Y a des fois, j’ai peur

Ego trip, bonjour. Non, non, pas de panique, je vais pas vous faire un énième article sur ma déprime passagère, tellement passagère qu’elle est passée. Faudra que je revienne sur le sujet (en général, je veux dire, pas sur ma déprime à moi, on s’en fout) mais sans complainte, cette fois-ci.



Je vais vous raconter l’histoire de Nina qui a besoin de vacances mais elles sont imminentes, ça tombe bien. Parce qu’hier matin, j’ai quand même eu un trip bizarre et que je me dis que mon corps et surtout mon cerveau sont en train de m’envoyer des messages très clairs. VACANCES ! REPOS ! Vous allez voir, je n’exagère pas. Tout commence à 7h30, heure où mon réveil sonne avant que je lui tape dessus pour qu’il se taise. Cette manœuvre dure presque une bonne heure. Toutes les 7 mn, le réveil sonne, musique, bruits de bouche et de gorge indistincts, une tape pas très douce sur le réveil, un corps qui se tourne de l’autre côté dudit réveil et re pionçage pendant 7 minutes. Parfois, Kenya tape un peu l’incruste histoire de réclamer un câlin ou de se réjouir du fait que je suis ENFIN réveillée et qu’elle va pouvoir faire du bruit. Oui, en vieillissant, le chat apprend le concept de sommeil de son maître, même le week-end.




Hier matin, j’étais un peu dans un demi sommeil où je râlais au sujet d’une réunion et qu’ils avaient qu’à mieux faire leur fichier Excel (mais non je ne suis pas obsédée DU TOUT par le boulot). Puis je rêve que je me lève et que je vais à la salle de bain pour me préparer. Quand le réveil sonne et que je me rends compte que je ne me suis pas levée pour de vrai et que je dois le faire là. J’ai donc eu deux levers, un fantasmagorique et un autre réel. Et lors de l’un de ses deux réveils, je me suis rendue compte en allant dans la salle de bain que ma porte d’entrée était ouverte. J’ai pensé de suite à Kenya mais elle était venue me réclamer des câlins quelques minutes plus tôt donc elle était encore là. Je ferme la porte en m’insultant intérieurement.


Bref, je me prépare et au moment de partir, je soupire « mince, c’est vrai que les clés ne sont pas sur la porte ! Je l’ai vu en la refermant». Non,parce qu’un matin, comme ça, j’ai perdu 10 minutes à chercher mes clés… Et là, je regarde la porte : elles sont dessus. Et je me demande : la fermeture de porte était-elle une réalité ou était-ce mon rêve ? Je me creuse la tête, je réfléchis. Voyons… Il me semble que certains éléments qui trônent dans mon entrée n’étaient pas dans le rêve genre la vieille lampe en attente de descente à la poubelle… Et puis y avait pas les clés… Et puis c’est vrai que la veille, j’avais un peu mascagné à fermer la porte avec ma peluche ronronnante et lascive dans mes bras… Alors ce n’était qu’un rêve ? Un rêve durant lequel je me suis dit « oh non Kenya ! Ah si, elle est là, elle m’a fait un ronron y a 2 minutes » ?


Bref, je pars de chez moi, troublée. Oui, ça devait être un rêve et à y réfléchir, il vaut mieux que ça le soit, sinon ça signifierait que je suis somnambule. Parce que la seule certitude que j’ai dans cette étrange histoire, c’est qu’en allant me coucher, la porte était fermée. J’ai passé la soirée en culotte, j’aurais été légèrement gênée en allant à la salle de bain en voyant la porte ouverte… Oui, non, allez, ce n’était qu’un rêve, c’est mon dernier mot.



Par contre, j’ai une autre certitude finalement : mes vacances vont être salvatrices parce que se réveiller en ayant de l’excel et des réunions dans la tête et ne plus être capable de démêler le vrai du faux, y a un peu un souci quand même… Et je ne vous parle même pas de la mine affreuse que j’ai actuellement… Dans mes rêves ET dans la réalité.

A mon âme poète

Mon cher moi d’avant,

Hier soir, en rentrant chez moi, je ne sais pourquoi mais un exercice de français m’est revenu tout à coup en tête. C’était en 3e, l’année du brevet. Sur le coup, je sais, ça fait peur mais je te promets que près de 15 ans plus tard (merde, 15 ans, déjà, qu’ai-je donc fait du temps passé ?), tu en riras de bon cœur. Le brevet est une blague, vois ça comme une initiation au futur bac. Mais je ne veux pas te parler d’examens, non, je veux te parler poésie.


Ce fameux exercice, donc. La prof nous avait demandé de faire un poème prenant une forme particulière, un calligramme. Evidemment à ce moment là, tu étais dans ta phase spleenique de cet amour à sens unique que tu nourrissais pour Guillaume (qui est en fait un crétin, je te l’ai déjà dit). Alors tu avais décidé de faire un poème en forme de cœur, paie ton originalité. Et ce que je retiens
de l’anecdote, c’est la malaise face au mot « braise ». Ca donnait un peu « tu m’as envoûtée avec tes yeux de braise… ». Mmmm, qu’est-ce qui rime avec braise ? Falaise ? Fraise ? Je sais que seuls ces deux là m’étaient venus à l’esprit alors que là, j’ai eu malaise de suite, t’as vu ? Question de vocabulaire, peut-être même si dans le contexte, ça ne nous aide pas beaucoup. Et de là, je me suis souvenue de ta prime jeunesse, de la mienne, enfin, tu vois. Du temps où tu/je écrivais des poèmes à longueur de temps où tu trouvais lyrique de faire rimer amour avec toujours (ahah) et je me souviens aussi d’un poème qui commençait par « j’ai posé un chrysanthème d’or /sur la tombe de notre amour mort ». A l’époque, tu trouvais ça brillant. Aujourd’hui, je trouve ça neuneu mais mignon.




