Où je suis pas prête à être agente de voyage

Parfois, je me dis que je changerais bien de carrière et je me plais à rêver. Fleuriste ? Sympa mais étant allergique au pollen, ça peut être compliquée. Institutrice ? Oui mais est-ce que j’aurai la patience face à 30 gosses ? Je veux dire, c’est facile de gérer un Saturnin que j’aime de tout mon coeur mais les autres enfants ? Agente de voyage ? Créer des voyages sur mesure… ah ouais, ça me botterait bien.

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Sauf que je me suis rendue compte cet été que j’étais une grosse quiche. Souvenez-vous, avec Victor, on a voulu se faire un voyage aux petits oignons. On avait envie d’Italie et de Grèce, de découvrir de nouveaux paysages, de cocher de nouveaux pays dans notre mappemonde du sexe. Je fouille les interwebs pour résoudre l’équation suivante : 15 jours de vacances, deux pays, budget léger. En partant du mercredi au mercredi, on trouve des avions peu chers, décollant avec Air France et rentrant avec Transavia, Vueling ne m’ayant pas proposé de deal intéressant (alors que je les prends assez souvent). En fouillant sur AirBnB, on trouve deux apparts sympas, un avec une terrasse de ouf à Naples et un autre appart bien situé à Athènes. Pour finir, on s’offre une mini croisière parce que vu qu’on est en pension complète, c’est un bon rapport qualité-prix. Même si on avait des lits séparés et qu’on a navigué au sein du temple du capitalisme.

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J’étais bien fière de moi mais en imprimant les papiers quelques jours avant de partir, je découvre une couille dans le potage. Une couille bien velue. Pour le ferry nous permettant de rallier la Grèce, on nous demande d’arriver 3h avant le départ… et nous n’avons aucun moyen d’être à Bari à temps. Je panique, j’envoie des messages désespérés à Victor mais finalement, je préviens le ferry que nous, on arrivera plus tard vu qu’on n’a pas de voiture donc c’est pas grave.

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Ca restait cependant tendu : une fois sur Naples, on se rend compte que le bus qui nous permettait d’arriver pas trop tard n’existait pas le dimanche donc il nous restait que l’option train, un peu tendu mais nous décidons de tenter cette option et si on rate le ferry, on prendra le suivant. On prend la décision ensemble donc si ça le fait pas, ce ne sera la faute de personne. Non parce que pour rappel, c’était notre premier vrai voyage en amoureux (en Tunisie, on était partis en groupe et on se considérait pas en couple et Rome, c’était juste un petit week end) donc les engueulades peuvent surgir plus vite que leur ombre.

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Finalement, on a eu notre ferry, on profite de la Grèce, tout va bien. Puis vient l’heure de la croisière, on embarque, sereins et heureux, j’étudie un peu le programme et… mais attends… Couille dans le potage mais genre couille de compétition. Reprenons : la croisière dure 4 jours, on part le 10 juillet donc j’ai prévu un retour le 14 avec l’avion pour la France… Sauf 4 jours de croisière, ce n’est pas 10+4, c’est 10, 11, 12, 13…On rentre au Pirée le 13 juillet, on décolle le 14… Oh oups ! Bon, grâce au wifi d’un café turc et mon forfait monde offert avec mon téléphone pro (merci patron !), on chope un AirBnB au débotté, un petit studio un peu loin du centre mais à 25 € la nuit, bon deal.

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On se retrouve donc un dernier jour à Athènes, on se dit qu’on pourrait en profiter pour finir le musée d’archéologie qu’on n’a pas eu le temps de terminer car il est immense (mais génial) (mais immense); Mais on finit par glander au café toute la matinée puis à s’offrir une sieste une fois l’appart récupéré. Un appart qui avait la particularité d’être équipé d’une barre de pole dance, notre hôte étant prof de pole danse “but not a stripper!” précisa-t-elle. L’occasion pour Victor de m’offrir une petite démonstration de ses talents.

