Episode 20

Maria jeta un coup d’œil furtif autour d’elle. Quand elle se fut assurée qu’il n’y avait personne, elle sauta dans la pièce. Elle se trouvait dans
les entrepôts à l’intérieur de l’ange Est, qui servaient à stocker les vestiges des civilisations passées en attendant l’ouverture du Musée municipal qui ne verrait probablement jamais le jour.
Les gens voulaient oublier le passé et étaient résolument tournés vers le futur. D’après ce qu’Oceany lui avait dit, il suffirait de faire exploser ces quatre statues pour faire disparaître la
ville, rien ne serait plus facile. Elle avait toujours été douée pour les explosifs et elle avait fabriqué quatre bombes de forte puissance télécommandées à distance, plus une moins importante
mais qui ferait quand même pas mal de dégâts qu’elle poserait sous la salle de réception. Puis elle la programmerait pour qu’elle explose en premier, pour être certaine que ses sales élitaires
crèveraient avant les autres.

Elle se dirigea vers un mur, accrocha sa bombe grâce à un système de ventouse et entra un code pour l’activer : à présent, personne ne pourrait
l’enlever sans tout faire exploser. Elle n’avait plus qu’à appuyer sur un bouton pour tout faire sauter. Elle les avait tous devancés ! Un agréable sentiment de victoire et de vengeance
l’envahit : elle avait eu le dessus sur Oceany, ce qui prouvait que le prestige ne pesait pas lourd dans la balance, seule la combativité et le courage comptait. Pourtant, elle avait un peu
peur pour Juan, mais elle ne pouvait pas le prévenir. Si elle lui avouait ses projets, il allait mettre en garde Oceany et elle refusait de faire quoi que ce soit pour la sauver. Elle devait
mourir avec les autres élitaires. De toute façon, elle n’avait jamais été de leur côté, elle les avait rejoint juste pour assouvir son besoin de dominer et contrôler les plus
faibles.

Elle ressortit de la pièce et enfourcha la moto qu’elle avait volée quelques jours plus tôt à la police, puis fonça en direction des sommets.
Avant de quitter le groupe de rebelles, elle avait pris soin de prendre un passe pour les sommets qu’Oceany avait volé, elle avait su que ça lui serait utile et elle ne s’était pas trompée.
Heureusement, elle avait bien écouté Juan quand il lui avait raconté son expédition à cette fameuse salle et elle se souvenait parfaitement du chemin, ce qui lui fit gagner un temps précieux.
Elle mit son engin en mode lévitation et grimpa sur le balcon, comme l’avaient fait Oceany et Juan tantôt, puis elle trafiqua la serrure pour entrer. Elle était aussi forte que sa pire ennemie en
informatique et technologie, si bien qu’elle avait pu, elle aussi, fabriquer son propre passe, ce qui lui fut très utile. Elle entra dans la pièce et resta un instant à étudier le lieu :
c’était très beau, ces grandes baies vitrées et ses peintures au plafond, une excellente copie des œuvres de Michel Ange à la chapelle sixtine. Elle avait toujours aimé l’art et ne put s’empêcher
d’admirer la fresque pendant quelques instants. L’imitation était si parfaite, quel travail admirable !

Elle fut interrompue par un bruit qui la fit sursauter : il devait y avoir quelqu’un près d’ici, elle ne devait pas s’attarder. Elle s’avança
vers la porte d’entrée quand celle-ci s’ouvrit brutalement et une vingtaine d’agents-robots fondirent sur elle. Elle resta un court instant immobile, paralysée par la surprise et la peur, puis
elle prit ses jambes à son cou. Mais ils la rattrapèrent facilement et, malgré sa lutte acharnée pour échapper aux griffes des policiers, elle ne put s’échapper. Ils la poussèrent vers l’entrée
où se tenait un homme brun, très séduisant, vêtu d’un grand manteau en cuir et d’un jean noir. Il se pencha vers elle et prit le menton de sa prisonnière entre ses mains et attira ce joli visage
vers le sien.

« En voilà un joli oiseau, il égaiera un peu ma cage. Amenez-la à la Mairie et enfermez-la, M Oxford l’interrogera demain.

– Lâchez-moi, sale enfoiré.

– Voyons, que ces mots sont laids quand ils sortent de votre jolie bouche. Gardez plutôt votre salive pour demain, vous en aurez besoin. Allez-y,
amenez-la, elle me fatigue.

– Salaud ! Tu vas payer, je te le jure, je vais éclater ta sale gueule de frimeur !

– Tsss ! Plus elles sont jolies, plus elles sont vulgaires. »

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Chapitre 14
 

            Oceany posa sa tête sur le torse de son compagnon et regarda par la fenêtre. Le
ciel s’éclaircissait et le soleil n’allait pas tarder à se lever. La nuit lui avait paru si courte, elle était étonnée de voir qu’il était déjà si tard.

Ethan bougea légèrement et le changement de sa respiration lui indiqua qu’il venait de se réveiller, mais elle ne bougea pas. Elle était si bien près
de lui, elle aurait aimé y rester pour toujours. Il passa son bras autour de ses épaules et lui caressa doucement la peau nue de son avant-bras.

« Bonjour, fit-il. Bien dormi ?

– Peu mais bien. C’est étrange.

– Quoi ?

– De me réveiller à tes côtés, je n’aurais jamais cru ça possible. Il y a quelques temps, je te considérais comme un ennemi et
maintenant…

– Oui, c’est vrai, la vie nous réserve de drôles de surprises. Neve serait folle de jalousie si elle savait que j’avais partagé mon lit avec un des
meilleurs partis de la ville.

– Ah, Neve…toi, tu es fiancé avec elle, moi je vais l’être avec Mark et on ne peut rien faire pour changer ça, alors que ça nous emmerde tous les
deux. Tu imagines, si on était nés 20 ans plus tôt, on aurait pu s’aimer tranquillement, avoir une jolie maison près de l’océan et se prélasser sur la plage… Alors que là, on ne peut plus voir
l’océan qu’à l’horizon et les rayons du soleil sont déviés par cette sale vitre géante pour éviter l’effet de serre. Tu t’es déjà baigné dans l’océan ?

– Oui, quand j’étais gosse.

– Moi, j’ai jamais pu : pendant la guerre, on se terrait dans des camps éloignés de la mer en cas de débarquement aquatique et après, l’eau
était polluée par le virus, c’était trop risqué. Maintenant, je sui sûre que les germes sont morts et qu’on pourrait se baigner sans risque, mais on ne peut pas sortir de cette foutue ville.
Oxford veut pouvoir nous contrôler en permanence. Que nous reste-t-il ?

– L’amour.

– Même pas. Si je ne t’avais pas rencontré, je n’aurais jamais su ce qu’était l’amour ; tout le monde reste chez soi, les ordinateurs nous
apportent tout ce dont nous avons besoin, plus personne ne sort et si on ne sort pas, on ne peut pas rencontrer l’amour. Nous ne sommes plus que de pauvres âmes solitaires, c’est horrible. Je ne
veux pas qu’Oliver grandisse dans cet univers, sans amis, isolé dans son coin et je ne veux pas…que ma mère finisse sa vie ici, je veux partir avec elle voir l’océan.

– Réussirons-nous ?

– Il le faut, je dois le faire pour ma mère et mon frère, tout ce que je fais, je le fais pour eux.

– Moi, maintenant, je me battrai pour toi. Je veux que tu vois l’océan et nous irons nous baigner tous les deux, je te le jure. »

Elle ne répondit pas, touchée par cette déclaration. Ce matin resterait sans doute l’un des plus beaux de sa vie, tout annonçait que le bonheur était
à portée de main. Comme pour être le témoin de la promesse qu’Ethan venait de lui faire, le soleil apparut au-delà des immeubles et ils le regardèrent s’élever en silence, jusqu’à ce qu’un des
rayons vint frapper la bulle de verre et les éblouit.

 « On ne peut même plus regarder un lever de soleil sans risquer de devenir aveugle, c’est atroce, gémit-elle.

Courage, on trouvera un moyen de sortir de là, promis. Comme ça, on pourra aller prendre un bain de minuit dans le pacifique, tous les
deux !

– C’est malin !  »

Elle attrapa un oreiller et lui jeta à la figure, ce qui le fit rire. Il n’hésita à riposter, donnant le coup d’envoi d’une joyeuse bataille
d’oreiller qui stoppa quand ils n’eurent plus de munitions. Alors le jeune homme plaqua son adversaire sur le matelas et lui administra son arme secrète pour la faire capituler : un baiser
fougueux qui fit totalement fondre sa partenaire.

—–

            Kelly entra dans le bureau de son mari et l’observa un instant : il était
plongé dans la contemplation de sa ville et semblait béat. Quel crétin ! Il s’imaginait qu’ils étaient tous à ses pieds, mais il n’était qu’un pantin et elle avait hâte de se débarrasser de
lui. Mais le grand patron n’était pas d’accord avec elle : Oxford avait encore toute son influence et sa popularité, personne ne voulait le voir quitter son poste hormis un minuscule groupe
de rebelles. Et tant qu’il en serait ainsi, il resterait à sa place.

Il se retourna et appuya sur un bouton pour stopper la rotation de son bureau. Il adressa à sa femme d’un œil lubrique qui l’écœurait plus que tout.
Il la dégoûtait de plus en plus et c’était une véritable corvée de partager le même lit que lui, mais elle n’avait pas le choix. Quitter Bill revenait à signer son arrêt de mort.

« Kelly ? Je suis étonné de te voir ici. Tu veux quelque chose ?

– Oui : je veux assister à l’interrogatoire de la rebelle. Après tout, c’est grâce à mon plan qu’on l’a arrêtée, je veux savoir ce qu’elle va
dire.

– Oh…pourquoi pas, après tout ? De toute façon, quoi qu’elle dise, elle sera exécutée, je ne vois pas en quoi ta présence serait
gênante.

– C’est ce que je m’étais dit et… »

Elle n’eut pas le temps de finir qu’une douce sonnerie retentit, indiquant que quelqu’un voulait monter. Bill appuya sur un bouton et le visage de
ses visiteurs, en l’occurrence Bryan accompagné de la rebelle et d’une demi-douzaine d’agent-robots, apparut sur l’écran de son ordinateur ; il tapa sur autre bouton pour ouvrir la porte,
les autorisant ainsi à entrer, ce qui fit doucement ricaner Kelly. Son cher époux adorait ce genre de gadget totalement inutile, puisqu’on entrait dans son bureau comme dans un
moulin.

La petite troupe fit irruption dans le bureau et Bryan força la prisonnière à s’asseoir dans un fauteuil, où deux robots la menottèrent pour éviter
qu’elle s’échappe. Elle leva les yeux vers le couple le plus important de la ville et les défia du regard, croyant encore qu’elle allait s’en sortir, ce qui plut à Kelly. Elle n’aimait pas les
faibles et préférait triompher sur ceux qui avaient de l’énergie à revendre. Or cette femme semblait avoir un tempérament ardent. Bill, de son côté, remarqua la beauté de ses traits et il se
demanda un instant comment une femme aussi esthétique pouvait être une rebelle, une incarnation du mal alors qu’elle aurait pu faire un superbe modèle pour une statue de la madone. D’ailleurs,
quand elle serait morte, il ferait sculpter une statue à son image représentant la vierge, il mettrait cette œuvre dans son bureau comme symbole de son pouvoir illimité.

