Si je fais la liste de mes premiers baisers, on peut les classer en trois catégories : le baiser dont monsieur a pris l’initiative, le baiser simultané et le baiser dont j’ai pris l’initiative. Ben en gros, si on cumule les deux dernières catégories, on arrive à… 3 premiers baisers. C’est nul. Bon, quand même, dans le lot, y a
Guillaume 1er, c’est un peu moi qui me suis jetée sur lui mais d’un autre côté, quand on le connaît, j’ai bien fait car on serait encore en train de moisir sur le canapé. Et puis y a eu Alex, aussi, seul cas de baiser simultané, sur le quai de la gare. Pour le reste, je n’ai rien fait, si ce n’est envoyer des signes autorisant le monsieur à m’embrasser. Mais c’est pas toujours facile d’envoyer des signes, il paraît même que les miens sont plus que flous. Cet été, j’ai flirté avec un mec maqué, comme je l’ai déjà raconté (oui, c’est mal, blabla). On se retrouve
dans un café, on boit un verre puis il me propose d’aller chez moi pour fumer une cigarette qui fait rire. Une fois la substance fumée, je m’arrête de parler et le regarde droit dans les yeux, genre « si tu veux y aller, là, c’est le moment ». Et là, il m’annonce qu’il a très envie de m’embrasser, je lui réponds que j’attends que ça ! Bon, bref, on en rediscute quelques temps après et il m’avoue qu’il pensait que je n’étais pas du tout intéressée vu que par moment, je fuyais son regard (alors qu’en fait, je ne quittais son regard que pour boire mon coca).
technique et vu les résultats, elle marche plutôt bien (si le monsieur est intéressé, hein !). Je m’applique à regarder l monsieur dans les yeux (sauf quand je bois mon coca), à pousser des petits soupirs, à caresser mes cheveux et tout ça. En gros, l’air de rien, je dis : « tu vois, là, si tu m’embrasses, je te laisserai faire ».
Mais bon, y a des fois où il faut brusquer les choses parce que tous les mecs ne font pas le premier pas. On ne peut pas le leur reprocher. Après tout, vive l’égalité des sexes. Bon, moi, très franchement, je sais jamais brusquer les choses. D’abord parce que ce n’est pas toujours facile de savoir si le monsieur est motivé ou pas et je préfère que ce soit lui qui se prenne un râteau que moi. Oui, j’ai une réputation à tenir, moi, je peux pas trop me prendre de râteau. Déjà que je vomis devant un mec choupi, hein ! Quoi qu’un bon vieux râteau, ça fait toujours un article rigolo. Bon, bref, maintenant, faudrait que je prenne un peu le taureau par les cornes et embrasser un mec si j’en ai envie. C’est pas
compliqué je m’approche, je tends les lèvres et je vois. Sauf que bon, vu ma taille, faudra qu’on soit assis sinon, on n’y arrivera pas. Enfin, la dernière fois que j’ai voulu prendre l’initiative, c’état avec Cyril et il m’a devancé, finalement.
Mais, déjà, avant se de lancer, il faut sentir le bon moment. Et alors là, bonjour l’angoisse. Non mais c’est vrai, comment savoir que c’est le moment et surtout que ça l’est pas. Petite mise en situation (ça faisait longtemps, hein ?). Bon, je suis avec Sergueï, le divin voisin molto bono, on discute sur le canapé après une
délicieuse soirée, mon regard navigue de ses yeux de braises à sa bouche sensuelle, je suis tellement collée à lui que pour être plus près, je dois lui grimper dessus mais il réagit pas. Bon, ok, c’est à moi d’agir. Bon, il est en train de me parler de sa Slavie natale (je sais, c’est pas un pays mais le slave, je trouve ça sex comme langue et les mecs qui vont avec aussi), je n’écoute
que d’une oreille, pensant que j’ai très envie de lui, qu’il est beauuuuuuuuuuuuu et que je me demande s’il parle slave quand il fait l’amour et rien que d’y penser, je suis en train de dévaster ma culotte. Bon, alors, il va falloir que je me lance. Bon, il arrête de parler oui ? Il voit pas que je lui souris niaisement et que je préfère parler de sa Slavie plus tard ? Ohlala, il est passionné, dis donc. Bon, alors, soit je lui saute dessus et l’embrasse pour lui clouer le bec, soit j’attends une ouverture. La première tactique est risquée mais ça peut marcher, Reno
l’avait fait avec moi mais bon, le monsieur n’est pas obligé d’apprécier que je le coupe pendant son exposé touristique. Et puis faut pas se rater à se jeter sur quelqu’un. Non parce qu’imagine, lecteur, je me penche pour l’embrasser (enfin, moi, je me penche pas, je lève la tête pour mais t’as compris) et là, il tourne la tête et pif, ça tombe sur la joue et c’est un peu ridicule. Au mieux, il rit et ça passe, au pire, tout le monde est gêné et je déménage.
Alors attendons une pause. S’il en fait une. Non parce que la situation géopolitique de la Slavie, ça m’intéresse mais pas à ce moment-là. Et s’il ne
s’arrêtait jamais. Donc je ne fais rien et la soirée se termine sans baiser. Et s’il le faut, Sergueï repartira en Slavie ou il se trouvera une nana plus entreprenante et là, je m’en voudrai à mort de pas l’avoir embrassé… Car après tout, ne vaut-il mieux pas un bon vieux râteau qu’un « mais s’il le faut, lui aussi, il voulait que je l’embrasse ! » qui va me turlupiner longtemps.
Bon, allez, la prochaine fois, je me jette à l’eau. Si le monsieur m’en laisse le temps !




