Voilà, les régionales sont passées, j’ai consciencieusement voté au second tour (dans un bureau de vote tellement désert que j’ai cru que les tenanciers allaient pleurer de joie en me voyant débarquer) et j’ai vaguement regardé les résultats hier soir. Enfin, j’ai suivi sur Twitter car y avait Desperate Housewives sur Teva et honnêtement, les soirées électorales me dépriment toujours un peu.
Pourtant, en mettant en parallèle tous les résultats, un truc m’a sauté aux yeux : plus l’abstention croît, plus la gauche gagne. De là, une conclusion peut-être sophiste : l’abstentionniste est de droite. Merde, j’aurais dit l’exact contraire. Forcément, au vu des milieux que je fréquente, l’abstentionnisme est un acte politique en soi et un acte très ancré à gauche (à gauche gauche, je veux dire, plus du côté du NPA que du PS). Pour moi, l’abstentionnisme est un acte militant de gens oeuvrant dans l’associatif qui considèrent que
la société, on la change sur le terrain et pas dans l’isoloir. Ce qui n’est pas faux en soi, il faut l’admettre.

Alors forcément, ma réflexion sur l’abstentionnisme comme un comportement de gens de droite me turlupine un peu. Mais en fait, je crois qu’il s’agit bel et bien d’un sophisme et qu’il faut aller plus loin. Pourquoi les gens n’ont pas voté ? Par désintérêt ou par manque d’information ? Moi, j’ai plutôt tendance à opter pour la deuxième solution. La présidentielle, les législatives, les municipales, on sait à quoi ça sert sans forcément se pencher sur la question alors que les régionales ou même les européennes, bof… Donc voici mon
nouveau postulat : « on ne vote que quand on comprend le scrutin ». Or force est de constater que les médias étant plus friands des petites phrases assassines et prises de bec, on oublie un peu de nous expliquer à quoi sert le conseil régional. Ah, je sais, on est censé avoir vu ça en cours d’éducation civique mais perso, dans mon collège, le cours d’éducation civique étant dispensé par un prof d’une autre matière, une fois sur deux, le prof remplaçait l’éducation civique par sa propre matière. Donc de façon générale, les gens ne se sentent pas concernés donc ne votent pas.
Alors les plus citoyens, ce qui n’attendent pas que les journalistes leur fasse la leçon, sont forcément de gauche. Pas si sûr. En général, on découpe grosso merdo l’électorat d’un pays bipartite comme suit : 40% d’un côté, 40% de l’autre, 20% d’ambivalents. Ce sont ces 20ù d’ambivalents qui font pencher la balance. Et si c’étaient eux, les mauvais citoyens, les « je vote quand on m’agite les chiffons rouges de l’insécurité ou autre ». Ceux qui soudain, se sentent concernés par le débat républicain car on leur explique que l’heure
est grave. En 2002 et 2007, on nous a saoulé avec l’insécurité (bouh !) et donc, vote conservateur, à droite toute. Faute des médias ? Pas si sûr, les médias relayent les sujets phares des politiciens et la campagne s’est jouée clairement sur ce thème en 2007, Ségo y allant franchement elle aussi. D’ailleurs, si les écolo prennent de plus en plus de place, n’est-ce pas grâce aux nombreux articles sur le réchauffement de la planète, l’échec de Copenhague ou que sais-je encore ?

J’ai tout à fait conscience que cet article pue la philosophie de comptoir, c’est même un peu le but mais je crois qu’il y a quelque chose à creuser par là, quelque chose à comprendre… Si un français sur deux ne s’est pas déplacé ces deux derniers week-ends, c’est qu’il doit y avoir une explication. Si la gauche emporte les élections sans électeurs, c’est qu’il doit y avoir une raison. Et comme je ne suis plus de cours de sociologie politique (c’était super intéressant même si le prof n’était pas des plus sympas. Il était gris… Pour de vrai la première fois que je l’ai vu, j’ai eu l’impression d’avoir un problème de vue, que j’avais perdu les couleurs mais non, il est juste gris), je me fais mes petites théories.Ca occupe.

Demain, je repars sur des sujets plus légers, en ce moment, je réfléchis n’importe comment. D’ailleurs, faudra que je vous explique qu’en ce moment, j’ai la sensation que je me stupidifie. Et pas juste parce que je me passionne pour Hélène et les garçons et le traitement hallucinant de nombreux sujets comme l’infidélité ou la drogue (j’ai des fois envie de créer un blog consacré à l’univers AB mais y a déjà les sitcomologues qui le font très bien).




