« Alors, mademoiselle, on vous a surprise dans la salle de réception de la ville en possession d’une bombe. C’est ce qu’on appelle du flagrant
délit, commença Bill.

– Appelez ça comme vous voudrez, vos beaux discours ne m’impressionnent pas.

– Je vois. Alors, mademoiselle…quel est votre nom ?

– Qu’est ce que ça peut vous foutre ?

– Elle s’appelle Maria Ramirez, elle vit dans les plus bas étages. C’est une exclue, indiqua Bryan.

– Vous avez trouvé ça tout seul où on vous a aidé ?

– Quel tempérament ! Je suis impressionnée, annonça Kelly. Vous deviez être un précieux atout pour votre groupe de rebelle, dommage que vous
ayez été capturée.

– J’agis seule.

– J’ai du mal à vous croire, excusez-moi. Si nous faisions un marché, Mlle Ramirez ?

– Je ne traite pas avec des ordures de votre genre, surtout quand il s’agit d’une pauvre potiche.

– Donnez-nous le nom de votre chef et nous vous relâchons.

– Kelly…

– Laisse-moi faire, Bill, je sais très bien ce que je fais. Alors ?

– Je vous ai déjà dit que je travaillais seule.

– Vraiment ? On a trouvé sur vous le passe d’une certaine Mme Margaret Thornton. Or ce passe a été volé lors d’une réception dans cette même
salle où on vous a arrêtée, hier soir. Comment vous l’êtes vous procuré ?

– Vous l’avez dit vous-même : je le lui ai volé.

– Vous n’avez pas pu avoir accès à cette salle, l’entrée était scrupuleusement surveillée et si vous avez ce passe maintenant, c’est que vous
n’en aviez pas avant. Sinon vous n’auriez pas pris le risque insensé de vous balader parmi les membres de l’élite pour voler ce malheureux passe. Vous ne pouvez pas être seule.

– Je n’étais pas seule, à l’époque, c’est vrai, mais c’est le cas maintenant, foutez-moi la paix.

– Alors, dites-nous qui était l’élitaire qui vous a fourni ce passe et on vous relâche.

– Allez vous faire foutre, sale blondasse. »

Kelly toisa son adversaire du regard et lui colla une gifle. Elle ne supportait que cette exclue, cette moins que rien lui tienne tête, mais elle
allait le payer très cher. Elle allait mourir pour cet affront.

« Tous vos efforts auraient été vains, de toute façon, Mlle Ramirez. La fête aura lieu au Théâtre municipal et non pas à la salle de réception.
Nous avons fait exprès de donner de mauvaises informations pour piéger les rebelles en mal d’attentat et pour éviter tout risque d’explosion. Et grâce à vous, nous pourrons ajouter une nouvelle
attraction à cette soirée qui s’annonce déjà follement amusante.

– Grâce à moi ? Qu’est-ce que vous voulez me faire ?

– Vous exécuter publiquement. Alors, vous ne voulez toujours pas parler ?

– Non et quand mon petit feu d’artifice explosera, je serai heureuse de vous retrouver en Enfer.

– De quoi parlez-vous ? s’inquiéta soudain Bill.

– J’ai installé quatre bombes trois fois plus puissantes que celle que je voulais faire exploser à votre réception à la base des quatre piliers. Une
fois que les piliers auront sauté, Technopolis sera réduite en poussière.

– Comment savez-vous ça ?

– J’ai mes sources. Le premier qui les touche les fera exploser, c’est ennuyeux, non ? La seule façon de les désamorcer est d’entrer le code
d’accès et je suis la seule à le connaître.

– Et alors ? Si vous ne les déclenchez pas, elles n’exploseront pas, rétorqua Kelly.

– N’en soyez pas si certaine, starlette de pacotille. Je les ai programmées pour qu’elles explosent une semaine après la réception, au cas où il
m’arriverait quelque chose. Et si vous avez le malheur d’entrer le mauvais code d’accès, ça vous explosera à la figure. Nous sommes tous morts. »

Elle défia une nouvelle fois Kelly du regard, puisque ça ne se passait plus qu’entre elles, à présent et un immense sourire se dessina sur son
visage. Elle allait peut-être mourir, mais ils la suivraient tous en enfer, en particulier cette blonde qui tirait toutes les ficelles. C’était elle, le véritable ennemi et non pas Oxford qui
semblait totalement soumis à sa belle. Elle aurait peut-être pu sauver sa vie en dénonçant Oceany et même Wadeker, mais elle n’était pas une traîtresse. Elle avait trop de fierté pour s’incliner
devant ces pontes et, surtout, Oceany n’était pour rien dans cette histoire et les survivants expliqueraient que c’était elle, Maria Ramirez qui les avait sauvés de cette ville maudite. Elle
passerait pour une héroïne martyr, il lui avait bien pire comme mort.

La dénommée Kelly jeta un regard à l’homme de main d’Oxford et quitta le bureau. Le jeune homme ordonna aux robots de la ramener dans sa cellule et
s’éclipsa à son tour. Ca ne l’étonnerait pas si ces deux-là trafiquaient quelque chose ensemble.

Tous les soirs, je me fais une petite……

Mercredi soir, j’ai fait une soirée blog avec plein de gens connus : Gauthier (of course), 7h48, Cham, Wil, le Maniac et Eguemarine. En fin de repas, miss Rouquine est arrivée, accompagnée de Sylvain. On discute un peu de tout et à un moment, elle me dit : « en ce moment, sur ton blog, tu parles pas de toi. » Je lui fais remarquer que j’ai pas grand-chose à raconter de passionnant mais elle insiste. Donc si vous trouvez cet article chiant, vous savez à qui vous en prendre (quelle vilaine lâche, je suis !).

Bon, que fait une Nina en ce moment ? Le matin, la Nina est tirée de son sommeil par un réveil crachant les programmes du Mouv. Parfois, la Nina ne l’entend pas de suite, ce foutu réveil, et émerge plus tard. Il y a des jours aussi où ses gentils patrons l’appellent plus tôt, genre à 8h-8h30 (mon réveil est à 9h) donc la Nina est réveillée par le téléphone, ce qu’elle n’aime pas. C’est agressif un téléphone, ça fait des sonneries super moches et ça fait sursauter notre pauvre Nina qui a l’impression qu’elle va clamser d’une crise cardiaque.

Une fois debout, la Nina va dans la salle de bain pour diverses émulsions. Ensuite, elle enfile une culotte et son paréo, elle va ouvrir les volets, nourrit Kenya et prépare son petit déjeuner : cappucino et biscuit. Si vous voulez tout savoir, en ce moment, c’est bichoco au chocolat, justement. Tandis que le cappucino chauffe dans le micro-ondes (oui, lait et plaques électriques, c’est pas top comme mariage), elle se connecte au blog pour mettre l’article du jour, répond aux comms, lit ses mails et ses blogs préférés (liste sur le côté). Donc une heure plus tard à peu près, elle daigne enfin se mettre à bosser.

Alors, que fait-elle ? Le lundi et le jeudi, c’est revue de presse donc consulter la presse en ligne et récupérer tous les articles sur les 18-35. Des fois, ça fait beaucoup et d’autres, pas du tout. Une fois les articles collectés, elle les imprime, les lit avec son stabilo magique pour souligner ce qui est important puis elle rédige sa revue de presse. Elle la met ensuite sur l’éditeur du site et prévient ses boss que c’est prêt à la lecture. Les autres jours, la Nina rédige des articles sur des sujets parfois intéressants et d’autres qui lui prennent franchement la tête. Par exemple, la Nina a eu beaucoup de mal à rédiger son papier sur l’influence du territoire sur le parcours scolaire. Peut-être parce que Nina déteste le déterminisme. La Nina prépare parfois aussi des interviews, bosse sur un dossier de presse, essaie de répondre aux 38 mails qu’elle reçoit et essaie de comprendre ce qu’on lui dit vu qu’une fois sur deux, une des personnes a oublié de cliquer sur « reply to all » et qu’il manque des bouts de conversation.

Mais bon, la Nina est journaliste donc un peu feignante. En journée, outre son boulot, elle :

– fume
– mange chez elle ou sort rejoindre Gauthier
– fait une sieste

– va faire ses besoins et en profite pour faire une petite grille de sudoku

– se bat avec Kenya qui a décidé que, si, elle dormirait sur le clavier

– boit, beaucoup, du taillefine fizz ou de la menthe à l’eau (que je suis subversive quand même)

– parle aux gens sur MSN

– répond aux comms sur son blog et va en poster sur ceux des autres

– écrit pour son blog
– répond au téléphone quand Gauthier ou Mister Big appellent
– fait la vaisselle
– va faire des courses
– mate Lost (enfin, quand ça passait)
– prend une douche
– va fumer dans la cour de son immeuble pour aérer Kenya
 

Le soir, la Nina glande. Ou sort, ça dépend. Elle peut regarder la télé ou s’endormir devant ou parler sur MSN avec des gens qui sont parfois de charmants mâles. Quand il est l’heure d’aller au lit, elle éteint l’ordi et la télé si elle la regardait puis va prendre une douche délicieusement tiède, se lave avec du savon qui sent bon et, un soir sur deux, se lave les cheveux avec nutri gloss, le shampoing qui rend ses cheveux trop beaux et trop doux. Oui, il faut savoir qu’en ce moment, la Nina tripe sur ses cheveux, faut pas lui en vouloir. Puis après s’être lavée la frimousse et les dents et appliqué sur son corps un lait hydratant autobronzant qui est censé ne pas laisser de traces (et c’est quoi la sale trace marron que j’ai sur le bras, hein ?), la Nina va se faire une petite… grille de sudoku pour se détendre avant de dormir. Tout ceux qui ont pensé à autre chose sont des pervers (ce qui ne veut pas dire que je ne me fais jamais de plaisirs solitaires mais bon, on a dit que c’était un article chiant donc on reste dans la lignée).

Une vie monotone, certes. Mais la Nina ne se plaint pas. La Nina est contente de se lever le matin avec une raison de le faire. La Nina a des projets sur le feu et pas des moindres mais ne peut en parler. N’empêche que ça la rend heureuse. La Nina aime bien son stage parce qu’elle travaille sur un sujet super intéressant. La Nina a des amis, aussi, c’est ça qui compte. Elle les voit des fois, leur parle souvent, rit avec eux… Je vous cite quand même une sublime phrase de mon Gaugau adoré alors que je lui expliquais que j’avais des ampoules plein les pieds : « oh, moumour, tu es la Tour Eiffel des pieds ! ». Yes, j’ai réussi à la placer ! Oui, des fois, le train train, c’est pas si mal.

