Moi, Audrey, 27 ans, vit seule avec mon chat

(Intro de Nina : Audrey est donc un personnage fictionnel, une sorte de Carrie Bradshaw sauf que je vais faire en sorte que vous n’ayiez pas envie de lui coller des tartes. Comme je débute l’expérience, n’hésitez pas à me donner votre avis, même négatif. Mais on me le dit gentiment quand même, hein. Puis sinon, j’avais la flemme de vous écrire un article de Noël et je vous saoulerai de mes bilans et bonnes résolutions un peu plus tard. De rien)

J’ai longtemps cru que la vie était d’une linéarité à toute épreuve. La route est belle et dégagée et dès que tu es sur une ligne droite, t’appuies sur le champignon en laissant tes cheveux se balader au vent. Mais, alors que j’étais sur ma belle lancée, sans que je comprenne rien, un arbre a surgi sur la route et je m’y suis plantée avec force.
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Cet arbre, c’est Benoît. Mon ex. J’ai mis 4 mois à l’appeler ex et non plus « mon copain ». Ca s’est passé un soir fin avril, c’était un mardi, on revenait d’une semaine de vacances au Pays Basque qui ne s’était pas très bien passées. Benoît s’était montré particulièrement taciturne mais j’ai cru que c’était lié au mauvais temps qui nous avait cloué dans l’appart qu’on avait loué une bonne partie du séjour, à mater tous les DVD qu’on avait pu louer à la borne voisine. J’avais suggéré une autre activité à réaliser en duo, plutôt sans vêtements mais il n’était curieusement pas très motivé. Ce mardi soir là, il arriva, la mine déconfite et me dit « Audrey, faut qu’on parle ». Comme une grosse truffe, je n’ai pas vu le coup venir, j’étais toujours sur ma route dégagée. « Je crois qu’il faudrait qu’on se sépare ». Voiture écrabouillée contre l’arbre, moteur fumant, enjoliveurs qui vivent désormais leur propre vie sur cette belle route qui n’est désormais plus mienne. Voilà, il voulait qu’on se sépare. Ce n’était pas de ma faute et je ne méritais pas ça. Mon cher, si je  le méritais pas, suffisait de pas me larguer, c’était pas bien compliqué ! Non mais ça m’énerve, ces ruptures en caresses dans le sens du poil. Je m’en fous de tes fadaises sur le fait que je suis incroyable et que je mérite le meilleur et autres merdes prémâchées par tous les films ou séries comprenant une scène de rupture. De toute façon, mon cerveau a buggé suite au mot « sépare » donc pour le reste, ça te donne bonne conscience à toi mais moi, j’ai toujours autant envie de vomir. J’entends au loin tes vagues explications sur le fait que tu ne le sens plus, que tu ne sais plus, que tu es perdu mais que tu as trouvé que c’était la meilleur issue. Je t’entends comme si j’étais sous l’eau, j’essaie de comprendre et, de façon étrange, je suis envahie de pensées pragmatiques. Comment va-t-on faire pour l’appart ? Notre nid d’amour dont le bail est paraphé de nos deux signatures ? Oui, je suis sous le choc, mon cerveau s’accroche aux menus détails pour ne pas voir ma vie en train de s’effondrer. 4 ans d’amour qui se stoppent en une phrase, la violence.

Quarrel between men and women

Et puis le mensonge. Si Benoît me quittait, ce n’était pas simplement car il ne m’aimait plus, c’est surtout qu’il en aimait une autre. Enfin, aimer… Comme dirait ma copine Souria, il l’aimait surtout avec sa bite. L’autre, la rivale, finit par avoir un prénom. Aurélie. Il m’avait trompée (car oui, il avait d’abord testé la marchandise pendant quelques mois avant de la choisir) avec une fille avec un prénom si banal que ça me donnait envie de pleurer. Je l’avais repérée dans ses amis Facebook, toujours à liker toutes les inepties qu’il postait, ses photos de kéké absolu, d’abruti notoire, de « mais comment j’ai pu être amoureuse de ce type là. Ah ben quand on dit que l’amour est aveugle. Mais c’est qui cette sale pétasse qui n’arrête pas de liker et commenter ses statuts ? Elle est moche et trop conne en plus ». Il faut savoir que si l’amour rend aveugle, le désamour rend particulièrement hargneux.

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Bref, mon ancienne vie s’est arrêtée il y a 9 mois et un jour, j’ai dû accoucher d’une nouvelle moi et ça s’est pas vraiment fait dans la joie et la bonne humeur. Parce que le deuil d’une rupture unilatérale, c’est une belle saloperie. Heureusement, j’ai mes copines. Et de gros besoins en sommeil. Je suis Audrey, j’ai 27 ans et depuis 9 mois, je vis seule avec un chat, symbole de ma nouvelle vie.

Petite drague en famille

Sur les sites de rencontre, on veut quand même être sûr qu’il n »y a pas tromperie sur la marchandise donc tu es prié d’indiquer ton statut marital et le nombre d’enfants en ta possession. Comme ça, direct, pan ! T’as même pas pu faire découvrir à ton date ta passion pour le ukulele et ton envie de découvrir l’Arctique en kayak (parce que moi, j’aimerais bien quand j’aurai réglé la question du froid) que déjà, ton rencard sait que tu es déjà passé devant le Maire et que ça s’est mal fini et qu’en plus, un de tes spermes a un jour fécondé un ovule.

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Jouer carte sur table, c’est bien. On ne cache pas à son nouveau flirt un ex conjoint ou quelques enfants que l’on garde une semaine sur deux. Seulement, il y a des façons de l’amener et le balancer d’entrée de jeu, avant même son prénom vu que la plupart évoluent sous pseudo, ça casse un peu la (pseudo) magie de la rencontre. Non mais imaginez, « salut, je te dis pas mon prénom mais sache que j’ai déjà subi une grosse rupture qui s’est réglé devant un juge » ou « salut, on se connaît pas mais j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle pour toi. La bonne, c’est que si tu veux te reproduire, je suis fertile. La mauvaise, c’est que j’aurai toujours mon ex dans les parages vu qu’on a un peu mélangé nos gênes. On va boire un café ? ». Là, comme ça, ça casse une ambiance quand même.

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Bien sûr, il faut de tout et je suppose que pour certains, récupérer un coeur brisé est une perspective excitante, panser les plaies, ça peut plaire. Moi même, je suis un peu (beaucoup) une soignante. Je ne cours pas avec les divorcés pour autant, ça me fait même un peu fuir (même si un divorcé, il me saoulera pas pour qu’on se marie, à priori) mais c’est pas non plus absolument éliminatoire. Par contre, le statut « séparé » me fait frémir. Parce que bon, pourquoi t’es pas divorcé ? Parce que c’est en cours et que c’est pas prononcé ou parce que tu es juste séparé d’elle mais qu’au moins l’un d’entre vous ne veut pas écrire le mot « fin » au bas d’un papier administratif vous rendant chacun votre liberté ? Non parce que les retours de flamme, pour la 3e personne, ça a surtout des airs de backdraft… Carbonisé ton coeur, hop !

