Meetic n’est pas une fatalité

Par Lucas

C’est marrant comme on en arrive à penser à Meetic… Un peu comme un dernier recours.
On se jure pendant des années ne jamais passer le pas. On s’en veut presque d’y avoir pensé. Parce que non, franchement, ya les amies des copains, les jolies demoiselles dans le RER, les jolies libraires dans la ville, les milanaises égarées, les marketeuses timides… Ca va, ca vient comme dirait Merlot (reprise de Bobby Lapointe).
Et puis un jour, carrément honteux on se dit : pourquoi pas après tout, je vais y aller sans complexes. Un peu comme une promesse…
Mais les autres sites l’étaient aussi un peu…

 Il y a eu PCC avec un prétexte culturel. Trouver une nana via les points communs… Bon, pourquoi pas…
Même sans points communs, les gouts de l’autre sont la marque de sa culture et de ses exigences, de son regard sur la vie et de ses envies. Bilan : Une nana rencontrée, emballée, puis 3 semaines de navigation aérienne avec des escales chez elle, de ci de là, et un largage final sans parachute : au revoir Lucaaaaas.

Il y a eu Adopte Un Mec  plus récemment, là où tous les mecs étaient chosifiés et n’avaient pas leur mot à dire. Un sacré coup à la fierté masculine, même en prenant ça au 2d degré. Mais voila… D’un coté, je n’étais pas assez beau gosse pour les nanas intéressantes (trop rares d’ailleurs), de l’autre les donzelles étaient insignifiantes, baignant dans le arènebi, Marc Musso et les lol.
Bilan : une demoiselle intéressante sans lendemain. Et des tas de profils de nanas uniformes, désespérantes de bêtise et de stérilité. That’s all folks.

Alors quand on est lassé de ces vagabondages, que faire ?
Je ne vais quand même pas sombrer dans la même vie que David Duchovny dans Californication ?
Comment sortir de ce quotidien nébuleux ? Oh tiens quess que je vois là bas. Ah bah oui, c’est la vraie vie !!

La vraie vie est plus attirante que jamais.

Mon ami Victor a trouvé sa compagne sur Meetic mais il bossait comme un fou toute la journée et il ne lui restait que le soir pour avoir un lien social. Quand on est crevé par sa journée de boulot, on a pas envie de sortir, qu’on soit le chercheur ou la pépite. D’où Meetic.
Perso j’ai le temps : j’ai la « chance » de chercher un emploi. Donc j’ai de quoi m’organiser pour prendre le temps d’envoyer mes demandes (Lucas le seul mec qui envoie ces LM & CV à 5h00 du mat’…) et aller dans des endroits adéquats par la suite.

« Je crois que mon lieu de rendez vous sera cette table en terrasse,
Café, croissant stylo papier, ca y est tout est en place (…)
Je vois passer une charmante dans un joli p’tit tailleur,
Elle me regarde comme on regarde un beau p’tit chômeur. »


Sauf qu’aux heures ouvertes tout le monde est au boulot.
Donc revenons aux heures classiques ; de 5à7, happy hours, voire de 9à12. Sortir pour rencontrer de nouvelles têtes, sourire à une inconnue qui passe, n’en garder aucune trace sinon celle du plaisir, en espérant qu’elle va rendre ce sourire sans y voir une sournoiserie. Interpeller une jolie demoiselle dans un bar, après un jeu de regards ou interpeller une nana et passer pour un
gros dragueur de merde qui va se prendre une bonne répartie dans sa face. Observer l’environnement comme un requin masqué ou un ingénu souriant : la verité est ailleurs…

Il faudrait peut-etre que je reprenne la série de Nina « Où trouver l’homme ? » et l’appliquer aux femmes.
Série qui aboutit à chaque épisode à un épilogue funeste. Heureusement que c’est une fiction… Même si la question demeure « Où ? »

En journée c’est donc mort, les gens travaillent.
« T’as pas fait un SWOT, Lucas ! Ceci est une Opportunité ! » dira le lecteur-requin, tu peux donc séduire des nanas sur leur lieu de travail, ces nanas qui bossent, elles. Oui je sais bien, d’ailleurs il faut que je vous publie un de ces jours les quelques épisodes de « Comment j’ai dragué ma libraire ».
Pffff, on tourne en rond dans cette affaire…

