C’est pas parce que je tiens pas mes résolutions que j’en fais pas

Tadaaaa, la meilleure tradition que Noël, mieux que la dinde que je ne mange jamais ou que le film de Noël que je ne regarde pas : les résolutions ! Ce truc magique qui me fait croire que ma vie sera meilleure demain. Evidemment, c’est toujours plus facile à dire qu’à faire mais laissez-moi rêver deux minutes que j’en tiendrai quelques unes.

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Avant tout, payons nous gentiment la honte en reprenant la liste de l’an dernier pour constater que j’en ai tenues aucune ou à peu près… Bon, j’avais dit que 2014 serait l’année de la réussite, je m’y suis plutôt bien tenue même si j’avais autre chose en tête à ce moment là (j’avais prévu d’évoluer dans ma boîte, pas d’en changer mais bon, je m’en sors mieux in fine). Pour le reste :

  • remettre de l’ordre dans mon intérieur : fait dans mon appart, un peu moins dans mon estomac (ça dépend des moments). Aucune capacité à me préparer à bouffer en avance (et pourtant, il le faut)
  • reprendre le yoga : oui mais par accident (proposé par ma boîte mais je sens que ça va pas durer)
  • mise en place d’un suivi dépenses pécuniaires/calorifères + mots écrits. Jamais fait, j’ai à peu près pas du tout tenu ma résolution de ne pas dépenser un budget hebdo de 150 €, j”ai parfois fait les 7 km de nage, jamais écrit 1500 mots/jour (je suis même pas sûre d’avoir écrit quoi que ce soit de littéraire cette année)
  • trouver un mec : ça dépend de ce qu’on met derrière le mot “mec” mais j’ai eu des petites scénettes sympa et une histoire d’amitié poussée bien sympa alors c’est pas tout à fait ça mais c’est pas tout à fait raté non plus.
  • devenir la queen du digital : être la boss de la social intelligence, ça marche un peu quand même…

 

Bilan moins catastrophique que prévu, ouf.

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Alors, en 2015, je fais quoi ? Je reprends mon idée de chi va piano va sano mais en priorité :

  • devenir une psychorigide de la to do list car ça marche bien. En gros, je m’achète un agenda dans lequel je liste tout ce que je m’impose de faire dans la journée (pro et perso), ce que je dépense (en calories et en sous), ce que j’écris… Ca fait complètement meuf folle dis comme ça mais j’ai teeeeeellement tendance à m’autoflageller pour rien qu’en cochant les cases, les choses seront faites
  • M’instaurer un samedi ou dimanche glande. Quitte à me mener la vie dure 6 jours sur 7, le 7e (samedi ou dimanche), je fous rien et je culpabilise pas 30 secondes
  • Me préparer une gamelle pour le midi, ça coûte trop cher à la longue les sandwiches et ça fait grossir. Me constituer une tirelire où je mets ce que j’ai économisé en fin de semaine pour me payer des escapades, des stages et des massages
  • Me trouver un vrai cours de yoga, je sens que ceux du bureau vont s’arrêter (et la prof parle trop). Prendre des cartes de 10 cours de yoga, gym suédoise si je trouve une salle cool (y en a une à côté de chez moi mais les cours sont trop tôt) et de danse. En 2015, je transpire. Et la piscine, on y retourne et on arrête de chouiner parce qu’il fait froid
  • Choper des stages : photo, trucs manuels, danse, pilotage, tout ce qui me permettra de m’amuser et d’apprendre des trucs
  • Ecrire pour de vrai
  • Changer de style vestimentaire, ça casse un peu ma jolie ascension qu’on me prenne toujours pour l’alternante de service (j’ai 34 ans bordeyl)
  • M’acheter des plantes

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Et… et puis voilà. Trouver un mec, on verra ce que me réserve la vie, apprendre une langue, oui, non, pas en ce moment (mais renforcer l’anglais même si je suis pas si mauvaise). Trouver mes voies, oui mais rester sur la mienne pour le moment, tant que ça marche. Parce que je suis certes bonne dans le rebond mais ça finit par fatiguer un peu. 2015, année de la consolidation (de la psychorigidité, du touche à tout, de la chlorophylle et de la glande donc… ).

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Mais surtout, surtout, ma vraie résolution, celle que je ne sais pas du tout comment je vais tenir, c’est arrêter le snoozing d’être un boulet. Non parce qu’entre mes différentes cascades dans la rue ou dans un escalator où mon adresse géniale qui fait valdinguer mon verre de rouge direct sur le pantalon et la chemise du mec de la régie qui nous payait le déj, sans parler de tous les objets que je brise, j’en ai putain de marre. (si idées, je suis preneuse).