Backdraft

Puis les enfants. Alors si tu as décidé de ne pas envahir le monde de ta descendance, c’est plutôt une bonne nouvelle : y a déjà un mini lui ou elle, il/elle te saoulera peut-être pas trop pour en avoir un de plus. A moins de tomber sur un reproducteur abusif ou le gourou d’une secte qui cherche sa 58e compagne mais là, ce serait pas de bol. Par contre, si tu as le désir fou d’avoir des enfants à toi, faut vérifier les paramètres dès le départ : est-ce qu’à un moment, tu envisages d’en avoir un autre ou l’usine à bébé est définitivement fermée ? Le truc peut évidemment évoluer, hein, ne préjugeons pas. Cependant, la vraie question est « es-tu prêt-e à rentrer dans la parentalité sans préparation ? ». Non parce qu’un enfant que tu fabriques, t’as 9 mois pour t’y préparer. Un enfant que tu choisis d’adopter, t’en as pour pfiou la la ! Mais là, tu vas prendre un verre avec un-e inconnu-e, ça matche et bam, tu récupères un compagnon de route et un enfant. Surprise ! Et encore, dans le meilleur des cas, y en a qu’un…

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Alors, faut-il livrer son livret de famille dès ton inscription sur le site ? J’hésite. Parce que si, « dans la vraie vie », tu peux rencontrer une personne qui te plaît et apprendre ensuite qu’il-elle fut uni par les liens sacrés du mariage et a même une progéniture sans que ça t’effraie. Si tu le sais avant même d’avoir adressé la parole à cet-te inconnu-e, la règle du jeu risque de ne plus être la même.

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Après les vacances de Noël, nous nous poserons cette cruelle question : doit-on assumer ou cacher son tabagisme, si on en a un ?

Bonnes fêtes mes lecteurs d’amour (et même mes lecteurs de haine s’il en reste, je ne suis qu’amour)

Mon petit labo

Bienvenue dans mon petit labo ! A l’origine du blog était l’envie de garder un lien avec ma vie toulousaine. Je pris mon clavier et j’impliquais mes amis dans un projet commun sans trop leur demander leur avis : un Sex and the city parisiano-toulousain avec des filles et des garçons célibataires qui aiment les hommes. Au départ, on parlait liaisons foireuses, les prénoms et les plans culs s’enchaînaient vitesse grand V.

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Puis la vie, la vraie comme on dit, a pris le dessus. Des amitiés qui partent en lambeau, une adolescence définitivement terminée. Les galères, le chômage, ce truc qu’on ne pensait jamais côtoyer car on nous avait dit qu’on était les meilleurs et on l’a cru. Avec mon diplôme, j’ouvrirai toutes les portes du monde, c’est mon directeur de master Tintin Hondelatte qui l’a dit. Un an et demi après avoir obtenu ma clé foireuse, je braquais presque par hasard une porte et je pénétrais l’univers tout neuf du community management. Ma vie a changé : fini le chômage, fini les journées à chouchouter son blog entre trois envois de CV et deux entretiens. Petit à petit, la machine ralentit et se grippe : l’article quotidien devient intenable. Alors je ne le tiens plus.

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Et là, de la libération de la contrainte naît le grand n’importe quoi. Des longues séries comme la chômagie à peu près suivie ou les « où rencontrer l’homme » qui muteront en l’avortée série « où draguer« , une histoire d’amour qui n’a jamais dépassée la première nuit, un mariage bien mené même si j’ai oublié quelques éléments, la recherche de l’amour sur les sites de rencontre qui n’a pour l’heure pas dépassé la fiche d’inscription (mais faut avouer que c’est une étape salement fastidieuse). Des coups de gueule, des coups de coeur, des petites histoires de tatie Gaga. Parler de tout, de rien, tenter d’éditorialiser puis lâcher pour se laisser aller. S’essorer le cerveau pour en faire couler les mots. Parce qu’au fond, derrière tout ça, il y a cette envie, ce besoin : écrire. Ecrire, écrire. Tenter des styles, des phrases, taper sur le clavier comme d’autres tapotent les touches d’un piano. Je ne suis pas musicienne, je n’y comprends pas grand chose en musique, je ne fais que reproduire les chants que j’aime, j’ai frotté quelques cordes de violoncelle par le passé mais de là à créer… De la même façon, je tricote, je couds parfois, je noue des fils de couleur pour faire du bracelet brésilien ou du macramé. Mais mon vrai talent, ma meilleure façon de créer, c’est l’écriture.

Mon labo d'écriture

Quand j’étais en 6e, nous avons appris en cours en catéchisme la parabole du talent : un riche propriétaire part Dieu seul sait où et donne un talent à chacun de ses serviteurs pour qu’ils le gardent au chaud. Deux l’investirent, le 3e l’enterra. Moi, j’ai naïvement cru que c’était le 3e qui avait bien agi car il avait obéi mais non, ce sont les 2 autres car ils ont fait fructifier leur talent (oooooh, talent/talent, quelle subtile métaphore). Mon cousin, qui était dans un autre groupe, s’exclama alors « ça, c’est ma cousine ! Elle a que des bonnes notes mais elle fait jamais ses devoirs ». Merci la balance hein (mais il avait raison). Du coup, je me dis qu’en attendant de sortir de ma procrastination crasse qui me fait abandonner tous mes romans au bout d’une quarantaine de pages au mieux, je vais faire évoluer mon talent. J’écris. Et quoi de mieux que mon blog, après tout. J’enfile les mots comme des perles, je tisse mes phrases, je construis mes paragraphes. Je ne joue pas le jeu de la blogo en racolant auprès des marques et des « influenceurs »pour choper invites et backlinks. De toute façon, j’ai même pas mis de pub sur le blog et j’arrive déjà pas à voir tous les gens que j’ai envie de voir donc perdre des soirées à faire des sourires à des gens que je n’apprécie pas pour la plupart, à qui je n’ai rien à dire. En faire un business pourquoi faire ? Ah oui, si je travaillais mon réseau plus sérieusement, mes réseaux sociaux, que je reboostais un peu tout ça, j’aurais une super vitrine pour le jour où je finirais d’écrire un truc pour le balancer aux éditeurs, je pourrais sortir un « livre tiré de mon blog ». Peut-être. Mais vu que je passe mes journées à pimper les réseaux sociaux de mes clients, vous comprendrez que j’ai du mal à faire de même le soir sur mes propres réseaux.

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Bref, mon blog est finalement devenu mon labo d’écriture. Je teste les styles. Quand je relis mes premiers articles, il y a 8 ans (bam), c’est le jour et la nuit et ce à tous les niveaux. J’ai grandi, j’ai muté. En mieux ou en pire, ça dépend de là où on place le curseur, je suppose. Mes péripéties deviennent de plus en plus anecdotiques. Je parle un peu de mon job, beaucoup de mes voyages, quasi plus de mes amours ou de mes histoires de fesses. Et là, je me dis… et si je retentais l’aventure ? Reprendre la base, pour voir… Je vous explique ça prochainement.

