Laissez-nous rêver

L’autre jour, comme tu le sais, lecteur, j’ai réalisé une interview d’Emilie Maume. Elle a dit une chose très intéressante qui m’a inspiré un article, je cite : « Quand on voit que la fille de Villepin est mannequin, lui, il nous dit d’aller bosser dans le bâtiment. Mais n’avons-nous pas le droit de rêver, nous aussi ? ». En effet, aujourd’hui, quand on est au chômage, c’est que c’est de notre faute ! « Du boulot, y en a ! », me dit-on. Ouais mais durant mes longues études, j’ai jamais appris à faire du béton, monter un mur ou faire de la plomberie. Le bâtiment embauche mais bon, foutez-moi sur un chantier et ça risque d’être folklorique. Moi, dans le domaine du bâtiment, je me suis arrêtée au châteaux de sable. Et puis en plus, je les construisais toujours en zone inondable !

 chateau-de-sable

Bref, quand Emilie s’est rendue à l’ANPE, M. le conseiller lui a dit très sérieusement : « vous savez, mademoiselle, ce qui embauche en ce moment, ce sont les Pompes
Funèbres ! ». Alors, là, j’avoue que j’y avais jamais pensé ! Allons, que j’abandonne mes rêves de devenir la nouvelle Françoise Giroud, je deviendrai la nouvelle Clare Fisher (Six feet under, pour ceux qui connaissent pas). Alors voilà, que je mette mes rêves à la poubelle au nom du pragmatisme. Après tout je me plains de pas avoir du boulot mais du travail y en a. Faut juste que j’abandonne la voie que j’ai choisi lors de mon adolescence, que je nie mon parcours scolaire et étudiant, que j’oublie toutes mes expériences professionnelles dans ce domaine et c’est bon, du boulot, j’en aurai. La pente est trop raide, je n’ai qu’à choisir un autre chemin. Ca plairait pas à Raffarin, ça !

 

Alors j’ai qu’à faire serveuse ou secrétaire. Et au passage piquer un job fait par quelqu’un qui a fait des études dans ce domaine. Tant pis pour la petite qui a un BEP
secrétariat, moi, j’ai un bac +5, cocotte ! Et ça, ça me déprime quelque part. Certains boulots sont à tel point déconsidérés qu’on y fout n’importe qui qui a de jolis diplômes, tant pis pour ceux qui ont un diplôme peu considéré dans le secteur. En juin, Gauthier cherchait un petit job d’été dans la téléprospection. Maintenant, pour ce genre d’emploi, faut un bac+3 ou +4. Or, très franchement, faut être motivé pour faire une licence ou un master pour faire téléprospecteur. Je ne méprise pas la téléprospection, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, mais je ne connais pas une personne qui fait ça par vocation. Et ceux et celles qui ont un BEP, CAP ou BTS, ils n’ont qu’à aller se faire f*****.

 

Des petits boulots, j’en ai déjà fait lors de mes études, comme pas mal d’étudiants. J’ai été guichetière à la Poste, vacataire dans un organisme de crédit, employée à
l’observatoire de la vie étudiante, sans parler des babysitting.  Mais ces petits boulots n’avaient pour but que de gagner quelques sous durant l’été. Mais aujourd’hui, je ne suis plus étudiante, je suis journaliste et je ne vois pas l’intérêt de remplir mon CV avec des métiers n’ayant rien à voir, ni de près ni de loin, avec ma vocation première. Et voilà qu’on en vient à me reprocher de ne pas prendre le premier boulot venu. Mais bon sang, peut-on me reprocher de ne pas vouloir m’éloigner de mon métier de prédilection ? Je ne suis pas rêveuse, j’ai déjà travaillé dans le journalisme et je sais que je suis faite pour ça, je ne demande pas à être Présidente de la République ou chanteuse ultra-célèbre. Mais c’est un métier difficile, les premiers pas sont durs. Dieu merci, mes parents le savent et ne me foutent pas la pression inutilement. Je multiplie les piges bénévoles à droite à gauche car je ne veux surtout pas perdre le rythme. Mais aujourd’hui, on culpabilise les chômeurs, on nous regarde tous avec circonspection, genre « on s’inscrit au chômage pour profiter du système et se la couler douce aux frais de l’Etat ». Non mais laissez-moi rire ! J’écris pour divers webzines de façon bénévole, j’ai travaillé à plein temps pour une asso pendant 5 mois pour 300 euros par mois (enfin, quand je suis payée, ça traîne toujours, cette histoire !). Osera-t-on encore me dire que je me la coule douce ? Alors que je travaille comme n’importe qui pour un salaire de misère ? Non ! Si j’étais feignante, je me ferais pas chier à continuer à écrire bénévolement, faut pas déconner.

 

Moi, j’ai de la chance, mes parents peuvent m’entretenir en attendant que je trouve un boulot. Ceci étant, c’est pas pour autant que c’est la dolce vita. Moi, je veux juste avoir
le droit de faire le métier pour lequel je me suis destinée et dans lequel je m’épanouis. Est-ce un mal ? Peut-on légitimement me reprocher de vouloir réaliser mon rêve, somme toute assez accessible ? Parce que prendre le premier boulot qui passe, c’est risquer de m’enfermer dans une routine et de ne plus chercher ailleurs. Et mine de rien, à l’idée de ne pas être journaliste, ça me donne envie de pleurer.

 

Alors laissez-nous rêver, laissez-nous choisir notre voie sans nous culpabiliser parce qu’on choisit des voies difficiles. Et puis si ces voies sont trop difficiles, que les facs arrêtent de sortir des diplômes dans ces domaines-là… Mais ça, c’est un autre sujet.

Nina est une voyeuse de la vie

En tant que journaliste, je suis censée faire des titres clairs et efficaces. Mais c’est pas drôle donc je fais des titres à la con, c’est plus marrant ! Et puis si je mettais que « Nina la voyeuse », on allait croire que je matais des gens en train de brouetter alors que pas du tout.

Comme je l’ai déjà dit dans un article précédent, je suis une sociologue de la rue. J’adore mater les gens, m’imaginer leurs histoires et tout ça. Même si, des fois, je passe une heure avec deux hommes à déconner dans un café et que l’un d’eux ne me fait remarquer qu’en partant que le couple à côté de nous semblait adultérin. Merdum, j’ai raté un couple à observer ! Bref, j’adore ça observer. Et le net m’aide dans ma quête de potins sur des gens que je ne connais pas.

Il y a quelques temps, Gaor m’avait laissé un comm ici pour me parler du site dilelui. Qu’est-ce que donc ? Le principe est simple. Imaginons qu’un mec super mignon me donne un briquet dans la rue et que, comme une conne, j’oublie (ou plutôt je n’ose) de lui demander son numéro. Grâce à ce site, je peux poser une annonce pour tenter de le retrouver ! Ou alors imagine que toi, lecteur, tu prennes le métro et tu vois une petite nana châtain avec la coupe au carré au manteau noir, avec un petit sac à carreau imitation burberry (oui, j’ai cassé mon sac à dos en cuir sur lequel était accroché mon lapin, ça marche plus comme indice), que tu te dises : putain mais quelle est trop belle, son visage me fait penser à une madone. Oui, je me la pète, et alors ? Tu n’oses lui parler par timidité, tu échanges quelques regards avec elle mais la belle s’enfuit à une station, tu ne sais si elle fuit en courant ce foutu accordéoniste accompagné d’un violoniste approximatif (vécu encore lundi soir) ou si elle est à la bourre à cause de ces foutus grèves SNCF de mes fesses (vécu lundi soir alors que j’allais revoir Lady Brind’zingue et que j’avais peur de rater le début). Alors, malin que tu es, tu notes qu’elle descend à la station St George, tu constates qu’il est 19h25. Tu rentres chez toi et tu vas sur dilelui.com et tu rentres une annonce. Tu dis que je suis une jeune fille entre 18 et 30 ans (c’est mieux que 25-40 pour mon ego, surtout que je fais pas mes 26 ans), tu rédiges ton annonce à base de « tu soupirais à cause des musiciens, tu semblais un poil excédée, j’ai été charmé par tes yeux bleus comme le ciel. Tu avais un manteau noir et un petit sac trop mimi, on a échangé un regard »… Enfin, t’écris ce que tu veux. Là, si tu veux être sûre que c’est bien elle qui répond et pas une nana qui traque le désespéré sur le net, tu peux même poser une question comme : « de quels instruments jouaient les musiciens ? ». Et là, miracle de la technologie, la fille lit l’annonce et te répond et c’est le début d’une love story.

