Coup de foudre

Par Julien
« Pour replacer cette histoire dans son contexte, celle-ci se déroulait lorsque j’entamais ma deuxième année à la faculté. L’ambiance était particulièrement bon enfant, et les soirées fréquentes. Avec un cercle d’amis assez vaste, issus de différentes promotions, nous organisions régulièrement, ces évènements qu’étaient les soirées étudiantes. Il nous arrivait souvent de nous associer aux boites de nuit ou aux cafés pour les évènement les plus communs, mais parfois, pour les soirées d’exceptions, nous louions une énorme salle. Nous faisions alors le voyage dans un pays frontalier pour aller acheter bière, vodka, et autres alcools en quantité, afin de pouvoir réhydrater la moitié du campus qui venait invariablement à chacun de ces évènements.
Si je parle de ces préparatifs, c’est parce que je remplissais souvent le rôle de gardien du temple à ces soirées … enfin par gardien du temple, je veux dire gardien du bar, barman, ce qui vous pouvez me croire était une charge tout aussi sacrée et importante.
J’avais un goût et un certain talent pour la fabrication de cocktails, je gardais la caisse avec le sérieux d’un mastiff gardant son os, et le plus souvent par la parole j’arrivais à désamorcer les conflits avant qu’ils n’éclatent réellement. J’aimais vraiment cette fonction … en plus, tous mes lecteurs le sauront, le bar est un endroit stratégique dans une soirée. C’est l’un des endroits les plus calmes (pour pouvoir entendre les commandes), tout le monde y passe, et généralement on a une vue imprenable sur toute la salle.
Mais ces précisions données, revenons en à notre histoire … Avec les membres de notre petite « congrégation » puisque c’est comme ça que nous appelions notre bande, nous avions organisé une de ces gigantesques soirées, afin de fêter la fin des partiels du premier semestre de la Faculté de Droit. Dans l’après midi précédent cette soirée, l’un de mes amis, qui sans être un proche était quelqu’un que je fréquentais assez régulièrement dans le cadre de l’organisation de ces évènements, François, s’approche alors de moi.Ce faisant, il précède de peu une magnifique jeune fille … involontairement, mon regard s’attarde un peu sur cette dernière, une petite brune, des yeux verts très clairs, semblables à des émeraudes, un visage et un sourire d’ange … une jeune fille un peu petite certes, mais avec des courbes à damner un saint.

Naturellement, ma réaction ne passa guère inaperçue, se « taper un fixe » d’une dizaine de secondes alors même que l’on vous est en train de vous parler est loin d’être une relation que l’on pourrait qualifier de discrète.

Néanmoins, une fois le trouble passé, François me présente sa sœur Gwen, et après quelques derniers détails sur l’organisation de la soirée, il me glisse à l’oreille d’un air amusé, alors qu’ils s’apprêtaient à repartir : « Jules, espèce de crevard, c’est ma sister, si t’y touches, t’es mort ».

Avec un sourire de circonstances et la franchise d’un arracheur de dents, je lui assure que l’idée ne m’a même jamais traversée l’esprit, qu’il n’a absolument aucun souci à se faire, et que je suis même prêt à la considérer comme ma propre sœur. Mes déclarations sont accueillies par un sourire un peu sceptique, mais finalement, nous nous séparons, chacun allant faire de son coté les derniers préparatifs et les ultimes achats.

Arrive finalement, le début de soirée. François et moi nous rejoignons sur place, et je note l’absence de sa sœur. Il me dit qu’elle arrivera plus tard dans la soirée et me demande de garder un œil sur elle, afin qu’elle ne fasse pas de bêtises et qu’elle ne boive pas trop. Me regardant, il précise d’un ton insistant « Un œil, Jules … j’ai bien dit, un œil, hein ? ». J’acquiesce encore une fois, et je le laisse repartir vers l’entrée alors que je m’installe nonchalamment au bar.

François, petit, mais vif et teigneux, adepte de divers arts martiaux, aux noms aussi exotiques qu’imprononçable, assurait avec deux autres potes le service d’ordre de la soirée. Peu à peu, petit à petit, la salle se remplit, et la pendule avançant la foule autour du bar s’éclaircit. Je remarque alors Gwen, traînant l’air un peu perdue un verre à la main. Je lui fait signe, et malgré son air un peu éméchée, j’accepte suite à son insistance de la resservir, allant même jusqu’à lui offrir le verre.
Oh oui, je sais, chers lecteurs, j’entends déjà vos cris indignés sur mon manque d’éthique, mais je crois que je n’aurais rien pu refuser à cette fille. *petit sourire triste*

Toujours est il qu’au bout de quelques minutes une discussion un peu hésitante s’engage. Mon cœur s’emballe un peu, j’apprends qu’elle est en première année de droit, que c’est la petite sœur de François (ce dernier était en maîtrise), mais que comme c’est la petite dernière de la famille son grand frère est très protecteur à son égard (Sans blague, j’avais cru remarquer). On papote encore un peu, de tout et de rien, échange un chaste baiser, et finalement quand elle me dit qu’elle est crevée et qu’elle aimerait bien faire un petit break, je lui propose de se reposer dans la cuisine inoccupée, située juste derrière le bar.

Dix minutes après, déposant quelques bières gratuites sur le comptoir, je ferme temporairement le bar, histoire de voir comment elle va. On discute encore un peu plus, on s’embrasse, timidement d’abord, et finalement plus férocement, assise sur une des grandes tables en inox de la cuisine, je la serre très fort contre moi … quand soudainement la porte s’ouvre brutalement, François en furie fait irruption dans la pièce (j’apprendrai quelques mois plus tard qu’il était venu récupérer la caisse), allume toutes les lampes et nous éblouissant par la même occasion. Un flot ininterrompu d’injures et de propos sur la confiance trahie sortait de sa bouche. J’essaye de le calmer, en vain, je reçois dans la foulée un violent coup de poing à l’œil droit, me laissant hébété, rapidement suivi de quelques autres. Au bout d’une éternité on nous sépare enfin, et François quitte la pièce en trombe en traînant sa sœur par le bras, me laissant chancelant, abasourdi et relativement choqué !

La soirée, se finit dans une atmosphère glaciale, digne d’un blizzard sibérien. Le lendemain, tous les organisateurs se réunissent pour faire les comptes. Des commentaires sarcastiques accueillent mon œil au beurre noir, et une muraille humaine se forme pour nous isoler François et moi. Bien que tenaillé par une puissante envie de revanche, je cherche néanmoins à m’expliquer calmement avec lui, à obtenir des excuses … Sans succès.

Au cours de la semaine, je réussis finalement à obtenir le numéro de portable de Gwen, par l’amie d’une amie, je l’appelle, et je me fais répondre sèchement pêle-mêle : qu’elle ne veut plus rien avoir à faire avec moi, que son frère lui à parler de moi et qu’elle se demande comment j’ai pu agresser ainsi ce dernier (sic !), pour finalement finir par constater que « je n’était vraiment qu’un salaud » dans un ton qui aurait pu fournir un bel exemple d’hystérie à des étudiants en psychologie. Inutile de préciser qu’à ce moment seulement j’étais non seulement assez dubitatif, mais que j’ai aussi senti mon cœur voler en éclat.

La situation aurait pu en rester là, mais quelques jours après, j’apprenais auprès de certains de mes « amis » que ma participation n’était plus souhaitée pour l’organisation des prochaines soirées. D’ailleurs, en fait, je me retrouvais tout court « persona non grata » à celles-ci.

Cette situation allait durer jusqu’à la rentrée suivante et fut, bien entendu, particulièrement dure à supporter. Je la relate désormais avec le sourire, mais il m’arrive encore quelques fois d’en rire jaune. »

Le chômage, quelle plaie !

Lundi, 9 heures. La plupart des gens ont le nez dans leur café, le regard vaguement fixé sur leur écran d’ordinateur : et voilà, le week-end est terminé, retour au boulot. Moi, à 9 heures, je quitte la chaleur de mon lit douillet (si j’ai daigné me lever) et je me fais un thé. Je réfléchis au planning de ma journée : faire la vaisselle et les courses. Soit si on regroupe les deux, une vingtaine de minutes prises dans mon fol emploi du temps… Pourquoi je me suis levée, déjà ?
 
Le chômage, c’est une vraie calamité. Pourquoi ça m’arrive, d’abord ? J’ai deux bac+4 et un bac+5, tous avec mention, mes tuteurs de stage ont toujours été satisfaits de moi, les gens s’extasient sur mon CV : « mais avec un CV pareil, comment ça se fait que t’aies pas du boulot ? ». C’est précisément la question que je me pose, figure-toi !
 
Retour en arrière. Nina B, 15 ans, plutôt bonne élève, un peu feignante (oui, moi, les devoirs, j’ai toujours eu du mal), appréciée de ses profs et de ses camarades. Nina a déjà tracé sa vie : après un bac littéraire, elle fait un DEUG d’histoire puis elle intègre une école de journalisme. Deux à trois ans après, elle sort de là et se trouve un emploi. Sauf que rien ne se passe jamais comme prévu, c’est pas drôle, sinon. Au lieu de faire juste un DEUG d’histoire, Nina fait une maîtrise. A part une session de septembre en deuxième année de DEUG et une maîtrise en deux ans, tout se passe bien. Elle ne réussit pas les concours de journalisme et après une dernière tentative où elle échoue de peu (11,87 de moyenne, il fallait 12…), elle décide, furieuse, de ne plus passer de concours car elle sait que son dossier est bon et que ça suffit pour réaliser son rêve. De toute façon, dans les concours, y a une part de subjectif et de chance trop importante. Par exemple si, lors de sa dernière tentative à l’école de journalisme de Toulouse, elle était tombée sur un autre jury, elle aurait droit à une question de type : « pourquoi voulez-vous être journaliste » au lieu de « Pensez-vous que la taille de la balle de ping-pong est une question politique » (j’ai vraiment eu cette question). Nina fait donc une maîtrise de science politique puis elle intègre un master professionnel de journalisme. Bon, elle n’a pas pris le chemin le plus court mais au bout du compte, elle arrive au but.
 
