La schizophrénie de la femme des années 2000

En tant que jeune femme des années 2000, je vis dans un bain médiatique permanent. Même si je ne lis pas tous les journaux, en particulier féminins, sans doute parce que j’ai pas que ça à foutre non plus. Mais ça n’empêche pas que les titres me sautent aux yeux. « Comment atteindre l’orgasme à coup sûr », « coucher n’est pas sale », « la vérité sur mon point G », « pourquoi il ne faut pas coucher le premier soir », « le sexe, c’est surfait », « coucher, c’est sain »… Bon, ben si je deviens pas schizophrène avec tout ça…

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Dans le livre d’Anne Steiger, la vie sexuelle des magazines (promis, je vais pas vous saouler 3 mois avec, je suis en train de lire profession stagiaire, je vais vous emmerder avec ça, à la place), la jeune femme met parfaitement en lumière cette espèce de schizophrénie. D’abord, selon les titres, on me parle soit de sexe et de ma misère amoureuse, soit d’histoires de couples. On parle drague, séduction, on dit qu’il faut oser mais pas trop, qu’on peut coucher le premier soir sauf si on veut que ça dure (jamais compris cette théorie). Moi, j’ai du mal à dire dès le premier soir si je veux que ça dure ou pas. Donc voilà, on nous bourre le mou avec l’échangisme, la sodomie, le triolisme, l’amour à la plage, dans la mer, au camping, dans la voiture, à l’hôtel, dans un champ, sur une pelouse, dans une piscine… Et là, on vient m’expliquer que l’abstinence, finalement, c’est top. Si je pouvais m’abstenir de coucher dans tous les lieux sus-nommés et même dans un lit. Il faut pas le faire ! D’abord, si je peux garder ma virginité pour the only one, ce serait mieux.

Bon, j’ai jamais fait ma vie rapport aux magazines mais voilà, on nous dit de coucher avant de nous expliquer qu’être vierge, finalement, c’est mieux. Messieurs dames des magazines, tout d’abord, je tiens à vous informer que la virginité, ça repousse pas. On peut se faire recoudre l’hymen mais j’en vois pas l’intérêt. Et puis je veux bien me réserver pour the only one mais je le reconnais comment. Ah, bon, y a bien quelques magazines qui m’expliquent mais ça marche pas, leur truc. Moi, quand je crois le reconnaître, ben, c’est pas lui. Par contre, je sais très bien reconnaître celui qui ne fera que passer mais s’il me plaît, je vais pas me priver.

Au-delà du diktat des magazines que je ne suis pas, on en revient toujours au même problème : il faut être prude et pute en même temps. Non mais quelle schizophrénie ! Souvent, les hommes veulent la pute pour coucher, la prude pour se marier et se reproduire. Ok sauf que comme dit précédemment, moi, dès le départ, je peux pas savoir si c’est pour une nuit ou pour la vie. Enfin, si c’est un plan cul, si, je le sais, mais si on forme un couple, comment savoir ? Dois-je attendre le moment X avant de sauter le pas ? Si ça dure longtemps, ça
posera pas de problèmes mais si c’est une liaison courte, ça me fera chier de pas en profiter. De la même façon, à partir du moment où je veux faire ma vie avec un mec, ça veut dire que je n’ai plus droit à aucune fantaisie sexuelle ? Parce que je dois être la sainte épouse ? Non mais ça va, oui ? Ok, comme disait Olivier l’autre jour en comm, la sodomie n’aide pas à 
la reproduction mais bon…

 

Alors voilà, les magazines m’expliquent tout et son contraire. Outre ma vie sexuelle, ils me dictent la mode (qui change tous les mois, Seigneur !), ma coupe de cheveux (le problème, c’est que là aussi, on passe d’une brosse à des cheveux très longs en un mois), mon parfum, mes crèmes de soin, mes amis, mon boulot… Bref, toute ma vie est censée être régie par les magazines. Ils m’expliquent tout ce que je dois savoir sur mon propre corps. Que la sodomie est à la mode… Ah mais non, c’est le triolisme maintenant ! Et t’es pas allée en boîte échangiste ? Mais quelle oie blanche, tu devrais avoir honte ! Et puis tes bottes à talons, là… Mais ma pauvre fille, c’est d’un ringard. Ok, tu les as payées 140 euros le mois dernier parce que je t’ai dit de le faire mais la mode, ça évolue…

Des fois, je me demande si les magazines ne se sentent pas un peu ridicules de prôner un truc un mois et pile le contraire l’autre mois mais Anne Steiger analyse très bien l’évolution des titres de mois en mois, c’est proprement hilarant. En gros, c’était du : « tu dragues et tu chopes », mois suivant : « les premiers pas en couple », le mois d’après : « la routine s’installe » puis « comment le quitter » puis « un coup d’un soir, ça fait du bien » avant de revenir sur « comment trouver le bon ».

