Bonne période/mauvaise période

J’aime bien avoir des théories sur la vie. Quand je m’ennuie, je réfléchis et je bâtis des théories, ça m’occupe. J’ai donc tout un système de pensée sur les bonnes et mauvaises périodes et leur enchaînement. Le tout n’ayant aucun rapport avec le cycle menstruel, je vous rassure.
 
La théorie
J’ai remarqué que, dans ma vie, les bonnes nouvelles arrivent par lot, tout comme les mauvaises nouvelles, d’ailleurs. Il y a des moments dans la vie où tout ce que je touche se transforme en or, j’ai l’impression d’avoir des ailes. Et d’autres où tout se métamorphose en chardon, le gros boulet que j’ai au pied me tire bien vers le bas.
 
En général, les nouvelles, bonnes ou mauvaises, vont par trois. Actuellement, je suis en train de passer de la mauvaise à la bonne, petit bilan de ma vie qui va mieux.
 
Mauvaise période
Je crois que ma mauvaise période a débuté par mon dernier stage, pourri au possible. Pour résumer, je « bossais » dans un sous-sol, je devais me trimballer mon ordinateur portable dans les couloirs tentaculaires du métro… Trois-quarts d’heure, voire une heure, avec une sacoche passablement lourde sur l’épaule, j’ai connu des moments plus sympa. Tout ça pour rien, en plus, je n’en foutais pas une, je séchais un jour sur deux. En même temps, j’étais censée travailler sur la culture dans les collectivités locales… En réalité, le monsieur avait besoin de moi pour tenir son site perso à jour. Bref, une pure catastrophe, deux mois de perdus. J’étais censée rendre un article début octobre sur le droit et l’e-administration, je ne l’ai pas fait et je ne le ferai pas. Oui, ce n’est pas sérieux mais, en même temps, qui m’a vendu un stage fictif ?
 
Là où j’ai eu la peur de ma vie par rapport à ce stage. La semaine dernière, je déjeune avec Clara, on fait la queue pour prendre nos plats chinois. Et là, elle me fait : « Tiens, tu sais qui m’a appelée ?
– M. Machin, notre directeur de master.
– Oui ! Il m’appelait car il voulait le numéro du journal où j’ai fait mon stage. Tu sais quoi ? La remise des diplômes c’est vendredi prochain ! Alors, je lui ai dit : ça veut dire que j’ai mon diplôme ? Il m’a dit que oui, sauf si le journal me casse mais bon… Tout le monde l’a sauf une personne qui a un problème avec son stage. »
Panique à bord ! Ils ont appelé mon dernier stage, le mec m’a descendue, je suis finie ! Me voilà partie à dramatiser, je vois tout en noir, c’est fini, la fin du monde, quel drame ! Clara me rassure mais je suis folle d’inquiétude. Je rentre chez moi et trouve sur Zoé sur MSN, je lui raconte mon désarroi mais elle me rassure : « mais non, quelqu’un a appelé pour toi, ce matin, ton tuteur de stage a fait plein d’éloge sur ton travail ! »
 
Ouf, fin du psychodrame. Enfin, non, pas tout à fait ! Je croise une copine de master sur MSN, je lui demande si elle a eu des nouvelles de Clara dans la journée et, là, elle me fait : « Non mais j’ai reçu un mail de M. Machin, la remise des diplômes, c’est vendredi ! ». Et moi, je n’ai rien eu, la panique ! Mais elle me rassure : c’était une réponse à un mail privé. D’accord mais dans ma tête se joue le dernier film à l’affiche : « Nina s’est plantée comme une buse à son master ! »
 
Parallèlement, en amour, ça commence comme dans un film… Ça finit comme dans une série télé : l’acteur s’est barré entre les deux saisons, on le fait disparaître comme on peut… Les jours passent, je n’ai pas de nouvelles et je pleure pour la première fois depuis que je vis sur Paris. Plus rien ne va, j’ai pas de boulot, je traîne en pyjama toute la journée, mon mec a disparu de ma vie sans que j’ai pu comprendre pourquoi… C’est la lose.
 
Bonne période
Dans mon malheur, j’ai la chance d’avoir Gauthier près de moi, il me sort, ça me change les idées. Mardi, je vais à une réunion à Bastille… Sauf qu’elle a été annulée et que personne n’a pensé à me prévenir. Donc après avoir avalé un coca à 4 euros 50, je file chez Gauthier pour une soirée anthologique : on a maté le DVD de Samantha ! (pour ceux qui ne connaissent pas, ce sera mon article de dimanche). Alors qu’on rigole comme des bossus, texto de mon amie de master qui m’informe : j’ai mon diplôme. J’AI MON DIPLOME ! Et là, la pression des derniers jours disparaît et une seule question m’obsède : j’ai quoi comme mention ? Oui, ça peut paraître prétentieux mais je sais ce que je vaux.
 
Du coup, je suis plus confiante sur mon avenir professionnel. Concernant ma vie sentimentale…  Le hasard fait bien les choses, j’en parlerai dans un autre article… Mais là aussi, la vie me sourit !
 
Prochaine étape : trouver du boulot ! Comme je suis dans ma bonne période, ça ne va pas tarder. D’ailleurs, lecteur, si tu es rédacteur en chef à la recherche d’une journaliste besogneuse quand on lui ment pas sur sa mission, écris-moi à nina.bartoldi@hotmail.fr . Je sais, c’est culotté, mais je suis dans une bonne période, j’ose !

Do you brouette?

Je file écrire mon article du jour mais, en attendant, petites informations de dernière minute pour me faire pardonner de pas avoir fait d’articles hier (oui, j’ai passé la nuit chez un charmant garçon… Mais non, bande de pervers, c’était pas un plan brouette, c’était Gauthier!).

Première information:

Le résultat du concours est reporté pour cause de plus personne n’a le net, chez les vingtenaires.  J’explique un peu comment ça va se passer : chaque membre du jury note vos productions sur 10 et indique son coup de coeur. Celui qui a la meilleure note et le plus de coup de coeur (en cas d’égalité) gagne. Vous êtes 17 à concourir.

Le jury est composé de : Gauthier, Océane, Linga, Lucie, Banana et moi.

 

Deuxième information:

Ca fait quelque temps que je parle d’un T-shirt vingtenaire. Hier soir, alors que mon taux d’alcoolémie dépassait la limite autorisée (pas grave, j’étais à pied), alors que je traversais la rue Rivoli après avoir découvert que j’avais raté le dernier métro, j’ai eu une idée. Mon correspondant virtuel m’avait dit qu’il faudrait que je trouve quelque chose d’écrit, vu que je sais pas dessiner. Et là, révélation! Si je faisais un T-shirt sur lequel était écrit:

DO YOU BROUETTE?

Voilà l’idée! Donnez votre avis, ça me fera plaisir! 🙂 Je vais réfléchir au design, maintenant. Enfin, je vais d’abord écrire mon article du jour.

Chronique d’’un suicide annoncé

Par Gauthier
 
Voilà nous sommes mi-octobre, et je vis à Paris.
Alors je sais que ce blog a comme vocation de raconter nos errances sentimentales, sexuelles, éthyliques, donc l’histoire de mon installation dans la capitale ne rentre pas vraiment en ligne de compte. Mais bon je fais ce que je veux, donc j’ai décidé de vous emmerder avec ma vie, un peu plus encore.
 
Au moment où je commence à écrire cet article je suis plutôt d’humeur mélancolique (cf le titre de l’article), j’ai peur que cela se ressente alors je préfère prévenir…
 
Donc petit flash back, au début du mois j’ai appris que j’étais pris en master pro sur Paris, oh joie oh délectation suprême !!! la fièvre retombe très vite et se transforme en immense angoisse du fait que la rentrée a lieu 4 jours après, ARGH !!! là c’est l’angoisse. Sur Paris je connais quelques personne dont notre Nina nationale, mais bon mon réseau social va sévèrement s’étioler, et je ne parle pas du fait qu’il faille que je trouve un appartement en 4 jours, là c’est de la SF.
Bref heureusement pour moi, j’ai de la famille sur paris, donc je me fais héberger gratuitement « le temps nécessaire ». Ouf !!!
Mais avant ça d’ailleurs je me rends compte que je ne vous ai pas parlé du week end avant mon départ ! Rha lalalala je fais n’importe quoi. Donc je rentre sur Toulouse le vendredi sachant que le Lundi je dois repartir vivre sur Paris de façon « définitive », je réunis donc la bande à Zazous et je promets « une soirée mémorable, à inscrire dans les annales «  (sans jeux de mots… quoique… lol) bref ce fut du grand n’importe quoi. Pour résumé, on a bu, bu, bu, bu, dansé, bu, dans, j’ai fait du touche-pipi dans les chiottes de la boîte avec un chouchou plutôt miam-miam, et j’ai forcément explosé ma caisse en rentrant… Je suis pitoyable ! Me voilà donc au milieu d’un rond-point avec les jantes cassées, les amortisseurs cassés, la direction cassée, le moral cassé. Que fais-je ? J’appelle ma mère… No comment, je ne suis qu’un pauvre pédé sensible, dès que j’ai un problème, j’appelle ma mère, j’assume et je vous merde… De toute façon c’était pas totalement ma faute l’accident (les amortisseurs étaient plus que fatigués et l’esp a merdé donc j’ai fais des tête-à-queue). Donc là c’est quand même la grosse panique, je peux pas laisser la voiture là, on va me la foutre à la fourrière, je peux pas appeler les flics, j’ai dépasser le stade du coma éthylique d’un humain normal, donc je fais quoi ? Ben la solution vient de mon assurance de gueudin, j’appelle Europe Assistance, et ils m’envoient une dépanneuse, qui me dépose gentiment chez moi à 50 km de mon point d’impact ! C’est’i pas merveilleux ? Moi perso je suis fan…
Donc là je rentre, je me couche et je dis au revoir à Toulouse pour un moment.
 
