L’’amour rend neuneu

L’autre soir, soirée avec miss Tatiana, je savais que ce serait l’occasion de trouver de nouveaux sujets d’articles et ça n’a pas raté. Donc, nous sommes dans notre période « bouh, l’amour c’est nul, ça pue des pieds, ça craint du boudin… ». Enfin, on est super gaies, quoi. A un moment, on parle des autres couples, disant qu’on est pas encore totalement aigries puisqu’on n’a pas envie de mordre tous les couples qui osent se rouler des pelles devant notre nez. De là, on part à délirer sur la chanson d’Anaïs et notamment la partie « non,
c’est toi qui raccroche… non, toi…nooooon, toi ! Bon, je te rappelle. » et là, Tatiana me sort la réflexion la plus intelligente de la soirée (enfin non, on a dit plein de trucs intelligents à part ça) : « de toute façon, dès qu’on parle à notre mec au téléphone, on prend une voix débile ».
femme-amoureux-parler-au-telephone
 
En voilà une idée d’article ! Quand elle me dit ça, je rigole. C’est vrai que quand on est amoureux, qu’est-ce qu’on peut être tarte, parfois. Quand je dis on, je m’inclus dans le lot. Voilà d’ailleurs pourquoi je déteste appeler un mec qui me fait craquer car je minaude et je suis proprement ridicule. Où est donc la femme brillante qui peut potentiellement charmer le monsieur ? Heu…aux oubliettes, à la place, on a la petite sœur de Lorie. Et ça minaude, et ça roucoule, et ça glousse, et ça se montre incapable de sortir le moindre mot intelligent. Et
je ne suis pas la seule ! Si vous regardez un peu les gens dans la rue, vous pourrez voir quels sont les personnes qui parlent avec leur moitié. Déjà, sourire dès la sonnerie, un « allo » tout plein de tendresse et de niaiserie. En général, quand on est en ligne avec son amoureux, on sourit bêtement en penchant la tête. Et si vous pouvez entendre la conversation, vous entendrez des tas de « oh mon roudoudou… hihihi ! Ooooooooh ! C’est pas vrai ? Ahahah ! Moi aussi je t’aime mon cœur. Mais oui mon petit canari ! ». Mais bon, je me moque mais je suis pas mieux. Je me souviens, avant de sortir avec Alex, on s’envoyait 30 texos par heure et je passais mon temps à sourire en les lisant. Et le pire c’est que, une fois en couple (si, si, j’y arrive quand même), ça s’arrange pas.
 
Bon, au début, ça va, je me contente de roucouler, de prendre une petite voix pour lui demander un bisou, un café ou une bague (non, je déconne). Le pire, c’est que je le fais même pas exprès ! Une fois, j’étais à table avec Guillaume 1er à la fac et un de ses amis quand je lui demande je sais plus quoi en prenant ma petite voix et son pote me demande pourquoi je prends cette voix de gamine et là, je le regarde avec les yeux ronds : de quoi ? Je m’en étais même pas rendu compte ! Faut dire qu’avec Guillaume, on aimait bien faire les nouilles. Notre grand truc, c’était de se tortiller dans tous les sens, de faire de grands yeux et de faire la moue en idsant : « hé, regarde comme je suis mignon(ne) ! ». Ouais, je sais, quand on fait pas partie du couple, c’est ridicule, mais nous, ça nous faisait bien marrer. Sans parler de nos « bagarres » que je perdais systématiquement parce que je suis nulle en bagarre (mais je suis forte pour me tortiller et m’échapper de son étreinte avant qu’il me lèche la face, la punition du perdant).
 
De toute façon, tous les couples roucoulent, on le fait même pas exprès. Puis on oublie aussi souvent la conjugaison à la première personne du singulier. Il n’y a plus de je qui tienne, ce n’est que des nous, nous, nous… ou on. Parce que sortir sans mamour, c’est un peu impossible, tu comprends ! A ce propos, la preuve la plus flagrante de ma niaiserie des couples : les surnoms ! Et moi, j’avoue, je donne donner des surnoms vraiment pourris à mes mecs et le pire, c’est que ça m’amuse ! Guillaume 1er, par exemple, a hérité du ridicule « poussin ». En fait, au début, je l’appelais comme ça pour le faire râler mais à force, c’est resté. Ça amusait beaucoup mon père qui foutait une référence à ce surnom dès qu’il pouvait comme sur une carte postale que j’ai reçu : « passe le bonjour a poussin ! ».  Maintenant, c’est la menace avec mes chéris : quel sera ton surnom tout pourri ?
 
Bref, tous les couples sont niais, neuneus (et chiants, souvent). Mais bon, c’est aussi parce que les couples en général leurs propres codes, références et jeux, aussi, totalement opaques pour ceux qui ne font pas partie du duo. Parce que ce qu’on reproche aux autres, les mamours, les petits pioux dans le métro, on en fait tout autant quand on a une moitié mais on ne s’en rend même pas compte. Oui, c’est vrai que de l’extérieur, les mamours ou poussin, c’est un peu ridicule. On le sait tous très bien. Mais si ça nous amuse de nous appeler comme ça, personne ne comprend sauf nous. Et c’est ça qu’on aime !

Ils sont fous ces Anglais !

Par Gauthier
 
Lecteur, à l’inverse de nos hommes politiques, quand je fais une promesse, je la tiens. Donc voilà le résumé de mon week-end londonien.
 
Dimanche matin, 8h07, l’Eurostar se met en branle pour Londres. Oui tu as bien lu, 8h07 !!!! Je suis fauché donc je prends les voyages pas chers, et manifestement à 8h du mat’ un dimanche c’est pas blindé donc ils cassent les prix.
 
Tout le monde pionce dans le train (tu m’étonnes), et le voyage se passe sans encombre.
 
*pause*
 
Word vient de planter, mais moi, j’avais fini mon article, 20 min de boulot disparu, envolé, bouffé par ce con de logiciel qui déconne autant qu’il peut ! AAAAAAAAAAAHHHHHHHH
 
Donc je dois recommencer, mais j’ai fichtrement aucune idée de ce que j’ai bien pu raconter pendant 20 min, mais alors pas du tout ! Parce que vous vous pensiez que je réfléchissais quand j’écrivais mes articles ? C’est mignon… Mais non !
 
Je vais donc écrire quelque chose d’autre, et toc ! Vous avez qu’à vous en prendre à Bill Gates !
 
*reprise de l’article*
 
Pour la peine je vais faire quelque chose de pas du tout chronologique, ça vous va ? Tant mieux…
 
Soho :
 
Soho est le quartier gay de Londres, ou le quartier gay fait partie de Soho, je sais plus, mais en gros sachez que c’est là quoi ! C’est autour d’une espèce de tour version mini-tour Montparnasse (Centre Point c’est son nom). Et c’est tout aussi moche que la nôtre au passage. Le coin gay est flanqué des quartiers chinois et indien, donc il ne faut pas se tromper ! Oui parce que même à Londres, demander où est la backroom dans un resto chinois, ça se fait pas…
 
On est allé dans un bar, le G.A.Y, un des plus connus et des plus courus de ce côté du Channel. En fait il y a trois G.A.Y dans le quartier, les gens y vont selon l’heure, un peu comme en Espagne. Nous on n’a vu que le premier. Il était 21h et des brouettes, on sortait du resto. À cette heure-là en France les gens mangent encore. À Londres, ils sont déjà complètement morte poule. Mais quand je dis morte poule, c’est que même moi à côté, je fais petite joueuse…
 
Et les tenues, c’est du grand n’importe quoi. Un espèce de mélange entre pute grunge et pute techno, mais toujours avec la pute touch’ ! Mais surtout ce que j’aime chez les tafioles anglaises, c’est leurs corps… À Paris, pour être gay, il faut trois choses : un abonnement dans un centre de bronzage, un abonnement chez une esthéticienne, et un abonnement dans une salle de gym. Ne disposant d’aucun des trois, je ne suis qu’une pauvre tafiole provinciale qui ramasse du thon (comme elle) ! Et j’exagère à peine… Là bas, ils sont tous obèse, moche, vulgaire, bref, au milieu de tout ça, je suis un Dieu ! J’adore Londres 😉
 
Je finirai par la musique. Que dire sur la musique ? Les bars anglais font à la musique ce que la reine d’Angleterre fait à la mode. Vous saisissez ??? (je sais, elle est pas de moi celle-là, mais je l’adore !). Le pire de tout, c’est que dans le G.A.Y où on était il n’y a pas de DJ, mais un juke-box pour choisir les clips qui passent dans le bar, et tout ce que je peux dire c’est qu’ils ont de goûts musicaux qui leurs sont propres…
 
Mais bon, j’y suis allé dimanche soir avec Baby Boy, et Lundi avec Mister Big, son doudou et le mien, et on a bien picolé, parce que les anglais souffre avec la musique, la mode, leurs corps, mais ils ont un moyen d’oublier : la dose d’alcool est à £1,60 !!!!! À ce tarif-là, si je deviens londoner, on me change le foie au bout de 3 semaines !
 
