Article « petits coeœurs, petites fleurs »

Aujourd’hui, je me suis donnée une mission. Remonter l’humeur générale de ce blog. Je me rends compte que mon méga coup de blues a été assez contagieux et comme je n’ai pas (encore) d’action chez Lexomil, je vois pas l’intérêt de maintenir cette morosité. Alors allons-y.
 
 
Imaginez. Un pré au printemps, l’herbe est tendre comme un golf anglais mais plus longue, le vent dessine de douces vagues dans la pelouse. Quelques coquelicots amènent des touches de couleur. Mais que voit-on, là-bas ? Un arbre, un arbre gigantesque. Imaginez que vous vous allongez au pied de cet arbre, à l’ombre. Vous regardez les feuilles qui se balancent doucement et qui se découpent sur le ciel azur. La douce brise caresse votre corps, vous êtes bien.
 
Ce petit moment de détente vous a été offert par Nina.
 
Parce que je ne suis pas qu’aigrie et frustrée dans la vie, des fois, je peux être charmante. Même quand un monsieur me demande à Montmartre si je suis grecque et que Lucie me dit que c’est à cause de mon nez. Non, je n’ai pas atomisé notre amie, elle est rentrée entière dans son pays (sauf si Gauthier l’a trucidée après que je les ai abandonnés tous les
deux).
 
Alors j’ai décidé d’écrire un article gai mais je ne sais trop quel sujet aborder. Vais-je parler de ma mère ? Ma mère en grande forme hier qui m’a sortie une énormité. Je l’appelle et dans la conversation, je lui explique que Gauthier m’avait fait une révélation : une fellation, ça ne coûte que 30 euros. Donc, là, communiste dans l’âme (oui, c’est un test sur le net qui m’a révélé ça, je suis communisto-écolo-socialiste), je m’insurge : « non mais tu comprends, 30 euros pour une pipe, c’est scandaleux, les pauvres filles, elles sont exploitées ! » Et là, ma mère qui me répond : « oui mais bon, en même temps, elles sont nourries… » Non mais quelle horreur ! Ma mère, celle qui m’a portée dans son ventre pendant neuf mois, celle qui m’a eue par la volonté du saint esprit car ma mère ne peut avoir de vie sexuelle. Ben, ma mère est une cochonne (comment attirer les pervers de google en trois leçons), je suis choquée. J’en ai même appelé Gauthier pour le lui raconter.
 
Vais-je parler de la connerie que j’ai dite chez Gauthier hier ? Oui, nous étions en forme, hier, Lucie et moi mations les zizis exposés dans Têtu, le magazine gay. Des petits zizis même pas jolis et là, Gauthier nous montre la collection merveilleuse de photos de pénis de gays sur le net. A un moment, il nous montre une photo d’un mec, on voit son torse et sa queue en érection. Moi, sans lunettes : « Mais c’est quoi les trucs blancs qu’il a sur le torse, des morceaux de papiers ? Ah non, je viens de comprendre, berk !!!! ». Grand moment de solitude, il faut bien l’avouer.
 
Vais-je parler de Kenya ? Non parce que l’autre matin, alors que je ne quittais pas mon lit, j’eus une réflexion, très conne. Telle maîtresse, Telle chatte ? (comment attirer les pervers de google en trois leçons) Bon, résumons-nous : comme moi, Kenya est toute petite mais elle, elle est maigre, en plus (alors que moi, hum) et elle a de grandes jambes élancées, comme dirait Axelle Laffont. Elle a de très belles moustaches et une longue queue, ce que je n’ai pas. Mais après, nous sommes toutes les deux très mignonnes, avec de grands yeux qui savent tout demander, on est comédiennes comme pas permis, on aime faire plein de bruits, on adore les câlins. Par contre, moi, je suis pudique, je fais pas pipi devant tout le monde et je mate pas les gens en pleine brouette.
Bon, non, parlons d’autre chose (bon, ok, j’en ai parlé quand même mais bon). De sexe ? Ah non, je garde ça pour un article à part entière. Quoi que si, allez. Parlons d’un sujet follement passionnant inspiré de ma vie de ces deux derniers jours : les sites de rencontre homosexuels. Ce que j’aime quand je vais chez Gauthier, c’est qu’il est toujours sur ces sites et, généreusement, il partage. Genre : « oh, regarde, il est mignon, lui ! » Et il regarde une autre photo : oh, une queue ! Il faut dire que je ne vois jamais autant de pénis que quand je vais chez Gauthier (en photo parce que les pénis que je vois en vrai, je les vois pas chez Gauthier !).
 
