Courrier des cœurs : réponse à Luna

Cette semaine, Luna nous a posé la question suivante : « Je suis avec mon mec depuis 8 mois et je me rends compte que je ne l’aime pas. Je voudrais donc mettre un terme à notre relation mais je ne sais pas trop comment justifier mon choix. Je ne peux pas dire que j’ai rencontré quelqu’un d’autre, que c’est la faute de mon ex ou quoi que ce soit, c’est juste qu’avec lui, je me sens pas motivée pour construire quelque chose, je sens qu’il n’est pas fait pour moi. Comment le lui annoncer sans le blesser et sans sortir un « c’est pas toi, c’est moi »? »



La cellule love and sex s’est réunie et voilà ce qu’on en pense.

Lucas : Perso je prefererais que la nana soit carrée, directe et qu’elle me dise clairement  » je ne ressens rien avec toi (allez bim), depuis 8 mois tu n’as rien déclenché en moi, pas d’émotions, de sentiments forts. Tu es bien gentil (allez re bim) tu es doux, attentionné, mais on a pas de complicité, pas de lieux de mémoire. Notre relation est plan plan et ça me saoule. Et si tu avais été assez finaud, tu l’aurais ressenti depuis belle lurette. Voila. Il n’y a personne d’autre, seulement le grand vide intersideral qui va m’aspirer afin que je retrouve l’envie de séduire, d’être et d’exister. Tu m’en veux pas Doudou ? » Bon là je pars un peu en live… Mais c’est l’idée aussi. Quitter quelqu’un c’est retrouver un peu son essence qu’on avait mise de coté pour le compromis du couple…

Summer : Je suis assez d’accord avec Lucas. Pour le coup sois franche c’est aussi ça le respect. De toute manière tu as le mauvais rôle puisque
tu es à l’initiative de la rupture alors au lieu de vouloir chercher une échappatoire douteuse la meilleure solution reste selon moi la franchise

Tatiana : Dis lui que tu es lesbienne.

Enzo : En fait, ce n’est pas que tu ne veux pas le blesser, c’est plutôt que tu ne veux pas endosser la responsabilité et le blesser « devant
tes yeux »… Et puis, de toute façon, soyons honnête : est-ce que tu penses vraiment que tu seras assez originale ? Je pense que cela restera un « c’est pas toi c’est moi » bricolé au final…
Je vote « dit lui la vérité avec tact ». Tu le quittes sans que ça te coute, donc pense à lui et évite lui de se triturer la tête plus tard ou de ruiner sa confiance en lui.

Lucas : Tu peux aussi faire ça en musique… Je suis venu te dire que je m’en vais…

Nina : Je ne vois pas vraiment où est le problème. Des couples sont faits pour durer et d’autres non, life is life, lalalala. Je pense que si tu respectes ton mec, tu lui dois la vérité. Ca ne colle pas en tant que couple, tentez l’amitié et si ça ne marche pas, coupez les ponts. Quand on commence à sortir avec quelqu’un, on ne sait jamais ce que ça va donner et parfois, on constate au bout de quelques temps que ça ne donne rien. Il vaut mieux partir que de rester et faire deux malheureux sur la longue durée. Tu n’as pas besoin de prétexte, tu as le droit de ne pas sentir d’avenir avec lui.

Si toi aussi, tu as des questions, n’hésites plus, la cellule peut t’aider. Tu peux nous contacter en commentaires, mail ou facebook. Lâche-toi mon ami(e)

La schizophrénie de la femme des années 2000

En tant que jeune femme des années 2000, je vis dans un bain médiatique permanent. Même si je ne lis pas tous les journaux, en particulier féminins, sans doute parce que j’ai pas que ça à foutre non plus. Mais ça n’empêche pas que les titres me sautent aux yeux. « Comment atteindre l’orgasme à coup sûr », « coucher n’est pas sale », « la vérité sur mon point G », « pourquoi il ne faut pas coucher le premier soir », « le sexe, c’est surfait », « coucher, c’est sain »… Bon, ben si je deviens pas schizophrène avec tout ça…

 sexe-magazine

Dans le livre d’Anne Steiger, la vie sexuelle des magazines (promis, je vais pas vous saouler 3 mois avec, je suis en train de lire profession stagiaire, je vais vous emmerder avec ça, à la place), la jeune femme met parfaitement en lumière cette espèce de schizophrénie. D’abord, selon les titres, on me parle soit de sexe et de ma misère amoureuse, soit d’histoires de couples. On parle drague, séduction, on dit qu’il faut oser mais pas trop, qu’on peut coucher le premier soir sauf si on veut que ça dure (jamais compris cette théorie). Moi, j’ai du mal à dire dès le premier soir si je veux que ça dure ou pas. Donc voilà, on nous bourre le mou avec l’échangisme, la sodomie, le triolisme, l’amour à la plage, dans la mer, au camping, dans la voiture, à l’hôtel, dans un champ, sur une pelouse, dans une piscine… Et là, on vient m’expliquer que l’abstinence, finalement, c’est top. Si je pouvais m’abstenir de coucher dans tous les lieux sus-nommés et même dans un lit. Il faut pas le faire ! D’abord, si je peux garder ma virginité pour the only one, ce serait mieux.

