L’amour, c’est l’orgueil

En ce moment, j’ai envie de vous parler d’amour, de vous dire des choses tendres… Ou pas vraiment d’ailleurs. Parce que plus j’y pense, plus je me dis que c’est une chose bien étrange, une construction mentale plus qu’autre chose. Quelque chose qui a à voir avec l’orgueil. Laissez-moi donc vous expliquer.

Mental

En 8 ans sur ce blog, j’en ai parlé d’amour, beaucoup. Puis moins. Pourtant, en 8 ans, j’ai été amoureuse parfois, j’ai aimé plus rarement, j’ai eu le béguin, le crush. Parfois, je n’ai pas vraiment d’homme dans ma vie, personne qui ne fait battre mon coeur, plutôt. Parfois, certains restent un peu plus longtemps, je m’attache jusqu’au jour où ça casse et ça fait mal. Comme avec Prince-charmant-devenu-crapaud de l’été dernier. Après 3 mois de douce idylle, patatrac, fin de la romance. Une histoire ordinaire, je sais. Mais comme c’était une goutte d’eau dans mon vase désespérément plein depuis le cataclysme 2011, je suis allée pleurer chez ma naturopathe qui m’a demandé “aimez-vous ce garçon ?”. L’aimais-je ? Je répondis en toute sincérité “je suis amoureuse de l’image que j’ai de lui…”. Puis en creusant, j’ai cru entrevoir ce qui me rendait malheureuse, ce n’était pas tant de perdre un homme dont j’aimais l’image mais la blessure d’orgueil.

couple-fache

L’amour n’est-il qu’une construction mentale ? Oui, non, je sais pas. Il y a une réalité physique à l’amour, le déluge d’endorphine, l’ocytocine au plafond, ce sont des faits. Cet homme qui squatte mes pensées, jours et nuits, que j’adore et que je hais tout autant, agent hyper réactif de mon humeur qui fait glisser ma cyclothymie vers la bipolarité. Cet homme si charmant que mon cerveau n’arrive pas saisir les nuances de son visage. Je sais pas si ça vous fait ça vous mais moi, quand j’ai un mec dans la peau, j’arrive jamais à redessiner mentalement son visage (alors même que je suis physionomiste, j’ai une mémoire limite photographique). Bref, y a des hommes qui me mettent à l’envers, ok. Mais finalement, pourquoi lui et pas un autre ? Question d’hormone, de compatibilité de peau ? Parce que c’est mon âme soeur, le pot de mon couvercle, la moitié de mon androgyne ? Ou bien est-ce parce que ce garçon que je trouve mignon, sexy, drôle, intelligent, charmant… flatte inconsciemment mon ego ? Blessure d’amour, blessure d’orgueil ?

rupture

Après tout, “réussir” son couple n’est-il pas en soi une condition à la réussite sociale ? Dis comme ça, ça paraît rétrograde mais soyons honnêtes : le célibat paraît toujours un peu suspect. Quand je revois des personnes que je ne fréquente pas régulièrement, j’ai toujours le droit à des « aloooooors, tu as trouvé l’amour ? ». Parfois, ça me démange de répondre une connerie « oui, écoute, je l’ai cherché partout mais il était au fond de mon sac, comme tout ce qui disparaît de chez moi, hihi ». Ou cette terrible question « mais comment ça se fait que tu sois célibataire, toi qui es si merveilleuuuuuse, je comprends pas ». Sans amour, j’en suis forcément victime. C’est pas moi votre honneur, je suis en tout point parfaite, ce sont les hommes qui me veulent du mal après m’avoir fait du bien. Personne n’envisage 30 secondes que le célibat n’est pas une croix. Pour moi, le célibat, c’est la possibilité de faire ce que je veux de ma vie, aller au sport, partir en vacances où je veux quand je veux. Exemple parfait : avec un mec, je partirais pas aux Maldives pour le réveillon, il ne restait qu’une place sur le bateau. Bien sûr que des fois, j’aimerais des bras chaleureux après une journée difficile, j’aurais adoré avoir un gentil masseur à domicile quand je me suis bloquée le cou la semaine dernière, que j’aimerais vivre des moments romantiques avec mon chéri, que j’aimerais moi aussi batifoler dans le bassin ludique de la piscine prout prout avec un beau mâle mais l’un dans l’autre, le célibat, je le vis bien, merci. Mais ça ne colle pas. Tu réussis pas ta vie si tu ne réussis pas ton couple au même titre que ta carrière. C’est comme ça.

