Tabarka, Tunisie

Mois de juin, brainstorming avec Anaïs “bon, on fait quoi cet été ? Trek au Maroc ? Plongée en Espagne ? En Tunisie ? Mmmm… Tunisie !”. Fin août, nous voici donc débarquées grâce à l’UCPA en Tunisie, à Tabarka, petite station balnéaire proche de l’Algérie, célèbre pour son fort génois et ses aiguilles.

DSC_8715 DSC_8719 IMG_20140825_193538

Pour tout dire, je n’avais qu’une vision un peu brumeuse de la Tunisie. D’un côté, la révolution, Ben Ali… De l’autre, mes amis Tunisiens qui s’y précipitaient à la moindre vacance. Du coup, je ne savais que penser : est-ce que ça craignait toujours ou pas ? La réponse est non. En fait, depuis la révolution, les Tunisiens se sentent plus libres, ils sont vraiment heureux du changement même si, là, de suite, c’est un peu le bordel, pas mal d’infrastructures sont un peu laissées en plan. Mais ce qu’ils font retenir des Tunisiens, c’est qu’ils ont un réel sens de l’hospitalité. Certains rétorqueront que forcément, on est les gentils touristes donc forcément, ils sont gentils mais j’ai envie de répondre que même si c’est le cas, on s’en fout, finalement. J’ai passé de belles vacances et si je suis pas dupe du fait qu’on nous amenait à un bar plutôt qu’un autre… C’est pas dramatique.

DSCF1176

DSC_8696

Bon, parlons un peu des trucs sympas vus/faits. Je vous parlerai de la plongée un autre jour, aujourd’hui, concentrons-nous plutôt sur quelques moments purement tunisiens.

DSC_8733

Le hammam/gommage/massage

Dans le voyage UCPA, il y avait une option “bien être” avec 2 massages (deux !), un gommage et un hammam. Etant naturellement accro à tout ce qui est bien être et l’ayant bien mérité car après tout, je change de boulot et puis les bouteilles de plongée en acier, ça fait mal au dos. Puis en fait, peu importe les excuses, j’aime les massages. POINT. Donc au cours de la soirée hammam, c’est parti pour la totale. Le massage est énergique mais bien plus doux qu’un massage thaï, j’ai droit à un petit traitement à la menthe poivrée car “j’ai les épaules bloquées” (comme d’hab quoi). Côté hammam, c’est assez différent de ce qu’on connaît en France, il fait chaud mais y a pas de vapeur, on se voit tous très bien. Côté gommage, c’est énergique, la peau morte fait de petits boudins noirs sur mes bras, la dame me les montre en faisant “rooooh!”. J’ai un peu envie de mourir de honte, perplexe devant cette crasse que je ne me connaissais pas (c’est à dire que je suis plutôt du genre à me laver tous les jours, quoi) mais mes camarades m’ont rassurée : c’est normal. Donc j’ai dû perdre environ un kilo ce soir là rien qu’en peaux mortes. Un petit thé vert et des pâtisseries locales (une sorte de biscuit au miel fourré à la figue, délicieux) histoire de bien savourer le moment.

IMG_20140826_183321

La balade en mobylette

Autre grand moment de la semaine : la balade en mobylette. Bon, comme je suis une petite flipette doublée d’une grande distraite, je me suis dit que plutôt que de conduire mon propre solex et me vautrer dans le 1er nid de poule venu car je regardais le paysage, j’allais me faire conduire. Ni un ni deux, je me retrouve donc assise derrière un fort joli Tunisien, admirant les hauteurs de Tabarka, le fameux “crocodile”, me demandant si nous irions jusqu’en Algérie. Nous nous sommes arrêtés avant, passant un bon moment dans une paillote entre deux rochers.

DSCF3015 DSCF3029 IMG_20140830_201422 IMG_20140831_112300

La soirée plage

La plage de Tabarka n’était pas forcément le point fort de la ville mais nous y avons passé deux soirées à boire et papoter sous les étoiles. A noter une soirée dansante endiablée où, pour diffuser la musique, on plaçait nos mobiles dans des gobelets vides pour amplifier le son. Le seul souci c’est que dès qu’on se mettait à chanter, on couvrait toute la musique. Et on se rend alors compte qu’en fait, les paroles de Bob Morane et Partenaire particulier, on les connaît pas tant que ça (on est allés loin dans la programmation musicale, j’avoue).

