Où trouver l’homme ? Episode 37 : aux vendanges de Montmartre

A la recherche du prince charmant

(Tout ceci est une fiction, comme déjà dit. De toute façon, là, l’hiver arrive, je ne cherche plus d’homme, c’est pas la saison)

Paris est une ville drôlement chouette qui propose moult activités permettant de faire des rencontres pour le moins intéressantes. Par exemple les vendanges de Montmartre. Au petit matin, ça commence par de faux mariages, de vrais couples se mariant pour de faux, comme c’est romantique. Puis quand tous les faux mariés sont célébrés, un bal commence avec un arbre à danse : sur cet arbre sont accrochés des panneaux sur lesquels sont inscrits des danses type (genre java, salsa…). On tire un panneau et le groupe joue ce qui est écrit dessus.


Donc un dimanche un peu gris d’automne, sur la charmante place des Abbesses, après avoir assisté à de faux mariages, vraie célébration de l’amour et de l’union sans obligation, vous pouvez enlasser un partenaire et vous laisser emporter par une douce danse. Alors m’y voilà. Premier tour d’horizon, la moyenne d’âge est… très très élevée. En fait, je dois être la plus jeune et de très loin. Or dans la vie, j’ai une règle de conduite que je refuse de rompre : « ne jamais sortir avec un homme de l’âge de mon père ». Voire de mon grand-père. Et je rajoute que celui qui a une bouteille de rouge qui pique dans la main est aussi éliminé (de toute façon, je pense qu’il était éliminé dès la règle 1). Ah mais apparemment, il est avec la dame à la flasque de whisky, tout va bien.


Bon… Ah, un jeune ! Super, prépare-toi ma fille, ça va être à toi de jouer. Mais… qu’a-t-il accroché autour du cou ? On dirait bien une fille et vu comme elle le tient serré, je devrais dire : sa copine. Non mais ! Ces gens là n’ont aucun savoir vivre, depuis quand se rend-on à un bal déjà accompagné ? Si mes grands-parents maternels avaient fait ça, je n’existerais même pas ! Oui, mes grands-parents maternels se sont rencontrés dans un bal pop’, c’est mignon hein ? Sauf que le plan des bals pop’, pardon mais ça ne marche plus. Tous les mecs sont venus avec leur tendre moitié qui n’a pas l’air partageuse du tout. Bon… Voilà… Super…


Ah, mais que vois-je au loin ? Un jeune homme à peu près de mon âge qui fait le pied de grue comme moi et sans nana à son cou. Je fonce. Je lui propose de se joindre à moi sur la piste de danse. Un, deux, trois, c’est parti… Et c’est là que je me souviens que je ne sais pas vraiment danser. Enfin, si, en boîte sur des hits dance calibrés pour me faire trémousser avec quelques (mili)grammes d’alcool dans le sang pour pas que je me rende compte que je n’ai aucune coordination. Je me concentre sur mes pieds et le rythme, je suis tendue comme le string de Cindy. Et je sens que je perds mon cavalier, de moins en moins motivé à me faire entrer dans la danse, comprenant que je suis un peu totalement mauvaise. Bon, elle dure combien de temps la chanson, là ? J’aimerais sauver l’honneur et tenir jusqu’au bout sans pour autant perdre totalement ma crédibilité. Non mais de toute façon, c’est pas ma faute, le sol n’est pas plat, on n’a pas idée de danser sur des pavés.


((c) Photobuzz)

Ouf, la chanson se termine, les gens applaudissent, mon cavalier m’adresse un sourire poli avant de retourner dans la foule. Ah. Bon, ben, je pense que je vais y aller, là, il commence à pleuvioter en plus. Mais je retiens quand même une leçon : si je veux draguer au bal, faudrait déjà que je sache danser.


Laverie story

Hier, j’ai découvert malgré moi qu’être une blogueuse influenceuse ne sert à rien. Parce que j’ai beau faire des soirées avec Nikos ou Bernard Montiel, quand je demande sur twitter qui peut aller faire un tour à la laverie à ma place, personne ne me répond. L’influence, c’est donc pourri.


Surtout que la laverie est un univers étrange. En y allant hier, j’avais décidé de vous saouler avec en représailles du genre « oh, l’été, le tambour qui tourne, ça fait des mélanges de couleurs, du rose, du rouge, du vert, du orange, c’est trop beau » et de l’odeur de la lessive qui me rappelle mon enfance et que j’aime bien. Et ce doux plaisir qu’est celui de renifler son linge sortant du sèche linge, chaud, sec et sentant bon la lessive, mmmmmmmm !