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Demain, je vous parle de mes résolutions spéciales réseaux sociaux (et blogs)

Partage ton Noël sur les réseaux sociaux

Ahahah, bonsoir, bonsoir, vous me surprenez alors que je termine d’installer mon sapin de Noël. Approchez, mais approchez donc, que je partage avec vous le résultat, je suis pas peu fière. Hé oui, moi, j’aime montrer mon esprit de Noël. Clic, zou, c’est publié sur Instagram. Ohohoh !

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Il y a quelques rituels sur les réseaux sociaux, quelques dates importantes où il faut montrer qu’on en est. Il y a les vacances d’été où il faut poster une photo de ses jambes en mode knacki, le brunch où il faut à tout prix montrer sa belle assiette, les concerts, histoire de prouver qu’on y était, etc. Noël est l’un de ces moments et, pas de chance pour les allergiques à l’esprit de cette sympathique fête, ça dure un moment : course aux cadeaux, décoration de la maison, départ en vacances, réveillon, repas et ouverture des cadeaux, vous allez en bouffer du tweet, du statut Facebook, de la photo Instagram et même du Vine pour les moins chanceux (tiens, si je me servais de mon compte, d’ailleurs ?). Immortalisons, immortalisons !

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Mais pourquoi ce besoin de partager ce moment précis ? Pour s’inscrire dans une sorte de grand tout ? De communion sociétale ? Certes mais pas que car n’oublions pas que Noël, c’est aussi la grande fête du “dis-moi combien tu m’aimes ?” Hé oui, plaisir d’offrir, joie de recevoir : selon ce que tu as mis comme fric sur mon cadeau, je saurai si tu m’aimes ou pas*. T’as vu mes beaux cadeaux, tavu, tavu ? T’en a pas eus d’aussi beaux, toi, hein ? Puis tiens mate ceux que moi, j’offre, parce que je suis généreuse et j’aime mes proches, je leur fais de supeeerbes cadeaux.

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Et puis, les fêtes, c’est aussi la joliesse de son intérieur. Hop, ça fera bien sur Pinterest. T’as un aussi beau sapin, toi ? T’as vu mes boules, hein, t’as vu mes boules ??

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Et puis n’oublions pas la bouffe. Aaaaah la bouffe ! Saviez-vous que l’alimentation était le 3e sujet le plus discuté sur les réseaux sociaux ?** Alors là, on va un peu étaler notre richesse et notre opulence avec des délicieux mets raffinés et follement délicieux. Une petite coupe de champagne par ici, une petite cuillère de caviar par là, tu me passes les huîtres s’il te plaît ?

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Bref, Noël est l’un des paroxysme de la mise en scène de soi sur les réseaux sociaux. Alors que tout l’année, on chuine sur nos impôts, la cherté de la vie et nos découverts, durant les quelques jours de la fin décembre, nous voici soudain riches à étaler notre argent comme s’il en poussait sur le sapin. Et j’avoue, je m’en amuse et en abuse. Vous aurez donc le droit comme chaque année à mes photos de réveillon, de mes paquets cadeaux, de bon manger et des photos de mon neveu de dos. Et encore, vous avez de la chance, je vous ai épargné ma crise de foie de l’an dernier.

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Ca vous saoule ? Courage, on enchaîne direct avec le réveillon.

Et en cadeau, pour vous, parce que je regarde ça en boucle depuis un mois pour survivre à mes pitches, l’épisode de Noël du Coeur a ses raisons !

*en vrai non, certains  achètent l’affection d’autrui avec des cadeaux histoire de compenser une absence ou pour étaler leur fric mais ceci est une autre histoire.

** C’était la minute experte des réseaux sociaux

Trip au coeur du Titanic et petite mousse

Contrairement à ce que peut laisser penser ce titre, nous allons parler musée.

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Pendant ma petite balade en Irlande, je n’ai pas fait un mais deux musées. Enfin, musées, ce sont plus des visites ludo-pédagogiques mais bon… Alors voici l’histoire folle de mes visites au Musée Titanic de Belfast puis à la fabrique Guinness de Dublin.

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Le musée Titanic

Si vous ne le saviez pas, le Titanic a été construit à Belfast et a démarré son funeste voyage de là donc forcément, la ville s’est dotée d’un musée très moderne expliquant non seulement la construction du géant des mers mais aussi toute l’histoire autour de la construction navale de Belfast, notamment avec la société Harland & Wolff et son côté patron paternaliste, tout ça, tout ça. L’histoire se construit petit à petit : d’abord la superbe de l’entreprise qui construit les bateaux, la White Star Line qui gère les voyages… Sortent de là l’Olympic, l’Oceanic ou le célèbre Titanic. On apprend en lisant que le Titanic n’est pas le premier naufrage notable, il y a eu l’Atlantic, disparu en 1873 mais aussi l’Olympic, le sister ship du Titanic. Quelques passagers clés nous sont également présentés.