DSCF1163

IMG_20140829_000549

La drague

Alors là, le côté UCPA, soleil et Tunisie, c’est chaud patate. On a toutes eu droit à des tentatives pas toujours super subtiles de drague. Enfin, toutes, ça dépend. Comme j’avais pris dans mes valises Victor, avec qui je partageais accessoirement ma chambre, j’étais relativement épargnée durant le séjour. Pire, un soir de cours d’arabe, quand l’encadrant a écrit nos prénoms en arabe, les deux seuls qu’il n’avait pas retenus, sur 15, était celui des deux filles en couple. Par contre, depuis que je suis rentrée, un des gars du coin qui m’a quasi pas parlé du séjour trouve plein de choses à me raconter sur Facebook. Je… euh…

IMG_20140827_224544

Le concert de jazz

Le vendredi soir, on nous a proposé d’assister à un concert de jazz au Basilic : un amphithéâtre accueillant des spectacles. Pendant que nous étions sur place, il y avait le festival international de jazz de Tabarka. Cependant, “jazz” était à prendre au sens très large puisque nous avons eu quelques reprises de Bob Marley ou de… Gala. Et je ne parle pas de l’entracte où on nous a balancé direct du Psy… Oui, oui, le Gangnam style. Ah oui, ok… Mais le concert restait sympa, j’ai découvert à cette occasion qu’il y avait beaucoup d’Algériens qui venaient passer leurs vacances à Tabarka et que, de façon générale, les Tunisiens passent de l’arabe au français en un clin d’oeil, utilisant indifféremment l’un ou l’autre. On a également appris que les gens commençaient à quitter le lieu pendant la dernière chanson et qu’il n’y avait pas de rappel.

DSCF3008 DSCF3012

Mais le mieux de tout, outre la plongée, fut Bulla Regia, un site archéologique situé à un peu plus d’une heure de voiture (voire deux mais je dormais pendant les trajets) de Tabarka. Et ça, ça mérite un article à part.

J’ai connu le CD deux titres

Par Lucas

C’est un truc que je dirai à mes gamins et là ils iront se plaindre à leur mère :  » Maman ya papa qui fait son cacochyme !! » (oui, mes gosses auront un vocabulaire de ouf)

J’ai déménagé il y a un mois et, en rangeant, j’ai retrouvé tous les CD deux titres de mon adolescence.
Ouhai, trop funky trip, ça déchire graaaaaave.
Avec Zombie, Robert Miles, Bitter Sweet Symphony, etc.
J’ai aussi retrouvé mon CD fétiche tout élimé, la pochette à peine lisible tant la boite a vécue : Money For Nothing de Dire Strait avec ma chanson préférée de la vie de la Terre  : Walk Of Life.
J’ai même souri comme un benêt devant le dernier CD deux titres que j’ai acheté, à savoir Stardust – Miouzik Saounds Bitteur Ouiz Youuu.
Et je me rends compte qu’en dix ans ma conso de musique a évoluée… (si,si, truc de dingue)

Je suis un grand utilisateur d’Emule couplé aux radios : Nova, Jazzafip et quand je suis ds la caisse de mon p’tit frère, Oui FM.
Ya no comprendes ?
Je m’explique.
Avec l’exemple de Fip.

Tous les soirs pdt une 1h30 sur FIP il y a du Djaaaaaaaz.
Les 10 premières minutes le programmateur et la nana qui l’accompagnent, évoquent l’actualité du Jazz, et passent un titre du « CD de la semaine » tout en parlant des autres sorties, des concerts à ne pas louper, etc.
Bien entendu quand j’entends un truc qui me plait, illico presto je vais sur le site de Fip et je catche le titre… avant d’aller sur Imioule le chopper.

Ce qui est marrant c’est que ma consommation de CD n’a pas augmenté ou baissé. Il y a dix ans déjà je n’étais pas prompt à acheter un 2 titres sur un coup de tête. Emule m’a permis de maintenir la qualité et temperer les achats coup de cœur.
J’en suis toujours en moyenne à 1 CD par mois ce qui est déjà boucou je trouve. Simplement mon approche a  changée.
Emule est devenu mon acolyte. Illustration avec Dajla.