J’ai dû écrire une bonne trentaine de poèmes à cette période dont le fameux « blues de l’étude » qui donnait à peu près ça : « c’est le blues de l’étude/je me fais chier comme d’habitude » et y avait aussi un passage du type « Ce que je me fais chier/L’homme de ma vie vient de passer/mon Dieu qu’il est  beau/Il devrait poser pour des photos ». Fin et spirituel, le tout sur une grande copie double (je m’ennuyais vraiment beaucoup, manifestement). Mais j’aimais mieux écrire des poèmes d’amour parce que l’amour c’est beau, c’est universel, blablabla…  Oui, bon, je t’absous, les adolescents sont rarement fut-fut. Et celui qui me traite t’attardée en me parlant de Rimbault (oui, j’ai déjà eu
ça en comm une fois, on rigole, on rigole), je lui aplatis le museau.




Et puis un jour, ça m’a passé, je ne sais plus vraiment quand mais je sais pourquoi : parce que j’ai pris conscience que c’était mauvais, neuneu, plat, sans saveur, tellement vu. Oh, j’aurai tout de même pu faire parolière pour Lorie, Eve Angeli ou les 2B3 (-1). Ah zut, oui, pardon, tu pouvais pas savoir mais un 2B3 va décéder, je te dis pas lequel pour ménager le suspense. Même si, au fond, tu t’en fous, tu n’es jamais tombée amoureuse d’un chanteur de boysband.  Mais ça va, ta sœur a pris ce créneau là donc notre mère a pu se désespérer pour la passion d’une de ses filles pour des chanteurs bodybuildés, huilés.




Alors tu crois que je te dis d’arrêter de suite ton scribouillage poétique ? Non, ma fille, au contraire. Mais ne te prends pas trop au sérieux quand même, je te promets, ce n’est pas ta voix. Mais tu as d’autres cordes à ton arc, ouf !

C’est bien de retenir la leçon… Mais pas à ce point !

Je voulais vous parler de mon week-end car j’en étais satisfaite, l’heure de plus m’a permis de faire foule de choses (je suis allée jusqu’à ranger sous mon lit, vous savez, ce lieu un peu légendaire qui sert de cimetière aux chaussettes…) mais finalement, je vais m’abstenir parce qu’on est déjà mercredi et qu’on est limite plus près du prochain week-end que du précédent. Alors on va parler couple et rupture. Et rémission. Enfin, on va parler amour quoi.


Il était une fois un garçon que nous nommerons Romain. Pendant quasi une demi décennie (5 ans quoi), Romain fut en couple avec Charlotte mais comme il arrive parfois, peut-être même souvent, ils finirent par se séparer. Charlotte m’expliqua qu’elle ne supportait plus son manque de concession, le fait qu’il ne veuille jamais sortir, qu’elle devait se battre pour le faire bouger… Bref, Charlotte et Romain se séparèrent.

Puis Romain rencontra Sandy et se dépêcha de se mettre en couple avec elle, l’amour n’attend pas, paraît-il. On peut aussi penser qu’il ne se supporte pas célibataire et s’est agrippé à cette fille comme Rose à son bout de bois lors du naufrage du Titanic. Référence ! Mais Romain n’étant pas idiot, il a noté que les femmes n’aimaient pas les hommes un peu mous qui  ne veulent pas sortir donc il se plie à la volonté de Sandy. Une sortie par ci, par là, et jamais il ne dit non. Charlotte est certes chafouine de voir que l’autre a réussi en 15 jours ce qu’elle n’a pas réussi en moult années. Ca m’avait fait un peu la même chose avec Guillaume 1er, j’ai lutté pendant quasi 5 ans pour qu’il
balance ses slibards sloggi gris (il devait en avoir une vingtaine) et ses pulls camionneurs 15 ans d’âge et ses chaussettes de tennis. Mais il avait des qualités aussi, faut pas croire, hein.
Deux ou trois mois après la rupture, il sort avec une jeune femme qui le relooke des pieds à la tête.  Alors évidemment, question : sommes-nous à ce point nulles ? Non, c’est le cas typique du « j’ai échoué, je change de vie, je prends le total contrepied de ce que j’étais ».

