Depuis une semaine, je me lève tôt histoire de…profiter de mon chômage. Donc l’autre matin, me voilà à chercher du boulot en matant « Les maternelles », émission qui
s’adresse aux futures et jeunes mamans et à la pauvre chômeuse que je suis. Oui, tu ne le sais pas lecteur mais j’ai décidé d’aimer les enfants depuis qu’un super voyant m’a dit :
« c’est pas la peine d’avoir peur des enfants, vous en aurez ! ». Dont acte, je regarde les Maternelles et j’ai même joué avec une petite fille qu’était même pas à moi l’autre jour
dans le train. Bon, l’ennui avec les petits, c’est qu’ils ont un langage qu’on comprend jamais mais j’ai été sympa, je l’ai laissé faire un câlin à Kenya.

Bref, dès le premier paragraphe, je pars en digression mais rappelle-toi, lecteur, je suis malade, j’ai de la fièvre, je délire. Je regardais donc cette chouette émission et, à la fin, y a des petites interventions de chroniqueurs. Arrive une nana et là, je rêve : elle parle clitoris et explique où ça se trouve. Je frotte mes yeux. Non, je ne rêve pas : une journaliste est en train d’expliquer ce qu’est le clitoris et où il se situe. Je rappelle pour le lecteur distrait que cette émission est à destination des futures ou jeunes mamans donc des femmes qui ont déjà eu des relations sexuelles. Je suis atterrée. Alors, certes, on me dira que selon les cultures, la sexualité n’est pas la même mais tout de même. Evidemment, certains me parleront d’excision, je ne nie pas l’existence de ce fléau mais je pense que la majorité de mon lectorat féminin est encore en possession de son petit bouton. Alors, moi, Nina, je vais parler clitoris !
Clito quoi?
La première fois que j’ai entendu ce mot, je devais avoir dix ou onze ans. C’est mon père qui m’enseigna ce mot de la façon suivante : « Quelle est
la différence entre un Lego et un clitoris ?
– Je sais pas !
– Ben retourne jouer aux Legos.
– Mais c’est quoi clitoris ? »
Bon, en fait, il racontait la blague à ma mère mais j’avais toujours les oreilles par là donc voilà. Bon, à ce moment-là, j’avais pas trop vu l’intérêt de la chose. Deux ans plus tard (à 13 ans), je m’en vais en centre aéré et les monos ont décidé de nous faire une super formation sur le SIDA et les capotes donc après avoir vu des documentaires sur le sujet et vu la monitrice qui enfile une capote sur un manche à balai (véridique), nous passons à la « pratique » : le visionnage de Basic Instinct. Ma mère fut très choquée quand elle sut que sa fi-fille de 13 ans avait vu un tel film. Pendant la séance, pendant les scènes torrides, je ressentis de drôles de palpitations dans ma culotte : qu’est-ce que c’est ? Comme je suis très conne, à l’époque, et que je connaissais le système du pénis qui bande (vive les centres aérés), ma première pensée est : « j’ai été un mec dans ma vie antérieure et il reste certains réflexes ». Ok, j’étais très con. Je ne sais plus comment j’ai compris que le vestige de mon pénis passé était en fait mon clitoris…
Bon, je me souviens pas trop de la découverte de cette petite chose clé de mon plaisir. Adolescente, mon plaisir passait surtout par l’élaboration de scénarios compliqués. Bref, là n’est pas la question. Toujours est-il que je sais où se situe mon clitoris mais ce n’est pas forcément grâce à mes partenaires. Alors, messieurs, petit cours sur le clitoris.
Où c’est donc?
Bon, déjà, le clitoris, faut pas confondre avec les lèvres où je ne sais quoi. Si vous aviez regardé les Maternelles, vous auriez vu le schéma mais je sais que vous n’êtes pas tous au chômage donc j’explique rapidement. Le clitoris, c’est entre les petites lèvres, sous un charmant capuchon. Si vous ne trouvez pas, ne tâtonnez pas à l’aveuglette, prétextez un cunnilingus
pour « descendre à la cave » et jeter un œil à tout ça. Le clitoris, c’est un jolie petite chose, je trouve, rose, on dirait une toute petite langue qui pointe. Quelque part, je ne sais pas pourquoi, ça me fait penser à un coquillage. Petite, je pêchais des tellines avec mes parents et on stockait les fruits de notre labeur dans un seau. A un moment, les pauvres crustacés sortaient une fine langue saumon. Et bien, quelque part, le clitoris, ça me fait penser à ça, en rose et en plus épais.
Le clitoris, c’est un organe de la même famille que le pénis (c’est ce qu’a dit la dame des Maternelles parce que le côté « famille » en parlant d’organe, ça me fait
bizarre…). Donc quand on est excitées, il entre aussi en érection et mine de rien, c’est très agréable que vous vous en occupiez… Je ne dis pas ça innocemment. Beaucoup d’hommes prétendent A-DO-RER le cunnilingus mais dans les faits, j’ai l’impression qu’ils nous disent plus ça pour nous attirer dans leurs filets qu’autre chose. C’est à dire soit le cunni est carrément zappé, soit il est pratiqué de façon peu appliquée, genre : « bon, je te lèche, tu me suceras après. » Alors je n’ai rien contre la fellation, bien au contraire, mais j’aime beaucoup le cunnilingus aussi… Après, je ne suis pas du genre donnant-donnant mais quand il est exécuté par un homme qui aime ça, c’est purement jouissif. Et puis une fois entrés par la grande ou la petite porte (surtout par la petite porte), ne délaissez pas notre pauvre clitoris : une stimulation à ce niveau-là en pleine pénétration (si la position le permet, of course), c’est un billet pour le septième ciel, je vous le dis.
Vive la masturbation
Mais revenons à nous, mesdemoiselles. Doit-on reprocher aux hommes de ne pas connaître notre clitoris ? C’est un peu facile, la masturbation n’est pas faite pour les chiens.
Et non, ce n’est pas mal, c’est même parfaitement sain et normal. D’abord, ça nous permet de mieux connaître notre corps, de savoir ce qui nous plaît ou pas. Ensuite, une petite masturbation, ça
détend ! J’aime bien m’endormir après un petit orgasme clitoridien favorisé par des scénarios érotiques (ou plutôt pornographiques) bien élaborés… La masturbation est une chose normale et si toutes les filles la pratiquaient, on ne devrait pas expliquer dans une émission à destination d’un public adulte ce qu’est un clitoris et comment l’utiliser. Alors, petit conseil du chef : si vous avez un vibromasseur style un riquiqui ladyfinger, plutôt que de l’enfourner directement sur le vagin, faites le vibrer sur le clitoris… Orgasme garanti au bout de cinq minutes grand maximum (c’est à dire quand les piles faiblissent).
Après tout, les hommes sont obsédés par leur pénis, pourquoi nous ne serions pas obsédées par notre clitoris (et notre vagin, aussi). Non mais mesdemoiselles, nous avons la chance de pouvoir avoir trois orgasmes différents (clitoridien, vaginal et anal, pour ceux qui suivent pas) contre deux pour ces messieurs (bon, moi, j’ai aussi l’orgasme auriculaire mais je suis particulière). Alors qui c’est le sexe faible ? Pas nous et revendiquons-le ! Oui au plaisir clitoridien ! Notre petit bouton ne sera plus ignoré.