Donc, ces messieurs aiment se mettre en scène. Bite en érection ou en plein « crachage », photo les fesses à l’air et l’anus bien en évidence. Pour les plus hard, photos sado masochistes pas piquées des vers… Je vous épargnerai la description des trucs scatologiques mais si vous habitez dans le même immeuble que Gaugau, vous aurez certainement entendus les « beeeeerk ! » horrifiés de Lucie et moi. D’ailleurs, je suis contente d’apprendre que tout ce qui concerne les « pieds » est rangé dans la rubrique particulière. C’est-à-dire que les amateurs d’amours podologues sont rangés dans le même rayons que les scatos et les sado-masos. Quand je vous dis que les pieds sont la partie du corps qui ne doit pas servir pour le sexe, hein !
 
Donc on regarde ça et je finis par demander à Gauthier : « mais ça t’excite, ça ? ». Et il me répond un : « non, pas du tout ». Ben ça me rassure. Non parce qu’il y en a certains, c’est pas des anus qu’ils ont, c’est carrément le tunnel du Mont Blanc ! Et là, je me pose la question : ça existe, ça, chez les hétéros ? Oui, évidemment que ça existe. J’ai reçu quelques photos de pénis en érection, les messieurs se la bichonnant avec amour « jusqu’au plaisir », mais ça, ça se passe en privé. Je ne sais
pas si un site hétéro de rencontre propose de telles photos. A l’inverse, j’aurais pas idée de foutre en ligne des photos de moi à poil les jambes écartées. Je veux pas dire mais je trouve que le
sexe, masculin ou féminin, n’est pas précisément la partie la plus belle du corps humain. Surtout que dans ces cas-là, y aucun effet esthétique recherché. Une photo de nue esthétique, why not ? Mais un étalage de bidoche comme ça, bof, bof. Autant j’aime voir un steack cuisiné avec la petite branche de persil dessus, autant une photo de la bidoche crue, à peine enlevée de la carcasse, non. Ben, là, c’est pareil. Une photo d’homme nu avec un effet esthétique recherché, oui, une photo de bite en folie, non. Surtout que ce n’est excitant pour personne (sauf à la limite pour le mec qui prend ça en photo, apparemment, ça lui fait de l’effet !).
 
Et puis, zut, vive les surprises ! Le week-end dernier, je prends le thé avec Tatiana, ma super copine ésotérique et nous voilà à parler de pénis. Comment savoir si monsieur est bien monté ou pas ? Parce que quand il est au repos, monsieur, le jean moule plus le service trois pièce que le pénis en lui-même donc difficile à dire. Selon Tatiana, c’est proportionnel aux mains : grands doigts, grande queue, petits doigts boudinés, petite queue boudinée… Oui, à y réfléchir, c’est pas tout à fait faux mais c’est pas forcément une règle immuable non plus. Mais bon, vu les moignons qui me servent de doigts, y a des jours où je suis contente d’être une fille ! Non parce que c’est très con mais y a toujours une certaine trouille au moment du premier effeuillage : comment est-il monté ? La taille n’a pas forcément d’importance en soi, tout dépend la façon dont on s’en sert mais y a quand même une taille minimale, non mais !
 
L’autre jour, Gauthier me taquinait sur les attributs d’un gars qui me plaît, en me disant ; « mais s’il le faut, il en a une toute petite ! ». Je lui rétorque
que je suis sûre que non (j’en sais rien mais bon, je sens pas la petite quéquette) mais mine de rien, quelques nuits plus tard, j’ai fait un rêve. J’étais dans ma baignoire à barboter et j’étais
dans le noir (oui, je suis joueuse, je prends un bain dans le noir) et voilà monsieur qui arrive, je sais que c’est lui, même s’il fait noir. Et donc il s’assoie, on s’embrasse et là, mes mains
se dirigent de façon craintive vers son sexe et dans ma tête, une petite voix : « pourvu qu’elle soit pas minuscule, pourvu qu’elle soit pas minuscule… » et je l’attrape et… bon, ben, je vous dirai pas si je fus satisfaite ou pas ! N’empêche que les conneries de Gauthier perturbent même la sexualité que j’ai dans mes rêves, où va le monde ?
 