C’est bien de retenir les leçons de ses échecs passés, je ne dis pas. Seulement, j’ai toujours du mal à croire qu’on peut réellement changer du tout au tout. Sortons le bon vieil adage : « chassez le naturel, il revient au galop ». Qui d’entre nous n’a pas plusieurs fois dans sa vie pris la résolution de changer sur tel ou tel point et échoué plus ou moins lamentablement. Moi, par exemple, ça doit faire 10 ans que j’essaie désespérément de me lever plus tôt et j’ai beau faire, j’ai beau être motivée le soir en me couchant, quand le réveil sonne une demi-heure plus tôt, je grommelle, le fracasse et me rendors. Et le pire, c’est que je ne renonce toujours pas. Un jour, je me lèverai tôt pour pouvoir faire quelque chose le matin avant le boulot. Quelque chose d’autre que de me traîner sous la douche, me laver (tant qu’à faire couler l’eau, que ça serve), m’étaler mes crèmes partout, m’habiller, me maquiller et partir. Quelque chose d’utile, quoi.

De toute façon, il n’y a qu’une façon d’intégrer un réel changement, c’est d’y aller piano. Romain, en changeant du tout au tout, risque d’aller dans le mur. Parce que c’est trop brutal et que ça ne tiendra pas. Un peu comme quand on commence un régime radical et qu’on craque au bout de quelques jours pour se jeter sur la première chose hyper calorique qui passe  à notre portée.

Alors quoi ? C’est ça le message ? On ne peut pas changer ? Et bien non, je ne le pense pas. Enfin, si, mais petit à petit, on ne peut pas devenir un autre en quelques jours, c’est juste une question de logique. Et puis mieux que le changement, je vous propose : l’adaptabilité et le compromis . Ne pas toujours dire oui ou toujours dire non, faites des concessions mais gardez vos cojones dans le slip plutôt que de les offrir en cadeau à votre nouvelle copine pour qu’elle s’en fasse des boucles d’oreille.

Ah alors en fait, c’était ça !

La semaine dernière, j’étais pas fringante du tout, comme vous avez pu le constater. Déprime automnale classique (chaque année, c’est le même cirque sauf qu’en 2008, je déménageais et en 2007, je changeais de taf donc c’était arrivé plus tard) doublée de quelques perturbations pro assez fatigantes. Disons en quelques mots que travailler avec des gens qui ne sont pas des professionnels, ça crée pas mal de situations certainement cocasses pour eux mais franchement compliquées pour nous.

Heureusement pour moi, Vicky a justement choisi cette semaine pour revenir de vacances donc j’ai pu aller chouiner chez elle (deux fois en une semaine quand même) et là, elle a eu une révélation : « de toute façon, 2009 est une année de merde ! ». Là, je lève les yeux et je réfléchis. Que 2009 fut une année assez fatigante, ça, ça ne fait aucun doute. Mais tiens, 99 avait été bien pourrie aussi… Merde, j’ai fait une outrageante erreur de calcul. Je pensais que 2009 serait une année faste pour moi car année impaire. Mais après réflexion, ce n’est pas comme ça que ça marche. Ce ne sont pas les années impaires qui me réussissent mais les années multiples de 3. Comme 2007. En 2007, j’ai d’abord rencontré Vicky, j’ai trouvé un CDI après un an et demi de chômage certes discontinu mais quand même et même un 2e. La période 2007 chez TGGP fut magique. J’ai aussi rencontré Gabriel cette année là, mon sex friend adoré et ami tout court, d’ailleurs. J’ai vraiment vécu de bons moments en 2007. Et quelle est la prochaine année en multiple de 3 ? 2010 ! Hé mais ce n’est que dans 66 jours, ça. 66 jours dont une dizaine de vacances. Bon ben ça va, je vais survivre.





Je sais bien que cette tambouille mathématico-ésotérico-cryptique prête à sourire. Peut-être que 2010 sera aussi une année pourrie mais si je commence à penser ça, autant me faire interner de suite pour une cure de sommeil jusqu’en 2011 (en espérant qu’elle soit meilleure). Mais bon, 2008 n’a pas été grandiose , 2009 décevante par rapport aux espoirs que je mettais en elle puisqu’à part le fait notable de changer de boulot, y a eu que des trucs chiants. Oui malgré les perturbations actuelles dans le boulot, ça reste un truc positif puisque si j’étais restée chez TGGP, à cette heure-ci, je ferais de la modération. Super ! 2009, année de la loi de Murphy. Tout ce qui peut aller de travers est allé de travers. Dans quelques temps, j’en rirai sans doute mais sinon, là, de suite, ça me lourde. La facilité est sans doute ennuyeuse mais de temps en temps, ça nous fait des vacances. Parce que de vacances, dans les faits, je n’en ai plus vraiment et celles que j’ai prises m’ont guère reposé, j’ai perdu tout le bénéfice. Heureusement, je repars bientôt quelques jours dans mon sud adoré, héhé !


Bref, tout ça pour dire que je vais attendre 2010 tranquillement, sans plus courir l’aventure. C’est pas que je me laisse dépérir, non, non, non. C’est pas ça du tout. Juste que je m’assois sur le bord de la route pour regarder passer tranquillement les gens, je me mets sur mon fauteuil fétiche et je passe des soirées tranquilles, je ne prends pas de risques quoi. Je me mets dans une espèce de pause pendant ces 66 jours qu’il reste. Ca fait limite chiffre sataniste, c’est amusant. Ca fait du bien d’arrêter de courir des fois. Je vais juste mettre deux ou trois trucs en place et en 2010…

En 2010…

En 2010, ça va être la fête, baby ! Je peux rien vous promettre vu que je ne sais pas trop ce que je pourrai en attendre mais c’est dit et ça fait toujours plaisir d’avoir une échéance pas trop lointaine. Même si elle rime à rien mais ça, on va éviter de le dire, chut !