Octobre, notre petite Nina est diplômée de journalisme, avec mention… Et là, plus rien. Une fois de plus, le beau plan établi déraille : et bien non, on ne trouve pas forcément du boulot à la sortie des études. Et Nina découvre l’univers joyeux du chômage.
 
A la fac, personne ne nous apprend à être chômeur. Comment cherche-t-on du boulot ? Je veux dire : comment chercher efficacement du boulot ? Envoyer des CV, je sais faire, éditer une liste des titres qui m’intéressent, je sais faire, lire les annonces, je sais faire. Mais comment être sûre que le CV que j’ai envoyé est bien arrivé entre les mains du rédacteur en chef et pas dans les mains d’une quelconque secrétaire qui m’a automatiquement envoyé un mail poli : « désolé, pas de poste » ? Ce serait illusoire de ma part de penser que les rédacteurs en chef ne trient pas leur courrier, je me demande concrètement combien de CV ils lisent vraiment… Moi, j’ai appris à être journaliste, pas à être chômeuse. Je me souviens des discours emphatiques de mon directeur de master qui nous voyait en stage à CNN à Atlanta… Qui nous expliquait avec sa tête de Tintin extatique (oui car il avait de faux airs de Tintin) que la réputation du diplôme, c’est nous qui allions la faire… Mais c’est pas pour autant qu’on va bénéficier du carnet d’adresse de l’IEP, faut pas déconner non plus. Depuis que j’ai reçu mon attestation de diplôme, je n’ai plus aucune nouvelle de ce cher institut politique… En somme : démerde-toi !
 
J’en parlais l’autre jour avec une copine : « Oui, ils nous préparent pas au chômage mais ça fait pas très vendeur de dire : bon alors, vous risquez de vous retrouver au chômage alors voilà ce que vous devez faire… ». Certes, mais c’est pourtant une réalité. L’autre jour, je discutais avec ma tante dont le fils a fait un DESS je-sais-pas-trop-quoi lui permettant de se retrouver journaliste à Milan Presse. Et elle me fait, très encourageante : « dans sa promo, tu sais, ils sont que 2 ou 3 à vraiment travailler dans le journalisme… ». C’est là que je pleure ?
 
Le souci quand on est au chômage, c’est que le cercle vicieux s’engage : pourquoi se lever tôt ? Pour chercher du boulot, certes mais ce matin, je peux m’accorder une petite grasse matinée, non ? Et on se lève tard, de plus en plus tard, on se déteste de rester au lit mais on a aucune motivation pour se lever : les journées sont longues, autant les raccourcir au maximum. Quand je me regarde dans la glace, je ne vois qu’une pauvre fille ratée. 25 ans, des diplômes à ne savoir qu’en faire et pas de boulot. Il y a des jours, je me demande pourquoi je reste sur Paris, autant retourner chez mes parents, ça leur coûtera moins cher…
 
Le problème essentiel dans cette histoire, c’est que j’étais persuadée plus jeune que je ne serais jamais au chômage : quand on veut du travail, on en trouve. Naïve, va ! Du coup, je vis cette inactivité comme un échec, j’ai l’impression de décevoir tout le monde, moi la première. Pourtant, personne ne me fait des reproches, au contraire. Pendant les vacances de Noël, ma carapace de fille forte a craqué et je me suis mise à pleurer devant mes parents et ma sœur : « je suis au chômage et j’ai l’impression que je déçois tout le monde ! » Et là, mon père m’a souri : « Mais Nina, on savait que tu avais choisi une voie difficile et que tu allais galérer. » Ma mère : « regarde ton cousin, tout le monde est content de lui quand il travaille et pourtant, il est au chômage, malgré son bac +5… ». Même Guillaume m’engueule quand je me mets à chouiner : « Mais le chômage, c’est pas un échec, arrête ! ». Certes, certes… Dans ma promo, personne n’a trouvé de boulot, une copine m’a dit qu’il fallait compter 6 mois pour trouver du boulot, soit vers avril… Bon, si je pouvais réduire ce délai, ce serait fantastique parce que je n’ai pas que ça à faire, moi, de chercher du travail, j’aimerais mieux construire ma carrière.
 
La seule chose qui me sauve, ce sont mes projets. J’ai des idées et j’œuvre pour les mettre en application. Ça ne me rapporte rien mais au moins, je ne reste pas inactive et, ça, pour un futur employeur, je sais que c’est un point positif : oui, j’ai été au chômage mais j’ai écrit, j’ai travaillé, regardez mon press book qui grossit de semaine en semaine ! Ça, de l’idée, j’en ai à revendre mais je me vois mal débarquer dans un journal et faire : « moi, j’ai un concept ! ». C’est pas du haut de mes 25 ans que je vais faire mieux que les génies du marketing qui passent leur temps à faire 50 000 enquêtes. Parfois, quand je m’amuse à « et si je gagnais au loto », je me vois en train de fonder mon propre journal, j’adore avoir des concepts à la con, genre « un journal politique de droite et de gauche » ou « un journal ado intelligent ». Pour le premier, l’idée m’ait venue de mes travaux en maîtrise où je comparais des journaux : selon le bord du journal, la vision des choses divergent… Des fois de façon imperceptible mais elles divergent. Enfin, bref, ça pourrait être marrant mais je ne sais pas s’il y aurait un lectorat. De toute façon, tout ça n’est qu’un rêve idiot…
 
Dans ma recherche effrénée du tout et n’importe quoi, la semaine dernière, téléphone : « bonjour, M. Machin de l’internaute magazine, un stage chez nous, ça vous intéresse ? » Oh oui ! Ce matin, je me rends à l’ANPE pour mon premier entretien professionnel, j’évoque mon stage et, là, réponse cinglante : « Non mais on ne finance que les stages aboutissant à un CDD d’au moins six mois. » Bon, très bien, je comprends que c’est mort. Effectivement, rentrée chez moi, j’appelle M. Machin qui me répond qu’il ne peut absolument pas promettre un CDD au bout du stage donc c’est non. Bon, alors, certes, je comprends que l’ANPE n’ait pas envie de filer de la tune à des entreprises qui marchent aux stagiaires mais il me semble qu’un stage est préférable à une bête recherche d’emploi chez moi (non parce que je comptais continuer à chercher tout en étant en stage)… Mais bon, voilà, me revoici plongée dans mon inactivité, plus de porte de sortie pour le moment. Et soudain, une grosse baisse de moral. Le chômage, c’est vraiment pas pour moi.

Notre société se pornoïse-t-elle ?

Titrer un article avec un néologisme, voilà un travers que les journalistes adorent. Il y a quelques semaines, je lisais Courrier International
histoire de faire mon intelligente. Après la revue de presse du monde, voici le dossier : les jeunes filles dans le monde. Le premier article retient particulièrement mon attention : la « dérive » des jeunes filles américaines. En gros, la société américaine a totalement absorbé les normes des films pornos et les jeunes filles de 15-25 ans se comportent comme si elles passaient un casting permanent pour ce genre de production. En vrac : on fait claquer le string (c’est d’une classe folle…), on montre ses seins, ses fesses, voire son sexe à tout va, on boit et après, on fait des « concours de poses suggestives ». En gros, on simule l’acte sexuel lesbien entre copines. Les gamines de 15 ans se promènent très court vêtues et les mamans trouvent ça hilarant de vêtir leurs filles avec le t-shirt Playboy. Une journaliste, Ariel Lévy, a écrit un livre sur le sujet, faudra que je voie s’il est disponible en France… En gros, elle observe et dénonce un peu ces comportements, arguant que ces femmes s’enferment dans un rôle que les hommes attendent d’elle. Il faut être chaude, même si on n’a pas envie de coucher. Face à ça, il y a les groupes de chastes : « moi, je serai vierge jusqu’au mariage ». La société américaine est fascinante dans ses paradoxes.
 
Et en France, où en est-on ? Il me semble que nous glissons peu à peu vers ce modèle-là, même si nous en sommes loin. Concrètement, si je compare les adolescentes actuelles à ce que nous étions il y a dix ans, il est manifeste que la mode a changé : mes fesses ont connu leur premier string à 20 ans et encore, à l’époque, ce n’était pas hyper répandu. Quoique ça s’est vite démocratisé ensuite puisque Rachel, sainte prude, m’avoua un jour en rougissant : « Tu sais, moi, je mets des strings ! ». Cinq ans plus tard, cette grande confession a de quoi faire sourire. Donc à mon époque, je me souviens, c’était jean pas tellement taille basse et grand T-shirt, le pull attaché autour des
hanches (pratique pour masquer les fesses disgracieuses). Les piercings étaient limite une marque de rébellion, à l’époque, personne n’en avait. Aujourd’hui, les gamines font toutes monter leur strings jusqu’au milieu du dos pour être sûre qu’on le voit, certaines ont déjà des piercings. Je ne veux pas jouer les mères la vertu (c’est vachement mon genre, tiens) mais le comportement de certaines de ses gamines m’horripile au plus haut point : elles offrent aux autres, et surtout aux hommes, une sensualité et des promesses coquines qu’elles ne mesurent pas. Si j’ai une fille, elle portera un string le jour où elle mesurera le genre de message qu’elle envoie en exhibant ce petit bout de tissu. Et après un cours maternel sur les MST et la contraception (qu’est-ce que je vais être chiante comme mère).
 