Les musées :
 
Oui je suis allé au British Museum, à Westminster, à Saint Paul, à la Tate modern Gallery, à Trafalgar, à Buckingham, au City Hall, au London Eye… Et si vous me croyez pas, j’ai les photos ! Bande de putes qui doutaient du but touristique de ma visite londonienne ! Sachez-le, je n’ai pas visité que mon homme 😉
 
Oui je sais, elle était facile, mais j’avais envie de la faire celle-la… Donc voilà, je ne vais pas m’étendre sur les fastes de la capitale britannique, parce que dans le fond on s’en fout !
 
Mon Baby Boy :
 
Il est génial. On a fait des bébés 5 à 8 fois par nuits… Je suis une épave, je ne vais plus pouvoir bander avant 2007 ! C’est que je me fais vieux moi, je n’ai plus l’habitude de faire ça tout le temps, dans toutes les positions, avec les coloc qui jouent de la guitare et chantent pour couvrir le bruit du lit qui rend l’âme…
 
Mais je dois faire un bilan de ces trois jours : du sexe, des balades, des conversations sur des sujets légers et d’autres moins, bref ça ressemble à quelque chose que je connais, mais je n’arrive pas à mettre le doigt dessus ! Vous savez quand deux personnes partagent des choses ensemble, et qu’elles sont heureuses de le faire… C’est quoi ? Un couple ? Non.
 
On en a parler, et on est arrivé à la même conclusion, si on vivait dans la même ville, si on parlait la même langue, si on avait pas autant de cadavres dans nos placards, on ne se supporterait pas. Et ça ne marcherait pas entre nous. Ça marche parce qu’on ne se voit pas, parce qu’on ne se comprend pas ? Oh que si on se comprend, mais on ne sait pas pourquoi…
 
Alors voilà, faut-il tout foutre en l’air parce qu’avec tous ces « si » on sait que ça va dans le mur ? Ou faut-il se la jouer subversif, nouveau genre, comme dirait Mister Big « tu fais du couple par intérim ! ». Oui et en fait ça nous va bien à tout le deux, on ne veut pas plus ! Du moins pas pour l’instant.
 
Alors voilà, je suis en couple, mais en fait non, j’ai quelqu’un, mais je suis seul, et je suis heureux et épanoui… Que demande le peuple ? Rien, il applaudit !
 
Bilan :
 
Je suis fauché, il me faut un job, je dois finaliser mon rapport, et je n’ai plus de quoi me prendre une cuite en boite… Mais surtout je n’ai plus envie de baiser, et ce soir j’ai annoncé à fuck-buddies que je ne voulais plus les voir, c’est un bon début non ? Pour moi ça l’est en tout cas…
 
 
New Gauthier, on sale now !
 
 
Ps : lecteur si tu passes à Londres, envoie-moi un vidéo-mail, c’est gratuit, il y a des bornes Internet partout, et moi ça me fait délirer… gauthier.vingtenaire@mac.com Et une fois que je pourrais mettre des vidéos perso ici, je les publierais 😉 (enfin si tu le souhaites bien sûr)

Dans le métro

Aujourd’hui, je rédige un petit article typiquement parisien mais qui peut s’adapter à plusieurs grandes villes. Parce qu’aujourd’hui, j’ai envie de faire dans le léger, je vais vous parler du métro (et RER). Prenez votre ticket (ouais, c’est pas beau la gruge) et asseyez-vous sur un strapontin et on y va.
 
Bon, le métro, j’ai pas découvert à Paris, on en a un à Toulouse, un métro super moderne avec portes automatiques et sans chauffeur. Et on avait aussi nos heures de pointes, si, si ! Je me souviens, quand je sortais de cours à 18h, je devais partir vers la banlieue pour descendre à la station suivante et repartir vers le centre ville pour squizzer le monde à la station du Mirail. A la fin, je devais même partir deux stations plus loin vu qu’on était nombreux à appliquer la même combine.
 
Mais le métro parisien, c’est une autre dimension. 14 lignes plus 5 lignes RER, je ne sais combien de stations, c’est quand même quelque chose. Certaines stations sont purement dantesques. Par exemple Châtelet ou Auber, vous descendez d’un côté, vous prenez des tapis roulants, des escalators, des ascenseurs pour aller d’une ligne à l’autre. Montparnasse aussi, c’est pas mal avec le tapis « ultra rapide » avec une voix qui dit : « gardez vos pieds à plat. Gardez vos pieds à plat. Gardez vos pieds à plat » parce que si vous levez les pieds au moment où vous passez du tapis à bille (hyper casse gueule, soit dit en passant) au tapis roulant, ben paf ! vous tombez. Outre le ridicule de la situation, je vous le conseille pas, un coccyx, c’est fragile. Et puis un bleu aux fesses, c’est délicat et douloureux, pas top de passer sa vie assise sur une fesse car l’autre est hors service.
 
Mais surtout le métro parisien, c’est une aventure olfactive de tous les jours. Ca pue. Selon les stations où vous vous arrêtez, vous êtes agressé par une forte odeur de viennoiserie industrielle et bien lourde, à éviter en cas de nausée. D’ailleurs, le jour où je suis enceinte, je prendrai plus le métro parce que ce genre d’odeurs, ça vous fait rendre une femme qui va enfanter ! Et encore, ces odeurs sont les plus sympathiques ! Parce qu’un peu plus loin, vous avez droit à la forte odeur d’œufs pourris venant des égoûts voisins ou pire, l’odeur chaude et piquante de l’urine. Alors, ça, c’est un truc que je ne comprends pas ! Comment peut-on se laisser aller dans les couloirs du métro, c’est vraiment dégueulasse ! On n’est pas des chiens, que je sache ! C’est pas comme si y avait pas des sanisettes partout en ville ! Enfin, vous passez dans toute cette forêt d’odeurs pour le moins agressives, un vrai bonheur !
 
Maintenant, prenons une Nina, un poil étourdie et pas vraiment douée du sens de l’orientation, et mettons là dans les dédales du métro parisien. Ca nous fait plein d’anecdotes. Par exemple, hier soir, je suis sortie au théâtre, j’avais rendez-vous avec Sab à Bastille. Inspirée, je décide de quitter le RER A à Auber plutôt qu’à Châtelet et prendre la ligne 8 pour gagner du temps. Je sors donc du RER et suis les indications « ligne 8 », je prends un tapis roulant et là, je me retrouve face à deux escalators, l’un en direction de Créteil, l’autre Balard et aucun panneau pour me dire quelle direction je dois prendre donc au hasard, je prends Balard. En montant les escaliers, je me représente le plan. Ah bien y réfléchir, Créteil est à droite du plan, Bastille aussi, par rapport à Auber/Opéra, je prends pas la bonne direction, je suis sûre ! (droite = est mais bon, je suis pas géographe, moi). Le métro arrive, je monte dedans et regarde le plan : ouais, je suis pas dans le bon sens ! Bon, je ressors aussi sec, je décide d’aller de l’autre côté mais les panneaux m’indiquent pas l’autre ligne 8 (oui, je suis pas censée la rejoindre à partir de ce quai-là !) donc je dois ressortir de la station et re-rentrer. Bravo le gain de temps !
 