Day in, Day out

Donc j’étais prompt à passer le pas, à choisir la facilité et aller sur Meetic.
Mon budget serré m’en a empêché et m’a rendu plus prudent. Je m’en félicite ! Explications…

Chômeur, jeune diplômé, sans indemnités (il manquerait plus que ça, hors de question que je sois un boulet pour la société), je vis donc avec 500 € par mois. Je n’ai toujours pas digéré la remarque faite par une copine, avocate ds un gros cabinet Place Vendôme et qui m’a dit il y a 15 jours que j’étais habillé comme un sac. Bah oui Anastasie, mais ce sont des fringues que je traine depuis 5 ans voire plus. Pas de sous. Et entre internet, les impôts à provisionner (CSG, Taxes foncières, taxes locales, etc), EDF, les courses au Franprix, les charges de co-propriété, eh bah changer mes fringues c’est même pas pensable.

Comme je n’avais pas encore trop envie et pas le fric pour passer à Meetic, j’ai voulu créer mon propre bachelor, il y a deux mois, la saison 2 deSingulier Pluriel, mais cette année j’ai fait un bide monumental. Seulement une candidate s’est manifestée contre douze l’an dernier.

Vous me direz « mais sors ! rencontre du monde ! » Oui mais où ?
La seule solution que j’ai trouvé à ce désert affectif c’est de me plonger ds la recherche de boulot, synonyme de retour à la socialisation.
Sur le lieu de travail (Sarah Briot ripwizente) ou le samedi soir grâce à l’argent gagné. Mais le boulot tarde, Madame AFEC a beau me presser…

Face à ce desert social, j’ai donc repensé à faire rentrer Meetic chez moi, ne serait ce qu’un mois, quitte à faire un régime pasta.
Entre Le Monde.fr et Cadremploi.
Une fenêtre de rêve.
Cette promesse du crépuscule, le soir venu, quand des millions de célibataires se connectent sur leurs PC pour checker leur mails, pour lire quelques vies de merde, pour aller voir la vie de leurs amis sur Facebook et se sentir moins seul avec la lune dehors qui sourit.

Mais une simple promenade sur les forums et les topics dédiés à Meetic vous en dégoute pour de bon.
– Profils fake ou scam (africains ou des pays de l’est),
– Profils fake menés par Meetic pour solliciter le jeune naïf juste avant la fin de son abonnement,
– Tacite reconduction de l’abonnement à moins d’appeler un numéro surtaxé afin de mettre fin à cette arnaque,
– Abonnement qui, tout comme chez PCC, ne permet de parler qu’aux femmes qui sont abonnées à moins de… prendre l’option premium (payante…) qui permet elle de toucher tout le monde. ARGH !
Plus que l’arnaque, c’est le fait qu’on veuille me prendre pour un con qui m’exaspère.
Bref…

 On fait le bilan calmement…

Cet article n’est pas une invitation à sangloter.
J’ai vraiment envie de croire que je ne suis pas le seul dans une telle mouise sentimentale et humaine.
J’ai vraiment envie de croire que d’autres bonhommes célibataires promènent leur solitude derrière un sourire de façade mais, surtout, qu’il en est qui agissent. Je vais être égoiste mais tant pis pour les autres : quite à enfoncer le clou du cliché du « mec dragueur », je vais agir IRL. Histoire que les nanas aient la confirmation que les mecs qui draguent sont des reulous. Je me connais, même ds le jeu des regards et des sourires, j’ai la délicatesse de Mike Tyson… Alors ça va être funky d’aborder une jolie donzelle, comme ça à brule pourpoint au sortir de la médiathèque…

Et sinon, désolé pour cet article-intermède-catharsis, j’en avais peut-être besoin pour rebondir. Vos témoignage ou enfonçages, peu importe, sont les bienvenus et seront dans tous les cas pertinents. Perso, je pars m’installer à la terrasse d’un café… avec un bouquin.

La dinde de Noël (c’est moi !)