Ceci étant, il me paraît que cette pornoïsation se limite à un changement de mode vestimentaire plus qu’autre chose. Forcément, nous, dans Beverly
Hills, y avait pas de strings apparents et de soutien-gorge apparent sous le débardeur. Je ne connais pas trop les nouvelles références ado mais si on s’arrête à la Star Academy, je suis sûre que la plupart des spectateurs masculins de 14-18 ans se souviennent plus des couleurs des strings des candidates que de leur prénom. Pour le reste, les Français ne me paraissent pas aussi
exhibitionnistes qu’aux Etats-Unis, du moins, c’est plus discret. A part dans Paris Dernière, je n’ai jamais vu de nanas se foutre à poil juste pour attirer l’attention. Il n’y a pas (encore ?) de surenchère à ce niveau-là, pas de programmes télés bas de gamme où des étudiantes saoules montre tout ou partie de leur anatomie (bien que dans Paris Dernière, parfois…). Et je
crois que c’est une bonne chose.
 
La lecture de cet article m’a fait réfléchir : est-ce que je glisse moi aussi vers la pornoïsation dans mon comportement ? Bon, déjà, je ne mets pas de mini jupe, je suis toujours habillée soft et si mon string dépasse de mon pantalon, c’est plus un accident vestimentaire qu’une provocation (si j’arrêtais de mettre de vieux pantalons trop grands, aussi, ils ne tomberaient pas…). Je n’ai pas de piercing (le seul que j’ai eu s’est infecté et il était au nez) et en boîte, je ne simule l’acte sexuel avec personne, je n’embrasse que Gauthier et Mister Big… Et encore, quand je dis « embrasser », ce ne sont que des smacks, nos langues restent dans leur bouche respective. Je ne me déshabille pas en public, surtout
à cette période de l’année. Bref, je suis sage comme une image. Evidemment, après, il y a mes écrits, parfois un peu sulfureux mais je ne pense pas encourager cette pornoïsation. Ce sont plus des réflexions à partager entre adultes consentants qu’un manifeste. Voilà comment je vis et je pense, êtes-vous d’accord avec moi ou pas ? Et accessoirement pourquoi ?
 
Je me refuse à virer pétasse en chaleur pour deux raisons : tout d’abord, j’ai un certain respect pour l’érotisme, je trouve ça trop sophistiqué pour en faire l’étalage n’importe comment et tomber dans la vulgarité. A quoi ça me sert de montrer mes fesses à tout le monde ? Je préfère les réserver pour mes amants (de toute façon, je pense que les gens se foutent bien de voir mes fesses). Simuler l’acte sexuel entre copines ? A part exciter les mâles en chaleur qui vont essayer de me serrer aux toilettes de la boîte, je ne vois pas du tout l’intérêt. Il y a des choses qui doivent rester réservées à la douce pénombre d’une chambre à coucher.
 
Par ailleurs, je partage entièrement l’avis d’Ariel Lévy : la liberté sexuelle de femme ne peut passer par là. En se sapant comme la dernière des traînées, je ne vois pas en quoi je clame ma liberté sexuelle. Bien au contraire, je me plie à l’esthétique des films pornos, faits généralement par et pour les hommes (même s’il y a une exception). 60 ans de féminisme pour en arriver à se transformer en objet sexuel ambulant ? Ben y en a quelques unes qui doivent se retourner dans leur tombe. Pour moi, la liberté sexuelle n’a rien à voir avec le fait de montrer son cul ou ses seins. Pour moi, la liberté sexuelle se résume plutôt à pouvoir faire l’amour avec qui j’ai envie, quand j’en ai envie, mais aussi le droit
de dire non si je ne veux pas. Et sans avoir à sortir la bonne vieille excuse : « j’ai mes règles ». Ma liberté sexuelle, c’est aussi pouvoir parler de sexe librement sans qu’on me prenne pour une salope. Ma liberté sexuelle, c’est pouvoir avoir autant de partenaires que je veux sans qu’on me prenne pour une salope…
Alors, certain(e)s vont me rétorquer : « oui mais si tu t’habilles pas de façon provocante, personne ne te verra et tu ne pourras pas choper. » Oui ben c’est pas grave parce que moi, je chope pas. Honnêtement, être rejetée par un homme qui n’a pour valeurs sexuelles que ce qu’il voit dans les pornos ne me traumatise pas plus que ça. Et puis très franchement, je serais tellement à l’aise en mini-jupe et mini top que je passerais ma soirée scotchée sur une banquette donc pour la drague, on repassera. Je me souviens, une fois, j’avais mis une robe très sympa et pas tellement sexy à la base sauf que j’avais pris quelques petits kilos entre l’achat et mon défilé avec en ville (je l’avais mise plusieurs fois avant, rassurons-nous). Donc me voici vêtue d’un T-shirt blanc, ma robe par dessus et des bottes chaussettes aux pieds. Sauf qu’en marchant, mes fesses faisaient remonter petit à petit ma robe. J’ai jamais été aussi mal à l’aise de ma vie, je suis rentrée fissa chez moi, attirant la convoitise de sales pervers. Par le passé, j’ai eu droit à des hommes qui cherchaient avant tout du sexe plutôt qu’une partenaire et j’ai retenu la leçon : aucun intérêt. J’ai plus envie d’un partenaire avec qui je développe une certaine complicité et qui partage mon goût de l’érotisme. Et pour moi, érotisme et vulgarité, ça ne va pas de pair du tout. De plus, je pense que la plupart des hommes, passés les affres de l’adolescence, ne sont pas particulièrement attirés par ses pétasses qui montrent tellement tout qu’il n’y a plus rien à découvrir. Je me souviens d’une discussion avec Jean qui m’expliquait que ce qui l’excitait, entre autres, c’était de passernla soirée avec une femme et découvrir au moment de l’effeuillage qu’elle n’avait pas de sous-vêtements. Aucune provocation apparente, juste un secret entre deux amants. Moi aussi, je préfère ça.
 
En somme, je crois que nous sommes encore loin du haut degré de pornoïsation de la société américaine mais on se dirige vers le même modèle, lentement mais sûrement. Arrivera-t-on à un tel degré de vulgarité ? Je n’en suis pas convaincue, je pense que cette provoc bête et irréfléchie se limitera à certaines catégories de personnes. Du moins, je l’espère.

Maudite St Valentin

Par Emma

 

            Je déteste la St Valentin depuis longtemps, et je vois arriver avec aigreur, horripilation et dégoût total cette date fatidique. Bon, je dis pas, si j’avais un amoureux, et qu’en plus il m’offrait des fleurs ce jour-là, sans doute que je vivrais beaucoup mieux cette dégoulinante célébration de l’amûûûûr. Mais c’est pas le cas, alors moi je dis merde. On va encore nous bassiner pendant 15 jours avec des gros cœurs partout, des « je-t’aime-moi-aussi-ah-mon-amour-qu’on-est-heureux-un-diamant-c’est-éternel », des réductions à la con auxquelles ont a droit uniquement lorsqu’on se présente à 2 et tout plein de spéciales « St Valentin ». (Argh j’ai la nausée).
 
            M’enfin qu’est-ce-que je lui ai fait à ce Valentin pour qu’il me nargue ainsi tous les ans à cette même période ??? C’était dans une vie antérieure, c’est ça ??? Je l’ai largué et il m’en veut depuis ??? Pfff tous les mêmes les mecs, et rancuniers avec ça…
 
            Il faut dire que ma première St Valentin ne fut pas une réussite, et peut-être que mon aversion pour cette fête date de ce temps-là. A l’époque, j’étais en 3ème et je vivais mon premier flirt, mon premier coup de foudre, mon premier baiser, tout ça tout ça avec un garçon qui avait 2 ans de plus que moi, et j’étais complètement love. Lui m’aimait beaucoup, ça s’est prouvé par la suite, mais c’était à peu près tout, rien à voir avec les textes enflammés que je lui dédiais dans mon semblant de journal intime. Il était plutôt imprévisible et insaisissable, et avait la fâcheuse manie de me poser des lapins. La St Valentin tombait pendant les vacances scolaires de Février. Aucune nouvelle de lui la première partie des vacances, j’était attristée (pour ne pas dire effondrée) mais je ne me faisais point d’inquiétudes, il était évident qu’il penserait à moi ce jour-là . Faut dire qu’à l’époque j’étais passionnée (je le suis toujours) et très naïve (je le suis beaucoup moins). Dans l’attente de cette journée pleine de romantisme et d’amour, je lui achète un petit cadeau : une petite figurine de lapin toute mignonne (oui très gnan-gnan mais déjà pleine d’humour sarcastique la fille) qui j’espérais, lui plairait tout en faisant passer le message. Bref, le 14 au matin, me voilà, amoureuse et pleine d’illusions, attendant son coup de fil. Qui n’est jamais venu. Ni ce jour-là, ni les autres jours avant la fin des vacances. J’étais à moitié morte. A la rentrée, je lui ai fait part de ma déception mais je n’ai pas pu beaucoup développer, étant donné que « il était désolé mais pendant 15 jours il avait réfléchi et que ça serait mieux qu’on reste amis ». Donc, conclusion de l’aventure, J’AIME PAS LA ST VALENTIN !!!
 
            Au-delà de cette pénible mésaventure, il faut avouer que la commercialisation à outrance de cette fête est tout de même assez écoeurante. L’amour et les preuves d’amour ne se monnayent pas me semble-t-il. Pourtant c’est la bataille rangée tous les ans pour vendre bijoux, fleurs, parfums, voiture, assurance-vie, cuisine équipée, lingerie sexy, abonnements divers et variés, bibelots en tous genre, autre. Et le matraquage publicitaire qui va avec. Et là, chez moi, je dois dire que c’est l’overdose totale. Ca dégouline, ça vous balance à la gueule le bonheur des autres, presque ça vous ferait culpabiliser d’être seul(e). En parlant de pub, vous avez vu la dernière publicité pour le site de rencontres ‘Meetic’ ? Oh putain ! Déjà que je déteste ce truc, avec cette pub-là devant le nez dès que j’allume ma télé, c’est l’apocalypse que je vais déclencher un de ces 4 !!! C’est limite mensonger (le nombre de types qui ne cherchent que du cul là-dedans c’est phénoménal)-(je dis bien ‘limite’, connaissant personnellement un couple qui s’est rencontré par ce biais) et en plus c’est à faire pleurer d’envie les gens seuls… Je zappe rageusement dès que je tombe dessus, maugréant un truc du style « font chier tous ces cons ». Le monde entier a décidé que je serai frustrée ou quoi ???
 
