Arrêtez de vous lécher la face un peu

Je pourrais m’indigner de ces couples qui se font des mamours dans la rue mais là n’est point mon propos. Faudrait que j’en reparle d’ailleurs mais pas sous l’angle aigri, je ne le suis pas en ce moment. Enfin, je m’égare dès la troisième ligne, on n’est pas rendus.

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Non, je ne voulais pas vous parler d’un couple lambda qui se lècherait la face en public mais d’un couple parfaitement identifié qui roucoule à qui mieux mieux dès qu’une caméra tourne et se la joue amours adolescentes. Oui, eux : Carla et Nicolas. Bon, déjà les regards langoureux à la « je pourrais, là, de suite, je te plaquerais au mur, je t’arracherais la culotte et je te baiserais comme une bête », c’est un petit peu gênant mais y a pire. Récemment, Carlita, comme l’appelle notre Président amoureux, a participé à une émission anglaise avec sa guitare et qui passe PAR HASARD (en majuscule, oui) ? Mais c’est Nicolito ! Et les voilà à se faire des mamours devant la caméra. Je serais mesquine de souligner que ce débordement d’affection alors qu’on prétend le couple séparé et en pleine élection régionale sent légèrement le coup monté mais non, je ne suis pas mesquine, non…

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Je m’imagine un peu à la place de ces pauvres journalistes anglais qui sont passés du « youpi, une image forte » à « heu… Quelqu’un aurait une lance à incendie pour les décoller, là ? ». On pourrait se dire que notre Président aime visiblement sa femme et que c’est plutôt une bonne chose parce que… Je sais pas moi, parce qu’un homme aigri pourrait s’exciter sur certains sujets épineux comme l’identité nationale, nous remettre une louche d’insécurité et…  Ah oui, non… Bon, alors c’est bien parce que tout le monde nous parle de l’amour qui unit les Obama et de la classe de Michelle (entre nous, je trouve qu’elle s’habille pas toujours très bien) et que nous, on a les mêmes, na !

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Sauf que si un couple qui s’aime visiblement, ça peut être charmant, je trouve quand même qu’il y a une certaine tenue à avoir. De façon générale, un minimum de tenue n’a jamais fait de mal à personne mais surtout, ça parasite, je trouve. Oh, regardez, Nicolito et Carlita se tiennent la main et se font des mamours, comme c’est adorable. Les régio… quoi ? Non mais on s’en fout, regardez, ils s’aiment malgré la rumeur. Oui parce que j’ai la légère sensation que toutes ces sérénades tombent toujours à pic et nous font un bien joli écran de fumée. Alors que l’on sent la piquette électorale à plein nez, Nicolito et Carlita vont voter main dans la main (ooooooh), se font des bisous devant les caméras (ooooooh), se mangent des yeux à New York chez les Obama (ooooh). Ouais super… 

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Mais je me pose une question : est-ce que ce pantomime intéresse réellement quelqu’un ? A part Gala et Paris-Match, je veux dire. La vie privée de nos dirigeants ne m’a jamais parue réellement digne d’intérêt. Au début, je me disais qu’avoir un Président (multi)divorcé et (multi)remarié représentait une certaine avancée sociale dans le sens où l’on sort du modèle patriarcal traditionnel du chef d’état chef de famille qui n’a connu (officiellement) qu’une compagne. J’ai même pu dire que le fait que Carlita continue sa carrière malgré tout était en soi une bonne chose. Mais là, le côté papouilles, non, ça devient lourd, très lourd. Oui, elle est bien jolie Carla, oui, il est bien Berlusconien Sarko pour le coup mais je ne pense pas qu’avoir une jolie ex mannequin surbotoxée à son bras soit un argument vente de quoi que ce soit. Je n’y vois que grosses ficelles pour nous vendre une beeeeelle histoire d’amour qui devrait nous rendre Sarkozy plus sympa (« oh non mais le pauvre, il travaille tellement, je sais pas comment il fait » dit régulièrement la Carla énamourée). Je suis assez rassurée de voir que ça ne marche pas, je finirais, pour le coup, à virer vraiment aigrie devant la duperie des gens qui avalent cet écoeurant conte de fée. En plus, les acteurs sont mauvais.

Où trouver l’homme ? Episode 25 : Fabien

(Cher lecteur, souviens toi que tout ceci n’est qu’une fiction. Et sinon, ça va chez toi?)

