ? Une alliance glissée au milieu des roses (très malin, on se déchire les mains pour la récupérer. Une alliance sur un doigt en sang, c’est original…). Une dispute ? Un bouquet pour se réconcilier. Il a pété au lit ? Un bouquet. Alors messieurs, les fleurs, c’est joli mais ça ne sert pas à tout.
 
La semaine dernière, je vais chez le fleuriste pour offrir un bouquet à ma sœur (elle avait gardé Kenya pendant mon week-end breton). Un monsieur est en train d’acheter un énorme bouquet de roses rouges. Au passage, on n’offre les roses jours que par nombre impair… Je ne sais pas pourquoi mais c’est comme ça. Donc ce monsieur achète ça, j’observe la scène d’œil vide quand les deux hommes devant moi commencent à rigoler : « Ben si avec ça, elle te pardonne pas, c’est que je comprends pas !
– Ouais, t’as tout bon, mec, elle va craquer !
– Heu… J’espère. »
Je lève les yeux au ciel : mais qu’est-ce qu’ils en savent ? Bon, vu leurs têtes, je pense qu’ils ont appris la psychologie féminine devant les films pour adulte ou chez Bataille et Fontaine mais pas avec des vraies femmes. Pourquoi les hommes pensent toujours qu’un bouquet de fleurs va tout arranger. Surtout que, dans ce cas-là, vu la taille du bouquet, il l’a au moins trompée avec sa sœur, c’est pas possible ! Personnellement, en cas de grave problème avec monsieur, ce n’est pas des roses qui arrangeront les choses. De toute façon, j’ai pas de vases et moi, j’aime les lys.
 
Mais le bouquet de fleurs ou le bijou pour les plus fortunés permet d’éviter les discussions. Oui parce que, pour les hommes, l’explication avec la femme semble à proscrire à tout prix. Dans toutes mes relations amoureuses, c’est toujours moi qui ai abordé les sujets délicats parce qu’il y a parfois des abcès à percer. Et des fois, de parler montre à monsieur que la montagne qu’il imaginait était un trou de taupe. Exemple : quelques mois après le début de ma relation avec Guillaume premier du nom, le voilà qui prend soudain de la distance avec moi, chacune de mes paroles est accueillie par un grognement. Le voilà qui passe en mode agressif, ce que je ne supporte absolument pas. S’il a des soucis, qu’il m’en parle mais qu’il ne me traite pas comme ça. Je sens la rupture proche, je serre les fesses, je l’attends. De toute façon, s’il continue comme ça, c’est moi qui vais rompre. Et un soir, j’apprends le pourquoi du comment. En fait, ce soir-là, on devait aller au bowling entre copains et le voilà qui m’appelle pour annuler car il a une migraine. Guillaume, c’était pratique, dès qu’il avait un souci, il avait une migraine donc il ne pouvait rien me cacher. On commence à discuter et il avoue qu’il se pose des questions sur nous. Ah, nous y voilà ! « Tu comprends, ça fait 6 mois qu’on est ensemble et je t’ai pas encore dit je t’aime. » Alors, c’était donc ça ? Ce n’était QUE ça ? Il faut savoir que Guillaume n’avait aucune spontanéité. La première fois qu’il m’a dit je t’aime, il a mis deux heures à amener la conversation pour le dire. Donc je lui dis : « mais mon chéri, c’est pas grave ! Est-ce que
je t’ai demandé de me le dire ? J’ai pas besoin de l’entendre. » Abcès crevé.
 
Mais les hommes craignent les conversations car ils les assimilent aussitôt à des crises d’hystérie. Il est vrai que, nous, les femmes, on pleure plus facilement qu’eux. Autant en public, je suis incapable de pleurer, trop fière. Mais en privé, quand les vannes s’ouvrent, c’est le déluge. Seulement, souvent, si je pleure, c’est parce que je me heurte à un mur et que je ne comprends plus. La relation ne va pas et il faut arrêter ? Mais pourquoi ? Je ne peux pas me contenter d’une déclaration comme ça. Il est vrai que j’ai le défaut de toujours croire que l’échec d’une relation amoureuse m’incombe, ce qui me vaut de sacrées remontées de bretelles de la part de Gauthier. « Moumour, tu as fait des efforts, ça ne marche pas, ça arrive. Toi, tu as fait ce que tu avais à faire, ce n’est pas ta faute. » Je peux le concevoir mais que monsieur m’explique pourquoi ça ne marche pas et, là, la pilule passe. Ce n’est pas parce qu’il m’a vue sans maquillage, je suis rassurée. Messieurs, on peut discuter gravement avec une femme calmement, sans qu’elle casse toutes les assiettes ou vous envoie
votre bouquet à la figure.
 
Ce qui est amusant, aussi, c’est la relation que les hommes établissent entre notre humeur et nos règles. Alors, il est vrai que les hormones jouent sur notre état d’esprit mais arrêtez de croire que humeur boudeuse rime avec règles douloureuses (ou pas d’ailleurs). Si on vous reproche quelque chose, ce n’est pas parce qu’on a un tampon entre les jambes, c’est parce que vous le méritez. Tout ne s’explique pas par notre flux menstruel, ce serait trop facile. D’ailleurs, moi, je n’ai pas de règles douloureuses donc ça ne me rend pas chiante.
 