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Une fois le contexte socio-culturel intégré, on grimpe via un ascenseur jusqu’à des nacelles qui nous font (très rapidement) voyager au coeur de la machinerie du Titanic, nous faisant passer à travers un safran reconstitué pour nous montrer à quel point il était immense. Puis on visite les cabines reconstituées, on nous explique la tonne de bouffe embarquée pour un tel voyage. Et on en vient au drame à grand renfort de vidéo (sans Céline Dion ni Leonardo di Caprio), les messages de détresse envoyés, les premiers articles de presse, revus et corrigés au fur et à mesure que les infos parvenaient à New York… Oui, déjà, à l’époque, on écrivait vite à défaut de bien et on relayait pas mal de conneries.

Ceci est un message SOS
Ceci est un message SOS

 

Puis on passe par la partie dédiée aux films sur la catastrophe (et là, on a droit à Céline, bien sûr, des fois qu’on aurait oublié…) et enfin la partie un peu scientifique sur les recherches en cours sur l’épave, des images sous marines, etc. Assez impressionnant. Au dehors nous attend le dernier bateau de la H&W encore en service, le Nomadic.

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Ce musée, assez ludique et pédagogique s’il en est, nous rappelle que si le Titanic fut le naufrage le plus connu, il était loin d’être le seul et nous fait un peu réfléchir sur le gigantisme des paquebots d’aujourd’hui (pas loin de 3500 passagers sur un Costa Croisières ou 5400 sur le plus gros paquebot du monde vs 2400 sur leTitanic). Evidemment, il reste compliqué de comparer l’incomparable (des bateaux à plus d’un siècle d’écart) mais quand même…

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La fabrique Guinness à Dublin

 

Aucun rapport. Dans la mesure où il nous était un peu compliqué de reprendre l’avion le dimanche soir, quitte à prendre notre lundi, autant profiter pour errer un peu dans Dublin. Et comme nous n’avions pas eu le temps la dernière fois de visiter les deux célèbres fabriques locales, on s’est dit qu’on allait se rattraper avec la fabrique Guinness. Avant de pousuivre, je rappelle que je déteste la bière. On débute par une mise en scène des ingrédients avec une bien jolie chute d’eau puis, au fur et à mesure des étages, on progresse dans la fabrication de la boisson. Ecrans pour nous expliquer le mélange, la fabrication d’un fût… Notre audioguide (gratuit) à l’oreille, on se balade à travers les 6 étages de l’installation. Passage vers le bar sensoriel, on renifle des vapeurs parfumées aux ingrédients de la Guinness. Ah oui, je déteste à peu près autant l’odeur que le goût de la bière en fait. Petit passage dégustation, je tente de me forcer parce qu’on ne sait jamais (j’ai goûté toues les bières prises par mes copines durant le week-end et même les plus douces m’ont faite grimacer mais j’ai une sorte d’étrange foi dans l’évolution de mes goûts)… et j’abandonne discretos mon mini gobelet dans un coin.

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Après la fabrication, on a droit à un étage consacré aux pubs Guinness puis un autre sur le côté hyper international, des fans à travers le monde, youpi. Des écrans interactifs nous permettent de partager notre visite sur les réseaux sociaux ou tester notre connaissance de l’alcool (pas fait car écrans super squattés). Clou de la visite : la Guinness Academy où vous apprenez à tirer votre propre Guinness et tu peux la boire après. J’ai donc passé mon tour et pris des photos d’Anaïs en train de s’appliquer (elle a réussi à tout bien faire).

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Fin de la visite, on monte au dernier étage pour admirer la vision panoramique sur Dublin avec quelques petites explications. Bref, même si j’aime pas la bière, j’ai trouvé la visite super intéressante et je suis repartie en prime avec un chouette sweat. Oui, je suis parfois victime de mon esprit touriste, que voulez-vous…

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dublin-panorama-guinnessFin du périple irlandais, je reprends l’avion, cafardeuse : c’était mon dernier voyage de l’année… pensai-je. Car début décembre, direction Lisbonne ! J’aime quand la vie me réserve quelques surprises.

Le syndrome Prom Queen

Les réseaux sociaux ont ce pouvoir merveilleux de conférer aux gens un sentiment d’importance. Chaque contenu posté déclenche l’attente frénétique du moindre like, commentaire ou retweet, selon où vous vous exprimez. Le but est de devenir le ou la plus populaire de votre petite bande virtuelle, celui ou celle qui décrète et les autres suivent. Ce fameux influenceur qui fait bander les marketeux. Je reviendrai sur la notion d’influenceurs plus tard, ça mérite un bon paquet d’articles je pense.