Je drague avec mon estomac

Si les sites de rencontres nous posent parfois d’étranges questions et semblent plus curieux que les flics de New York Police je sais pas quoi, certaines ne sont pas si connes. Bien entendu, il est toujours un peu étrange d’en savoir plus sur un(e) inconnu(e) que sur certains de nos amis « de la vraie vie » mais bon. Donc aujourd’hui, penchons nous sur cette cruciale question « quel est votre régime ? ».

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Comme les sites de rencontres se doutent qu’au bout de 38 questions, vous fatiguez un peu, ils vous proposent gentiment de vous contenter de cocher des cases pour répondre. Oui, c’est sans doute assez triste de tous nous faire rentrer dans des petites cases mais là n’est pas le débat (du moins pas aujourd’hui). Donc on nous propose gentiment d’indiquer notre régime alimentaire. Tu manges hallal, kasher, végétarien ou tu manges de tout ? Oui, voilà, t’as pas hyper le choix. Parce que bon, moi, je mange de tout mais j’aime pas les endives, le roquefort et le foie et je me passe volontiers de mayo-ketchup-moutarde-cornichons. Mais ça, y a pas. T’es pas végétarienne ? Tu manges pas kasher ? Ben tant pis pour toi, y a rien pour les filles qui n’aiment pas les endives et le roquefort. Ah et le bleu aussi. Bref, tu choisis ta case et tu te tais, merci bien.
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Pourtant, cette info n’est pas si inintéressante que ça. Anecdote ! Il y a quelques années (2011 ?), une désormais ancienne collègue nous raconta une histoire de rendez-vous. Premier rencard, son gentil date décida de l’amener dans un restaurant spécialisé dans la boucherie. Sympa sauf que notre amie, sans être végétarienne, n’était pas particulièrement fan de bidoche et ne garde pas un merveilleux souvenir de son premier rencard. Bon faut dire que jamais j’organiserais un premier rendez-vous dans ce type de resto sauf si le gars me parle de son amour pour la viande !
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Faut dire que niveau alimentaire, on peut facilement commettre un faux pas. Je me souviens du premier rencard « resto » avec Prince-charmant-devenu-crapaud, on se balade dans le quartier à la recherche d’un resto et je lui dis « ah tiens, là, je sais qu’ils font de bons burgers » et il me répond contrit « oui mais j’aime trop ça ». On finit par trouver un autre resto et là, il m’avoue qu’il est végétarien. Apparemment, en Italie, c’est un peu honteux… De la même façon, cet été, j’ai eu droit à l’intolérant au gluten et à l’Anglais qui n’aime pas trop trop la cuisine française. Mince, moi qui voulais l’amener à l’auberge aveyronnaise, c’est loupé.
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Donc, oui, pour une fois, on obtient une information importante. Parce que si personne ne vous en voudra à mort de proposer un resto où la bouffe ne convient pas, ça gâche quand même légèrement la soirée. Ou alors on zappe la case bouffe pour savourer ensemble un verre, ça évite tout faux pas.
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En attendant, ça s’appelle comment, alimentairement parlant, les gens qui n’aiment pas les fromages pourris et les condiments gras ?

La semaine prochaine, nous parlerons statut familial, mmmm…

Enjoy the silence

Savez-vous ce que j’aime dans la plongée ? C’est le silence. Un silence certes relatif avec le bruit du détendeur mais putain, on est si bien loin du brouhaha. Le bruit me saoule, m’agresse. Le bruit virtuel aussi. Dans l’Internet 2.0, toutes les voix ont leur espace pour s’exprimer. Alors on parle, à tort et à travers. Réfléchir, c’est pour les faibles.

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Il y a quelques années, je lisais en ricanant les commentaires des sites d’actualité en étant fascinée par la connerie de la plupart de ceux qui prennent leur clavier pour nous arroser sans pudeur ni pitié de leur mépris pour l’Autre (l’Autre : les homos, les Arabes, les Noirs, les pauvres, les riches, les gauchistes, les droitistes… Les cons, quoi qu’il en soit). Au début, c’est un peu comme les Confessions intimes et consort, ça fait toujours un peu marrer les abrutis qui viennent nous expliquer leur vision de la vie. Sauf que ça finit par agacer et à mettre franchement mal à l’aise. Parce que ça nous met face à une certaine réalité, une réalité que t’as pas trop envie de voir. Celle où la parole s’étale sans le filtre de la réflexion ou de la logique. Ca s’exprime, ça dégueule les mots même (et surtout) quand ça n’a pas lu l’article. Pour dire que ça les intéresse pas, pour dire qu’ils détestent la personne dont parle l’article, pour dire que les médias nous manipulent, les Illuminatis, les Francs-Maçons, les médias de gauche complices, les médias de droite complices… Eux, au moins, ils ne sont pas dupes.

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Parfois, bien sûr, certains commentaires valent vraiment la lecture, ils ajoutent une information, apportent un témoignage, donnent un nouvel éclairage à l’information. Mais pour un commentaire intéressant, combien de litres de merde fétide ? De « moi, moi, mon opinion et vos gueules, j’ai raison, vous avez donc tort, il n’y a pas d’alternative« . Mais la vraie question que je me pose c’est « pourquoi vous parlez ? ». En tant que lectrice et webzines, je ne commente pour ainsi dire plus, essentiellement parce que je n’ai rien d’intéressant à dire. Si un article me touche ou me paraît intéressant, je le partage, je ne poste pas un « c’était très intéressant », je trouve que ça n’apporte pas grand chose. Si j’ai rien à dire, je ne le dis pas, point. Mais manifestement, je suis un cas rare car quand je lis les comms, je hurle.

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Il y a d’abord les « ce sujet ne m’intéresse pas », « y a plus grave ». Messieurs dames, l’avantage d’un webzine, c’est que, contrairement à leur version papier, il n’y a pas de limite de place. Donc pendant que la rédaction monde va vous pondre un article sur la Syrie (ou pas), la rédaction politique vous parlera de la dernière loi en date, la rédaction économie de la baisse du chômage et la rédaction culture pourra se pencher sur le dernier film à la mode ou sur la fin du phénomène Nabilla. Tant qu’on reste dans les limites du raisonnable et qu’on arrive pas à l’hystérie de remplissage par le vide dont je parlais la semaine dernière, tout va bien. Mais la vraie question est : si ça t’intéresse pas (ce qui est ton droit le plus absolu), pourquoi as-tu perdu une minute de ta vie pour renseigner ton nom, ton mail et écrire un sublime “on s’en fout” ? Re regarde la vidéo de 2 mn pour convaincre qui t’explique que plus y a de comms, plus l’article a des chances d’être bien vu sur Google. Donc ton commentaire inutile pour le quidam moyen le sera par contre pour le journal. En somme, la meilleure façon de montrer qu’on s’en fout pour décourager ce type de sujets, c’est justement de ne poster aucun commentaire.