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Bref, être agente de voyage n’est pas de tout repos, j’ai encore du boulot. Mais j’ai de l’ambition, j’imagine pour l’an prochain un périple de ouf : Mexique (Playa del Carmen pour plonger un peu), San Francisco, Los Angeles, Vancouver, Montréal et New York… Bon, faudrait que je vende un rein mais ça peut le faire…

Le jour où je n’ai pas voté

(C’était la semaine dernière, là, aujourd’hui, je vais me motiver et y aller).

 C’est un concours de circonstances. Dimanche dernier, je rentre d’un week-end travail en province et j’avais prévu d’aller voter au passage. Il est important de signaler ceci : comme tout ce qui est administratif et moi, ça fait 4, j’ai un peu omis de signaler à la mairie que j’avais déménagé (je sais, ça fait un an et demi presque). Donc mon bureau de vote est à 20 mn à pied de chez moi et j’ai un sac très lourd donc idée : je prends le train jusqu’à mon ancienne gare située à 2 mn max du bureau de vote.

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Sauf qu’évidemment, tout ne pouvait pas se passer comme prévu. Comme il n’y a pas eu le moindre os durant mon week-end, la vie s’est vengée : paf, grève des transiliens. J’arrive à la gare, je vois que le prochain train est à 18h50. Oh, ça va, c’est dans quelques minutes… Sauf que je réalise : là, il est 17h50 ! Je vais pas poireauter une heure… Donc changement de programme : je prends le métro, me tape 15 mn à pied avec mon sac plein de mon appareil photo, caméra et affaires de toilettes (et des fringues bien sûr mais ça
pèse quasi rien, ça), je pose mon sac à la maison et je repars voter. Parce que oui, je vais pas me trimballer pendant une heure avec mon fardeau.


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Métro, marche jusqu’à la maison, je me fais aborder par une petite gamine de 10 ans toute excitée car j’ai un sac TMF « hé mais ma maman, elle y travaille ! ». J’étais habituée à attirer les petits gamins mais si je commence à avoir du succès avec les pré ados, je crois que je vais changer de carrière et faire directrice de colo. Evidemment, ce qui devait arriver arriva : je rentre chez moi, calinou le chat qui était toute seule depuis vendredi matin, coup de fil à papa maman… Puis la flemme. Terrible. 19h, je suis étalée sur mon lit et là, j’avoue sans honte que la perspective de ressortir juste pour cliquer sur un bouton (je suis passée aux urnes électroniques) me paralyse. Tant pis, je jouerai au second tour.

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Et le pire, c’est que je me rends compte que je ne culpabilise pas vraiment. Voire même pas du tout. Merde ! Où est passée la fille qui expliquait le plus sérieusement du monde que je me devais de voter pour saluer la lutte de ceux qui sont morts pour le droit de vote. D’autant plus que je suis une femme, double lutte donc. Qui expliquait aussi qu’il était important de voter pour dessiner la société dont on avait envie. Bon, évidemment, on n’est pas toujours dans la majorité et il arrive qu’on puisse avoir la nausée quand on entend/voit
certaines choses mais au moins, on a essayé de faire barrage. Voter ne permet pas de se laver les mains, hein, ce n’est pas parce que la voix du plus grand nombre a parlé qu’il faut soupirer en se disant qu’avec de la chance, dans 5 ans, les choses changeront et qu’en attendant, on va se fermer les écoutilles. Mais quoi qu’il en soit, je n’ai pas culpabilisé, je n’ai pas eu honte en voyant les chiffres de l’abstention… De toute façon, c’est pas ma faute, c’est celle de la ratp-sncf qui a fait grève, voilà.

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Mais bon, comme j’ai un peu peur d’avoir fait se retourner Olympe de Gouges dans sa tombe, cet après-midi, j’y vais. Ca me fera une balade !