La schizophrénie de la femme des années 2000

En tant que jeune femme des années 2000, je vis dans un bain médiatique permanent. Même si je ne lis pas tous les journaux, en particulier féminins, sans doute parce que j’ai pas que ça à foutre non plus. Mais ça n’empêche pas que les titres me sautent aux yeux. « Comment atteindre l’orgasme à coup sûr », « coucher n’est pas sale », « la vérité sur mon point G », « pourquoi il ne faut pas coucher le premier soir », « le sexe, c’est surfait », « coucher, c’est sain »… Bon, ben si je deviens pas schizophrène avec tout ça…

 sexe-magazine

Dans le livre d’Anne Steiger, la vie sexuelle des magazines (promis, je vais pas vous saouler 3 mois avec, je suis en train de lire profession stagiaire, je vais vous emmerder avec ça, à la place), la jeune femme met parfaitement en lumière cette espèce de schizophrénie. D’abord, selon les titres, on me parle soit de sexe et de ma misère amoureuse, soit d’histoires de couples. On parle drague, séduction, on dit qu’il faut oser mais pas trop, qu’on peut coucher le premier soir sauf si on veut que ça dure (jamais compris cette théorie). Moi, j’ai du mal à dire dès le premier soir si je veux que ça dure ou pas. Donc voilà, on nous bourre le mou avec l’échangisme, la sodomie, le triolisme, l’amour à la plage, dans la mer, au camping, dans la voiture, à l’hôtel, dans un champ, sur une pelouse, dans une piscine… Et là, on vient m’expliquer que l’abstinence, finalement, c’est top. Si je pouvais m’abstenir de coucher dans tous les lieux sus-nommés et même dans un lit. Il faut pas le faire ! D’abord, si je peux garder ma virginité pour the only one, ce serait mieux.

Bon, j’ai jamais fait ma vie rapport aux magazines mais voilà, on nous dit de coucher avant de nous expliquer qu’être vierge, finalement, c’est mieux. Messieurs dames des magazines, tout d’abord, je tiens à vous informer que la virginité, ça repousse pas. On peut se faire recoudre l’hymen mais j’en vois pas l’intérêt. Et puis je veux bien me réserver pour the only one mais je le reconnais comment. Ah, bon, y a bien quelques magazines qui m’expliquent mais ça marche pas, leur truc. Moi, quand je crois le reconnaître, ben, c’est pas lui. Par contre, je sais très bien reconnaître celui qui ne fera que passer mais s’il me plaît, je vais pas me priver.

Au-delà du diktat des magazines que je ne suis pas, on en revient toujours au même problème : il faut être prude et pute en même temps. Non mais quelle schizophrénie ! Souvent, les hommes veulent la pute pour coucher, la prude pour se marier et se reproduire. Ok sauf que comme dit précédemment, moi, dès le départ, je peux pas savoir si c’est pour une nuit ou pour la vie. Enfin, si c’est un plan cul, si, je le sais, mais si on forme un couple, comment savoir ? Dois-je attendre le moment X avant de sauter le pas ? Si ça dure longtemps, ça
posera pas de problèmes mais si c’est une liaison courte, ça me fera chier de pas en profiter. De la même façon, à partir du moment où je veux faire ma vie avec un mec, ça veut dire que je n’ai plus droit à aucune fantaisie sexuelle ? Parce que je dois être la sainte épouse ? Non mais ça va, oui ? Ok, comme disait Olivier l’autre jour en comm, la sodomie n’aide pas à 
la reproduction mais bon…

 

Alors voilà, les magazines m’expliquent tout et son contraire. Outre ma vie sexuelle, ils me dictent la mode (qui change tous les mois, Seigneur !), ma coupe de cheveux (le problème, c’est que là aussi, on passe d’une brosse à des cheveux très longs en un mois), mon parfum, mes crèmes de soin, mes amis, mon boulot… Bref, toute ma vie est censée être régie par les magazines. Ils m’expliquent tout ce que je dois savoir sur mon propre corps. Que la sodomie est à la mode… Ah mais non, c’est le triolisme maintenant ! Et t’es pas allée en boîte échangiste ? Mais quelle oie blanche, tu devrais avoir honte ! Et puis tes bottes à talons, là… Mais ma pauvre fille, c’est d’un ringard. Ok, tu les as payées 140 euros le mois dernier parce que je t’ai dit de le faire mais la mode, ça évolue…

Des fois, je me demande si les magazines ne se sentent pas un peu ridicules de prôner un truc un mois et pile le contraire l’autre mois mais Anne Steiger analyse très bien l’évolution des titres de mois en mois, c’est proprement hilarant. En gros, c’était du : « tu dragues et tu chopes », mois suivant : « les premiers pas en couple », le mois d’après : « la routine s’installe » puis « comment le quitter » puis « un coup d’un soir, ça fait du bien » avant de revenir sur « comment trouver le bon ».

Seulement voilà, en vrai, ma vie ne suit pas les timing des journaux (comme si j’avais que ça à faire, tiens). Et puis, ça m’agace qu’on m’explique où est mon point G et comment me masturber (je vous ai pas attendus !), qu’il faut que je couche ou pas mais ça dépend si je veux que ça dure ou pas. Aujourd’hui, la femme est bombardée de modèles différents et incohérents, il faut être femme, mère, business woman, épouse, pute, amante, amie, dominatrice, soumise… Au secours, j’ai mal à la tête ! J’exagère ? Ben non. Aujourd’hui, une femme arrive pour postuler à un emploi, si elle approche de la trentaine, ça va faire tilt dans la tête du DRH : 30 ans = un bébé bientôt. Parce qu’une femme doit forcément être mère… Sinon, c’est un non-sens, une hérésie. Toutes les femmes rêvent de bébé, c’est génétique, on vous dit. Parce que ces journaux nous comprennent mieux que nous nous comprenons nous-mêmes. Toutes les filles sont
des salopes qui ont des pulsions. Ok, sauf les frigides mais rassurez-vous les filles, on l’aura toute notre orgasme, un jour. Donc voilà, on consomme du sexe mais au fond, nous sommes toutes des grandes romantiques qui n’attendons que notre Roméo et quand on l’aura, on sera fidèle… ou pas mais quand même si. Parce que c’est le bon, qu’on l’aime, qu’on veut vivre avec et même faire des
bébés. Mais bon, les magazines féminins, ça les emmerde un peu parce qu’à partir du moment où on se reproduit, on les abandonne pour des titres plus… moins… enfin, vous voyez quoi, moins pintades !

Bref, être une femme, c’est pas tous les jours facile, facile. Le plus simple ? Etre soi et se foutre de ce que nous disent ces foutus magazines.

Pilule or not pilule ?

Par TatianaBon finalement ma recherche n’a rien donné pour l’instant alors voici un petit interlude sur la contraception féminine et ses problèmes.

Oui vu que je suis une personne du sexe féminin j’ai un avis sur la question car je sais un minimum de quoi je parle. Cette idée m’est venue en parlant sur msn avec Nina du dit sujet. Parce que voyez vous moi j’ai un gros problème dans ma vie : je ne supporte aucune pilule. J’ai toujours quelques effets indésirables, alors du coup je change tout le temps. D’ailleurs mes amies à chaque fois me font « quoi ? encore ! tu changes de pilule tout le temps ». J’ai un peu tout testé comme type de pilule mais aucune ne me va. Pour moi la contraception ben c’est pas drôle, c’est même très chiant. Et je pense que je ne suis pas la seule. Combien de filles vous diront que la pilule les a faites grossir. Beaucoup pensaient avant que c’était un mythe mais pas du tout. Pareil, vous pouvez avoir la poitrine qui enfle (ça c’est le pire surtout quand ça devient douloureux), de l’acné alors que vous n’en avez jamais eu. J’en passe et des meilleures.


Deuxième chose la pilule ça coûte cher, ça peut monter jusqu’à plus de 30€ les 3 plaquettes. Je peux vous dire que ça revient cher à l’année, surtout si c’est pour vous faire grossir ou vous donner de la cellulite. Souvent c’est pour cette raison qu’en période de célibat prolongé on ne la prend plus, économies oblige. Mais déjà c’est pas top d’arrêter et de reprendre, et puis si on est comme moi flippée des moyens de contraception, genre deux précautions valent mieux qu’une, ben on arrête pas. De plus il faut quand même savoir que l’oubli de pilule c’est plus de 20 000 interruptions volontaires de grossesse chaque année. Il ne faut donc pas être étourdie.


Troisième chose, à part la pilule il n’y a pas beaucoup de moyens de contraception aussi fiable, ou alors ils restent chers. Déjà on a l’implant dans le bras, dit implant contraceptif. Mais là c’est très récent alors on est en droit de se demander si c’est vraiment bien, quels sont les effets secondaires etc. Certaines ont souvent leurs règles, d’autres pas (1)… En plus, certains et même pas mal de gynecos sont contre car il semblerait que l’intervention ne leur rapporte pas d’argent ou je ne sais quoi (oui c’est une amie dans la branche médicale qui m’a dit ça mais c’était y a quelque temps et ma mémoire me fait défaut). Alors ils vous décourage de le faire en disant que c’est dur à enlever après et tout. Autre moyen tout nouveau (je viens juste de lire ça sur le net) : l’anneau contraceptif. En fait c’est un anneau qu’on glisse comme un tampon dans le vagin où il libère l’équivalent d’une pilule minidosée pour trois semaines. Alors apparemment c’est très efficace mais ça reste cher vu que c’est quand même 15€ par mois. Après il y a d’autres moyens mais beaucoup moins fiables. Rappelons tout de même que le préservatif masculin serait moins fiable que la pilule (c’est pas moi qui le dit mais un site médical).


Finalement ils avaient peut être raison de prôner l’abstinence… (enfin euh ouais peut être pas quand même)

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(1) pour info, voici la liste des effets secondaires possibles avec un implant (source : site inertnet médical) : acné, perte de cheveux, maux de tête, vertiges, humeur dépressive, instabilité émotionnelle, nervosité, modification de la libido, baisse de l’appétit, douleur abdominale, nausée, flatulences, modification du poids, sensation de tension mammaire, vaginite, dysménorrhée, saignements irréguliers, symptômes pseudo grippaux, douleur, asthénie, bouffées de chaleur, douleur au site d’insertion, réaction au site d’insertion.
Ben ça fait flipper.

L’’amour, c’’est comme le travail

Comme je suis une intellectuelle qui cogite tout le temps, je ponds régulièrement de nouvelles théories qui ne servent à rien, si ce n’est à me rassurer. Samedi, en plein délirium tremens avec le Gauthier, j’ai donc eu une révélation. Pas un triptyque, non, non, une théorie que j’ai sortie à Gauthier d’une voix pâteuse avec un vocabulaire approximatif. Maintenant que j’ai décuvé, je développe.