T’as peur, dis, t’as peur ?

Il y a 5 ans, je pensais un jour devenir journaliste. Journaliste en quoi, je ne savais pas bien, j’étais plus naturellement attirée par le sportif, le féminin (mais pas la mode ou la beauté, moi, je voulais être chroniqueuse, un peu comme Carrie Bradshaw mais en moins névrosée), l’international. J’avoue que le national ne m’a jamais vraiment intéressée et aujourd’hui encore, je saute assez facilement les pages France. Peut-être parce que j’ai la sensation que l’herbe est toujours plus verte ailleurs ? Peut-être. Mais là n’est pas le
sujet.



J’avais donc cette ambition mais aujourd’hui, j’ai légèrement honte parce que la presse m’exaspère. Mais à un point. J’ai l’impression qu’on écrit tout et son contraire juste pour nous faire peur. Par exemple, la crise. La criiiiiiiiiiiise (en hurlant hystériquement, je vous prie). La garce, elle nous tuera tous. ON perdra tous nos emplois, on ne pourra plus s’acheter de pâtes parce qu’elles seront trop chères, même les coquillettes et puis à la fin, on crèvera tous. Le seul qui peut nous sauver, c’est Obama, tellement qu’on lui file un
prix nobel même pas un an après son élection parce qu’il est plein de volonté. Mais bon, pas de chance, Obama, c’est pas notre Président à nous donc nous, pauvres Français, on a la criiiiiiiiiiiise, on nous balance des chiffres qui font peur comme ceux de l’inflation, du chômage… Tous pauvres demain.

Ceci étant, il vaut mieux être pauvres parce qu’avec toute cette délinquance et cette insécurité, on va tout se faire voler de toute façon. Pourtant, notre gentil gouvernement renvoie tous les impies dans leur pays mais ça ne suffit pas. Peut-être que ça voudrait dire que… non… ça voudrait dire que les délits peuvent être aussi commis par des Français ? Des Français qui ont la nationalité pour de vrai ? Oh ben ça alors ! De toute façon, peu importe, à la vitesse où vont les choses, je vais mourir violée (par 4 individus en même temps) et égorgée au fond d’une rame de RER. Et pauvre.

Quoi que pas sûr, j’ai peut-être une solution de sortie pour éviter cette mort atroce : crever de la grippe A. Les Français sont particulièrement légers sur le sujet, malgré l’atroce pub anxiogène diffusée quotidiennement avec de la musique qui fait peur et des microbes volants. Régulièrement, les journaux nous rappellent l’horreur de cette grippe, que des gens en meurent et tout. Et vous croisez des gens dans la rue avec des masques ? Vous éternuez dans votre coude plutôt que dans vos mains ? Et bien si vous crevez de la grippe, ce sera bien fait pour vous, vous n’aviez qu’à croire les médias, non mais !


Je caricature mais pas tant que ça. Et encore, j’ai pas envisagé l’hypothèse de mourir déchiquetée dans un attentat dans le métro ou pulvérisé dans un crash d’avion parce que les pitots sont tous dysfonctionnels ou que les pilotes se sont endormis. Ou d’autres choses auxquelles je n’ai sans doute pas pensé comme l’anthrax mais ça me paraît passé de mode. Je suis sûre que si j’envoie une lettre avec de la farine dedans, plus personne ne pensera à l’anthrax. C’est bien, une paranoïa en chasse une autre. Comme quoi, toutes les menaces terriblement terrifiantes sont relatives.  Bref, cette course au sensationnalisme effrayant m’agace, on flirte avec la désinformation. Il doit y avoir des cas où on s’y vautre carrément, d’ailleurs. Je n’ai pas besoin qu’on me rappelle tous les jours que c’est la criiiiiiiiiiise, qu’il y a la grippe A, l’insécurité… C’est bien triste certes mais je ne pense pas que ce soit une raison suffisante
pour ne plus sortir de chez moi (même si des fois, je me dis qu’une petite paranoïte aiguë serait sympa comme excuse pour pas aller travailler mais il ne faut pas en abuser sous peine de finir interné). Je suis obligée de sortir de chez moi pour bosser, voir des gens, vivre…



Par contre, ce serait sympa de distribuer quelques bonnes nouvelles de temps en temps… Juste pour voir ce que ça fait.

Courrier des cœurs, réponse à Yannick

Cette semaine, Yannick nous a posé la question suivante : « Salut. J’ai un petit problème. J’ai 24 ans et je suis encore puceau. Je pense que je vais être grillé « ma première fois », non ? Mais je me demande juste comment <<bien faire l’amour>>. Comment on sent si la fille trouva ça bien ou pas ? »

 La cellule Love and sex s’est réunie, voici ce que nous en pensons :