Un autre jour, je déjeunais dans le sentier avec une collègue de l’asso. En repartant, j’étais perdue dans mes pensées, occupée à dresser la liste de tout ce que je devais faire (bonjour le truc) et donc, je fais pas gaffe, je le prends dans le mauvais sens. Donc je descends à la station suivante, Réaumur-Sébastopol, et décide de rejoindre Les Halles en prenant la ligne 4. Mais y avait pas les panneaux indiquant la liste des stations donc je choisis une direction au hasard et évidemment, je prends pas la bonne. Du coup, je suis descendue à la station suivante pour prendre la ligne 9 et rejoindre St-Lazare. Oui, j’ai un art certain pour perdre du temps. Par contre, une fois, j’ai été trop forte : en suivant la direction que je pensais la bonne, je me suis plantée et me suis retrouvée dans l’autre sens… Et finalement, je me suis rendue compte que j’ai bien fait de me planter puisque j’avais choisi la mauvaise direction. Oui, je sais, des fois, faut que je descende de ma planète.
 
Sinon, le métro est un haut lieu culturel où se produisent des artistes au talent… particulier. Quand je bossais en CDD, je devais prendre le RER pour aller dans la ville sur laquelle je travaillais. Systématiquement, à une station, montait tout un tas d’artistes, accordéonistes ou chanteuses avec ampli qui avaient toutes la même voix (mais je ne dirai pas qu’elles font du playback), des trucs cauchemardesques, j’entendais même plus mon lecteur mp3 ! Le pire c’est un jour, j’attendais le RER dans ladite ville pour retourner bosser, j’étais au téléphone avec Gauthier. La rame arrive, je m’avance vers une porte et je vois un accordéoniste ! Donc je cours dans la voiture suivante… et tombe sur la chanteuse à ampli. Et meeeeeeeeeeeeerde !
 
Enfin, le métro est un haut lieu de drague. J’en ai subi pas mal, comme la plupart des filles. Des mecs qui me matent fixement, ce qui me met extrêmement mal à l’aise, de ceux qui me parlent de mon lapin en peluche accroché à mon sac. Le pire ? La main au cul. Classique aussi mais très désagréable. Maintenant, j’ai la solution : le bouquin et le strapontin. Dès que je peux, je m’assois et me plonge dans la lecture de tout et n’importe quoi comme ça, je fais abstraction de tout, une vraie petite bulle de détente ! Et franchement, je crois que c’est la seule façon de pas virer dépressive !
 
Alors, lecteur, si tu croise une petit châtain qui lit dans le métro et même continue sa lecture en sortant de la rame parce qu’elle a pas fini son paragraphe, avec un lapin en peluche sur son sac et qui ne regarde pas du tout où elle va (sans doute dans la mauvaise direction), y a de fortes chances que ce soit moi !

Allez, casse-toi

 Non, lecteur, reste, ce n’est pas à toi que je parle. Tu es rassuré, hein ? Allez, va chercher un café à la machine (oui, je sais que tu me lis quand tu es au boulot, ne le nie pas !), pose ton petit cul sur ton fauteuil de bureau, débranche le téléphone et c’est parti. Aujourd’hui, je vais te parler de l’expatriation.
 
Le monde est bleu
 
Prenons un jeune diplômé. Par exemple moi mais pas forcément. N’importe quel jeune fera l’affaire. Bon voilà, on a bien travaillé et nous voilà avec un diplôme où y a marqué bac+5 dessus, ce qui veut dire qu’on a fait au moins 5 ans d’études supérieures mais en général plus. Si on me prend moi, j’ai fait 7 ans : 5 ans d’histoire (bac+4, j’ai fait ma maîtrise en deux ans), 1 an de science politique et un an de journalisme. 7, donc. J’ai produit deux mémoires qui ne feront certes pas date dans l’histoire de la recherche universitaire puisque je crois que l’un n’est pas consultable et l’autre traite d’un sujet qui n’intéresse que moi (le Québec et la lutte indépendantiste de 92 à 2001, c’est quand même hyper intéressant, je vous jure). Je n’ai pas trop fait baisser les stats de réussite puisqu’en 7 ans, j’ai chu juste une fois (en maîtrise), je suis passée une autre fois en septembre, j’ai fini trois années avec mention (même 4 sur on compte la première année). J’ai acheté plein de bouquins écrits par mes profs, j’ai assuré les beaux jours de Copyrep… Bref, une étudiante comme les autres. Et une fois avec mon diplôme en poche, après avoir donné mes plus belles années à l’université française… Rien.
 
Quand je parle de mon chômage (enfin quand j’en parlais), on me faisait souvent la même réponse : pars dans un autre pays. Ah ? J’ai vécu 26 ans en France, j’ai des diplômes français et la seule chose que le pays dont je suis citoyenne a à m’offrir, c’est l’expatriation. Ben, merde alors ! Si je voulais pas faire ma vie en France, j’aurais fait des études dans le pays qui m’intéresse directement ! Comme ça, tout le monde aurait gagné du temps, j’aurais pas à m’emmerder avec des histoires d’équivalence, de visas de travail et tout ça. Et puis je me vois bien débarquer dans un journal étranger « Bonjour, je suis française je veux bosser chez vous !
– Vous avez suivi nos actu ?
– Heu… Si je connais le nom de votre premier Ministre, vous m’embauchez ? »
Bon, évidemment, si on me prend, ce sera surtout en tant que spécialiste de la France mais tous les pays ne sont pas obnubilés par notre petit hexagone. Vous croyez qu’ils en ont quelque chose à foutre du retour triomphal totalement préparé de Juppé à Londres ou à Rome. A la limite, à Montréal, vu qu’il a été prof au Canada, ça peut faire un entrefilet… Si je me démerde bien, je peux faire un petit billet sur la manie des politiques français qui ne cessent de quitter la vie politique pour mieux y revenir mais c’est un autre sujet.
 
Je n’ai rien contre l’idée d’expatriation, je ne dénonce pas du tout ça, entendons-nous bien. Quand je vois les ponts d’or que fait Londres aux mecs qui sortent d’HEC, c’est bien normal qu’ils se tirent. Mais quand je lis que 53% des expatriés ont moins de 35 ans, là, je commence à m’interroger. La France a donc un tel mépris pour ces jeunes qu’elle n’en veut plus ? Je ne suis pas très nationaliste mais merde, j’ai envie de bosser dans ce pays où je suis née, j’ai grandi et fait mes études. Je suis citoyenne de la France, je vote à chaque scrutin (même pour le quinquennat, j’ai voté !), je me sens assez impliquée dans la vie de mon pays. Mais le pays ne s’implique pas pour moi. Et quand je dis moi, je ne suis pas la seule jeune sur le bord de la route !
 
Et pourtant, les politiques pleurent sur la fuite des cerveaux et compagnie mais qui est le fautif ? Je ne suis pas la meilleure journaliste du monde mais les meilleurs d’entre nous n’ont pas leur place en France alors qu’à l’étranger, on les accueille comme des princes, avec des salaires de dingues. Bon, évidemment, vivre à Londres, ça coûte cher donc normal que le salaire soit supérieur. Mais ça m’agace que l’on doive partir pour avoir une carrière digne de ce nom. Ne peut-on pas choisir notre pays d’habitation ? Quand je vois qu’au bout d’un an de chômage, on me propose encore (et quasi uniquement) des stages, je me dis qu’effectivement, je devrais aller voir ailleurs si on me propose pas autre chose. La France est clairement un pays de vieux qui se méfie de tout ce qui n’a pas la trentaine. La preuve, en politique, à 50 ans, vous êtes un « jeune loup » (genre Nicolas ou Ségolène) ! On ne renouvelle pas les cadres et dès que vous arrivez pour un boulot, vous n’avez jamais assez d’expérience. Même pour des stages, maintenant, on n’en a pas assez ! Mais évidemment, connard, je peux pas avoir d’expérience si on me donne pas la possibilité d’en avoir ! Et encore, si on regarde mon CV, je m’en sors pas trop mal puisque mon dernier stage n’en est plus un (oui, là, vu que j’ai toujours pas de nouvelles, je suis même en CDI, pour le moment !). Mais bon, c’est jamais assez… Alors qu’à l’étranger, nos nouveaux diplômés plaisent, pourquoi en France, on n’est jamais assez formés ?
 