            Le cœur du problème étant évidemment CELA. Je n’ai pas d’amoureux, alors les gens qui s’aiment un peu trop ostensiblement, ça me gave, ça m’énerve, ça me saoule, ça me court sur le haricot. Qui n’a jamais eu envie lors d’une période de célibat un peu dure à avaler d’égorger le gentil petit couple se roulant honteusement des monstrueuses pelles devant tout le monde au milieu de la rue ? Hein ?
            Mais bon, je suis une fille, tout ce qu’il y a de plus fille. Donc si un jour j’ai un amoureux (Inch’Allah…) et qu’il a la très mauvaise idée de se ramener le jour de la St Valentin sans un petit truc pour moi (même pas grand-chose, juste histoire de marquer le coup), et ben ça va me mettre à l’envers, et lui aussi par la même occasion !!! Parce que moi j’aurai pensé à lui, comme j’espère pouvoir le faire tous les jours. Si on revient à l’essentiel, l’amour se prouve, se construit, s’épanouit tous les jours et toutes les nuits d’une relation. Sauf pour ceux qui oublient ce précepte essentiel, pas besoin d’une fête à la c– pour ça !
 
            Aaaah, ça fait un bien ! Je vous tiens au courant de la suite des évènements, je suis pas loin, je reste par là…
 

Mon mec idéal

L’autre jour, je lisais le blog de la salopette et dans un article, elle brosse le portrait de son homme idéal. Ben puisque je peux pas être originale tout le temps, j’en fais autant mais un peu à ma sauce, quand même…
 
« Cher Papa Noël,
 
Je sais que je t’écris un peu tard mais j’ai préféré attendre car je sais que tu étais pris par tous ces enfants qui voulaient leurs jouets. Ma grande générosité m’a donc conseillé d’attendre que tu sois un peu moins pris pour te faire ma demande. En plus, ça va te prendre du temps de me faire mon cadeau mais ça fait longtemps que tu ne prends plus en charge mes cadeaux donc j’abuse un peu.
 
Voilà, moi, je voudrais un homme qui serait rien qu’à moi, beau et super gentil et intelligent et tout et tout. Je te mets les références détaillées, pour pas qu’il y ait d’erreur… C’est pas que je doute de tes compétences (pas du tout même), mais vaut mieux éviter les malentendus.
 
Le physique
Bon, je ne suis pas particulièrement exigeante mais quelques détails tout de même. Pour la taille, ce serait bien qu’il fasse entre 1m70 et 1m80, à peu près. Oui parce que plus grand, c’est pas toujours très pratique. Pour un amant de passage, ça va mais pour un amoureux, c’est une vraie menace pour mes cervicales. Pour le poids, j’ai toujours rien compris au poids masculin donc je vais pas donner de fourchette. En gros, évite les trop bodybuildés, je n’aime pas ça, avec leurs énormes veines qui palpitent, beuuuuh ! Non, moi, je veux un mec normal, avec un petit ventre pour que je puisse poser ma tête dessus et m’endormir en faisant semblant de regarder son super film (tu sais à quel point ça m’arrive tout le temps). Puis de larges épaules, aussi, pour que je me sente en sécurité dans ses bras.
 
Concernant la pilosité, tu fais comme tu veux. J’aime bien quand y a un peu de poils sur le torse parce que ça fait plus viril mais si y en a pas, c’est pas grave. Si y en a plus, c’est pas grave non plus. Tu vois, je suis pas trop exigeante, quand même. Pour la couleur des cheveux, j’avoue que mon passé amoureux m’a prouvé que je préférais les bruns. Oui, je suis plus George Clooney que Brad Pitt. Donc un brun et puis s’il pouvait avoir les yeux verts… Ben, oui, tous les hommes qui ont marqué ma vie amoureuse avaient les yeux verts donc je crois que je dois continuer comme ça. Un vert foncé, de préférence… Puis tu peux lui mettre des lunettes, j’aime bien.
 
Après pour le nez, il faut qu’il soit petit et joli, ça, c’est important. Il faut qu’il soit beau de profil, que je puisse l’admirer en soupirant : « qu’il est beau de profil ! ». Ben oui mais tu comprends, quand on est allongés côte à côte, c’est son profil que je vois donc bon. Pour la bouche, pas trop charnue, s’il te plaît, et des dents nickels. Pas forcément parfaitement alignées à la Hollywood mais pas de chicots, merci. Ah et s’il pouvait avoir une barbe de trois jours en permanence, ce serait fantastique !
 
Quoi d’autres ? Ben, deux bras, deux jambes, deux pieds avec cinq orteils chacun. De grandes mains, de préférence, c’est toujours mieux. Ah par contre, fait en sorte qu’il n’ait pas le nombril qui ressorte, je n’aime pas ça. Concernant son zizi… ben écoute, ni trop petit, ni trop grand, ni trop fin, ni trop large… L’essentiel, c’est qu’il soit en parfait état de marche, j’y tiens !
 
La personnalité
Ouhlala, on n’est pas rendus, là. Alors d’abord, avant tout, il faut qu’il soit drôle. Un beau mec sinistre, moi, j’en veux pas. Mais quand je dis drôle, je parle d’humour fin, quand même, un mec qui éclate de rire parce qu’il vient de lâcher un rot, là, je te jure, je m’en passerai. Je suis bon public mais faut pas déconner. Drôle, donc, puis cultivé et surtout curieux, qu’on puisse s’échanger des connaissances en permanence. Et puis comme il est curieux, on partira en voyage tout le temps (enfin, quand on pourra) pour découvrir de nouvelles contrées. Il aime la lecture, la photo et les promenades. Il aime les chats plus que les chiens et, évidemment, il n’est pas allergique !
 
Bon, il faut qu’il soit patient et qu’il me rassure parce que j’en ai besoin et puis faut qu’il soit calme, genre quand je m’énerve, il me laisse m’énerver mais ne me réponds pas forcément pour me laisser me calmer. Il est sûr de lui mais surtout pas prétentieux. J’ai pas envie de sortir avec une encyclopédie vivante qui étale sa science en permanence et gave de savoirs à la con toute personne qui ne souffre pas de surdité. Je veux pas d’un vantard qui narre très fort ses exploits pour être sûr que la table du fond, là-bas, a bien entendu qu’il avait décroché un contrat de la mort qui tue.
 
Il faut qu’il soit romantique mais pas gnan gnan… Je veux des escapades originales et inventives : pas besoin de diamants pour me séduire, un mot doux glissé dans la poche de mon manteau, ça me suffira. Une balade dans un quartier sympa main dans la main, c’est parfait. Par contre, s’il me fait sa demande en mariage chez Bataille et Fontaine pour que toute la France soit au courant, là, ça va me désappointer.
 
Après, il doit être tolérant : je ne veux ni le modèle raciste ni le modèle homophobe, c’est pas compatible avec la Nina. Evidemment, il adorera mes amis et les siens seront géniaux. Il sera fêtard mais pas trop parce que des fois, passer une soirée à remplir ensemble un sudoku, c’est quand même génial (petit clin d’œil à qui il sait !). Ce serait bien qu’il soit cinéphile parce que, moi, je le suis pas et il pourrait m’initier. Et s’il pouvait aimer le violoncelle et avoir la même discothèque que moi, ce serait parfait.
 
Niveau passion, un artiste, ce serait sympa… De préférence, doué en dessin parce que là, je suis d’une nullité pas possible… Il dessinerait et/ou peindrait, j’écrirais. Evidemment, on sera totalement fan l’un de l’autre. Il faut qu’il ait une imagination débordante, histoire qu’on puisse avoir de supers délires. Et puis un artiste, c’est sensible… Ce serait bien qu’on se comprenne au-delà des mots. Tu vois, quand j’ai le moral à zéro sans raison particulière, il pourrait juste me prendre dans mes bras et me faire un câlinou sans me poser de questions. Mais par contre, si je veux parler, il m’écoute. Ah, et il faut qu’il me parle, aussi, qu’il me dise quand ça va pas, c’est beaucoup mieux. Je ne veux pas être sa mère de substitution (pitié, non !) mais qu’on puisse se reposer l’un sur l’autre quand ça va pas. Ce qui serait bien, c’est qu’il soit attentif à moi sans m’étouffer (promis, ce sera réciproque), qu’on garde un peu notre espace de liberté, quand même.
 
 Par contre, s’il pouvait ne pas aimer le foot… Les autres sports, je m’en fiche mais pas le foot. Après, si tu veux en faire un sportif (du dimanche ou pas), c’est comme tu veux, du moment qu’il me force pas à faire du jogging avec lui…
 
Enfin, pour rester dans le sport, côté brouette… Ben, de la tendresse, déjà, c’est ES-SEN-TIEL ! De la complicité, évidemment. Et bien, en gros, qu’on ait des brouettes sauvages parfois, plus tendres d’autrefois, qu’on partage des fantasmes ensemble mais il est pas obligé de partager TOUS mes fantasmes…
 
Accessoires
Bon, alors, niveau vêtements, j’aime bien le style « chic urbain », genre jean ou pantalon bien taillé, pas trop vieux comme coupe, et j’adooooore les cols roulés ou, mieux, les cols zippés. Classe mais pas trop et que le monsieur mette des boxers, ce serait bien. S’il pouvait éviter de porter des chaussettes de tennis aussi parce que, ça, j’aime pas trop.
 