Bon, pour commencer, petit retour sur ma vie professionnelle. En octobre, me voilà diplômée de mon master 2 de journalisme avec une mention « assez bien », ce qui me fait chier, j’aurais mérité la mention supérieure mais peu importe. Comme m’ont dit de nombreuses personnes qui bossent dans les RH, les mentions, on s’en tape. Ca ne sert qu’aux universitaires et moi, je suis sortie de ce système donc… Donc je ravale ma fierté et je laisse tomber ma déception. Là, je découvre les affres du chômage et de l’inactivité. Je réponds à plein d’annonces, jamais de réponses ou alors, elles sont négatives. Je passe des entretiens mais ça n’aboutit pas. On me fait des promesses mais ça n’aboutit toujours pas. Fin décembre, je suis au bord de la dépression, je pleure devant Requiem for a dream. Bon, il est bouleversant, ce film, ça aurait été flippant que je pleure devant The Mask ou une autre connerie mais quand même, je suis pas trop du genre à pleurer devant un film. En mars, je suis dans la phase du découragement. Gros coup de blues après avoir trouvé une annonce marquée « spéciale Nina Bartoldi », j’en ai déjà parlé dans l’article sur l’ANPE. Et là, aucune réponse. J’appelle et on me révèle que le poste est déjà pourvu. Là, je me mets à pleurer. Car pour moi, c’est très clair : je suis même pas foutu de décrocher un poste qui correspond EXACTEMENT à mon profil où les débutants étaient acceptés. Donc je m’en sortirai jamais. Et là, le miracle, alléluia ! On me contacte, mon profil intéresse. Je rencontre donc Frédérique et le beau Pierre-Cécil (alias le DRH choupinou) et me voilà en CDD de 3 semaines en temps qu’assistante de communication. Au bout d’une semaine et demi, je repars dans mon flip : « merde, je vais me retrouver au chômage, ça va recommencer ». La veille de mon départ de ce poste, je reçois pas moins de trois propositions de stage sans même avoir cherché. Je réponds à la première annonce qui me paraît emballante. Je réponds le jeudi, je suis en entretien dès le lundi, je débute le jeudi suivant : je les ai charmés en entretien. Normal, je suis la meilleure. Donc me voilà partie en stage jusqu’en septembre, quatre mois de répit. Et comme on dit « jamais deux sans trois », paf, une nouvelle proposition en or qui devrait m’assurer la tranquillité jusqu’en janvier 2007. Et vu le truc, je me fais plus de soucis pour la suite.

Il faut dire que niveau boulot, il n’y avait apparemment que moi qui m’en faisais, tout le monde (mes parents, ma sœur, Gauthier, Alex, Lucie, Anne…) me disait : « mais enfin, tu es super talentueuse, t’inquiète pas ! ». Ben, si, quand même. Finalement, ce sont eux qui avaient raison. Au temps pour moi !

Donc, de cette expérience, je tire une théorie à appliquer à ma vie amoureuse. J’ai galéré pendant six mois pour trouver du boulot mais cette expérience n’a pas été inutile, loin de là. Et j’ai également appris que tout vient à point à qui sait attendre. Je ne dois plus douter de mes capacités, je les ai prouvées moult fois sur le terrain. Pierre-Cecil fut très content de mon travail et les gars de l’asso m’ont couverts d’éloges ce week-end. Comme quoi, ce que je faisais était vraiment bien, que c’était d’un très haut niveau rédactionnel… En fait, je dois passer pour la nana hyper susceptible et sensible, vu qu’ils m’ont dit ça parce qu’ils me faisaient deux, trois remarques sur un article que j’avais fait. Or, c’est normal ! Ce sont quand même les chefs de l’asso, je publie rien sans leurs accords car je ne suis pas en charge de la ligne éditoriale, même si je suis une sacrée force de proposition.

Mais revenons à l’amooooooour. Tout ce que j’ai vécu depuis deux ans, ce n’est pas pour rien. C’est parce que le bonheur se profile peu à peu à l’horizon et que, quand il arrivera, je pourrai pleinement en profiter. Sans pour autant faire preuve de naïveté. Bon, dis comme ça, ça fait très « destin » et compagnie, c’est vrai. Mais bon, du coup, ça me permet d’être détendue à ce sujet, de pas me dire que le temps passe et compagnie. Ca viendra quand ça viendra. De toute façon, j’ai conscience que ça peut pas arriver maintenant parce que mon petit cœur est en réparation (ça prend du temps, pfffff !) et puis, je n’ai pas vraiment le temps de m’en occuper. Puis l’été est plus propice aux aventures qu’à l’amour, à mon sens. Bon, l’histoire me donnera peut-être tort mais là, je me sens pas l’âme amoureuse.

Bon, comme je disais plus haut, cette vision de la vie est un peu trop déterministe, un peu trop « c’est arrivé parce que ça devait arriver ». Effectivement, les choses n’arrivent pas nécessairement par fatalité. J’ai bien conscience que les choses ne tombent pas tout cuit dans le bec et qu’il suffit pas d’attendre pour que ça arrive. Ceci étant, si le boulot n’arrive pas tout seul (enfin, pour le coup, c’est quand même pas mal ce qui m’est arrivé même si j’ai quand même mis mon CV au bon endroit), en amour, même s’il faut se montrer opportuniste, rien ne sert de se montrer forcenée. Evidemment, si j’écume les lieux de rencontre, je vais remplir mon agenda mais bon, faut voir la qualité des relations que ça donne. Je suis du genre à croire qu’en la matière, le hasard fait bien les choses. J’ai prouvé mes qualités amoureuses par le passé, personne ne m’a quittée en disant que j’étais la pire créature qu’il ait rencontrée, bien au contraire. Donc voilà, je suis comme une jolie fleur qui sent bon (oui, je passe ma vie sous la douche en ce moment, ça aide) et quand j’aurai trouvé un bon jardinier, je me laisserai cultiver. Ca vous manquait mes métaphores pourries, hein ?

Donc voilà la nouvelle théorie tirée de mon délirium de samedi. Elle est peut-être fausse mais au fond, on s’en fout. Du moment que ça me permet de pas déprimer sur le sujet, n’est-ce pas là l’essentiel ?

Du sexe dans mon blog

En ce moment, je lis beaucoup. Je sais pas pourquoi, l’été, moi, ça m’inspire. Bref, je viens d’entamer (enfin, je l’ai fini, déjà…) « la vie sexuelle des magazines » d’Anne Steiger, un livre hautement passionnant, à mon goût. On y découvre un peu les coulisses des rubriques sexo de pas mal de journaux, les bidonnages et tout ça. De là, j’en viens à étendre la réflexion au blog.

 En-amour-les-femmes-ont-elles-change

Depuis le départ, ce blog parle de sexe et puis aussi d’amour mais bon, faut être honnête : en un an, j’ai eu beaucoup plus de sexe que d’amour. Je ne me plains pas, il y a une époque où je me sentais pas d’humeur amoureuse. A nouveau, je me sens pas prête à parler d’un « nous » hypothétique parce que mon pauvre petit cœur a besoin de se soigner mais là n’est pas le sujet de l’article. Donc on a parlé de pas mal de choses, ici, des préliminaires à la brouette. Ceci étant, suis-je prête à tester des trucs rien que pour remplir mon blog ? Vais-je écumer les annonces pour trouver des partenaires de triolisme ou me rendre dans une boîte échangiste juste pour remplir mon blog ? Niet.

 

Dans le livre, Anne dresse plusieurs portraits des journalistes sexo, certains se contentant d’explorer pour faire un article commandé par le rédac’ chef, d’autres militant
ardemment pour un sexe libéré. Par exemple Agnès, journaliste SM revendicatrice, qui crache au passage sur la gueule des Catherine Millet ou Breillat qui véhiculent une sale image de la femme (suis rassurée de voir que je suis pas la seule à penser ça). Moi, je suis pas payée pour écrire mon blog (hélas) donc je ne vois pas l’intérêt de franchir une quelconque ligne de conduite juste pour attraper des lecteurs de plus. Pour les lecteurs les plus anciens et les plus fidèles, vous aurez constaté que si je parle des hommes que je côtoie, je ne parle que rarement des brouettes en elles-mêmes. Et, d’ailleurs, plus je tiens à un mec, moins j’en dis. Non pas qu’il y ait rien à raconter (hihihi !) mais j’ai pas envie de partager ces moments-là avec une autre personne que le jeune homme en question. Ce n’est pas tant une question de pudeur qu’une question de respect, je crois. Et puis même, je suis pas sûre que les lecteurs soient ravis de savoir qu’on a fait l’amour de 15h17 à 15h49 et qu’après des préliminaires riches en jouissance, on a entamé le coït par un sage amazone avant de se retrouver on ne sait trop comment en levrette… Bon, à part les trois du fond qui se paluchent en fantasmant sur Nina, on s’en fout. Et puis d’abord, on se paluche pas en pensant à moi sans autorisation, non mais !

 

Bref, en lisant ce livre, je me suis demandée où était ma ligne rouge. En tant que personne puis en tant que blogueuse. Vais-je aller dans une boîte à partouze juste pour dire
« ouais, moi, je suis une femme libérée, j’ai couché avec plus de 5 mecs en même temps ! ». Bon, je vois pas ce que ça pourrait m’apporter sur le plan humain. Si un jour, l’envie m’en prend, why not ? Mais bon, pour l’heure, c’est pas à l’ordre du jour. Et faire les choses juste pour me donner une image de nana libérée trashy, bof. Mais vraiment bof, j’en vois pas l’intérêt. Je m’en fiche pas mal de pas faire comme les icônes trashs de la littérature ou autre. L’échangisme est à la mode ? Je l’ai jamais suivie, moi, la mode, je vois pas pourquoi ça changerait aujourd’hui. Je ne fais les choses que parce que j’en ai envie, ça me permet de me regarder dans la glace sans rougir.

 

Voilà pour la personne. Maintenant pour le blog. Bon, ici, on parle clairement de sexe et parfois de façon assez « poussée » mais toujours en respectant une certaine
limite. Y a des fois où je me demande : « mais si tu faisais ça, en parlerais-tu ? ». Je crois que tout dépend du ça et avec qui, si ça a changé quelque chose dans ma vie ou pas. Comme tout le monde, j’ai des fantasmes, j’en parle parfois sur le blog. J’ai parlé par exemple du triolisme, mais c’est aussi parce que c’est un fantasme assez partagé et qu’il est intéressant de voir ce que les gens en pensent et, s’ils l’ont vécu, ce qu’ils en retirent. Ceci étant, si j’avais une telle expérience, est-ce que j’en parlerais ici ? Et pourquoi ? Pour faire ma nana libérée qui va au bout de ses fantasmes ? Tant que ce n’est pas fait (si tant est qu’un jour ça se fasse), je ne sais pas. Je crois que si je le fais avec un mec auquel je tiens beaucoup, j’en parlerai pas. Parce que quand j’aime, je partage pas, surtout pas les souvenirs communs. Et puis même, comment en parler ? Comment ouvrir une porte sur mon intimité sans faire dans le racolage gênant ? Tout dépend la façon dont on en parle, certes. Rien ne m’oblige à faire dans le graveleux, j’aime pas ça, de toute façon. Mais si c’est juste pour la ramener, je trouve ça à la limite du pathétique. Ma vie ne se limite pas à mes expériences sexuelles, j’ai beaucoup d’autres centres d’intérêt, il se passe pas mal de choses dans ma vie, même si je n’en parle pas ici. Par exemple, en ce moment, je m’investis beaucoup dans le boulot mais j’en parle pas tous les jours car c’est un peu monotone mes journées, le « lever-petit déjeuner-boulot-déjeuner-boulot-dîner-boulot (ou pas) », les réunions et tout le tralala. Je pense que ça ne passionnerait personne, c’est le genre de petits trucs dont je parle à mes amis mais de là à faire un article, bof.