Seulement voilà, en vrai, ma vie ne suit pas les timing des journaux (comme si j’avais que ça à faire, tiens). Et puis, ça m’agace qu’on m’explique où est mon point G et comment me masturber (je vous ai pas attendus !), qu’il faut que je couche ou pas mais ça dépend si je veux que ça dure ou pas. Aujourd’hui, la femme est bombardée de modèles différents et incohérents, il faut être femme, mère, business woman, épouse, pute, amante, amie, dominatrice, soumise… Au secours, j’ai mal à la tête ! J’exagère ? Ben non. Aujourd’hui, une femme arrive pour postuler à un emploi, si elle approche de la trentaine, ça va faire tilt dans la tête du DRH : 30 ans = un bébé bientôt. Parce qu’une femme doit forcément être mère… Sinon, c’est un non-sens, une hérésie. Toutes les femmes rêvent de bébé, c’est génétique, on vous dit. Parce que ces journaux nous comprennent mieux que nous nous comprenons nous-mêmes. Toutes les filles sont
des salopes qui ont des pulsions. Ok, sauf les frigides mais rassurez-vous les filles, on l’aura toute notre orgasme, un jour. Donc voilà, on consomme du sexe mais au fond, nous sommes toutes des grandes romantiques qui n’attendons que notre Roméo et quand on l’aura, on sera fidèle… ou pas mais quand même si. Parce que c’est le bon, qu’on l’aime, qu’on veut vivre avec et même faire des
bébés. Mais bon, les magazines féminins, ça les emmerde un peu parce qu’à partir du moment où on se reproduit, on les abandonne pour des titres plus… moins… enfin, vous voyez quoi, moins pintades !

Bref, être une femme, c’est pas tous les jours facile, facile. Le plus simple ? Etre soi et se foutre de ce que nous disent ces foutus magazines.

Mars et Venus ne se rejoignent jamais ou presque

Par Tatiana
Aujourd’hui j’ai décidé de rebondir sur un article de Nina, précédemment publié, sur la psychologie masculine, en donnant moi aussi mon avis sur cette épineuse question. Cette idée m’est venue ce WE en parlant avec le copain d’une de mes amies. C’est d’autant plus d’actualité qu’aujourd’hui, au moment même où j’écris ces lignes, je suis en train d’attendre des news d’une personne de la gente masculine qui met beaucoup trop de temps à mon goût à se manifester, et j’ai deux de mes amis masculins qui ne répondent ni aux mails ni aux messages en ce moment (ça fait plaisir là, je me sens pas du tout rejetée).

Ce WE j’étais à Grenoble chez Sandra, qui vit là-bas depuis 4 ans (ou 5 peut-être). Après un samedi après-midi shopping, activités hautement parisienne et féminine – oui, parce qu’à Grenoble (ou Gre pour les habitués de cette ville) on ne fait pas du shopping le WE mais du sport, et d’ailleurs moi je fais un peu figure d’hérétique en tant que parisienne qui va là-bas mais pas pour faire du ski. Donc, après notre shopping nous avons rejoint son tendre et cher dans un café pour papoter un peu. Au passage le café était très sympathique : décors très tendance et le capuccino vous est servi avec des gâteaux et de la chantilly dans un petit ramequin à part. Nous voilà partis à parler de tout et de rien et plus précisément de ce que nous allions faire le soir : un resto entre nanas. Sandra propose à sa moitié de venir mais comme de par hasard il nous dit qu’un mec avec 4 nanas ca va pas vraiment le faire, et que ces messieurs risquent d’en prendre pour leur grade, genre « tous des salauds… ». Là je lui réponds que non peut-être pas aussi poussé mais que quand même y a des fois où il sont franchement maladroits ces hommes. Là, il sourit et me dit qu’ils pensent la même chose de nous. C’est à ce moment précis que j’ai été interpelée par ce fait : les hommes et les femmes ne se comprennent pas mais pensent la même chose. Pourquoi n’arrivons nous pas à nous comprendre mutuellement ? Vaste question sur laquelle je pense qu’il n’y a pas de réponse, mais seulement des exemples d’incompréhensions qui glissent sur des quiproquos voire des conflits stupides qui n’auraient pas lieu d’exister.

