Où trouver l’homme ? Episode 33 : à la mairie

A la recherche du prince charmant

(Petit lecteur, je te rappelle des fois que tu débarquerais que tout ceci n’est qu’une fiction même si, pour cet épisode, y a un gros

fond de vérité genre que je passe mon temps à la mairie en ce moment)

Ouais, super, mes parents ont eu une grande idée : un ultime voyage de famille tous ensemble avant l’arrivée de la 3e génération. D’ailleurs, ma sœur serait gentille d’y penser un peu, je veux être tata ! Donc voyage avec de l’avion et tout. Sauf que qui dit voyage dit pièce d’identité.  Permis, ok, passeport périmé depuis 2002 et carte d’identité (portée disparue) depuis 2007. Il faut donc refaire les papiers.

Après plusieurs tentatives refoulées par un « mais elle va pas votre photo, on voit pas bien vos oreilles ! ». Je sais que mes oreilles sont incroyablement mignonnes mais là, on voit bien que j’en ai deux, quand même. Et la mèche qui traîne sur le front, ça va pas non plus. Tu veux dire que tu veux vraiment que ma ridule apparaisse pour les 10 prochaines années sur ma carte d’identité ? Sérieux ?  Okayyyy. Après une ultime tentative, la photo passe (ouais !) mais voilà, il faut deux mois pour une carte d’identité, pas moins. Alors que je commence à pleurer en pensant aux vacances familiales que je suis en train d’assassiner, la dame me dit : « mais le passeport, c’est 15 jours ! ». Bouge pas cocotte, je vais acheter mes timbres fiscaux (88 euros dans la face) et je reviens.

Le lendemain, je suis fièrement avec mes timbres fiscaux, ma photo avec ridule intégrée, mon justificatif de domicile, bref, je suis parée. Alors que je vérifie toutes les pièces avec la gentille dame de la mairie [du genre trop gentille pour qu’on l’envoie promener quand elle refuse mes photos pour la 2e fois] entre un homme genre business man équipé d’une mallette qui vient refaire ses papiers lui aussi. Mmmm, un peu au dessus de l’âge de mes conquêtes ordinaires mais pas mal. L’effet costard peut-être.

Pendant que je remplis ma fiche pour dire qui je suis, qui sont mes parents, pourquoi je suis française, que mes yeux sont bleus et que je suis née dans le sud, un homme entre, le type businessman avec son attaché case qui se lave les cheveux avec Petrol Hahn genre quadra pas trop mal. Voilà qui devient intéressant. Pendant que la dame saisit mon dossier sur son ordinateur, option je tape avec un doigt, je jette des regards à la dérobée au quadra qui râle : « non mais ça fait la troisième photo que vous me refusez, tout ça parce que j’ai un reflet dans les cheveux, j’en ai marre maintenant ! En plus, les infos qu’il y a sur le site Internet du ministère ne sont même pas bonnes. Alors vous me prenez cette photo et si elle passe pas, je ferai une procédure, j’en ai marre maintenant ! ». Bon, ok, le coup de la procédure, c’est un peu bidon. Ensuite, le monsieur n’a pas de papiers d’identité vu qu’il les a tous perdus et quand il apprend le délai pour une carte d’identité, il re-râle (je valide, 6 semaines, faut pas déconner !). Du coup, je lui jette un œil et on s’échange quelques regards de connivence. Manifestement, il est ravi d’avoir un public.


« Vous avez toujours les yeux bleus ? »me demande la dame depuis son ordinateur. Alors soit les yeux peuvent changer de couleur entre 17 et 28 ans et je ne suis pas au courant, soit c’est une question très très con qui a le mérite quand même de faire remarquer à l’assemblée que mes yeux sont bleus. Pas si mal. Je surveille l’air de rien l’avancée de son dossier mais son scandale lui a fait perdre du temps et je récupère tout ce qu’il me faut bien avant lui. Or je dois aller bosser, je vais pas traîner dehors pour le plaisir. Miiiiiiiiiiiiiiiiinceeeeeuh ! Ah mais reste une possibilité : on a fait tous les deux un passeport donc si sa photo passe on viendra le chercher en même temps.


Dans 15 jours, je fais péter la jupette. Enfin, si l’hiver veut bien aller voir ailleurs si j’y suis.

Dis, tu m’épouses ?

Je coupe un peu la saga « mon nouveau job » parce que sinon, ça va saouler tout le monde, moi comprise. Donc aujourd’hui, j’aborde un sujet qui n’est pas forcément
au cœur des préoccupations des vingtenaires : le mariage. Ou plus précisément la demande en mariage.