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Première étape : construire sa communauté, donc, se créer des liens, étendre ses tentacules toujours plus loin, se construire une audience de plus en plus importante pour l’inonder de vos pensées, jugements, derniers achats, photos de vacances… Et une très bonne façon de se faire des copains, c’est l’ennemi commun. L’ennemie commune en l’occurence pour cet article : la fille trop jolie avec un mec canon qui s’en sort bien dans la vie et qui évolue à des dizaines de miles au dessus de vous. Au début, personne n’ose la critiquer tellement la moindre pique envers elle semble puer l’aigreur. Mais à 10, le rapport de force est inverse et là, tout est permis.

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C’est ce que j’appelle le syndrome Prom Queen. Prenez n’importe quel teen movie (ou série) américain, ce phénomène est pregnant : c’est la reine de la fête, la plus jolie, la plus populaire, celle que l’on adore donc détester car elle est trop tout. Les anti Prom Queen se rejoignent peu à peu, galvanisés par leur haine commune de cette pauvre fille qui a surtout le tort de ne pas être comme eux. Oh oui, certaines sont de vraies connasses, je dis pas. Mais de toute façon, sympa ou connasse, la règle reste la même : on déteste la Prom Queen.

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Alors dès qu’elle ouvre la bouche, poste une photo ou respire un peu bruyamment, le torrent de haine démarre. Il débute par une petite remarque, grossie par les commentaires, retweets et autres LOL. On se sent cool de démolir la jolie fille de service qui n’est même pas si jolie que ça, tavu ? Elle doit bien se photoshopper la garce parce qu’en vrai, elle n’a pas la peau aussi lisse ou les cuisses aussi fines. Oui, le syndrome Prom Queen transforme ses victimes en hyènes, ces féministes qui hurlent dès qu’on tacle une femme sur son physique mais n’hésitent pas à se moquer du bourrelet (légèrement imaginaire) de la Prom Queen ou du creux entre ses seins et supplient qu’on lui file un hamburger tellement elle est maigre. Dans cette petite réunion haineuse, les principes sautent.

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Alors, pour conserver sa petite communauté rigolarde, on guette. Tout ce que dit ou fait la Prom Queen sera analysé, critiqué, jeté en patûre à sa petite bande excitée à la vue du sang. Non mais tu as vu son pull ? Non mais elle a fait une faute, ahah ! Ohlala, elle a lu tel livre qui est trop nul, quelle idiote ! Effet pervers : la Prom Queen honnie devient finalement le ciment de la petite bande. Et si demain celle-ci disparaissait ? Ca peut arriver, rappelons que nous parlons de vie virtuelle, de blogueuses, de twitteuses, de forumeuses, de nanas qui ont une vie en dehors de la bulle virtuelle et peuvent en disparaître sur un coup de tête, de ras le bol. La petite bande d’excitée va-t-elle disparaître ? Non, bien sûr : une Prom Queen meurt, vive la Prom Queen. Car peu importe la victime, du moment que l’on peut la descendre pour se sentir mieux qu’elle. Et si un jour vous renoncez à cette mesquinerie, rassurez-vous : vous serez rejeté par la communauté. Vous n’avez plus vos places parmi les rageuses.

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Typiquement féminin ? Rassurez-vous, les hommes ont aussi leur petites guéguerres. Eux, ils sont plus sur la taille de leur bite communauté par contre… On en reparle une prochaine fois.

De la mise en scène du soi sur Internet

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Eté 2013, je discute avec un charmant jeune garçon sur un site de rencontre et, je ne sais plus comment, nous venons à parler de l’un de mes rêves fous : écrire une thèse sur la mise en scène du soi sur Internet. Tout ça me vient bien sûr de mon métier ou plutôt de ce que j’observe en périphérie, jugée sur ma vigie virtuelle : ceux qui se posent en intellos, en mères et pères parfaits, en bombasse absolue, en ci, en ça. Quelle que soit notre utilisation des réseaux sociaux et des espaces Internet de prise de paroles (forums ou blogs), on se donne tous un certain éclairage, de façon plus ou moins consciente. Quand je prends la parole sur un sujet plutôt qu’un autre, ce choix est mu par une envie de mettre en avant une connaissance, un élément de ma personnalité.

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Prenons un exemple : sur mon Facebook perso, j’ai souvent une utilisation passive, passant plus de temps à lire les bribes de vies de mes camarades plutôt que de raconter la mienne (plus présente sur Twitter et dans une moindre mesure sur ce blog). Mais de temps en temps, je prends aussi la parole et ce sur divers sujets : des photos de mes voyages ou balades, de rares articles de gauchissssses (sur le mariage pour tous essentiellement), quelques images drôles croisées et surtout des articles (écrits par d’autres) sur le Social Media Management, diffusé auprès d’une liste de contacts pros. Je commente aussi certains articles, surtout pour m’insurger sur la place de la femme de la société. En gros, sur mon Facebook, si je résume, je suis consultante social media bien informée, souvent en vadrouille, mais aussi une gauchisse très pro mariage pour tous et féministe hystérique qui aime bien poster des comms agressifs sur les statuts des magazines féminins (j”avoue, y a des jours où je suis d’humeur un peu troll). Ah et in love total de son neveu trop choupinou même si je poste très peu de photos de lui (et jamais sans l’autorisation de sa mère, évidemment.) Côté vie privée, hors le neveu, on ne sait rien du tout et ça me va.