Niveau famille… Bah, des frères ou des sœurs, je m’en fiche, ce serait bien qu’il ait des neveux ou des nièces, déjà, comme ça, il aura un instinct paternel développé… Non parce que si on se reproduit, ce serait bien que l’un des deux soit à l’aise avec les enfants et comme ce n’est pas mon cas… Ses parents seront comme lui : ni raciste ni homophobe. Pas trop vieille France non plus parce que j’ai pas envie de faire semblant de rester vierge jusqu’au mariage… Déjà que le mariage, bof…
 
Enfin, niveau compte en banque… Ben, là, j’ai pas d’exigence. Bon, s’il pouvait avoir un peu de sous pour qu’on parte en voyage, ce serait bien mais je compte pas faire femme entretenue, je veux mon métier aussi. Puis j’ai l’impression que l’argent rend radin et je veux pas d’un radin. Tu comprends, ces gens-là, à la fin, ils se douchent qu’une fois par semaine parce que l’eau et le savon, ça coûte cher…
 
Bon, voilà Père Noël. Concernant le nom et le prénom, je te laisse choisir mais si je pouvais éviter de me retrouver Mme Nina Mortecouille, j’apprécierais… Pour le métier, pareil, je te laisse choisir aussi, je m’en fiche un peu, il a suffisamment de qualités pour que je n’exige pas que monsieur soit rédacteur en chef (oui parce que du coup, il pourrait m’engager). A noter que pour l’âge, ce serait bien qu’il ait entre 23 et 30 ans et qu’il soit mature, of course.
 
Concernant la date de livraison, je te laisse le choix : la St Valentin (oui, c’est une fête commerciale de merde mais je l’ai pas eu pour Noël alors bon…) ou alors pour mon annif en avril mais c’est peut-être un peu loin… En même temps, la St Valentin, c’est trop près… Bon, on a qu’à dire pour l’équinoxe du printemps, voilà, au milieu.
 
Merci de m’exaucer Père Noël, promis, l’an prochain, je laisserai des gâteaux près de la cheminée.
 
Bisous
 
Nina 
 
PS : J’aurais bien demandé à ton pote, le petit Jésus, mais ça m’a pas porté chance la dernière fois que je lui ai demandé un truc. Il serait foutu de me le livrer en version homo. Bon, je le donnerais à Gauthier mais pfffff !
 
PPS : S’il pouvait venir habiter dans l’appart qui vient de se libérer dans mon immeuble, ce serait génial ! 
 
PPPS : Si tu en as un de bien en stock et qu’il ne ressemble pas exactement à mon portrait, je ne t’en voudrai pas ! »

Envie d’amour ?

Le célibat, ça a du bon. Je peux me faire du chèvre chaud au dîner, si je veux, prendre des bains pendant deux heures en me délectant de mon Cosmo (le magazine, pas le cocktail), je n’ai pas froid dans mon lit grâce à mon super pyjama. Si je veux sortir le soir, je ne dois rendre de compte à personne. Mais c’est pas pour autant qu’on n’aspire pas à l’amour.
 
Adolescente, j’étais perpétuellement amoureuse, toujours du beau gosse là-bas qui n’avait aucune connaissance commune avec moi. Par exemple, en seconde, j’étais « folle amoureuse » (enfin, comme une ado de 16 ans, quoi) d’un gars qui s’appelait Pierre, je ne sais plus comment j’ai su son nom. Il était beau, brun, peau mate, yeux noirs qui brillent, très grand (plus d’un mètre 90), un peu maigre mais peu importait. Je passais mes récréations à le mater, quand il quittait enfin le fumoir où je n’allais pas (je ne fumais pas, à l’époque). Nombre de fois, j’ai joué dans ma tête notre histoire d’amour mais à l’arrivée, le seul mot que je lui ai adressé fut un « pardon » après l’avoir percuté sans même le faire exprès (je parlais avec Cécile, je ne regardais pas ce qu’il se passait devant).
 
La semaine dernière, je lisais le blog de la salopette qui est une fille fantastique, future meilleur amie de Gauthier et moi (elle est pas au courant mais c’est comme ça). Elle expliquait dans un article qu’elle était plus amoureuse du sentiment amoureux que d’un homme et là, je me dis : mince, c’est carrément mon cas ! J’adore, quand je suis amoureuse, rêvasser pendant deux heures à l’homme qui a réveillé mon petit cœur. Petit point de sémantique avant de continuer : pour moi, être amoureuse signifie avoir le béguin, en aucun cas, c’est synonyme d’aimer. Donc, quand je suis amoureuse, je reste deux heures à rêvasser dans mon lit en imaginant, par exemple, notre premier baiser. J’imagine : nous sommes sur le quai du métro à attendre ma rame, on discute et au moment de se dire au revoir, au lieu de se faire la bise, on s’embrasse langoureusement. Enfin ! Depuis le temps que j’attendais, que j’essayais d’envoyer des signes clairs sur mes désirs. Du coup, la rame repart et on est toujours là. Du coup, au lieu de me laisser là, il m’embarque chez lui ou me suit chez moi (j’aurai fait le ménage, entre temps parce que là…). Ou alors après un resto ou un verre dans un bar, il me propose « innocemment » d’aller prendre un dernier verre chez lui et « innocemment », j’accepte. Forcément après, assis sur le même canapé, collés l’un à l’autre, les lèvres se rapprochent et voilà. Ou alors, nous nous promenons au bord de la Seine car il fait beau mais j’ai froid donc je le fais savoir et il me frictionne gentiment les bras. Je mets plein d’étoiles dans les yeux histoire qu’il comprenne qu’il est alors temps de m’embrasser (note pour moi-même, ne pas mettre mon chapeau ce jour-là, on ne voit pas bien mes yeux) et comme on ne me résiste pas, il s’exécute. Bon, voilà, ça ne se passe jamais comme on le prévoit mais ça réchauffe le cœur et c’est tout ce qu’on demande. Vous noterez aussi que c’est jamais moi qui embrasse mais du haut de mon mètre presque soixante, je ne peux voler de baisers à personne.
 
Au lycée, fallait toujours que je sois amoureuse pour pouvoir rêver en cours. Quand je n’avais personne en vue, je m’ennuyais. Etre amoureuse, c’était avoir envie de me lever le matin pour l’apercevoir à la récréation. Etre amoureuse, c’était maudire les vacances car je ne le voyais pas pendant tout ce temps. Etre amoureuse, c’était être légère comme une plume, toujours de bonne humeur, même si je n’allais pas parler à l’objet de mes désirs. Au fond, peu importait que ce fantasme ne se réalise pas, l’essentiel, c’était d’avoir de quoi rêvasser. Le moindre regard étranger me rendait ivre de bonheur. Je me souviens, en terminale, j’avais craqué pour un gars qui s’appelait Pierre (décidément…) et qui prenait le même bus que moi. Un soir, je me suis assise à côté de lui et je lui ai parlé deux minutes. Aujourd’hui, je me dis que c’était limite ridicule mais à l’époque, je suis rentrée chez moi en volant, tellement j’étais euphorique, je m’étais jetée sur mon téléphone pour raconter ça à Cécile. Et pendant quinze jours, j’étais sur mon petit nuage.
 
La pire chose qui pouvait arriver, c’était le râteau. Parce que, là, le rêve s’arrêtait net et je me sentais soudain vide. Pourquoi me lever le matin ? Juste pour écouter ma prof de philo m’expliquer la pensée de Pascal ou St Augustin ou résoudre quelques équations de maths avec des intégrales ou des dérivés. On a connu plus passionnant. Mais bon, ça, je l’ai déjà expliqué dans un autre article il y a quelques mois. Maintenant, j’ai la sensation d’avoir grandi et je suis moins à la recherche de ses amours fantasmés, j’ai plus envie d’une vraie histoire. Le célibat ne me pèse pas, ce qui évite que je me jette au cou du premier venu, mais c’est vrai que là, j’ai envie d’une belle histoire, qui dure ou pas. J’ai envie d’un mec qui s’intéresse à moi et pas uniquement à ce qui se cache dans mon string. Peut-être parce qu’un mec qui en veut juste à ma vertu, c’est facile à trouver alors qu’un mec qui m’aime, c’est bien plus dur. J’ai envie de belles choses, de passer une soirée peinarde avec mon chéri à m’endormir dans ses bras, à parler jusqu’au milieu de la nuit de tout et de rien, de rigoler de bêtises qui n’amusent que nous, de se promener main dans la main dans Paris ou ailleurs.
 

J’en parlais avec Gauthier l’autre soir, alors que nous étions un peu saouls et que nous papotions au téléphone avec la pauvre Emma. « Moi, j’ai envie d’amour. J’ai envie d’aimer ! » nous explique-t-il. Ben, voilà, moi aussi. Au fond, ce n’est pas tant ma libido qui est en panne mais plus une envie de quelque chose de magique, plus qu’une simple brouette. Voilà pourquoi quand Laurent me parle de triolisme ou de n’importe quoi qu’il a envie de me faire, je reste de marbre. Je lis une scène de sexe dans Glamorama, ça m’excite pas du tout (faut dire que ça fait beaucoup trop film porno, cette scène, aucun intérêt à mon goût). Mais penser à un baiser passionné sur le quai du métro ou celui de la Seine, je vibre comme une ado. J’ai envie de moments tous doux, d’un mec qui est là quand j’ai passé une mauvaise journée pour me divertir, un mec pour qui je serais là quand il a passé une mauvaise journée pour le divertir. Un gars qui me fait rire, un gars qui me fait vibrer. Un gars que je passerais des heures à regarder en me disant qu’il est quand même beau et que je suis tellement heureuse dans ses bras que je pourrais y passer toute ma vie. De temps en temps, il me regarderait d’un air serein et là, je me sentirais la plus belle du monde. Et puis on aura de merveilleuses brouettes. Parce que le sexe en couple, ce n’est pas forcément le sexe pépère, ça peut au contraire être de fantastiques galipettes parce que le sexe avec de la complicité et de l’amour, ça prend vraiment une autre dimension.

Après, peut-être qu’on vivra ensemble, peut-être pas. Peut-être qu’on se mariera, peut-être pas. Car peu importe la finalité. Une belle histoire ne l’est pas parce que ça se termine par : « et ils vécurent heureux et eurent trois enfants » mais parce qu’il n’y a presque eu que de bons moments. Sinon, cela voudrait dire que chaque individu ne peut vivre potentiellement qu’une seule belle histoire, bonjour la déprime. Il faut tenter, on verra bien.
 