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Tout débute car une conversation avec ma sœur samedi soir. On discute de tout et de rien quand on en vient au sujet mariage. Disons que moi, je veux être tatie et je peux pas
être tatie tant qu’ils sont pas mariés (a décidé ma sœur mais souvenons nous que son cher et tendre est pompier et que si jamais un malheur arrivait et qu’ils ont des enfants… Bref). Donc
forcément « et c’est quand que vous vous mariez ?

– Quand Anthony me le demandera et ça peut être long ! ».

Oui, faut savoir qu’Anthony, ses potes le surnomment papi, c’est vraiment le Père tranquille donc effectivement, ça peut prendre du temps avant qu’il ne se décide. Bien que
moi, je le soupçonne de prévoir son coup en douce mais ma sœur ne me croit pas. Donc elle m’explique qu’elle le fait souvent chier à ce propos (oui, ma sœur et moi, on partage les mêmes gênes, je vous rappelle), elle lui a même fait remarquer que lors de leur voyage à Bali dans une quinzaine de jours, ils allaient se retrouver en haut d’un volcan à l’aube et que ce serait l’occasion idéale ! Alice, si tu me lis, s’il avait prévu de te demander ta main à ce moment là, t’as tout cassé.

Evidemment, n’étant ni une afficionada du mariage, ni en couple, le sujet ne m’a jamais travaillée mais d’en parler avec elle, je trouve ça amusant, je lui ai même suggéré de
faire un blog sur le sujet « quand me demandera-t-il en mariage ? ». Quand elle pose la question, il lui répond : « et pourquoi, toi, tu me demandes pas ? ». Alors vous ne connaissez pas ma sœur mais vous avez plus de chance de la voir manger une limace vivante que de demander son mec en mariage. Mais la question reste amusante. Comment demander quelqu’un en mariage ? Ou comment provoquer la demande ? Petite, forcément, le mariage me paraissait à peu près obligatoire, j’imaginais une demande hypra romantique, c’est à dire une sublime collection de clichés qui finalement, ne tient pas la route. La bague dans le champagne, comme je disais chez les Ra7or, faut être sacrément bigleuse pour pas la voir. Dans le dessert, c’est dégueulasse. Un soir, à l’air libre, au clair de lune avec une splendide déclaration, ouais mais juste en été alors parce que sinon, ça caille et les manteaux, c’est pas super top pour les câlins. Ni l’électricité statique. Aujourd’hui, j’aurais envie de ça, je crois que la demande idéale serait spontanée, du genre on est en train de passer un bon moment, on se sort une bêtise et là « t’es géniale, tu m’épouses ? ». Ah ouais, c’est ça que je voudrais, je crois. Bon, bien sûr, certains m’objecteront que la spontanéité, attention, il a peut-être dit ça comme ça et va le regretter, gna gna gna. Mais trop préparé, moi, je trouve que ça fait « bon, faut se marier pour faire bien alors je te demande ça avec plein de bougies autour pour que ça permette au diamant de briller de mille feux et tu dis oui, merci ». Et pourtant, j’aime bien les bougies. Par contre, le côté spontané de la demande, pas en pleine brouette parce que là, ça va vraiment faire « je dis ça parce que dans ses moments-là, je dis n’importe quoi ».

 Maintenant, je me pose la question : le mariage a-t-il toujours autant de valeur ? Du coup, la demande en mariage est-elle encore une étape importante dans un couple ? Bon, n’étant pas en couple ni fana du mariage (oui, je me répète, je sais), j’ai forcément du mal à me projeter. A l’époque de mon histoire avec Guillaume, la question ne se posait pas, je me trouvais trop jeune. Mais aujourd’hui, si mon mec imaginaire me demandait en mariage, serais-je émue, amusée, blasée ? Dirais-je oui, dirais-je non ? Si je dis non, il m’en

veut à mort ? On peut rester ensemble sans se marier, si ? Pour lui, la question serait bien sûr du quand, du comment. J’imagine que quand on décide de poser la question, ça cogite dans la tête de monsieur. Au resto ? A la maison ? Pendant qu’elle se brosse les dents ? Avec ou sans bougie ? Et la bague, comment ?

Finalement, tout ça me paraît bien compliqué. D’un autre côté le « on s’est marié parce que ça coûtait moins cher pour les impôts », j’ai toujours trouvé ça glauque. Bah oui, je suis pas forcément mariage mais quitte à franchir le pas, autant que ce soit un peu romantique quoi !