J’ai découvert Dajla avec son titre Remember Me (lien fenêtre pop up) sur Radio Nova ( » Soul Poetry« , meilleur album soul de l’année 2007 selon Soul Magazine)

Comme c’était une redif d’une émission de mix, un dimanche matin,  et que la playlist n’était pas sur le site de Nova, j’ai du galérer pour trouver le titre en tapant de mémoire les paroles du refrain dans Google et en les trouvant à la… 14eme page de réponses !
Ayant le titre j’ai eu l’album et Emule m’a donc donné le zip de Soul Poetry. Toutes les chansons ont donc tournées sur Winamp. Deux semaines plus tard, j’allais acheter la galette à la FNAC et je suis dorénavant leur actu concert pour savoir quand ils passeront à Paris (c’est un groupe nantais et la bassiste chanteuse éponyme est trop beeeeeeeeeelle).

A dire le vrai, je n’ai pas du tout le sentiment d’être un délinquant.
Et vous, vous en pensez quoi ?

Au-delà des radios, je pense que j’ai aussi un tribut à payer à Deezer et Radioblog. D’you remember Radioblog, ancêtre de Deezer ?

Radioblog était bien agréable car on pouvait, en tapant un titre, obtenir la playlist complète d’un utilisateur. Playlist souvent cohérente : on pouvait ainsi découvrir des choses en rapport avec le titre initial qu’on voulait écouter. Mais aussi avoir de bonnes surprises car, selon moi, les playlists sont une manifestation de la personnalité du listeur et donc de la richesse de celui-ci. Sans déconner on pouvait avoir de trrrrès bonnes surprises.  C’est là bas que j’ai découvert Absynth Minded avec Pretty Horny Flow et
Alexis HK avec C’que T’es Belle quand J’ai Bu. Entre autres…


Récemment, j’ai fait une playlist sur Deezer mais le partage est moins intuitif je trouve… donc je triche.
Par exemple, ça fait un an que Diane et moi (à son initiative) on échange des morceaux.
Des émotions éparses qu’on a  eues sur tel ou tel titre, à l’écoute de la radio ou en trainant sur Deezer. Echange sans qu’il n’y ait nécessairement de cohérence dans l’enchainement des titres si ce n’est l’envie de partager un p’tit plaisir qu’on a eu sur une musique. Là-dessus, elle est sacrément plus douée que moi, avouons-le.
Il n’y a donc pas que les radios pour découvrir des trucs, et pourtant j’étais le premier à écouter les radios californiennes grâce à Winamp…

Je ne vais pas vous quitter sans vous donner quelques adresses que j’avais piquées à Arkius.
Le très complet et très utile Foxy Tunes, (tapez un groupe au hasard, vous allez avoir une masse d’info en tout genre…)
Last FM ds le même style que Deezer,  et Musicovery qui vous permet de découvrir des zik en adéquation avec votre humeur du moment !


Lectrice, lecteur, je serais tout de même curieux de savoir comment ta conso de musique a évoluée depuis 10 ans. CDs, Emule, MP3 sur FNAC.com ou Fnac reelle, etc. Tell me !

Etudes : 3 ans d’Airbag School…

Par Lucas 

Certains d’entre vous le savent, je suis fana de jazz. D’ailleurs je vais aller au concert de Stacey Kent le 21 à Reims, ça va tuer des ours polaires ! Le jazz c’est mon truc. Tout le spectre m’intéresse. Du free jusqu’au smooth, c’est dire du plus dur d’accès au plus easy listening. Du coup, comme je me passionne pour  cette musique, je m’intéresse logiquement à ceux qui la font. Et là, je tombe parfois des nues…


moutin.jpg

Il est tout plein d’artistes, français ou autres, qui ont fait des études de malade et qui ont eu ensuite le courage de se lancer dans leur passsssion, d’en vivre et d’en être heureux. Prenons l’exemple type selon moi : le Moutin Trio.

 

Les Frères Moutin ont tous deux fait ce qu’on appelle communément une PDI  (putain d’école d’ingé): Les Mines pour l’un, Art & Métier pour l’autre.
Pourtant, ils ont préféré se lancer dans leur passsssssion, aidés en cela par un talent de malade. Sans déconner, allez les voir et les entendre jouer : ils surkiffent chaque note, chaque mesure ils la vivent intensément, les yeux écarquillés, le visage tendu, la bouche ouverte… Arf, c’est trop bon! Ils sortent de leur trip en eau et avec un sourire 10000 watt ! On est autant touché par leur zik que par l’émotion qu’ils transmettent ! Sans déconner, je me demande si en France on a une section rythmique (contrebasse + batterie) qui peut les concurrencer…

Or, nos deux frérots ce sont alliés avec un talentueux pianiste, Pierre de Betheman.