Et que se passera-t-il le jour où nos dirigeants actuels partiront à la retraite et qu’il n’y aura personne pour les remplacer car on se sera tous cassés ? Parce que je suis vraiment pas sûre qu’on ait envie de revenir dans un pays qui nous a expliqué pour trouver du travail, il fallait se casser.

Hommes-femmes : condamnés à s’’affronter ?

Cet été, j’ai lu un petit roman délicieux écrit par l’hilarant François Reynaerts que je porte aux nues. Ce livre, « Nos amis les hétéros », met en scène un journaliste, Basile, pédé de son état, qui rencontre l’Amour avec un grand A. Bon, je vais pas vous raconter le roman, zavez qu’à le lire, il est très drôle en plus et pas mal subtil. Dans ce roman, cependant, Basilou (oui, j’aime les surnoms en ou) observe les couples hétéros qui évoluent autour de lui et se désespère de cet antagonisme perpétuel qu’on essaie de créer et de recréer entre les hommes et les femmes. Et en lisant, je me désespère avec lui.
 
 amis-heteros
Prenons le cas d’un couple hétéro. Physiologiquement, les deux individus sont différents : elle a des seins et un vagin, il a un pénis et des testicules… Bon, bref, hommes et femmes, c’est pas pareil, ça se voit au premier coup d’œil. Mais bon, je vais pas te faire un dessin, je sais que tu es intelligent, lecteur, tu aurais pu trouver ça tout seul. Mais caractériellement parlant, c’est pas forcément non plus la même chose. On nous dresse une liste des caractéristiques typiquement masculines et féminines, la science nous explique même qu’on n’utilise pas le cerveau de la même façon. J’en ai déjà parlé, je vais pas reprendre la théorie. Seulement, aujourd’hui, je n’ai plus la sensation que les rôles soient bien arrêtés dans les couples : les hommes cuisinent, les femmes bricolent et vice et versa. Bref, aujourd’hui, l’attribution des tâches dans le couple ne se fait plus forcément par rapport au sexe mais par rapport aux appétences de chacun. Après tout, si la femme adore passer la tondeuse et trafiquer le moteur de la voiture alors que monsieur est un dieu de la blanquette de veau, autant que chacun s’exprime là où il est doué. Y a bien qu’Eric Zemmour pour s’en alarmer. D’ailleurs, faudra un jour que je lise son bouquin, histoire de m’énerver un peu !
 
En plus, aujourd’hui, un couple ce n’est plus forcément un homme et une femme et je parle pas de triolisme ! Et quand je parle à Gauthier de ses hommes, il a les mêmes problèmes que moi avec les miens (enfin, à peu près), il ne les comprend pas mieux que moi. Et si on comprenait enfin que les problèmes de couple ne viennent pas d’une question de genre mais une question de deux caractères qui cohabitent avec les soucis que ça peut parfois engendrer ? Des fois, après une déception amoureuse, je dis « bouhouhou, je vais me faire lesbienne ! Quoi que non, je tomberais sur une garce ». Parce que le problème, ce n’est pas l’Homme mais l’individu qui partage ma vie. On peut pas s’accorder avec tous les caractères, c’est comme ça mais si je sortais avec une fille qui a un caractère totalement contraire au mien, ça ne marcherait pas mieux.
 
Et pourtant, et pourtant… L’autre soir, je me baladais sur le net et je suis tombée sur les blogs des nanas de Ladys’ night, l’émission pseudo Sex and the city de Paris-Première.
L’une d’elle a d’ailleurs avoué que tout était bidonné et qu’elles jouaient des rôles et franchement, ça m’étonne pas, ça sonnait super faux. Bon, c’est pas le sujet. L’une d’elle, Marie-Laurence, celle qui avait une voix super pénible, va sortir un livre sur les hommes. Bon, déjà, une nana qui explique par A+B sur son blog que la sodomie, une fille ne l’accepte que pour faire plaisir à son homme car elle n’en retire aucun plaisir et que ça lui fait mal, j’ai un peu peur… Bon, donc, cette demoiselle a rédigé un ouvrage « tout savoir sur le femmes » et prépare la version masculine avec des questions aussi existentielles que, je cite (oui, je caricature même pas !) : « Pourquoi sifflent-ils? » ou encore « Pourquoi ne déboutonnent-ils par leur chemise avant de l’enlever? ». Oh putain, des questions vraiment essentielles ! Je suis sûre que si je sais pourquoi un mec déboutonne pas sa chemise, je pourrai vivre avec un individu de sexe masculin sans problème.
 
Et notre amie Marie-Laurence n’est pas la seule. Déjà, ado, dans les ok podium et autre Jeunes et jolies, on nous expliquait les garçons. Pourquoi il font ça et pas ça et pourquoi
ils disent ça et pas ça. Des fois, je lisais et je me disais « merde, je suis un vrai mec ! ». Parce que moi aussi, des fois, je m’endors après une brouette, parce que moi aussi, des fois, j’ai des « je t’aime » qui ne veulent rien dire qui peuvent m’échapper pendant l’acte, parce que moi aussi, des fois, je siffle (mal), que je marche les mains dans les poches et que même, il m’arrive de pas déboutonner ma chemise et que je l’enlève par la tête.
Alors pourquoi on veut toujours dresser les hommes comme les femmes, nous expliquer qu’on est pas faits pour s’entendre mais qu’il faut faire des concessions pour mieux nous
entendre. Parce que comme dirait Sophie Marceau dans L’Etudiante « tous les hommes sont menteurs, toutes les femmes jalouses… » et je sais plus quoi. Oui, j’ai des références culturelles qui tuent. Mais à force de toujours dresser les hommes contre les femmes, ne risque-t-on pas d’inventer des incompréhensions et conflits qui n’existent pas. Ne pourrait-on pas admettre que les hommes et les femmes ne sont pas radicalement différents ? Et qu’on arrête un peu de lister nos différences pour essayer de nous aider à vivre ensemble. Des hommes et des femmes vivent ensemble depuis des siècles et des siècles, pourquoi les pseudos-psys de librairie viennent tout compliquer avec leurs théories fumeuses ? Je vous le demande !

Grey’’s anatomy vs Urgences

L’autre jour, j’ai lu un article rigolo sur les séries médicales sur Libé, conseillé par Simon. J’ai donc décide de vous donner ma propre version des faits parce que les séries médicales, moi, j’aime bien, j’apprends des trucs. Par exemple, je connais les symptômes de la méningite, ça peut toujours servir…
 
Bon, alors, pour ceux qui n’ont jamais vu, je résume un peu. Urgences, c’est une série qui se passe aux urgences (dingue !) mais aussi un peu en chirurgie… Enfin, au départ, là, des chirurgiens, y en a plus qu’un, le petit frère de Dustin Hoffman, c’est dingue comme il lui ressemble. Alors que Grey’s anatomy, ça se passe direct en chirurgie. Donc c’est des histoires de docteurs, d’internes et d’infirmières qui soignent des gens, il y a parfois des histoires dingues. Urgences, ça se passe au Cook County de Chicago et Grey’s Anatomy à Seattle. Mais on voit pas bien la différence parce qu’il y a des buildings et un lac et que, de toute façon, les deux sont tournés en Californie.
 