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Mais surtout, ce qui me paraît plus préoccupant, ce sont tous les dégueulis de haine sans le moindre filtre de réflexion qu’on se mange en permanence, y compris sur des articles qui n’ont rien à voir. Passons encore sur les stériles “Hollande démission” qui semble être “l’argument” ultime de certains droitistes qui le balancent en boucle. Mais là où je commence à avoir de l’urticaire, c’est quand on s’avale tous les « les homosexuels sont des malades », « les Arabes dehors » (ou les Roms, ça marche aussi), je vous sors la version la plus « polie ». A quel moment tu peux sérieusement écrire et poster ça ? Outre le fait que ça ne sert à rien pour le débat mais ça, on n’en est même plus là, je me demande à quel moment tu peux stigmatiser à ce point une population, quelle qu’elle soit, sans réfléchir 30 secondes. C’est quoi un Arabe ? C’est quoi un Rom ? C’est quoi un homo ? Ah oui, oui, on a certes des définitions mais je veux dire, concrètement, est-ce que le fait d’aimer une personne du même sexe que toi fait de toi quelqu’un d’identique à une autre personne aimant une personne du même sexe ? Le fait d’avoir des origines arabes ou roms fait-il forcément d’une personne un délinquant voire un criminel (puisque c’est ce qu’on leur reproche en général)? Les commentateurs te foutent tout le monde dans un même grand sac (poubelle) et hop, virez moi tout ça ! Et ça m’épuise. Vos gueules, par pitié. Si c’est pour taper vos slogans de merde, autant s’abstenir, hein. Toujours dans le négatif, toujours pour gueuler. Les politiques incapables, celui ci qui est con et moche, celle la qui est une vraie pute… Quel formidable crachoir que ces agoras virtuelles où vous vous cachez derrière un écran pour dégueuler votre rejet de l’autre. Pourquoi tant de haine ?

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Les commentaires de journaux en ligne se sont peu à peu transformés en café de commerce version haineuse où l’on énonce l’inaudible en toute impunité. Alors que des lois vous condamnent en cas de racisme ou d’homophobie, là, c’est open bar. Evidemment, on ne peut pas s’amuser à remonter les IP de tous les racistes/homophobes… des internautes qui se défoulent pour leur coller des amendes. Mais de temps en temps, j’avoue que ça me ferait gentiment rigoler et ça permettrait peut-être d’arrêter de polluer les commentaires d’articles où, parfois, sous les tombereaux de merde, se trouve une pépite. Mais perso, j’ai plus envie de chercher.

Le dernier mot sera laissé à Daniel Balavoine qui répondait (très intelligemment) à un raciste en 84-85. Comme quoi, rien ne change.

Le web journalisme ou la culture du vide

Dans ma prime jeunesse, je souhaitais devenir journaliste. Je m’imaginais devant ma machine à écrire puis mon clavier d’ordinateur taper le récit de grandes enquêtes réalisées sur le terrain. Avec le recul, je me rends compte que j’ai jamais vraiment imaginé dans quel domaine j’allais écrire mais c’était la seule certitude : j’écrirai. Puis la vie m’a fait prendre un autre chemin, intéressant mais différent. Et quand je vois la gueule du journalisme en version 2.0, je suis bien contente de pas être tombée dedans.

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Un fait divers se produit. Genre une prise d’otage ou un tireur fou dans Paris. Aussitôt, les journalistes du web doivent vite vite pondre un article pour espérer faire tache d’huile sur la toile et les réseaux sociaux et sortir au plus vite sur Google si quelqu’un les cherche. Du coup, on multiplie les articles et comme on a rien à raconter, on sort désormais des navrants « ce qu’en dit Twitter » en remplissant l’article de copier/coller de tweets en mode « ohlala, trop peur, beuh ! ». Excusez-moi, je vais m’évanouir devant ce contenu à ce point incroyable et pertinent !

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Plusieurs explications à ce phénomène. En un, flatter Dieu Google pour le référencement, je vous invite à découvrir cette super vidéo sur le sujet traitant essentiellement de l’univers des jeux vidéos mais ça marche pour tout le web, en fait. En très gros : on multiplie les articles sur les sujets tendance pour remonter le mieux sur Google et choper plein de googlonautes comme ça, ça fait plein d’affichage sur les publicités et ça rapporte plein de revenus. Ouais ok. Sauf que perso, à l’arrivée, je finis par boycotter ce genre de sites. Si c’est pour lire des tweets que j’ai possiblement déjà vus dans ma timeline, ça ne m’intéresse pas vraiment.

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Autre explication : l’amour du buzz. Alors je vais être honnête : en tant que salariée du web, je ne supporte plus ce mot. On crie au (bad) buzz dès que 30 personnes en parlent, c’est ri.di.cu.le. En général, pour prendre du recul, je me pose cette question « mes parents en entendront-ils parler un jour ? ». Autrement dit, est-ce que ce brouhaha sortira de son petit bout de toile pour passer sur d’autres médias qui conserve la majorité des parts de voix ? Non ? Alors calmez-vous deux minutes sur votre « buzz » qui sort à peine de votre mini cercle connecté. Et encore, je parle de mes parents mais j’ai pas besoin d’aller chercher si loin. Je prends mes amis qui bossent pas dans le web ou même ma soeur qui ne passe pas ses journées sur les réseaux sociaux et voilà, tous ces gens là n’entendent pas parler du dernier tweet crétin de Nadine Morano. D’ailleurs, lisons ce très bon article sur le journalisme tweet, il éclaire bien ce que je raconte.

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Bref, pourquoi envoyer un mec sur un événement quand il suffit de copier-coller des tweets. C’est sûr, ça vous économise le micro-trottoir. Mais quand on demande à des gosses les droits sur une image qu’ils vous donnent alors que l’image ne leur appartient finalement pas, quand on trouve qu’un texte ponctué d’un LOL ou d’un MDR est un contenu intéressant pour un article qui se veut un minimum sérieux. Et encore, je vous parle même pas des sites de « buzz » pur qui balancent tous la même vidéo à 10 mn d’intervalle avec deux minables lignes de texte histoire d’être sûrs d’attirer un max de lecteurs. Vidéo reprise par tous les sites « d’information » histoire de profiter eux aussi des trois lecteurs et demi que ça peut leur rapporter.

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Et ça me gonfle. J’en ai marre de cette paupérisation croissante des contenus. J’en ai marre de vouloir une info sur un événement et tomber sur des trucs creux où on me demande mon avis à la fin, histoire de choper un max de commentaires. Vos gueules, vos gueules. Les journaux en ligne ouvrent en très grands leur colonnes pour publier tout et surtout n’importe quoi, offrant à leurs lecteurs des tribunes leur rapportant des vues et du référencement sans débourser un kopeck. Au mieux, les journalistes improvisés ont un blog et profitent de cet espace de parole pour se faire un peu de pub, au pire… Au pire ils se font baiser dans les grandes largeurs juste pour espérer avoir 30 secondes de cyber gloire. Et tout ça nourrit la machine à produire du vide, du creux, du sans âme. Aujourd’hui, je ne suis pas une journaliste qui copie-colle des captures d’écran. Et j’en suis particulièrement ravie.

