Je lis l’avenir dans la téléréalité

J’ai un don : je mate une émission de téléréalité et je peux vous dire qui va gagner. Même sans la regarder d’ailleurs, il me suffit de lire les résumés sur Voici et je vous sors le nom du vainqueur. Parce que, oui, la téléréalité, c’est surtout une belle histoire qu’on vous raconte.

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Je suis tombée dans la spirale du Bachelor. Pas les premiers épisodes parce que j’avais chorale mais petit à petit, j’ai vu. Surtout que chaque épisode a dû être diffusé une bonne douzaine de fois. Vous avez vu l’histoire d’un bellâtre à accent qui tombe amoureux de plein de filles mais finit par n’en choisir qu’une dans un grand moment d’émotion, de rose et de bague échangée. Au bout de max trois semaines de tournage mais ça fait bien pour la télé. Mais voici la vraie histoire que l’émission vous a raconté.

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Il était une fois une jeune fille de province de type girl next door, jolie mais pas canonissime qui se rêve la nouvelle Cendrillon. Elle se retrouve projetée dans un univers de jeunes femmes qui ont été miss de beauté, sont mannequins ou Dieu seul sait quoi. Bien sûr, dans le lot, quelques fille moins jolies mais elles seront dézinguées dans les premiers épisodes vu que le garçon doit rembarrer une douzaine de ses prétendantes en deux soirs, bam. D’emblée, on voit de la bonnasse, certes vulgaire pour la plupart, mais remarquable. Pourtant, notre prince repère d’emblée sa Cendrillon. Et c’est parti pour deux mois (je crois) d’une romance simple, une romance à portée de main. Pendant que les mannequins et miss tombent au champ d’honneur, notre Cendrillon reste courageusement épisode après épisode. Elle est timide, réservée, naturelle… Une fille comme vous et moi. Plus que quatre filles : un mannequin, deux ex Miss et la fille comme nous. La mannequin tombe. Puis les deux miss. Bravo Cendrillon, t’as gagné !

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Je n’affirmerai pas que tous les participants de l’émission sont des acteurs et que tout est écrit, non, non. Je mettrai juste en avant l’incroyable talent des monteurs et réalisateurs qui vous racontent une bien belle histoire. Pour le Bachelor, le tournage a dû avoir lieu fin d’été, début d’automne à vue de nez. Imaginez tout le temps qu’ils ont eu pour bricoler cette histoire de Cendrillon. Ils auraient pu faire la même avec Livia (j’aime bien ce prénom mais je suis un peu traumatisée, là…), effacer les moments où elle est hypeeeeeeeeer exubérante pour ne garder que les moments fille sensible, gnagnagna. Idem pour la Déborah qui explique être “de plus en plus proche de la femme qu’Adriano recherche” (sous entendu “je veux gagner donc j’essaie de piger ce qu’il veut et je lui sers”… Mais elle s’est loupée, elle faisait super peur en parlant mariage, bébés avec prénoms déjà choisis…), on peut toujours choisir l’angle d’attaque.

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Prenons les Secret Stories, réalisation plus au cordeau mais si on regarde la liste des gagnants (pour ce que je m’en souviens, j’avoue n’avoir suivi que les saisons 3 et 4 mais je fais quand même comme si je savais de quoi je parlais), ce sont souvent les “gentils” de l’histoire, les un peu grande gueule mais pas trop, les pas trop mal mais pas trop canons, ceux qu’on pourrait avoir en meilleurs amis… Voire qui pourraient être nous.

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Parce que c’est bien de cela qui s’agit. La téléréalité vous raconte une histoire dont vous pourriez être l’héroïne, vous, oui, vous, la ménagère de moins de 50 ans. D’ailleurs, les gagnants sont quand même très souvent des gagnantes, non ? Vous pensez avoir le pouvoir de choisir le candidat qui restera mais vous choisissez celui que la prod vous impose par un subtil jeu de montages et de règles à la con permettant d’éviter la nomination des fortes têtes imbuvables mais qui font le spectacle. Vous pensez assister à la naissance d’une love story et choisir une candidate car elle vous paraît plus vraie. Mais on vous l’a vendue ainsi alors qu’on fait passer l’autre pour une hystéro prétentieuse et égocentrique.

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La téléréalité, ce n’est finalement ni plus ni moins qu’un jeu de lumière. Et je suis super douée pour voir vers qui pointe le projecteur.