La première différence qui saute aux yeux, c’est la propreté. Urgences, c’est le bordel, y a des gens partout, même des violents qui envoient tout promener, les brancards rentrent
à toute vitesse en défonçant la porte battante en hurlant les constantes du patient « Piéton contre voiture, il était inconscient sur les lieux de l’accident, température 37,2°, tension
13,6, plaie ouverte au tibia ! ». Les médecins enfilent à toute vitesse des tabliers en plastique jaunes transparents et des lunettes transparentes qui seraient super pratiques pour peler les oignons. Et puis dans Urgences, ça pisse le sang. Ils sont très doués les médecins pour toucher pile l’artère qui gicle, ils se retrouvent toujours avec du sang sur leur tablier et leurs lunettes, y a toujours des gens qui vomissent, on ouvre les thorax à la sauvage, on taille, on ouvre, on coupe, on piétine du boyau…Alors que dans Grey’s anatomy, c’est tout propre. Bon, on est en chirurgie donc tout est clean, même quand on découpe les corps, ça pisse pas le sang. On voit des organes et tout mais ça ne suinte ni ne saigne. Le plus trash, c’est quand la chirurgienne orthopédique oublie de se laver les mains après avoir fait pipi (tout un épisode sur le sujet).
 
Autre différence : l’ambition. Dans Urgences, il y a peu de médecins ambitieux. En fait, il n’y a que Peter, les autres préfèrent rester aux urgences et refusent les propositions des cliniques privées qui sont un peu le diable parce qu’ils ont à cœur de suivre leurs patients et de sauver des vies. Alors que dans grey’s anatomy, ils sont bouffés par l’ambition et c’est limite pénible. Par exemple, y a Christina, l’asiat’ très moche qui veut faire mieux que tout le monde et pique les patients de ses copains. Ca m’étonne qu’elle se soit pas encore fait éventrer à coup de bistouris, la Christina, je rêve de cette scène ! Et puis dans grey’s anatomy, ce sont tous les meilleurs. Derek est le meilleur neurochirurgien, il est marié avec la meilleure chirurgienne gynécologiste, Addison… Mais bon, malgré tout, ils vivent dans une caravane, ça laisse songeur… Bref, y en a pas un qui fait une connerie alors que dans Urgences, ils n’arrêtent pas. Le docteur Chen oublie un kit d’exploration dans le bide d’un malade, ils tuent tous quelques patients pour erreur médicale, genre Carol l’infirmière qui donne du sang B+ à un patient qui est A et donc, forcément, qui crève. Alors que dans grey’s anatomy, ils se plantent pas. Mais ils insistent pas non plus. Ils laissent souvent leurs patients crever sans trop se forcer alors que dans Urgences, il essaient de sauver les patients, faisant des massages cardiaques pendant une vingtaine de minutes avant qu’un autre médecin intervienne « non mais arrête, son cerveau est mort, ça sert plus à rien ! Heure du décès 16h48. »
 
Par contre, ce que l’on retrouve dans les deux séries, ce sont les accidents spectaculaires, les fusillades, les histoires de gang et tout ça. Bon, alors, moi, j’irai jamais à Chicago parce qu’il y a souvent des crashs, quand même des boeings, des hélicos… Pif, paf, tout ça qui tombent du ciel et des gens à sauver… ou pas. D’ailleurs, la semaine dernière, Largo Winch est mort aux urgences du Cook County… Le grand classique, c’est l’AVP (accident véhicule-piéton), c’est fou le nombre de piétons qui se fait faucher par des voitures pleines de conducteurs en état d’ivresse. Ils aiment bien les empalements, aussi, c’est fou tout ce qui peut traverser un corps sans tuer… Enfin, moi, je comprends pas, les mecs, ils ont une barre de fer qui leur traverse le bide et ils sont conscients. Moi, j’aurais une barre en fer qui me traverse le ventre et que je vois dépasser, je m’évanouis. Sans parler des multiples plaies par balle, le grand classique étant : faisons des radios pour retrouver la balle qui est quelque part dans le corps mais on sait pas où. Dans grey’s anatomy, c’est un missile qu’un patient a dans le bide. Puis y a les maladies super impressionnantes aussi du genre bactérie mangeuse de chair (celle qui a attaqué la jambe de Guillaume Depardieu ou de Lucien Bouchard, ancien Premier Ministre Québécois, j’étale ma science), des cancers, des tumeurs au cerveau, des maladies qui rendent les gens dingues, des cœurs qui marchent plus et qu’il faut remplacer, des fœtus morts nés qu’on ranime, alors même qu’ils
sont tellement petits que Kenya est plus grosse (pourtant, c’est une cro-crotte de même pas deux kilos) et qui sont un peu bleus aussi. Dans Urgences, aussi, y a la blague récurrente de ce qu’on retrouve dans un anus. Dans la première saison, c’est Carter qui subit ce bizutage puis dans la 4e, c’est Lucy, je vous retranscris le dialogue :
« On lui a retiré une carotte de l’anus.
– Mais comment il a avalé une carotte en entier (putain mais quelle niaise !)
– Non, il ne l’a pas avalée…
– Ah ?… Oh ! » (c’est bien petite, apprends la vie)
 
Mais évidemment, ce qui fait le sel de ces séries, c’est l’amour et le cul. Qu’est-ce que ça baise dans les hôpitaux (et dire que mes parents se sont rencontrés à l’hôpital,
damned !). Les docteurs entre eux, docteurs et infirmiers, docteurs et ambulanciers, docteurs et patients… Contrairement aux soap opéras, on trouve pas mal de couples mixtes, surtout dans Urgences, et on retrouve le classique Noir/Asiatique. Alors, c’est soit un truc courant là-bas, soit une des séries a copié sur l’autre parce que moi, à part les parents de Tiger Woods, je connais pas de couple afro-asiatique. Mais le traitement n’est pas le même. Alors que dans Urgences, y a pas mal de cul, quand même, des coups d’un soir dans la salle de garde, dans Grey’s Anatomy, c’est plus gnan-gnan, les histoires d’amour. Nos quatre internes se sont tous tapés leur titulaire à part Izzie qui est un peu conne (elle est blonde) qui se tape un autre interne super choupi mais super odieux (mais je parie qu’on va découvrir qu’il a eu un soucis avec ses parents, ce qui explique que c’est un enfoiré avec les femmes) puis tombe amoureuse d’un patient qui doit se faire greffer un cœur et qui finit par mourir. D’ailleurs, c’est horrible mais j’étais un peu contente qu’il meure parce que sinon, ça aurait été trop guimauve. La différence, aussi, c’est que dans Urgences, s’il y a des couples inter-personnages, y a quand même beaucoup de couples avec des personnages secondaires alors que dans grey’s anatomy, non ou c’est necdotique. Alors forcément, quand vous mettez dans un même service Meredith qui a couché avec Derek, le mari d’Addison puis avec George qui est son colocataire mais qui se fout ensuite avec Cady, celle qui se lave pas les mains, que le chef de service a couché avec la mère de Meredith dans le temps, qu’Izzie a couché avec Alex avant de le plaquer pour son malade qui clamse et que Christina vit avec Burke, le super chirurgien, ben, ça vous fout une ambiance du tonnerre en chirurgie. Mais bon, dans Urgences, c’est compliqué aussi puisqu’Abby (qui est moche et chiante) est l’ex de Luka qui sort avec Sam mais finalement plus et qui retourne avec Abby alors que Carter, qui est l’ex de Susan qui a embrassé Mark, le mari d’Elisabeth ex de Peter qui part avec Cléo, se la tape ensuite mais la quitte pour partir en Afrique retrouver Luka que l’on croyait mort mais en fait non, c’est pas forcément plus simple. Relisez ma phrase, je sais pas si vous avez tout suivi.
Bon ben finalement, je vais regarder Scrubs, au moins, je me marre.

Souffle le Vent sur mon Tempérament

Faire un papier « culture » pour le dimanche c’est un acte politique. On peut ainsi tomber dans la facilité consensuelle, rédiger un article sur un phénomène culturel connu, un truc qui va résonner dans le cœur de la plupart des lecteurs. Mais on peut également parler du dernier album des Ugly Brothers ou de la saison 4 de Mon Petit Poney : un truc que le rédacteur a surkiffé mais qui va intéresser 3 pèlerins. Le choix est donc délicat. En la matière, je vais m’orienter vers la deuxième solution dans un prosélytisme de ouf gueudin. J’ai en effet décidé de vous parler Jazz et plus précisément trio piano. Oui je sais, ça envoie du rêve.