Ensuite me revoilà à Paris, des dépenses en veux-tu en voilà, je m’en sors pour 4000€ pour l’instant, soit en 15 jours (donc là il faut mettre : resto, bouffe, sorties, fringues, ticket de métro, frais d’inscription, loyer, caution, meubles…), et le pire c’est que j’en dépenserai encore au moins autant dans le mois qui vient.
Pourquoi ? Ben je déprimouille, donc l’achat compulsif refait surface comme jamais dans ma vie, je suis faible lol mais qu’est ce que c’est bon de faire les boutiques !!!!! je suis sûr que tu connais ce sentiment intense cher ami lecteur, allez avoue que ce petit pull rose fucshia acheté lors des dernières soldes (seul article non soldé du magasin) tu ne l’a mis qu’une fois, parce que la finalité n’est pas de se fringuer, mais de DÉPENSER DU FRIC !!!!!! D’ailleurs si aujourd’hui j’écris cet article complètement déconstruit et dénué de tout sens c’est uniquement pour éviter d’être tenté de faire chauffer la CB (quoi Nina tu pensais que c’étais parce que tu m’avais demandé un article ? lol c’est beau d’être naïf…).
Bon j’avais dit que j’allais raconter ma vie, alors je vais m’y tenir un peu, j’ai donc réussi un exploit : trouver un appart en moins d’une semaine. Bon ok c’est tout petit, mais il est super bien situé (non il est pas dans le marais), sans pousser jusqu’à dire où je vis, je suis plutôt fier de ma trouvaille. Maintenant le plus dur c’est de s’habituer à la vie parisienne, et surtout au vide immense dans ma vie sociale. En plus j’ai plus le net, je devrais le récupérer avant la fin du mois d’octobre, mais bon jusque-là je fais des passages éclair dans des cyber. Et au prix où c’est je ne peux pas me permettre de zoner sur les chats, donc je n’ai plus de vie sexuelle !!! Moi sans vie sexuelle ! Vous imaginez ? Moi non plus… Hein ? Quoi ? Je mens ? Ah oui j’ai oublié de parler du chouchou que je tire régulièrement, mais bon ça compte pas c’est un gentil garçon qui partage ma couche une à deux fois par semaine… Et puis moi je suis dans une ville immense qui regorge de pédales, alors j’ai envie de tisser des liens… En gros oui, j’avoue, j’ai envie de baiser comme un malade avec tout ce qui bouge, ben quoi moi la nouveauté, ça me donne chaud lol
 
Donc voilà aujourd’hui je peux faire ce bilan : plus de vie sociale, plus de vie sexuelle, un découvert démesuré qui s’annonce, donc oui je suis déprimé, mais bon une bonne cuite ce week end et un raccordement au réseau la semaine prochaine devrait y remédier sans mal. Nina il faut juste que tu me prêtes quelques un de tes amis pour que je m’acclimate.
 
Oui lecteur, j’ai failli oublier (comment pourrais-je oublier ça ???) j’ai rencontré Sab, Tink, et Banana, des filles merveilleuses qui me font bien rire, donc je vais les réquisitionner pour des soirées beveuries dont seul j’ai le secret… À bon entendeur…
 
Ps : oui c’est un petit article, mais bon j’ai vraiment trop envie de filer faire les boutiques, je suis incorrigible 😉

L’’amour passe et lasse

Il est parfois hallucinant de se retourner un peu en arrière et voir à quel point les gens qui nous attiraient comme des aimants il y a quelques mois nous rendent désormais totalement indifférents.
 

 
Ce soir, je m’en vais faire des courses, quelques fruits, du lait, des bas, du dentifrice, du maquillage, des capotes… Enfin, que des trucs essentiels, en somme. Je fais la queue à la caisse, mon esprit parti loin, très loin, hors de ce vilain supermarché bondé. Je paye, je trace la route, pressée de rentrer chez moi. En octobre, la nuit tombe de plus en plus tôt, quelle déprime. Au coin d’une rue, je manque de percuter un jeune homme et là, j’atterris : Julien. Pas le Julien de meetic mais un autre (oui, dans ma vie, j’ai tendance à retomber toujours sur les mêmes prénoms). Je lui dis bonjour, on papote cinq minutes. Je suis pas maquillée, habillée moyennement bien, bref, profondément attirante. Et en plus, j’ai mes capotes dans mon sac… Ils sont sympas chez Mannix de faire des boîtes argentées super discrètes… Enfin, à la limite, peu importe.
 
Ce garçon, il me rendait dingue, dans le temps. J’ai trouvé un appart pas loin de chez lui, j’espérais le croiser… Je me souviens des soirées qu’on passait à discuter au téléphone, ses grandes phrases troublantes : « je suis dans mon lit, là… ». Mais il avait une greluche (il l’a toujours, je crois, d’ailleurs). C’est pas grave : dans mon optimisme forcené, je me disais qu’il finirait bien par la plaquer (accessoirement, pour moi). Donc, en attendant, je me mets sur meetic, je fornique avec Louis puis Benoît. Un jour, je croise le Julien dans la rue et là, je me rends compte qu’il a des jambes courtes, un torse long et qu’il marche un peu comme une poule… (la tête en avant,  le cul en arrière) J’en parle à Gauthier qui me dit : « c’est normal, tes hormones sont calmées, tu ne vois plus les choses pareilles ! ». Ce n’est pas faux.
 
Petit à petit, je l’ai rangé dans un coin de ma mémoire, j’ai à faire avec lui tous les mois pour un webzine mais c’est tout. Et ce soir, alors que je pensais à un autre garçon, le voilà qui revient de façon presque violente dans ma vie et… rien. Alors que je lui parle, mon cœur reste calme, aucune chaleur ne vient s’immiscer entre mes deux reins. Rien, rien, rien.
 
On discute donc quelques minutes du webzine, de boulot, je rentre chez moi, interpellée. Comment un mec qui m’a rendue dingue pendant facilement quatre mois peut me laisser à ce point indifférente aujourd’hui ? Ce n’est pas la première fois que ça arrive. La dernière fois que j’ai vu Bertrand, pourtant toujours aussi sexy, je l’ai regardé avec indifférence et j’ai été même déçue. Ce mec qui m’avait fait fantasmer tout l’été, je ne ressentais plus rien. Je passais mes nuits à imaginer ses lèvres parcourir mon corps, ses mains découvrir délicatement les recoins de mon intimité… Et là, plus rien.
 
Notre cœur est donc à ce point joueur ? Comment se fait-ce que celui qui nous enflammait hier nous laisse indifférente aujourd’hui ? Quand je pense à tous ces rêves hautement érotiques, toutes ces nuits à rêvasser à l’objet de mon désir… Tout ça pour ça. Où sont passées mes turpitudes ? Pourquoi je n’ai plus de frissons quand ce monsieur, en me faisant la bise, m’effleure le bras ? Quelque part, la disparition de toutes ces sensations est frustrant. On se prend la tête pour trouver le moyen de séduire un jeune homme qui nous chamboule le cœur puis, un jour, il nous laisse indifférente.
 
D’un autre côté, c’est rassurant. Oui, ça montre qu’on se remet toujours de tout ça. Bon, tant avec Julien qu’avec Bertrand, je ne me suis pas pris de râteau puisque je ne me suis pas déclarée. Mes désirs se sont éteint d’eux-mêmes, sans doute par manque « d’entretien », si j’ose dire.  Quand je suis à fond sur un mec et que j’ai la sensation que je ne pourrai pas vivre sans eux, ça me permet de relativiser les choses : à chaque fois que j’en pince pour un mec, je sais que si ça ne se passe pas, je m’en remettrai.
 
Après tout, mon désir pour ces garçons n’est pas né d’un manque affectif ? Du coup, à partir du moment où ce manque est comblé, ils disparaissent de mon paysage « amoureux » ? Car je suis quelqu’un qui ne supporte pas de ne pas avoir un « objet de désir » sous la main. J’aime rêver et fantasmer, j’accroche donc rapidement une cible qui peut être remplacée par une autre au gré de mes rencontres. Mais il reste que pour certains, la flamme ne s’éteindra jamais tout à fait.
 
Le désir inassouvi est vraiment un sentiment étrange, il nous prend aux tripes, envahit notre esprit et s’éteint sans qu’on s’en rende vraiment compte… Jusqu’au jour où on rencontre l’objet de nos fantasmes les plus fous dans la rue et qu’on se rend compte qu’on n’a plus du tout envie de lui.