Donc prenons une Nina. Elle est abonnée au service, elle n’a rentré qu’un trajet comme alerte car elle ne fait pas toujours les mêmes trajets (ben ouais !). Mais de temps en temps, elle va fureter sur le site, prend des trajets au hasard et lit les annonces, se régale de ses histoires d’anonymes. Bon, il y en a qui semblent mal barrées. « Tu étais trop belle, habillée comme ç et lisant ça. Je veux te revoir » et là, la question : « quelle était la couleur de mon pull ? ». Non, non et non. Déjà, perso, un mec qui me mate dans le métro, je fais pas forcément gaffe ! Et même si je fais gaffe et même s’il me plaît, j’enregistre pas la couleur de son pull. Donc si la nana veut répondre et se souvient pas de la couleur dudit pull, voilà comment une belle histoire potentielle ne se réalisera pas.

Parfois, les gens se sont adressés la parole et là, on sent l’acte manqué « on a parlé, on s’est pas échangés nos numéros ». Là, ça, ça me plaît. Parce qu’en dix lignes d’annonce, moi, je la vis la scène. J’imagine ses deux individus assis côte à côte qui se sourient et commencent à discuter sur tout et rien. Elle quitte le métro, il regrette d’en rester là. Et là, si l’annonce marche, mais quelle histoire !

En fouillant sur le site, j’ai la délicieuse sensation de jouer les voyeuses. Je picore des histoires vécues à droite, à gauche. Ca ne fait de mal à personne, je ne réponds pas à des annonces qui ne me concernent pas et c’est pas du voyeurisme malsain. Vaut mieux ça que mater la foire des monstres télévisuelle (Y a que la vérité qui compte, la nouvelle émission de Delarue dont j’ai pas retenu le nom, la nouvelle émission d’Evelyne Thomas qui refait C’est mon choix sur le câble…). Et puis ça stimule l’imagination… C’est un peu comme si on vous donnait une pièce de puzzle et que j’imaginais l’image qu’il faut recomposer. Ca m’éclate ! Et en plus, ce qui est bien avec ce site, c’est que ce n’est pas que Parisien, ça marche pour les grandes villes !

Alors si vous croisez une belle personne dans le métro, n’hésitez plus ! Le net peut bien faire les choses, parfois !

Est-on l’’artisan de son propre bonheur (ou malheur)

Il y a des moments dans la vie où on est dans une période calme qui nous laisse du temps pour réfléchir et observer les choses sans passion et emportement. Mon petit cœur n’a pas battu pour un homme depuis quelques temps (sinon, il continue de battre normalement, rassurez-vous, je suis pas un esprit), je suis débarrassée de toutes les rancoeurs ou souffrances passées donc j’écoute le discours des autres. Non parce que moi, en ce moment, à part dire des platitudes à base de « ça viendra quand ça viendra », « c’est quand on s’y attend pas que ça tombe »… Je suis sûre que tous mes lecteurs envient ma vie amoureuse, là !

 

Bref, du coup, comme je parle pas, j’écoute. Comme il se passe rien, je repasse le fil de mes aventures passées (sans rancœur ni colère, je le répète). Parfois, j’ai l’impression que ma vie amoureuse se répète, ce sont souvent les mêmes histoires ou à peu près, les mêmes conneries que je répète. Et c’est pas mieux chez mes amis. On se sort d’une histoire pour replonger dans une histoire similaire. Et beaucoup parle de karma ou de destinée. Moi aussi, je l’eus fait dans le temps. « J’ai la lose en amour, pourquoiiiiiiiiiiiiiiii ? J’ai dû faire un truc horrible dans ma vie antérieure et je paie les pots cassés ». Sauf qu’aujourd’hui, je pense que c’est trop simple comme explication, trop fataliste et totalement déresponsabilisant. Si j’ai la lose, c’est pas ma faute, c’est mon karma (ou mon destin ou ce que vous voulez). Et bien non, je ne suis plus d’accord ! De toute façon, y a que les imbéciles qui changent pas d’avis, na !

Notre vie amoureuse, on la choisit. Ok, c’est moins facile que le boulot, carrément moins objectif. Quand je craque sur un mec, je ne le fais pas exprès. Les bruns aux yeux clairs, ça me fait fondre, surtout s’ils ont un sourire que même Sean Connery, il a pas. Que quand ils me parlent, je suis tellement enchantée que j’oublie tout le reste. Bon, bref, on part du principe qu’on ne choisit pas de qui on tombe amoureux. Donc on peut penser que mon karma/destin me fout dans les pattes toujours des mecs à problème, qu’ils règlent avec moi et c’est une autre qui en profite. Non parce que quand je regarde ce que sont devenus mes exs amoureux ou plans cul, ils se trouvent toujours quelqu’un juste après moi et c’est le bonheur. Enfin, non, pas tous. D’ailleurs, c’est curieux, c’est ceux dont je souhaite le plus le bonheur qui ne le trouvent pas… Sans doute n’ont-ils pas la même conscience que moi de leur valeur. Il y en a un en particulier (je dirais pas lequel pour protéger sa vie), il s’est auto-convaincu qu’il ne mérite pas d’être heureux, que c’est un sale type en gros et qu’il ne mérite que le pire. J’ai essayé de le persuader du contraire mais en vain. Bref, je m’égare. Je disais donc qu’on pouvait choisir sa vie amoureuse. Mais souvent, on fait le mauvais choix. Peut-être est-ce parce qu’on sacralise un peu l’amour, aussi, qu’on voit ça comme un espèce de tsunami qui nous emporte au-delà de toute raison. L’amour, ça doit être violent (je parle pas de violence physique, hein !), ça doit être un coup de foudre, de la passion limite destructrice, du « on s’est battue et on l’a eu ». L’amour, c’est censé mettre du sel dans notre vie donc on cherche la complexité. A partir de là, faut pas s’étonner qu’on soit malheureux au bout du chemin.

Evidemment, parfois, on tombe mal, ça arrive même à des gens bien. Le prince charmant des premiers jours se transforme en ignoble goujat ensuite. Ca arrive et là, on tombe de haut.
Parce que monsieur, ou madame, d’ailleurs, les hommes n’ont pas le monopole de la goujaterie, se relâche dès qu’il croit la partie gagnée. Or il y a relâchement et relâchement. Que mon mec arrête
de m’amener mon petit déj au lit au bout d’un moment, qu’il ne m’envoie plus de textos enflammés ou ce genre de truc, j’ai tendance à penser que c’est normal. Qu’il me traite comme la dernière
des merdes, qu’il trouve à redire à tout ce que je fais, là, non. Il est pas bon mon café ? Ben t’as qu’à le faire, au lieu de râler ! Je suis ta copine, pas ta bonne. Mais bon, parfois, aussi, on sent clairement le connard, il l’aurait tatoué sur sa tronche que ce serait pas plus flagrant et pourtant, on fonce tête baissée, yeux fermés et on n’a même pas pensé à mettre un casque. Comme dirait Mister Big : « nous, quand on voit un mur, on s’y précipite la tête la première ». Oui, oh oui ! Mais peut-on se plaindre après d’avoir vécu nos liaisons foireuses (hop, réintègre le sous-titre du blog dans un article) alors qu’on savait dès le départ qu’elle le serait et qu’on a foncé sciemment ? Si on voulait une vie épurée de toute relation difficile, ne suffit-il pas de dire non dès le départ ?