De l’autre côté, l’homme a peur de se comporter de telle façon qu’on pourrait exagérément s’attacher à lui. L’autre soir, je prenais un bain avec mon Cosmo (ce sont les joies du célibat, ça !) et le magazine fait un article sur « ce qu’ils pensent après l’amour. » Florilège : « A ce qui l’attend si elle s’imagine que nous entamons une relation sérieuse », « à remettre mon pantalon dignement et dévaler l’escalier le plus vite possible », « A mon talent, j’ai réussi à ne pas prononcer le mot amour , « à ce que je vais répondre si elle me demande mon numéro de portable », « au pire : pourvu qu’elle ne me demande pas si je l’aime ». Rassurons-nous, il n’y avait pas que ça…Alors, je vous le dis, messieurs : non, les femmes ne pensent pas que la brouette amène directement à l’autel ! D’ailleurs, beaucoup de filles n’ont pas du tout envie de se marier… On ne sait pas où une relation peut nous amener et, au début, on ne se prend pas la tête à savoir si on va s’installer dans son appart ou le nôtre. De plus, je ne demande jamais à un homme s’il m’aime. S’il veut me le dire, il n’a qu’à le faire, je vais pas le forcer non plus. Et s’il me le dit, je ne suis même pas obligée de le croire ou de penser que ce je t’aime est une demande en mariage. Hé oui je vous le dis : les femmes ne sont pas des psychopathes qui sautent sur le premier mec qui passe en espérant lui mettre la corde au cou. Nous ne nous prenons pas pour des princesses de la collection Harlequin.
 
Voilà, messieurs, arrêtez d’avoir peur du prétendu romantisme du sexe dit faible. Et arrêtez de croire qu’un cadeau fera passer n’importe quelle pilule !

Au secours, v’là mon ex !

Non, rassurez-vous, aucun de mes ex ne m’ennuie, cet article est une réflexion générale sur les ex. Athéna avait déjà proposé sa version du problème, j’aimerais exposer la mienne (oui, je sais, trois mois plus tard, j’ai la palme de la réactivité).
 
Quand on rencontre un homme, arrive à un moment ou à un autre le problème délicat de(s) l’ex(s). Je vous le dis d’emblée : je déteste toujours les exs de mon mec, du moins tant que je les connais pas. Je ne suis pas quelqu’un de jaloux, Guillaume mon ex avait par exemple la fâcheuse habitude de laisser glisser son regard sur tout être équipé d’une poitrine mais je laissais faire. Tant qu’il regarde, je n’ai rien à dire, je vais pas faire une scène pour ça. De toute façon, je ne me sentais nullement menacée par ces donzelles qui ne faisaient que passer. Mais les exs, elle, je m’en méfie comme de la peste.
 
Peu de temps après le début de notre relation voici qu’arrive une de ses amies, Alice, belle brune aux yeux bleus. Or Guillaume a toujours fantasmé sur les brunes aux yeux bleus, ce que je ne suis pas, pour les trois du fond qui n’ont pas suivi. Ce jour-là, il n’a eu d’yeux que pour elle et pour la première fois de notre relation, il ne m’a pas payé de café. Quand il est reparti la raccompagner au métro, j’explose, sous les yeux de Gauthier, hilare.
« Non mais voilà, l’autre, elle débarque et j’existe plus ! Il ne m’a même pas payé de café, aujourd’hui, tu imagines ?
Tu crois pas que tu exagères un peu ?
Pffffff, grml grml »
Le pire, c’est que j’ai appris quelques mois plus tard que cette amie était bel et bien une ex, ce qu’il m’avait caché sur le coup, le bougre !

Comme je lui ai explosé à la figure quand je l’ai su. Mais il s’est justifié : « vu comme tu as réagi alors que tu ne savais pas qu’on était sortis ensemble, j’ai préféré te le cacher ». Hum, certes… Mais bon, quand même, j’aime pas qu’on me mente, même par omission !
 
Quelques temps plus tard, en discutant, il me parle d’une fille, Laure, qu’il avait embrassé sur le quai de la gare quelques années plus tôt et soudain, je percute : mais je la connais ! Cette fille était l’une des plus belles filles que j’ai jamais vues : brune, les yeux marrons clairs qui pétillent, un peu mate de peau, le sourire qui tue. Là, je lui dis : « j’arrive pas à croire que tu sois sorti avec elle !
– Quoi, je suis si moche que ça ?
Mais non mais je peux pas croire que tu aies pu sortir avec un canon pareil et que tu sortes avec moi, maintenant ! »
Ben, oui, je crois honnêtement que je lui arrive pas à la cheville de cette fille, belle, svelte, intelligente, bien fringuée et sympa, en plus. Et adorable avec moi, par dessus le marché ! Bon, elle, c’est pas du genre à en vouloir à son ex de sortir avec un vilain boudin après elle, je note.
 