Curieusement, j’ai la sensation que ça arrive à grands pas. Peut-être que je me trompe, peu importe. Mais au moins, ça me rend de bonne humeur et même si je me jette pas au cou du premier beau gosse qui passe, je laisse la vie faire. Finalement, jusqu’à présent, elle ne m’a jamais vraiment déçue.

La télé nous prend-elle pour des cons ?

Il y a des jours où je suis émerveillée par la télé française, en particulier les émissions genre télé réalité mais pas comme la Star Ac (déjà que…) mais ces espèces d’émissions documentaires avec de vrais gens dedans comme « on a échangé nos mamans » ou je ne sais plus quoi d’autre. Facile à faire, pas cher, tout bénef’ pour la chaîne.

 
L’autre soir, je regarde distraitement la fameuse « on a échangé nos mamans », une émission qui me fascine, ou presque. Ce n’est pas l’émission en elle-même, c’est le
concept. Comment on peut décemment accepter de se prêter au jeu ? Comment peut-on accepter de faire subir à ces gamins (souvent petits) ce traumatisme ? Je me souviens d’une femme qui pleurait toutes les larmes de son corps car elle abandonnait son bébé. Oui, il faut savoir que dans cette émission, on aime les femmes qui pleurent. Mais là, désolée, je vais pas être triste pour elle, je n’ai jamais entendu dire que les gens participaient de force à cette émission. Donc je me demande ce qui pousse les gens à faire ce genre de truc, d’autant qu’on sait très bien que les deux familles seront montrées du doigts : parents trop laxistes contre parents trop autoritaires, toujours ! Il y a plus ou moins les gentils et les méchants. A la limite, je veux bien croire que ces familles veulent montrer leur façon de vivre et devenir un modèle du genre mais je crois surtout que c’est la seule volonté de passer à la télé. Vous noterez que j’ai pas d’enfants mais je crois que je ne voudrais absolument pas les foutre devant une caméra. Non mais ils doivent être un peu traumatisés, quand même…

Ceci étant, je me demande dans quelle mesure tout ça n’est pas complètement bidon. Dans l’émission que j’ai vue, deux familles sur les quatre (sur deux épisodes) n’avaient pas la télévision. Et là, je tique : mais comment ils peuvent participer à une émission de télévision qu’ils ne regardent pas ? En connaissent-ils même l’existence ? Y avait par exemple un couple avec dix enfants très vieille France (mais alors vieille, même Jeanne Calmant n’a pas connu) : mais comment ces gens ont-ils pu avoir vent d’une telle émission ? Arrêtez de vous foutre de nous, là, c’est trop gros. Et puis, le schéma est toujours le même : les nouvelle mamans ne s’entendent pas avec le conjoint de leur remplaçante, elles passent leur temps à dire : « je ne comprends pas comment ils peuvent vivre comme ça ! » mais elles adorent les enfants qui, en général, le leur rend bien. Enfin, les petits, les ados, ils sont plus cons. En général, les enfants des « méchants » adhèrent aux principes de vie de la gentille maman mais l’inverse n’est pas vrai. Et puis les mamans, elles pleurent, elles pleurent, tout le temps. Et qu’est-ce qu’on aime les montrer ses larmes de crocodile, on les passe même au ralenti, au cas où le spectateur n’aurait pas compris. Déjà, là, oui, la télé nous prend pour des cons. Sur cette émission, j’avais vu un arrêt sur image avec un participant qui expliquait que le montage ne montrait que les conflits, les engueulades, les personnes sont caricaturées au possible. Exemple : la scène importante de l’émission, c’est quand les mamans arrivent dans la maison vide et découvrent leur nouvel univers. Mais comment on peut laisser une inconnue pénétrer notre univers comme ça ? Ça me dépasse. Et même, pour la bonne femme qui se retrouve dans une maison inconnue toute seule, c’est d’un glauque… Donc l’équipe tourne et pousse la maman à commenter la décoration et le « manuel de vie », un petit texte présentant la vie quotidienne de la famille, soigneusement rédigée par l’équipe qui souligne bien les différences de vie. Genre la maman athée lit le manuel de vie : « nous faisons la prière tous les soirs avant le repas, c’est impératif. » Et là, forcément : « Non mais c’est quoi cette famille ? ». Et si la nouvelle maman peut dire que l’autre famille a une déco de merde, c’est génial, c’est vendeur, c’est top. Tout ça est trop gros pour être vrai.

Autre émission qui m’a interpellée, un truc tout nouveau appelée « les bonnes manières ». Alors, là, c’est le défilé des clichés ! En gros, on prend des nanas totalement vulgaires pour en faire des demoiselles de la haute société. Les trois quarts sont blondes décolorées, elles se maquillent à la truelle et disent « putain, ta race comme je le kiffe trop » toutes les trois minutes. Evidemment, elles sont coiffeuses, vendeuses ou secrétaires et mâchent du chewing gum, ce qui donne : « Oh putain, gniak gniak, comme elle me prend trop la tête, gniak gniak. Ça me saoule, gniak, gniak, putain ta mère ! ». Et puis ces pauvres filles sont moches. C’est pas charitable de dire ça, je sais, mais c’est vraiment le prototype de nanas que je trouve pitoyable, qui croient qu’un haut pailleté moule-bourrelet et des bottes rend sexy. Aucune classe, aucun charme. Mais que de rimmel ! Je suis sûre qu’elles perdent trois kilos au démaquillage. Et puis alors les deux coiffeuses ont une coupe de cheveux, aïe ! Moi, ma coiffeuse, elle est classe, j’adore sa façon de s’habiller (dans le style cop copine) elle a une coupe parfaite… orange mais ça lui va bien. Là, nos deux coiffeuses ont des cheveux épouvantables, fourchus, coupés à la tronçonneuses avec des racines très visibles. Je veux pas dire mais si une fille m’accueille comme ça dans un salon, je pars en courant. Enfin, quand je vois ça, je me dis que je suis contente de pas être coiffeuse, je pense que je l’aurais mal pris…

Et alors on y va dans les clichés : la fille de Marseille qui rêve de se marier et de faire des enfants, la lesbienne de Montauban, la nana du 9-3, la merdeuse parisienne qui allume tout ce qui bouge, même la plante verte, la beurette de Barbès qui fout la merde. Oui parce que la sauvageonne est forcément colorée, c’est M6… Et là, je me dis : non mais ils se foutent de nous ! Prenons le cas de Céline, la tellement garçon manquée qu’on dirait vraiment un mec, elle n’a même pas de seins. Ceci étant, dommage que ce soit pas un mec, il aurait été bien mignon. Cette demoiselle est l’une des plus sympathiques du lot, essentiellement parce qu’elle ne parle pas, ce qui lui évite de dire « putain sa race » tous les deux mots. Ceci étant, qu’est-ce qu’elle fout là ? La gagnante de l’émission doit participer à un super bal genre le bal des débutantes… Notre amie masculine n’a jamais mis une robe de sa vie, j’ai du mal à croire qu’une telle personne ait envie de participer à cette émission. Des 8 candidates, y en a qu’une qui me paraît vraiment jolie et peu vulgaire, mais elle ne parle pas beaucoup non plus.

Côté « aristocratie », que dire ? Les profs ont tous un balai dans le cul et puent la naphtaline. Y a une dame qui les invite à un cocktail dans un château voisin, c’est vraiment la vieille aristo cliché, qui ouvre la bouche en rond quand elle est choquée, qui ne cesse de reprendre les candidates gentiment. Alors, il faudra qu’on m’explique, au passage, pourquoi il ne faut pas dire « bonne journée » avant de couper court à une conversation téléphonique. Moi, quand on me le dit pas, je trouve ça impoli. Mais le mieux, ce sont les aristos invités au cocktail de la vieille, des hommes libidineux qui sont « princes de Russie » comme moi, je suis duchesse de Pologne et qui ne sont là que pour se sauter les candidates. D’ailleurs, celles-ci se feront traiter de « filles faciles » par les profs car elles ont fait la bise à nos princes libidineux. Pourtant, aucune coucherie n’a été signalée dans le jardin de la vieille.

Toutes ces émissions me font l’effet d’un « trop ». Trop gros, trop caricatural, c’est pas possible. Bien sûr, une vendeuse de fringues vulgaire à Barbès, ça existe. Evidemment, une famille très vieille France, ça existe aussi. Mais tous ces clichés collés les uns sur les autres dans une même émission, ça me fait douter. Alors je scrute, je cherche la faille. Le travail de montage est nickel, le tout porté par la BO de Requiem for a dream (non mais quel gâchis). Déjà, à l’époque, il avait été démontré que des acteurs participaient à « C’est mon choix ». Non, sans blague ? Je me serais pas doutée, tiens ! Idem pour l’émission de déballage sur une chaîne du câble (RTL9, je crois), des Belges qui récitent bêtement leur texte : « quoi-tu-m’as-trompé ? » « Oui-je-t’ai-trompé. » « Que-je-suis-malheureux, je-ne-pensais-pas-que-tu-me-ferais-ça » « Oui-mais-tu-as-une-petite-bite ». C’est tellement mal fait que c’est même pas drôle.

La télé nous prend-elle pour des cons ? Oui ou alors je ne suis pas en phase avec les gens qui ne ratent aucun numéro de cette émission, en tirant des leçons pour leur vie. La seule leçon que je retiens, moi, c’est que je n’exposerai jamais mes gamins comme ça. Enfin, ces émissions marchent, c’est donc que les gens y croient… A moins que ce soit moi qui suis trop parano.