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PS : Ne généralisons pas, certains e-journaux conservent une volonté de produire du fond. Par exemple; j’aime beaucoup Slate, c’est mon chouchou et non, j’écris pas dedans, c’est un avis objectif.

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Parfois, remplir un profil de site de rencontre ne peut qu’évoquer une demande de prêt avec un plan sur 30 ans où vous devez démontrer que vous êtes plus clean que l’appart de Monica. On vous demande la couleur de vos yeux, de vos cheveux, votre taille et votre poids, votre style vestimentaire, vos revenus et… votre signe astrologique. Chope-t-on mieux quand on est scorpion ou capricorne ? Enquête !

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Pourquoi ? Pourquoi veut-on connaître mon signe astrologique ? C’est pas que ça me gêne de le donner, je m’en fiche à dire vrai, mais quelle question incongrue quand on y pense. Je veux dire quand je me présente à quelqu’un, je ne donne jamais mon signe astrologique, ce n’est pas quelque chose qui me paraît fondamental. Mais vraiment pas du tout… Non que j’ai honte de mon signe astrologique, juste que ça ne me définit pas en tant que personne. Au mieux, c’est un truc rigolo qui va servir quand une bonne âme lira l’horoscope de 20 minutes à la pause café ou quand on liste les points communs par signe même si on peut se rendre compte qu’on reste sur des généralités. C’est un peu comme quand on était ados et qu’on faisait des tirages de cartes un peu idiots pour savoir ce que ressentait un garçon pour vous. Rien de grave, juste de quoi s’occuper 5 mn.

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Alors pourquoi cette question ? En un sens, je trouve ça quand même un peu pratique : quand je consulte la fiche d’une personne, son signe astrologique me permet de savoir s’il vient d’avoir l’âge qu’il annonce ou s’il va les quitter incessamment sous peu. Non qu’il y ait d’âge éliminatoire, ça me donne juste un élément supplémentaire. Et je vais éviter les mecs qui ont un signe astrologique dont l’anniversaire est dans le mois suivant pour m’éviter de lui offrir un cadeau. Mais non allez, je déconne ! Mais en dehors de ça, pourquoi donc demander cette information ? Ceci étant pourquoi ne pas répondre à cette question à partir du moment où on répond à d’autres ?

Astrologie

Y a-t-il ainsi des signes astros plus sexys que d’autres et d’autres plus honteux ? Pour ma part, je ne ressens pas de fierté ou de honte particulière d’être bélier. Même si ça veut surtout dire que mon anniversaire tombe au printemps, la meilleure saison du monde ou presque. J’aime bien être née en avril parce que c’est un bien joli mois, la plupart du temps : le soleil revient, la nature chante la vie, ça sent bon, on redécouvre les joies de se promener sans mille épaisseurs. Ouiiiii, je sais, en avril ne te découvre pas d’un fil mais quand il fait 20°, j’ai tendance à lâcher ma doudoune. Mais je m’égare. Donc bélier, je suis et ça ne me donne pas l’impression d’être la plus sexy du monde. En face, je reconnais que dans mon classement de mes meilleurs amants, les 4 premières places sont squattées par des scorpions et que certains scorpions que je connais ont un léger souci avec la notion d’organisation et ont une passion absolue pour se trouver une soudaine activité au moment où on a décrété qu’on levait le camp. Genre prendre une douche ou se couper les ongles (exemples vécus). Mais à côté de ça, je suppose que certains scorpions sont mauvais au pieux (j’en ai pas gardé souvenir, je connais pas non plus le signe astro de tous les hommes que j’ai connus) et si je prends Anne ou ma soeur, j’ai jamais noté cette manie de se trouver un truc à faire au moment de bouger (et ma soeur, je la connais depuis 31 ans quand même). Ou quand je vois ma soeur et mon père, tous les deux scorpions, je vois pas bien de traits de caractères similaires permettant de tirer un éventuel portrait du scorpion moyen. Et si j’en reviens à moi qui suis signe de feu ascendant signe de feu, je suis tellement une aquatique que ça vire à l’obsession (prive-moi de piscine et je disjoncte). Et puis par le passé, j’avais une copine très branchée astro qui m’expliquait que tel ou tel signe, c’était super le pied pour elle. Genre les béliers. Moi, les béliers, ils m’ennuient un peu au lit. Jusqu’à l’homme sans statut qui est rentré izy dans le top 10 et aurait pu rentrer dans le top 5 si j’avais pas décidé de le congédier de ma vie pour suspicion de perversion narcissique. Breeeeef, plus je fréquente les hommes, et même les femmes, plus je constate qu’un signe astro ne sert à rien.

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Et pourtant, parfois, je constate que certains ne remplissent pas ce champ mais en remplissent d’autres. Peur d’avoir un signe astro qui dérange ou alors… ceux qui ne le renseignent pas auraient-ils peur de faire fuir un super mystique qui fuit les taureaux/vierges/verseaux… pour des raisons un peu curieuse de type « ils sont trop cons, têtus, mauvais au lit » ? Est-il cohérent de refuser de donner son signe astro par peur d’être éliminé de la course à l’amour ? Doit-on fuir les paranoïaques du « mauvais signe » ou se rappeler que, nous mêmes, on s’en fout ? Tant de questions sur une constellation associée à notre date de naissance, c’est fou fou non ?

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La prochaine fois, nous parlerons régime alimentaire.

L’amour, c’est l’orgueil

En ce moment, j’ai envie de vous parler d’amour, de vous dire des choses tendres… Ou pas vraiment d’ailleurs. Parce que plus j’y pense, plus je me dis que c’est une chose bien étrange, une construction mentale plus qu’autre chose. Quelque chose qui a à voir avec l’orgueil. Laissez-moi donc vous expliquer.

Mental

En 8 ans sur ce blog, j’en ai parlé d’amour, beaucoup. Puis moins. Pourtant, en 8 ans, j’ai été amoureuse parfois, j’ai aimé plus rarement, j’ai eu le béguin, le crush. Parfois, je n’ai pas vraiment d’homme dans ma vie, personne qui ne fait battre mon coeur, plutôt. Parfois, certains restent un peu plus longtemps, je m’attache jusqu’au jour où ça casse et ça fait mal. Comme avec Prince-charmant-devenu-crapaud de l’été dernier. Après 3 mois de douce idylle, patatrac, fin de la romance. Une histoire ordinaire, je sais. Mais comme c’était une goutte d’eau dans mon vase désespérément plein depuis le cataclysme 2011, je suis allée pleurer chez ma naturopathe qui m’a demandé “aimez-vous ce garçon ?”. L’aimais-je ? Je répondis en toute sincérité “je suis amoureuse de l’image que j’ai de lui…”. Puis en creusant, j’ai cru entrevoir ce qui me rendait malheureuse, ce n’était pas tant de perdre un homme dont j’aimais l’image mais la blessure d’orgueil.