Quand je regarde la liste de mes exs qui font toujours partie de mon paysage, je me dis que j’ai de la chance. Bon, en même temps, c’est vite compté : y a Guillaume premier du nom et Guillaume deuxième du nom, si on peut le qualifier d’ex. Avec Guillaume premier du nom, on a gardé de très bons contacts, on se parle de nos conquêtes respectives sans qu’aucune jalousie ne rejaillisse. Ce que j’aime avec lui, c’est qu’il n’y a aucun retour de flamme. Non parce qu’avec moi, quand c’est fini, c’est fini, je tourne la page et il n’y aura jamais de volume 2. C’est peut-être un tort, je n’ai qu’à regarder ma sœur pour me rendre compte que des retrouvailles peuvent merveilleusement bien se passer, mais pour moi, retourner avec un ex, c’est un peu régresser. Si ça n’a pas marché une première fois, pourquoi ça marcherait une seconde ? Il faut aller de l’avant. Avec Guillaume, du fait de notre rupture idyllique, il n’y a aucune tension entre nous, on peut parler de notre relation passée sans aucune gêne. En même temps, tant mieux, je pense qu’on ne peut pas occulter comme ça quatre ans et demi de vie de couple. Je me souviens la première fois qu’on s’est revus après la rupture, un mois après (on avait pris le temps de laisser nos blessure se cicatriser, excellente idée), j’étais un poil tendue à l’idée des retrouvailles. Là, on se voit, on se fait la bise le plus naturellement du monde et on papote deux heures dans un salon de thé sans aucune tension. Ce soir-là quand je suis rentrée chez moi, j’étais heureuse : mon ex était mon ami.
 
C’est un peu pareil avec Guillaume 2e du nom, on se parle de tout sans tabou et mine de rien, avoir un confident masculin hétérosexuel, c’est bien aussi, surtout quand j’ai besoin de son avis sur la conduite à tenir face à un mec (oui parce qu’à 25 ans, j’ai toujours pas compris). Mais si moi, j’ai de la chance, d’autres non. Dans mes folles histoires brouettiques, j’ai rencontré pas mal de mecs aux exs « vampires », des femmes qui ont rompu pour se compromettre dans les bras d’un autre mais qui ne supportent pas que leur ex en fassent autant. Moi j’ai le droit de refaire ma vie, pas toi. Tu devras vivre éternellement dans mon souvenir. L’une d’elles, par exemple, est revenue en courant dès qu’elle a su que je traînais dans les parages, et vas-y que je t’allume, et vas-y que je te drague à nouveau. Et oui, jeune homme, il est hors de question que tu m’oublies ! Et ça, franchement, ça me donne envie d’aller voir la fille et de lui coller une claque magistrale. Je trouve ça dégueulasse de jouer avec les sentiments de son ex uniquement parce que son ego est froissé de constater que monsieur s’est trouvé une jolie compagne (moi, hihihi !). Ah, ces ex !
 
Mais mes ex à moi sont-ils parfaits ? Faudra demander à mon prochain compagnon mais ne sont-ils pas trop présents ? Guillaume 2 m’a dit un jour qu’il était un peu jaloux que je passe la journée avec Guillaume 1 (pourquoi faut toujours que je fréquente des mecs qui ont le même prénom ?) mais je l’ai rassuré : aucun danger ! Mais il est vrai que l’opinion des deux Guillaume reste important pour moi. Lucie m’a avoué avoir lâché le morceau pour mon blog à Guillaume 1 (qui est prié de me rappeler s’il lit ses quelques lignes) et j’avoue avoir été emmerdée : il avait une image de moi plus virginale, on dira, je pense que toutes ces histoires de brouette ne lui plairont pas. Bon, maintenant,
c’est du passé, je me suis assagie mais tout de même… Et si les Guillaume n’aimait pas mon prochain compagnon, que va-t-il se passer ? Dans mon cas, je ne pense pas qu’il s’agisse de jalousie, s’ils ne l’aiment pas, c’est qu’il y aura une raison. C’est comme Gauthier, leur avis ne me laisse pas indifférente. Bon, certes, je suis têtue comme une mule et n’en ferai qu’à ma tête mais ça me chiffonnera un peu. Gauthier m’a dit récemment, aidé par l’alcool, qu’il n’avait pas du tout aimé Arnaud, Anne non plus d’ailleurs. Ben le fait qu’il me le dise, ça m’a consolée de la tournure minable de cette histoire : finalement, ce type était un connard et je ne m’en étais pas rendue compte, merci
Gaugau ! Bon, sur le coup, il n’avait pas osé me le dire parce que je semblais accro (re-merci Gaugau) mais là… Oui parce que je ne suis pas toujours apte à détecter les connards, je les attire plus qu’autre chose.
 