Depuis la création de ce blog, j’ai dit plusieurs fois qu’ado, j’étais un peu neuneu. Récemment, j’ai retrouvé des lettres que j’écrivais à l’époque à la mode et qui faisaient office de journal intime, j’écrivais ça pendant les devoirs surveillés, quand je finissais avant l’heure (ce qui était systématique). Bon, je les ai relues l’autre soir et j’ai été atterrée : putain mais que j’étais couille, c’est pas possible ! Vous me croyez pas ? Mais voici la preuve ! Alors, je t’explique juste qu’à l’époque, j’étais super trop fan de Starmania donc y a tout le temps des extraits de chanson de la comédie musicale, ça aide pour la compréhension. Et aussi, à l’époque, le rôle de Cristal était joué par Judith Bérard dont j’étais fan et c’est à elle que j’écris. Ouais, vous avez pas encore commencé la lecture des dites lettres et vous trouvez déjà ça gratiné ! Les trucs entre [ ], c’est moi qui les rajoute aujourd’hui. Les passages en couleur, ce sont des paroles de chanson.

« Quand je te dis que ma vie est cauchemardesque. Pourquoi ? Parce hier, je me suis tapée Pascal Brunner (je ne m’en suis pas encore remise). En plus, y avait Nicoletta et dimanche, je vais me payer Jacques Martin. Bouh ! Je veux mourir ! Ouais ! Marie-Laure [une camarade de classe] a… non, elle n’a pas fini. J’ai cru. Je me suis trop plantée sur ce DS, ça me donne envie de… de… dormir. Non, c’est pas vrai. Mais je suis sérieusement dégoûtée.

Bon, bref, on parle d’autre chose. Il fait beau, les oiseaux chantent, il y a un avion qui passe au dessus de nous. Et…et… ma vie est foutue ! Ah, au fait ! (aucun rapport mais bon…), je suis allée chez le coiffeur, lundi dernier. J’ai les cheveux plus courts maintenant (normal, ils n’auraient pas pu être plus long, hé banane !). Ça fait que j’ai plus d’air dans le cou (N’importe quoi -> Nina, elle a fumé son cahier de bio !). Bon, chouette, mon voisin de droite a fini, je me sens moins seule. Samy [autre camarade de classe] aussi ! (et il est dans ma clase !). Je ne suis donc pas un cas (enfin si, quand même). Sales mômes qui sont dehors ! Je les déteste ! C’est pas juste ! Comme c’est mignon, ils se tiennent par la main (franchement, on n’en a rien à foutre !). A ma gauche, ça n’en finit pas ! Stéphanie aussi a fini (allitération en i). Je dois te faire chier avec mes allitérations mais au moins, ça en jette (plus que mon DS de géo en tout cas !).

Enfin bref, on change de sujet (je passe ma vie à ça !). Demain, c’est jeudi (et après demain vendredi) et je sors à 16h (super hein ?). Oh non, elle nous rend les DS de maths ! Ma vie est foutue (ça fait que deux fois). Elodie aussi a fini (cf plus haut). C’est fou ce que je suis pas inspirée en géo (y a pas que là, d’ailleurs). Tu sais quoi ? J’ai « happy days » dans la tête ! Franchement, c’est de la provocation. Y a le mécano qui se balade avec un téléphone portatif. Mon lycée se modernise. Ça commence à bouger, ici (c’est – 15, c’est tout !). Je veux partir. Je veux plus jamais venir ici. Je vais aller en Suisse voir Franc C. [un mec qui me plaisait l’époque, j’avoue avoir mis deux heures à comprendre de qui je parlais] puis au Québec voir Judith. B. Ah ! Et en Italie aussi (évidemment). Je veux être en vacances et dormir (comme ça, quand je dors, je pense pas à ma vie scolaire chaotique -> ouah, le vocabulaire !). Enfin, sauf quand je fais des cauchemars, comme cette nuit. J’en ai trop marre de ce bahut de … , je vais foutre le feu. De toute façon j’ai rien à perdre (quand on a plus rien à perdre…). Super ! Y en a plein qui ont fini (as-tu noté le français minable de Nina ?). C’est – 20. Le temps avance à une de ses allures ! Aussi vite qu’un escargot estropié (la bonne blague ! Un escargot, ça n’a pas de pieds -> Là, Nina, elle a fumé son poster de David. D [Duchovny]).