 

Des fois, j’ai l’impression qu’on est autant dans la surenchère sur les blogs que dans les médias. Ce sera à celui ou celle qui ira le plus loin, qui sera le plus trash, le plus
subversif… Bof, ça m’intéresse pas. Je vous raconte pas mes séances de masturbation, ce que je peux bien faire d’Ernest le gode dans ses moments-là, si tant est que je l’utilise (ça, vous saurez pas)… Parler de masturbation en général est un sujet intéressant (j’en parlerai un jour). Un article « hier soir, je me suis masturbée comme ça et comme ça », je sais pas trop à quoi ça m’avance. Comme si j’étais la seule à me masturber, tiens ! Après, on peut parler des expériences que l’on fait en toute pudeur comme Emma l’a fait avec les boules de geisha. C’est pas pour flatter ma copine que je dis ça mais son article est un modèle du genre : elle raconte de façon claire sans pour autant tomber dans le vulgaire et bêtement racoleur. Il me semble que de tous les articles que j’ai écrit ici, le plus excitant (enfin, au vu des comms) fut celui sur le baiser. Tout simplement. Un truc que tout le monde partage, les plus prudes comme les plus chauds. Je me refuse à aller très loin dans le sexe juste pour en parler sur mon blog. Il y a même des sujets que je ne peux pas aborder. Par exemple, un jour, je parlais à Gauthier de ma première fois et il m’a dit : « non, ça, tu peux pas en parler sur le blog ». Effectivement, je peux pas sans tomber dans le trash et puis, depuis le temps, c’est digéré, je vois pas ce que ça m’apporterait. Et ce que ça t’apporterait à toi, lecteur.

 

Oui, lecteur, c’est aussi à toi que je pense dans ses moments-là. Un an que j’existe sur la blogosphère et je pense que ce que tu aimes chez Nina, c’est pas son côté aventurière du sexe (pas très présent, surtout en ce moment de non vie sexuelle) mais plus le côté « tentative d’analyse des relations hommes/femmes et de la vie des vingtenaires en général ». Je crois, et tu me dis si je me trompe, que tu t’en fous de savoir que j’ai baisé la nuit dernière et dans quelle position (je précise, j’ai baisé avec personne, cette nuit). Et je m’en fous de te le raconter, ça tombe bien. Ce que tu aimes, ce sont les histoires, les « comment on s’est rencontré », « comment ça s’est terminé » (oui, hélas pour moi, ça se termine, des fois), le « ce que ça m’a apporté et pourquoi c’était bien à ce moment-là ». Je crois, lecteur, que ce que tu aimes, c’est l’histoire de deux personnes qui se rencontrent pas juste un pénis et un vagin qui se mêlent (ou autre configuration selon les personnes impliquées).

 

Donc, lecteur, aujourd’hui, je te le dis. Je n’irai pas dans un club échangiste juste pour te le raconter. Je ne coucherai pas avec une fille juste pour te le raconter. Je baiserai pas avec Sagamore Stévenin juste pour te le raconter. Ceci étant, si ça arrive, je vais pas bouder mon plaisir, hein ! Mais je ne franchirai jamais la ligne rouge juste pour attraper deux lecteurs de plus. Je ne vis pas ma vie en fonction de mon blog et je ne vais pas faire des trucs qui ne m’attirent pas juste parce que j’ai rien trouvé de mieux que le sexe pour me mettre en avant. Au fond, je ne suis qu’une fille comme les autres. Et c’est précisément pour ça que tous les jours, tu viens prendre des nouvelles de Nina, lecteur. Me trompe-je ?

Hommage à Aaron Spelling

Aaron est un vieux monsieur et il est mort cette semaine à je ne sais quel âge. De toute façon, ce type, il a toujours eu l’air vieux. Un peu comme Rainier. On dit qu’il a bien vieilli, erreur. C’est que jeune, il faisait déjà vieux. Bref, notre pauvre Aaron a passé l’arme à gauche et c’est un peu l’occasion de revenir sur sa merveilleuse production télévisuelle.

aaron_spelling

Bon, si vous fouillez sur le net, vous constaterez que le monsieur a produit beaucoup de séries donc certaines que je ne connais pas, je me concentrerai donc sur celles que j’ai eu l’occasion de voir (et de suivre, même des fois). Dans sa prime jeunesse, Aaron a produit Starsky et Hutch, série dont je me souviens peu. Me souviens en fait du générique, de la voiture puis du générique « Starsky et Hutch, tananananan ». Puis Starsky et Hutch, ils se tapaient une nana chacun par épisode. Après, dans le rayon vieilles séries, y a aussi « Drôles de
dames » et « la croisière s’amuse ». Là, de suite, ça me parle plus, merci les re-re-re-re-re-rediffusions. « Drôles de dames », d’abord, ou comment créer une série dont le concept est de montrer des nanas bien roulées en petit bustiers et mini short. Quoi que je dis, je suis mauvaise langue : y en avait une des trois qui était toujours habillée en mémère, elle était chiante d’ailleurs. C’était un peu la maman du groupe, celle qui sermonnait les autres, la chef. Donc la gonflante pas trop jolie toujours en pantalon.

Ensuite, la croisière s’amuse, on quitte le domaine policier, avec son inoubliable générique. Ou comment une bande de moches profitent d’être sur un bateau pour se taper leur lot de bonnasse. Je veux pas être méchante mais sur leur love boat, moi, je m’en serais tapée aucun ! Y avait que la blondinette qui était mignonne mais elle puait la cruche à 3 km à la ronde. Déjà, on découvrait la passion d’Aaron pour les histoires d’amour compliquées, les cocufiages, les « mais quand je reviens au Mexique, je te fais un coucou ». Des tas de bonnasses

s’ébattent au bord de la piscine tandis que le soir, à la pleine lune (oui, c’est toujours la pleine lune sur le love boat), des couples s’embrassent sur le pont et se jurent de s’aimer pour toujours. Le schéma est souvent le même : soit des couples en mal d’amour qui se retrouvent, soit des célibataires qui se conquièrent. Des fois, ce sont des anciens amants qui se retrouvent.
Puis évidemment, les membres de l’équipage ont leur petite histoire aussi : une fiancée dans chaque port, quoi. Moi, j’avoue que ce que j’adorais dans cette série, quand j’étais petite, c’était le départ, avec les confettis, les cotillons et tout le tralala.

Bon ensuite, y a eu Dynastie et Hooker mais ça, je connais pas donc passons direct à la série culte, celle qui a fait d’Aaron Spelling un pépé pété de tunes, celle qui nous a fait rêver durant notre adolescence, celle qui fait que des tas de gamins s’appellent Brandon, Brenda et Dylan. Hé oui, je veux bien sûr parler de Bervely Hills. Tout commence avec l’arrivée des jumeaux Brandon et Brenda qui viennent tout droit du Minnesota, Etat bouseux et enneigé, apparemment, pour l’ensoleillée Californie. Les parents sont parfaits, la maison est parfaite et les

gamins font de gentilles conneries. Mais bon, on commence à glisser peu à peu dans la perversion. Les couples se mélangent, Kelly, la blondasse chiante, sort avec Steve, Dylan, Brandon, Dylan, re-Brandon puis je sais plus qui, j’ai arrêté de regarder. Brenda, la super héroïne qui dégage très vite, elle vit une grande histoire d’amour destructrice avec Dylan. Brandon est tellement parfait qu’on jubile dès qu’il lui arrive une merde. Non, mais il agaçant le premier de la classe président des élèves qui ne se tape que des bonnes notes et qui en plus travaille au café du coin pour se gagner de l’argent. Il a une tête à claque. Après, il y a aussi le merveilleux personnage de Donna, jouée par la fille de Spelling himself. Vu sa gueule, elle, soit elle couchait, soit elle avait un père producteur pour arriver à faire quelque chose. La maigre Donna aux gros yeux est donc super amoureuse de David mais elle veut pas coucher le mariage, elle est super prude et va à l’église tous les dimanche. Quand on sait que la fille qui la joue a dû déjà divorcer quatre ou cinq fois et s’est tapé la moitié des mecs de la série en coulisses, ça laisse rêveur. Bref, Beverly Hills, c’est un peu de l’érotique pour ado : ils baisent tous les uns avec les autres sur des riffs de guitare, ils se roulent des pelles dans les piscines et roulent dans des belles voitures. La pauvreté, ça n’existe pas à Beverly Hills, ça fait tâche.

Pour un public plus adulte, Spelling nous ressort Bervely Hills version trentenaire : Melrose Place, le lupanar made in California. Alors là, si vous cherchez à retrouver qui a couché avec qui, prévoyez une bonne réserve de diantalvic, c’est assez violent. Bon, en fait, non, c’est pas compliqué : tout le monde a couché avec tout le monde. Déjà, y a Amanda, la super blonde transfuge de Hooker. Ouais, dans le petit univers d’Aaron, les acteurs naviguent d’une série à l’autre. Donc, elle, c’est un peu la Victor Newman de service, elle s’est tapée tout le monde, sauf l’homo de service (qui finit par dégager, d’ailleurs). Après, y a plein de gens qui vont et viennent dans même pas une dizaine d’apparts, ils s’installent ensemble, se séparent, se réinstallent avec quelqu’un d’autre ailleurs, échangent les apparts… Limite, je me demande si les acteurs rentraient pas dans un appart au pif en disant que c’était le leur. Bref, chaque épisode commençait par une scène de baise, chaque épisode se terminait avec une scène de baise (toujours les riffs de guitare). Entre temps, ils s’engueulaient, ils complotaient, ils s’aimaient, se détestaient, ils faisaient des plans machiavéliques… Non parce que dans Melrose Place, y a les méchants et les moins méchants. Bon, de temps en temps, on file une petite explication sur leur enfance et tout ça, le « mais pourquoi sont-ils aussi méchants ? ». Ils se marient comme nous, on prend le métro, tout ça pour divorcer deux épisodes plus tard parce que monsieur a fauté avec la voisine. N’empêche qu’un immeuble où il n’y a que des gens beaux, ça me fait rêver !