 Après le mariage, j’avais donc récupéré le numéro de Fabien, charmant jeune homme qui me plaît au dedans et au dehors. Après avoir laissé passer deux jours, j’appelle, l’air de rien. On discute un peu genre j’appelle de façon anodine puis on en vient à l’essentiel : quand se voit-on ?


Le mardi suivant, on se retrouve du côté de Mouffetard pour boire un verre. Je suis toute émoustillée, je dois me préparer comme il se doit pour ce rendez-vous. Jolie tenue qui met bien en valeur mes arguments anatomiques, Je me maquille avec soin, un peu de paillettes, du gloss… Des dessous affriolants et une éradication du poil. Il faut tout prévoir. Rater un homme à peu près parfait pour des aisselles velues, ça m’ennuierait tout de même.


Arrive le jour J, je suis en avance, je me compose donc un air nonchalant pour ne pas lui donner l’impression que je joue ma vie sur ce rendez-vous, ça fait fuir les mecs en général. Intéressée, oui, désespérée, non. Ah le voici, je lui adresse mon plus grand sourire et on va se poser dans un bar. On discute de tout et de rien, on refait le monde plusieurs fois, on aborde aussi le sujet de nos amours. Nous sommes tous deux célibataires et disponibles, ça tombe plutôt bien. Je roucoule, je me pâme, je me secoue les cheveux l’air de rien,
je ris à gorge déployée, je rentre le ventre et sors les seins. Bref, je suis en pleine parade nuptiale.


Sauf qu’à force de parader, on ne voit pas l’heure passer et le dernier métro est passé depuis quelques temps. Que faiiiiiiiiire , me désespère-je. Il me rassure : y a une station de taxi pas loin. Ok, ce n’était pas vraiment la réponse que j’attendais mais restons souriante. On se pose devant la station de taxi, en voici un au loin.

« Bon, ben, bonsoir alors…

– Non, non, je te ramène jusqu’à chez toi. »

Hein ? Il s’invite chez moi, là ? C’est un peu curieux comme façon de procéder mais quitte à être épilée, autant rentabiliser. Surtout que j’avais aussi fait le ménage au cas où. La femmes des années 2000 ne doit jamais être prise au dépourvu.


Nous voici dans le taxi, comme tout ceci est romantique, on discute en regardant Paris by night. Je prends rarement le taxi pour cause de prix mais j’aime m’offrir ce petit luxe de temps en temps, c’est agréable de contempler la ville de nuit. J’ai gardé une âme de touriste. On discute, on se frôle un peu, l’air de rien. Dans mon for intérieur, je suis toute émoustillée… En fait, c’est carrément un volcan, j’ai envie de lui sauter dessus, là, dans le taxi mais je suis une fille polie et le chauffeur n’a pas l’air super sympa en plus. Ah nous voici dans la partie délicate du trajet, j’indique au chauffeur en laissant ma cuisse frotter négligemment celle de mon compagnon. Mise en température enclenchée.


Nous voici devant ma porte, autant vous dire que j’ai très très chaud dans mes vêtements.

« Attendez moi, j’arrive », dit Fabien au chauffeur.

Hein ? Quoi ? Quel est ce malentendu ? Il compte me déshonorer et sauter dans son taxi la minute qui suit ? Le fait qu’il demande au taxi de l’attendre est-il un indicateur de ses prouesses sexuelles ? Et je fais quoi, moi ? Je ne lui propose pas d’entrer, je refuse de me mettre toute nue devant un mec qui pense que nos ébats dureront suffisamment peu de temps pour se permettre de demander au taxi de l’attendre.

« C’était sympa comme soirée, faudra remettre ça vite.

– Oui, heu… oui.

– Bonne nuit. »

Quoi il s’en va maintenant ? Mais pourquoi il m’a raccompagnée alors ? Il se penche vers moi et m’embrasse doucement sur les lèvres puis me laisse planter sur mon trottoir pour partir dans le taxi. Je le vois me faire un signe de main et la voiture disparaît au premier virage.


Je rentre chez moi, le sourire aux lèvres. Yes, je suis tombée sur un gentleman. Je me précipite sur mon téléphone pour lui envoyer un texto : « j’ai passé une soirée délicieuse, j’ai hâte de remettre ça. ». Sa réponse ne tarde pas : « Pourquoi pas vendredi ? ».

