Par Lucas
C’est marrant comme on en arrive à penser à Meetic… Un peu comme un dernier recours.
On se jure pendant des années ne jamais passer le pas. On s’en veut presque d’y avoir pensé. Parce que non, franchement, ya les amies des copains, les jolies demoiselles dans le RER, les jolies libraires dans la ville, les milanaises égarées, les marketeuses timides… Ca va, ca vient comme dirait Merlot (reprise de Bobby Lapointe).
Et puis un jour, carrément honteux on se dit : pourquoi pas après tout, je vais y aller sans complexes. Un peu comme une promesse…
Mais les autres sites l’étaient aussi un peu…

Il y a eu PCC avec un prétexte culturel. Trouver une nana via les points communs… Bon, pourquoi pas…
Même sans points communs, les gouts de l’autre sont la marque de sa culture et de ses exigences, de son regard sur la vie et de ses envies. Bilan : Une nana rencontrée, emballée, puis 3 semaines de navigation aérienne avec des escales chez elle, de ci de là, et un largage final sans parachute : au revoir Lucaaaaas.
Il y a eu Adopte Un Mec plus récemment, là où tous les mecs étaient chosifiés et n’avaient pas leur mot à dire. Un sacré coup à la fierté masculine, même en prenant ça au 2d degré. Mais voila… D’un coté, je n’étais pas assez beau gosse pour les nanas intéressantes (trop rares d’ailleurs), de l’autre les donzelles étaient insignifiantes, baignant dans le arènebi, Marc Musso et les lol.
Bilan : une demoiselle intéressante sans lendemain. Et des tas de profils de nanas uniformes, désespérantes de bêtise et de stérilité. That’s all folks.
Alors quand on est lassé de ces vagabondages, que faire ?
Je ne vais quand même pas sombrer dans la même vie que David Duchovny dans Californication ?
Comment sortir de ce quotidien nébuleux ? Oh tiens quess que je vois là bas. Ah bah oui, c’est la vraie vie !!
La vraie vie est plus attirante que jamais.
Mon ami Victor a trouvé sa compagne sur Meetic mais il bossait comme un fou toute la journée et il ne lui restait que le soir pour avoir un lien social. Quand on est crevé par sa journée de boulot, on a pas envie de sortir, qu’on soit le chercheur ou la pépite. D’où Meetic.
Perso j’ai le temps : j’ai la « chance » de chercher un emploi. Donc j’ai de quoi m’organiser pour prendre le temps d’envoyer mes demandes (Lucas le seul mec qui envoie ces LM & CV à 5h00 du mat’…) et aller dans des endroits adéquats par la suite.
« Je crois que mon lieu de rendez vous sera cette table en terrasse,
Café, croissant stylo papier, ca y est tout est en place (…)
Je vois passer une charmante dans un joli p’tit tailleur,
Elle me regarde comme on regarde un beau p’tit chômeur. »
Sauf qu’aux heures ouvertes tout le monde est au boulot.
Donc revenons aux heures classiques ; de 5à7, happy hours, voire de 9à12. Sortir pour rencontrer de nouvelles têtes, sourire à une inconnue qui passe, n’en garder aucune trace sinon celle du plaisir, en espérant qu’elle va rendre ce sourire sans y voir une sournoiserie. Interpeller une jolie demoiselle dans un bar, après un jeu de regards ou interpeller une nana et passer pour un
gros dragueur de merde qui va se prendre une bonne répartie dans sa face. Observer l’environnement comme un requin masqué ou un ingénu souriant : la verité est ailleurs…
Il faudrait peut-etre que je reprenne la série de Nina « Où trouver l’homme ? » et l’appliquer aux femmes.
Série qui aboutit à chaque épisode à un épilogue funeste. Heureusement que c’est une fiction… Même si la question demeure « Où ? »
En journée c’est donc mort, les gens travaillent.
« T’as pas fait un SWOT, Lucas ! Ceci est une Opportunité ! » dira le lecteur-requin, tu peux donc séduire des nanas sur leur lieu de travail, ces nanas qui bossent, elles. Oui je sais bien, d’ailleurs il faut que je vous publie un de ces jours les quelques épisodes de « Comment j’ai dragué ma libraire ».