 Enzo : « Je pense que je vais être grillé « ma première fois », non ? » En même temps, si tu avais fait ça à 16ans, tu aurais été
grillé tout autant ? Plus généralement, vu les niveaux disparates en matière de prouesses sexuelles, il n’est pas obligatoire que tu sois grillé pour peu que tu sois bien informé (documentaires, etc). « Mais je me demande juste comment <<bien faire l’amour>>. » Vaste question. Comme précédemment, voir les documentaires. Puis tout oublier et laisser parler son coeur et son instinct animal.
« Comment on sent si la fille trouva ça bien ou pas ? » Alors là, il faut éviter les documentaires trop romancés et extravertis (un cri n’est pas égal forcément à un plaisir). Et faire baisser la pression (facile à dire je sais). Vois ça comme un « Docteur Maboul » en mode expert : sois attentif aux réactions (respiration, yeux (on devient photophobe avec le plaisir), …) et agis en conséquence.
Hypothèse. Action. Analyse de la réaction. Nouvelle hypothèse avec de nouveaux paramètres qui prennent en compte l’analyse précédente. Dégrossis juste un peu le travail en te documentant pour apprendre de l’expérience des autres (exemple: Coup de poing dans les cotes > ne pas tester)

Keira : .. Que dire ?

Déjà, le point important si tu es sur le point d’enfin passer à l’action avec une fille que tu aimes (pas dans le cas du coup d’un
soir donc…), il faut qu’elle soit au courant de ta situation. Parce que si tu te foires, elle va juste croire que tu es nul et puis c’est tout. Tandis que si tu n’es pas au top lors de ta première fois officielle, et bien elle va t’aider.

Il ne faut pas croire que tout s’apprend d’un coup. C’est comme embrasser pour la première fois, au début tu ne sais pas trop comment
gérer le roulage de pelle ou alors le baiser mignon, c’est avec le temps et l’expérience que tu apprends à doser.

Ne te met pas la pression, ça ne sert à rien. Ne sois pas en panique, les premières fois c’est toujours délicat.

Quant à « bien faire l’amour ». Là aussi cela dépendra énormément des attentes de ta partenaire. Tout ce que je peux te conseiller c’est
d’y aller en douceur au début, parce que si tu bourines comme un malade sans avoir chauffé un peu la demoiselle, tu risques de ne pas avoir l’occasion de recommencer une seconde fois. (oui, ça peut faire mal !)

Enfin… les cris ne sont en effet pas toujours des signes de plaisir. Il faut être à l’écoute. Et observer les réactions.

Et comme le disais mon camarade masculin, il y a plein de moyen pour se documenter. Maintenant, les manuels théoriques c’est bien,
mais rien ne vaut la pratique pour s’améliorer dans cet art très particulier qu’est le sexe.

Bon courage en tout cas !

Petite Cervoise : pareil « … que dire ? »

J’ai 24 ans et je suis encore puceau.

=> Note pour les lecteurs de moins de 20 ans : ne laissez pas passer l’occasion de tester, avant de souffler vos 20 bougies. Sachez
qu’à cet âge là, les filles non plus ne savent pas faire grand chose et vous serez donc tout à fait pardonnés.
A 24 ans, je pense que ça doit plaire aux MILF, voir aux Cougar. Surtout aux Cougar.

Je pense que je vais être grillé « ma première fois », non ?

=> L’injustice de la vie fait que non, justement. Une fille se fera certainement griller -physiologie oblige-, mais pour un homme
le scénario peut varier. Soit ça se passe bien, l’instinct prend le dessus et la dame apprécie. Soit ça se passe pas très bien, et elle peut penser soit que tu es un mauvais coup, soit que tu n’as pas énormément d’expérience (à 24 ans, ça peut arriver aussi)

Mais je me demande juste comment <<bien faire l’amour>>.

=> Mon coeur, même à 45 ans, certains n’ont pas encore compris.

Comment on sent si la fille trouva ça bien ou pas ?

=> Le meilleur moyen de savoir, c’est si elle y donne suite ou pas. Si tu aperçois un texto où elle écrit « LOL sors moi de là » à sa
meilleure copine, il est possible qu’elle n’aie pas totalement apprécié. Le mieux est de lui consacrer du temps, être attentif à ses réactions, ne pas TROP trainer non plus là où on pense qu’il est bien de s’attarder… parfois la technique du miroir est payante (reproduire les mêmes gestes de l’autre)
Voila.
=> Voila.

Nina : Vaste question que nous nous sommes tous posés, sans que l’âge entre en ligne de mire, finalement. Parce que nous sommes
clairement dans une société qui valorise « l’étalon » ou « la geisha », ceux qui maîtrisent le plaisir comme des rois. Sauf que dans les faits, il faut bien comprendre que le bon coup de l’un peut être le coup foireux de l’autre. En clair si je te donne une recette du comment bien faire l’amour, c’est une recette qui marchera sur moi, point barre. Perso, si tu as des affinités particulières avec celle qui va te déflorer, dis lui franchement et transforme ça en jeu « comme je sais pas faire, je veux que tu m’apprennes, dis moi ce que je dois faire ». Sans faire trop le boulet non plus mais qu’elle t’invite à la caresser là ou là, tu t’appliques, tu lui demandes si elle aime ou pas (pas toutes les 2 secondes non plus). Et si tu veux pas lui dire, tu peux tenter direct le scénario du « jeune élève et de sa prof qui l’initie aux joies du sexe » mais pas dit qu’un scénar dès la première coucherie emballe la demoiselle. Maintenant, juste un dernier mot : dédramatise ! Etre encore puceau à 24 ans, c’est pas grave, tu n’es pas du tout une exception. Et au pire, si ta prestation n’est pas terrible, tu ne pourras que t’améliorer.