3 jours, ça va être long.


A suivre ! (quelle garce je fais)

Faut-il parler politique au premier rencard ?

En ce moment, je rencontre des hommes, merci Meetic. Donc, premier rendez-vous, on se retrouve face à face dans un bar et faut meubler, on va pas se sauter direct dessus. Surtout
que des fois, on a aucune envie de se sauter dessus mais on va pas se tirer au bout de 5 minutes, ça ne se fait pas. Donc on discute. Or en cette année électorale, le sujet politique plane, menace. Faut-il donc l’aborder ou l’ignorer ?

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Moi de mai, je me retrouve à un charmant jeune homme dans un bar, Gabriel (oui, celui avec qui j’ai brouetté plusieurs fois depuis, fin du suspense). Après avoir passé 10 minutes
au mobaïle à essayer de se retrouver (très amusant) puis 10 autres minutes à trouver la Butte aux Cailles, nous voici installés dans un bar chelou à siroter lui une bière, moi un Martini rouge. Et voilà qu’inévitablement, alors que nous sommes entre les Présidentielles et les législatives, le sujet jaillit. Je ne sais plus comment, je ne sais plus pourquoi mais il est là. Chacun est sur ses gardes mais on le sent, on le sait, on n’a pas voté pareil. J’ai voté Ségo (par défaut), il a voté Sarko (par défaut). Un long débat sociétal s’engage, on n’est pas d’accord sur certaines choses. Gloups ! Heureusement une transposition au resto a fait dévier la conversation mais quand je vois que j’ai même pas le droit à un baiser alors qu’il me ramène chez moi, je me dis que nos désaccords politiques m’ont desservie. Finalement, non, j’ai conclu 3 semaines plus tard. J’ai eu le même souci avec Nabil, je sors une vanne et il me fait « quoi, t’as pas voté Ségo quand même ? » Heu… Pas grave, j’ai conclu quand même.

La politique relève quand même pas mal de l’intime selon moi et c’est vrai que parler politique dès le premier rendez-vous me paraît assez risqué. De façon personnelle, je ne

recrute pas les hommes en fonction de leurs opinions politiques, j’ai passé 4 ans et demi avec un centriste, à l’époque où c’était pas à la mode. Cependant, commencer une relation, même purement physique, par un débat houleux sur la France et sa société, on connaît plus romantique quand même. Et pourtant, pourquoi ne pas en parler ? Cette année, ça paraît quand même impossible, je savais en une semaine l’opinion politique de mes collègues, ma mère a (enfin) compris que j’étais à gauche, les blogueurs m’accusent d’être Sarkozyste voire lepéniste et anti-gitan (rien que ça). Bref, en ce début d’année 2007, il paraît impossible d’esquiver le sujet.

 

Mais en temps normal, faut-il éviter, aborder le sujet ? Bien sûr, quelqu’un qui n’en a rien à battre n’en parlera pas. Personnellement, la politique m’intéresse en tant que citoyenne et observatrice. Je ne suis pas militante et je pense être quelqu’un de raisonné, j’admets tout à fait les qualités et les défauts des uns et des autres. J’en parlais hier midi avec Romain et Gonzague, deux collègues de droite et ça s’est très bien passé. Oui, Ségolène Royal a été nulle de critiquer son propre programme, elle perd toute crédibilité à mes yeux. Oui, ça me
saoule les gens qui fantasment sur le méchant Sarkozy et préfèrent sortir 100 fois le même poncif plutôt que de parler de vrais sujets, de ses actions depuis son élection, là où y a débat. D’ailleurs, avec Gabriel, on a parlé de la TVA sociale. Bon, on était globalement d’accord pour s’indigner de cette mesure. Non parce que soyons honnête : si la TVA augmente et que le prix de base des produits ne bouge pas, les prix vont augmenter. 1+1+1, ça fait 3, sauf pour Jean-Claude Vandamme à la limite. Moi, la politique, ça me plaît comme sujet mais je ne quitte pas une table parce qu’un des convives a voté Sarkozy. Surtout pendant un tête à tête.