La fin d’’une époque

Ce soir, je préparais mon article débile du dimanche quand Ced me fit une révélation : le film érotique de M6 n’existe plus. Non mais vous vous rendez compte ? Le film érotique de M6 a disparu des programmes. Bon, avant de poursuivre, je précise que ce sujet de conversation est tombé par hasard alors que nous parlions des scènes érotiques dans les livres de Stephen King, ne voyez donc pas le mal partout !
 sc_erotisme
 
Le film érotique de M6, ça m’a toujours fait rire, j’en ai vu pas mal car je me couche tard et je regarde un peu n’importe quoi jusqu’à ce que le sommeil pointe. Je me souviens, avant de rencontrer Louis, alors qu’on parlait sur MSN, on en avait maté un « ensemble » et il avait passé son temps à s’extasier sur la plastique des actrices.
 
En fait, j’ai découvert l’existence de ces films lors de ma première année de fac. Un soir d’insomnie, je zappais et je tombe dessus. Déjà, juste avant, y avait une pub pour Ulla, morte de rire. Je mate le film avec curiosité, je suis tombée sur un vieux à l’image poussiéreuse. Si je me souviens bien de l’histoire, y a un type qui est en cavale parce qu’il a baisé la femme du commissaire et s’est fait surprendre par ce dernier. Bon, il s’enfuit (mais il devait avoir commis un autre truc, je suppose). Là, on se retrouve dans la campagne avec le fils du châtelain qui copule avec je ne sais plus qui puis, au château, le châtelain reçoit la nouvelle préceptrice. Ce qui est bien dans ces films, c’est que les personnages ne sont pas du tout régis par des clichés. Forcément, une institutrice, ça a un chignon, des lunettes, un chemisier gris, une jupe droite foncée qui descend jusqu’aux genoux et des vieilles chaussures à talon. Donc, le châtelain, il l’accueille, il lui montre sa chambre et forcément il la mate par le trou de la serrure. Comme toute femme normalement constituée, l’instit se met à poil pour défaire sa valise…
 
Bon, après, elle retrouve le fugitif, ils baisent et là, j’ai coupé parce que c’était quand même pas des plus passionnants. En plus, autant on voit des seins et des chattes, autant on ne voit pas l’ombre d’un zizi. Et puis, j’avais cours le lendemain…
 
Je n’ai pas beaucoup vu de films de ce genre mais c’est assez marrant ! Je me souviens d’une fois où j’étais en week-end en Andorre pour l’anniversaire d’une copine, on tombe sur le film érotique et on regarde… Bon, heureusement qu’il y avait la signalétique CSA sinon, on aurait pas compris qu’il s’agissait du film érotique, vu qu’il n’y a eu qu’une scène de sexe. Pas mieux qu’un « Hollywood night »…
 
Pourtant, il y en a de très marrants. Comme dans les films pornos, il y a des scènes lesbiennes mais c’est très soft. Le problème c’est que, des fois, on sent que les scénaristes ne savent pas trop comment la justifier. Exemple : un film qui se passe dans les Iles. L’héroïne, qui s’appelle Emeraude, Saphir ou Topaze (un truc du genre) a un souci : un fantôme lui fait l’amour. En fait, le fantôme, c’est un mec qui a une potion magique qui le rend invisible. Donc, il va dans un resto où notre amie Diamant mange et la fait jouir avec ses doigts et sa langue. Notre amie Améthyste en parle à sa patronne et pour bien lui montrer, la voilà partie à la lécher, tripoter… C’est sûr, moi, quand je raconte à mes copines mes brouettes, je me sens obligée de leur montrer directement. Ma langue a été conçue pour que je prononce des mots mais ça m’ennuie, je préfère m’en servir pour…
 
Ce que je trouve affolant là-dedans, c’est que les trois-quarts des filles sont d’une vulgarité pas possible. Et puis elles se foutent à poil pour un rien. Par exemple, aucune n’a compris le concept du maillot de bain, il faut toujours qu’elles aillent se baigner à poil. Idem pour les culottes, ce n’est pas trop leur truc.
 
Par contre, ce que j’adore, c’est quand il y a une narratrice. En général, c’est un des personnages du film qui parle avec une voix de chaudasse, c’est très amusant :
« Perle avait très chaud en cet après-midi ensoleillé, des envies très coquines l’envahissaient… ». Enfin, ce genre de platitudes censées exister mais qui font surtout rigoler. Surtout quand on voit la demoiselle se frotter avec langueur à un poteau. Effectivement, quand j’ai des idées coquines, je vais me frotter à un poteau !
 
Et puis, il y a la musique ! Composée à deux doigts sur un bon vieux Bontempi, Indochine n’aurait pas mieux fait. Le tout est censé augmenter la dimension érotique du film
mais… euh… la musique de film érotique est à la musique ce que la soupe lyophilisée est à la gastronomie. Ca a vaguement du goût, vaguement de l’odeur mais ce n’est finalement que de l’eau chaude. Honnêtement, je me demande si ce n’est pas toujours la même musique qu’ils passent, je ne pourrai pas le vérifier, vu que M6 a décidé de l’enlever !
 
Bon après, je ne pense pas que pour se masturber, ce genre de films soient les plus indiqués. Il y a finalement peu de scènes érotiques, beaucoup de scènes « vides » qui
apportent ni à la narration ni au côté sexuel de la chose mais faut bien que ça dure l’heure que c’est censé durer. Mais il n’empêche que les scénarios sont marrants et on n’a pas besoin de payer pour les voir. On peut également en parler en société comme les films pornos surtout que, là, on est sûr de tomber sur du rigolo.
 
Mais voilà, M6 a décidé de tuer ce qui a fait sa marque de fabrique, son émission culte pour mettre quoi à la place ? Du foot. Du foot ! M6 a dû diffuser trois matches en
tout et pour tout depuis sa création et la voilà qui fait une émission de foot à la place du film érotique ! Déjà qu’elle avait sacrifié Culture Pub. Non parce que les films érotiques de M6, tout le monde en rigole mais il n’empêche que tout le monde l’a regardé au moins une fois dans sa vie. Ça m’a toujours fait rire les mecs qui disent : « ouais, moi, j’ai regardé le film de M6 dimanche, ça ne m’a pas excité ». Ça ne t’a pas empêché de le regarder ! En fait, voici un jeu amusant : lancez la conversation sur le sujet, y a toujours quelqu’un qui va dire : « bah, c’est trop nul, je regarde pas » et qui va poursuivre : « d’abord, dans ces films, c’est toujours pareil, y a toujours la scène lesbienne, le trio… ». Bon, heureusement que tu regardes pas, mon gars !
 
Personnellement, je les trouvais marrant ces films même si je ne les regardais pas régulièrement (je viens donc d’apprendre qu’ils avaient disparu, bouhouhou !). Grâce à ma
freebox, je peux voir ceux de RTL9 et NT1, ils ne sont pas mal non plus même si RTL9 devrait en diffuser des plus récents. Je pense qu’ils se sont arrêtés à Emmanuelle. Quant à NT1, ce sont des films pas mal du tout, du « hollywood night » un peu poussé, y a beaucoup d’humour. A noter également les émissions au titre compliqué de Paris Première, un truc avec Playmate, dedans. Là, c’est assez bizarre car ce sont des films complètement biscornus : une fille arrive aux Urgences et elle est opérée, elle monte au Paradis, elle est toute heureuse et là… elle se lave. Bon, comme elle est un peu cracra, elle se concentre sur son minou et oublie tout le reste. Bon, ok, j’ai rien compris, je zappe.
 
Il n’empêche que c’est la fin d’une époque ! Comment les jeunes qui arrivent à se trouver devant une télé un dimanche soir à 0h30 vont faire leur éducation sexuelle ?
Qu’est-ce que je vais regarder les dimanches soirs d’insomnie ? Pourquoi M6 fait une émission de foot alors qu’elle n’en diffuse pas ? Si le foot prend le pas sur le sexe, j’ai peur pour l’avenir de cette société.

Faire le premier pas… ou pas

Qu’il est beau ! Quand il me parle en me regardant dans les yeux, je fonds comme neige au soleil… Que j’aimerais que ses grandes mains découvrent les recoins les plus intimes de mon corps, que j’aimerais que mes enfants lui ressemblent, portent son nom… Mais que pense-t-il de moi ? A-t-il envie de partager ses gênes avec moi… ou au moins une nuit, une semaine, pour commencer ? La meilleure façon de le savoir est de demander… Encore faut-il oser !
Hier soir, après avoir roucoulé toute la soirée avec mon correspondant virtuel, voilà Athéna qui vient me parler : « as-tu déjà fantasmé sur un de tes amis sans qu’il ne se passe rien ? » Oui, ça m’est déjà arrivé. Pourquoi ? Parce que soit j’étais déjà en couple, soit j’ai pas osé faire le premier pas (enfin si, une fois, je l’ai fait mais de façon tellement discrète qu’il n’y a que moi qui ai pris conscience du jeu de séduction). Athéna me parle d’un garçon qui lui plaît mais elle préfère le laisser venir plutôt que de tenter quoi que ce soit : « tu comprends, dans ma vie, dès que j’ai eu un coup de cœur comme ça, je me suis pris un râteau ». Et alors ? lui ai-je demandé. Après tout, je ne crois pas en
la fatalité : parce qu’il me plaît, je vais me ramasser ? Vaut-il mieux, comme elle m’a dit, se déclarer auprès de mecs moins bien, quitte à apprendre à les aimer ensuite, que se prendre un vent par l’objet de nos désirs ?
 