Ensuite, il y a eu des ratés genre Sunset Beach (moi, j’adorais mais j’étais à peu près la seule) et un truc qui s’appelait « Pacific Palissade » ou un truc comme ça que j’ai découvert récemment sur le câble ou comment refaire un nouveau Beverly Hills avec des jeunes beaux et des jeunes riches (mais y a des pauvres, aussi). Dans ces deux séries, on découvre le petit frère de Tori. Lui, pareil : soit il couchait, soit il avait un papa producteur parce que dans le genre pas

terrible, hein… Enfin, citons la dernière série en date de M. Spelling : trois bonnasses habillées d’un rien qui luttent contre le mal. Enfin, non, y en a une qui n’est pas habillée en pouff mais elle est toujours enceinte, aussi…Non, c’est pas Drôle de dames, c’est Charmed. Ou comment réutiliser un concept éculé pour se faire de la tune.

 

Bref, chez Aaron, on retrouvait un peu toujours les mêmes trucs : des riches très riches qui côtoyaient parfois des pauvres très pauvres qui venaient au lycée en bus scolaire (oh les nazes !), des ethnies qui se mélangent pas, des nanas habillées d’un rien et des mecs qui passent leurs journées à se doucher pour qu’on voit leurs pectoraux. Des gens qui copulent, tout le temps, de préférence sur des riffs de guitare. Des histoires de couples glauquissimes censées être passionnées et romantiques. Ben quoi, c’est pas parce que j’ai baisé avec le voisin dans la piscine que je t’aime pas mon amour… Et si on se mariait, tiens ? De l’amour au rabais entre riches et très riches, entre beaux et très beaux. Chez Aaron, on est soit médecins, publicistes ou serveurs, pour les ratés. Mais c’est pas grave, les ratés, ils finissent toujours pas intégrer la super agence de pub où tout l’immeuble bosse. Ce qui est fantastique c’est que, chez Aaron, en trente ans de carrière, y a que la coiffure et les tenues des personnages qui ont changé.

Episode 19

« Quel crétin, ce Bill ! »
Bryan se retourna et vit sa maîtresse dans une robe moulante époustouflante, mettant en valeur sa silhouette irréprochable. Elle s’avança vers lui mais ne prit pas la peine de l’embrasser.
« Qu’est ce qu’il se passe ?
– Tu n’as pas entendu la nouvelle ?
– A propos des fiançailles ? Il faudrait être sourd et aveugle pour ne pas être au courant. En quoi ça fait de lui un crétin ?
– Cette idée est de moi et je n’ai eu qu’à lui faire les yeux doux pour qu’il accepte.
– Je ne vois pas pourquoi tu as voulu organiser cette fête, ce n’est pas vraiment ton genre, les mondanités.
– C’est très simple : les rebelles vont profiter de cette soirée pour faire un coup d’éclat, certainement, et c’est l’occasion rêvée de démasquer leur chef.
– Oceany ?
– Exactement : le soir de ses fiançailles, la pauvre chérie sera découverte et nous l’exécuterons.
– C’est pas un peu sévère ?
– Elle m’a défiée, elle est donc devenue mon ennemie et je ne fais aucun cadeau à mes ennemis. Souviens-toi de ça, Bryan, on ne sait jamais.
– Tu me considères comme un ennemi ?
– Non, pas pour le moment, mais l’ambition a vite fait d’éliminer les bons sentiments. »
Elle se pencha vers lui et l’embrassa fougueusement, puis elle éloigna son visage de quelques millimètres et murmura :
« Trahis-moi et je n’hésiterai pas à faire sauter ta jolie petite gueule ,OK ? »

Chapitre 13

Kirstie observait Oceany qui était en train de trafiquer une arme quand Ethan posa une main sur son épaule, ce qui la fit sursauter.
« Vous êtes au courant, n’est ce pas ?
– Au courant de quoi ?
– Des fiançailles de Mark et d’Oceany qui auront lieu dans deux jours.
– Oui.
– Vous lui avez parlé de ce que vous a fait subir Mark ?
– Non, et vous ?
– Non. Vous devriez le faire.
– Je ne vois pas pourquoi.
– Parce qu’il pourrait la violer, elle aussi et qu’on ne peut pas le laisser faire.
– Si vous l’aimez tant que ça, vous n’avez qu’à lui dire, moi, je n’en ferai rien.
– Pourquoi ?
– Parce que c’est humiliant, d’une part, et aussi parce qu’elle le mérite, au fond.
– Pardon ?
– Son père a tué toute ma famille, ma seule vengeance sera de savoir que sa fille se fait violer par son mari.
– Mais Kirstie…
– J’en ai assez, tout le monde, ici, me dit toujours ce que je dois dire et ce que je dois faire. Mais foutez-moi la paix ! Vous dites que vous vous battez au nom de la liberté, alors commencez par
me laisser agir comme il me plaît. »
Elle partit à l’autre bout de l’entrepôt et n’accorda plus la moindre attention au jeune homme ; Il allait devoir tout avouer à Oceany et il avait peur de sa réaction. Elle semblait assez sauvage
avec lui, il ne savait pas exactement pourquoi. Ca devait avoir un rapport avec le baiser qu’il lui avait donné l’autre soir. Il devait admettre qu’il n’avait pas été particulièrement galant, mais
il en avait eu subitement envie et il ne s’était pas gêné. Comment allait-elle réagir ? Avec de la chance, elle lui serait reconnaissante et…
« Elle a un sacré caractère, hein ? »
Il tourna la tête et vit Mai à ses côtés, qui regardait en direction de Kirstie. A présent, il regrettait de l’avoir traité de salope la première fois qu’il l’avait vue et comprenait pourquoi
Oceany était farouchement antiraciste, elle avait raison : c’était stupide de juger les gens en fonction de leur nationalité.
« Je me demande si elle va épouser notre cause, un jour ? répondit-il.
– Oui, évidemment.
– Vous avez l’air bien sûre de vous.
– J’étais comme elle, au départ, je me demandais pourquoi ces Américains m’avaient sortie de ma cage, je pensais qu’il y avait quelque chose de louche, là-dessous, mais j’ai compris que ce n’était
pas le cas et Kirstie va réagir de la même façon, tôt ou tard, ne vous en faites pas.
– Je voudrais vous demander autre chose.
– Bien sûr, quoi ?
– Voilà, je…j’ai appris quelque chose sur Mark d’assez…inquiétant et je ne sais pas si je dois en parler à Oceany ou pas.
– De quoi s’agit-il ?
– Et bien, Kirstie m’a avoué que…Mark avait abusé d’elle plusieurs fois et j’ai peur qu’il s’en prenne à Oceany.
– Oh Seigneur ! Je ne pense pas qu’Oceany soit réellement menacée, elle fait partie de l’élite et on la croirait si elle se plaignait, ce qui n’était pas le cas avec Kirstie. Mais elle doit quand
même se méfier.
– Je dois donc lui dire.
– Je ne crois pas.
– Mais vous venez de dire qu’elle doit se méfier !
– Si elle le sait, elle risque de changer de comportement vis à vis de lui, ce qui pourrait peut-être lui mettre la puce à l’oreille et on ne doit pas se trahir. Si elle se fait coincer, elle est
morte.
– Et si elle se fait violer, comment elle va réagir, d’après vous ? Elle va sauter de joie dans tous les sens ? Elle est en danger
– Vous exagérez.
– Je ne le pense pas, non. D’ailleurs, j’ai pris ma décision, je vais tout lui dire.
– Vous aviez déjà pris votre décision avant de m’en parler, à quoi ça rime tout ça ? Si vous vouliez mon consentement pour avoir la conscience tranquille, je suis désolée mais vous avez fait fausse
route.
– Je veux la protéger.
– Je ne suis pas certaine que ce soit la vraie raison. Vous voulez juste la séparer de Mark.
– Pas du tout, je veux juste qu’elle sache la vérité ! Quel intérêt j’aurais à la séparer de lui ?
– Posez-vous d’abord la question à vous-même. »
Il la dévisagea, interloqué : qu’est ce qu’elle voulait dire par là ? Il allait rétorquer quand Oceany les rejoignit et il n’osa pas continuer. Il préférait lui parler de tout ça en privé, ça ne
regardait pas les autres. Les deux jeunes femmes parlèrent un instant mais il ne les écouta pas, absorbé par ses pensées : pourquoi Mai-Li pensait-elle qu’il avait un motif différent de celui qu’il
avait invoqué ? Il aimait beaucoup Oceany et il ne voulait pas qu’il lui arrive des bricoles.
« Bon, il est tard, je crois que nous devrions rentrer, Ethan. Je vais voir qui peut nous ramener.
– Et si nous rentrions à pieds ?
– Vous avez envie de vous faire agresser à nouveau ?
– Non, j’ai envie de prendre l’air et on va pas se faire agresser, je le sens. Vous pouvez vous fier à mon sixième sens.
– D’accord, je vous fais confiance, mais je me demande si c’est une bonne idée. Bon, je préviens les autres et on y va. »
Elle se rendit vers un petit groupe de rebelle et discuta un instant avec eux, mais Ethan n’était pas vraiment pressé et il espéra que la conversation allait durer. Il commençait à douter :
devait-il vraiment tout lui dire ? Oui, évidemment, c’était trop grave pour qu’elle ne soit pas au courant. Elle était directement menacée dans cette histoire et il ne voulait surtout pas qu’elle
soit violée alors qu’il avait les moyens d’empêcher ça. Malheureusement pour lui, Oceany ne s’attarda pas et vint le retrouver, souriante. Apparemment, elle allait beaucoup mieux, elle semblait
sûre de vouloir continuer à se battre avec eux.
Ils sortirent du hangar et marchèrent en silence d’un pas alerte. Il cherchait comment lui annoncer ce qu’il savait, mais il avait du mal à démarrer : ce n’était pas une nouvelle anodine, c’était
tout de même très important. Quand ils arrivèrent dans les derniers étages, il ne lui avait toujours rien dit et il commença à paniquer : ils allaient bientôt arriver chez eux et elle allait se
coucher sans savoir. Ils étaient en train de traverser le parc Hart, qui portait le nom d’un des concepteurs de la ville mort avant la fin des travaux, quand il s’arrêta brutalement de marcher.
Oceany se retourna et le regarda, surprise.
« Ca va Ethan ? Qu’est-ce qu’il vous prend ?
– Je…et bien, j’ai quelque chose à vous dire.
– A quel propos ?
– A propos de…de Mark.
– Je vous écoute.
– Kirstie m’a dit que…qu’il avait profité d’elle à de nombreuses reprises, voilà. Je n’ai pas envie qu’il vous arrive la même chose. Ce type est un salopard, vous ne devez pas lui faire
confiance.
– Pourquoi Kirstie ne m’a rien dit ?
– Elle ne voulait pas, parce que vous êtes…
– La fille d’Hank, je sais. Pourquoi vous me dites ça ?
– Pour vous protéger, évidemment.
– Je peux très bien me protéger toute seule et je ne crois pas que Mark soit un violeur. Parce que si c’était le cas, il n’aurait pas été si patient avec moi quand je lui ai dit que je ne voulais
pas coucher avec lui.
– Vous ne me croyez pas ?
– Non, en effet.
– Mais pourquoi je vous mentirais sur Mark je n’ai aucun intérêt dans cette histoire. »
Elle ne lui répondit pas, perdue dans ses pensées. A ce moment-là, l’arrosage automatique démarra commençant à les arroser ; Oceany se mit alors en marche et allait le laisser là quand il lui
attrapa le bras et la força à s’arrêter.
« Bon sang, Ethan, on va être complètement trempés ! Lâchez-moi.
– Vous ne m’avez pas répondu, je veux savoir pourquoi, d’après vous, je cherche à vous séparer de Mark.
– Parce que…parce que…je n’attendais que ça.
– Quoi ?
– Je ne veux pas épouser Mark, mais je n’ose pas me l’avouer parce que je ne veux pas décevoir ma mère, elle est malade et je voulais que quelqu’un me dise que Mark n’était pas pour moi, quelqu’un
qui me comprenait. Pour la première fois depuis longtemps, j’ai l’impression d’être avec quelqu’un qui me ressemble et que…
– Que ?
– Rien. »
Il la regarda, interloqué : qu’est-ce qu’elle voulait dire ? Il se rendait compte qu’il n’arrivait pas à lire en elle, elle ne cessait de souffler le chaud et le froid. Il ne la connaissait pas si
bien que ça, en fin de compte, elle était une inconnue, pour lui, une inconnue qu’il avait soudain très envie de mieux connaître.
« Bon, allons-y maintenant, il est tard.»
Elle fit un pas en avant mais il la retint par le bras et l’attira vers lui avant de l’embrasser tendrement, la serrant fort contre lui. Elle fut tout d’abord surprise par sa réaction et elle se
demanda un temps comment réagir. Mettre fin à ce baiser et lui coller une gifle amplement mérité ou se laisser faire ? Mais ce baiser la faisait frissonner et, pour la première fois, elle oublia
pendant un instant les atrocités de la guerre qui avaient été son quotidien pendant des années, puis l’horreur beaucoup moins flagrante, mais omniprésente de Technopolis.
Elle se mit soudain à frissonner et Ethan s’éloigna légèrement d’elle.
« Ne restons pas ici, nous sommes complètement trempés et nous pourrions attraper froid, malgré la douceur de la température.
– Oui, je crois que c’est mieux.
– Allons chez moi, c’est plus près.
– Je ne sais pas si c’est une bonne idée, je…
– Je proposais d’aller chez moi pour qu’on puisse se sécher.
– Oh ! Dans ce cas, allons-y. »
Il sourit puis partit tranquillement en direction de son appartement. Elle lui emboîta le pas même si elle avait un peu peur. Hormis quelques rares flirts qui n’avaient pas été plus loin que le
baiser, elle n’avait jamais eu d’hommes dans sa vie et si Ethan avait d’autres idées en tête, elle risquait de ne pas être à la hauteur. Car même si elle n’était pas une spécialiste des rapports
homme/femme, elle se doutait qu’un homme ramenait rarement une jeune femme chez lui sans avoir d’arrière-pensées. Et pourtant, elle le suivit.
Ils arrivèrent rapidement à l’appartement du jeune homme, qu’elle connaissait déjà, et pourtant, il lui semblait différent, plus froid, plus menaçant, aussi. Il l’invita à s’asseoir sur le canapé,
tandis qu’il allait chercher deux serviettes dans la salle de bain, ce qu’elle fit sans discuter, de plus en plus mal à l’aise. Pour se calmer un peu elle tenta d’évacuer son stress en triturant un
coussin, mais ça n’eut aucun effet.
« Ca va pas ? lui demanda Ethan en lui tendant une serviette.
– Oh, si…c’est juste que…non, rien. »
Elle commença à passer la serviette dans ses cheveux pour les sécher, ce qui provoqua une brusque montée de désir chez son compagnon, complètement déboussolé par ce qui était en train de lui
arriver. Il n’avait pas réalisé qu’il était tombé amoureux d’elle dès leur première rencontre dans le parc mais il ne savait pas trop ce qu’elle ressentait. Il avait, à présent, une envie folle de
l’embrasser, de la caresser, de la déshabiller… mais elle ne semblait pas très à l’aise. C’était peut-être dû à leur différence d’âge ou au fait qu’il soit déjà fiancé. Mais ce n’étaient que
quelques détails sans importance, il ne fallait pas tout arrêter à cause de ça, il voulait tellement aller plus loin avec elle… Il s’approcha doucement de la jeune femme et lui donna un baiser
langoureux qu’elle lui rendit avec plaisir, mais quand il commença à glisser sa main vers ses fesses, elle le repoussa et quitta le canapé.
« Il est tard, je dois rentrer. Ma mère va s’inquiéter.
– Elle ne sait même pas que tu n’es plus dans ton lit. Tu sors en cachette, souviens-toi.
– Oui, mais…si elle avait besoin de moi ?
– Elle est avec son mari, je te rappelle. C’est quoi, le problème ?
– Il n’y a pas de problème.
– Tu en es sûre ? Tu n’as pas du tout l’air à l’aise, avec moi. C’est à cause de Neve ?
– Non…euh…si ! C’est pas correct de la tromper alors que tu es fiancé avec elle, ce n’est pas correct du tout.
– Pourquoi j’ai l’impression que tu me mens ?
– Parce que…écoute, Ethan, j’ai peur, voilà.
– Peur ? Mais il ne faut pas, l’amour, c’est ce qu’il y a de plus beau, laisse-toi aller pour une fois, tu ne peux pas avoir le contrôle sur tout. Etre amoureux, c’est la plus belle chose qui
puisse arriver à une personne, il ne faut pas en avoir peur.
– Je n’ai pas peur d’être amoureuse, j’ai peur de…de l’acte en lui-même.
– Pardon ?
– Je…je suis encore vierge, voilà !
– Oh ! »
Il s’était attendu à tout sauf à ça, mais à bien y réfléchir, ce n’était pas si étonnant. Elle n’avait jamais dû avoir beaucoup de temps pour avoir une vraie relation avec un homme, et puis elle
était quand même assez jeune, plus que lui, mais curieusement, cette nouvelle donnée ne changea absolument rien. Il la désirait toujours et peut-être même plus qu’avant. Elle lui avait fait
découvrir beaucoup de choses depuis qu’il la connaissait, elle lui avait fait voir le monde différemment et il voulait lui faire connaître de nouvelles expériences à son tour. Il se leva, se
rapprocha d’elle et lui caressa la joue.
« Ce n’est pas un problème.
– Pour toi, non, mais pour moi, ça en est un, je ne sais pas…
– Chut. Ne t’inquiète pas, je vais te faire découvrir de nouvelles sensations, n’aies pas peur. Ca n’a jamais tué personne.
– Je crois que…
– Chut. »
Il l’embrassa furtivement sur les lèvres, puis lui prit la main pour l’entraîner vers sa chambre. Il s’assit sur le lit et attira Oceany vers lui. Elle s’assit prudemment sur le bout du lit,
toujours aussi mal à l’aise, mais il déploya des trésors de douceur et de tendresse pour la décoincer et elle fut plus réceptive que ce qu’il avait cru, répondant à chacun de ses baisers et de ses
caresses. Elle commença à oublier sa crainte. Elle ressentait une étrange chaleur dans son ventre, son souffle se faisait de plus en plus court. Elle ne protesta pas quand il fit glisser sa
fermeture éclair et qu’il lui enleva doucement sa combinaison, ce qui lui permit de découvrir sa peau, incroyablement blanche et douce. Ses doigts parcourirent lentement son corps, la faisant
frémir de plus en plus. Désormais, elle n’avait plus peur, bien au contraire. Elle crevait d’envie d’aller plus loin.