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Côté Twitter, je retweete beaucoup, un peu dans le même goût, finalement : du gauchisse (je me lasse pas de ce terme), du féministe, du très drôle, quelques infos sur les derniers crashes et incidents aériens (chacun sa passion), un peu de musique, parfois un peu de passivité agressive (ça, c’est mal), du sport, de la misanthropie (bien trop), des articles de blog et mes photos Instagram. Un puzzle un peu fouillis de prime abord mais qui donne une vue d’ensemble un peu plus complète de mon moi en rajoutant une couche amicale par rapport à Twitter et parfois, entre deux tweets, on peut même deviner si j’ai quelqu’un en ce moment ou non.

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Bref, stoppons là cette auto analyse sans aucun intérêt. Donc on choisit ce que l’on raconte. On va parler de sa tenue du jour pour signaler gentiment qu’on est plutôt au fait de ce qui se fait en matière de mode et parce qu’on la trouve jolie. Par contre, les jours de “j’ai ouvert mon placard et j’ai pris les 2 premiers trucs qui me sont tombés dessus”, on va juste se taire. On va tweeter à 9h l’air de rien qu’on est déjà au boulot mais se taire quand on arrivera vaseux ou vaseuse le lendemain à 9h45-10h (quoi, je parle encore de moi, là ? Mais enfin… oui). On va parler du super documentaire vu la veille sur Arte mais taire le fait qu’on s’est couchés à 2h du mat car on matait les replays des feux de l’amour (là, non, c’est pas moi, je suis trop larguée pour tenter de regarder à nouveau, malgré mon amour ancien pour les soaps). Même les tweets et statuts en mode bourré n’ont rien d’innocent.

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Donc je racontais ça au jeune homme qui, intéressé, me demanda de lire quelques uns de mes écrits sur le sujet. Mais jeune homme, je n’en ai point, tu crois que j’ai le temps de faire une thèse ? Entre 2 longueurs de piscines, un bilan social, 2 audits d’écosystèmes sociaux et 3 recos ? Mais, me répondit-il, si le sujet te plaît, écris dessus, tu t’en fous de faire une thèse ou non.

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Un an plus tard (quelle réactivité), je me décide donc. A partir de maintenant, quand j’aurai le temps, je me pencherai sur la folle vie de nos cyber egos. Prochain épisode : le syndrome Prom Queen (rien que ça).

 

On se recontacte ?

Les rencontres sur les sites de rencontre ont ceci de particulier qu’on se connecte à quelqu’un qui ne partage aucun cercle d’amis avec nous. S’il n’y avait pas eu ce site, les chances que votre date et vous se retrouvent dans la même pièce, face à face, étaient proches du zéro. Quoique la vie est parfois surprenante… Du coup, vu qu’on ne peut compter sur le ronron de la vie pour retrouver votre date sans pression, il faut agir : c’est parti pour un recontact.
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Vous avez passé une soirée charmante en sa compagnie, vous avez ri autour d’un verre de vin, testé un resto super bon, profité de la ville version nuit pour vous promener en profitant du bon air frais. Peut-être avez-vous même goûté sa bouche, caressé sa peau, fait chuinter les draps sur vos corps agités… Bref, vous avez eu un rencard génial et vous avez envie d’un deuxième acte. Seulement, vous allez être obligé d’agir vu que vous ne pourrez pas compter sur le train-train quotidien de la vie pour vous remettre en présence de votre date puisque, rappelons-le, vous n’avez aucun ami en commun. Donc que faire ?
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– Continuer là où tout a commencé : sur le site de rencontre. Non. Votre relation a évolué en passant dans le réel, ce lieu ne sera désormais plus celui de vos échanges. Ah, vous n’avez ni son numéro ni son mail ? Ah dans ce cas, c’est pas forcément la peine de recontacter cette personne, elle ne semble pas motivée pour vous aider à la recontacter.
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– Le téléphone : oui. Plutôt version SMS mais bon, c’est une phobique du téléphone qui parle, je ne suis pas 100% objective. Rien ne fait plus plaisir que le fameux sms du 1er rencard, un petit texto mignon mais pas pathétique, tout le monde n’est pas Ted Mosby. Un jour, j’écrirai une série sur « how I met my significant one : le guide anti Ted Mosby ». Mais bref, n’hésitez pas à manifester votre plaisir d’être en compagnie de l’autre par des sms ou des appels.
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– Les mails : pourquoi pas. Idéal si l’autre doit s’absenter mais je remets un avertissement sur les mails : ça crée souvent l’illusion d’une plus grande intimité, on se peint le portrait un peu idéalisé de l’autre et on finit par s’emballer puis par être déçu*. Bref, il faut savoir garder la tête froide et ne pas trop s’emballer suite aux confessions de l’autre. On se crée une intimité IRL, le reste ne peut que conduire à l’échec.
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– Le chat Facebook : Oui, pourquoi pas mais je ne conseille déjà pas forcément de rajouter ses dates sur Facebook : on ne poste pas toujours des trucs très glorieux sur les réseaux sociaux, ça ouvre trop de portes d’un seul coup. Où sera ensuite le plaisir de la découverte. Sans parler de la possibilité, certes faible mais quand même, de tomber sur un-e psychopathe qui va stalker vos moindres faits et gestes, coller des likes et commentaires partout et vous questionner sur les quelques personnes au physique avantageux dans vos cercles d’amis. Et quand vous en aurez marre de répéter pour la 5e fois que, si, si, un-e tel-le est votre cousin-e, vous comprendrez que vous avez ouvert la porte de votre compte bien trop tôt.
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Quant à la question du « quel est le délai légal avant d’envoyer un message », ma réponse est simple : cette question est débile. Cette personne vous plaît, dites-lui dès que vous en avez envie. Si elle s’effraie pour si peu, c’est qu’elle cherchait un prétexte pour vous éjecter au plus tôt. Au moins, vous serez fixé au plus vite et éviterez de vous attacher inutilement. Ou vous aurez droit à un second rencard. Ca vaut la peine de tenter le coup, non ?
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La semaine prochaine, nous nous demanderons que faire de nos « dossiers en cours »…
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* Note pour moi-même : rédiger un article sur ces romances par mail.