Et moi, comment suis-je comme ex ? Bon, dans la mesure où je ne pars pas dans des délires « je veux à tout prix récupérer mon ex car mon ego est blessé du fait qu’il ait retrouvé l’amour avec une greluche », je crois que je suis une ex assez agréable, si ce n’est mon envie de botter le cul quand mon ex déconne mais ce n’est que pour son bien !
 
Donc voilà, mon futur couple sera composé de lui, de moi et de nos ex respectifs. Et là, situation un peu cornélienne : je ne supporterai pas un
mec qui m’interdira de voir mes exs (ceci étant, vu où ils habitent, je les vois pas tous les jours) mais je n’accepterai que difficilement les siennes. Est-ce humain ? Sans doute. Parce que
si je n’ai pas peur des donzelles qui passent, les exs, c’est pas pareil. Les donzelles qui passent représente un futur possible, mais monsieur prendra-t-il le risque de me quitter pour une
chimère ? Pas sûr. Alors que l’ex est ce qui a été, les bons souvenirs, les brouettes au petit matin, les fous rires à deux… Bon, il l’aura avec moi aussi mais quand même… Mais je dois me
faire une raison : plus j’avance dans le temps et plus j’ai de chance que mon compagnon ait eu quelques aventures avant moi (à moins de faire la sortie des lycées), certaines ayant duré plus
que d’autres. Je me dois de l’accepter et de lui faire confiance : après tout, pourquoi retournerait-il chez son ex alors qu’il m’a moi ?
 
Bon, promis, mon prochain mec, je serai sympa avec son ex.

La beauté féminine

Les femmes sont généralement jalouses. Une femme plus belle qu’elles, mais quelle hérésie ! Pourrissons l’impie, faisons lui payer sa beauté ! Personnellement, je ne vois pas pourquoi je détesterais une fille plus belle que moi (sauf si elle me pique mon mec), tant mieux pour elle, tant pis pour moi.
Il y a deux types de « femmes plus belles que moi ». D’abord, les célèbres, celles qu’on ne voit que sur papier classé. Là, on peut reconnaître leur beauté sans complexes : elle ne rentreront jamais dans notre sphère, elles ne seront jamais nos rivales. Notre mec peuvent fantasmer sur elles, on s’en fout, nous, on fantasme bien sur Brad. Et on va voir « Mr et Mrs Smith » au ciné et tout le monde est content. Je suis en général la première à m’extasier sur la beauté de Monica Bellucci ou Adrianna Karembeu : je ne peux pas avoir la mauvaise foi de dire qu’elles sont laides. Par contre, quand je dis que des femmes sont moches, c’est que je le pense. Mais je n’en ferai pas la liste ici car ça n’a aucun intérêt. Mais certaines filles ont déjà du mal avec ces lointaines rivales : « non mais t’as vu la cellulite qu’elle a Monica ? Franchement, Sophie Marceau, en vrai, elle est énorme ! ». Oui ben honnêtement, moi, la cellulite de Monica ou les cuisses de Paris Hilton, je m’en tamponne le cocotier et même, je suis contente de voir que ces véritables beautés (enfin, pas Paris Hilton, elle, elle me plaît pas) ont des défauts.
 
Mais là où la jalousie féminine prend toute son ampleur, c’est avec les femmes que l’on côtoie et donc que notre chéri peut voir. Alors, elles, c’est une autre paire de manches ! L’autre soir, je parlais à un copain qui me montrait des photos, je m’extasiais sur la beauté d’une de ses amies et il me dit ! « machine ne l’aime pas. » Mais pourquoi donc ? « Parce que quand elle est là, y a pas moyen de choper, tous les mecs n’ont d’yeux que pour elle ». Ah, c’est une vraie raison de détester quelqu’un, ça, en effet. Surtout que les deux demoiselles n’ont pas grand chose à voir physiquement donc, dès le départ, un mec qui aurait dragué l’une n’aurait sans doute pas dragué l’autre…
Bref. J’avoue que je suis rarement jalouse de mes congénères féminines et je suis assez sensible à la beauté féminine. J’apprécie de voir une belle femme qui sait se mettre en valeur, en plus. Je
suis irrémédiablement attirée par les belles femmes mais pas sexuellement parlant (ah, je sens que je n’aurais pas dû le préciser, ça, je viens de perdre au moins trente lecteurs) mais j’ai envie de sympathiser avec elles. Ben oui, je trouve ça agréable d’être amie avec des gens que je trouve beau, peut-être est-ce par esthétisme, peut-être par narcissisme (les gens beaux avec les gens beaux), je ne sais pas. Toujours est-il que la première impression est très importante pour moi, surtout que je me trompe rarement. Quelqu’un dont la gueule me revient pas, que j’aurai du mal à regarder en face parce que sa tête me dérange (ben oui, ça arrive), je vais avoir du mal à m’en faire mon amie. Je me souviens, en première année, j’avais en cours de géo, où j’allais une fois par mois les bons mois, une fille dont le visage m’insupportait, une vraie tête à claque. Déjà, son visage paraissait vieux et son style vestimentaire n’arrangeait pas cette sensation. En plus, c’était une sale fayote : « monsieur, c’est quand qu’on corrige le devoir que vous nous avez donné la semaine dernière ? » Ta gueule, connasse, je l’ai pas fait ! Et
voilà-t-il pas qu’en 2e année, elle sympathise avec Gauthier et Silvia, notre amie andorrane. Bon, j’ai pris sur moi et la dernière fois que je lui ai adressée la parole, je lui ai dit : « ce n’est plus la peine de me parler, tu n’existes plus pour moi. » Oui, elle faisait partie de la bande de frustrées qui nous avaient pris pris pour cible, Guillaume et
moi.
 