Pffff, on tourne en rond dans cette affaire…
Day in, Day out
Donc j’étais prompt à passer le pas, à choisir la facilité et aller sur Meetic.
Mon budget serré m’en a empêché et m’a rendu plus prudent. Je m’en félicite ! Explications…
Chômeur, jeune diplômé, sans indemnités (il manquerait plus que ça, hors de question que je sois un boulet pour la société), je vis donc avec 500 € par mois. Je n’ai toujours pas digéré la remarque faite par une copine, avocate ds un gros cabinet Place Vendôme et qui m’a dit il y a 15 jours que j’étais habillé comme un sac. Bah oui Anastasie, mais ce sont des fringues que je traine depuis 5 ans voire plus. Pas de sous. Et entre internet, les impôts à provisionner (CSG, Taxes foncières, taxes locales, etc), EDF, les courses au Franprix, les charges de co-propriété, eh bah changer mes fringues c’est même pas pensable.
Comme je n’avais pas encore trop envie et pas le fric pour passer à Meetic, j’ai voulu créer mon propre bachelor, il y a deux mois, la saison 2 deSingulier Pluriel, mais cette année j’ai fait un bide monumental. Seulement une candidate s’est manifestée contre douze l’an dernier.
Vous me direz « mais sors ! rencontre du monde ! » Oui mais où ?
La seule solution que j’ai trouvé à ce désert affectif c’est de me plonger ds la recherche de boulot, synonyme de retour à la socialisation. Sur le lieu de travail (Sarah Briot ripwizente) ou le samedi soir grâce à l’argent gagné. Mais le boulot tarde, Madame AFEC a beau me presser…
Face à ce desert social, j’ai donc repensé à faire rentrer Meetic chez moi, ne serait ce qu’un mois, quitte à faire un régime pasta.
Entre Le Monde.fr et Cadremploi.
Une fenêtre de rêve.
Cette promesse du crépuscule, le soir venu, quand des millions de célibataires se connectent sur leurs PC pour checker leur mails, pour lire quelques vies de merde, pour aller voir la vie de leurs amis sur Facebook et se sentir moins seul avec la lune dehors qui sourit.
Mais une simple promenade sur les forums et les topics dédiés à Meetic vous en dégoute pour de bon.
– Profils fake ou scam (africains ou des pays de l’est),
– Profils fake menés par Meetic pour solliciter le jeune naïf juste avant la fin de son abonnement,
– Tacite reconduction de l’abonnement à moins d’appeler un numéro surtaxé afin de mettre fin à cette arnaque,
– Abonnement qui, tout comme chez PCC, ne permet de parler qu’aux femmes qui sont abonnées à moins de… prendre l’option premium (payante…) qui permet elle de toucher tout le monde. ARGH !
Plus que l’arnaque, c’est le fait qu’on veuille me prendre pour un con qui m’exaspère.
Bref…
On fait le bilan calmement…
Cet article n’est pas une invitation à sangloter.
J’ai vraiment envie de croire que je ne suis pas le seul dans une telle mouise sentimentale et humaine.
J’ai vraiment envie de croire que d’autres bonhommes célibataires promènent leur solitude derrière un sourire de façade mais, surtout, qu’il en est qui agissent. Je vais être égoiste mais tant pis pour les autres : quite à enfoncer le clou du cliché du « mec dragueur », je vais agir IRL. Histoire que les nanas aient la confirmation que les mecs qui draguent sont des reulous. Je me connais, même ds le jeu des regards et des sourires, j’ai la délicatesse de Mike Tyson… Alors ça va être funky d’aborder une jolie donzelle, comme ça à brule pourpoint au sortir de la médiathèque…
Et sinon, désolé pour cet article-intermède-catharsis, j’en avais peut-être besoin pour rebondir. Vos témoignage ou enfonçages, peu importe, sont les bienvenus et seront dans tous les cas pertinents. Perso, je pars m’installer à la terrasse d’un café… avec un bouquin.