Bizarrement quand j’évoque le jazz avec des vingtenaires, j’ai le choix entre un  » j’aime pas ça », « j’connais mal (ce qui en vérité veut dire « j’n’y connais rien ») voire même « c’est de la musique d’ascenseur/de coiffeur/de vieux ». Rares sont les personnes qui écoutent du jazz et quand c’est le cas ça reste très très très ciblé. Bon, la en théorie, je devrais avoir une levée de boucliers de lecteurs hurlant mais pas du tout moi j’écoute un peu/beaucoup/passionnément du jazz et tu es extrêmement désagréable Lucas avec tes sous entendus à la con. Oui, je sais bien, mais voila, en l’occurrence c’est moi qui rédige, je raconte ce que je veux, et si vous n’êtes pas content c’est la même chose.

Donc je voulais vous parler de trio piano. Pourquoi donc ? Parce qu’on est dimanche, c’est détente et que le trio piano est la musique idéale pour accompagner la déprime glauque  du dimanche soir. Non, je rigole, mais reconnaissons que l’image associée à un piano jazz est plutôt celle d’un club feutré aux sièges cuirs et aux tentures sombres agrémentées de lumières tamisées. Une ambiance intimiste et zen plus tournée vers l’apaisement que le défoulement. La formation en elle-même explique en partie cet esprit. Un piano, une contrebasse et une batterie. Rien de très funky. Et pourtant…

A mon sens, c’est Bill Evans qui a donné ses lettres de noblesses à cette formation avec son toucher, sa sensibilité et l’ouverture offerte à ses comparses. Avant Bill Evans, la batterie et la basse composaient une simple section rythmique. Avec l’album Waltz For Debby, enregistré au Village Vanguard, Bill Evans crée ce que les critiques-qui-s’la-racontent appellent l’interplay. D’une part il y a la complicité des trois musiciens qui donne l’impression d’avoir une seule entité soudée. D’autre part, Bill Evans laisse toute latitude à Paul Motian et Scott la Faro pour faire des solos étonnants. C’est un disque magnifique même si à titre perso je vous conseille plutôt son album posthume You Must Believe in Spring. Sans déconner les mecs, c’est exactement le genre de musique bien classe à mettre en fond sonore quand vous avez réussi à persuader Raoulette de venir chez vous « boire un dernier verre ». Oui je sais, je suis glamour, c’est à peine croyable.

Je pourrais enchaîner les exemples de trio absolument divins et vous saouler jusqu’à plus soif. Je pourrais vous inonder de références techniques débiles et cuistres qui vous feraient encore plus bader qu’un dimanche soir à Montargis. Je pourrais faire mon critique abscons et détestable et vous feriez des sourires niais et consensuels en cherchant, nauséeux, une porte de sortie à cet article barbant. C’est la raison pour laquelle je préfère m’adresser directement aux gens curieux, les prendre par la main et leur laisser dans la paume quelque pépite étourdissante. Ainsi, les plus débrouillards seront récompensés en allant trouver quelques ziks, les autres iront mater le résumé hebdomadaire de la Starac pour se complaire dans leur normalité. Je vous laisse donc avec E.S.T – Bound For The Beauty Of The South, avec Brad Mehldau – Exit Music (oui une reprise de Radiohead), avec Antoine Hervé & les Frères Moutin en Trio – Summertime. En espérant que ces quelques pistes vous mèneront dans les méandres luxuriants du jazz soft et éthéré. En espérant que vous aurez plaisir à vous perdre dans cet univers brumeux et délicat. C’est vraiment tout le mal que je vous souhaite.

6e semaine à la vingtenaire academy

Avec un jour de retard dû au fait que j’ai pas eu le temps, voici le coup d’envoi de la 6e semaine de la vingtenaire academy! Cette semaine, c’est Ben qui nous quitte parce qu’il
ne veut plus participer mais il a quand même écrit un article donc je le publierai plus tard dans la semaine.

Ils ne sont donc plus que 4, choisissez les candidats de la demi-finale!!

Leurs textes sont ici :

http://vingtenaire.academy.over-blog.com

The interview (part 2)

Valéry : Vois-tu le verre à moitié vide ou à moitié plein ? Pourquoi ?
A moitié plein, je suis une éternelle optimiste. Un peu trop des fois mais c’est rare que je vois tout en noir. Par contre, quand je me mets à voir le verre à moitié vide, c’est le cercle vicieux, je finis même par le voir à 1/4 vide.

Quel est ta plus grande réussite ? Ton plus grand regret ?
Ma plus grande réussite est à venir ! Mais pour l’heure, je crois que c’est d’avoir réussi à décrocher un diplôme de journalisme, mon rêve d’ado. Mon plus grand regret, j’ai déjà répondu plus haut.

Quelles sont tes attentes dans la vie ?
Mes attentes, elles sont classiques : un boulot qui me plaît et une vie privée peinarde (mais pas trop, trop, quand même) avec un homme que j’aime et qui m’aime. C’est pourtant pas bien compliqué ! Je n’ai pas la folie des grandeurs, je ne demande pas d’être rédactrice en chef du Monde, juste rentrer chez moi le soir avec ce sentiment de satisfaction d’avoir bien fait son boulot et retrouver mon homme qui me demande si la journée s’est bien passée. On se raconterait nos journées, on se ferait des câlinous et tout, le piiiiiiiiiiiied !

Jusqu’ou es-tu prête à aller pour réussir ?
Honnêtement, je ne sais pas. Jusqu’à présent, je n’ai pas eu besoin d’aller bien loin, juste maîtriser les entretiens de motivation. Je suis prête à faire des sacrifices d’ordre matériel, je m’en fous de bosser avec des horaires de dingue ou de déménager si on me propose un CDI (je partirai pas pour un CDD de 3 mois), de me taper deux heures de transport par jour… Ou d’être payée une misère. Par contre, coucher pour réussir, non… Ou alors, faut vraiment que je tombe folle amoureuse du recruteur (dans ce cas, y aura sexe avec ou sans boulot à la clé).

Quels sont tes qualités/défauts ?
Mes qualités : je suis curieuse, j’ai toujours une soif d’apprendre, super utile dans notre métier. Je suis opiniâtre et je comprends très vite ce qu’on me demande de faire, je suis efficace… à partir du moment où je m’y mets. J’ai une bonne imagination, je pense être généreuse et altruiste. Et puis chuis trop drôle. Mes défauts : curieuse (c’est pas toujours une qualité), impatiente, bordélique, rêveuse, susceptible, je fais traîner les trucs que j’ai pas envie de faire. Et j’ai une écriture épouvantable, aussi.

 

Si tu devais te lancer pour une cause humanitaire, quelle serait-elle ?
Bonne question que je me pose aussi car j’aimerais m’engager dans quelque chose. A une époque, un copain était parti en Afrique en mission humanitaire au Burkina Faso et j’avais envie d’en faire autant, quitter mon petit confort pour me frotter à la misère. Idéalement, j’adorerais partir donner des cours à des enfants en Afrique. Mais j’ai peur à cause de ma santé : le BCG ne marche pas du tout sur moi et c’est vrai que choper la tuberculose, c’est pas forcément très utile. Plus près de nous, en France, je suis intéressée par des mouvements comme « Ni putes ni soumises », filer un coup de main au planning familial ou donner des cours de français aux femmes musulmanes de la 1ère ou 2ème génération qui ne savent pas lire et écrire. Ca, ça me plaît bien, ça aide à l’intégration d’une façon simple mais efficace.