En gros, je pense qu’on se crée son propre bonheur ou malheur, sauf grands drames de la vie comme les décès, les maladies ou des licenciements…Je pense que plutôt que de croire que
c’est son karma, il faut plutôt considérer que c’est une accumulation de choix de vie. En somme, si notre vie est merdique, il ne tient qu’à nous d’en changer.

Je suis une influenceuse… Ou pas

Pour ceux qui suivent mes aventures sur le blog Modo, vous le savez : je me passionne pour la blogosphère et le buzz en ce moment. Pour les autres, je vous l’annonce : je me passionne pour la blogosphère et le buzz en ce moment. Voilà, maintenant que tout le monde est au courant, avançons. Il y a quelques temps, en surfant sur le web, je tombe sur le site de buzzparadise et me voici devenue une influenceuse. Mais le suis-je vraiment ?

 influencer

Ces derniers temps, j’ai pas mal rencontré de blogueurs ou discuté avec eux pour Modo. Dans ma vie privée, j’en fréquente quelques uns aussi et on parle souvent de nos blogs
respectifs. On s’est tous piqués au jeu plus qu’on ne l’aurait voulu. Le matin, je me lève, je me toilette et je fonce sur le net mettre mon article en ligne, répondre aux comms, examiner mes stats. Il y a des jours où le nombre de lecteurs explose, d’autres où ça diminue sans qu’on sache bien pourquoi. Ca plaît plus ce que je dis ? Je dois parler plus de cul ? C’est vrai que ces derniers temps, je n’en parle plus tôt mais niveau sexe, il ne reste plus grand-chose dans mon escarcelle et je ne veux pas faire de racolage non plus. Quoi qu’il en soit, je reste au dessus du millier de lecteurs, tout va bien. Et puis le but, c’est d’avoir son lot de fidèles, pas un tas de googlonautes qui cherchent leur part de cul… Surtout que moi, je file pas de conseils et je mets même pas de photos cochonnes !

 

Bref, revenons-en à nos moutons. Selon mes stats, vous êtes environ 80% à venir ici directement donc je suppose que vous venez lire ce que je –enfin nous- racontons. A partir de là, je me pose légitimement la question : ai-je le pouvoir de vous influencer. Dans le bon sens du terme, rassurez-vous. Je ne parle pas de changer votre vie ou autre, jamais je n’aurais une telle prétention. Mais quand je parle d’un livre ou d’un film, allez-vous le voir car je vous en ai donné envie ? Ou, au contraire, vous en ai-je dégoûté ? Visitez-vous mes liens ? Quand j’ai lancé le blog Modo, j’ai eu 82 lecteurs uniques le premier jour… Soit 6% du lectorat des vingtenaires à peu près. C’est peu ! Ou alors, c’est déjà pas mal ? Quelles retombées puis-je espérer avec ce blog ? Après tout, en tant que lectrice de blog, est-ce que je clique sur tous les liens qu’on m’offre ? Non, certainement pas. Je regarde rarement les youtube en ligne et je lis juste les blogs que j’aime. Je n’ai pas forcément le temps de fouiller tous les liens que l’on m’offre. Quant aux œuvres que l’on me présente, les lis-je ? J’avoue avoir acheté « Sur l’amour et la mort » de Patrick Süskin, conseillé par Kamui sur son blog, mais après ? Je précise que j’ai beaucoup aimé ce petit essai, avalé en une poignée d’heures donc si je n’ai pas acheté de livres conseillés sur des blogs depuis, ce n’est pas suite à une mauvaise expérience !

 

Bref, quelles retombées espérer en parlant d’un livre, film, blog ou je ne sais quoi ? Puis-je prétendre booster des ventes ? Ou une poignée de lecteurs supplémentaires sur un blog est-il déjà une belle performance ? Je n’ai pas la prétention d’être une réelle influenceuse. Je pense que beaucoup de gens viennent ici pour lire les aventures de Nina et ses potes mais ne cherchent pas à aller plus loin. Et puis qu’est-ce qu’un blog dans cette immense galaxie blogosphérienne ? Déjà, quand je lis la chronique d’un livre ou d’un film dans un journal et que je suis tentée, rien n’indique que je vais sauter le pas. Alors pour un blog… Parce que moi, je parle de trucs que j’aime (ou que je déteste et qui m’énervent) mais je ne suis pas critique. Vous ne connaissez que peu mes goûts et il est dur de savoir si je suis « fiable » ou pas en matière de littérature ou musique. Pourtant, j’avais été contactée par
buzzparadise avant de retomber sur leur site cet été, ça montre sans doute que mon blog compte un peu dans la blogosphère, que j’ai un tout petit pouvoir sur mes lecteurs. Car si je n’avais pas parlé de Modo, ici, combien aurais-je de lecteurs là-bas ? Combien de signatures aurions-nous en moins sur la liste de soutien ? Peut-être que la différence aurait été faible, très faible. Peut-être pas. Impossible de quantifier (surtout que je n’ai pas la provenance du trafic !).

 

Mais bon, je me plais à espérer que mon petit blog peut jouer un petit rôle. Oh, je ne parle pas de choses très sérieuses, je n’aurai aucun rôle à jouer dans les élections 2007,
par exemple, soyons sérieux trente secondes ! Mais peut-être que grâce à ce blog, de jeunes gens auront mis une capote au lieu de déconner. Peut-être que d’autres auront compris des choses en me lisant et auront changé de petites choses dans leur vie. Peut-être que d’autres encore ont acheté un livre que j’ai aimé et l’ont apprécié autant que moi. Peut-être que grâce à moi, une poignée de livres auront été vendus en plus. Peut-être que grâce à moi, quelqu’un a crée un blog. Enfin, ça, d’ailleurs, je le sais, j’ai inspiré quelques nouveaux blogueurs, c’est toujours flatteur.

 

Bref, alors que je travaille à fond sur la blogosphère et le buzz, je suis toujours émerveillée de voir que certains blogs sont de telles références qu’y apparaître dessus est un
véritable privilège. Mais cette apparition est-elle suivie des faits ? En gros est-ce que les plus gros blogs sont-ils de réels influenceurs ? Je n’en sais rien. Mais au fond, quelle importance ? Après tout, je continue de parler de ce qu’il me plaît, tant pis si ça n’a pas de répercussions. Après tout, vous êtes assez grands pour savoir si vous avez envie de me suivre ou pas !

 

Haro sur le poil

Deuxième sketch de mon one woman show que peut-être qu’un jour, je le ferai pour de vrai mais faut pas rêver non plus. Spéciale dédicace à Aston!

 

La puberté, c’est une sacrée vacherie, surtout pour les filles. Bon ok, on a les seins qui poussent et on peut jouer à Pamela Anderson mais on a aussi nos règles et surtout, on a des poils qui arrivent. Parce que dans notre pays, une belle fille se doit d’être glabre. Non mais imaginez Adriana Karembeu avec des aisselles velues… De suite, ça le fait plus. D’ailleurs, que fait une fille qui a un rendez-vous galant qui doit se finir par une folle nuit torride ? Elle s’épile ! Et c’est le début des emmerdes.