sad-jennifer-anniston_orgueil

Ainsi, certains couples restent cachés, l’un des partenaires n’assumant pas toujours de fréquenter l’autre. Regardez dans Sex and the city (référence), Charlotte n’assume pas de prime abord sa liaison avec son avocat qui n’est pas bien joli. Je me souviens d’une amie qui, par le passé, me présenta son mec en me précisant de suite « bon, il est pas très beau mais il est gentil ». Oui, enfin, tu sais, je comptais pas le draguer donc je m’en fiche un peu qu’il ne soit pas beau mais le mâle à présenter doit être à la fois beau, bien élevé (pour les parents) et avec un poste qui envoie un peu du rêve (ou du moins un salaire ou un hobby qui fait bien). Ainsi tombe-t-on amoureux de l’autre ou du statut qu’il peut nous conférer ? L’aime-t-on pour qui il est ou pour l’image de moi qu’il va donner ? Si je m’en réfère à mes propres conquêtes et ma longue liste de thésards en toute discipline, il semble évident que je kiffe les intellos. Même quand ils veulent pas m’expliquer le coeur de leurs recherches parce que ça pourrait m’ennuyer (pas-du-tout). Mais est-ce que j’aime les mecs intelligents (enfin, du moins, qui poussent leurs études loin, je suppose qu’on peut être thésard et franchement abruti) ou le fait qu’en me fréquentant, ils valident plus ou moins ma propre intelligence ? Qui sait ?

what-is-intelligence-in

L’amour, ne serait-ce qu’une construction mentale pour rendre plus joli notre orgueil ? Quand je vois toutes les profil pictures sur Facebook où les couples s’étalent, tous les albums photo de mariage postés en public sur les sites féminins, je me dis que ce besoin de montrer que, oueeeeee, je suis en couple, t’as vu, t’as vu ! Perso, quand je suis en couple, je mets pas de photos de nous sur Facebook parce que… ben je m’en fous de le crier au monde, en fait. Pas si narcissique, finalement.

Mais non, ce n’est pas parce que t’es célibataire que t’es moche !

Comme toute personne normalement constituée, j’ai été célibataire et pas qu’une fois dans ma vie. Même après Guillaume I, j’ai été célibataire
longtemps, quasi un an. Un an sans bisous, caresse et brouette, rien du tout. Et je ne suis pas la seule à connaître ce genre de traversée du désert. Sauf que s’il a des raisons objectives, 
niveau confiance en soi, c’est dur à vivre.
 

brune.jpg

Dans mon entourage, j’ai toute sorte de personnes, comme tout le monde, mais j’ai un prototype de célibataires assez répandu : la « j’ai-pas-le-temps-d’avoir-une-vie-là-j’ai-mes-études-à-faire ».
Genre je passe le CAPES ou l’agreg. Moi même, après ma rupture avec Guillaume, ça a été un peu ça : j’ai fini ma maîtrise science-po, j’ai fait un stage et fait mon master de journalisme, j’avais pas super le temps de me trouver un mec. Surtout quand j’ai su que je partais à Paris, je voyais pas bien l’intérêt de me trouver un Toulousain. Parce qu’il était aussi un temps où je ne voyais pas bien l’intérêt des coups d’une nuit… Ouais, on change, je sais. Bon, je vais prendre mon exemple pour développer mais je sais que ça marche pour mes coupines parce que quand je leur expose ma théorie, elles font « ouais, c’est carrément ça ». Mais bon, c’est normal, j’ai toujours raison.