Rien n’est plus compliqué que de déclarer ses sentiments, j’en conviens. Je suis particulièrement nulle en la matière. Revenons sur ce jeune homme que j’ai « dragué », celui que j’ai évoque au-dessus. Rapidement, il s’appelle Bertrand, il est super séduisant et ne s’en rend pas compte. Au début, je n’avais pas fait particulièrement attention à lui car j’étais une patate mariée et surtout qu’il traînait avec un pur beau gosse que, lui, j’avais bien repéré. Mais après qu’il m’eut roté à la figure, son image de playboy en a pris un coup et je commençais
à sympathiser avec le petit Bertrand aux yeux bleu-vert-gris. Au début du second semestre, je lui propose de lui envoyer les cours par mail (je les retape le soir) car, en tant que pion, il rate deux jours. Il me promet un resto pour me remercier. Les jours passent et je le trouve de plus en plus mignon… Mais non, je suis une patate mariée, je suis une patate mariée ! Mais il est tellement adorable, il m’envoie un mail pour mon anniversaire. Je dois résister ! Mais au retour de ces vacances d’avril, alors que j’étais résolue à tuer dans l’œuf tout désir pour lui, il vient me parler, il pleut, ses yeux sont gris et je fonds complètement.
 
Une fois célibataire, il est temps de partir à l’abordage du Bertrand. Bon, comme il part juste après le dernier examen, pas possible de tenter quoi que ce soit lors des soirées post-exams. Ensuite, je le croise par hasard lors de la fête de la musique, il est beau, j’en peux plus ! Il me dit qu’il veut à tout prix qu’on se fasse ce resto qu’il me doit. Une semaine après, il m’envoie un mail : « félicitations pour ta mention (à ma maîtrise), on se le fait quand ce resto ? » donc je lui réponds et… Plus rien. J’en parle à Anne qui me dit d’attaquer : « mais attends, il est clairement intéressé, propose-lui d’aller boire un café ! ». Mais non, comme une conne, je n’ose pas… Et là, je trouve LE plan
merdique : je lui avais prêté un livre, ce serait sympa qu’il me le rende et, au passage, on irait au resto… Finalement, on s’est pas vus de l’été, il m’a rendu mon livre à la rentrée en glissant au passage qu’il n’était plus célibataire. Bien fait pour moi.
 
Pourtant, dans ma tête, tout était réglé comme du papier à musique : on allait au resto, puis après, je lui proposais d’aller boire un verre chez moi… Bon, de un, le resto n’a jamais eu lieu, de deux, je suis pas sûre que j’aurais eu le courage.
 
Mais nous sommes idiotes de se bloquer, comme ça, qu’est-ce qu’on risque ? Un râteau. Et alors, est-ce que ça a déjà tué quelqu’un ? Non (pas à ma connaissance, du moins). Je me souviens de ce râteau mangé en juillet… Ben, ça ne me fait plus rien du tout. Sur le coup, ça vexe mais après tout, il faut faire la part des choses : on ne peut pas plaire à tous les hommes. Les plus belles femmes du monde ont pris des râteaux, même Monica Bellucci ! Remarque, je serais belle comme Monica Bellucci, j’allumerais tous les hommes et, forcément, je me prendrais une claque ou deux. Ça fait partie de la vie.
 
Athéna me rétorqua : « oui mais je n’ai pas envie de perdre son amitié ». Ma puce, tu le connais depuis moins d’un mois, si tu ne tentes rien maintenant, tu ne le feras jamais et je ne sais pas si une amitié aussi ambiguë est souhaitable. Si ce gars en vaut la peine, s’il ne partage pas tes sentiments, il n’en restera pas moins ton ami. Vois-tu, il y a sept ans, j’ai rencontré un grand brun bien mignon, extrêmement sympathique. Très courageuse, j’ai demandé à une copine de tâter le terrain. Bon, du coup, elle y est allée cash. Quand le gars lui a dit : « elle est drôlement bien habillée Nina, aujourd’hui », elle lui a répondu : « Et tu crois qu’elle a fait ça pour le Pape, banane ? ». Du coup, ce jeune homme est venu me parler, je me suis pris mon vent. J’ai omis de dire que ce garçon s’appelle Gauthier et c’est mon moumour adoré aujourd’hui (je précise qu’à l’époque, ça ne se voyait pas du tout qu’il était gay).
 
Sinon, récemment, rappelons le cas Julien, mon nouveau meilleur ami de la vie. Sauf qu’au fond, son amitié, je m’en tapais. Ce n’est pas ça que je voulais avec lui, je voulais qu’on se mélange un peu, qu’on fasse un bout de chemin ensemble, plus ou moins long… A partir du moment où il y a eu ce râteau, il est venu me parler une ou deux fois puis plus rien. Je voulais lui écrire le mois dernier pour avoir de ses nouvelles : étant avec Arnaud, ça ne faisait pas le plan drague foireux. Mais finalement… au fond, ai-je envie d’être amie avec lui ou ai-je envie de lui tout court ? Bon, là, mes ardeurs vis-à-vis du jeune homme sont bien calmées, voilà sans doute pourquoi je ne fais aucun effort pour prendre de ses nouvelles (il n’en fait pas non plus). Alors, oui, techniquement, j’ai perdu son amitié mais en même temps, nos rapports n’ont jamais été purement amicaux.
 
Alors, voilà, se déclarer c’est perdre quoi ? A la limite, la face, mais on s’en remet et en général plus vite qu’on ne le croit. Il ne faut pas oublier que les hommes ne sont pas forcément plus forts que nous dans ce domaine. Je comprends les hommes qui se plaignent : « c’est toujours à nous de faire le premier pas ». Oui, pourquoi ? Et surtout pourquoi sommes-nous toujours passives ? Sommes-nous condamnées à attendre d’être choisies plutôt que de choisir ? Doit-on se priver de l’objet de notre désir uniquement parce qu’il ne
s’est pas déclaré ? Je ne crois pas.
 
Après, je ne dis pas que c’est facile. Cependant, il faut arrêter de croire que nous ne sommes pas la hauteur de l’objet de notre désir. Surtout que, s’il le faut, de son côté, il se pâme d’amour en attendant qu’on ose enfin lui révéler nos sentiments. Rater une histoire uniquement parce qu’on n’a pas osé, c’est idiot, tout de même.

Pan dans les dents !

Aujourd’hui, je me suis pris une claque. Pas physiquement, personne ne m’a frappée, ce fut une claque symbolique.
 
La vie est parfois étrange. On se lève, le matin, de bonne humeur, le cœur allégé par la brouette de la veille, tout va bien. Je m’habille et je file à un rendez-vous en ville avec Sab et Gauthier. En chemin, la demoiselle m’avertit qu’elle ne pourra pas déjeuner avec nous mais elle nous rejoindra après. Soit. J’arrive au lieu de rendez-vous, je me pose contre la barrière de l’entrée du métro, j’allume négligemment une clope. Il  fait beau, la vie est belle ! Mais le drame est proche…
 
A un moment, un gars s’approche, il parle au mec à côté de moi puis il vient me voir. Polie, je l’écoute qui m’explique qu’il vend des briquets pour le bizutage de son école de commerce. Je lui explique que je connais le principe. « Ah, vous êtes étudiantes ?
– Non, j’ai fini. »
Et, là, c’est le douche : je ne suis plus étudiante. JE NE SUIS PLUS ETUDIANTE ! C’était la première fois que je l’énonçais verbalement et prononcer cette phrase m’a fait étrange. Du coup, je me suis retrouvée en tête à tête avec ma cigarette et j’ai réfléchi à ma nouvelle condition.
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Une fac couleur rouge
Qu’est-ce que c’était, être étudiante ? Heu… Me lever à 7h tous les matins pour aller m’abreuver à la source de la connaissance, je partageais mon temps entre les cours et les séance de révision à la bibliothèque, j’avais toujours trois livres sous le bras, des pages de cours couvertes d’une écriture précise et stylée… Bon, d’accord, j’avoue, je mens. A la fac, j’ai appris à jouer à la belote et au tarot ! J’ai passé un temps pas croyable à la cafétéria (pas du tout aussi belle que dans Hélène et les garçons), les serveuses nous connaissaient, on s’est même fait un bowling avec la plus sympa d’entre elles. Mais surtout, à la fac, y avait des personnages haut en couleur.
 
Il y a avait d’abord les syndicalistes. Je n’ai rien contre les syndicalistes en général, mais à ma fac, il y avait quelques spécimens pas piqués des vers dont le plus célèbre d’entre eux, Jésus, alias je sais plus quoi de son vrai nom. Naturellement, nous l’appelions Jésus en raison de sa longue chevelure et de sa barbe qui lui donnait un vague air de Jésus, donc. Il était petit, vraiment petit, un mètre 60 à tout casser. Sa chevelure était impressionnante, on y aurait perdu un peigne si on avait tenté de discipliner tout ça. Evidemment, il avait le keffieh, comme tous ses camarades. Outre son caractère anarchiste, il était également militant végétarien. Sur les murs de la fac, des petits autocollants ont fleuri : « celui qui se dit pacifiste et qui mange de la viande est un fumiste ». Du coup, des rigolos ont inventé un nouveau syndicat : « carnivore » avec un petit journal racontant l’agonie d’une carotte ébouillantée vivante sans que personne ne lui ai demandé son avis.
 