 

Nous avons à notre disposition plusieurs moyens d’éradiquer le poil. Il y a d’abord la méthode non douloureuse, à savoir le rasoir mais faut voir la tête de notre papounet quand il récupère son rasoir plein de poils qui sont pas à lui. Et puis les poils de filles, c’est comme les poils de mecs, plus on les rase, plus ils repoussent et ça repousse dur. Du coup, on a de vraies brosses à récurer sous les bras ensuite. Dans la même catégorie, on a la crème dépilatoire. Alors, ça, c’est fantastique : rapide, en 10 minutes, c’est fait. Voire même 3 minutes pour les nouvelles qui sont à la pointe de la technologie. Mais y a un souci, et un souci de taille : ça pue. Oui, l’odeur d’ammoniaque sous les bras et même ailleurs, y a mieux pour séduire un homme. Et puis ça repousse vite parce que le poil, il est juste coupé, pas arraché. Normalement, sur la notice, y a marqué de rincer sans savonner. Oui ben vu l’odeur, moi, j’utilise toute ma bouteille de savon parce que bon…

 

Non, l’épilation, la vraie, c’est arracher le poil avec la racine qui va avec. Et là, je peux vous dire que toutes les publicités qui vous garantissent une épilation sans douleur ont été faites par des hommes qui ne se sont jamais épilées. Ou des femmes écolo new age qui militent pour l’intégrité de leur corps. Non, je plaisante, y a des écolos épilées, arrêtons de catégoriser les gens un peu.

 

Je me souviens, quand j’étais ado, ma mère m’amena toute fière chez l’esthéticienne pour la première fois de ma vie. J’en suis ressortie avec les jambes à moitié épilées et la larmouillette à l’œil. Une horreur, une torture. Là, j’ai envisagé sérieusement de vivre dans un monde où mes jambes seraient poilues et mes aisselles hirsutes. Mais la mode et l’esthétique on eut raison de moi, me voilà à pleurer en me faisant le maillot comme toute jeune fille qui se respecte.

 

Ca fait plus de dix ans que je m’épile et j’ai tout testé. D’abord la cire. Alors là, faut souligner un grand progrès puisqu’on est passé d’un truc épais qui pue à une douce cire au thé vert… Mais même si ça sent bon, qu’est-ce que ça fait mal. Non mais c’est pas humain de s’arracher les poils comme ça. En plus, la cire, ça colle, on en fout partout et il faut régulièrement aller la réchauffer sinon, ça ne marche pas. Mais attention, si c’est trop chaud, on se brûle. Oui, l’épilation, c’est le fantasme de tout masochiste qui se respecte.

 

Cependant, l’épilation est un vrai problème de société. Si, si ! On nous sort donc des épilateurs électriques censés être anti-douleur. Bon, déjà, au lieu de mettre de la cire partout, c’est des poils qu’il faut ramasser. Comme si j’avais pas assez de poils avec le chat, je rajoute les miens ! Et ça se glisse partout, cette saloperie ! Plus vous en enlevez, plus il y en a qui viennent. Ils se reproduisent entre eux ou quoi ? Quant à l’aspect anti douleur, on doit pas avoir la même définition. Le Petit Robert, il est d’accord avec moi pourtant, c’est que ça doit pas faire mal. Alors j’en conclus que les larmes qui coulent de mes yeux à chaque poil arraché, c’est juste du psychologique. Mais non, je pleure pas la mort atroce de mes poils, arrachés de mes jambes où ils vivaient peinards !

 

Mais en fait, le problème, c’est l’existence même de ces poils. Non mais on nous bourre le mou avec l’évolution. L’évolution, l’évolution, mon œil ! Parce que vous pouvez me dire à quoi ça nous sert les poils aujourd’hui ? Encore les mecs, ils peuvent s’en servir pour prouver leur virilité et jouer les Aldo Maccione à la plage… Bien que les poils dans le dos, on a fait plus glamour. Mais nous ? Nous ? Franchement, quand je me les enlève, ces foutus poils, ça m’empêche pas de vivre ! Alors pourquoi on les a encore ? Vous allez me dire que c’est comme les dents de sagesse, ça sert à rien mais on les a. Ok, mais les dents de sagesse, on les enlève une fois, pas une fois par mois ! Et encore, quand je dis une fois par mois, je suis gentille parce qu’à la fin du mois, ça recommence à devenir la jungle sous les bras et dans les collants. Si on les a arraché ces foutus poils, c’est bien qu’on en voulait plus. Alors pourquoi ils s’obstinent à revenir ? Ca doit être un coup de Dieu, ça : ça lui a pas suffi de nous imposer les règles pour nous punir du péché original, il nous oblige à pratiquer une dépoilade mensuelle pour bien qu’on comprenne notre douleur. Mais, Dieu, si tu veux, moi, je mange plus de pommes de ma vie, je l’ai bien comprise la leçon ! Tu m’écoutes ? (regarde sous les bras) Ouais, ok, parle à mon cul, ma tête est malade !

 

Bon, c’est pas tout ça les enfants mais j’ai un rendez-vous ce soir… Mais avant, j’ai un tête à tête avec mon épilateur. Ah la vie de femme, c’est pas tous les jours rose !

Le parfum

Par Marine

C’est bientôt Noël, ça ne vous aura pas échappé. Sinon, je vous conseille une rapide incursion sur les Champs Elysées, ce sera très clair dans votre tête. Avec l’aimable concours de Vingtenaires Inc., Marine teste pour vous un parfum, A-Men, la version pour hommes de Angel, de Thierry Mugler. L’offrirez-vous à Noël?

« C’est en puisant dans ses souvenirs d’enfance que Thierry Mugler a trouvé l’inspiration pour « Angel« , son premier parfum. Dans cette fragrance est cristallisée toute la magie de l’imaginaire du créateur : senteurs de fêtes foraines, odeurs de barbe à papa, ambiance des goûters organisés par sa grand-mère… » Effectivement, grand-mère; on tient le bon bout, je crois…

Je reconnais les qualités indéniables de Thierry Mugler dans certains domaines : la bouteille est très belle, la campagne de pub, éthérée à souhait mais si seulement le parfum avait pu l’être aussi… Quand je sens Angel, je ne pense pas à un ange évanescent mais à ma prof d’histoire-géo de première, celle qui disait « objurgations » au lieu d’avertissement. Angel, c’est pour moi la première fois qu’un ange est associé à une sorcière.