 

Donc il y a des périodes dans notre vie où on ne peut pas se préoccuper de notre vie amoureuse. Bon, moi, j’ai pas passé le CAPES ou l’agreg mais
c’est le genre d’exams qu’on passe pas par dessus la jambe. Enfin, on peut y aller les mains dans les poches mais bon, si on veut l’avoir… Bref, il y a des moments dans la vie où il faut savoir 
où sont ses priorités. Au début, notre célibat, on n’y pense pas trop. On recourra après les mecs quand on sera diplômées. Puis la Seconde Guerre Mondiale, c’est pas si mal. Mais voilà, une fois le diplôme obtenu (ou, dans mon cas, les cours terminés), on est tous contents tout ça mais un beau matin, on se dit : « tiens, je suis seule dans ce grand lit depuis pfiouuuuuuuu ! ». Et là, on se rend compte dans quel cercle vicieux on a foutu les pieds. Quand on est une femme, j’ai l’impression qu’on a souvent tendance à douter de son pouvoir de séduction. Même si on ne le montre pas. J’ai beau me regarder dans la glace tous les matins, moins y a d’hommes dans ma vie, moins je me sens jolie. Ce qui est idiot en soi. Est-ce parce que je ne dis pas « nous » que je suis un boudin ?

 

Surtout que dans la rue, certaines plus moches et plus boudins que moi ont des mecs. Parce que voilà la suite du processus : « j’ai pas de mecs, je suis moche… Et elle trop vilaine elle en a un, mais qu’a-t-elle que je n’ai pas (hors un petit copain, of course) ?? ». Moi, en général, quand je commence à regarder les filles en leur taillant toutes des costards, c’est qu’il est temps que je me trouve un mec. Pourtant, les histoires d’amour, ça se trouve pas sur le paillasson sauf si le facteur est le sosie de Smith (si vous croyez encore au Père Noël, les filles, c’est pas ma faute !). Si je regarde mes copines, j’ai des filles en couple depuis longtemps, depuis moins longtemps, depuis pas longtemps et des célibataires
depuis pas longtemps, un peu plus longtemps, longtemps… Or mes copines célibataires ne sont ni moches ni boudins. Donc ceci n’explique pas cela. Mais quand on rencontre pas une personne qui emballe notre petit cœur, ben voilà, on va pas se forcer non plus. Bien sûr, en cas de forte déprime, on peut pousser le destin en multipliant les sorties en boîte (mais je suis pas convaincue
que ce soit un bon endroit pour trouver un only one, si vous voulez mon avis), traîner sur des sites de rencontre ou autres. Si on laisse faire le destin, des fois, ça prend du temps.

 Alors oui, forcément, on finit par douter, par se dire que nos vilains bourrelets disgracieux n’aident pas, qu’il faudrait aller chez le coiffeur, acheter un masque pour la figure, tout ça, tout ça. On doute du seul élément qu’on dispose pour expliquer notre célibat : nous. Même qu’on ne nous drague plus dans la rue. Même que la liste des prétendants frôle le néant absolu. Bouh, je suis moche, personne ne m’aime, je finirai vieille et desséchée et aigrie avec mon chat et je filerai des coups de cannes aux gamins et aux pigeons !
 
Alors oui, le célibat longue durée, ça peut déprimer. Et pourtant. Si on regarde en arrière, on a plu, on a été en couple, des fois longtemps. On n’a pas vraiment changées depuis. Alors pourquoi on ne plairait plus ? Et tiens, le mec dans le métro, là, c’est pas moi qu’il regarde ? Hihi ! Parce qu’il ne faut pas tomber dans le sale processus : je suis moche- je plais pas- je fais plus d’effort pour être jolie et séduisante. Si on ne le fait pas pour un homme, autant le faire pour soi. J’aime mieux avoir dans ma glace une jolie jeune femme qu’un boudin blanc qui fait la gueule.

Avec le soleil en capricorne et Pluton en gémeaux

Puisqu’en ce moment, le thème de mes articles est « les marroniers de la nouvelle année », je vous en fais un autre. Non, te plains pas, lecteur, je fais que ce que je veux, c’est moi la chef, ici. Donc comme tu l’auras deviné grâce à mon super titre, je vais te parler des horoscopes annuels.

Comme je suis une fille, je lis un peu des magazines de filles. Et ça ne rate jamais : dans les numéros de fin d’année, j’ai droit à mon horoscope pour l’année qui suit. J’y ai droit aussi dans les magazines télés, d’ailleurs. Bon, allez, je suis détendue du bulbe en cette période de Noël (ou plutôt, j’ai agressé trois nanas dans un magasin car elles voulaient acheter le même truc que moi pour ma maman donc j’ai besoin de me détendre), je vais lire un peu ce que me réservent les astres.