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L’amour n’est-il qu’une construction mentale ? Oui, non, je sais pas. Il y a une réalité physique à l’amour, le déluge d’endorphine, l’ocytocine au plafond, ce sont des faits. Cet homme qui squatte mes pensées, jours et nuits, que j’adore et que je hais tout autant, agent hyper réactif de mon humeur qui fait glisser ma cyclothymie vers la bipolarité. Cet homme si charmant que mon cerveau n’arrive pas saisir les nuances de son visage. Je sais pas si ça vous fait ça vous mais moi, quand j’ai un mec dans la peau, j’arrive jamais à redessiner mentalement son visage (alors même que je suis physionomiste, j’ai une mémoire limite photographique). Bref, y a des hommes qui me mettent à l’envers, ok. Mais finalement, pourquoi lui et pas un autre ? Question d’hormone, de compatibilité de peau ? Parce que c’est mon âme soeur, le pot de mon couvercle, la moitié de mon androgyne ? Ou bien est-ce parce que ce garçon que je trouve mignon, sexy, drôle, intelligent, charmant… flatte inconsciemment mon ego ? Blessure d’amour, blessure d’orgueil ?

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Après tout, “réussir” son couple n’est-il pas en soi une condition à la réussite sociale ? Dis comme ça, ça paraît rétrograde mais soyons honnêtes : le célibat paraît toujours un peu suspect. Quand je revois des personnes que je ne fréquente pas régulièrement, j’ai toujours le droit à des « aloooooors, tu as trouvé l’amour ? ». Parfois, ça me démange de répondre une connerie « oui, écoute, je l’ai cherché partout mais il était au fond de mon sac, comme tout ce qui disparaît de chez moi, hihi ». Ou cette terrible question « mais comment ça se fait que tu sois célibataire, toi qui es si merveilleuuuuuse, je comprends pas ». Sans amour, j’en suis forcément victime. C’est pas moi votre honneur, je suis en tout point parfaite, ce sont les hommes qui me veulent du mal après m’avoir fait du bien. Personne n’envisage 30 secondes que le célibat n’est pas une croix. Pour moi, le célibat, c’est la possibilité de faire ce que je veux de ma vie, aller au sport, partir en vacances où je veux quand je veux. Exemple parfait : avec un mec, je partirais pas aux Maldives pour le réveillon, il ne restait qu’une place sur le bateau. Bien sûr que des fois, j’aimerais des bras chaleureux après une journée difficile, j’aurais adoré avoir un gentil masseur à domicile quand je me suis bloquée le cou la semaine dernière, que j’aimerais vivre des moments romantiques avec mon chéri, que j’aimerais moi aussi batifoler dans le bassin ludique de la piscine prout prout avec un beau mâle mais l’un dans l’autre, le célibat, je le vis bien, merci. Mais ça ne colle pas. Tu réussis pas ta vie si tu ne réussis pas ton couple au même titre que ta carrière. C’est comme ça.

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Ainsi, certains couples restent cachés, l’un des partenaires n’assumant pas toujours de fréquenter l’autre. Regardez dans Sex and the city (référence), Charlotte n’assume pas de prime abord sa liaison avec son avocat qui n’est pas bien joli. Je me souviens d’une amie qui, par le passé, me présenta son mec en me précisant de suite « bon, il est pas très beau mais il est gentil ». Oui, enfin, tu sais, je comptais pas le draguer donc je m’en fiche un peu qu’il ne soit pas beau mais le mâle à présenter doit être à la fois beau, bien élevé (pour les parents) et avec un poste qui envoie un peu du rêve (ou du moins un salaire ou un hobby qui fait bien). Ainsi tombe-t-on amoureux de l’autre ou du statut qu’il peut nous conférer ? L’aime-t-on pour qui il est ou pour l’image de moi qu’il va donner ? Si je m’en réfère à mes propres conquêtes et ma longue liste de thésards en toute discipline, il semble évident que je kiffe les intellos. Même quand ils veulent pas m’expliquer le coeur de leurs recherches parce que ça pourrait m’ennuyer (pas-du-tout). Mais est-ce que j’aime les mecs intelligents (enfin, du moins, qui poussent leurs études loin, je suppose qu’on peut être thésard et franchement abruti) ou le fait qu’en me fréquentant, ils valident plus ou moins ma propre intelligence ? Qui sait ?

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L’amour, ne serait-ce qu’une construction mentale pour rendre plus joli notre orgueil ? Quand je vois toutes les profil pictures sur Facebook où les couples s’étalent, tous les albums photo de mariage postés en public sur les sites féminins, je me dis que ce besoin de montrer que, oueeeeee, je suis en couple, t’as vu, t’as vu ! Perso, quand je suis en couple, je mets pas de photos de nous sur Facebook parce que… ben je m’en fous de le crier au monde, en fait. Pas si narcissique, finalement.

L’influence de l’odeur des croissants chauds sur la bonté humaine de Ruwen Ogien

Je me pique parfois de philosophie, comme ça, pour le plaisir. Ainsi, j’aime errer dans les rayons dédiés de la FNAC, laissant mes yeux glisser sur les couvertures en quête d’un ouvrage qui me ravirait les neurones. C’est ainsi qu’en mai ou juin (peu importe), je tombe sur un livre au titre étrange “l’influence de l’odeur des croissants chauds sur la bonté humaine”. Etant dans une recherche perpétuelle de bonté humaine, je le pousse dans mon panier.

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Je ne vais pas jouer le suspense. Il FAUT lire ce livre. Je l’ai dévorée comme j’aurais avalé un délicieux croissant chaud au beurre sorti tout juste du four : avec plaisir et délectation. Ce livre pose la question des comportements humains au regard de la morale et de l’éthique : que doit-on faire ? De part cette question essentielle, au coeur notamment de l’oeuvre de Spinoza, nous nous retrouvons face à d’incroyables dilemmes qui feront les belles heures de vos dîners en ville. Ma mère a beaucoup réfléchi au dilemme du tramway que je lui ai raconté alors que je lisais ce livre lors de mes vacances à l’Ile de Ré (oui, je suis très en retard dans mes comptes rendus de livre, lalala). En voici quelques uns de fascinant :
– à propos du végétarisme : ne pas manger de viande pour protester contre le traitement inhumain des animaux, ok. Sauf que si nous devenons tous végétariens, que vont devenir les boeufs ? C’est vrai, ça sert à quoi un boeuf à part faire de la viande ? Peut-on militer pour la cause animale alors que nous risquons, de fait, de nuire à la diversité animale sachant que ces espèces ne pourront survivre hors domestication ?
– à propos de l’avortement. Principe de base : l’avortement est mal car le foetus est une vie autonome de celle de la mère sur laquelle elle n’a de fait aucun droit. Ogien nous propose alors l’exercice suivant : imaginez que vous vous réveilliez un beau matin recouverts d’appareils médicaux au bout desquels se trouve un brillant violoniste. Ce dernier est très malade et doit rester connecté à vous pendant 9 mois pour survivre. Trouvez-vous normal d’être ainsi appareillé pendant 9 mois pour sauver une autre vie sans pouvoir donner votre avis ?