Voilà, c’était l’article « petits cœurs, petites fleurs ». Sur ce, je vais décrocher Kenya qui à force de grimper aux rideaux a fini par y rester accrochée. Je pense que cet article fut du grand n’importe quoi, promis, lundi, on revient à des articles plus normaux. A noter d’ailleurs qu’à partir de lundi, les articles seront en ligne dès le matin ! 

La révolution clitoridienne doit avoir lieu

Depuis une semaine, je me lève tôt histoire de…profiter de mon chômage. Donc l’autre matin, me voilà à chercher du boulot en matant « Les maternelles », émission qui
s’adresse aux futures et jeunes mamans et à la pauvre chômeuse que je suis. Oui, tu ne le sais pas lecteur mais j’ai décidé d’aimer les enfants depuis qu’un super voyant m’a dit :
« c’est pas la peine d’avoir peur des enfants, vous en aurez ! ». Dont acte, je regarde les Maternelles et j’ai même joué avec une petite fille qu’était même pas à moi l’autre jour
dans le train. Bon, l’ennui avec les petits, c’est qu’ils ont un langage qu’on comprend jamais mais j’ai été sympa, je l’ai laissé faire un câlin à Kenya.
 clitoris
 
Bref, dès le premier paragraphe, je pars en digression mais rappelle-toi, lecteur, je suis malade, j’ai de la fièvre, je délire. Je regardais donc cette chouette émission et, à la fin, y a des petites interventions de chroniqueurs. Arrive une nana et là, je rêve : elle parle clitoris et explique où ça se trouve. Je frotte mes yeux. Non, je ne rêve pas : une journaliste est en train d’expliquer ce qu’est le clitoris et où il se situe. Je rappelle pour le lecteur distrait que cette émission est à destination des futures ou jeunes mamans donc des femmes qui ont déjà eu des relations sexuelles. Je suis atterrée. Alors, certes, on me dira que selon les cultures, la sexualité n’est pas la même mais tout de même. Evidemment, certains me parleront d’excision, je ne nie pas l’existence de ce fléau mais je pense que la majorité de mon lectorat féminin est encore en possession de son petit bouton. Alors, moi, Nina, je vais parler clitoris !
 
Clito quoi?
La première fois que j’ai entendu ce mot, je devais avoir dix ou onze ans. C’est mon père qui m’enseigna ce mot de la façon suivante : « Quelle est
la différence entre un Lego et un clitoris 
?
– Je sais pas !
– Ben retourne jouer aux Legos.
– Mais c’est quoi clitoris ? »
Bon, en fait, il racontait la blague à ma mère mais j’avais toujours les oreilles par là donc voilà. Bon, à ce moment-là, j’avais pas trop vu l’intérêt de la chose. Deux ans plus tard (à 13 ans), je m’en vais en centre aéré et les monos ont décidé de nous faire une super formation sur le SIDA et les capotes donc après avoir vu des documentaires sur le sujet et vu la monitrice qui enfile une capote sur un manche à balai (véridique), nous passons à la « pratique » : le visionnage de Basic Instinct. Ma mère fut très choquée quand elle sut que sa fi-fille de 13 ans avait vu un tel film. Pendant la séance, pendant les scènes torrides, je ressentis de drôles de palpitations dans ma culotte : qu’est-ce que c’est ? Comme je suis très conne, à l’époque, et que je connaissais le système du pénis qui bande (vive les centres aérés), ma première pensée est : « j’ai été un mec dans ma vie antérieure et il reste certains réflexes ». Ok, j’étais très con. Je ne sais plus comment j’ai compris que le vestige de mon pénis passé était en fait mon clitoris…
 
Bon, je me souviens pas trop de la découverte de cette petite chose clé de mon plaisir. Adolescente, mon plaisir passait surtout par l’élaboration de scénarios compliqués. Bref, là n’est pas la question. Toujours est-il que je sais où se situe mon clitoris mais ce n’est pas forcément grâce à mes partenaires. Alors, messieurs, petit cours sur le clitoris.
 