Je ne suis pas particulièrement difficile en beauté féminine, ce qui compte, c’est essentiellement le visage. Moi, j’aime les femmes souriantes et pleines de vie. Non mais osez me dire qu’une femme gaie est laide ! Lors de mon premier stage, il y avait une femme magnifique, un visage sublime à peine réhaussé par du maquillage, le genre de femme dont on peut être facilement jalouse malgré ses quelques (très jolies) rondeurs, surtout que son physique lui a apporté quelques avantages salariaux (hé oui). Mais cette fille, c’était la joie de vivre réincarnée, toujours une connerie à dire. Avec moi, elle était adorable. Je me souviens, un jour, elle vient me voir et me dit : « si tu veux, tu pourras venir me voir, on fera des trucs ensemble ! » Je la regarde, les yeux ronds : c’est qui ? Oui parce que le premier jour, on m’a présenté une vingtaine de personnes et sur le coup, j’ai pas compris. Donc je me suis penchée vers Zoé pour avoir des infos : c’est la chargée de comm ! Ah, logique qu’elle me propose une collaboration (et pas des brouettes, bande de pervers !).
 
Personnellement, je trouve que fréquenter de belles femmes, c’est quand même agréable et, curieusement, être avec une belle femme me fait sentir plus belle. Oui, normalement, ça devrait être l’inverse, je devrais me sentir l’immonde boudin qui sert de faire-valoir mais non. J’aime bien être avec de jolies femmes qui prennent soin d’elles parce que du coup, je me sens un peu comme elles. Marcher dans la rue avec une jolie femme, c’est se sentir puissante, sentir qu’on fait un beau duo (ou plus si on est plusieurs), sentir qu’on peut draguer si on en a envie. Je ne me sens pas menacée par une jolie femme car à moins de me balader avec mon sosie, on est forcément différentes donc on n’attirera pas les mêmes mecs (a priori).
 
Les seuls moments où je suis jalouse d’une belle femme, c’est quand il s’agit d’une ex de mon mec. Oui, ça les exs, je les aime pas trop mais j’en parlerai dans un autre article. Mais globalement, je ne me sens pas jalouse. Oui, cette fille est belle, tant mieux pour elle. Non, je ne veux pas lui ressembler car elle est elle et je suis moi, chacune ses atouts. J’en parlais l’autre soir avec un charmant garçon et il me disait que mon attitude n’était pas commune, ce qui m’a un peu étonnée. Si je commence à être jalouse des jolies filles, je peux rayer les trois quarts des femmes de mon répertoire. Anne est belle, Lucie aussi, mais je peux pas être jalouse d’elles, d’abord parce que ce sont mes amies, ensuite parce que nous ne nous ressemblons pas. Et puis, il faut l’avouer : Lucie, je l’ai aimée de suite parce qu’elle a vraiment une bonne bouille. Pour Anne, c’est un peu différent, on s’est rencontrées à la maternelle, je pense que je n’avais absolument pas conscience de la beauté à cette époque-là. Lucie, c’est une fille toute mignonne qui a un super nez. Oui, c’est tout moi, ça, la première chose que j’ai remarqué chez elle, c’est son nez et il m’a plu. Lucie n’aurait pas été mon amie si son visage ne m’avait pas plu ? Impossible à affirmer mais je pense que c’est probable.
 
Qu’en est-il des hommes ? Réagissent-ils de la même façon ? J’ai l’impression, mais je me trompe peut-être, qu’il y a beaucoup moins de rivalités entre deux hommes et qu’il n’y a donc pas cette espèce de gué-guerres mecs beaux contre les autres. Et moi, je trouve ça sain ! Parce que, techniquement, on trouvera toujours plus beau que nous (surtout quand on a tendance à se déprécier) et à jalouser tous ceux qui ont plus de succès auprès du sexe opposé ou du même sexe, on finit par devenir totalement asocial et malheureux.
 
Alors, les filles, arrêtez de jalouser les belles demoiselles. Vous aussi, vous êtes belles, ne rougissez pas devant elles !

Les médias ont-ils une influence quelconque sur nous ?