 

Après, mes opinions politiques font quelque part partie de moi. Mise en situation. Tête à tête avec un beau gosse que j’ai envie de mettre dans mon lit (ou de me glisser dans le
sien). Là, « moi, j’ai voté Sarkozy parce que ça, ça et ça. Et toi ? ». Deux options. Je roucoule un hypocrite et consensuel « moi aussi », aussi faux que ma couleur de cheveux. Ou alors j’assume mes idées. Etant une personne avec un caractère de merde entier, forcément, je vais assumer. En fait, c’est même carrément un bon test. Puisque j’accepte qu’il n’ait
pas voté comme moi, comme une personne censée que je suis, il devrait en faire autant. Honnêtement, un mec qui me jette parce que je suis de gauche, je crois que ça me fait gagner du temps. Je vais pas investir une minute de plus avec un crétin tête de pioche qui refuse d’admettre que les gens n’ont pas les mêmes opinions que lui.

Finalement, c’est plutôt un bon test… Reste qu’on peut faire plus glamour pour séduire un homme.

Faut-il être jaloux quand on sort avec un blogueur ?

L’autre soir, je discutais avec un ami blogueur qui me tenait un peu au courant de sa vie amoureuse. Oui parce qu’au cas où tu ne l’aurais pas (encore) compris, lecteur, je suis un peu cancanière. Enfin, quoique j’ai des scoops mais je peux rien en faire… Ben oui, je vais pas non plus étaler la vie privée de mes copains ! Mais j’aime bien savoir quand même.

 jalousie

Donc l’autre soir, un pote me parlait de sa nouvelle compagne, m’expliquant qu’elle était un peu jalouse des commentatrices du monsieur. Et j’avoue que je la comprends. Je suis sortie autrefois avec un blogueur et c’est vrai que c’est toujours un peu gonflant ce lot de pintades qui vient roucouler et s’extasier à chaque mot de mon chéri. Même si on a confiance en monsieur, on a envie de replacer ces petites connes. Pourtant, c’est le jeu. Ici même, je me fais « allumer » par des mecs mais je le prends pas sérieusement, c’est pour s’amuser. Donc pour l’autre, c’est pareil. Même si je trouve que les filles sont un peu trop à fond les ballons, quand même. Mais je ne suis guère objective. Parfois, je vois la cour rose constituée autour de mes potes blogueurs et je m’en amuse. Mais c’est bien parce que je sors pas avec ! Et en plus, en général, entre blogueurs, on évite de donner le pseudo de notre moitié (oui, certain(e)s taré(e)s ayant tendance à s’en prendre à la pauvre moitié qui n’avait rien demandé), on sourit…jaune !

 

Qu’est-ce qu’un blog ? Un endroit où des personnes s’exposent, d’une façon ou d’une autre. Un blogueur, c’est un peu une personne publique, faut le partager avec son lectorat. Après, tout dépend comment il ou elle se comporte. Perso, quand je passe en mode « maquée », je le dis comme ça, aucune ambiguïté. Parce que bon, c’est rigolo de se faire dragouiller mais quand même… Pourtant, il faut relativiser un peu. Peut-on tomber amoureux d’un blogueur ou d’une blogueuse ? Enfin, je précise : peut-on tomber amoureux d’un blogueur/ blogueuse en se contentant juste de la lecture de son blog ? Peut-être mais c’est un peu léger quand même. Perso, en lisant des blogs, il m’est arrivé de me dire, « hmmmm, intéressant, ce mec ! » mais ça n’a jamais été « oh, il a l’air trop merveilleux, je l’aiiiiiiiiiiiiiime ! ». Je dois être un peu trop équilibrée pour ça, je sais pas… Tiens, pour l’anecdote. J’avais commencé la lecture d’un blog qui me plaisait bien, je trouvais son auteur assez intéressant. Mais je ne fais pas de démarche pour parler à son auteur en privé, je me contente
de commenter. Oui, c’est vraiment très rare que j’aille parler en privé à un blogueur. Donc je le lis. Un soir, je passe la soirée avec un mec et je sais pas pourquoi, je lui parle de ce blog en qualifiant son auteur de « dépressif ». Bon, je passe la nuit avec le jeune homme en question et le lendemain, de retour chez moi, je m’interroge : il a fait une drôle tête le garçon quand j’ai balancé cet adjectif. Je vérifie l’IP du blogueur et celle de mon copain de couette… Oh la gaffe ! La question est : que ce serait-il passé si je l’avais rencontré en temps que blogueur ? J’avoue que j’en sais rien mais je suis pas sûre qu’on aurait eu les mêmes conversations dès le départ. En attendant, il a fermé son blog…

 