Enfin bref (si à chaque fois que je disais « enfin bref », on me donnait 100 balles, je serais immensément riche !). Allez, c’est bientôt terminé (as-tu vu l’allitération en é ?). C’est mon nouveau truc ça ! Oh, une feuille tombe. Que c’est beau ! (d’accord ! Mon cas est désespéré, et alors ?). Bon, je vais conclure parce que c’est bientôt la fin (super logique !) et que je n’ai plus rien à dire (miracle !). Donc, je te salue et t’envoie mes sentiments les meilleurs (je ne sais pas si c’est français). »

Allez, une autre ! (si vous n’êtes pas morts de peur)

« Ciao mia cara Juditha,

T’as vu ? Je parle vachement bien italien ! Sono un’italiana nata ! (ça veut dire que je suis une italienne née). C’est con parce qu’aujourd’hui, j’avais DS de français et l’italien, ça sert pas vraiment. Bon, mon DS, je l’ai raté alors on passe. Cet après-midi, je vais conduire pour la première fois (c’est bête, il pleut !). Il me presse ! (pas de remarques désobligeantes, SVP !).

Bon, bref, dans 4 jours, 14 minutes et X (files) secondes, je vais voir FRANCE GALL ! Ouais ! Hourra ! Beautiful ! (et hop ! Un peu d’anglais). Bon bref (ça fait le 2e, déjà !). Devine quoi ? (attention, c’est très con !). Je suis pas la seule à avoir fini (tu étais prévenue). Youpi ! Ohlala ! Je viens de lire le sujet d’écriture des STT. Ça m’inspire pas ! Myriam a bien fait de pas venir ! J’ai une super méga chanson dans la tête : « J’oublierais ton nom, de mille façons… », c’est super beau ! A chaque fois, je pleure (non, c’est pas vrai !). C’est chanté par Judith Bérard en +. Cool ! Oh ! Un mioche qui court ! Que c’est mignon (hé neuneu !). N’empêche que vendredi soir, j’ai gardé 4 mômes adorables (12,10, 5 ans et un de 3 mois !) même que le bébé s’est endormi dans mes bras, c’était trop mignon. Ça donnerait presque envie (il suffit juste de trouver un mari qui donne le biberon, change les courses, fait les courses… Non, là, je rêve !). C’est – 10. On sort à la demie. Ça fait (10…11…12…13…), 40 minutes à attendre. I want to sortir out.

Bon, je fais te faire l’apologie (comme ça, tu vas croire que je suis bonne en français !) de mon adorable Roméo qui n’est pas très inspiré aujourd’hui (comme tout le monde, remarque !). Bouh ! J’ai sommeil (aucun rapport avec mon Roméo !). Je me suis réveillée en croyant que c’était samedi. Cruelle déception [j’avais cours le mercredi matin, pas le samedi]. Maintenant, j’ai « Etienne » (toujours chanté par J.B) dans la tête. Mais j’écrirai pas les paroles parce que je suis bien élevée et j’écris pas des trucs comme ça ! (pas besoin d’un dessin, je pense) [10 ans après, j’avoue que ça me fait marrer !]. J’ai la tête qui tourne, c’est malin ! Elodie a pas l’air inspirée ! Remarque, vu le sujet qu’on a, c’est pas étonnant. Bon, faut que je trouve un plan béton pour mon Roméo. (Oh, c’est – 5 !). Je vais trébucher et lui tomber dans les bras. Quoi que non parce que si je vise mal, je vais me faire mal (récurrence du mot mal). Sinon, je vais lui chourer (orth ?) un stylo et lui rendre en disant que je l’ai pas fait exprès. Un peu gros, mais bon. I en have marre ! I want to be free. Le seul avantage du DS, c’est Roméo. [j’étais à côté de lui]. Sinon, c’est chiant. Oh, ça sonne et y a un brun qui pense à moi. NB : Roméo est brun. Mais en ce moment, il pense plus à Zola qu’à moi.