Sinon les syndicalistes extrémistes de ma fac avaient une particularité. Dès que nous n’étions pas d’accords avec eux, on se faisait traiter de fasciste. On est contre la grève, on est fasciste, on refuse de manifester avec eux, on est fasciste. Une fois, j’ai quitté une AG avant la fin, ça faisait quatre heures que j’y étais et j’en pouvais plus. Une nana m’est tombée dessus et m’a traitée de fasciste car je ne respectais pas la démocratie… Bon, quand j’ai commencé à lui répondre, elle s’est cassée, elle devait penser que j’allais me laisser insulter comme ça… Je sais pas comment c’est dans les autres facs mais dans la nôtre, ils étaient tellement agressifs avec leurs discours pré formatés qu’ils n’étaient franchement pas appréciés. Cependant, j’en côtoyais quelques uns et j’ai eu une conversation un jour avec l’un d’entre eux.
« Mais comment tu veux qu’on vous prenne au sérieux à force de revendiquer tout et n’importe quoi ?
Non, on ne fait pas ça !
Mais si, regarde : en 98, vous avez manifesté contre le projet Attali et, à l’arrivée, dans la liste des revendications, vous avez demandé le SMIC étudiant et le transport gratuit pour les étudiants, c’est ridicule !
Oui mais pour avoir ça (il montre sa main), il faut demander ça (il me montre son bras). »
Bon, sur le principe, ok, mais quand les revendications sont remontées au Ministère de l’Education Nationale, ils ont dû rire : bien sûr, il vont intervenir exprès auprès de la SEMVAT (qui gérait les transports toulousains à l’époque) pour nous assurer des tickets gratuits…
 
Quel bonheur d’être fous
Mais le mieux, à ma fac, c’était les fous. Et y en avait un paquet ! Tous localisés au resto universitaire (RU) et ayant une passion pour notre table. Il y avait d’abord Ginette, la sex symbol de service (humour). Outre le fait qu’elle était fringuée bizarrement avec sa banane et son sac en strass, elle était d’une lourdeur peu commune. La première fois que je l’ai vue, elle s’est installée à notre table, je l’ai prise pour une copine de Guillaume avec qui je sortais depuis quelques jours. J’étais en train de bosser sur je ne sais plus quoi (oui, je bossais au RU, ça va !). Et là, elle commence à me parler, à me raconter des trucs louches, qu’elle lit Raymond Aron pour passer son diplôme (équivalent bac pour intégrer un DEUG, j’ai oublié le nom). Pendant ce temps, Guillaume ne pipe mot, je me demande bien qui est cette fille avec qui j’ai un vrai dialogue de sourds et je finis par être très sèche, j’avais autre chose à faire que d’écouter ses délires. Ginette finit par partir (ouf !) et là Guillaume me révèle : c’est une grosse lourde qui le colle, il ne la supporte pas.
 
Pourtant, cette fille était fascinante : elle trouvait tout beau. Moi, ma trousse, mon livre, mon stylo encre, mon écriture (ahahah !), la carte de la Méditerranée de Gauthier (ahahahahah !), tout quoi. Elle arrivait, elle faisait : « salut les amis ! », personne ne lui répondait. Ou alors, son grand truc, elle nous attrapait quand on passait à côté d’elle et elle nous faisait : « salut-ça-va-et-toi ? ». Sinon, elle s’asseyait parmi nous si nous avions le malheur d’avoir une chaise vide et elle agissait par mimétisme. Du genre, un jour on jouait à la belote (pour changer) avec mes futures ex-amies et une fait : « allez Nina, pose ton valet ! » et l’autre : « allez Nina, pose ton valet ». Un autre tour, je fais un coup magistral (pour une fois que j’ai du jeu) et mes copines applaudissent. Trente secondes plus tard, l’autre nous imite… Avec elle, j’ai appris l’art d’ignorer les gens avec qui je n’ai pas envie de parler, tout un art.
 
Sinon, il y a « la vieille qui pue », qui hante tant la fac de sciences sociales que la fac de sciences humaines. Quand on passe près d’elle, il y a comme un étrange parfum d’égouts… A côté, le métro parisien sent bon le printemps. Bon, ce n’est pas tant ça, le problème. Elle est folle, mais d’une force. Déjà, quand elle marche dans la rue, ça fait : « pied droit-insulte-pied gauche-insulte… ». Donc, quand on la croisait, on avait droit à un charmant : « sale petite pute, pétasse, bande de cons ! ». Fallait pas le prendre pour soi, elle poursuivait cette litanie incessante à longueur de temps, indépendamment des gens qu’elle croisait. Un ami m’a raconté des trucs marrants à son sujet. En fait, cette femme passait sa journée à la bibliothèque, elle prenait les livres un par un et elle en recopiait l’index ou la table des matières, je me souviens pas… Si jamais il manquait un livre (ce qui arrive souvent dans une bibliothèque), elle pestait : « quelle bande de petits bâtards ! ».
 
Cette dame habitait à côté des parents d’un gars et elle était franchement TRES dérangée. Un soir, la voilà qui tape à la porte de ces gens-là.
« Oui ?
– Pourriez vous dire à votre mari d’arrêter de traverser les murs, ça me dérange ! »
 
Mais la plus belle, la plus forte, la plus merveilleuse de tous ces frappadingues, c’était Pascale ! Championne du monde de la folie ! Tout a commencé un jour où on jouait à la belote, il y avait Gauthier, Guillaume mon mien, Guillaume bis (un ami de lycée de Gauthier) et votre dévouée. On joue quand, tout à coup, une femme se penche sur Gauthier et lui dit : « pour la malle de la voiture, c’est d’accord ! ». Elle s’éloigne un peu, se retourne : « c’est d’accord, hein, c’est d’accord ! ». Forcément, on explose de rire, Gauthier ne comprend rien, on n’en peut plus. Arrive notre serveuse préférée qui se penche vers nous et fait : « elle est pas bien, elle, hein ? ». Et là, elle nous parle de Mme Pascale, la fille qui s’amuse à arracher les affiches des syndicalistes à peine il les ont collés… Ce n’est pas un acte politique, c’est juste qu’elle est tarée. Une fois, elle va voir une serveuse du RU et lui fait : « toi, tu t’appelles Djamila !
Non, pas du tout.
Si, si, tu t’appelles Djamila !
Mais non !
SI TU T’APPELLES DJAMILA !!
Oui, oui, ok, je m’appelle Djamila.
Avec un ou deux L ? »
Voilà, c’est Pascale ! Une fois, j’accompagnais un ami à un examen et là voilà qui s’assoit à côté de moi. Alors que je discutais avec mon ami, elle se penche vers moi et me fait : « j’ai pris mon chéquier au cas où ! » Oui, tu m’étonnes ! Je lui adresse un « oui » poli et je reprends ma conversation mais elle poursuit : « on dit fidiciaire ou fiduciaire ? ». Comprenant qu’elle parlai économie, je lui réponds fiduciaire mais le meilleur est à venir. Je reprends ma conversation et là, notre ami fait fort : « vous aussi, vous attendez pour le cours Bi fifty two ? (B52) ». Tout le monde se regarde atterré et là, un mec, trop fort, lui répond : « non, ça, c’est un avion, à la limite un groupe de musique mais pas un cours ! » « ah, d’accord ! ». Mon ami va pour passer son oral, je ne veux surtout pas lui parler donc je plonge le nez dans le seul bouquin que j’ai sous la main, à savoir un plan de Paris. Je l’entends qui parle, qui glousse, puis elle part passer son oral. Je regarde le mec qui était à côté d’elle.
« Tu la connais ? lui demande-je
Non.
Mais vous n’étiez pas en train de parler ?
Non, elle parlait toute seule… »
Seigneur Dieu !
 
Et voilà, je ne suis plus étudiante, je n’aurai plus l’occasion de fréquenter tous ces gens décalés, fous, d’un autre monde… Et je ne pourrai plus jouer à la belote tous les jours entre midi et deux.

Virée au sex shop

Cela fait maintenant une semaine que Gauthier vit sur Paris et, franchement, ça me rend heureuse. Il y aura vraiment une vie parisienne avant et une vie parisienne après son arrivée. Il faut avouer qu’il est arrivé pile au bon moment, pour me remonter le moral après une rupture. Du coup, tous les jours, mon téléphone sonne : « Dis, je sors de cours, je suis en ville dans une heure, tu me rejoins ? ».
 
Gauthier, je l’adore mais il me coûte cher car resto ou verre tous les jours, les sous partent vite… Hier, on se retrouve à notre traditionnel lieu de rendez-vous (hé oui, déjà), on s’installe à la terrasse pour boire un verre, on en profite pour papoter au téléphone avec Lucie. Après un petit tour à la FNAC, nous voilà posés au Bistro Romain en s’explosant le bide à coup de carpaccio. Après le vide intersidéral de notre week-end, nous avons fait fort, nous voilà partis à parler politique internationale, mondialisation… On confronte nos idées sur le Japon, la Chine, les Etats-Unis, l’Europe, l’ONU etc. C’est bon de se sentir intelligent, parfois ! Pendant que je mange mon carpaccio, il me lit un article du Monde, quelle classe.
 