Donc, si je sortais avec un blogueur, serais-je en droit d’être jalouse ? Mon mec serait-il en droit d’être jaloux ? Pour moi, je pense qu’il n’y a pas matière à psychoter. Bon, parmi mes lecteurs de sexe masculin, il y en a certes qui sortent du lot, que j’aime bien et avec qui j’apprécie d’échanger (enfin, soit sur le blog, soit sur le forum) mais ça ne va pas plus loin. Ces hommes ne savent pas à quoi je ressemble, la réciproque est vraie, on ne se croise pas en vrai. Alors c’est sûr que niveau menace, on a vu plus sérieux, quoi. Après, je ne dis que c’est agréable de voir celui ou celle qui partage nos jours et nos nuits se faire courtiser, de voir des pintades ou des coqs gonfler leurs plumes pour séduire notre blogueur ou blogueuse. Mais à partir du moment où celui qui écrit a l’honnêteté de dire qu’il est pris, quel est le soucis ?

 

Evidemment, après, le risque quand on est un compagnon ou une compagne identifié d’un blogueur ou blogueuse, c’est de se prendre des tirs de la part de personnes n’acceptant pas le couple. Franchement, ça peut paraître dingue mais j’en ai vues des histoires comme ça, je l’ai vécu, aussi. C’est navrant comme comportement et c’est pour ça que si un jour je dois ressortir avec un blogueur, jamais, au grand jamais, je ne dirai qui c’est. Mais si vous voyez une Nina qui dézingue les autres nanas sur les comms d’un blog tenu par un homme, vous saurez ce qu’il faut en conclure !

L’’amour rend neuneu

L’autre soir, soirée avec miss Tatiana, je savais que ce serait l’occasion de trouver de nouveaux sujets d’articles et ça n’a pas raté. Donc, nous sommes dans notre période « bouh, l’amour c’est nul, ça pue des pieds, ça craint du boudin… ». Enfin, on est super gaies, quoi. A un moment, on parle des autres couples, disant qu’on est pas encore totalement aigries puisqu’on n’a pas envie de mordre tous les couples qui osent se rouler des pelles devant notre nez. De là, on part à délirer sur la chanson d’Anaïs et notamment la partie « non,
c’est toi qui raccroche… non, toi…nooooon, toi ! Bon, je te rappelle. » et là, Tatiana me sort la réflexion la plus intelligente de la soirée (enfin non, on a dit plein de trucs intelligents à part ça) : « de toute façon, dès qu’on parle à notre mec au téléphone, on prend une voix débile ».
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En voilà une idée d’article ! Quand elle me dit ça, je rigole. C’est vrai que quand on est amoureux, qu’est-ce qu’on peut être tarte, parfois. Quand je dis on, je m’inclus dans le lot. Voilà d’ailleurs pourquoi je déteste appeler un mec qui me fait craquer car je minaude et je suis proprement ridicule. Où est donc la femme brillante qui peut potentiellement charmer le monsieur ? Heu…aux oubliettes, à la place, on a la petite sœur de Lorie. Et ça minaude, et ça roucoule, et ça glousse, et ça se montre incapable de sortir le moindre mot intelligent. Et
je ne suis pas la seule ! Si vous regardez un peu les gens dans la rue, vous pourrez voir quels sont les personnes qui parlent avec leur moitié. Déjà, sourire dès la sonnerie, un « allo » tout plein de tendresse et de niaiserie. En général, quand on est en ligne avec son amoureux, on sourit bêtement en penchant la tête. Et si vous pouvez entendre la conversation, vous entendrez des tas de « oh mon roudoudou… hihihi ! Ooooooooh ! C’est pas vrai ? Ahahah ! Moi aussi je t’aime mon cœur. Mais oui mon petit canari ! ». Mais bon, je me moque mais je suis pas mieux. Je me souviens, avant de sortir avec Alex, on s’envoyait 30 texos par heure et je passais mon temps à sourire en les lisant. Et le pire c’est que, une fois en couple (si, si, j’y arrive quand même), ça s’arrange pas.
 