Remarquez, je suis pas un bon public au départ, je supporte pas le parfum. C’est physiologique. Ca me donne des nausées. Quand je vais dans une parfumerie, j’y reste 10 minutes montre en main, en apnée, et je ressors avec une furieuse envie de rendre à l’humanité ma salade croutons-gésiers du midi. Petite biographie parfumée. Ma mère est prof. Comme tous les profs elle adoooore le parfum surtout si il sent fort. Tout y est passé, Rive Gauche, Amarige, Poison, … Angel. Le seul qu’elle a pas aimé, c’est Champs Elysées, normal, il avait une odeur légère. Moi, c’était mon préféré. Vous l’aurez compris, j’ai eu une enfance difficile. A cinq ans, on m’offre Céleste, le parfum Babar (j’ai encore le flacon chez moi). Il sert surtout à la déco. A 12 ans, je suis dans ma période « Eau Jeune », il y a un top model dans la pub Démon, j’acquiers le parfum. Le flacon est presque plein aujourd’hui. Finalement les parfums bon marché, c’est pas du tout une économie, on s’en lasse trop vite, on n’en veut plus au bout d’un mois. A 14-15 ans, victime de la mode, je veux et j’exige CK One. Pour être comme Kate Moss? Le mystère reste entier.Toujours est-il que celui-là, je le mets… pour me coller une migraine tous les soirs. Au bout de quelques mois (on n’est pas sérieux quand on a 17 ans) j’abandonne la bataille. En gros, le choix est simple : ou je mets le parfum sur mes vêtements, et là, complètement absorbé par le tissu, impossible qu’il s’évapore, et moi j’y ai droit avec intensité toute la journée, c’est horrible j’en ai des papillons dans l’intestin grêle en fin de journée (glamour is not a crime). Ou je le mets sur ma peau et là c’est génial, je fais virer tous les parfums, je pourrais me mettre un très évanescent très subtil J’Adore de Dior, au bout d’une heure, on dirait une contrefaçon achetée sur le marché de Casablanca un 27 juillet à l’heure la plus chaude. C’est bien simple ça a l’odeur de l’alcool à 90. Comprenez qu’au départ, la nature ne m’a pas gâtée. Comprenez qu’un homme qui se parfume trop, en plus de trouver ça louche (mais … mais… il se lave pas ou quoi?), je suis assez vite indisposée. Comprenez que j’ai assez peu de chances de conclure avec un homme si je sais qu’au bout d’une demi-heure je vais devoir faire des exercices de respiration pour rester en forme.

Revenons à  A-men. Avant lui, Angel. Le pari initial était donc de créer un parfum à l' »odeur de fête foraine ». Pari gagné. Une fête foraine, c’est des enfants qui rient, de la barbe à papa, des animaux rieurs, des attractions sympa. Mais une fête foraine, c’est également des ordures partout par terre, des ânes qui chient, des gens qui font la queue pour la grande roue (et développent une sudation supérieure à la normale) et des forains à l’hygiène assez peu conventionnelle.En deux mots, ça pue. Jusqu’ici, on est d’accord (si vous êtes pas d’accord, le navigateur « Marques-pages » est juste au-dessus de cette page, vous pouvez changer de site, il n’est pas trop tard). Des fois, un cri du coeur permet à quantité d’esprits de s’unir. Vous êtes nombreux, chers lecteurs, à être de mon avis sur Angel. Toutefois, on m’a demandé : et A-men? Qu’en penses-tu, Marine? Premier a priori mitigé. D’une part, le traumatisme d’Angel. D’autre part, le nom est très bien trouvé. Il garde la tonalité mystique, et il joue avec le côté Angel au masculin, j’aime bien. Il a une réputation aussi. Sur ces pages, il a l’air d’avoir du succès, on me le vend comme aphrodisiaque, entre autres… Puis, comme je suis consciente que j’ai une mission à remplir, je m’y colle. Samedi dernier. En pleines courses de noël. Je me rends à mon concessionnaire de parfums le plus proche. Je prends une grande bouffée d’air avant de rentrer. Je me dirige vers le rayon hommes d’un pas ferme et décidé, prête à tout envoyer valser sur mon passage. Je prends un testeur. Je prends A-men. Je vaporise sur le testeur. Je cherche la sortie la plus proche, je frôle l’apoplexie (oui bah essayez de trouver un parfum pour homme dans un concessionnaire de parfum un samedi après-midi en période de Noël pour voir)…
Bon, je sens l’affaire. Première impression, c’est boisé. Donc je pourrais dire A-men, ça fend du bois. Mais ça vous avancerait peu. Disons que oui, c’est viril. Deuxième impression, une heure après, c’est chocolaté (ça doit être l’aphrodisiaque, ça)… du coup c’est un peu écoeurant, mais c’est l’effet dit « testeur ». Au final, il n’est pas désagréable, rassurez-vous messieurs, il ne m’a pas provoqué les haut-le-coeur de son confrère « pour femmes » et ça sent bon. Mais je dirais pas que c’est la révolution olfactive non plus. Donc, lecteur, à acheter et à porter si tu veux compléter ton apparence d’homme qui en impose le matin à la Défense. A porter si tu veux draguer en soirée sur les Grands Boulevards, sans doute. C’est le genre de parfum qui se porte sur costard. A offrir, lecteuse, à ton père/frère, parce que ça sent bon, et que tu les vois pas exactement tous les jours non plus (sympa pour la belle-doche, elle va se taper les migraines à parfum). Mais attention, petite mise en garde, pas à ton mec, parce que c’est quand-même un peu entêtant. Ou alors à ton mec, si vous vivez pas ensemble. Comme quoi l’achat d’un parfum, c’est aussi l’occasion de redéfinir l’intensité de ta relation à tes proches, et ça aussi, c’est la magie de Noël. Finalement, à tout prendre, moi, en parfum pour hom
mes, je préfère le Mâle, de Jean-Paul Gaultier. Celui-là, oui, il me rend toute frémissante.

Addiction, insupportable fléau

En ce moment, je lis un roman sympa « Sexe et dépendances » de Stephen McCauley. En gros : l’histoire d’un homo, William, pré quinquagénaire, qui décide au début du roman de mettre fin à son addiction au sexe. Bon, pendant toute une partie du roman, il est merveilleux de logique : « Bon, je vais juste baiser un coup mais comme ça, ça m’obsèdera

plus ».

 

Dans ce roman, on croise une foule d’addict. Charlotte, ex alcoolique qui boit quand même encore un peu, une accro aux visite d’appartements. Ah et puis William, c’est un peu un accro au ménage. C’est-à-dire qu’à côté, Monica, dans Friends, c’est la pire des souillons. Bref, je lis ce petit roman et je me reconnais dans le côté addictif vs bonnes résolutions. Suis-je une addict ? Oh que oui ! En surface, je parais addict à pas mal de choses : Internet (blogs, MSN, mails), clope, sexe, café… Mais suis-je une vraie addict ? J’ai lu dans un magazine l’autre jour les symptômes de l’addiction et il semble que je ne sois pas réellement addict à tout ça. Jamais Internet ne m’a empêché de sortir (d’ailleurs, ce week-end, j’ai pas trop posé mon fessier sur ma chaise de bureau), j’ai passé 15 jours chez mes parents en fumant en tout et pour tout deux clopes. D’ailleurs, j’annonce que je copie Gaugau, je m’arrête de fumer pendant les fêtes : vu que je fume pas chez mes parents et que ma ligne sera de toute façon menacée par les repas de fête, profitons-en. Le sexe, j’ai eu de longues périodes d’abstinence choisies (mais aussi parfois subies mais si j’avais vraiment voulu du sexe, j’aurais pu en trouver). Quant au café… Ouais, là, par contre, impossible de me réveiller correctement sans. Mais des fois, je prends du thé à la place.