PS à Petite Cervoise : ma perte de virginité est passée pour ma part inaperçue 🙂 (même si j’étais raide comme un piquet)

Voilà, si toi aussi, tu as une question à nous poser, n’hésite plus, un petit comm, un petit mail [nina.bartoldi(a)gmail.com], un message facebook ou twitter et c’est parti !

C’était revenu, c’est reparti

Hier soir, j’avais passé une super soirée et je pensais avoir retrouvé le mojo de l’écriture, j’avais 150 idées en tête.

Ce matin, le torrent de merde qui me tombe sur la tête continue. J’ai envie de pleurer, je craque, j’en ai plus que marre. Je me lève tous les matins épuisée, je récupère plus, les journées sont
toutes plus éprouvantes les unes que les autres.

Alors on va dire qu’aujourd’hui, y aura pas d’articles. Et à ce rythme là, demain non plus.

Bonne nouvelle, les vacances sont dans 3 semaines (je crois), je pense potentiellement arriver à survivre.

Analyse littéraire

Par Lucas(Dédicace à feu la classe de Terminale L, 1998, Lycée Richelieu et à Diane)

Dans un commentaire composé, vous analyserez le document ci-joint (Annexe 1) et ses enjeux, de manière ordonnée et structurée.

Depuis la nuit des temps (1), les artistes de variété ont su s’inspirer de la vie quotidienne afin de traduire, dans leurs créations, toute la diversité des émotions et des caractères humains. La preuve nous en est donnée avec le texte de cette chanson, publiée en 1990, qui nous interpelle de manière béante, sur la problématique inhérente des relations ambivalentes entre individus issus de classes socioprofessionnelles bigarrées. Dans une première partie, nous étudierons le début et, dans une seconde partie, la suite et la fin.

Un amour fulgurant.

L’auteur amorce son propos en nous prenant à partie d’un « moi », cinglant et malpoli, qui donne le ton à toute l’œuvre et suggère habilement l’intensité de l’émotion qu’il va nous communiquer. Il convient d’ailleurs de remarquer à quel point l’immersion est immédiate et la dissension bien suggérée grâce à l’utilisation d’une antiphrase subtilement amenée (« Moi je » (…) « toi tu »). Dans
toute l’œuvre, le rythme enlevé (phrase affirmative, concision de l’octosyllabe) n’est pas dénaturé par l’usage d’un vocabulaire soutenu : il trouve, au contraire, un adjuvant dans le champ lexical (« tu crèches », « meuf », « squatt ») afin de favoriser ladite immersion chez le lecteur.

Pour autant, ils convient de remarquer la justification facile (la fatalité) qui est mise en avant pour expliquer la rencontre entre les deux protagonistes, laquelle s’appuie néanmoins sur une vérité élémentaire, la mixité sociale évidente et facilement vérifiable par tout badaud, au sortir de la station Chatelet-Les Halles, un samedi après midi.Dans la droite ligne des contes pour enfants et des productions hollywoodiennes, l’auteur joue sur la notion d’amour impossible entre classes sociales trop différentes. On retrouve, bien entendu, un thème largement exploité auparavant (« Les bal des Lazes » de Michel Polnareff, « Pauvre Petite Fille Riche » de Claude François, entre autres). Il met ainsi en avant la rigueur et le manque d’ouverture entre les différentes catégories socio-professionnelles et, peut-être, les difficultés de l’éducation nationale à donner à chacun sa chance. On est ici à l’opposé du livre « E= MC² mon amour » où les deux héros, issus de différentes CSP, sont transcendés par leur surdouisme commun(d’aucuns diront, « leur surdouade »). Ce choix manichéen de l’auteur est affirmé, par la suite, dans les deux vers qui évoquent des employées de conditions modestes, caissière à Prisunic et employée aux PTT.

Le refrain se veut surement une métaphore de la maladresse du héros, celle qui l’empêche d’exprimer ses sentiments naissants avec clarté (« c’est toi que je t’aime ») et évoque sans aucun doute la réalité syntaxique de certains.  En ce qui concerne ledit héros, toute son impulsivité contenue se manifeste avec l’intensité des voix et une hyperbole, sentencieuse et finale : « vachement beaucoup ».

Un dénouement plein d’espoir

La référence à Jacques Brel, qui ouvre la seconde strophe, n’est certainement pas fortuite. En effet, en citant explicitement la chanson « Ne me quitte pas » ( » Je t’inventerai un domaine, Où l’amour sera roi » comparable à « Je ferai un domaine, Où l’amour sera roi, ») l’auteur suggère habilement, par une ellipse, la suite de la chanson initiale : « …où l’amour sera loi, Où tu seras reine ».  Pour autant, en donnant à son amour l’apparence d’un chemin de croix,  grâce à une accumulation d’épreuves (« je bosserai toute la semaine », « et que même si il le faut », entre autres) l’auteur évoque la cruelle fatalité qui semble guetter le héros. Néanmoins, il autorise, une fois de plus, une immersion du lecteur grâce à des références choisies qui résonnent en chacun de nous (« Ikea », « chez Sabatier », « chez Foucault »).