10 000e commentaire

Hier, on a franchi le seuil symbolique de 10 000 commentaires, ça me paraît complètement dingue. Le 10 000e est signé Emma et le voici:

 

« Yome! M’enerves pô! Ou je te jette ds les bras de Clara ce soir! Tu en as trop dit ou pas assez! Alors? »

 

Ca me fait prendre conscience de la communauté qui s’est crée autour de ce blog, c’est impressionnant et je suis contente de ce qu’il se passe ici. Des inconnus qui viennent des
quatre coins de la France viennent tous les jours ici discuter de tout et de rien (au lieu de bosser, où va la France?). Et mine de rien, ça me fait chaud au coeur !

 

Vivement que je récupère le net à domicile pour partager à nouveau vos délires!

Sam en tas

Par Sam
N’ayant pas beaucoup de plan ‘drague’ a mon actifs, malgré mon âge, je vais tous les raconter, il n’y en a pas pour long, juste qq. lignes.

1) Premier « contacte » avec une fille. Plantage du décor : piscine de la ville, avant la 6eme (si ma mémoire est bonne), fin du cours de natation, arrive les 5 minutes de jeux dans l’eau avec des bouées gonflable, genre chambre à air de roue de camion. Je plonge, j’arrive sur la bouée pleine de monde, par en dessous. Je remonte à la surface. Allô Houston, j’ai un problème! Mon appareil dentaire est accroché au maillot de bain d’une fille au niveau de son arrière train. Devant toute la classe, la honte.
2) 5eme ou 4eme, je vais la queue pour manger au réfectoire de l’école, je sens une paire de mains sur mes fesses. Sur les premières secondes, je trouve çà « agréable » jusqu’au moment où je me rends compte que, contrairement à ce que je pensais, cet acte était volontaire. Je me retourne et je vois trois nanas en train de se foutre de la gueule comme ce n’est pas possible. Inutile de préciser que j’ai piqué un phare (tiens au fait, on dit : phare ou fard?) et que j’étais terriblement gêné pendant les 15 minutes d’attente, avant d’aller manger, je ne savais plus où me mettre. Ce n’est pas très agréable de se faire plotter sans qu’on le veuille. Je n’ai pas trop de mal à comprendre les réactions des femmes a qui cela arrivent dans le métro ou autre.
3) Vers 14 ans, je crois, comment on appelle çà déjà, une « partie » il me semble. Une fille m’invite à danser, 3 secondes plus tard j’étais dehors, seul, en train de prendre l’air, tellement j’ai eu la trouille, j’ai toujours été TRES timide. Je ne sais plus par quelle raison j’ai fuie comme çà, enfin si, je sais mais çà c’est encore une autre histoire. Et pourtant je la trouvais vraiment très jolie cette fille. Sans doute « trop » pour moi.
4) Fin de la 3eme, pendant la récré, une copine de classe SAM1 vient me dire que SAM2, une autre copine de classe, a plus ou moins « flashé » sur moi. Allez savoir ce qui m’est passé par la tête pour sortir une connerie du genre : « çà tombe mal, j’ai l’intention de devenir curé ». Le pire dans cette histoire c’est que je « flashais » également sur SAM2. Je ne sais pas bien ce qu’il m’a pris, je pense que cette façon de faire était trop « brutal » ou trop rapide pour moi, à l’époque. Il me faut du temps pour réfléchir pour prendre une décision, et j’avoue avoir des difficultés pour en prendre spontanément.
5) En Term., Rien, pas le temps de draguer les filles, il y avait le bac a préparer. Je ne pouvais pas faire deux choses en même temps. Oh mon Dieu, bien trop compliqué de faire un truc pareil. Et puis c’est vachement important d’avoir le bac. Quel con j’étais oui ! Tous les midis j’allais en perm pour travailler (mon côté cigale est quasi inexistant, mais mon coté fourmis, lui, il m’a bien pourri la vie). Et tous les midis je croisais cette fille, rousse et peu sauvage, regard de braise, terriblement attirante. Elle était assise toujours au même endroit, sur le rebord d’une fenêtre, dans le couloir qui menait à cette salle d’étude dont j’allais chaque jour. C’est curieux, pourquoi ce n’est qu’avec du recul, qq. années après, que je me suis rendu compte qu’elle me déshabillait du regard comme si je passais au rayon X à chaque fois. Mais je n’ai rien fait, comme d’hab. D’abord le bac, me dis-je, ensuite on verra pour les filles.
6) IUT, ben, je ne peux rien faire, 120 élèves et seulement 4 nanas. C’est l’avantage de prendre une filière non littéraire.
7) BTS, mes deux plus belles années d’études, ben oui venant d’un IUT, le BTS était un peu de la révision et donc ‘relativement’ facile. La fille en question s’appelait SAM3, je me suis rendu compte que je l’aimais qu’au bout d’un an et demie passé à ses cotés (dans la même classe). Je me souviens encore, on était tous en cours de math et quelqu’un est venu lui annoncer un décès dans sa famille, par un papier ou dans l’oreille, je ne sais plus. Je me souviens de l’avoir vu pleurer, et d’avoir eu mal au cœur comme jamais auparavant, de la voir souffrir ainsi. C’est là, à ce moment précis, que j’ai compris ce qu’était le mot ‘amour’.
Elle vivait dans un appart en coloc avec 2 autres filles de ma classe, allez savoir pourquoi j’étais souvent chez elles. J’arrivais toujours à trouver une bonne excuse, en plus je servais de taxi pour les 3, chaque WE, covoiturage oblige.

Les derniers mois, avant de passer le diplôme, SAM3, faisait toujours référence à ‘il’ en me regardant avec un petit sourire en coin. Elle avait tiré, une fois, les cartes de tarot, pour ‘voir’ son avenir. Toujours en parlant d’un ‘il’, bien sûr je croyais fermement que ce ‘il’ était moi, comment aurait-il pu en être autrement?! Les cartes ne mentent pas, c’était bien de moi qu’elles parlaient, ces cartes, je me suis reconnu, aucun doute possible. Bref, la fin de l’année est arrivée, les examens était passé. Je me suis enfin décidé à lui déclarer ma flamme, la dernière fois que je la ramenais chez elle en voiture. Je n’avais plus rien à perdre de toute façon, c’était coups double, soit-on ne se voyait plus jamais, soit c’était parti pour une belle histoire. Et bien sûr je me suis pris une belle ‘claque dans la gueule’, quand elle m’a dit que le ‘il’ n’était pas moi, mais un autre qu’elle aimait depuis plusieurs mois déjà. Ce jour là, j’ai compris l’expression « l’amour rend aveugle » et avoir le « cœur brisé en mille morceaux ». Je m’entendais super bien avec elle. Je m’en suis voulu longtemps d’avoir été aussi con et aussi aveugle. J’ai pleuré à chaudes larmes pendant, chaque soir, une bonne semaine, tellement j’avais le cœur ‘serré’ et qui me faisait atrocement mal. Je crois que c’est mon plan le plus foireux de toute ma vie, attendre deux ans et se prendre un ‘vent’, comme çà, après tous les petits moments de ‘complicité’ que je ‘croyais’ avoir eu avec elle, çà ma vraiment fait souffrir.
C’est en partie pour ça que j’avais choisi une école près de la Belgique plutôt qu’une autre école plus proche de chez moi, l’année suivante. J’avais besoin de prendre de la distance, en pensant que se serait plus facile d’oublier ce ‘chagrin d’amour’. Cà n’a pas vraiment marché, un an plus tard, j’avais eu envie de la voir, même de loin. Je me suis donc inscris à une course à pieds (20 kms de footing) qui passe juste devant chez elle. J’ai donc couru pendant 13kms (elle habite environ à mi-parcours) en espérant l’apercevoir, même quelques secondes. Et bien sur, je ne l’ai pas vu. Au bout des 20km, j’étais mort, rincé, vidé, mal aux genoux, mal aux jambes, mal partout, je ne suis pas un grand sportif. Je me souviens d’avoir dit à un proche « c’est la première… et aussi la dernière fois que je fais cette saloperie de course ». Deux ans après j’ai remis çà, plus dans l’intention de la voir, juste pour ‘le fun’. Je m’étais entraîner plus sérieusement, ben je n’ai quand même ‘chié’ comme c’est pas possible, je pense que c’était bien elle, cette fois ci, que j’ai aperçu avec un type et un bébé, j’ai comme qui dirait fait mon ‘deuil’ ce jour là, quand je l’ai vu, me semble t’il, heureuse.
Depuis, je m’inscris à cette course chaque année, juste pour savoir si je peux le faire, ces satanés 20 kms. Cette année, je n’ai même pas pensé à regarder si elle était là ou non, à présent je m’en fiche, mais ça m’a pris beaucoup de temps.
8) Cà fait qq. années que je travaille dans la ‘vie active’. J’ai essayé qq. plan drague sur mon lieu de travail, c’est plutôt déconseiller de faire ce genre de chose. Il y a eu SAM4, suite a un sourire de sa part, j’ai commencé une petite ‘correspondance’ par mail.On s’écrivait un tas de connerie, une bonne 30taine de messages par jours, où on n’arrêtait pas de rigoler. Cette fois là, je n’ai pas mis deux ans pour tenter de l’inviter au cinoche, mais comme par hasard, malgré que le courant passait bien, elle sortait d’une relation un peu difficile donc elle a refusé. Avec les filles, j’ai toujours été un sacré veinard. Quelques semaines après, j’ai su qu’elle était mutée sur Paris, donc plus aucun contact. J’ai pleuré un peu, en même temps on ne c’était vu que 3 ou 4 fois dans les couloirs.
Voyant que cette méthode de ‘correspondance’ marchait un peu, j’ai essayé de renouveler cette façon de faire, avec deux ou trois autres filles, sans aucun succès. 
9) Il y a 3 ans environ, au premier le l’an, rencontre de SAM5. Elle est sympa, gentille, mignonne. Le courant passe bien, comme un con je ne pense pas à lui demander son numéro. J’espère la revoir au premier de l’an suivant, bien sûr elle n’est pas là. Dans l’année j’apprends qu’elle m’a envoyé une lettre, que bien sûr je l’ai jamais reçu. Peut de temps avant le deuxième Jour de l’An, je la revois au restaurant où je mange tous les jours. Le lendemain, je me décide à lui écrire une lettre, lui déclarant plus ou moins mon envie de la revoir. Il semble que la période de deux ans de réflexion, soit récurent chez moi. Au Jour de l’An, elle n’est pas là, j’apprends qu’elle est sur Paris et qu’elle est ‘maqué’ avec un policier.
10) Cet été, au mariage de mon cousin. Je fais la connaissance de deux filles SAM6 et SAM7. Je sympathise avec SAM6, danse avec elle, discute, puis plus rien. Je pense que c’est de ma faute, sur ce coup là, je ne me suis pas assez ‘occupé’ d’elle. En effet, pendant les ‘fêtes’, j’ai la fâcheuse tendance à ne pas picoler et vouloir ‘aider’ tous le monde, apporter les plats, faire la vaisselle, ranger, … Plus tard, SAM7, qui, j’ai l’impression, a des vues sur moi, commence à me parler, patati patata, elle m’attire pas plus que çà, je la trouve trop autoritaire à mon goût. Fin de la soirée, pratiquement tout le monde est parti, j’aide les personnes restant à préparer le retour de mariage. Le lendemain, il ne se passe rien, je discute avec SAM6 et un peu avec SAM7. Fin d’après midi, elles m’invitent à boire un verre. Une fois de plus, comme le gros con que je suis, je me sens obligé d’aider à ranger avant de les rejoindre. Je pensais en avoir pour 1 heure grand maxi, ben non, çà a duré plus de 3 heures. Bien sûr, je suis aller au rendez-vous avec plus de 3 heures de retard, et évidemment il n’y avait plus personne. J’ai vraiment le c.. bordé de nouilles. Quelques jours après, j’envois un émail ‘collectif’, une blague à deux balles, avec SAM6 et SAM7, entre autre, en destination, en espérant avoir un ‘retour’ de la part de SAM6. Mais rien, aucune réponse, puis le lendemain, SAM7 me répond. Ce n’est pas elle qui était convoité au dépard, mais bon, essayons, je n’ai rein à perdre après tout. Il s’ensuit une légère correspondance par mail de 2 mois, tout l’été donc, jusqu’à une ‘engueulade’ entre nous deux après une mauvaise compréhension des désirs de chacun, fin de la correspondance. Et depuis… rien, nada, quedal.