Bon bref (et le revoilà !). Quoi de neuf ? Je réfléchis (si, si !). Niente ! Nichts ! Nothing ! Je parle pas espagnol(alors, ça, c’est con !). Bon, je simule un évanouissement. Quoique non parce qu’il n’a pas fini et je ne sais pas qui m’accompagnera à l’infirmerie. Ohlala ! Il pleut et les secondes sortent, c’est là où y avait mon ancienne noisette (pas Fabien, l’autre)[Noisette, c’était un nom de code pour cible]. Ohlala, quel ennui ! J’ai sommeil, en plus, et j’ai mal à la tête. De toute façon, je suis de mauvaise humeur, aujourd’hui. D’abord, j’en ai marre qu’il ne se passe rien avec l’homme de ma vie (je sais pas si c’est français). Ohlala, je suis malade (complètement malade…), j’ai la grippe. Ohlala, il est vraiment trop mignon ! Il écrit bien en plus, contrairement à moi. Remarque, il paraît que les génies écrivent mal (donc, je suis un génie). Alors, ça, c’est passionnant. Et ce matin, j’ai mis des chaussettes blanches et des sous-vêtements… (attends, je regarde !) bleus foncés. Beautiful ! Par contre, mes cheveux sentent le lait hydratant et c’est pas très normal (ils devraient sentir le shampoing !). Ma vie est vraiment PASSIONNANTE ! Deux semaines inutiles en futiles dimanches, des secondes immobiles aux aiguilles qui penchent, j’oublierai ton nom… Tu as reconnu ? (j’en ai parlé plus haut). Plus haut, celui que j’aime vit dans un monde plus haut… Quoique le mien, il vit ici, pas loin de chez moi, en plus. Dieu que j’en ai marre : Bon, j’arrête de me plaindre. C’est dur ! Tiens, hier, j’ai regardé « Papi fait de la résistance ». Génial ! Je me suis bien marrée. Oh, il est déjà 11h15 ! Super, plus qu’un quart d’heure. Dieu que c’est long ! Mais que puis-je faire ? J’ai un torticolis. Mais note que je ne me plains pas, je remarque, c’est tout. Oh, j’ai des envies pressantes. Mais je ne me plains pas. Mais bon, c’est ennuyeux. Et il pleut toujours. Note que je me plains pas. De toute façon, j’ai fait mon testament. Je vais peut-être le refaire. On sait jamais. »

La seule chose qui me rassure, c’est que je me rendais quand même compte de ma propre lourdeur, parfois… Bon, j’en ai plein d’autres mais je pense qu’on va s’arrêter là. Pour la photo, c’est ma chambre d’ado et si la qualité est pourrie, c’est pas ma faute : on l’a retiré d’une diapo car on s’était trompé de pellicule…

La fin de mon rêve d’’adolescence

Comme en ce moment, je ne suis pas la personne la plus joyeuse au monde, remontons un peu le niveau avec un article de type « gros n’importe quoi ». Alors, aujourd’hui, lecteur, je vais te parler de mon fantasme d’adolescence : Jacques Villeneuve (mais pas que de lui, reste !).

villeneuve_jacques

Ado, j’étais pas trop boysband. Déjà, à l’époque, je préférais les mecs bourrés de charme que des mecs plastiquement beaux mais qui dégagent autant que les mannequins en plastique dans les magasins. Déjà, à l’époque, je craque sur les lunetteux au sourire craquant et à la bonne bouille et s’ils ont omis de se raser, c’est parfait. Tiens, c’est marrant comme mes goûts n’ont pas tellement évolués, finalement. Bref. Ado, comme toutes les jeunes filles, je craquais sur des célébrités. Bon, j’étais pas névrosée à me dire : « oui, sûr qu’un jour, on se rencontrera et on s’aimera », faut pas pousser non plus. Donc mes fantasmes, pour ceux dont je me souviens : Johnny Depp, David Duchovny, George Clooney, Dean Cain (mais si, Superman avec Loïs Lane qui joue maintenant dans desesperate housewives mais quand il a ses lunettes. En superman, il est ridicule), Nick de Hartley cœur à vif (me demandez pas son vrai nom), Rock Voisine (oui bon, ça va !) et Jacques Villeneuve. Parce qu’il a des beaux yeux bleus, des lunettes, un sourire à craquer, qu’il oublie de se raser et qu’en plus, il est Canadien. Oui, déjà, à l’époque, j’étais une obsédée du Canada. Donc voilà. Et, ô drame, jeudi, en lisant mon site de F1 préféré (www.f1-live.com/fr/ pour ceux que ça intéresse), j’ai appris qu’il s’était marié. Et qu’en plus, sa nouvelle femme est déjà enceinte de lui. Damned ! Cet enfoiré m’a même pas attendue.