Pierre est un ancien de l’ESSEC qui au bout de 4 ans dans le Boston Consulting Group s’est cassé (non  le Boston Consulting Group, c’est pas un groupe de musique East Coast mais une boite d’audit à la con) Donc Pierre, au bout de 4 ans, a dit : « Bloody Shit Mother Fucker, It’s damned boring. » (diable, palsembleu : comme cela est bougrement ennuyeux).

 Et hop, que je te plaque la boite du jour au lendemain pour faire ce que j’aime. Manifestement, ces quatre années avaient  vacciné Pierre contre le BCG (ceci était la blague nase de la semaine. Merci de lever les commissures des lèvres…) Donc notre consultant est devenu pianiste de jazz. Et là, ça envoie du gros. De Betheman en solo, c’est déjà terrible mais alors avec les frères Moutin… Mamma Mia.

Bien sûr, on a tous en tête l’exemple de cet étudiant de l’EDHEC qui avait crée un groupe appelé Tai Phong et qui, quelques années après,  nous annonçait qu’il irait au bout de ses rêeeeveus, là où la raison s’achèèèèèveu(ca y est ça m’a donné envie de réécouter le CD « Singulier »…) D’ailleurs, le même, dix ans plus tard, évoque ses années de prépa et d’école dans la chanson « A nos actes manqués »:  Aux années perdues à tenter de ressembler, A tous les murs que je n’aurais pas su briser (ça y est, ça m’a donné envie de réécouter le CD « Pluriel »…)Ah là là, sacré Jean-Jacques.

 

Perso je me suis vite rendu compte que le piano n’était pas mon truc. Pourtant, je ne me suis pas tourné vers d’autres instruments car je n’avais aucun talent artistique et aucun
talent créatif. Voilà comment vous entamez une brillante carrière de siffleur sous la douche. Ca vous permet de réveiller touts la famille avec une version disco de Encore un matin,
un matin pour rien, du gel douche au creux de mes mains.
(oui sous la douche je me fais ma Starac et mon chat déprime en pleurant dans son coin, en espérant obtenir une nomination aux Césars pour son rôle de Manu Katché.)

 Je découvre donc une nouvelle fonction des écoles de commerce : la fonction airbag. C’est la politique du « OKAHOU ». Yann Moix a fait Sup de Co Reims, après ça il a intégré la Rue Saint Guillaume et là, au lieu de préparer le concours de l’ENA, il nous a pondu un film : Podium.  Il s’en foutait, si ça merdait il avait tout le réseau des anciens de Reims Management School et de Sciences Po Paris qui pouvaient lui trouver un taff. Eh oui en France on vous catalogue par le diplôme…  C’est un peu le bad tout de même… Enfin, moi ça me fait badder.  Ya un type comme ça que j’aimerais bien rencontrer et lui offrir une bière pour qu’on discute entre 4 z’yeux : c’est Mickael Youn.

Ce mec a fait quand même fait une bizness cool : le CERAM à Nice. Moi ce que j’aimerais savoir, c’est ce qu’il a fait entre la diplomotion et Fatal Bazzoka, comment il a fait pour être embauché au Morning Live. Chais pas si vous vous rappelez de ces deux épisoades de sa life mais j’aurai toujours en mémoire son engueulade avec Fogiel et aussi sa course poursuite avec les flics en moto dans le bois de boulogne ! (lien en fin d’article)

 Dans une moindre mesure, ça me fait penser à  un de mes chers condisciples qui veut être journaliste et qui au lieu de faire le CELSA ou l’IEJ est venu se perdre à Reims… Et vous savez pourquoi ? Parce que l’école de commerce, ça ouvre toutes les portes. Mais aussi parce que plein de jeunes découvrent la real life après la prépa une fois sorti du carcan familial et oppressant : « Tu seras cadre sup mon fils« . Du coup, paye ta rébellion par la biais de l’amour des mots et des phrases bien construites.  Enfin, selon moi, mieux vaut se rebeller tôt plutôt que de sous vivre pendant 40 ans et avaler à 60 balais une boite de mort aux rats en chantant « J’aurais voulu être un artiste… »