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Devenez un pro du sexe en dix minutes

L’autre jour, je suis allée déjeuner avec Gauthier puis je me suis baladée dans le rayon librairie de Virgin voir si un nouveau volume de mon manga préféré était sorti. Ben non. Je tombe alors nez à nez avec une table sur laquelle est exposée divers ouvrages : « Le sexe pour les nuls » « Devenir un pro du sexe », « le kama sutra facile » et autres ouvrages du genre. Bon, c’est pas nouveau que le sexe fait vendre mais là, on sent que l’été approche.

 

De façon toute personnelle, je n’ai pas ce genre de manuel. J’ai bien regardé sur le site d’aufeminin.com les petits conseils, je me suis poilée pendant une heure sur leur flûte enchantée mais une fois que je suis dans les mains expertes d’un homme, j’avoue que je calcule plus rien. Peu importe que ma jambe soit à 30 ou 45° honnêtement, j’ai pas mon compas, de toute façon. Une fois, en fouillant dans les livres de mes parents pour sustenter ma soif de littérature, j’ai trouvé un petit manuel de sexualité. Rien de bien hot, ça faisait plus « petit manuel
d’apprentissage pour les pucelles romantiques » avec de jolis dessins de couple au crayon de couleur. Tout ce que je savais déjà sur la lubrification naturelle du vagin, sur la pénétration et tutti quanti était là. Apparemment, ce livre a disparu, depuis, c’est bien dommage : je l’aurais refilé à mes enfants. Tant pis, je leur passerai « step up love story », manga érotico-rigolo, pour s’informer. Je suis une pédagogue née, y a pas à dire.

En fait, ces manuels me font marrer. Pas tant leur contenu que leur utilisation, je ne peux m’empêcher d’imaginer. Petite mise en situation burlesque. Gianni, mon voisin très buonito (qui n’existe pas en vrai, mes voisins sont soit vieux, soit moches, soit cons, soit les trois), me propose un petit dîner chez lui. Comme il me l’a demandé en me regardant droit dans les seins en se caressant distraitement le torse, je me dis qu’il y a quéquette sous couette. Mais voilà, Gianni, il est Italien et comme je suis traumatisée par Stallone (l’étalon, là…), je cours à la FNAC m’acheter « toi aussi deviens une pro du sexe en 10 minutes ». J’étudie, je m’entraîne toute seule chez moi (super ridicule), je fais des fiches. Soir X… Je suis tellement spontanée que je deviens la pire des amantes et Gianni pense désormais que j’étais vierge et que j’avais fait mon éducation sexuelle devant des films érotiques.
 

Autre mise en situation. Voilà, je sors officiellement avec Sagamore (ben oui, c’est plus Brad) depuis genre 6 mois et on a envie de pimenter notre vie sexuelle. Donc on s’achète un petit manuel « grimpez au rideau à coup sûr ». On rentre et tout émoustillés, on se jette l’un sur l’autre, on vire les fringues et là…

« Bon, sors le bouquin 
Tiens, on pourrait faire ça.

Ah ouais. Bon alors, comment ils disent ? Bon, tu mets ta jambe comme ça et moi comme ça… Ah non, c’est l’inverse

Oui, ça m’étonnait aussi que je me retrouve avec ma jambe autour de ma taille.

Ah, zut, mon bras me gêne…
Oui, tu dois le mettre là.

Ah (pif, je lui file un coup au passage). Pousse-toi, j’arrive pas à mettre mon bras !

Oui mais si on bouge, on va perdre la position
Ah ça y est !
Ouais mais laisse tomber, je bande plus. »
Bon, j’avoue que j’exagère un poil mais c’est l’idée.
 