Et si on allait au sex shop ?
Cependant, le naturel revenant au galop, on finit par reparler galipettes, je ne sais même plus comment. Il me dit qu’il aimerait bien aller dans un sex shop à Paris. Oh, ça tombe bien, notre restaurant est situé rue Saint Denis ! Donc après le dîner, virée coquine ! En attendant, il me raconte la fois où Anne et lui sont allés m’acheter Ernest, mon petit gode. A Toulouse, récemment ils ont ouvert un sexy center dans la banlieue industrielle. Les voilà partis en voiture, ils trouvent de suite et ils entrent. Un peu intimidés, ils se dérident au fur et à mesure des gadgets les plus hallucinants et à la fin, ils se promènent sans gêne dans les rayons, mon Ernest à la main. A un moment, la caissière s’avance vers eux et leur donne un sachet noir, opaque : « ce sera plus discret ». Et les deux autres rigolent comme des bossus.
 
Bref, c’est parti pour l’assaut de la Rue Saint-Denis ! Premier sex shop, il est écrit en gros : « grand choix de K7 vidéos ! Palm- Secam- NTSC »… Bon, on a préféré ne pas choisir celui-là, les godes devaient être recouverts de poussière, depuis le temps ! On continue. Le suivant, les annonces nous font rire : « Massage « body to body », jusqu’au plaisir »… Tous les massages sont assurés « jusqu’au plaisir ». Mais le mieux : « tarif préférentiel pour les militaires » ! Bon, on se demande où s’arrête le massage et où commence la prostitution. Déjà, quand Gauthier était venu sur Paris le mois dernier, il s’était cherché un salon de massage pour ses lombaires… Et bien, ce n’est pas du tout ce qu’il a trouvé ! C’est fou tout ces massages « jusqu’au plaisir » disponibles sur Paris !
 
Bon, on continue, on ne croise que des DVD shop puis on tombe devant une petite vitrine pleine d’accessoires, le magasin a l’air particulièrement clean, on voit l’intérieur quand des gens entrent. On se croirait presque au rayon DVD de la FNAC ! Gauthier hésite un peu, je lui dis que je veux y aller et c’est parti !
 
Dans un magasin aux vitres teintées…
C’est un très grand sex shop, il y a un nombre incroyable de DVD, la plupart sont en anglais. Je me demande s’ils sont sous-titrés, ce qui fait rire Gauthier. « Qu’est-ce que tu veux qu’il sous-titrent ? Ah oui, ah oui, ah oui ? » Non mais des fois, y a des dialogues dans les pornos. Bon, à l’étage, il y a un théâtre érotique avec « des couples hétéros et lesbiens en représentation », une pauvre fille qui a l’air de s’ennuyer interpelle les hommes pour leur proposer de faire un tour à ce théâtre. Nous, personne ne nous demande rien, on doit nous prendre pour un couple ou des touristes ou les deux. Bref, il y a aussi des salons vidéos et des salons de massage.
 
On trouve le coin des accessoires et là, forcément, on rigole. Déjà, on arrive, Gauthier fait : « on devrait en acheter un pour Lucie » et là, tous les deux on repère un gode énorme, une statue en fait, hyper réaliste, il y en a un rose et un noir. On se marre mais on se dit qu’on peut pas lui offrir ça.
 
On regarde, on s’extasie, il y a le frère d’Ernest, des godes énormes, des tout petits, des bizarres (y en a un qui ressemble au micro de mon PC). On en trouve un particulièrement joli : « oh, il est beau celui-là ! », il est en silicone avec des fils de couleur dedans. Il y en a un double, c’est pas très joli, un pénis devant se ranger dans le sexe, l’autre exciter le clito j’imagine car vu la configuration, je ne pense pas que ce soit pour une double pénétration. Enfin, il y en a de toutes les tailles, toutes les couleurs et toutes les formes pour votre plus grand plaisir. Certains sont trop sophistiqués, je trouve, ça fait plus Game Boy que gode. Sinon, il y a des trucs amusants comme des vagins où ce qui nous a le plus amusé, une sorte de bouche en matière gélatineuse. Il y avait un endroit où on pouvait toucher donc, forcément, avec Gauthier, on se lance… Beurk, c’était dégoûtant comme contact !
 
Par contre, j’ai été déçue : pas de menotte, pas de boule de geisha et pas de canard en plastique (je voulais en prendre un pour Lucie). Du coup, on va pour partir mais Gauthier s’arrête juste avant la sortie pour voir les tarifs massage. Moi, je me plante en plein milieu de la sortie et, là, je me prends les portes automatiques dans la figure : les gens ne sont pas censés rester en plein milieu, ils se dépêchent de rentrer ou sortir.
 
Bon, on finit par sortir, je reste un peu sur ma faim, tout de même. Je pensais trouver plus d’accessoires funs mais comme m’a fait remarquer mon compagnon d’aventure, c’était plus une DVDthèque qu’un véritable sex shop. En tout cas, une fois, il faudra que je me fasse le théâtre érotique !

Va, je ne te hais point

Suis-je quelqu’un d’indifférent ? On pourrait le penser vu la vitesse à laquelle j’ai tourné la page Arnaud mais ce n’est dû qu’à une philosophie de vie, une phrase qui dégonfle tout de suite les sentiments les plus négatifs : « tu n’es pas digne de ma haine ».
grrrrrrrr!
 
Cette phrase, ce fut un copain de lycée qui me la sortit un jour où il me taquinait et que je lui fis (en plaisantant) : « je te hais ! » Et, là, il me répondit, sérieux : « mais je ne suis pas digne de ta haine, garde-la pour quelqu’un d’autre ». Je suis restée silencieuse, méditant sur cette sentence ô combien vrai : on ne peut haïr que les gens que l’on a passionnément aimé, puisque la haine et l’exact contraire de l’amour. A partir de là, la liste des personnes susceptibles d’être l’objet de ma haine s’est considérablement raccourcie : mes parents, ma sœur, mes amis les plus proches, mon ex. S’il m’est arrivé de me fâcher très fort avec ma mère et ma sœur, les autres n’ont pas eu à souffrir de ma haine.
 
Au lycée
A l’inverse, je déclenche les passions dans un sens négatif, ce qui m’a toujours étonné, surtout chez les filles… En effet, certaines d’entre elles m’ont profondément détestée alors qu’au fond, leur haine me laissait indifférente, au mieux m’amusait. Mes premières « rivales », je les ai bien cherchées. En fait, ces pintades s’en prenaient à Cécile qui est la douceur et la gentillesse réincarnée. Dès qu’elle passait près d’elles, elles faisaient exprès de glousser, ce qui blessait Cécile qui n’osait pas répondre. En fait, l’une des deux voulaient sortir avec le copain de la miss donc elles l’emmerdaient comme elles pouvaient. Œil pour œil, dent pour dent, la fois où elles sont passées devant moi, j’ai crié haut et fort : « oh, deux pétasses ! ». Sur le coup, elles ne s’arrêtent pas mais demandent à une amie commune de me dire que : « si j’ai quelque chose à leur dire, je le fais directement ! ». Ben, pourquoi elles viennent pas me le dire ? Du coup, leur méchanceté s’est transposée de Cécile à moi, elles me détestaient au point de me « casser la gueule ». Hou, je tremble ! Non, en fait, je m’en fous. A tel point que pendant les vacances, je les ai franchement oubliées, ce qui a effaré Cécile : « Mais comment t’as pu les oublier ? » Heu… bonne question, tiens !
 
Johanne
A la fac, mes « ennemies » se sont multipliées. La première fut Johanne, une amie d’enfance. En fait, début licence, la voilà qui se sépare de son mec et je me retrouve propulsée entre les deux sans trop savoir comment. En fait, avant la rupture, je m’étais engueulée une ou deux fois avec elle car elle m’exaspérait au possible. Je me souviens d’une fois où elle larvait sur la table de la cafétéria, à trois quart morte, je lui annonce que Guillaume et moi partons à la bibliothèque et elle fait : « je vous suis, je dormirai à la BU ». Donc je lui dis non mais elle insiste donc je finis par m’énerver : « écoute, la bibliothèque, ça ne sert pas à dormir, si tu veux roupiller, tu rentres chez toi ! ». Bon, elle se fait plaquer et je me retrouve entre les deux, chacun me faisant part de ses doléances, rôle qui ne me convient pas du tout. Une semaine après, monsieur se retrouve une moitié et là, c’est la crise. Un soir, Johanne m’appelle alors que je dîne chez Anne, elle me prend la tête : « Oui, t’as vu, il s’est trouvé une copine, quelle connard !
Je te signale que t’as forniqué avec un autre mec la semaine dernière donc tu es mal placée pour critiquer.
Mais comment tu sais ça toi ? Et puis d’abord, c’est toi qui a dit à mon ex que je partais sur Paris ? Non mais tu te mêles de quoi ? »
J’étais exaspérée, Anne me souffle de lui raccrocher au nez, ce que je fais. Depuis, elle me déteste et veut me « casser la figure » (décidément). Juste après, elle appelle le pauvre Gauthier et me colle toutes les insultes de son répertoire : « Nina, c’est qu’une sale pouffiasse et elle n’a pas intérêt à raconter partout que j’ai couché avec machin sinon je lui pète la gueule ! » Je ne vois pas pourquoi je serais allée raconter ça partout, je n’en avais franchement rien à faire. Enfin, elle nourrissait une haine pas possible contre moi. Un soir, on se retrouve à la même soirée, je prends le parti de l’ignorer et, visiblement, ça la rend furieuse, elle se casse très tôt non sans m’avoir insultée copieusement (pas directement, off course) auprès de Gauthier : « Oui, tu crois que je l’ai pas entendue cette pétasse quand elle parlait de moi et qu’elle se foutait de ma gueule ? » Gauthier lui répondit que je n’ai en aucun cas parlé d’elle durant la soirée, ce qui était vrai : je suis suffisamment intelligente pour ne pas jouer la provocation. On a fini par ne plus fréquenter ni les mêmes lieux ni les mêmes personnes. Je l’ai recroisée il y a peu avec Anne, elle m’a demandé si on devait lui dire bonjour ou pas, j’ai répondu par la négative : elle est tellement folle que quelques années après, elle serait capable de m’en coller une.
 