 

Revenons en à William. Durant tout le roman, il cherche des palliatifs au sexe sans réel succès au départ, il décide de faire des choses constructives comme passer ses soirées à lire. Mouarffff ! Et là, je me reconnais complètement dans les moments où je prends une bonne résolution et que je la tiens pas. Exemple typique : le régime. Un régime, on décide ça un dimanche soir, on commence le lundi. Tant qu’on va pas au supermarché, tout va bien, tant qu’on n’a pas de tentation à domicile. Mais lorsque l’on se retrouve au rayon chocolat (TOUJOURS en face du rayon diététique, bande d’enfoirés !), là, on se retrouve toujours face à un dialogue intérieur :

« Non mais c’est pas raisonnable…

– Bah, c’est pas une tablette qui va te tuer puis comme ça, après, t’en auras plus envie…

– Bon, mais juste une alors ! »

Bon, moi, je suis pas addict au chocolat, j’ai des envies passagères, comme tout le monde, mais ça donne l’idée. Et puis en plus, la tablette de chocolat, on la bouffe en une heure et on se sent pas super bien, après…

 

Il est vrai que je ne cesse de me reconnaître dans le personnage de William, dans sa volonté de se passer de quelque chose en espérant améliorer sa vie et ses échecs, justifiés par une mauvaise foi hallucinante. C’est typique de l’addiction. On est persuadé qu’elle est la base de notre malheur. Si j’arrêtais de fumer, je serais en meilleure forme, si je ne mangeais plus de chocolat, je serais plus mince et plus séduisante et je suis sûre que le vilain bouton que j’ai sur la figure, c’est la faute à Milka. Si je passais moins de temps à chercher du sexe facile, j’en aurais plus pour faire autre chose. Si je passais moins de temps devant l’ordi ou les blogs, je pourrais faire tout un tas de choses en plus dans la journée… Enfin, bref, il suffit de changer un truc pour que tout aille mieux… Bon, ok, c’est complètement psychologique mais parfois, il suffit d’un rien pour se sentir bien dans sa tête et donc réaliser des choses, même minimes.

 

Pourtant, on échoue. Dans Jasmin, l’autre jour, je lisais donc le portrait d’un addict aux rencontres sur meetic en vue d’une brouette et basta. A un moment, le mec raconte qu’il a arrêté pour mieux replonger juste après. Parce qu’il est totalement intoxiqué, au point de se couper de ses amis pour mieux baiser des inconnues qu’il ne reverra pas, les traquer sur meetic et consort… Ca paraît dingue mais on est tous susceptibles de tomber dans une addiction quelle qu’elle soit. Mon ex, Guillaume 1er, par exemple, est totalement jeu de rôle en ligne addict. Il passe son temps là-dessus, il ne parle quasi que de ça (et je comprends jamais rien), il ne sort plus, ne parle quasi plus qu’à des gens en virtuel… Heureusement que je le sors quand je descends dans la région !

 

Mais combattre une addiction, aussi minime soit-elle, c’est avoir la sensation de prendre sa vie en main, de s’améliorer en perdant une mauvaise habitude de vie. Moi, en ce moment, je suis fière de suivre mon régime sans trop craquer. Quand j’arrêterai de fumer, je serai fière de moi aussi. Quand j’arrêterai le café… euh non, ça, je peux pas. Mais bon, si se débarrasser d’une addiction ne semble pas changer la vie en soi, ce qui compte, c’est la nouvelle confiance en soi qui naît de ça. J’ai de la volonté, je suis forte, j’y arrive. Si en plus, ça me permet d’arrêter de fumer, c’est plutôt pas mal, non ?

Super attachée de presse

Bon, tu me connais, lecteur, je suis la modestie réincarnée, jamais je ne me vante ni ne me la pète. D’ailleurs, c’est pour ça que je ne raconte jamais rien qui puisse me mettre en valeur, ici. Donc aujourd’hui, je vais te raconter en toute modestie ma fonction d’attachée de presse.

Jusqu’à mon dernier stage, je n’avais jamais envisagé de me pencher sur les relations presse. Parce que, moi, j’ai une formation de journaliste, pas d’attachée de presse. Je ne suis pas une reine de la comm et si ce domaine m’intéresse, je le maîtrise pas. Donc, cet été, j’ai dû réaliser un dossier de presse pour l’asso, grande première, c’est un peu fastidieux mais bon finalement, j’y arrive.

Je décide donc de retenter l’expérience avec Modo. Un petit dossier de 6 pages présentant le projet, le synopsis, les gens qui travaillent dessus et un petit papier sur les blogs. Bref, je récupère des listings en ma possession, je fouille sur le net pour trouver des sites susceptibles d’être intéressés par Modo… A l’arrivée, j’envoie pas moins de 1490 mails ! Hé oui, moi, quand je fais un truc, je le fais pas à moitié ! Evidemment, sur le lot, très (mais alors très) peu de réponses mais c’est tout le temps comme ça.


Pour avancer sur notre projet et trouver un max de soutien, Gildas a eu une idée : faire des interviews de blogueurs. Pourquoi donc te demandes-tu, lecteur. Ben, on veut faire un film sur l’univers du net et des blogs, ça paraît logique de faire parler ceux qui en font partie ! Donc l’idée est lancée et je me lance : j’envoie 19 demandes d’interviews, je reçois pas mal de réponses positives. La plupart se font par mail, les blogueurs n’étant pas tous parisiens. Mais pour quatre d’entre elles, je les ai faites en live. Jeudi, j’ai donc eu Sarkophage au téléphone (y a déjà l’interview sur le blog Modo), un bon petit moment de papote.


Mais vendredi, tout s’enchaîne et c’est parti pour trois jours de « je touche pas pied par terre ». Vendredi midi, j’avais donné rendez-vous à Sab pour déjeuner le midi, histoire nous remettre à jour niveau potins et langue de putage. A 14h30, alors que je la quitte, Gauthier nous rejoint donc je le prends sous le bras pour faire quelques courses. Là, je décide de repartir chez moi mais il me fallait une carte orange. Oui, je marche encore au coupon, moi, et il faut en acheter un tous les mois, ce que j’oublie toujours. Là, lecteur attentif, tu dois te dire : « mais comment est-elle venue en ville si elle avait pas acheté sa carte ? ». Je te félicite pour ta perspicacité. En fait, j’ai pas fait gaffe quand j’ai pris le train et quand je voulais prendre le RER, je me suis glissée sans le faire exprès entre le tourniquet et le portique, donc je me suis retrouvée dans la station sans payer. Pour sortir, j’ai demandé à un jeune homme si je pouvais me coller derrière lui, il a accepté, curieusement ! Bon, bref, il est 15h15, je commence à faire la queue au guichet automatique de Châtelet. Ca avance pas du tout,c’est d’un pénible, ça m’énerve. Le couple devant moi se retrouve devant l’écran, ils jonglent avec les cartes bleues, je soupire. Là, le mec se retourne et m’informe « ça marche plus, ça fait la 3e carte bleue refusée ! ». J’essaie à mon tour. Oui, c’est vrai. Donc, c’est parti pour faire la queue au guichet avec des madames en vrai. Le mec du couple lui indique que le guichet automatique ne marche plus. « Oui, on sait ! ». « Ben, vous mettez pas un papier pour informer les gens ? » « Ah bon, y en a pas ? ». Il n’empêche que personne n’est allé en mettre un… Bon, bref, je repars chez moi vers 15h35. A 16h, je rentre, jette mes fringues au sol et prend une douche. Oui parce que j’ai rendez-vous à 18h à l’autre bout de Paris. Hé oui, ma journée de taf commence ! 18h, j’arrive sur le lieu du rendez-vous, Gildas est déjà là avec une petite journaliste (je dis ça de façon affectueuse parce qu’elle est très grande en fait) qui va nous interviewer ! Héééééééééé oui ! Même pas une semaine qu’on a lancé notre campagne qu’on décroche déjà une interview dans… dans… la version web de Métro. Bon, on répond aux questions, Gildas sur la partie projet de film, moi sur la comm. Bon, j’espère qu’on n’a pas été trop pénibles à interviewer car on partait un peu dans tous les sens. En tant que journaliste, je devrais avoir honte. On repart joyeusement tous les trois puis je les abandonne pour prendre le RER, direction St Michel. Je pose mon petit cul dans le RER, il part et là, j’arrive à la Gare du Nord… Heu, c’est pas là que je dois aller ! Donc je repars en sens inverse car j’ai rendez-vous avec un blogueur pour une interview. En fait, c’est un blogueur que je lis depuis longtemps, j’étais curieuse de le rencontrer… Enfin, à 20h30, je me retrouve en présence de M. le chien himself ! Bon, j’ai promis de pas dire à quoi il ressemblait mais je peux vous dire qu’on a passé une délicieuse soirée, même si le petit jeune homme avec nous n’a pas pu en placer une ou presque, le pauvre ! Je rentre chez moi à 1h en taxi.