Premier exemple : depuis ce matin j’attends (désespérément je l’avoue) qu’un homme me donne de ses nouvelles car il est rentré de vacances et silence complet. Bien sûr tout de suite je me dis « ça y est il en profite pour faire le mort, le lâche ! le con !…». c’est vrai cette solution est peu être envisageable, mais avant de m’écrier à la trahison je ferais peut-être bien de me renseigner sur ce qu’il en est réellement car très souvent il y a une raison et l’on s’énerve pour rien. Imaginons que je décide de lui envoyer un mail d’insultes bien construites qui lui explique la manière dont je le perçois en ce moment. Si je me trompe, là c’est sûr il va mal le prendre et du coup il va s’énerver, moi je vais m’énerver et on aura gagné une engueulade, voire une rupture définitive. Car de son point de vue il ne voit pas où est le mal, donner de ses nouvelles aujourd’hui ou demain quelle différence ? Ici est le cœur du problème : les hommes ne pensent pas comme les femmes et inversement. Mais pourquoi sommes nous faits ainsi ?

J’entends très souvent mes amis mâles me dirent que nous sommes trop exigeantes (et là je cite une personne bien précise) : nous voulons un homme doux et violent à la fois, sûr de lui et timide à la fois, viril-poilu et épilé intégralement à la fois, bavard et muet comme une carpe à la fois, vieille école et sex toys/new sex à la fois, et je m’arrêterai là car la liste était encore longue. Mais messieurs je peux vous retourner la pareille car vous voulez une femme qui soit amie, amante et mère à la fois, il faut qu’on soit toujours disponible quand vous voulez nous voir mais il faut pas que l’on soit trop sur vous et qu’on exige trop de vous. Il faut que vous sentiez qu’on vous aime mais faut pas non plus tomber dans les « je t’aime » toutes les deux minutes. Bref, tout autant de paramètres à gérer qui fait que nous aussi on a des tendances schizophrènes.      

Autre exemple, hier (oui nous sommes un jour plus tard depuis le début de mon article) en plus de ne pas avoir eu de nouvelles de M. X je me suis pris un vent monumental par mes anciens collègues de boulot avec qui je voulais manger aujourd’hui. Je leur avais envoyé un mail et pas de réponse. Donc le soir, j’envoie un deuxième mail en disant que vu que pas de réponse, pas de déj. Car je viens pas sans confirmation, moi, imagine qu’ils soient pas là ou autre chose. Et ce matin je reçois un mail de l’un d’eux qui me dit « ben pour moi c’était ok… » voilà encore une nouvelle fois la démonstration de nos différence de formatage cérébral. Pour eux, le fait de ne pas répondre ça voulait dire ok, mais comment j’aurais pu le deviner ??? N’étant pas madame soleil je ne sais pas encore passer par le réseau internet pour atteindre le cerveau des gens.

Alors comment faire pour se comprendre ? La seule solution semble être que chacun dise explicitement ce qu’il ressent à chaque fois afin d’éviter tout malentendu. Mais cela deviendrait vite invivable. Toujours en illustration, les fameuses phrases du genre « non c’est pas la peine de m’appeler » alors que nous la seule chose qu’on attend c’est que vous nous appeliez. En fait c’est très simple, la plupart du temps quand on dit ce genre de chose on le pense vraiment, enfin à la base. Mais c’est pas pour autant qu’on vous interdit de nous appeler (ou autre chose) au contraire si vous le faites sans qu’on vous l’ait suggéré c’est encore mieux. Mais si vous le faites pas là c’est plus ou moins le drame car entre temps on se dit « ah mais il appelle pas, d’accord je lui ai dis de pas le faire mais c’est pas une raison, il tient pas à moi… » – oui je sais, l’imagination féminine a cette merveilleuse capacité d’emphase que l’on aime tant.

 

Entre temps j’ai reçu une réponse de ce fameux (et mystérieux) M. X. Réponse chaleureuse qui explique le pourquoi de sa non manifestation plus tôt, mais qui n’a pas du tout l’air de rendre compte que moi de mon côté je me suis fait tout un tas de films noirs, du genre le pire du pire. Il ne le saura jamais d’ailleurs car je me vois mal lui faire une scène parce qu’il a mis un jour de trop à m’écrire. Vu que lui il ne sait pas tout ce qui m’a traversé l’esprit, il comprendrait rien du tout à ce que je pourrais lui dire, et je passerai pour une folle hystérique alors que bon quand même c’est pas mon cas je vous assure. Mes deux autres amis se sont eux aussi manifestés entre hier et ce matin, donc finalement tout est rentré dans l’ordre.