 

En vérité, je m’en fous. Mais ça me rappelle comme j’étais midinette à une époque. Je récupérais tous les articles sur lui, les photos que je pouvais trouver et j’avais tout mis dans un classeur. J’étais une fan très appliquée, je récupérais l’Equipe de mon papa le soir, j’achetais les magazines F1. Le seul qui manquait à ma collection que j’ai pas osé acheter à l’époque, c’était un playboy où notre ami Jacques avait fait une super opération de comm’ en posant (habillé) avec une playmate. Hé oui, femmes à poil et grosses cylindrées, ça va de pair, on le sait bien. Je me souviens même d’une fois où mon père était en voyage donc, le soir, en rentrant de l’école, pas l’Equipe, on a couru toute ma ville pour trouver un marchand de journaux qui avait encore des exemplaires disponibles.

 

Il y a une anecdote particulière, aussi. En 1999, quelques pilotes viennent faire des essais privés sur le circuit de Nogaro dans le Gers, à deux heures de chez moi en voiture. Les pilotes : Rubens Barrichello, Johnny Herbert, Pedro Diniz, Mika Salo et… Jacques Villeneuve. Donc je supplie mes parents d’y passer une journée. Au début, ma mère ne veut pas : j’ai le permis depuis moins d’un an et je conduis peu, surtout en ville, je n’ai pas de voiture à moi alors forcément… Du coup, au début, ma mère refuse : deux heures de conduite sur des routes départementales de merde, hors de question. Là, je lui sors un truc ignoble (oui, j’avoue, j’aurais mérité des baffes là) : « si tu m’empêches d’y aller, je t’en voudrais toute ma vie ! ». Du coup, elle me laisse la voiture. La veille, je fais mon plan de route (oui, je connais pas DU TOUT le Gers). Le matin, je me lève aux petites heures, je prends mes cassettes audio et c’est parti. Pendant deux heures, je roule comme une débile, excitée comme une puce, je chante avec joie dans la voiture, la vie est belle. Arrivée sur le circuit, c’est noir de monde, je me gare puis j’appelle mon papa pour lui dire que je suis arrivée sans encombre à la cabine téléphonique, n’ayant pas de portable à l’époque. Je monte sur les gradins et là, qui passe juste sous mon nez dans sa monoplace qui fait un bruit d’enfer ? Notre ami Jacques. Je suis aux anges. J’ai un petit appareil photo jetable et je mitraille comme une folle. A midi, les pilotes s’arrêtent pour manger donc je grignote les fruits que j’ai amenés puis je traîne au niveau du passage qui permet d’accéder aux stages, j’essaie de faire du charme au mec qui fait la sécurité qui me dit gentiment que je suis certes très charmante mais que je passerai pas quand même. Du coup, j’entame la conversation avec des gens qui sont là. Les essais recommencent, je passe l’après-midi avec deux mecs qui suivaient les essais aussi. A la fin des essais, mes nouveaux amis et moi attendons à la sortie des stands mais personne ne sort. Par contre, y a la copine de Pedro Diniz qui arrive et qui met la main devant son visage genre on va la prendre en photo. Déjà, Diniz, c’est une trop super star alors imaginez sa copine… Mais le temps passe et je dois déjà repartir donc je file mon appareil photo jetable à un des gars avec mon adresse avec ordre de prendre des photos du Jacques et de me renvoyer l’objet. Ben un mois plus tard, j’ai reçu l’appareil qui contenait deux photos de notre pilote préféré. Autre anecdote marrante avec la F1 : un copain très amoureux de moi au lycée se tapait les tous les GP le dimanche pour venir m’en parler le lundi. Même que plus tard, il a animé une émission sur le sujet dans une petite radio locale. Et il m’a dit : « ça, c’est à toi que je le dois. Sans toi, je me serais jamais intéressée à la F1 ». Quand je vous dis que je suis une fille fantastique.