Où c’est donc?
Bon, déjà, le clitoris, faut pas confondre avec les lèvres où je ne sais quoi. Si vous aviez regardé les Maternelles, vous auriez vu le schéma mais je sais que vous n’êtes pas tous au chômage donc j’explique rapidement. Le clitoris, c’est entre les petites lèvres, sous un charmant capuchon. Si vous ne trouvez pas, ne tâtonnez pas à l’aveuglette, prétextez un cunnilingus
pour « descendre à la cave » et jeter un œil à tout ça. Le clitoris, c’est un jolie petite chose, je trouve, rose, on dirait une toute petite langue qui pointe. Quelque part, je ne sais pas pourquoi, ça me fait penser à un coquillage. Petite, je pêchais des tellines avec mes parents et on stockait les fruits de notre labeur dans un seau. A un moment, les pauvres crustacés sortaient une fine langue saumon. Et bien, quelque part, le clitoris, ça me fait penser à ça, en rose et en plus épais.
 
Le clitoris, c’est un organe de la même famille que le pénis (c’est ce qu’a dit la dame des Maternelles parce que le côté « famille » en parlant d’organe, ça me fait
bizarre…). Donc quand on est excitées, il entre aussi en érection et mine de rien, c’est très agréable que vous vous en occupiez… Je ne dis pas ça innocemment. Beaucoup d’hommes prétendent A-DO-RER le cunnilingus mais dans les faits, j’ai l’impression qu’ils nous disent plus ça pour nous attirer dans leurs filets qu’autre chose. C’est à dire soit le cunni est carrément zappé, soit il est pratiqué de façon peu appliquée, genre : « bon, je te lèche, tu me suceras après. » Alors je n’ai rien contre la fellation, bien au contraire, mais j’aime beaucoup le cunnilingus aussi… Après, je ne suis pas du genre donnant-donnant mais quand il est exécuté par un homme qui aime ça, c’est purement jouissif. Et puis une fois entrés par la grande ou la petite porte (surtout par la petite porte), ne délaissez pas notre pauvre clitoris : une stimulation à ce niveau-là en pleine pénétration (si la position le permet, of course), c’est un billet pour le septième ciel, je vous le dis.
 
Vive la masturbation
Mais revenons à nous, mesdemoiselles. Doit-on reprocher aux hommes de ne pas connaître notre clitoris ? C’est un peu facile, la masturbation n’est pas faite pour les chiens.
Et non, ce n’est pas mal, c’est même parfaitement sain et normal. D’abord, ça nous permet de mieux connaître notre corps, de savoir ce qui nous plaît ou pas. Ensuite, une petite masturbation, ça
détend ! J’aime bien m’endormir après un petit orgasme clitoridien favorisé par des scénarios érotiques (ou plutôt pornographiques) bien élaborés… La masturbation est une chose normale et si toutes les filles la pratiquaient, on ne devrait pas expliquer dans une émission à destination d’un public adulte ce qu’est un clitoris et comment l’utiliser. Alors, petit conseil du chef : si vous avez un vibromasseur style un riquiqui ladyfinger, plutôt que de l’enfourner directement sur le vagin, faites le vibrer sur le clitoris… Orgasme garanti au bout de cinq minutes grand maximum (c’est à dire quand les piles faiblissent).
 
Après tout, les hommes sont obsédés par leur pénis, pourquoi nous ne serions pas obsédées par notre clitoris (et notre vagin, aussi). Non mais mesdemoiselles, nous avons la chance de pouvoir avoir trois orgasmes différents (clitoridien, vaginal et anal, pour ceux qui suivent pas) contre deux pour ces messieurs (bon, moi, j’ai aussi l’orgasme auriculaire mais je suis particulière). Alors qui c’est le sexe faible ? Pas nous et revendiquons-le ! Oui au plaisir clitoridien ! Notre petit bouton ne sera plus ignoré.