Modern stalking

Par Audrey

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Le problème des ruptures à l’ère du web 2.0, c’est qu’elle manque de netteté. Comment tourner la page alors que l’autre reste là, à portée de clic. Malgré les résolutions, malgré l’envie d’avancer, comment résister à l’envie d’aller jeter un oeil… Ne serait-ce que pour vérifier qu’on n’est pas la seule à en chier. Sauf que sur les réseaux sociaux, on a tendance à mettre en avant ce que l’on fait de cool. Et là, la curiosité vire à la scarification mentale.

Mais qui est cette pouffe qui like tout ce qu’il poste avec la régularité d’un métronome ?

Benoît était, quand nous étions installés ensemble, la parfaite incarnation du mot « pantouflard ». Plus motivé à l’idée d’un plateau télé ou d’une soirée console que par l’idée d’aller voir dehors ce qu’il se passe. Mais là, depuis qu’il est seul, il semble pas mal sortir. Un coup au concert de Fauve (style de musique qu’il semblait détester quand nous étions en couple), avis posté sur le dernier Woody Allen, expo à Beaubourg… Mais qui est cet homme ? Mais surtout qui est cette pouffe qui like tout ce qu’il poste avec la régularité d’un métronome ?D’ailleurs, pourquoi lors du concert des Artic Monkeys, elle l’a tagué sur une photo ? C’est qui cette Aurélie ?

Côté face, je souris, je joue la fille « la vie devant moi, youhou ! ». Côté pile, mon estomac est en train de se décomposer sous l’effet des giclées de bile aigre provoquées par toutes les apparitions de cette mystérieuse Aurélie dans la vie de mon mec… euh, mon ex. Jusqu’au jour où ça apparaît en toutes lettres sur mon écran, un coup virtuel dans les tripes « Benoît Garassi est maintenant en couple avec Aurélie Chastain ». Je saisis mon clavier et vomis ma colère, prête à lui démontrer l’étendue de mon vocabulaire le plus ordurier.

Mais, sur les conseils de mon amie Elisabeth, je finis par ne pas l’envoyer. Parce que ça sert à rien. Parce qu’il s’excusera d’avoir été maladroit, oui, mais il ne m’aime plus et la scène, même un peu légitime, qu’il va se prendre ne changera rien. Audrey out, Aurélie in, c’est comme ça.

Devant mon Facebook, je me décide enfin à faire ce que j’aurais dû faire depuis le départ

Alors je me plante devant mon Facebook et fais ce que j’aurais dû faire dès le départ mais que je n’avais pas eu le courage d’exécuter pour de fausses raisons (« non mais ça fait mesquin, tu comprends »). « Voulez-vous vraiment supprimer Benoît Garassi de votre liste d’amis ? ». Oui.

Mon petit labo

Bienvenue dans mon petit labo ! A l’origine du blog était l’envie de garder un lien avec ma vie toulousaine. Je pris mon clavier et j’impliquais mes amis dans un projet commun sans trop leur demander leur avis : un Sex and the city parisiano-toulousain avec des filles et des garçons célibataires qui aiment les hommes. Au départ, on parlait liaisons foireuses, les prénoms et les plans culs s’enchaînaient vitesse grand V.