Si tu as le choix entre être heureuse en amour mais malheureuse professionnellement ou heureuse professionnellement mais malheureuse en amour…Que choisis-tu ?
Honnêtement, ça me fait chier de choisir mais je crois que je préfère faire une belle carrière. Pour moi, une vie réussie, c’est une vie remplie et mine de rien, même si on n’est pas connus, réussir dans sa vie professionnelle, c’est un peu la clé du bonheur pour moi. Disons que je considère qu’il est plus facile de réussir dans le professionnel que dans le privé car il est plus facile de maîtriser sa carrière que ses sentiments. C’est pas pour autant qu’il suffit de claquer des doigts pour réussir, juste que je n’ai aucun doute sur ma réussite professionnelle à longue échéance.
 
Ecureuil : quelle est ta taille en boites de kitkat empilés pour Kenya?
C’est possible d’avoir une photo (floutée pour l’anonymat) avec les boites?
Ah alors je suis très emmerdée pour te répondre dans la mesure où Kenya ne mange que des croquettes ! Bon, si on dit qu’une boîte de kitkat fait 20 cm (j’en ai aucune idée mais je suppose), il en faut quasiment huit pour faire une Nina… Putain, je suis naine !! Et comme j’ai pas lesdites boîtes, il n’y aura pas de photos, désolée…
 
Rem : Tu es échoué sur une ile. Un naufragé male est aussi sur l’ile. Est-ce Brad ou sagamore?
Je peux pas avoir les deux ? Bah, je dirai Sagamore car il est plus jeune. Non mais c’est vrai, on sait pas combien de temps on va rester sur l’île et Bradounet, il est déjà quadra et je pense pas que l’île fournisse du viagra, mouarffff ! Puis Sagamore, il est moins connu, on le cherchera moins !
Tu vas continuer ton blog longtemps ?
Je continue d’abord et surtout parce que ça me plaît, même si y a des jours où je dois bien me triturer la tête pour trouver quoi raconter. D’un autre côté, j’adore écrire des articles vides où je commence sans savoir où je terminerais, c’est vraiment les plus marrants à écrire. Et ça montre le côté brouillon de ma personne qui n’apparaît pas forcément dans d’autres articles. Et puis, ce blog, c’est un peu mon bébé, je l’arrêterai à la date que j’ai décidée, pas parce que quelques détracteurs m’y auront poussée.
 
Tock : – D’où viens tu ? (La réponse Toulouse ne suffit pas bien sur…).
Je ne veux pas donner ma ville de naissance mais c’est pas loin de Toulouse. Dernier voile que je souhaite conserver sur ma vie, avec mon vrai nom. Un jour, je le dirai sans doute mais pas encore. Enfin, je suis née dans une petite ville de province à la vie tranquille, quand je suis arrivée à Toulouse, c’était vraiment la grand’ ville mais je me suis adaptée. Mais je crois que j’aurais été parachutée de suite sur Paris, j’aurais été traumatisée.

 

– Tes parents connaissent-ils l’existence de ce blog ?
Mes parents savent que j’ai un blog mais ne connaissent pas l’adresse et ils ne la connaîtront jamais ! Je pense que mes parents n’ont pas besoin de connaître mes petites histoires de cœur (et de fesses). Depuis Guillaume 1er, ils ont entendu parler d’Arnaud car un jour, j’avais des tas de suçons dans le cou donc j’ai dû cracher le morceau. Ils ont su aussi que j’étais partie en week-end en Bretagne donc ils se doutent que j’avais un mec là-bas. Je préfère ne leur parler que des hommes qui comptent pour moi ET qui restent quelques temps dans ma vie. Ma sœur, par contre, le connaît mais elle refuse de le lire.
– Que font-ils dans la vie (réponse vague bien sur…)?
Mon père est cardiologue et ma mère infirmière.
– Que vois tu dans les yeux des gens à qui tu annonces que tu as un blog ?
Quand je dis aux gens que j’ai un blog, ils réagissent avec amusement et curiosité. Certains me prennent aussi un peu de haut, dans le genre « un blog, c’est un truc d’ado » mais je me plais à leur prouver le contraire. Mais en général, les gens me posent toujours la question du « mais pourquoi ? ».
– Pourrais tu mettre fin à ton blog si ton mec (le bon…) te le demandait (pour une raison valable bien sur) ?
Je mettrai fin à mon blog à une date précise que j’ai déjà choisi et si mon mec (le bon) comprend pas, c’est que ce n’est sans doute pas le bon. Par contre, quand je suis amoureuse d’un mec, je ne parle pas trop de lui sur le blog donc il n’a pas trop de soucis à se faire…

– 550 articles…Les principaux évènements de ta vie depuis deux ans (c’est ca ?)…N’est ce pas dangereux ?
Je ne vois pas en quoi le fait qu’un an et demi soient relatés ici soit dangereux en soi. Si c’est par rapport à mon futur, de toute façon, je n’ai rien à lui cacher alors… De façon toute personnelle, j’aime voir l’évolution de ma personne sur cette période, les sentiments que j’ai eus à un moment donné… Et de voir que sur certains trucs, j’en suis toujours au même point !
– Qu’est ce qu’un bon lecteur de blog ?
Un bon lecteur de blog ? Je sais pas moi, quelqu’un qui me juge pas après avoir lu trois articles et ne m’impose pas sa vision de ma personne car faut comprendre que je suis plus que ça, il y a des choses dont je ne parle pas. Un bon lecteur ne cherche pas à pénétrer mon intimité non plus, il reste à sa place et me laisse à la mienne. C’est-à-dire que si je réponds pas à ses avances, c’est pas forcément la peine d’insister, par exemple.
– Peut on avoir une fausse image de toi après avoir lu les 550 articles de ton blog ?
Et donc oui, on peut avoir une fausse image de moi. Disons que je connais quelques lecteurs et c’est marrant de voir que certains me percent très facilement à jour et d’autres non. J’en ai rencontré un la semaine dernière, par exemple, il m’a dit que selon la tournure des phrases, il savait si j’avais le moral ou pas. Bon, ok, j’avais remarqué qu’il était très intelligent mais là, ce fut une révélation, je ne m’en étais pas rendue compte. Je pense que globalement, on peut me prendre un peu trop facilement pour une fille facile qui ne cherche qu’à coucher alors que mes statistiques personnelles sont plus que modestes. On ne se rend pas compte que je peux aimer, aussi, et souffrir, par la force des choses.
– quelle est ta vision du monde ?
Ma vision du monde ? Assez pessimiste, en fait. Oui, je suis optimiste pour ma petite vie mais quand je vois l’état du monde, je vois pas trop de motifs de me réjouir. C’est pas pire qu’avant, des guerres, il y en a toujours eu mais quand je regarde l’histoire du XXe siècle, surtout après la seconde guerre mondiale, et aujourd’hui, je me dis que l’homme n’apprend vraiment rien. La paix dans le monde, c’est une belle utopie, je pense que, de fait, elle est impossible, quoi que l’on fasse. On a juste changé les méthodes mais les finalités sont les mêmes. Quant à la fracture nord/sud, je pense qu’elle n’est pas prête de se résorber.
– as tu un problème avec le hasard ? (C’est ma question préférée…Je pose souvent cette question aux gens qui m’intriguent. Il parait que tu tires les cartes d’ailleurs, non?).
Ai-je un problème avec le hasard ? Non, je trouve qu’il fait plutôt bien les choses. Comme je suis impatiente de nature, j’ai parfois du mal à me laisser voguer et voir ce qu’il se passe mais j’apprends, petit à petit, à ne plus précipiter les choses.
– es tu libre ? ( pas ce soir hein…en général).
Je me sens globalement libre. Déjà, depuis ma plus tendre enfance, mes parents m’ont toujours laissé faire mes choix. J’ai choisi toute seule ma première langue (allemand, j’ai tout perdu), ma filière littéraire (vu mes notes en sciences, de toute façon, j’étais clairement pas faite pour aller en S, ça tombait bien), mes études et tout ça. Ils m’ont laissé libre de choisir ma carrière et me laissent faire. Vu que je ne subis pas de pression particulière de mes parents, je me sens très libre, c’est agréable. La seule personne qui me fout des limites, finalement, c’est moi. Bon, mes parents n’ont pas non plus eu une éducation permissive mais globalement, aujourd’hui, je ne remets en cause aucune de leur décision.
– as tu quelque chose à prouver ? si oui, quoi ?
Evidemment, on a tous des choses à prouver ! Enfin, surtout à moi, je me fous des défis et quand j’y arrive, que je suis fière ! Actuellement, je veux me prouver que je suis capable de réussir professionnellement parlant. Pendant quelques temps, j’ai aussi voulu me prouver que je plaisais aux hommes mais bon, maintenant, je suis rassurée sur ce point. Non, vraiment, le domaine où je veux/dois encore faire mes preuves aujourd’hui, c’est sur le plan professionnel. Ok, je suis une super stagiaire mais maintenant, j’aimerais être une super journaliste !
– as tu un véritable secret ?
Le principal secret ici, c’est mon nom et prénom et la suite de ma carrière, je sais à quoi mes prochains mois vont être occupés mais j’en parlerai pas ici tant que ça ne sera pas fini. Sinon, non, je crois pas avoir de secrets…
 