Samedi, lever à 8h50 pour une réunion à Bastille à 10h pour un webzine sans rapport à Modo, une réunion préliminaire pour monter le truc. D’ailleurs, à un moment, je chemine avec Valéry dans la rue, on va chez le vice-président de notre future asso. Alors qu’on chemine dans la rue, un mec se pose devant moi et me tend la main en me saluant, je le dévisage, interloquée : c’est qui ? Ah, c’est le dit vice-président ! Non parce que quand un mec que je connais pas me salue dans la rue, je suis un peu sur la défensive. A midi, je pars à Montparnasse rejoindre ma sœur et mon papa, de passage à Paris, pour un déjeuner en famille. A 14h35, je repars vers Place d’Italie pour interviewer un autre blogueur (Badstrip). Je vois le gars arriver et là, une petite voix dans ma tête me dit : « mais putain, tu le connais ! ». Mais lui me reconnaît pas donc je me dis qu’il doit ressembler à quelqu’un. Le problème, c’est que je suis extrêmement physionomiste donc des fois, je peux croire reconnaître quelqu’un car il me fait penser à quelqu’un d’autre. Bon, on papote trois bonnes heures puis, en repartant, à un moment, il me parle de Game One (la chaîne des jeux vidéos) et là, ça fait tilt dans ma petite tête : mais oui, je l’ai vu lors du tournage de France Five sur les Champs ! Ah, je le savais ! Je rentre chez moi, j’appelle ma maman puis Gauthier m’appelle « tu fais quoi ce soir ? » et je lui sors un mirifique : « rieeeeeeeeeeeeeen ! ». Finalement, j’ai passé la soirée entre MSN (sorry Marine adorée !) et le téléphone, suis restée en ligne deux heures et demi avec miss Lucie.

Dimanche, c’est plus calme, j’ai encore une interview de blogueur à 17h30 à la Gare de Lyon. Je retrouve donc Jean-Christophe Bataille, blogueur que je lis depuis le départ et qui me lit aussi, c’est marrant de se rencontrer. Bon, on papote, on fait l’interview et on se quitte à 19h30. Là, j’appelle Gauthier et l’invite au resto (j’ai plein de sous de rab ce mois-ci). Et là, les deux épaves en action, on est affalé sur notre table, on parle à 2 à l’heure avec de gros blancs. Finalement, on sort du resto à 21h et quelques avec une seule envie : aller se coucher !

Bon, cette semaine, c’est plus calme mais quel week-end ce fut les amis !

Super attachée de presse

Bon, tu me connais, lecteur, je suis la modestie réincarnée, jamais je ne me vante ni ne me la pète. D’ailleurs, c’est pour ça que je ne raconte jamais rien qui puisse me mettre en valeur, ici. Donc aujourd’hui, je vais te raconter en toute modestie ma fonction d’attachée de presse.

 

Jusqu’à mon dernier stage, je n’avais jamais envisagé de me pencher sur les relations presse. Parce que, moi, j’ai une formation de journaliste, pas d’attachée de presse. Je ne suis pas une reine de la comm et si ce domaine m’intéresse, je le maîtrise pas. Donc, cet été, j’ai dû réaliser un dossier de presse pour l’asso, grande première, c’est un peu fastidieux mais bon finalement, j’y arrive.

Je décide donc de retenter l’expérience avec Modo. Un petit dossier de 6 pages présentant le projet, le synopsis, les gens qui travaillent dessus et un petit papier sur les blogs. Bref, je récupère des listings en ma possession, je fouille sur le net pour trouver des sites susceptibles d’être intéressés par Modo… A l’arrivée, j’envoie pas moins de 1490 mails ! Hé oui, moi, quand je fais un truc, je le fais pas à moitié ! Evidemment, sur le lot, très (mais alors très) peu de réponses mais c’est tout le temps comme ça.

Pour avancer sur notre projet et trouver un max de soutien, Gildas a eu une idée : faire des interviews de blogueurs. Pourquoi donc te demandes-tu, lecteur. Ben, on veut faire un film sur l’univers du net et des blogs, ça paraît logique de faire parler ceux qui en font partie ! Donc l’idée est lancée et je me lance : j’envoie 19 demandes d’interviews, je reçois pas mal de réponses positives. La plupart se font par mail, les blogueurs n’étant pas tous parisiens. Mais pour quatre d’entre elles, je les ai faites en live. Jeudi, j’ai donc eu Sarkophage au téléphone (y a déjà l’interview sur le blog Modo), un bon petit moment de papote.

Mais vendredi, tout s’enchaîne et c’est parti pour trois jours de « je touche pas pied par terre ». Vendredi midi, j’avais donné rendez-vous à Sab pour déjeuner le midi, histoire nous remettre à jour niveau potins et langue de putage. A 14h30, alors que je la quitte, Gauthier nous rejoint donc je le prends sous le bras pour faire quelques courses. Là, je décide de repartir chez moi mais il me fallait une carte orange. Oui, je marche encore au coupon, moi, et il faut en acheter un tous les mois, ce que j’oublie toujours. Là, lecteur attentif, tu dois te dire : « mais comment est-elle venue en ville si elle avait pas acheté sa carte ? ». Je te félicite pour ta perspicacité. En fait, j’ai pas fait gaffe quand j’ai pris le train et quand je voulais prendre le RER, je me suis glissée sans le faire exprès entre le tourniquet et le portique, donc je me suis retrouvée dans la station sans payer. Pour sortir, j’ai demandé à un jeune homme si je pouvais me coller derrière lui, il a accepté, curieusement ! Bon, bref, il est 15h15, je commence à faire la queue au guichet automatique de Châtelet. Ca avance pas du tout,c’est d’un pénible, ça m’énerve. Le couple devant moi se retrouve devant l’écran, ils jonglent avec les cartes bleues, je soupire. Là, le mec se retourne et m’informe « ça marche plus, ça fait la 3e carte bleue refusée ! ». J’essaie à mon tour. Oui, c’est vrai. Donc, c’est parti pour faire la queue au guichet avec des madames en vrai. Le mec du couple lui indique que le guichet automatique ne marche plus. « Oui, on sait ! ». « Ben, vous mettez pas un papier pour informer les gens ? » « Ah bon, y en a pas ? ». Il n’empêche que personne n’est allé en mettre un… Bon, bref, je repars chez moi vers 15h35. A 16h, je rentre, jette mes fringues au sol et prend une douche. Oui parce que j’ai rendez-vous à 18h à l’autre bout de Paris. Hé oui, ma journée de taff commence ! 18h, j’arrive sur le lieu du rendez-vous, Gildas est déjà là avec une petite journaliste (je dis ça de façon affectueuse parce qu’elle est très grande en fait) qui va nous interviewer ! Héééééééééé oui ! Même pas une semaine qu’on a lancé notre campagne qu’on décroche déjà une interview dans… dans… la version web de Métro. Bon, on répond aux questions, Gildas sur la partie projet de film, moi sur la comm. Bon, j’espère qu’on n’a pas été trop pénibles à interviewer car on partait un peu dans tous les sens. En tant que journaliste, je devrais avoir honte. On repart joyeusement tous les trois puis je les abandonne pour prendre le RER, direction St Michel. Je pose mon petit cul dans le RER, il part et là, j’arrive à la Gare du Nord… Heu, c’est pas là que je dois aller ! Donc je repars en sens inverse car j’ai rendez-vous avec un blogueur pour une interview. En fait, c’est un blogueur que je lis depuis longtemps, j’étais curieuse de le rencontrer… Enfin, à 20h30, je me retrouve en présence de M. le chien himself ! Bon, j’ai promis de pas dire à quoi il ressemblait mais je peux vous dire qu’on a passé une délicieuse soirée, même si le petit jeune homme avec nous n’a pas pu en placer une ou presque, le pauvre ! Je rentre chez moi à 1h en taxi.