 

En grandissant, ma « passion » pour notre ami Jacques s’est considérablement calmée, j’ai trouvé de nouveaux candidats pour mes fantasmes : Brad Pitt (beaucoup mieux avec ses pattes d’oie, y a pas à dire), Michael Weatherly, le mec qui joue Quentin dans Nip/Tuck, Julian McMahon, Sawyer dans Lost, le docteur Doriand dans Scrubs (qu’il est choupinou !)… Bon, la liste évolue selon les jours. C’est gratuit, c’est juste pour le plaisir des yeux. Une fois la télé éteinte, on n’y pense plus. C’est juste que c’est marrant.

 

Alors, Jacques, je ne t’en veux pas. Je te souhaite même plein de bonheur avec ta femme et votre futur bébé, donc. Bon, si tu avais eu l’occasion de me rencontrer, c’est moi que tu aurais épousé mais la vie en a voulu ainsi. C’est pas grave, dans ma liste de fantasmes, y en a plein d’officiellement célibataires !

Changement de cycle

 Reste donc lecteur, je ne compte pas de parler de machine à laver, même si je pourrais faire un article sur la mienne tellement chaque lavage se transforme en épopée fantastique. Par exemple, la dernière fois, ma machine a voulu me livrer sa propre version du déluge. Principales victimes : mes pauvres pantoufles déjà pas très en forme. Mais passons mes histoires de machine, tout le monde s’en fout, même Gauthier qui a vécu l’aventure en direct.


 Je le sentais, ce foutu vent qui se décidait enfin à tourner ! Le déclic a eu lieu lors de mon dernier voyage chez mes parents, fin mars. D’abord l’espoir. Après un trajet un peu pénible avec des histoires de vomi et de place réduite dans le train (pourquoi je paye 5 euros pour avoir le droit de faire voyager mon chat alors que je n’ai pas le droit à plus de place ?), je retrouve enfin ma maison, je papote avec ma maman (aussi bavardes l’une que l’autre, imaginez) et je vais faire un tour sur le net pour voir un peu ce qu’il s’est passé sur le blog pendant mon absence et vérifier qu’aucun amoureux transi ne m’a envoyé de mails. A défaut d’une demande en mariage de Brad, je trouve un mail curieux me proposant un stage. Bon, je sais que ça va capoter, je peux pas avoir de conventions mais je vais quand même donner suite, on ne sait jamais. Et là, tout s’enchaîne.
 
Vie pro

J’ai déjà raconté l’histoire de cet entretien surprise. Au départ, je dois réaliser un stage non conventionné de 2 mois, payé 25% du SMIC. Bon, la rémunération est minable mais je ne peux prétendre à mieux sans convention et, de toute façon, pour une fois qu’on me rémunère pour un stage… Je repars de l’entretien surexcitée, emballée par le projet et par Pierre Cécil, le DRH choupinou qui ressemble à David Duchovny. Ils me prennent, c’est sûr. Le lendemain, coup de fil, choupinou et sa voix sexy : « Oui, alors comme on peut pas faire un stage non conventionné de 2 mois, je te propose un CDD de 3 semaines, parce qu’on peut pas plus, niveau salaire. » Forcément, je m’empresse d’accepter. Forcément, je préviens ma sœur et Zoé sur MSN, forcément, j’appelle ma mère (qui, comme d’hab, n’a pas compris qu’un portable, ça marche mieux quand c’est allumé). Je suis carrément euphorique. Non parce qu’un stage, on ne sait jamais trop ce qu’il y a derrière, je peux avoir été stagiaire « je fais le même boulot qu’un journaliste » ou une stagiaire « je suis la pro de la photocopie ». Alors que là, c’est un CDD. Pour la première fois de ma vie, me voici pleinement journaliste, avec les responsabilités qui vont avec. Et ça, c’est la classe !

Après une première semaine, je suis comme un poisson dans l’eau. Pierre-Cécil me présente des tas de gens tous les jours que je ne retiens pas mais je leur adresse un grand sourire : « Salut ! Tu vas bien ?