 

« Bélier : Jupiter, planète d’expansion, de succès, de joie, montera haut dans votre ciel. Blablabla, choix, blablabla, bien dans votre vie, blablabla, réussite… A ses côtés, Altaïr attirera sur vous l’amitié de personnages puissants ». Petite dédicace à mon petit Poncho pour la dernière phrase. Bon, ça, c’est l’horoscope de Cosmo, tout ira bien dans le meilleur des mondes. En amour ? Alors, je lis celui des célibataire ou celui des en couple ? Non parce que j’ai bien un homme dans ma vie mais c’est tellement tout neuf que c’est peut-être un peu abusé de dire que je suis déjà en couple… Bon, quoi qu’il en soit, c’est une bonne année, regardez : « C’est une année idéale pour tomber amoureuse, s’installer en ménage, fonder une famille… ». Ce qui est bien, c’est que si mon mec lit mon horoscope, je vais pas DU TOUT lui foutre la trouille. N’empêche que dans les trois signes qui vont bien avec moi, y a celui de mon chéri, nananère ! Dans Voici aussi, d’ailleurs, ils m’ont dit que l’homme qui allait me faire craquer, cette année, il allait être de ce signe-là. Oui, chez ma mère, y a Voici et je le lis !

 

Alors, mes mois fétiches de l’année : mai, septembre et novembre. Et en attendant, j’hiberne ? Non parce que mai, c’est un peu loin, quand même… Bon, jetons un œil à l’horoscope de mon mec, pour voir. En plus, ça tombe bien, c’est aussi celui de mon ascendant, ça peut toujours servir. Bon, alors, amours, ils disent quoi ? « Jupiter attirera vers vous un nouveau style de relations, positif et enthousiaste. Un garçon [oui, c’est un magasine pour fille, alors, on va remplacer par fille] entreprenante (au moral) et « pas désagréable » (au physique) réchauffera le cœur de l’hiver (février) ». Alors je tiens à te dire, horoscope de mes deux, que si tu parles de moi, là, je suis quand même mieux que
« pas désagréable ! ». Ah, l’horoscope dit que son signe va bien avec le mien, hihihi ! « Bélier : Ecoutez le parler de son sport préféré, sa voix virile vous fera chavirer ». Bon, déjà, ma voix, elle est pas virile, je suis une fille. Par contre, parler de sport préféré, vu ce que je fais comme sport, ça doit pas être de moi dont on parle, là… Bref, je continue « En échange partagez avec lui elle vos découvertes en matière d’art, de cinéma ou de littérature. Et préparez vous pour le 7e ciel, vous y ferez de fréquents séjours ». Hihihi ! Bon, là, ça me va, on va dire que c’est moi !

 

Bon, plus sérieusement, ça m’amuse de lire ça même si j’avoue que je l’oublie quasiment deux minutes après l’avoir lu. J’ai dû en lire une dizaine et je sais pas si vous avez remarqué mais ils sont toujours super positifs. Genre, chaque année, c’est l’année de la réussite pour tout le monde. Des fois, je me dis que je devrais les garder, ces magazines, et les relire un an plus tard, juste pour voir. Par exemple, en 2006, mes mois les mieux ont été avril… Et c’est à peu près tout ! Bon, après, j’ai eu des mois sympas aussi genre septembre, novembre… Bah, tiens, on retrouve à peu près les mois qui devraient me réussir cette année ! Ca voudrait dire que mon horoscope a un an de retard ?? Ben, merde alors ! Bon, c’est vrai qu’à la fin décembre, quand on déprime parce qu’on a pris deux kilos à force de bouffer, qu’il fait froid et que le brouillard n’a même pas la décence de se lever (enfoiré !), ça fait du bien de savoir qu’on se dirige vers des jours meilleurs. Bon, l’année 2007 a commencé de façon particulièrement merdique, pire que 2006, je crois mais je préfère penser que c’est un relent de 2006 ou juste que je concentre tous les trucs sur la première semaine pour que le reste de l’année soit meilleure… Parce qu’en ce jour du 07 janvier 2007, je le répète (notez l’allitération en « ette », l’ado qui sommeille en moi se réveille !) : 2007 sera mon année. Non mais !