Le dernier couplet est des plus évocateurs. L’intensité du phrasé, avec une stichomythie en 3 voix, régies par une parataxe des plus éloquentes, donne une force incommensurable à ces quelques vers. Cette accumulation finale permet une amplification, simple et épurée, tout en renforçant le coté dramatique de l’intrigue. Ce dénouement en pirouette laisse l’auditeur transi face au mystère insoluble et pernicieux qui se résume en une question épurée : « va-t-il la serrer ? »

On peut trouver un indice dans le fait que les interprètes concluent leur chanson en reprenant, une dernière fois, le refrain, une tierce au dessus de la tessiture initiale mais sans en changer un seul mot, ce qui évoque bien l’aspect immuable des barrières sociales. Cela suggère, sans coups férir, la détresse finale du protagoniste mais aussi le cri d’une voix dans la nuit. C’est bien entendu une référence à Clamence dans « La Chute » d’Albert Camus ; Clamence qui prend conscience de sa fatuité après avoir entendu un cri (celui de la société), un soir, sur un pont, dans la nuit noire, dans la nuit noire et obscure, obscure et sombre…

Conclusion :

Satyre sociale qui évoque le gouffre entre la France d’en bas et la population privilégiée des beaux quartiers, cette chanson reprend le thème ancestral et pérenne de l’amour impossible (« Hélène » de Roch Voisine, « J’la croise tous les matins » de Johnny Halliday) avec une intensité et une rythmique idoine, tout en nous rappelant que le rock est avant tout la musique de la rébellion. Une belle leçon à tirer, sans aucun doute.

 


Annexe 1 :


 

 

(1) Depuis la nuit des temps : expression numéro 1 au top 50 des introductions bateau, honnies par les professeurs intègres depuis… la nuit des
temps.

Tsunami en la demeure

Aussi incroyable que ça puisse paraître, je ne suis pas morte. Personne de mon entourage n’a passé l’arme à gauche non plus. Ma petite absence en ces lieux s’explique par une déprime passagère qui me rend à peu près aussi drôle qu’un tableau de Munch et mon week-end à Marseille pour Buzz Paradise que je vous raconterai quand j’aurai retrouvé toute
ma joie de vivre car ce week-end fut une belle réussite pour l’agence à mes yeux et je veux leur rendre hommage à juste titre. Et pour ceux qui en douteraient, non, je ne bosse pas chez eux. La preuve, je ne vis pas au Luxembourg.


Donc je disais qu’en ce moment, c’est pas la joie alors plutôt que de griller un sujet intéressant (ou non) en écrivant un article mal tourné car nous savons tous ici que mon humeur influe sur la qualité de ma plume, je pars en freestyling. Non, ici, point de chouinage à base de la vie c’est moche. De toute façon, mes soucis étant liés au boulot, je préfère ne pas raconter, de peur de trop en dire. Rien d’essentiel, je ne risque pas du tout ma place, que du chiant de toute façon. Comme a dit Anthony, le mec de ma sœur : « vous faites vraiment un métier de con… » (le vous intégrant ma sœur). Pas tout à fait faux quand on voit les drames qui sont les nôtres. Dans quelques temps, ça me fera hurler de rire à m’en taper les cuisses mais là, un peu moins. De toute façon, l’unanimité de mes relations me signale que je suis un peu trop impliquée et qu’il faudrait que je lève le pied. Moi-même, je me le dis, c’est pour dire. Même mon horoscope de Biba (je crois) a dit, je cite : « les amours ? Pas le temps, vous ne pensez qu’à votre carrière ». Pas faux mais en même temps, en ce moment, les mecs que je rencontre ont tous de sérieux problèmes avec les femmes en général. Des fois, je regrette un peu de ne pas avoir fait d’études de psychologie, je suis un tel aimant à tarés que je ferais fortune si j’avais mon cabinet. Oh, je créérais un blog psy ! Genre venez étaler vos névroses en comms, je vous analyse. J’aurais du pain sur la planche, déjà que certains ici me font halluciner par le contenu de leurs propos alors que je ne soigne personne… Mais faut dire aussi que j’ai le don de trouver mignon des mecs qui se révèlent être des connards.nPas forcément avec moi, d’ailleurs. Là, par exemple, j’ai croisé un mec en soirée au tout début de l’été, un croisement si furtif qu’il ne m’a pas vue, j’avais juste son prénom. Un jour, une amie me parle d’un blogueur dont je ne connais que le pseudo, elle me montre sa photo, j’ai un doute… On dirait le même mec. Et bien tout à l’heure, en furetant sur viadeo, j’ai eu confirmation que c’était le même mec. Ce mec qui incarne à la perfection mon style d’hommes est donc un type peu fiable. Merde. Pour la petite histoire, j’ai retrouvé ce jeune homme… dans les contacts de ma sœur.

On peut draguer sur viadeo ou c’est mal vu ?