La semaine dernière, j’épinglais une nouvelle fois une émission télé et dans les comms, un petit débat sur le sujet était né et j’ai décidé d’en faire un article à part entière.
influence-hypnose
 
Durant mes études journalistiques, j’ai eu un cours fascinant sur la sociologie de la réception. M. Tintin Hondelatte, mon directeur de master (que j’appellerai comme ça désormais car c’est un bon croisement entre les deux), soutient mordicus que NON, les médias n’ont aucune influence sur nos opinions et comportements. C’est d’ailleurs ce qu’a démontré M. Lazarsfeld, un chercheur américain sévissant durant les années 40 ou par là. En effet, selon ce monsieur, si on a une opinion politique bien établie, ce n’est pas les médias qui nous en feront changer. Certes, certes. De là à nier absolument le rôle des médias sur la formation des opinions, je dis non ! Je me souviens du débat qu’on avait eu en cours, il avait dit en rigolant : « non mais c’est du n’importe quoi les gens qui disent que les pubs pour les sucreries font grossir les gamins, je vous avais mis ce texte là pour vous piéger ». Connard, va ! C’est d’ailleurs pour ça que le CSA réglemente la pub pour enfants : elle n’a aucune influence sur les enfants mais emmerdons les publicistes, tiens ! Pffffffff ! Je me souviens, moi, quand j’étais petite, je voulais que ma mère achète de la soupline parce que je voulais le nounours de la pub…
 
J’ai donc rédigé un devoir thèse/antithèse sur le sujet en disant que, certes, les médias ne nous influencent pas à partir du moment où notre opinion est faite mais il ne faut pas nier absolument le pouvoir des médias. Et je me suis pris un merveilleux 2,5/10 (note limite éliminatoire puisque si on se prend une note inférieure à 5/20, on ne peut pas avoir notre diplôme). Je ne comprends pas comment on peut décemment enseigner ça à de futurs journalistes. Bon, je ne dis pas que les journalistes sont tous puissants mais aujourd’hui, il faut bien se rendre compte que pas mal de gens se font une culture politique en regardant la télé. En 2002, par exemple, il y a eu une vraie polémique sur le rôle des médias dans la présence de Le Pen au second tour. Je pense, en mon âme et conscience, que c’est un peu trop facile de tout foutre sur le dos des médias en disant : « c’est leur faute, ils font peur aux gens avec leur reportage sur la violence dans les cités ». Il y a eu de ça, certes, mais je crois que le malaise est un peu plus profond que ça mais là n’est pas le sujet de l’article.
 
En tant que journaliste (enfin, euh… future), penser que ce que je pourrai écrire n’aura aucune importance est un peu dangereux. Nombre d’hommes politiques ou personnalités de toutes sortes ont dû essuyer des scandales révélés par les journaux. Le problème des médias aujourd’hui, à mon sens, c’est l’urgence. Il faut du scoop A TOUT PRIX. Donc on écrit un article basé essentiellement sur des bruits, des rumeurs, on passe pas forcément le temps de vérifier et là, on chute. Quelque part, je ne comprends pas que David Pujadas soit encore en poste après sa merveilleuse bourde sur Juppé, tout ça pour griller la Une… En même temps, je comprends pas non plus comment PPDA peut encore avoir une quelconque crédibilité suite à sa fausse interview de Fidel Castro. Evidemment, moi, je suis encore à l’orée de ma carrière, même si je n’ai pas précisément une vision toute rose de ma profession , rien ne me garantit que je ne ferai pas la même erreur que mes confrères. Aujourd’hui, la déontologie semble passer bien après les intérêts commerciaux : faut vendre, si on se plante, on s’excusera après, c’est pas grave. Bon, ok, on a ruiné la réputation d’un type qui ne demandait rien à personne (oui parce qu’en général, les médias s’auto alimentent) mais bon, on s’est excusés, hein ? Venant de Toulouse, j’ai pu voir à quel point la rumeur relayée par les journaux pouvait être proprement catastrophique. Je n’ai franchement aucun avis sur l’implication de Baudis dans l’affaire Allègre, je sais pas s’il est coupable ou innocent, j’ai pas les moyens de le dire, de toute façon. Mais cette triste affaire n’a pas vraiment fait du bien à Toulouse, tout le monde s’en est mêlé, y compris des présentateurs télés qui se la jouent journalistes alors qu’ils ne le sont pas (hein, M. Zéro, le bien nommé ?). L’avantage, dans ce genre d’histoires, c’est que tous les médias sont liés : oui, on s’est plantés, mais on l’a fait collégialement donc il n’y a pas de réel coupable.
 
Puis-je décemment affirmer que ce que j’écris n’aura aucune influence sur personne ? Bien sûr que non. Je retranscris les faits selon ma vision de ceux-ci, ce n’est pas forcément comme ça mais c’est ainsi : l’objectivité est un leurre. Il n’y a qu’à lire le Figaro et Libé sur un même sujet, vous verrez. Evidemment, chez mon marchand de journaux, j’aurai naturellement tendance à acheter Libé, je ne pense pas que le lire influencera particulièrement mes opinions politiques. Ceci étant, je considère sans prétention faire partie d’une certaine élite qui a un minimum de connaissances politiques et qui multiplie ces sources d’informations : journaux, télé, radio, selon l’humeur du moment. Je sais prendre de la distance par rapport à ce que l’on me raconte, réfléchir aux faits pour me bâtir ma propre opinion.
 