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Ces dilemmes ne servent pas juste à poser des questions pas évidentes, ils démontrent que l’éthique chez l’homme n’est pas si logique et évidente que ça. Prenons par exemple le fameux dilemme du tramway qui a été décliné plusieurs fois depuis et qui fait limite office de philosophie à lui tout seul. Imaginez : un tramway fou est lancé, il arrive à une intersection : sur la voie principale, 5 ouvriers travaillent, ils n’entendent pas le tram arriver. Sur une voie annexe, seul un ouvrier travaille. Dériverez-vous le tram vers la voie annexe car mieux vaut un seul mort que 5. La plupart agiraient de la sorte. Par contre, le même dilemme : le tramway fou, 5 ouvriers. Vous êtes sur un pont et assistez à la scène. A côté de vous, un gros monsieur qui est penché pour regarder : si vous le poussez, il bloquera le tram : une vie contre 5. Là, personne ne veut pousser l’homme. Redéclinons cet exemple : en tuant un homme en bonne santé pour donner ses organes à 5 malades, vous sacrifiez une vie pour en sauver 5. Là, personne ne veut en entendre parler. Sauf si l’homme sain est un tueur en série, la question se pose différemment…

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Bref, le contexte influe sur la décision « morale » selon ce que l’on regarde. Sacrifier une vie, oui, mais comment ? Sauver tous les animaux en en sacrifier pour assurer la dignité à d’autres ? Ogien nous rajoute de nouveaux dilemmes et éléments dont un que j’adore par dessus tout :
– imaginez qu’on vienne vous voir et qu’on vous propose d’abandonner votre vie actuelle pour vous brancher sur une machine qui vous créérait l’illusion d’une vie parfaite. Accepteriez-vous ? La plupart des gens refusent. Par contre, si on vient vous voir demain pour vous expliquer que votre vie n’est qu’une fiction créée par une machine et qu’on vous propose de vous débrancher pour découvrir votre vraie vie, accepteriez-vous ? La pilule rouge ou la pilule bleue ? Là, la majorité refuse le débranchage. Ce n’est pas l’illusion ou non qui les dérange mais le changement.

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Enfin, les éléments extérieurs jouent naturellement sur la bonté, nous en revenons au titre. Selon des études sociologiques, une bonne odeur de croissant chaud rend les personnes exposées naturellement plus affables et de bonne humeur, plus enclines alors à aider leur prochain. Et ça, j’y crois à mort. Prenons une polémique qui date d’il y a 6 mois ou un an, je ne sais plus. La SNCF était accusée de vouloir diffuser de la musique classique dans les gare de banlieue car ça fait baisser la délinquance. Sous entendu, ça fait fuir les racailloux. Vraiment ? Personne n’a imaginé trente secondes que c’était surtout que ça apaisait un peu les âmes. Perso, rien ne me plaît plus que d’entendre des notes de piano s’élever gare St Lazare ou Gare de Lyon grâce aux pianos posés en libre service. Et je crois que je ne suis jamais passée sans que quelqu’un en joue.

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C’est ce qui est finalement fascinant dans ce livre, c’est qu’on réalise que la morale et l’éthique ne sont pas innés et que beaucoup d’éléments peuvent influer sur le comportement humain. Et comme c’est écrit simplement, c’est facile à comprendre.

Mais la vraie question, reste : vous auriez poussé le gros monsieur sur les rails du tram, vous ?`

(s)Trip à Bruxelles

Je ne t’épargnerai jamais aucun jeu de mots. Moi, quand j’étais ado, je voulais être journaliste à Libé, d’abord-euh (cette info est relativement fausse, je voulais être journaliste, peu importait le journal). Enfin bref, voici enfin le récit de mon voyage à Bruxelles, youhou !

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Samedi 09 novembre, 8H30, deux jeunes filles serrent contre elles une un gobelet de café en carton, l’autre un thermos de thé, pressée d’embarquer dans leur petit Thalys mais encore un peu pleines de sommeil. Ce voyage a failli ne jamais se faire : d’abord, Amy et moi avions prévu de partir à Londres mais finalement, Voyage Privé nous a proposé un meilleur plan pour Bruxelles. Ca m’allait bien surtout que j’étais légèrement déconfite par mon dernier voyage au pays de la BD : j’avais rien vu de la capitale européenne (mais j’avais plongé dans une eau à 33 degrés). Et puis ma soeur avait un peu réservé des tas de week-ends pour le baptême de mon neveu, notamment celui du 09 novembre. Finalement, le baptême ayant lieu le week-end avant, nous voilà parties pour Bruxelles, le pays de la gaufre, de la BD, des arts décoratifs, des moules frites et de Magritte.

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Arrivées à la gare, on va d’abord à l’hôtel poser nos affaires : il est idéalement situé, juste en face de la gare centrale et à côté de la Grande Place. Sur la dite place, d’étranges guirlandes de fleurs à moitié défaites donnent un drôle d’air à la place… Peu importe, on va pas y passer le week-end. On jette nos affaires et on débute notre visite par une galerie marchande avec une belle verrière et de belles vitrines. Les chocolats nous font de l’oeil, la tentation est grande ! On reviendra plus tard et on reprend notre marche vers la grande place, bien évidemment. Je n’aurai qu’un mot pour cette place : profusion. Les façades baroques sont extrêmement chargées, les bâtisses semblent avoir été posées là sans aucune unité architecturale. C’est assez spectaculaire et grandiloquent et je ne me rendais pas compte qu’on touchait du doigt une des caractéristiques de Bruxelles : l’unité architecturale, c’est pour les faibles. Sur la place, des scouts font des choses étranges : ils crient très fort autour d’un enfant au sol. Je… quoi ? Bon, les scouts seront aussi notre gros fil rouge du week-end, on les croisera absolument partout. Woké.

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Deuxième incontournable de Bruxelles : le Manneken Pis. Pas de bol, on croise une énorme foule qui vient de l’habiller, c’est un peu le bordel, ça hurle dans tous les sens. Nous aurons donc un Manneken Pis vêtu. Il est minuscule ! Sans la foule autour, je pense que je l’aurais carrément loupé ! On continue à s’enfoncer dans le coeur de Bruxelles, croisant deux ou trois murs BD. On finit par se poser dans un resto très bobo dans la rue du marché au charbon. On commande des bagels et un petit cocktail pamplemousse – schweppes. Puis on attend. Encore. Encore… Au bout de 45 mn, je finis par faire remarquer à la serveuse que nous avons été oubliées. Ah oui, pardon, on a mis votre commande au mauvais endroit, blabla. Supeeeer ! On finit notre déj, on boit le café qu’ils nous ont penaudement offerts puis on repart, on remonte la rue du marché au charbon pour guetter les murs BD. On croise quelques brocantes, la bourse et la fameuse rue au beurre pleine de pâtisseries. Un petit tour chez Dandoy pour acheter quelques biscuits speculoos, du massepain (de la pâte d’amande en belge), des biscuits au thé earl grey. On repart vers la place de l’opéra mais il commence à salement pleuvoir, on se rabat vers l’hôtel histoire de faire un petit pipi.