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Puis la vie, la vraie comme on dit, a pris le dessus. Des amitiés qui partent en lambeau, une adolescence définitivement terminée. Les galères, le chômage, ce truc qu’on ne pensait jamais côtoyer car on nous avait dit qu’on était les meilleurs et on l’a cru. Avec mon diplôme, j’ouvrirai toutes les portes du monde, c’est mon directeur de master Tintin Hondelatte qui l’a dit. Un an et demi après avoir obtenu ma clé foireuse, je braquais presque par hasard une porte et je pénétrais l’univers tout neuf du community management. Ma vie a changé : fini le chômage, fini les journées à chouchouter son blog entre trois envois de CV et deux entretiens. Petit à petit, la machine ralentit et se grippe : l’article quotidien devient intenable. Alors je ne le tiens plus.

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Et là, de la libération de la contrainte naît le grand n’importe quoi. Des longues séries comme la chômagie à peu près suivie ou les « où rencontrer l’homme » qui muteront en l’avortée série « où draguer« , une histoire d’amour qui n’a jamais dépassée la première nuit, un mariage bien mené même si j’ai oublié quelques éléments, la recherche de l’amour sur les sites de rencontre qui n’a pour l’heure pas dépassé la fiche d’inscription (mais faut avouer que c’est une étape salement fastidieuse). Des coups de gueule, des coups de coeur, des petites histoires de tatie Gaga. Parler de tout, de rien, tenter d’éditorialiser puis lâcher pour se laisser aller. S’essorer le cerveau pour en faire couler les mots. Parce qu’au fond, derrière tout ça, il y a cette envie, ce besoin : écrire. Ecrire, écrire. Tenter des styles, des phrases, taper sur le clavier comme d’autres tapotent les touches d’un piano. Je ne suis pas musicienne, je n’y comprends pas grand chose en musique, je ne fais que reproduire les chants que j’aime, j’ai frotté quelques cordes de violoncelle par le passé mais de là à créer… De la même façon, je tricote, je couds parfois, je noue des fils de couleur pour faire du bracelet brésilien ou du macramé. Mais mon vrai talent, ma meilleure façon de créer, c’est l’écriture.

Mon labo d'écriture

Quand j’étais en 6e, nous avons appris en cours en catéchisme la parabole du talent : un riche propriétaire part Dieu seul sait où et donne un talent à chacun de ses serviteurs pour qu’ils le gardent au chaud. Deux l’investirent, le 3e l’enterra. Moi, j’ai naïvement cru que c’était le 3e qui avait bien agi car il avait obéi mais non, ce sont les 2 autres car ils ont fait fructifier leur talent (oooooh, talent/talent, quelle subtile métaphore). Mon cousin, qui était dans un autre groupe, s’exclama alors « ça, c’est ma cousine ! Elle a que des bonnes notes mais elle fait jamais ses devoirs ». Merci la balance hein (mais il avait raison). Du coup, je me dis qu’en attendant de sortir de ma procrastination crasse qui me fait abandonner tous mes romans au bout d’une quarantaine de pages au mieux, je vais faire évoluer mon talent. J’écris. Et quoi de mieux que mon blog, après tout. J’enfile les mots comme des perles, je tisse mes phrases, je construis mes paragraphes. Je ne joue pas le jeu de la blogo en racolant auprès des marques et des « influenceurs »pour choper invites et backlinks. De toute façon, j’ai même pas mis de pub sur le blog et j’arrive déjà pas à voir tous les gens que j’ai envie de voir donc perdre des soirées à faire des sourires à des gens que je n’apprécie pas pour la plupart, à qui je n’ai rien à dire. En faire un business pourquoi faire ? Ah oui, si je travaillais mon réseau plus sérieusement, mes réseaux sociaux, que je reboostais un peu tout ça, j’aurais une super vitrine pour le jour où je finirais d’écrire un truc pour le balancer aux éditeurs, je pourrais sortir un « livre tiré de mon blog ». Peut-être. Mais vu que je passe mes journées à pimper les réseaux sociaux de mes clients, vous comprendrez que j’ai du mal à faire de même le soir sur mes propres réseaux.

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Bref, mon blog est finalement devenu mon labo d’écriture. Je teste les styles. Quand je relis mes premiers articles, il y a 8 ans (bam), c’est le jour et la nuit et ce à tous les niveaux. J’ai grandi, j’ai muté. En mieux ou en pire, ça dépend de là où on place le curseur, je suppose. Mes péripéties deviennent de plus en plus anecdotiques. Je parle un peu de mon job, beaucoup de mes voyages, quasi plus de mes amours ou de mes histoires de fesses. Et là, je me dis… et si je retentais l’aventure ? Reprendre la base, pour voir… Je vous explique ça prochainement.