Mais tout le monde n’est pas comme ça. Des tas de gens mangent devant les infos, le prêt à consommer de l’actualité, on avale les reportages en même temps que notre gratin dauphinois, on ingurgite sans même réfléchir à ce que l’on entend. Les jeunes de cité ne sont que des sauvageons prêts à tout brûler. L’insécurité est partout. Le chômage baisse. Le dernier film des Bronzés est gé-nial… Le problème est qu’on ne peut pas savoir tout sur tout. Comment puis-je mettre en doute un reportage sur un pays comme le Togo (totalement au hasard) où je n’ai jamais mis les pieds ? Même si j’aime bien tout ce qui est international, ma connaissance ne se base que sur ce que j’en lis. Si un journaliste écrit une énorme connerie sur le Togo, comment puis-je m’en rendre compte ? Là, c’est un exemple extrême, tout le monde s’en fout du Togo, de toute façon. Mais le journalisme glisse de plus en plus dans le prêt à consommer donc on multiplie les approximations et on finit par propager des images fausses.
 
Je n’irai pas jusqu’à dire que le journalisme peut changer le monde, voire même la France (soyons modestes). Les Français n’ont pas voté Le Pen à cause des médias mais ils ont contribué à entretenir le climat ambiant. Parce que comme je disais plus haut, le but premier d’un média est de faire de l’argent donc de suivre les thèmes d’actualité. Les blogs sont à la mode ? Hop, 50 émissions de radio, de télé ou des magazines sortent sur le sujet, entretenant d’autant plus le phénomène. J’adore regarder Arrêt sur images et voir un peu les « sujets à la mode » : grippe aviaire, guerre en Irak ou courses de Noël… Des fois, je regarde les infos et ils rabâchent tellement les mêmes infos que j’ai
l’impression de ne pas avoir vu le journal depuis longtemps… N’empêche qu’à force de nous agiter des épouvantails sous le nez, les gens sont terrorisés : ne mangeons plus de bœuf, de poulet, d’œufs et de produits laitiers… Ben youpi ! De toute façon, moi, j’ai mangé pendant 5 ans au restaurant universitaire, si j’ai pas chopé la vache folle, je ne l’aurai jamais. Informer est une chose, entretenir une paranoïa en est une autre.
 
Tout est orienté. Je me souviens à l’époque avoir vu un Envoyé Spécial sur l’affaire Dils, à l’époque où il n’avait pas encore été innocenté. Le reportage avait clairement choisi son camp, démontrant par A+B que Dils était forcément innocent et Francis Heaulme coupable. On voyait même une photo de Dils en communiant à côté une photo de Heaulme où il foutait franchement la trouille. J’ai certes du mal à croire que P. Dils soit coupable mais faire un reportage à ce point subjectif, ça me fait grincer des dents.  Idem dans la « merveilleuse » émission Faites entrer l’accusé avec M. Hondelatte qui passe trois heures à se mettre en scène en train de marcher sur les quais de la Seine, l’air préoccupé, ou à fouiller des dossiers (mais à quoi ça sert, franchement ?) et là, dès le départ, on décide que l’accusé est coupable ou pas. Depuis quand les journalistes jouent les juges ? Depuis longtemps…
 
Alors enseigner à de futurs journalistes que les médias n’ont aucune influence sur l’opinion publique, n’est-ce pas un peu dangereux ? Si, carrément, et je méritais bien plus que 2,5. M. Tintin Hondelatte, si vous me lisez (ça m’étonnerait mais on ne sait jamais), cessez de vivre dans votre tour d’ivoire de sociologue et ouvrez un peu les yeux sur le monde. Lazarsfeld, c’est périmé, toutes les recherches sont à refaire. Demandez à M. le prof de communication politique, le pervers qui me parlait en me regardant droit dans les seins (véridique), ce qu’il en pense de vos théories Lazarsfeldiennes, ça promet un débat…hum…houleux.

La lucarne magique

D’ordinaire, je critique la télé mais pour une fois, je vais en faire l’éloge. Pas de la télé en général mais d’un documentaire que j’ai vu mardi et qui m’a presque fait pleurer d’émotion. Oui, il faut savoir qu’en ce moment, je baigne dans une étrange soupe émotionnelle et je trouve tout mignon, émouvant… Allez savoir pourquoi.
 