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Après cette petite pause, on décide de se rendre au Musée Bozart, on a eu des entrées avec l’hôtel. On se paume et on ne trouve pas l’entrée (par ma faute, j’ai été attirée par un gros cube en verre, je trouvais que ça faisait très entrée de musée). Malheureusement, il est un peu tard, la dame de l’accueil nous invite à revenir le lendemain. On fait un petit tour sur la place Royale, on avise le musée de musique cis dans un immeuble totalement art déco, on jette un oeil à la boutique du musée Magritte, je joue à me prendre en photo dans des miroir en forme de l’homme au chapeau melon. Je suis une artiste. On retourne à l’hôtel siroter un thé et grignoter quelques gâteaux (que servir de mieux avec un earl grey qu’un biscuit au thé earl grey ?) puis on finit par ressortir pour dîner dans une petite taverne à côté de l’hôtel. Alors un truc qui me fascine à Bruxelles et que je veux à l’identique à Paris : y a des cheminées absolument partout, j’adore !

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Dimanche, après un bon petit déjeuner, on file à l’Atomium. Comme à chaque virée, je fais mon boulet : après la violente allergie au pollen mixée à des courbatures terribles à Lyon, après mes atroces remontées acides en Irlande, je fais dans l’originalité : je vire aphone. Bon, j’ai plus de voix mais le reste roule donc en avant l’aventure et c’est parti pour l’atomium. Arrivées sur place, je fais la roue de joie : y a des bâtiments qui font communistes ! Un jour, j’analyserai ma passion pour ça, je situe pas. On décide de monter tout en haut du monument parce qu’après tout, nous n’y retournerons pas tous les jours. La vue est assez sympa, notamment l’immense parc à côté où j’irais bien faire un tour, surtout pour aller mater l’étrange pagode chinoise héritée de l’exposition universelle de 1958. C’était quand même top ces expositions universelles, une pagode à Bruxelles, c’est si délicieusement incongru ! Donc la visite de l’Atomium : on monte d’abord tout en haut du monument grâce à un ascenseur très rapide, on redescend ensuite et on peut monter par la suite dans les différentes boules, profitant au passage de l’exposition temporaire du moment sur l’innovation. Bon, ça m’a un peu laissée sur ma faim mais on s’en fout de l’expo. Se balader dans l’atomium est assez sympa, on a l’impression de se balader dans une étrange structure, entre usine et vaisseau spatial, ça monte, ça descend, c’est le bordel. Ca me plaît, j’ai toujours bien aimé le côté « architecture industrielle ».

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En sortant, on va faire un petit tour dans le parc voisin mais on renonce vite : il repleut. On retourne au centre de Bruxelles pour notre virée Musée. Le problème, c’est que le lendemain, tout est fermé car 1/ c’est lundi et 2/ c’est le 11 novembre donc autant vous dire que ça se bouscule au musée ! On arrive à arracher des places pour 16h, soit 1h30 plus tard donc après un tour aux boutiques des musées puis dans le parc royal (qui n’est pas incroyable à part un joli kiosque), on finit par faire notre expo Magritte. Bon, j’ai trouvé ça vraiment bien, la scénographie est intelligente, j’ai appris pas mal de choses. Oui, je suis plutôt une quiche en surréalisme, avouons le, j’en suis restée à mes cours de première avec André Breton et le dadaïsme, en gros. Et pour moi, l’écriture automatique, ça me fait plus penser à Mystères… Bref, j’ai aimé cette plongée au pays de Magritte. Nous avons enchaîné avec une exposition sur l’Inde à Bozart que nous avons dû un peu faire au pas de course car ça n’allait pas tarder à fermer. Expo pas mal du tout mais pour le coup, la scénographie était un peu étrange : certains recoins pouvaient échapper à la sagacité du visiteur et la présence d’un tableau représentant le Christ m’a un peu interpellée.

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Bref, on rentre à l’hôtel se reposer puis on repart dîner du côté de la bourse à la danish tavern que je ne conseille pas trop. Je me suis pris un traditionnel moules frites mais les frites étaient surgelées et la gaufre en dessert n’avait rien à voir avec la gaufre belge… Y avait même pas de cheminée mais au moins, on mange chaud. Après un dernier tour à la Grande place de nuit, on rentre se coucher.

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(photos prises avec mon iPhone, ne cliquez pas pour voir en plus grand, ça pique)

Lundi matin, je parle en chuchotant. Après un bon petit déj, on réattaque : on part de la grande place pour remonter vers une grande chapelle et tracer vers les sablons. Bruxelles a du mal à émerger en ce lundi férié, on ne croise même pas de scouts. On remonte vers les sablons, on s’arrête devant l’immense palais de justice actuellement en travaux. Le lieu est magnifiquement imposant, on se croirait dans une série se déroulant dans la Rome Antique (si, si). Malheureusement, le lieu doit être pas mal squatté pour des soirées, c’est assez crade, ça m’agace légèrement… On remonte un peu dans les quartiers un peu chicos mais il faut repartir libérer la chambre.

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Dernier tour : autour de la gare du midi, on visite un peu : la porte de Hal puis le quartier au dessus qui me fait furieusement penser à Belleville. Une fois de plus, faut garder l’oeil ouvert : à côté d’immeubles un peu miteux, on découvre de belles façades arts déco. Ca, c’est Bruxelles.

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Bref, que retenir ? En positif, j’ai aimé l’Atomium, le Musée Magritte, les murs BD, les détails arts décos semés de ci de là qui donne aux rues de la ville un parfum de jeu de piste et le bâtiment du musée de la Musique, totalement arts déco, les vraies gaufres. J’ai bien aimé la grande place pour sa profusion. J’ai moins aimé : le manneken pis, je comprends pas bien pourquoi il est aussi populaire, l’extérieur du musée Bozart dans le style art déco bétonné que j’ai trouvé assez laid, la difficulté de trouver un endroit sympa pour dîner qui ne soit pas hors de prix. Quant à l’amabilité relative des belges croisés (aka les serveurs et personnels des musées), je pense que ça vaut ceux de Paris. Palme à la meuf du musée Bozart qui nous a carrément envoyé balader, trop occupée à parler à sa collègue.

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Bef, Bruxelles, je reviendrai en traquant tous les murs BD et les coins arts déco. Et je mangera une gaufre pour me féliciter de mon travail.

Ah et dernière petite photo pour le plaisir :

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Je repose mon sac à dos pour quelques temps. Prochaine virée ? Le 27 décembre, je me barre aux Maldives. Mon réveillon sera forcément plus beau que le vôtre, je vous le dis !