Le web journalisme ou la culture du vide

Dans ma prime jeunesse, je souhaitais devenir journaliste. Je m’imaginais devant ma machine à écrire puis mon clavier d’ordinateur taper le récit de grandes enquêtes réalisées sur le terrain. Avec le recul, je me rends compte que j’ai jamais vraiment imaginé dans quel domaine j’allais écrire mais c’était la seule certitude : j’écrirai. Puis la vie m’a fait prendre un autre chemin, intéressant mais différent. Et quand je vois la gueule du journalisme en version 2.0, je suis bien contente de pas être tombée dedans.

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Un fait divers se produit. Genre une prise d’otage ou un tireur fou dans Paris. Aussitôt, les journalistes du web doivent vite vite pondre un article pour espérer faire tache d’huile sur la toile et les réseaux sociaux et sortir au plus vite sur Google si quelqu’un les cherche. Du coup, on multiplie les articles et comme on a rien à raconter, on sort désormais des navrants « ce qu’en dit Twitter » en remplissant l’article de copier/coller de tweets en mode « ohlala, trop peur, beuh ! ». Excusez-moi, je vais m’évanouir devant ce contenu à ce point incroyable et pertinent !

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Plusieurs explications à ce phénomène. En un, flatter Dieu Google pour le référencement, je vous invite à découvrir cette super vidéo sur le sujet traitant essentiellement de l’univers des jeux vidéos mais ça marche pour tout le web, en fait. En très gros : on multiplie les articles sur les sujets tendance pour remonter le mieux sur Google et choper plein de googlonautes comme ça, ça fait plein d’affichage sur les publicités et ça rapporte plein de revenus. Ouais ok. Sauf que perso, à l’arrivée, je finis par boycotter ce genre de sites. Si c’est pour lire des tweets que j’ai possiblement déjà vus dans ma timeline, ça ne m’intéresse pas vraiment.

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Autre explication : l’amour du buzz. Alors je vais être honnête : en tant que salariée du web, je ne supporte plus ce mot. On crie au (bad) buzz dès que 30 personnes en parlent, c’est ri.di.cu.le. En général, pour prendre du recul, je me pose cette question « mes parents en entendront-ils parler un jour ? ». Autrement dit, est-ce que ce brouhaha sortira de son petit bout de toile pour passer sur d’autres médias qui conserve la majorité des parts de voix ? Non ? Alors calmez-vous deux minutes sur votre « buzz » qui sort à peine de votre mini cercle connecté. Et encore, je parle de mes parents mais j’ai pas besoin d’aller chercher si loin. Je prends mes amis qui bossent pas dans le web ou même ma soeur qui ne passe pas ses journées sur les réseaux sociaux et voilà, tous ces gens là n’entendent pas parler du dernier tweet crétin de Nadine Morano. D’ailleurs, lisons ce très bon article sur le journalisme tweet, il éclaire bien ce que je raconte.

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Bref, pourquoi envoyer un mec sur un événement quand il suffit de copier-coller des tweets. C’est sûr, ça vous économise le micro-trottoir. Mais quand on demande à des gosses les droits sur une image qu’ils vous donnent alors que l’image ne leur appartient finalement pas, quand on trouve qu’un texte ponctué d’un LOL ou d’un MDR est un contenu intéressant pour un article qui se veut un minimum sérieux. Et encore, je vous parle même pas des sites de « buzz » pur qui balancent tous la même vidéo à 10 mn d’intervalle avec deux minables lignes de texte histoire d’être sûrs d’attirer un max de lecteurs. Vidéo reprise par tous les sites « d’information » histoire de profiter eux aussi des trois lecteurs et demi que ça peut leur rapporter.

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Et ça me gonfle. J’en ai marre de cette paupérisation croissante des contenus. J’en ai marre de vouloir une info sur un événement et tomber sur des trucs creux où on me demande mon avis à la fin, histoire de choper un max de commentaires. Vos gueules, vos gueules. Les journaux en ligne ouvrent en très grands leur colonnes pour publier tout et surtout n’importe quoi, offrant à leurs lecteurs des tribunes leur rapportant des vues et du référencement sans débourser un kopeck. Au mieux, les journalistes improvisés ont un blog et profitent de cet espace de parole pour se faire un peu de pub, au pire… Au pire ils se font baiser dans les grandes largeurs juste pour espérer avoir 30 secondes de cyber gloire. Et tout ça nourrit la machine à produire du vide, du creux, du sans âme. Aujourd’hui, je ne suis pas une journaliste qui copie-colle des captures d’écran. Et j’en suis particulièrement ravie.

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PS : Ne généralisons pas, certains e-journaux conservent une volonté de produire du fond. Par exemple; j’aime beaucoup Slate, c’est mon chouchou et non, j’écris pas dedans, c’est un avis objectif.