Mardi, donc, au lieu de jouer aux Sims, je décide de regarder le documentaire « l’odyssée de la vie » sur France 2, ne sachant trop si je
resterai jusqu’au bout ou pas. Pour ceux qui ne l’ont pas vu, j’explique : c’est l’histoire d’une grossesse, de la conception à l’accouchement. On suit donc un couple, une italienne et un gars qui s’appelle Manu. Elle nage avec les dauphins (quelle chance, mon rêve !), elle les dresse, c’est son métier donc elle passe beaucoup de temps dans l’eau. Elle écrit un cahier pour son bébé, elle le lit avec son accent. Je dois avouer que la langue française me plaît particulièrement quand elle est parlée avec un accent, j’adorais celui de ma prof de violoncelle qui était russe ou quelque chose comme ça (même quand elle m’engueulait parce que je m’entraînais pas trop voire pas du tout à la maison). Bref, la maman parle, elle se parle parfois à elle, parfois à son bébé. Vous savez qu’en général, je grogne contre cet espèce d’exhibitionnisme qui pousse les gens à dévoiler leur vie privée mais là, c’est juste beau. On sent les questions de la future maman, on voit le fœtus se développer (images de synthèse). Un fœtus, au début, c’est franchement moche, ça a une queue et de gros yeux noirs, dire qu’on a tous ressemblé à ça !
 
Donc petit fœtus grandit, se transforme petit à petit en humain. On le voit réagir en fonction de ce que fait sa maman. Donc, je préviens de suite : quand je serai enceinte, pas de clope dans la même pièce que moi, c’est pas bon pour le bébé. C’est vrai qu’en tant de femme n’ayant jamais été enceinte, je considère limite la grossesse comme une maladie qui empêche de faire plein de trucs, de peur de blesser petit fœtus qui grandit en moi. Mine de rien, ce documentaire m’a montré qu’une future maman peut faire plein de choses sans que ça traumatise fœtus. Sa maman continue à travailler jusqu’à six mois de grossesse, elle nage, elle joue avec les dauphins mais pas avec tous : certains sont mal à l’aise avec elle à cause de sa grossesse, d’autres, au contraire, cherchent sa présence. Quand ma cousine fut enceinte (ce qui fut le cas trois ans d’affilée, non pas qu’elle ait eu une grossesse particulièrement longue, juste qu’elle en a fait trois à la file), elle en profitait pour ne rien foutre. Surtout pas le ménage, ça la fatigue et ça la fait vomir. Ma mère pestait : « non mais la grossesse, c’est pas une maladie, j’ai bossé jusqu’au bout, moi ! ». Enfin, pour ma sœur parce que moi, à six mois de grossesse, je voulais déjà sortir. Oui, autant j’étais un bébé calme, autant je fus un fœtus chiant.
 
Une femme enceinte, ça peut donc travailler, jouer au flipper, nager et brouetter (ouais !). Même que ce dernier point est plutôt une bonne chose car maman contente, fœtus content. Donc, je note, quand je serai enceinte, je ne fumerai plus et n’irai plus au McDo mais qu’est-ce que je brouetterai ! Il y avait des scènes très amusantes où le papa pose sa main sur le ventre tout rond de sa compagne pour sentir fœtus bouger. Ma mère m’a expliqué que quand le bébé bouge, ça fait un peu comme une sensation de gaz dans le ventre, ça doit être bizarre quand même. Mais quelque part, quand je pense à ma future grossesse (et même mes futures grossesses, si on en croit M. le voyant), c’est le truc qui me paraît le plus agréable, de sentir le bébé bouger, ça doit être bizarre car ce doit être à ce moment-là qu’on prend pleinement conscience qu’on a un individu qui grandit en soi. Par contre, ça me fait un peu flipper de penser que je vais voir mon ventre se déformer selon les coups que va me filer fœtus.
 
Au bout d’un moment, on sait enfin si fœtus est pénissalement (© Gauthier) ou vaginalement équipé. Ben, moi, je le sentais, ce sera une fille, et j’avais raison ! Fœtus devient donc Julia, joli prénom. Au bout du 7e mois, les choses se gâtent un peu, la maman commence à avoir des contractions, direction l’hôpital : le bébé ne peut pas naître encore, il n’est pas tout à fait formé.
 
Finalement, la maman arrive à garder Julia un mois de plus et là, arrive l’accouchement. Ce petit souci a empêché papa et maman de se marier, ils avaient prévu de le faire un mois avant la naissance de la petite mais finalement, non. Bon, alors, je sais pas si c’est le documentaire qui a éclipsé les douleurs de l’accouchement ou si c’est passé comme une lettre à la poste mais là, pas de sang, pas de larmes, c’est super rassurant. En fait, c’est intéressant, c’est un nouvelle technique d’accouchement (il y en a beaucoup, j’ai
l’impression) où la maman est assise et tire elle-même le bébé hors de son corps, une fois la tête sortie (bon, y a toute l’équipe médicale, quand même, faut pas déconner). Je dois avouer qu’avec mon instinct maternel surdéveloppé, ça me foutrait une trouille pas possible de sortir moi-même mon bébé de là, j’aurais peur de le blesser. Bref, la petite Julia, toute pleine de placenta pousse
son premier cri et sa maman la prend dans ses bras… Et là, j’ai comme un envie de pleurer. Ben, mince, je pensais pas que voir à la télé la naissance d’une petite fille que je ne connais pas m’émouvrai à ce point.
 
Hé oui, parfois, au milieu du gerbis télévisuel se cache une pépite. Et je suis heureuse de l’avoir trouvée.