Enfin, il faut voir le verre à moitié plein, je dois m’y forcer. Mes problèmes sont ponctuels, peu importants, rien de grave. Dans quelques temps, j’en rirai de bon cœur (sans me taper les cuisses cette fois, ça fait mal à force). Je pensais que 2009 serait un cru aussi bon que 2007, pour le moment, hors changement de poste, y a rien de vraiment particulier mais j’ai envie de lui laisser une chance de me prouver le contraire à 2009. Il reste deux mois et demi. A moi de me bouger pour faire un truc de plus de positif, un truc qui restera. Non mais c’est vrai, zut, les années impaires sont mes années, j’adore le chiffre 29 et depuis que j’ai 29 ans, il ne se passe rien de notable. Faut que j’attende la trentaine ? La trentaine, mon Dieu… D’ailleurs, ça y est, depuis presque 15 jours, j’ai 29 ans « et demi », comme quand on était petit, je dégringole vers l’autre côté. Suis-je censée commencer à réfléchir très fort à une liste de choses à faire avant 30 ans ? Non parce que j’ai pas trop d’idées, là… En même temps, en cinq mois et demi, il ne me reste pas le temps de faire beaucoup de choses, des petits trucs, plutôt. Et non, je ne sauterai ni d’un avion ni d’un pont, dussé-je avoir un élastique ou un moniteur avec un parachute dans le dos (bien que ça puisse être un volet intéressant pour où trouver l’homme mais je me pense sincèrement incapable de le faire).


De toute façon, faut que j’arrête de toujours me mettre des échéances pour tout, ça sert à rien.

Bref, voilà, je finis là cet article sans queue ni tête. Dès que ça va mieux, je vous raconte mon week-end marseillais, mon avis sur adopteunmec (ça va saigner), le fait que je suis toujours insatisfaite et j’avais vu un autre sujet pas mal dans Glamour ou Biba ou Cosmo (j’ai pas encore lu Marie-Claire) à développer. Ah et il faudra à tout prix que je vous parle d’une asso aussi !



Bon, c’est pas tout ça mais après avoir bu un mug de café, la nature se rappelle à moi.

Où trouver l’homme ? Episode 37 : aux vendanges de Montmartre

A la recherche du prince charmant

(Tout ceci est une fiction, comme déjà dit. De toute façon, là, l’hiver arrive, je ne cherche plus d’homme, c’est pas la saison)

Paris est une ville drôlement chouette qui propose moult activités permettant de faire des rencontres pour le moins intéressantes. Par exemple les vendanges de Montmartre. Au petit matin, ça commence par de faux mariages, de vrais couples se mariant pour de faux, comme c’est romantique. Puis quand tous les faux mariés sont célébrés, un bal commence avec un arbre à danse : sur cet arbre sont accrochés des panneaux sur lesquels sont inscrits des danses type (genre java, salsa…). On tire un panneau et le groupe joue ce qui est écrit dessus.


Donc un dimanche un peu gris d’automne, sur la charmante place des Abbesses, après avoir assisté à de faux mariages, vraie célébration de l’amour et de l’union sans obligation, vous pouvez enlasser un partenaire et vous laisser emporter par une douce danse. Alors m’y voilà. Premier tour d’horizon, la moyenne d’âge est… très très élevée. En fait, je dois être la plus jeune et de très loin. Or dans la vie, j’ai une règle de conduite que je refuse de rompre : « ne jamais sortir avec un homme de l’âge de mon père ». Voire de mon grand-père. Et je rajoute que celui qui a une bouteille de rouge qui pique dans la main est aussi éliminé (de toute façon, je pense qu’il était éliminé dès la règle 1). Ah mais apparemment, il est avec la dame à la flasque de whisky, tout va bien.


Bon… Ah, un jeune ! Super, prépare-toi ma fille, ça va être à toi de jouer. Mais… qu’a-t-il accroché autour du cou ? On dirait bien une fille et vu comme elle le tient serré, je devrais dire : sa copine. Non mais ! Ces gens là n’ont aucun savoir vivre, depuis quand se rend-on à un bal déjà accompagné ? Si mes grands-parents maternels avaient fait ça, je n’existerais même pas ! Oui, mes grands-parents maternels se sont rencontrés dans un bal pop’, c’est mignon hein ? Sauf que le plan des bals pop’, pardon mais ça ne marche plus. Tous les mecs sont venus avec leur tendre moitié qui n’a pas l’air partageuse du tout. Bon… Voilà… Super…


Ah, mais que vois-je au loin ? Un jeune homme à peu près de mon âge qui fait le pied de grue comme moi et sans nana à son cou. Je fonce. Je lui propose de se joindre à moi sur la piste de danse. Un, deux, trois, c’est parti… Et c’est là que je me souviens que je ne sais pas vraiment danser. Enfin, si, en boîte sur des hits dance calibrés pour me faire trémousser avec quelques (mili)grammes d’alcool dans le sang pour pas que je me rende compte que je n’ai aucune coordination. Je me concentre sur mes pieds et le rythme, je suis tendue comme le string de Cindy. Et je sens que je perds mon cavalier, de moins en moins motivé à me faire entrer dans la danse, comprenant que je suis un peu totalement mauvaise. Bon, elle dure combien de temps la chanson, là ? J’aimerais sauver l’honneur et tenir jusqu’au bout sans pour autant perdre totalement ma crédibilité. Non mais de toute façon, c’est pas ma faute, le sol n’est pas plat, on n’a pas idée de danser sur des pavés.


((c) Photobuzz)

Ouf, la chanson se termine, les gens applaudissent, mon cavalier m’adresse un sourire poli avant de retourner dans la foule. Ah. Bon, ben, je pense que je vais y aller, là, il commence à pleuvioter en plus. Mais je retiens quand même une leçon : si je veux draguer au bal, faudrait déjà que je sache danser.