Je me demande toujours ce qui pousse les gens à acheter ce genre de bouquins. Non parce que s’il y en a autant, c’est que ça doit marcher. Il me semble même en avoir vu un qui s’appelait genre : « Bien faire l’amour dans le noir ». Juste ciel ! Personnellement, je considère que le sexe est quelque chose d’assez spontané. Avant de me lancer dans une brouette, je ne fais pas le menu. « Alors, on va commencer comme ça puis après, on pourrait enchaîner sur ça puis terminer ainsi. T’es partant ? ». Et l’improvisation, nom de nom ? Déjà, quand je suis avec un mec, je prévois pas le quand alors le comment, c’est d’un ridicule ! Moi, je préfère quand ça commence tout doucement et quand, sans qu’on comprenne comment, on retrouve la tête sous le bureau (oui, c’est du vécu, hum…).

Pour moi, le sexe, c’est un art. On peut apprendre la technique dans des livres mais ça ne veut pas dire qu’on sera doués pour autant. J’ai des livres de dessin à la maison, vous avez bien vu le résultat. Je peux acquérir la technique mais si j’ai pas le petit plus qui fera le « génie »… D’autant que, pour moi, le sexe, ça ne se pratique pas de la même façon selon le partenaire. C’est idiot de le dire mais c’est vrai. Avec un amant qui ne me satisfait que moyennement, je vais pas multiplier les brouettes acrobatiques alors qu’avec un mec particulièrement doué… Par ailleurs, certains mecs ont des particularités. Par exemple, avec Laurent, monsieur ne pouvait pas prendre son pied si je me la jouais pas amazone. Bon, ben, c’était comme ça mais c’était un peu lourd à force. J’aime pas les systématismes.

Bref, je me demande quel est le public de ce genre de livres surtout qu’il suffit de parfois bouger la jambe de 3 mm pour que la position étudiée prenne un autre nom. Le mieux : les magazines féminins qui nous expliquent que telle ou telle position pour se muscler. Alors certes, le sexe, c’est du sport mais je me vois bien dire à mon mec : « Non, chéri, on le fait comme ça, j’ai besoin de travailler mes abdos. » Bon, si le mec se barre pas en courant, j’aurai de la chance.

Plus sérieusement, autant ça peut flatter l’imagination, ce genre de lecture, autant une fois dans le feu de l’action, je suis pas foutue de penser technique. Franchement, si je commence à me dire « bon, alors, contracte les cuisses comme ça, ça va les affiner. Tourne-toi un peu, ça permet une meilleure pénétration. Ah, il a l’air d’apprécier. Maintenant, je vais passer ma jambe là, comme ça, on va passer direct de la brouette tonkinoise à sa variante javanaise. Ouah, on a changé de position, c’est cool », ben, forcément, je serai moins impliquée dans le truc. Je ne calcule pas. Je laisse faire. Et curieusement, y a que comme ça que je prends mon pied. Si je cogite, je décolle pas, c’est mathématique.

Le sexe, ça s’apprend pas dans les livres, ça se vit. Alors laissons la théorie au placard, rien ne vaut la pratique !

Vive la tortilla vol. 2

Par Tatiana
 

Vous en rêviez ? Voici la suite de mes aventures mexicaines… Bon oui y a encore un peu de mon ex mais je vous assure on y arrive au Mexique ça va venir.

 mexique

Dans l’avion après 7h de vol. Je suis un peu naze et je me suis enfilée déjà quelques films. Tout à l’heure au duty free j’ai craqué je me suis achetée du parfum, un Lolita Lempicka pour enfant qui sent bon la vanille. C’est ma thérapie anti-rupture. A chaque fois que je me fais larguer, j’aime dépenser mon argent pour me sentir plus légère. Malheureusement le mal ne part pas en même temps que les euros sur ma carte bleue. Bref, j’ai de la chance car je suis toute seule sur les trois sièges et je peux m’étaler à volonté. La nourriture est comme d’habitude pas top, mais j’ai résister aux glaces à volonté (je suis une femme forte). Notre trajet n’est pas celui qu’ils prennent car on ne passe pas par le Groenland mais par l’océan. Je ne préfère même pas savoir pourquoi. J’angoisse un peu d’arriver à Mexico car ne parlant pas beaucoup espagnol, j’espère ne pas avoir de problème. Déjà j’ai super peur de me perdre dans l’aéroport (merci mon ex qui m’a raconter que eux ils s’étaient perdus) et je sais que là bas vaut mieux pas trop se fier aux autorités. J’ai très très envie de dormir mais dès que je déscotche de la TV je cogite et j’ai les larmes qui me montent tout de suite aux yeux. En plus je crois que ma nouvelle pilule me détraque car même avant j’avais tout le temps des sautes d’humeur. Hier l’enfer de la douche glacée. Tellement j’avais peur de ne pas me contrôler je me suis mise à un mètre de lui. Et lui, il m’a dit des trucs salauds en plus l’enfoiré ! J’avais déjà pas beaucoup dormi cette nuit et du coup j’enchaîne sur une nuit blanche.

 

Voilà, j’ai atterri à Mexico City alias DF pour Districto Federal (abréviation à retenir pour le reste des événements). J’avais super peur de me paumer dans l’aéroport, mais non. Je suis tombée sur des gens sympas qui m’ont bien aidée, dont un vieux qui m’a taper la discute pendant que j’attendais mon vol. Faut dire qu’en tant que fille avec la peau et les yeux clairs en plus ça aide. Le vieux, bon il ne me voulait rien de spécial à part peut être me caser avec son fils mais rien de méchant. Par contre j’ai pu très vite me rendre compte du machisme de là-bas car quand je lui ai dit que j’étais partie toute seule en laissant mon mec en France, il a un peu halluciné. Mais bon il m’a laissé son portable pour que j’appelle ma copine donc ça c’était bien. Je monte dans mon 2e vol, le dernier ce coup-ci. Il est 21h ici et 4h du matin à Paris. Je suis la seule étrangère sur le vol, aussi à l’arrivée je ne comprends pas pourquoi mes bagages ne sont pas avec les autres. Un homme de la douane vient me chercher et me dit que mes bagages sont à côté. Je commence à flipper un peu et espère qu’il ne va pas me chercher des emmerdes. Finalement ça se passe bien. Les douanes sont un peu flippantes là-bas car ils regardent ton sac au rayon X et tu dois appuyer sur un bouton : lumière verte c’est bon, lumière rouge aïe. Comme Marie n’était pas là le gars des douanes me propose d’aller l’appeler (décidément ils sont vraiment sympas avec les nanas ici), mais elle arrive juste à ce moment là. Je suis tellement naze et complètement à l’ouest devant ce changement radical d’ambiance et de climat car il fait très bon dehors. Je me sens encore plus perdue qu’à Paris et mon coup de blues du moment ne m’aide pas vraiment. Marie dans sa délicatesse habituelle commence à tout critiquer. Oui j’adore cette fille, c’est mon amie après tout, mais elle a le défaut de ne pas être très diplomate quand elle critique quelque chose. J’avoue que je comprendrais pourquoi elle est dans cet état plus tard. Mais à ce moment là ça me donne plutôt envie de repartir aussi sec.

 

Cette nuit j’ai dormi 5h et le réveil était très dur…6 millième dessous. Ce débile d’ex m’ayant parlé de son voyage au Mexique ben ca va pas maintenant que je suis ici. J’arrête pas de penser à lui et à ce qu’il m’a dit. Vous savez dans ces moments la vous faites « lecture-retour arrière-lecture… »

 

On est le 12 avril et je commence à m’habituer peu à peu. Il y a un soleil radieux dehors on se croirait au mois de juillet, et je suis en tongs !!! J’ai rejoint Marie à la fac où elle donne cours pour aller sur internet histoire de rassurer tout le monde. Quelle ne fut pas ma surprise quand je vois que mister m’a envoyé un mail pour me souhaiter un bon voyage et qu’il me l’a envoyé direct en arrivant au taf le mardi. Par contre ca va pas m’aider à passer à autre chose c’est sûr… Aujourd’hui c’est visite de la ville et shopping. Je me mets en mode touriste et je flashe tout ce qui bouge. Je m’achète une jupe et un haut : ben oui faut bien que je sois équipée pour aller sous les tropiques. 😉 La 3e fille qui part avec nous nous rejoint : Mathilde. Dès que je la vois je la sens bien la fille, je suis sûre que notre voyage va bien se passer. Elle se prend pas la tête, et chose que j’apprécie est plutôt grande gueule avec un fort caractère. On continue donc notre après-m’ visite avec le palais du gouverneur et le reste. Puis, le soir on va manger dans un restau dont la spécialité est un plat de frites avec une sauce bizarre très bonne et très calorique. C’est un peu écœurant mais tellement bon… En allant au restau, on passe devant la rue où va se passer la feria. La feria d’Aguascalientes est la plus grande du Mexique, il parait que c’est un sacré événement. Elle dure un mois entier et se déroule à l’occasion de Pâques. Oui, parce que là-bas pour fêter Pâques ils se mettent tous minables les gens. Je trouve ça plutôt drôle. Alors chaque année ils refont toutes les façades de la rue et mettent des restau en plus, des bars et des boites. Le seul truc nul c’est qu’après ils enlèvent tout et refont l’année d’après. Tout ça parce que le gouverneur a une entreprise de bâtiments. Bonjour la perte d’argent ! Bref, le truc ressemble à un décor de Disney.

 Avec la chaleur et le décalage horaire je suis complètement morte à 20h, je dors sur la table…Je pense que cette nuit je vais bien dormir.
 
 On est jeudi 13 et effectivement j’ai bien dormi. Enfin, j’ai mieux dormi. Notre programme du jour est fichu car on avait complètement zappé le jeudi saint, et ici jeudi et vendredi sont fériés, mais pas le lundi. Du coup, pas moyen d’aller à la laverie, de changer mon argent ou de faire des courses. On est cloitrées à la maison. Après une séance photos et CV on mange et on glande. Le soir, Mathilde nous rejoint pour aller dans un bar qui of course est fermé aussi ! On se rabat sur un autre, pas mal aussi. On s’installe près du bar et il y a des écrans TV tout le long. Faut que je vous raconte quand même quelques trucs typiques de là-bas. Ce pays est très américanisé et par exemple cette marque de soda tant connue dans le monde est présente partout : sur les murs, même les panneaux de la route. On dirait que c’est une divinité locale. Ensuite niveau nourriture, on peut trouver de l’huile d’olive en spray par exemple. Les Mexicains ont des traits assez durs enfin surtout les hommes. Ils ont l’air méchants et vous regarde de travers soit en tant que femme, soit en tant qu’étrangère. Bon là bien sûr c’est mon ressenti et c’est pour cette ville. N’allez pas croire que je fais une généralité sur tous les habitants de ce pays. C’est marrant mais les filles ont le look espagnol, très strass et paillettes. Ce soir c’est le premier jour de la feria…