Mes « amies » de licence
Toujours en licence (décidément), je fréquentais plusieurs nanas plutôt prudes qui nous prirent en grippe, Guillaume et moi : « Guillaume, il est avec Nina que pour le cul et Nina, elle est trop conne pour s’en rendre compte. » Bon, déjà, un mec qui reste avec moi deux ans que pour les fesses, c’est que je dois être un coup fabuleux… En fait, quoi qu’on fasse, ça n’allait jamais, il y eut je ne sais combien d’explications mais dès que nous étions partis, on s’en prenait plein la tête. Le coup ultime : l’anniversaire de Gauthier. Ça allait plutôt mal dans ma vie à ce moment-là, ma grand-mère avait eu un accident, Anthony, le copain de ma sœur, également. J’explique ça à une des pestes, un jour, précisant qu’Anthony devait se faire opérer suite à son accident. Arrive l’anniversaire de Gauthier, je véhicule une copine de lycée qui vient de ma ville natale, à une heure de route de la fête. Je récupère Guillaume au passage, on s’amuse, on provoque un peu (une fille ne supportant pas les baisers en public, on s’en est donné à cœur joie) puis on repart tous les trois, je lâche Guillaume et je rentre dans ma ville natale. La semaine suivante, Gauthier me prend entre quatre yeux : « écoute, je dois te dire un truc. Les filles ont dit que tu étais partie de la fête pour baiser avec Guillaume et que, pour une meilleure amie, tu ne t’étais pas préoccupée de ranger la salle avec nous. » Donc, là, je suis furieuse : l’une d’entre elle connaissait l’histoire d’Anthony, elle savait qu’il devait se faire opérer. Avec l’accident de ma grand-mère, on avait besoin de se serrer les coudes dans la famille. De plus, si j’étais partie baiser avec Guillaume, j’aurais pas pris ma copine avec moi ! Du coup, j’arrive à leur table, je dis ce que j’ai à dire (« c’est plus la peine de me parler, merci ! ») et voilà. Ça fait du bien quand on le dit ! Du coup, trois mois de colère et de rancœur ont été évacuées, fin de l’histoire pour moi.
 
Mireille
La dernière histoire de ce type est édifiante, je n’ai rien, mais alors absolument rien compris. Maîtrise science politique, je sympathise avec deux personnes de mon amphi dès le deuxième jour (les cours annulés aidant), Fabrice et Marianne. Les TD commençant, Marianne sympathise avec Mireille avec qui elle doit passer un exposé. Dès le départ, je la sens pas trop, cette fille, au point que je ne l’enregistre même pas. Deux jours plus tard, on se retrouve dans le même bus pour aller en cours et là voilà qui me parle ! « Ah, toi aussi, tu prends le 22 ! » Ne la reconnaissant pas, je me demande qui est cette folle qui me parle (oui, j’attire les fous) donc je réponds poliment : « ben oui ! » et là, elle me fait : « Bah, j’ai pas envie d’y aller, c’est chiant la sociologie politique ! » Ah, ok, elle est donc en cours avec moi ! C’est très étonnant que je ne l’ai pas reconnue, je suis très physionomiste, ça devait être un signe. Quelques jours plus tard, Stéphanie rejoint notre quatuor et nous voici divisés en sous-groupe : les trois filles d’un côté, Fabrice et moi de l’autre. Mais Fabrice sèche assez souvent les cours et moi, je me sens seule, manifestement de trop. Un soir, on se file rencard entre 21h et 21h30 dans un bar. Je le sens mal. J’arrive à 21h30. 22h, personne, je pars, furieuse et frigorifiée. Du coup, je les laisse tomber et me rapproche de Douschka, qui est en TD avec moi et de ses deux amies, Amina et Nina (oui, deux Nina pour le prix d’une).  Et, du jour au lendemain, Mireille se met à me faire la gueule. J’en fais part à Douschka qui me dit que je me fais des idées mais non : quelques jours plus tard, on croise la demoiselle qui fait la bise à Douschka et m’ignore royalement. Soit. Et bien, fais-moi la gueule.
 
Pourquoi était-elle fâchée ? Je n’ai jamais su mais c’était violent : dès que j’arrivais dans son espace vital, son visage se fermait et elle se cassait. Or, quand on est en cours ensemble, on est amenés à fréquenter les mêmes personnes. Cette année, Clara va lui parler gentiment : « et tu étais en cours avec nous ? Moi, je suis en master journalisme avec Nina B., tu la connais, non ? » « Oui mais elle et moi ne sommes pas très copines ! » Ah ? Par contre, là où ce fut comique : je croise Fabrice dans la rue. Lui, je regrettais d’avoir perdu contact avec lui car il était sympa… Totalement dépressif mais sympa. Et voilà-t-il pas qu’arrive notre amie Mireille accompagnée de Marianne, elles avaient rendez-vous avec le jeune homme. J’étais moi-même avec une copine qui ne connaissait absolument pas ce petit monde donc on se fait la bise, Mireille ne me snobe pas (ce qui m’étonne). Mon amie propose qu’on aille tous boire un verre et là, ma chère « rivale » regarde Marianne d’un air entendu : « Oui mais non, là, on peut pas, hein ? ». J’hésite : je joue la provocation ou non ? Allez, non, je suis fair-play : « allez, nous, on y va, vous n’avez qu’à nous rejoindre si vous voulez ! ».
Tu me détestes donc je suis 
Globalement, les gens qui  me détestent me laissent relativement indifférente. Sur le coup, ils peuvent me mettre en colère ou me rendre triste, selon mon degré d’intimité avec eux, mais je ne les pas haïes. Il me suffisait de me dire que ces personnes ne méritaient pas que je perde du temps avec elles et je retombais dans l’indifférence. De plus, en poussant le raisonnement, il est plaisant de constater que je suis supérieure à toutes ces personnes puisqu’elles me haïssent, j’existe de façon violente pour elles alors que, pour moi, elles ne sont qu’un élément du décor. Parfois, il est amusant de les imaginer jubiler devant leur propre mesquinerie : « ahah, je lui ai même pas fait la bise ! » Cool. Le plus drôle est souvent de voir où tapent les gens qui ne m’aiment pas. Pourtant, j’ai des défauts et pas des moindres mais quand on se retrouve réduits à taper sur mon physique, ma sexualité ou mon intelligence, ça montre bien qu’il n’y a aucun argument valable.
 
Je ne suis pas Claudia Schiffer ? Et alors, est-ce que ça fait de moi une mauvaise personne ? J’ai une sexualité avec mon copain ? Encore heureux ! Je suis bête comme mes pieds ? J’ai plus de culture que la plupart de ces pintades et j’ai toujours excellé au test de QI. Hé oui, mes bac+4 et +5, je ne les ai pas trouvés dans mes paquets de Special K ! Mais bon, on trouve les arguments qu’on peut. Moi leur méchanceté me fait rire…et on dirait que ça les agace encore plus.

Week-end excès

Sexe, alcool et nutella, tels étaient les maîtres mots de mon week-end ! Jeudi, je me réveille la tête dans le pâté, la descente d’alcool est un peu dure. Je me rends compte que mon chat roupille tranquillement sur ma tête, c’est limite si je n’ai pas sa patte dans le nez. Grand moment de solitude. Je me lève et je me mets à pleurer. Pas beaucoup, juste quelques larmes qui coulent… Là, j’ai touché le fond, je dois rebondir ! Je sèche mes larmes mais jeudi est une journée morte, je ne fais rien. Vendredi, j’ai un concept : je vais m’offrir un week-end excès ! Au menu : sexe, alcool et nutella !
L'alcool, c pas beau, l'alcool, c pas bien
 
Première étape : le nutella
Je vais donc au supermarché et je vais m’acheter plein de cochonneries, ça me motivera pour reprendre le régime lundi. De toute façon, une rupture (supposée), n’est-ce pas la meilleure des raisons pour abuser du chocolat ? Si, alors ! Donc, je prends au passage une double tablette de chocolat Lindt double lait. C’est aussi calorique que des Kinders mais c’est meilleur. Bon, allez, pour me donner bonne conscience, je prends un paquet de céréales, aussi, des bas résilles et une boîte de croquettes pour la Kenya. Oui parce que Kenya, elle n’aime pas les croquettes Leader Price, je ne peux que lui prendre des KiteKat, je vous jure ! Bon, voilà, je rentre, je range mes courses et je fume. Oui, je m’étais dit que sortir avec Arnaud serait une bonne occasion d’arrêter puisque lui était non-fumeur mais quand il était avec moi, il m’en taxait une ou deux… Bon et bien je trouverai une autre occasion de m’arrêter. Donc, voilà, ce week-end, j’ai mangé tellement de chocolat que je ne comprends pas comment ça se fait que je n’ai pas vomi mes tripes.
 