Samedi, lever à 8h50 pour une réunion à Bastille à 10h pour un webzine sans rapport à Modo, une réunion préliminaire pour monter le truc. D’ailleurs, à un moment, je chemine avec Valéry dans la rue, on va chez le vice-président de notre future asso. Alors qu’on chemine dans la rue, un mec se pose devant moi et me tend la main en me saluant, je le dévisage, interloquée : c’est qui ? Ah, c’est le dit vice-président ! Non parce que quand un mec que je connais pas me salue dans la rue, je suis un peu sur la défensive. A midi, je pars à Montparnasse rejoindre ma sœur et mon papa, de passage à Paris, pour un déjeuner en famille. A 14h35, je repars vers Place d’Italie pour interviewer un autre blogueur (badstrip). Je vois le gars arriver et là, une petite voix dans ma tête me dit : « mais putain, tu le connais ! ». Mais lui me reconnaît pas donc je me dis qu’il doit ressembler à quelqu’un. Le problème, c’est que je suis extrêmement physionomiste donc des fois, je peux croire reconnaître quelqu’un car il me fait penser à quelqu’un d’autre. Bon, on papote trois bonnes heures puis, en repartant, à un moment, il me parle de Game One (la chaîne des jeux vidéos) et là, ça fait tilt dans ma petite tête : mais oui, je l’ai vu lors du tournage de France Five sur les Champs ! Ah, je le savais ! Je rentre chez moi, j’appelle ma maman puis Gauthier m’appelle « tu fais quoi ce soir ? » et je lui sors un mirifique : « rieeeeeeeeeeeeeen ! ». Finalement, j’ai passé la soirée entre MSN (sorry Marine adorée !) et le téléphone, suis restée en ligne deux heures et demi avec miss Lucie.

Dimanche, c’est plus calme, j’ai encore une interview de blogueur à 17h30 à la Gare de Lyon. Je retrouve donc Jean-Christophe Bataille, blogueur que je lis depuis le départ et qui me lit aussi, c’est marrant de se rencontrer. Bon, on papote, on fait l’interview et on se quitte à 19h30. Là, j’appelle Gauthier et l’invite au resto (j’ai plein de sous de rab ce mois-ci). Et là, les deux épaves en action, on est affalé sur notre table, on parle à 2 à l’heure avec de gros blancs. Finalement, on sort du resto à 21h et quelques avec une seule envie : aller se coucher !

Bon, cette semaine, c’est plus calme mais quel week-end ce fut les amis !

Elle était de ces femmes

Par Lucas


 Nous sommes en 1994 et Kristin Scott Thomas lévite dans Quatre Mariages et Un Enterrement. Vous souvenez-vous ?
Mais oui… Bien sur que oui ; vous vous en souvenez. Le personnage de la noble Fiona, aux antipodes du snobisme, diaphane et princière. Kristin Scott Thomas jouait ce rôle à la perfection, insupportable d’aristocratie, racée, sublimée par la glace bleutée de ses postures altières. La phrase scalpel, les remarques acerbes, les regards de vipères : oui, elle était insupportable. Insupportablement belle. Mon adolescence et moi sommes sortis du cinéma, la bouche ouverte, songeur. Elle avait 34 ans, j’en avais 15, j’étais amoureux.
 

NB : si toi aussi lecteur tu n’en peux plus de la tonalité niaise des articles de Lucas, tu peux demander son transfert sur un kikoolol skyblog. N’hésite surtout pas, les comm’ c’est fait pour ça aussi.

 

Je me faisais la remarque l’autre jour, au resto, après que des copines et moi ayons lâché quelque putasserie sur une nana, une blondasse de 23 ans qui sort avec un
quadra.

Je me faisais encore la remarque hier soir en écoutant Philippe Labro nous parler de son dernier bouquin, Franz et Clara, un livre qui raconte l’histoire d’amour entre un enfant de 12 ans et une jeune femme de 20 ans. Cette remarque, elle tient en une question : Pourquoi sommes-nous circonspects, en amour, quand la différence d’age est importante ?

 

Qu’est ce qui nous gêne dans une histoire où les deux amoureux ont 10 ou 20 ans d’écart ? Le fait que l’un vieillisse trop vite et que le bel amour finisse un jour
? Le fait que les envies ne soient plus les mêmes au bout de quelque temps ? Le fait que le plus jeune découvre un jour que son alter ego est devenu une vieille peau et qu’il y ait rejet ? Serait-ce cette crainte qui pousse à refuser la relation ?  Et alors ? S’il y a rejet justement, il y aura eu tout de même des moments heureux. Pourquoi ne pas les chérir et envoyer chier les gens qui bavent leurs « on te l’avait bien dit« .

 

En effet, quand j’en parle avec des vingtenaires (jeunes ou moins jeunes) j’ai l’impression que nous sommes déjà de vieux reacs aigris jetant un regard acide sur des amoureux heureux. On voit le mal partout. On associe la jeunesse à la naïveté « il est avec elle pour son cul, il n’en a rien faire d’elle, elle est trop naïve ». Bon d’accord, mais si elle est heureuse comme ça ? On va peut être la laisser, non ? A croire qu’à 20 ans passés, on refuse les amours insouciantes. L’amour serait donc une chose trop sérieuse pour qu’on se permette une aventure avec quelqu’un de plus âgé, une aventure audacieuse et intense, qui sorte peut-être de l’ordinaire… Vas y, paye ta quête d’absolu.

 

Pour ma part, samedi, j’ai croisé Kristin Scott Thomas, Avenue Victor Hugo. Elle m’a vu et m’a plus ou moins reconnu. Dans son français parfait de parisienne de vingt cinq ans, elle m’a demandé si je n’étais pas le fameux Lucas des Vingtenaires. J’ai souri et je lui ai pris le bras pour mieux faire glisser ma main vers la sienne. Vous n’imaginez pas comme il est difficile de cacher sa maladresse et son émotion derrière des gestes doux mais qu’on souhaite déterminés. A-t-elle vraiment été dupe ? Je ne pense pas. Elle a bien senti le tremblement de mes doigts sur sa peau… Pour autant, elle a été surprise… Etonnée tout d’abord, intriguée ensuite, joueuse enfin. A tel point qu’elle m’a laissé faire, souriante, sans poser de questions, ne sachant pas vraiment si cette situation était ridicule ou magique. Peut-être les deux. Mon regard a su faire taire en elle les hésitations et j’ai déposé un bisou « juste
assez »
dans son cou. Un toucher léger, juste assez câlin pour lui faire oublier toute velléité de fuir, un toucher qui ne soit pas trop tendre non plus pour éviter qu’elle ne se
laisse trop aller. Un bisou doux, sur le fil, un bidoux qui l’a laissée sereine tant elle goûtait pleinement au surréalisme de la situation. Petit îlot de tendresse sur le trottoir sombre de
l’avenue. Entrelacement de sensations et sentiments contradictoires, des incertitudes bouillonnantes et enivrantes. Je me suis extrait des effluves de son parfum et elle m’a souri. Puis elle a
pris mon bras et nous avons marché jusqu’à chez elle.