L’’amour rend neuneu

L’autre soir, soirée avec miss Tatiana, je savais que ce serait l’occasion de trouver de nouveaux sujets d’articles et ça n’a pas raté. Donc, nous sommes dans notre période « bouh, l’amour c’est nul, ça pue des pieds, ça craint du boudin… ». Enfin, on est super gaies, quoi. A un moment, on parle des autres couples, disant qu’on est pas encore totalement aigries puisqu’on n’a pas envie de mordre tous les couples qui osent se rouler des pelles devant notre nez. De là, on part à délirer sur la chanson d’Anaïs et notamment la partie « non,
c’est toi qui raccroche… non, toi…nooooon, toi ! Bon, je te rappelle. » et là, Tatiana me sort la réflexion la plus intelligente de la soirée (enfin non, on a dit plein de trucs intelligents à part ça) : « de toute façon, dès qu’on parle à notre mec au téléphone, on prend une voix débile ».
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En voilà une idée d’article ! Quand elle me dit ça, je rigole. C’est vrai que quand on est amoureux, qu’est-ce qu’on peut être tarte, parfois. Quand je dis on, je m’inclus dans le lot. Voilà d’ailleurs pourquoi je déteste appeler un mec qui me fait craquer car je minaude et je suis proprement ridicule. Où est donc la femme brillante qui peut potentiellement charmer le monsieur ? Heu…aux oubliettes, à la place, on a la petite sœur de Lorie. Et ça minaude, et ça roucoule, et ça glousse, et ça se montre incapable de sortir le moindre mot intelligent. Et
je ne suis pas la seule ! Si vous regardez un peu les gens dans la rue, vous pourrez voir quels sont les personnes qui parlent avec leur moitié. Déjà, sourire dès la sonnerie, un « allo » tout plein de tendresse et de niaiserie. En général, quand on est en ligne avec son amoureux, on sourit bêtement en penchant la tête. Et si vous pouvez entendre la conversation, vous entendrez des tas de « oh mon roudoudou… hihihi ! Ooooooooh ! C’est pas vrai ? Ahahah ! Moi aussi je t’aime mon cœur. Mais oui mon petit canari ! ». Mais bon, je me moque mais je suis pas mieux. Je me souviens, avant de sortir avec Alex, on s’envoyait 30 texos par heure et je passais mon temps à sourire en les lisant. Et le pire c’est que, une fois en couple (si, si, j’y arrive quand même), ça s’arrange pas.
 
Bon, au début, ça va, je me contente de roucouler, de prendre une petite voix pour lui demander un bisou, un café ou une bague (non, je déconne). Le pire, c’est que je le fais même pas exprès ! Une fois, j’étais à table avec Guillaume 1er à la fac et un de ses amis quand je lui demande je sais plus quoi en prenant ma petite voix et son pote me demande pourquoi je prends cette voix de gamine et là, je le regarde avec les yeux ronds : de quoi ? Je m’en étais même pas rendu compte ! Faut dire qu’avec Guillaume, on aimait bien faire les nouilles. Notre grand truc, c’était de se tortiller dans tous les sens, de faire de grands yeux et de faire la moue en idsant : « hé, regarde comme je suis mignon(ne) ! ». Ouais, je sais, quand on fait pas partie du couple, c’est ridicule, mais nous, ça nous faisait bien marrer. Sans parler de nos « bagarres » que je perdais systématiquement parce que je suis nulle en bagarre (mais je suis forte pour me tortiller et m’échapper de son étreinte avant qu’il me lèche la face, la punition du perdant).
 
De toute façon, tous les couples roucoulent, on le fait même pas exprès. Puis on oublie aussi souvent la conjugaison à la première personne du singulier. Il n’y a plus de je qui tienne, ce n’est que des nous, nous, nous… ou on. Parce que sortir sans mamour, c’est un peu impossible, tu comprends ! A ce propos, la preuve la plus flagrante de ma niaiserie des couples : les surnoms ! Et moi, j’avoue, je donne donner des surnoms vraiment pourris à mes mecs et le pire, c’est que ça m’amuse ! Guillaume 1er, par exemple, a hérité du ridicule « poussin ». En fait, au début, je l’appelais comme ça pour le faire râler mais à force, c’est resté. Ça amusait beaucoup mon père qui foutait une référence à ce surnom dès qu’il pouvait comme sur une carte postale que j’ai reçu : « passe le bonjour a poussin ! ».  Maintenant, c’est la menace avec mes chéris : quel sera ton surnom tout pourri ?
 
Bref, tous les couples sont niais, neuneus (et chiants, souvent). Mais bon, c’est aussi parce que les couples en général leurs propres codes, références et jeux, aussi, totalement opaques pour ceux qui ne font pas partie du duo. Parce que ce qu’on reproche aux autres, les mamours, les petits pioux dans le métro, on en fait tout autant quand on a une moitié mais on ne s’en rend même pas compte. Oui, c’est vrai que de l’extérieur, les mamours ou poussin, c’est un peu ridicule. On le sait tous très bien. Mais si ça nous amuse de nous appeler comme ça, personne ne comprend sauf nous. Et c’est ça qu’on aime !