– Oui, oui. »

Bon, ça va, le fait que je n’utilise pas son prénom ne l’a pas traumatisée. En plus, en RH, y a que des bonnes femmes, sauf choupinou donc c’est pas facile de les différencier. Puis je m’en fous, c’est pas avec elles que je bosse. Quoi qu’il en soit, après une première semaine, ce que j’ai rendu les satisfait donc je continue sur ma lancée. Cette semaine, je dois finir le rédactionnel pour la dernière semaine ne faire que de la mise en place et seconder Pierre-Cecil s’il a besoin de moi. Enfin, tout ça s’annonce bien.

La vie perso

Là aussi, piou piou les petits oiseaux. Déjà, côté familial, les bonnes nouvelles pleuvent. En ce moment, je m’entends à la perfection avec tout le monde, tant mes parents que ma sœur. De plus, le copain de ma sœur a été admis aux Pompiers de Paris ce qui semble être plutôt une exploit car le concours est difficile mais je me faisais pas vraiment de soucis pour lui pour être honnête. D’abord, les cartes m’avaient dit qu’il allait réussir. Ensuite, ça fait 5 ou 6 ans qu’il est pompier volontaire donc il sait quand même de quoi il s’agit. Donc voilà, il va bientôt entamer sa formation.

Côté « ma maman est une farceuse », il y a un mois, elle m’appelle et mauvaise nouvelle :

« mes analyses sanguines sont mauvaises, j’ai peut-être un lupus.

– Heu… Je sais pas ce que c’est.

– C’est une maladie dégénérative. Bon, c’est pas rapide, ça se dégrade sur 50 ans mais bon… »

Oups, en effet, ce n’est pas vraiment une bonne nouvelle. Bon, on fait le tour des médecins car les analyses sont curieuses : disons que tous les tests sont négatifs sauf son taux d’agents antinucléaires. Donc son médecin lui fait arrêter les bétabloquants qu’elle prenait pour son hypertension « pour voir ». Samedi, elle m’appelle : « Bon, j’ai tous mes résultats, tout va bien et en plus, ton père va me payer une nouvelle voiture ! ». Les deux parties de cette même phrase n’ont aucun rapport l’une avec l’autre mais elle était euphorique comme une gamine à qui on offre la maison Playmobil. Du coup, sa voiture actuelle échoit à Anthony et Alice mais elle me rassure : « tu sais, si tu as besoin d’une voiture, un jour, on t’en achètera une, hein, te sens pas lésée ! ». Je ne me sens pas du tout lésée et je vois pas ce que je ferais d’une voiture ! Actuellement, j’ai 15 mn de bus pour aller bosser, je peux lire Courrier International durant le voyage, j’ai pas à m’emmerder à garer mon véhicule où que ce soit… Qu’est-ce que je ferais d’une voiture ? De toute façon, j’ambitionne de devenir une vraie citadine à la Carrie Bradshaw, moi, c’est-à-dire, prendre le taxi en toute circonstance. D’ailleurs Carrie Bradshaw a-t-elle le permis ? Rien n’est moins sûr.

Vous me direz, ne reste que l’amour pour que le tableau soit complet. Et bien, il l’est complet, le tableau, une histoire qui se dessine à une vitesse peu croyable mais ce n’est pas encore le moment d’en parler, je le garde pour moi. Disons que l’histoire est merveilleusement résumée par cette chanson d’Etyl, « Moi, je » (oui, c’est ma came musicale, en ce moment) :

 
Moi qui suis pourtant restée seule,
Pour n’en vouloir qu’à moi-même
Quand ça va pas
Fatiguée de reprocher
Les mêmes manques, les mêmes
Erreurs, les même faux pas
 
Refrain : Moi qui me protège, qui court qui vole
Je me vois aujourd’hui
Sûre de vouloir être là
Oh j’ai tant cru en de belles paroles
Que tes silences timides
Me rassurent tout bas
 
Moi qui suis pourtant malhabile,
Encombrante, jamais docile
Me voilà
Avec toi, devenue plume
Une fois la nuit tombée devenue lune
Devenue chat
 
(refrain)
 

J’ai retrouvé le sourire, il ne me quitte plus. Et c’est le pied ! Vu toutes les loses qui se sont accumulées les 6 derniers mois, pour compenser, je ne peux avoir que le bonheur.