Sauf que la laverie est un lieu de péripéties. Et ben si. Et comme on parle de moi, évidemment, il s’agit de péripéties à la con. Il y avait eu la fois où un mec s’obstinait à me parler alors que je n’en avais pas envie et que je répondais par monosyllabe avant de replonger le nez dans mon bouquin. Mais ça, ça ne m’arrive pas qu’à la laverie donc rien d’exceptionnel en soi. D’ailleurs, faudra que je fasse un article sur le sujet. Mais hier, ce fut le pompon de la pomponnade, comme on dit, le « putain mais fais chier la laverie ! ». D’ailleurs, j’ai demandé des devis à des plombiers pour installer ma machine parce qu’au vu des emplois du temps d’Anthony et de ma petite personne, on va avoir du mal à se trouver un créneau avant octobre. Au moins.



Donc hier, j’arrive, y a une famille de Pakis en train de ranger leurs affaires et un mec au fond, je dis bonjour, la famille me répond. Oui, bon, quand je dis Paki, je sais pas s’ils l’étaient vraiment mais quand j’étais petite, il y avait une famille de Pakis dans mon école et du coup, tous les hindous sont Pakis pour moi. Ouais, je sais, je tends le bâton pour me faire battre, je frétille d’impatience de lire un comm me traitant de raciste.  Bref, passons.  Le temps que je remplisse le tambour de mes fringues roses, rouges, vertes, oranges, bleues et pailletées (c’est l’été), la famille s’en va et là, je remarque le mec qui reste. Il n’a pas l’air très net net surtout qu’en regardant bien, aucune machine ne fonctionne. Qu’est-ce qu’il fout là ? Le temps de lancer ma machine, je comprends : c’est un poivrot dans le sens classique du terme, totalement aviné et qui ne s’est pas lavé depuis un petit moment. La laverie devant faire 20 m², je sens qu’on va rigoler pendant l’heure qui suit.


Pour commencer,  je sors pour appeler mes parents et fumer une clope, histoire de gagner un peu de temps. Je tombe sur mon papa, j’arrive à faire tenir la conversation 10 mn, un exploit vu que mon père n’est pas locace mais ma mère dort. Je lui dis que le  monsieur aviné me fait un peu peur. Sur ces entrefaites, Vicky appelle, je lui redis que le monsieur me fait un peu peur. Une fois ma clope terminée, je finis par retourner à l’intérieur. Dilemme : où m’asseoir. Soit je prends les fauteuils qui tournent le dos au poivrot mais qui me laissent proche de lui (à moins d’un bras de distance), soit je me mets ceux en face mais qui risquent d’enclencher un contact visuel. Bon, on va prendre le contact visuel. A peine assise, il me parle « ça vaaaaaaa ?

– Oui.

– Rrrrrrroooooooglougrooooooooagrrrrrrmuuuuuuuuuu

– …

– Roooooooooooooarrrgggggggrouuuuuuuoaloperoarooooooooo « 

Oui, il me semble avoir entendu un salope mais je ne peux pas être affirmative et je sens que ça va être long surtout que dès qu’une voiture klaxonne, il crie des « roooarrrrrr ta gueule ! ». Okayyyyyy, on va tous prier pour que je ne me prenne pas une baffe avant la fin de ma lessive.



Finalement, non, le monsieur a passé son temps à faire des « rooooooooo », à cracher et à regarder une machine vide, me demandant juste si on était bien dimanche. Moi, j’étais tendue comme un string ne sachant ce qu’il allait faire et je n’ai fait que trois sessions de séchage au lieu de 4. Mais que pouvais-je faire, au fond ? Je n’allais pas appeler la police vu qu’il ne m’a pas agressée (sauf le salope, à la limite, mais je suis pas sûre), même si je le sentais potentiellement agressif . L’état d’ébriété est certes condamnable sur la voie publique mais je ne sais pas si la laverie ça compte. Et en fait, au vu de ses étranges « roooooooo », je me suis demandée un moment si je ferais pas mieux d’appeler le SAMU, finalement.


Voilà, sur le coup, ça m’a un peu gonflée parce que je ne trouve pas vraiment normal de subir ce genre de personnes qui risquent de péter les plombs à tout moment, comme je l’ai vécu par le passé (il m’en arrive de ces choses) D’un autre côté, le mec ne m’a pas fait de mal et ne faisait rien de répréhensible, je ne crois pas qu’une laverie libre service soit interdite aux gens qui ne lavent pas leur linge.


Alors la prochaine fois que je demande à mes amis twitter d’aller à la laverie pour moi, acceptez, ça vous évitera des articles du genre. Non mais !