Deuxième étape : l’alcool
Bon, là, ce fut pleinement rempli grâce à mon Gauthier adoré. En effet, dans mon malheur, j’ai une chance extraordinaire : Gauthier vient juste d’arriver sur Paris ! Lui aussi a des soucis donc vendredi, il m’appelle, j’avale mon chocolat et lui répond.
« Moumour, tu veux sortir ce soir ?
Ouiiiiiiiiiii ! J’ai décidé de me mettre la tête à l’envers, c’est mon week-end excès !
Heu oui mais j’ai cours demain… »
Bon, on se retrouve à notre nouveau bar de prédilection, on boit chacun deux cocktails, je commence à rigoler un peu trop mais tout est sous contrôle. La cuite, c’est pour samedi !
Le jour J, nous voilà devant Beaubourg : ce soir, on va dans le Marais ! On tourne un peu et on atterrit dans un café très sympa mais mon vagin et moi nous sentons vraiment seuls… C’est pas grave ! Après un coca pour lubrifier notre larynx, c’est parti ! Un sex on the beach et trois Piña Colada plus tard, je m’amuse à faire une pyramide avec les bâtons lumineux qu’il y avait dans les cocktails tout en rigolant comme une idiote. Gauthier est parfait : dès que je commence à évoquer Arnaud, il m’interdit de parler de ça, on rigole, on parle de nos vies sexuelles, pour changer, tandis que le serveur nous demande si nous faisions des cochonneries ensemble… Heu, non ! On boit, on boit, en face de moi, derrière Gauthier, il y a une librairie avec les calendriers des Dieux du Stade qui squattent la vitrine. Gauthier me livre des expressions qu’il utilise avec Océane pour désigner leur état alcoolique. Je ris, je ris, je ris… A un moment, je lui dis : « Héééééééé, tu connais la blague du bébé qui vient de naître ? » Il me répond oui et me tapote sur le front (c’est la chute de la blague) et, là, j’explose de rire…
On se dirige ensuite vers le Bataclan pour la soirée « Follivore », une soirée gay. Soit. On devait rejoindre un copain de Gauthier mais celui-ci tarde donc on consomme une vodka sunrise en attendant. Voici son pote et ses amis, on entre, on se prend 20 degrés dans la figure, on va danser sur la piste et là, grosse fatigue : Stone et Charden, Sylvie Vartan, Dave, Sabine Paturel et ses bêtises… Bon, on va chercher la conso à laquelle on a droit avec notre entrée.
On se prend des vodkas-quelque chose (lui pomme, moi orange). Il faut savoir que le verre était à trois-quarts rempli de vodka, le soft ne servait qu’à donner un peu de couleur. C’est pas grave. On boit, on danse, on est saoul, on hurle à la mémoire de Mister Big et un autre copain, Toulouse est dans la place ! Honnêtement, il fallait que mon taux d’alcoolémie soit supérieur à la moyenne pour que je me trémousse en hurlant sur les Mystérieuses Cités d’or, Snoopy par Chantal Goya, on commence à traîner quand ils passent Pascal Obispo ou Calogero… Bon, lecteur, le thème de la soirée étant les années 80, tu te rends compte que ça ne veut rien dire un thème de soirée ! Bref on sort, on rentre, on sort, on rentre, on n’a plus de voix, on est nazes donc on finit par s’échouer sur des fauteuils. Devant nous, un mec se prend une mandale sous l’indifférence générale, un autre m’asperge en s’affalant à côté de moi de boisson à la pomme (vodka ou rhum, je me suis pas léchée pour voir ce que c’était). Evidemment, il se relève et se casse sans s’excuser. A Paris, les gens ne s’excusent pas. Bref, on ne s’éclate pas plus que ça mais l’essentiel est sauf : j’ai ri, j’ai oublié ma peine de cœur.
 
Troisième étape: le sexe
Là, c’est raté. Samedi, j’hésite : ai-je envie de brouette ? L’alcool aidant, la libido s’active : oui, vive la brouette ! Sauf que dans une soirée gay, c’est pas gagné ! Comme j’ai dit à Gauthier : « une soirée gay, c’est comme aller dans une pâtisserie alors qu’on est au régime ! ». Bon, l’avantage d’être le vagin de service, c’est qu’on est un peu la mascotte du groupe mais ça ne vous rapporte pas une brouette. Quelques jeunes hommes sont appétissants… A un moment, on fumait dehors et un joli lot attendait un taxi, Gauthier fait : « Hou, je l’enculerais bien, lui ! » et moi, au summum de ma lucidité : « Ah ouais, moi aussi ! ». Mais bon, comme j’ai pas l’équipement nécessaire, ça va être dur ! Du coup, dimanche, j’envoie un texto à Laurent (après tout) mais cette partie-là de mon week-end excès n’aura lieu que demain. Il y a quelques temps, quand j’avais fait mon bilan de mes brouettes, j’avais dit : « j’aimerais savoir pourquoi Raphaël me fait la gueule et j’aimerais bien un dernier coup avec Laurent (et Reno, aussi) ». Donc, si tu ce que j’écris dans le blog se réalise, permettez : « j’aimerais passer une folle nuit de sexe avec Brad Pitt. » Là, c’est dit ! Toujours est-il que le pan sexe de mon week-end a été assumé par moi et moi seule…Heu bof, j’aime mieux un homme, quand même !
 
Et Arnaud ?
Et là, où en sommes-nous ? Jeudi, Louis me dit qu’il a reçu un mail d’Arnaud pour lui dire qu’il ne pouvait pas l’aider à déménager car il travaillait samedi. Ok, moi, je ne reçois rien. Samedi, la journée s’écoule, rien, rien, rien. Le soir, en me rendant en ville, je passe devant chez lui en train, la lumière est allumée : il est chez lui, il n’est pas mort et moi, pas de news. Dimanche, je me réveille : rien. Alors, à 16h30, je me décide à mettre officiellement fin à la liaison. Au départ, je voulais l’appeler mais je savais qu’il ne me répondrait pas donc son comportement très classe a engendré une réponse très classe de ma part : un texto. Bon, franchement, une rupture par texto, je trouve ça nul mais ce n’est pas pire que le silence radio. Je lui ai donc envoyé : « Très fort le coup du silence radio pour se débarrasser d’une fille, on me l’avait jamais fait. Non, en fait, je trouve ça minable et lâche ». Bon, d’accord, j’ai été sympa, j’ai pas mis les mots connard, salaud et enfoiré. Dimanche soir, Louis se connecte et me fait : « Hé, je suis chez Arnaud ! » Quand je lui ai dit que c’était terminé, il s’en voulait mais qu’est-ce qu’il y peut, lui, si son pote est un goujat fini ? Finalement, plus je le connais et plus je trouve que Louis est un garçon gentil. C’est dommage qu’il soit si difficile avec les filles car il mériterait d’être heureux avec l’une d’entre elles… Enfin, bref, ce n’est pas parce que ça s’est mal passé avec Arnaud que je suis fâchée avec Louis, je suis suffisamment intelligente pour faire la part des choses.
 
Cette rupture a quelque chose de positif : je me rends compte que j’ai progressé depuis mon autopsychanalyse. Cette fois, je ne me suis pas demandé ce qui clochait chez moi, je ne me suis pas du tout attribué l’échec de cette relation. Car, n’en déplaise à certaines qui ne connaissaient rien à ma relation, je n’ai pas commis de faux pas, je ne l’ai pas collé, je ne lui ai foutu aucune pression. Reste que je ne comprends pas : la dernière fois que nous nous étions vus, il m’avait prise en photo avec son appareil et son portable et là, plus rien. Pour moi, deux explications : soit il a trouvé une autre fille, soit il se lasse plus vite que son ombre. Mon correspondant virtuel m’a expliqué qu’une fois, il avait mis de la distance entre sa copine et lui pour voir ce qu’il ressentait pour elle mais il avait fini par la rappeler. Moi, je n’ai même pas eu de réponse à mon texto.
 
Alors, voilà, je suis repartie sur les chemins de la brouette puisque cette année, l’amour ne me réussit pas. Le mois que j’ai passé avec lui était bien, la fin merdissimale, je tourne la page, hop ! Comme m’a dit Alya sur son blog, elle s’attache et se détache très vite. Moi aussi. Je remets ma carapace aussi vite que je l’ai enlevée. Au moins, je me suis rendue compte que je pouvais tenter l’aventure à deux sans difficulté, c’est plutôt positif. Voilà, je suppose que certains s’amuseront de mes déboires, certains jubileront, même. Si le malheur des autres les amusent, tant mieux pour eux. Moi, je m’en fiche, j’ai déjà rebondi. Mon nouveau projet de vie : bosser, ça m’occupera.