Zibro : Dis moi Nina, il est passé où le chat??
Là, elle est dans la cuisine, elle mange ses croquettes !
(suite et fin la semaine prochaine)

Eau de boudin

Non, non, cet article ne parle pas d’un nouveau parfum pour filles moches, reste lecteur. Ce n’est pas un article drôle non plus qui épingle l’industrie de la mode. Non, je te parle de mon stage pour la dernière fois puisque ça y est, c’est terminé. Et j’avoue que la fin me laisse un petit goût amer.

deception

Durant 6 mois de ma vie, j’aurais donc été rédactrice pour une asso. Oui, rédactrice et non plus stagiaire grâce à mon nouveau contrat, cool. Le bilan est globalement positif, j’ai appris plein de choses, je me suis un peu frottée aux joies de la comm, milieu que je ne connaissais pas trop… Donc, oui, j’ai appris. J’ai rencontré des gens sympas, j’ai pu travailler sur pas mal de sujets, y compris des sujets auxquels je connais pas grand-chose et mon press book a encore pris du volume. Seulement voilà, ça s’est terminé en eau de boudin et je suis un peu déçue. En fait, à l’heure où j’écris ces lignes, je suis même assez énervée.

 

Tout allait bien jusqu’à mi août puis, là, ça a commencé à un poil se gâter. Déjà, en août, je n’avais plus trop de nouvelles des gens mais bon, c’est l’été, ça va passer. Un peu avant la fin de ce long mois, je reçois un coup de fil de Simon, le président de l’asso (pas celui avec qui je fricote, ne confondons pas) : « ouais, écoute, on va peut-être aller à la Rochelle aux universités d’été du PS et si on y va, on te prend avec nous. » Moi, je suis assez ravie de la nouvelle parce que bosser chez moi, c’est quand même pas le top. Bon, la semaine se passe et le jeudi, je dois aller chez Michel récupérer mon salaire de juillet. Et là, j’apprends qu’il part à la Rochelle avec Simon… sans moi. Bon, ok, l’asso n’a pas de moyens, je peux comprendre. Je m’assois au passage sur l’université d’été de l’UDF à la Grande Motte aussi mais bon, pas les moyens, pas les moyens…

 

Ca aurait été anecdotique si ça en était resté là. Mais en septembre, je me suis sentie carrément exclue de l’asso alors que je suis quand même une des pierres fondatrices puisque je suis là depuis le début ! Plus personne ne répond aux mails que j’envoie, je suis juste tenue au courant des réunions. Autant vous dire que ça vous motive pas une Nina, tout ça, je commence un peu à lâcher prise et à accumuler le retard (je sais, c’est pas bien). Je suis quand même réquisitionnée pour le meeting de Jack Lang car il reste une place et que le dimanche, hein, y a pas foule pour se déplacer. Bon, ce meeting m’aura au moins servi à rencontrer Simon (celui avec qui je fricote, pas le président de l’asso !) mais bon, vu que j’ai été prévenue un peu à la dernière minute, je suis pas super à l’aise. Et puis des tas de projets semblent se mettre en place et personne ne se donne la peine de me mettre au courant.

 

Mi septembre, dernière réunion où ma présence est requise, je me sens limite de trop. On me demande plus mon avis sur rien, on ne me demande pas où j’en suis, je me demande limite ce que je fais là. Je trouve quand même des contacts pour des parrainages et tout ça, je n’ai pas fini mon stage et je reste dans l’asso jusqu’à mi octobre… A ce que je croyais. Fin septembre, un mercredi matin, coup de téléphone de Simon (le président de l’asso, pas celui… vous suivez ?) : « Oui, faut qu’on se voie ce week-end pour signer ton contrat, vu que tu finis vendredi. » Pif, paf, dans ma gueule ! Bon, je n’insiste pas : je voulais rester pour organiser une soirée débat mais je sentais que j’aurais pas mon mot à dire sur le sujet donc autant laisser tomber et j’ai déjà d’autres choses de prévues donc c’est pas grave, je gagne 15 jours de vacances sur ce que j’ai prévu. Le jeudi, coup de fil de Michel car le lendemain, je devais aller aux Assises de la jeunesse au Conseil économique et social et je n’avais reçu aucune invitation.

« Tu vas à la réunion ce soir ?
– Heu… oui.

– Ok, ben tu verras avec Simon et Isa pour demain, où vous vous retrouvez. »

Bon, je file voir ma boîte mail : aucune news de la réunion. J’envoie un mail pour demander des infos, personne ne me répond. A 20h, je décrète que si réunion il y a, je n’irai pas. De toute façon, si réunion il y a eue, je n’ai pas été conviée. Et ça me fout franchement en colère : je suis encore en stage chez eux, merdouille ! Ca ne se fait pas de me foutre à l’écart, comme ça. Surtout que dans la même journée, j’ai voulu me connecter au Monde pour faire ma revue de presse et Simon a changé ses codes donc je n’ai plus accès au service abonnés. Bordel, je commence à en avoir sérieusement marre.

 

Vendredi, je retrouve Simon et Isa aux Assises de la jeunesse, toute la journée à écouter des gens parler mais c’était intéressant, quand même. Simon part entre midi et deux, je lui demande son nouveau mot de passe pour Le Monde. Autant vous dire que ni le nouveau ni l’ancien ne fonctionnaient quand j’ai voulu me connecter. Bon, je quitte Isa à la fin de la journée, j’ai encore du boulot en retard à finir. Mais je prends mon temps. Je finis de retaper l’interview d’Emilie Maume (bon, ok, j’ai pris un peu une semaine de vacances) et quand je veux le mettre sur l’éditeur du site, mon code ne marche plus. Je veux envoyer un mail de mon adresse de l’asso : ma boîte n’existe plus. Je veux accéder à notre site d’archives en ligne pour récupérer un document : le code n’est plus le bon. En gros, en une semaine, ils ont changé tous les codes et je n’ai plus accès à rien. Bref, pour eux, je n’existe plus, fin de l’histoire.

 

Et non, pas fin de l’histoire ! D’abord, je vais terminer tout ce que je leur dois et le leur envoyer (quand même) mais surtout, je vais leur rappeler que je n’ai pas encore signé mon contrat… et qu’ils me doivent encore 600 euros ! Vu l’état de mes finances, j’en ai VRAIMENT besoin, surtout que merde, j’ai bossé, je me suis tapée un meeting un dimanche soir, une journée au CES dans une ambiance surchauffée, je mérite mon argent. De toute façon, je n’ai rien signé et si je veux, je peux faire retirer tous mes textes du site, vu qu’ils n’ont aucune cession sur mes droits d’auteurs. Et sans mes textes, le site va paraître très vite.

 

Bref, je trouve dommage que cette expérience qui me plaisait tant se termine ainsi, surtout que je suis pas du genre revendicatrice. Mais mes 600 euros, ils me les doivent et je les aurai !