Bon, au début, ça va, je me contente de roucouler, de prendre une petite voix pour lui demander un bisou, un café ou une bague (non, je déconne). Le pire, c’est que je le fais même pas exprès ! Une fois, j’étais à table avec Guillaume 1er à la fac et un de ses amis quand je lui demande je sais plus quoi en prenant ma petite voix et son pote me demande pourquoi je prends cette voix de gamine et là, je le regarde avec les yeux ronds : de quoi ? Je m’en étais même pas rendu compte ! Faut dire qu’avec Guillaume, on aimait bien faire les nouilles. Notre grand truc, c’était de se tortiller dans tous les sens, de faire de grands yeux et de faire la moue en idsant : « hé, regarde comme je suis mignon(ne) ! ». Ouais, je sais, quand on fait pas partie du couple, c’est ridicule, mais nous, ça nous faisait bien marrer. Sans parler de nos « bagarres » que je perdais systématiquement parce que je suis nulle en bagarre (mais je suis forte pour me tortiller et m’échapper de son étreinte avant qu’il me lèche la face, la punition du perdant).
 
De toute façon, tous les couples roucoulent, on le fait même pas exprès. Puis on oublie aussi souvent la conjugaison à la première personne du singulier. Il n’y a plus de je qui tienne, ce n’est que des nous, nous, nous… ou on. Parce que sortir sans mamour, c’est un peu impossible, tu comprends ! A ce propos, la preuve la plus flagrante de ma niaiserie des couples : les surnoms ! Et moi, j’avoue, je donne donner des surnoms vraiment pourris à mes mecs et le pire, c’est que ça m’amuse ! Guillaume 1er, par exemple, a hérité du ridicule « poussin ». En fait, au début, je l’appelais comme ça pour le faire râler mais à force, c’est resté. Ça amusait beaucoup mon père qui foutait une référence à ce surnom dès qu’il pouvait comme sur une carte postale que j’ai reçu : « passe le bonjour a poussin ! ».  Maintenant, c’est la menace avec mes chéris : quel sera ton surnom tout pourri ?
 
Bref, tous les couples sont niais, neuneus (et chiants, souvent). Mais bon, c’est aussi parce que les couples en général leurs propres codes, références et jeux, aussi, totalement opaques pour ceux qui ne font pas partie du duo. Parce que ce qu’on reproche aux autres, les mamours, les petits pioux dans le métro, on en fait tout autant quand on a une moitié mais on ne s’en rend même pas compte. Oui, c’est vrai que de l’extérieur, les mamours ou poussin, c’est un peu ridicule. On le sait tous très bien. Mais si ça nous amuse de nous appeler comme ça, personne ne comprend sauf nous. Et c’est ça qu’on aime !

Kenya est une voyeuse

En ce jour férié qui commémore l’armistice 1918, la gloire de la France et tout le tintouin, moi, je te parle de mon chat. Oui, la majorité de mes lecteurs flânant par ici le font durant leurs heures de travail, je garde les articles sérieux pour quand vous travaillez.
 
Kenya est un chat tout petit et qui ne pèse pas grand chose, on dirait un grand chaton. Pour reprendre l’expression fétiche de Gauthier, elle est « bipolaire », un vrai Docteur Jekyll et Mister Hide félin. En journée, elle est calme et câline, elle dort tranquillement. De temps en temps, elle se met à miauler comme une demeurée pour me rappeler que son estomac crie famine. Mais la nuit, au moment où j’éteins la lumière, Mister Hyde apparaît et là, ça fait peur. La Kenya est un animal vicieux qui a plusieurs cordes à son arc pour empêcher sa maîtresse de sombrer dans le sommeil : miaulements, courses effrénées agrémentées d’étranges roucoulements mais surtout, sa préférée : faire tomber tout ce qui tombe à sa portée. Ah la chute des objets, c’est son hobby, c’est sa passion. Et moi, ça me rend folle donc les soirées de grande connerie, mademoiselle finit la nuit dans la salle de bain, après un coup de brumisateur sur le museau (le pschit, pas la bouteille, évidemment) et une sentence terrible : « là, t’es punie ! ». Mais le problème s’est qu’elle a une tête trop mignonne et des fois, elle me fait rire et je perds toute mon autorité.
 
Car Kenya est une comique qui s’ignore. Elle adore dormir sur le dessus de mon clic-clac, elle se met là et peut regarder la télé ou autre dans l’appartement. Sauf que, des fois, au réveil, elle s’étire longuement et entreprend de rouler sur le côté pour faire sa belle…et fatalement, elle tombe. Et fatalement, je ris et la voilà qui boude. Sinon, elle adore venir dormir sur ma tête au petit matin.
 