 

Souffle le Vent sur mon Tempérament

Faire un papier « culture » pour le dimanche c’est un acte politique. On peut ainsi tomber dans la facilité consensuelle, rédiger un article sur un phénomène culturel connu, un truc qui va résonner dans le cœur de la plupart des lecteurs. Mais on peut également parler du dernier album des Ugly Brothers ou de la saison 4 de Mon Petit Poney : un truc que le rédacteur a surkiffé mais qui va intéresser 3 pèlerins. Le choix est donc délicat. En la matière, je vais m’orienter vers la deuxième solution dans un prosélytisme de ouf gueudin. J’ai en effet décidé de vous parler Jazz et plus précisément trio piano. Oui je sais, ça envoie du rêve.

Bizarrement quand j’évoque le jazz avec des vingtenaires, j’ai le choix entre un  » j’aime pas ça », « j’connais mal (ce qui en vérité veut dire « j’n’y connais rien ») voire même « c’est de la musique d’ascenseur/de coiffeur/de vieux ». Rares sont les personnes qui écoutent du jazz et quand c’est le cas ça reste très très très ciblé. Bon, la en théorie, je devrais avoir une levée de boucliers de lecteurs hurlant mais pas du tout moi j’écoute un peu/beaucoup/passionnément du jazz et tu es extrêmement désagréable Lucas avec tes sous entendus à la con. Oui, je sais bien, mais voila, en l’occurrence c’est moi qui rédige, je raconte ce que je veux, et si vous n’êtes pas content c’est la même chose.

Donc je voulais vous parler de trio piano. Pourquoi donc ? Parce qu’on est dimanche, c’est détente et que le trio piano est la musique idéale pour accompagner la déprime glauque  du dimanche soir. Non, je rigole, mais reconnaissons que l’image associée à un piano jazz est plutôt celle d’un club feutré aux sièges cuirs et aux tentures sombres agrémentées de lumières tamisées. Une ambiance intimiste et zen plus tournée vers l’apaisement que le défoulement. La formation en elle-même explique en partie cet esprit. Un piano, une contrebasse et une batterie. Rien de très funky. Et pourtant…

A mon sens, c’est Bill Evans qui a donné ses lettres de noblesses à cette formation avec son toucher, sa sensibilité et l’ouverture offerte à ses comparses. Avant Bill Evans, la batterie et la basse composaient une simple section rythmique. Avec l’album Waltz For Debby, enregistré au Village Vanguard, Bill Evans crée ce que les critiques-qui-s’la-racontent appellent l’interplay. D’une part il y a la complicité des trois musiciens qui donne l’impression d’avoir une seule entité soudée. D’autre part, Bill Evans laisse toute latitude à Paul Motian et Scott la Faro pour faire des solos étonnants. C’est un disque magnifique même si à titre perso je vous conseille plutôt son album posthume You Must Believe in Spring. Sans déconner les mecs, c’est exactement le genre de musique bien classe à mettre en fond sonore quand vous avez réussi à persuader Raoulette de venir chez vous « boire un dernier verre ». Oui je sais, je suis glamour, c’est à peine croyable.

Je pourrais enchaîner les exemples de trio absolument divins et vous saouler jusqu’à plus soif. Je pourrais vous inonder de références techniques débiles et cuistres qui vous feraient encore plus bader qu’un dimanche soir à Montargis. Je pourrais faire mon critique abscons et détestable et vous feriez des sourires niais et consensuels en cherchant, nauséeux, une porte de sortie à cet article barbant. C’est la raison pour laquelle je préfère m’adresser directement aux gens curieux, les prendre par la main et leur laisser dans la paume quelque pépite étourdissante. Ainsi, les plus débrouillards seront récompensés en allant trouver quelques ziks, les autres iront mater le résumé hebdomadaire de la Starac pour se complaire dans leur normalité. Je vous laisse donc avec E.S.T – Bound For The Beauty Of The South, avec Brad Mehldau – Exit Music (oui une reprise de Radiohead), avec Antoine Hervé & les Frères Moutin en Trio – Summertime. En espérant que ces quelques pistes vous mèneront dans les méandres luxuriants du jazz soft et éthéré. En espérant que vous aurez plaisir à vous perdre dans cet univers brumeux et délicat. C’est vraiment tout le mal que je vous souhaite.