Bon, j’ai jamais fait ma vie rapport aux magazines mais voilà, on nous dit de coucher avant de nous expliquer qu’être vierge, finalement, c’est mieux. Messieurs dames des magazines, tout d’abord, je tiens à vous informer que la virginité, ça repousse pas. On peut se faire recoudre l’hymen mais j’en vois pas l’intérêt. Et puis je veux bien me réserver pour the only one mais je le reconnais comment. Ah, bon, y a bien quelques magazines qui m’expliquent mais ça marche pas, leur truc. Moi, quand je crois le reconnaître, ben, c’est pas lui. Par contre, je sais très bien reconnaître celui qui ne fera que passer mais s’il me plaît, je vais pas me priver.

Au-delà du diktat des magazines que je ne suis pas, on en revient toujours au même problème : il faut être prude et pute en même temps. Non mais quelle schizophrénie ! Souvent, les hommes veulent la pute pour coucher, la prude pour se marier et se reproduire. Ok sauf que comme dit précédemment, moi, dès le départ, je peux pas savoir si c’est pour une nuit ou pour la vie. Enfin, si c’est un plan cul, si, je le sais, mais si on forme un couple, comment savoir ? Dois-je attendre le moment X avant de sauter le pas ? Si ça dure longtemps, ça
posera pas de problèmes mais si c’est une liaison courte, ça me fera chier de pas en profiter. De la même façon, à partir du moment où je veux faire ma vie avec un mec, ça veut dire que je n’ai plus droit à aucune fantaisie sexuelle ? Parce que je dois être la sainte épouse ? Non mais ça va, oui ? Ok, comme disait Olivier l’autre jour en comm, la sodomie n’aide pas à 
la reproduction mais bon…

 

Alors voilà, les magazines m’expliquent tout et son contraire. Outre ma vie sexuelle, ils me dictent la mode (qui change tous les mois, Seigneur !), ma coupe de cheveux (le problème, c’est que là aussi, on passe d’une brosse à des cheveux très longs en un mois), mon parfum, mes crèmes de soin, mes amis, mon boulot… Bref, toute ma vie est censée être régie par les magazines. Ils m’expliquent tout ce que je dois savoir sur mon propre corps. Que la sodomie est à la mode… Ah mais non, c’est le triolisme maintenant ! Et t’es pas allée en boîte échangiste ? Mais quelle oie blanche, tu devrais avoir honte ! Et puis tes bottes à talons, là… Mais ma pauvre fille, c’est d’un ringard. Ok, tu les as payées 140 euros le mois dernier parce que je t’ai dit de le faire mais la mode, ça évolue…

Des fois, je me demande si les magazines ne se sentent pas un peu ridicules de prôner un truc un mois et pile le contraire l’autre mois mais Anne Steiger analyse très bien l’évolution des titres de mois en mois, c’est proprement hilarant. En gros, c’était du : « tu dragues et tu chopes », mois suivant : « les premiers pas en couple », le mois d’après : « la routine s’installe » puis « comment le quitter » puis « un coup d’un soir, ça fait du bien » avant de revenir sur « comment trouver le bon ».

Seulement voilà, en vrai, ma vie ne suit pas les timing des journaux (comme si j’avais que ça à faire, tiens). Et puis, ça m’agace qu’on m’explique où est mon point G et comment me masturber (je vous ai pas attendus !), qu’il faut que je couche ou pas mais ça dépend si je veux que ça dure ou pas. Aujourd’hui, la femme est bombardée de modèles différents et incohérents, il faut être femme, mère, business woman, épouse, pute, amante, amie, dominatrice, soumise… Au secours, j’ai mal à la tête ! J’exagère ? Ben non. Aujourd’hui, une femme arrive pour postuler à un emploi, si elle approche de la trentaine, ça va faire tilt dans la tête du DRH : 30 ans = un bébé bientôt. Parce qu’une femme doit forcément être mère… Sinon, c’est un non-sens, une hérésie. Toutes les femmes rêvent de bébé, c’est génétique, on vous dit. Parce que ces journaux nous comprennent mieux que nous nous comprenons nous-mêmes. Toutes les filles sont
des salopes qui ont des pulsions. Ok, sauf les frigides mais rassurez-vous les filles, on l’aura toute notre orgasme, un jour. Donc voilà, on consomme du sexe mais au fond, nous sommes toutes des grandes romantiques qui n’attendons que notre Roméo et quand on l’aura, on sera fidèle… ou pas mais quand même si. Parce que c’est le bon, qu’on l’aime, qu’on veut vivre avec et même faire des
bébés. Mais bon, les magazines féminins, ça les emmerde un peu parce qu’à partir du moment où on se reproduit, on les abandonne pour des titres plus… moins… enfin, vous voyez quoi, moins pintades !

Bref, être une femme, c’est pas tous les jours facile, facile. Le plus simple ? Etre soi et se foutre de ce que nous disent ces foutus magazines.