Kenya a un rapport particulier avec mes amis et amants : elle a une fascination absolue pour les hommes, elle n’aime pas toujours les filles… Je me souviens d’une fois où Clara était perchée sur un tabouret parce que Kenya lui bouffait les pieds. Ah, oui, elle adore ça, aussi, les pieds… Comme quoi, elle ne ressemble pas à sa maîtresse ! Par contre, dès qu’un homme (hétéro, désolé pour toi moumour) est dans la place, la demoiselle se fait roucoulante, toute calme. J’ai remarqué ça à l’époque où Julien me faisait du catsitting : dès qu’il pénétrait dans la pièce, elle se faisait toute mielleuse, toute sage… Pour un peu, je la soupçonnerais de vouloir me le piquer ! D’ailleurs, elle est plus forte que moi : elle a passé plusieurs nuits dans son lit alors que moi, j’ai dû me contenter de mes fantasmes. Sur le coup, j’ai attribué ça à :
– sa carrure : Julien fait 1m90 et dépasse les 90 kilos, une belle bête
– sa voix : une voix grave envoûtante qui porte.
– son calme. Je suis quelqu’un d’assez nerveux, lui non : peut-être lui transmettons-nous notre comportement sans nous en rendre compte.
Non, en vérité, elle aime juste les hommes hétéros. Gauthier fait 1m94, elle lui saute dessus à pieds joints au petit matin, on fait difficilement plus calme que Clara mais ma chipie l’ennuyait tout le temps, poussant le vice un soir de chaleur à tenter une copulation avec son sac à main.
 
En fait, Kenya est ma meilleure amie en matière de mec : selon son comportement avec lui, surtout en pleine brouette, je comprends si je dois le foutre dehors ou l’épouser. Résumons un peu tout ça. Le premier qu’elle eut emmerdé (sans le faire exprès), ce fut Benoît, le connard de la bise post-fellation. Il est allergique aux chats à un point assez étonnant… Limite, je l’ai soupçonné plusieurs fois de feindre l’allergie. Une fois, j’ai même dû enfermer la demoiselle pour qu’on copule tranquille… Heureusement, ce fut de courte durée. La prochaine fois que j’aurai à choisir entre un mec et un chat, monsieur pourra repartir la queue entre les jambes, rien à faire. Elle m’avait également ennuyée lors de ma brouette avec Raphaël, ce qui  m’avait étonnée à l’époque : qu’est-ce qui lui prenait ? En temps normal, elle ne participe pas aux coïts… En fait, il y a un fin espace entre mon lit et le mur, un espace suffisamment grand pour qu’elle puisse passer les pattes et en se contorsionnant, le corps tout entier… Donc alors que j’étais en train de m’exciter sur Raphaël, je sens quelque chose qui me gratte le bras. Il me fait quoi, lui ? Ah, mais non, la gratouille ne vient pas du monsieur mais du mur… Ah, ok, Kenya a trouvé un nouveau jeu ! Après, si je me souviens bien, elle lui a fait le coup de la gratouille au bras (gratouille étant un terme gentil, tout de même, c’est pas super agréable comme sensation…) et elle lui avait mordu les pieds. Dernière victime en date : Arnaud ! Sur le coup, j’ai été très étonnée. En effet, elle l’avait parfaitement adopté, je me souviens d’un soir où on regardait tous les deux la télé, moi couchée sur ses genoux et la Kenya qui arrive pour s’incruster avec nous et avoir sa part de câlins : charmant tableau. Dernière brouette avec le monsieur, j’entreprends de le chevaucher avec ardeur, mes cheveux longs balayant son torse.
« Ah oui, ah oui, ah ouiiiiiii ! Ah…aïe-euh ! »
Oui le cri a un peu changé, il me regarde étonné, ma tête étrangement penchée vers le mur.
« Qu’est-ce qu’il y a ?
– Y a Kenya qui est en train d’escalader mes cheveux ! »
Bon, je libère ma pauvre chevelure, elle nous refait le coup de la gratouille sur le bras et pendant le câlin post-coït, elle entreprend de lui grignoter les orteils, jusqu’à ce que j’attrape et, la jetant au fin fond de la salle de bain, je proclame la terrible sentence : « Là, t’es punie ! ».
 