Aujourd’hui, je suis comme ce type dans un avion, qui doit sauter en parachute et qui se trouve tétanisé devant la porte de l’appareil à 20 000 mètres d’altitude. Avec cette peur du vide qu’il lui bouffe les tripes et n’attendant qu’une chose, qu’on lui donne un bon coup pied dans le c.. pour sauter. Il se sait pourtant qu’il va prendre son pied à « sauter », il sait aussi qu’il y a des risques de plantage. Mais ce n’est pas de çà qu’il a peur, il juste peur de ce vide, cet inconnu. Peur du saut uniquement.

C’est dingue, après tous ces échecs j’en suis à me demander comment une femme me perçoit, gros, petit, moche, laid? Je n’en sais absolument rien. Je suis bien conscient de ne pas avoir le physique de Brad Pitt mais je ne crois pas non plus, enfin j’espère, avoir le physique de Quasimodo. Je ne peux pas m’empêcher de m’interroger. FIN

La guerre des sexes

Par Gauthier

Nina nous a pondu hier un très bel article sur les méandres de la psychologie masculine. C’est de bonne guerre. Elle conclut par ceci « parce que, finalement, ce que l’on prend pour une incompatibilité entre les sexes n’est ni plus ni moins que deux personnalités différentes qui se rencontrent ». Et bien moi je dis non ! Pourquoi ? Mais je m’en vais vous l’expliquer. Avant de commencer, je rappelle que je n’ai aucun diplôme de psychologie et que tout ceci est uniquement la conséquence de mon vécu et de mon ressenti.


Passons outre le fait que naturellement deux personnes qui se rencontrent ont du mal à se comprendre. Il faut passer par un long travail d’apprentissage de l’autre, je suis entièrement d’accord avec cette affirmation. Bien entendu ça ne vient pas uniquement de la différence de sexe, j’ai du mal à comprendre les hommes, alors que je suis pénissalement équipé (oh il me plait ce néologisme !!!!). Mais revenons à nos moutons.

L’homme a changé, pour plusieurs raisons, mais surtout parce que la femme a changé avant lui. Je suis un féministe convaincu, par moment je suis plus féministe que les femmes. Certaines de mes amies me hérissent le poil quand elles me disent « c’est une salope, elle couche avec tout le monde », moi aussi je couche avec tout le monde, « mais toi c’est pas pareil t’es un mec ! ». ET ALORS ???? Oui bon je me bats à mon niveau pour faire avancer les choses, même si je suis d’accord avec vous, ça semble plutôt futile…

Aujourd’hui les femmes travaillent, sans l’accord de leur mari (et seulement depuis 1967 ou 1969, là j’ai un trou, j’avoue), elles peuvent avorter, elles élèvent seules des enfants, elle sont carriéristes, elles peuvent même se présenter à l’élection présidentielle en étant crédible (n’est ce pas Madame Royal ?). Bref que de chemin parcouru en un demi-siècle d’émancipation du « sexe faible » ! Oui « sexe faible », c’est bien là que réside le problème. Parce que si tout le monde se réjouit de l’évolution de nos sociétés occidentales, les préjugés et les stéréotypes sont coriaces. Je ne vous referais pas ici le cours de communication sur les préjugés et les stéréotypes que j’ai eu le bonheur de suivre cette année. Tout ce que je vais vous dire c’est que l’image que nous avons des femmes (tout sexe confondu) dans la société actuelle ne représente plus la réalité. Pourquoi doit-on s’extasier devant une cadre sup’ qui allie parfaitement une vie de famille (trois enfants) et un salaire annuel supérieur à 50 K€ ? « Quelle femme « ! ». Je ne vois pas où il est impossible pour une femme de réussir ça ! Je ne vois pas pourquoi je devrais être admiratif, elle a travaillé, elle a réussi. Point barre ! Ah mais oui bien sûr c’est une femme, le « sexe faible »…

Alors que se passe-t-il concrètement chez les mâles ? Et bien ils changent aussi. Combien de magazines de société ont consacré des unes à ces « hommes nouveaux », à « l’homme beau », ou au « métrosexuel » ? L’homme assume son corps, assume ses faiblesses, et surtout il assume sa « féminité ». Aujourd’hui quoi de plus naturel qu’un homme de 30 ans qui passe deux fois par semaine dans un club de gym, qui met des crèmes de jour, et qui assume pleinement d’avoir un jour recours à la chirurgie esthétique. Et je ne parle pas que des stars de cinéma ou des hommes politiques, non, toutes les csp sont concernées. Mais surtout ce qui change c’est son rapport à la femme, à l’autre sexe, à cet ex « sexe faible » que l’on ne comprend plus.

Mes parents sont nés dans les années 50, bien qu’ils soient de la génération post-soixante-huitarde, ils sont relativement conventionnels. Par exemple ma mère s’est mariée, elle a eu deux enfants, elle a arrêté de travailler, et elle a consacré sa jeunesse à nous élever, mon frère et moi. Par la suite elle a repris un travail « quand nous sommes devenus assez grand », comme elle nous dit. Et il y a 4 ans lors d’un déjeuner, elle m’avoue ceci :
– Tu sais je ne suis pas heureuse avec ton père !
– Tu veux divorcer ?
– Non… (gros blanc) Je me suis mariée jeune, je vous ai eu jeune, je suis très heureuse de vous avoir tous les deux, mais avec ton père ça ne se passe pas bien.
– Je ne comprends pas pourquoi tu restes alors !
– Je ne suis pas heureuse, mais je ne suis pas malheureuse, ton père est gentil, il subvient à nos besoins, si j’étais malheureuse je partirais, si je tombe amoureuse de quelqu’un d’autre je partirais.
– Tu n’es plus amoureuse ?
– Je ne le suis plus depuis que j’ai 17 ans…
Pour l’histoire ma mère a rencontré mon père à 16 ans, elle s’est mariée à 18, et à l’heure actuelle ils sont toujours ensemble.

J’ai mis longtemps à comprendre pourquoi elle restait, à présent je suis assez grand pour supporter le divorce de mes parents, mon frère aussi, alors pourquoi ? Parce que ma mère estime que sa place est auprès de mon père, de même que mon père ne pourrait pas vivre sans sa femme. C’est un compromis, une sorte d’accord qu’ils ont passé tacitement, tant que ça tient, ça tient. Qui à l’heure actuelle se verrait dans ce genre de situation ? Quelle fille de mon entourage verrais-je faire ça ? Franchement personne !

Les femmes ont changé, et les hommes aussi. Maintenant le fond du problème est le suivant : messieurs, ces dames n’ont plus besoin de vous. Une femme aujourd’hui a envie d’un mari, elle a envie d’avoir des enfants, elle a envie de réussir sa vie professionnelle. Mais elle n’a plus besoin d’un mari pour exister, elle n’a plus besoin d’être mère pour être reconnue. Là réside le fond du problème, les relations ne peuvent plus être les mêmes quand on remplace le besoin par l’envie. Alors on cherche des solutions pour se comprendre, pour pouvoir s’aimer comme se sont aimées des générations avant nous. Mais l’amour n’est qu’une illusion, on ne peut plus reproduire ce que faisaient nos aïeux, pourtant on s’y accroche.

Outre les changements dans les mentalités des deux sexes, ce sont les changements dans leurs rapports qui vont encore faire couler beaucoup d’encre. Surtout en France où nous sommes si cartésiens, et où tout semble décorticable et compréhensible pour peu qu’on veuille vraiment comprendre. À mon sens, le vrai défi de ce siècle naissant n’est pas de percer les mystères de la psychologie, mais de savoir comment nous allons interagir. De là découle une nouvelle conception du couple, de l’amour, et, bien entendu, de la famille.