Donc depuis que j’ai Kenya, elle s’est révélée un formidable détecteur à connards. On pourrait penser qu’elle ne s’est pas occupée de mes autres amants car elle avait autre chose à faire (style manger son pâté ou faire tomber des objets) mais non : Kenya observe avec attention mes brouettes et c’est parfois un peu perturbant. Elle se pose soit sur le rebord du clic-clac (sa place attitrée en temps normal), soit sur le bar de la cuisine et elle regarde. Enfin, je sais pas si elle regarde tout parce que, franchement, pendant la brouette, je ne fais pas du tout attention à mon chat mais après je la vois, les pattes croisées, l’air attentif, en train de nous mater, mon amant et moi. Des fois, en plein coït, je l’entends qui s’agite, qui court en poussant son drôle de roucoulement, qui saute, mais j’ai pas le temps de chercher à comprendre ce qu’elle fait. En fait, je la soupçonne d’avoir été sociologue ou anthropologue dans une vie antérieure : elle passe son temps à observer. Mes brouettes, ce qu’il se passe dans la rue… Vous la verriez, le nez collé à la fenêtre, à regarder le vide abyssal de ma vie de quartier. Oui, dans ma rue, il y a deux événements majeurs : l’arrivée des enfants à l’école maternelle voisine et leur départ. Bon, leur arrivée, on la voit jamais, c’est tôt et je dors. Mais elle reste là, toute la journée, absorbée dans la contemplation de cette rue vide. Forcément, mes brouettes, à côté, c’est un spectacle merveilleusement passionnant.
 
Récemment, elle a trouvé un nouveau jeu : grimper sur mon lit juste avant ou pendant la partie de jambe en l’air. D’ordinaire, elle ne dort que très rarement avec moi, elle ne grimpe sur mon lit que le matin pour me réveiller (genre : « je te fais un câlin pour te dire que je t’aime mais surtout pour te rappeler que j’ai un estomac sans fond et que j’ai toujours faim, malgré mon petit kilo ») ou alors quand j’ai mis sa couverture dessus. Oui car j’ai une couverture magique : dès que Kenya la touche, elle se met à ronronner et la pétrit avec amour. Ça me vaut parfois des nuits calmes : en sautant partout sur le canapé, elle tombe sur la couverture. Ô délectation, elle ronronne, elle se pelotonne dessus et dort… Du coup, moi aussi. Donc mon lit n’est pas son lieu de villégiature préféré. Sauf quand je suis avec un homme. La première fois qu’elle m’a fait le coup, j’étais avec Jean (dont j’ai peu parlé mais il aura son article, rassurez-vous). Après des préliminaires qui nous avaient mis en appétit, il entreprend de s’encapuchonner et au moment où je m’apprêtais à le chevaucher, voilà-t-il pas que mademoiselle Kenya grimpe sur le matelas et nous regarde d’un air curieux. Après un fou rire, je la pousse gentiment mais fermement puis reprends la suite du programme. Plus récemment, avec Guillaume, elle s’est mêlée plusieurs fois de nos ébats. En général, elle intervient pendant les préliminaires. Mais faire une fellation devant mon chat qui grimpe sur le lit et vient voir de très près ce que je fabrique, ça a de quoi perturber. A un moment, on se déshabille prestement, jetant les fringues un peu n’importe où, j’entreprends de grimper sur le jeune homme quand ma vision périphérique m’informe qu’une tâche sombre a fait son apparition sur le lit. Sur le coup, je pense à un vêtement échoué mais Seigneur, il bouge ! Ah ben oui, c’était Kenya en train de faire sa toilette, là, tranquille ! Mais elle a fait très fort pour notre dernière brouette avant son départ. Elle est intervenue PENDANT. Imaginez un peu le tableau : ce jeune homme est en train de visiter (avec brio, il faut l’avouer) mon intimité et là, qui vois-je en train de marcher paisiblement sur nos corps en plein exercice, peu troublée par ce soudain tremblement de lit ? Kenya. J’informe donc Guillaume : « Aaaaaah….aaahhhh… Kenyaaaaaa, làààààà ! » et après quelques gestes maladroits, j’arrive à la pousser de là.
 
Maintenant, je me pose une question : ai-je fait de ma chatte une perverse ou l’a-t-elle toujours été ? Est-elle la digne bête de sa maîtresse (excepté son incompréhensible fétichisme des pieds) ? En tout cas, elle reste le meilleur détecteur à connards que je connaisse !