J’ai testé pour vous la réunion sex toy

Et j’avoue que j’étais pas super enthousiaste de prime abord.

Comme je vous l’ai dit lundi, j’étais convoquée samedi pour un enterrement de vie de jeune fille avec en clou de soirée, non pas un strip teaseur (c’est tellement vulgaire ceci étant dit) mais la soirée tupperware des filles coquines : la soirée sex toy. En gros, ce qui me dérange, c’est la sensation d’être limite obligée d’acheter alors qu’en matière de sex toy, j’ai déjà ce qu’il me faut (et que pour dire la vérité, rien ne vaut le manuel, je crois). Mais n’étant ni la future mariée, ni une témoin organisatrice, ni chieuse, je n’ai rien objecté quand j’ai eu le programme. Et c’est parti pour la réunion sextoy.

20h30, nous sommes tous chez la belle soeur anglaise de Léna dans un appart intéressant. Comme dirait Stéphane Plaza, c’est un produit atypique, j’ai bien aimé sur le coup. En gros, c’est une sorte d’ancien atelier en RDC sur cour aménagé en duplex un peu étrange. Sympa mais inchauffable en fait. C’était la minute immobilier. Bref, on papote en mangeant des cochonneries et en buvant de l’orangina quand arrive une jeune femme que nous ne connaissons pas : la vendeuse. Sympa, dynamique. On s’installe toutes autour d’une table avec une coupe de champagne (quand même !) et c’est parti. En un, on remplit un questionnaire sur le sexe qui nous dit que, ahah, le corps n’est que jouissance et zones érogènes, même que si on n’a jamais eu d’orgasme rien qu’en recevant des caresses sur les seins, c’est que notre mec s’y prend mal (et sans doute nous aussi, la masturbation, cette réalité niée ?). On apprend également que si un mec est câlin et tactile, c’est parce que sa maman l’a été avec lui. Le papa, manifestement, il fait pas de câlins donc on n’en parle pas. Soit.

Après ce questionnaire limite culpabilisant à base de “huhu, vous n’y connaissez rien en sexe”, c’est parti pour la vente en 4 parties : les huiles et bougies de massage, la lingerie, les jeux pour adultes et les sextoys.

Les huiles et bougies : pourquoi pas sur le papier, c’est vrai que je n’en ai pas. Il y a des huiles chauffantes, le principe de bougies qui se transforment en huile chaude (mais pas brûlante) est sympa mais je bloque un peu sur les odeurs de bonbons et de bubble gum. Et je passe sur le gloss qui fait un effet chaud froid hyper désagréable mais, je cite “c’est pour faire plaisir aux mecs, pas à vous”. Oui, souffrir pour sucer son mec, quelle noble façon de procéder. (sinon, en gratuit, le glaçon ou le thé, ça marche bien. Ou le champagne mais c’est plus cher. C’étaient les conseils de Tatie Nina).

La lingerie : je sais pas trop, elle montrait un catalogue, j’étais loin et j’avais pas mes lunettes donc j’ai un peu somnolé. Je retiens juste : “les filles, faut pas négliger la lingerie parce que sinon, vos mecs iront voir ailleurs”. Ok, je lâche l’affaire, je sens Laure, une autre copine de la plongée, bouillir à côté de moi. Je retiens juste que je suis pas très chaude à l’idée d’acheter un déguisement mère Noël pour être sexy.

Les jeux pour adultes : Bah, Dieu merci, j’ai pas besoin de dés ou de petits papiers (29 € le jeu de petits papiers, je vais me les fabriquer moi même alors) pour avoir quelques idées de positions à pratiquer. Surtout qu’au moment M, j’ai un peu autre chose à faire que de lancer des dés.

Les sextoys : je dois avouer que y a eu du progrès depuis mon Jack, ils sentent plus trop le latex. A part ça, c’est amusant, y en avait quelques uns d’éventuellement tentants mais les prix m’ont largement freinée. 70 € en moyenne la bite en plastique, bof bof. Sans parler de la vibration. Il y a en avait, je vais l’appeler le triple play parce que je connais pas son vrai nom, en gros, tu as un gode qui s’enfonce dans le vagin plus deux bras stimulateurs pour le clito et l’anus. Ok, bien. Appuyons donc sur le bouton pour le faire vibrer. Vitesse 1, ok, vitesse 2, m…Moui. Vitesse 3… OH PUTAIN ! Mais hors de question que je mette un truc aussi violent dans mon vagin, ça va me balancer Güdrun direct dans l’estomac et me déchausser les dents.

Fin de la réunion, celles qui n’ont envie de rien peuvent s’éclipser. Eclipsons nous alors parce que non, rien ne justifie que je fasse chauffer la CB. La fille était sympa et on a bien rigolé mais me reste une interrogation : comment se fait-ce que lors d’une réunion sextoy entre filles, le plaisir de l’homme prenne autant de place ?

J’en reparlerai demain (ou un autre jour, comme d’hab).

Devenez un pro du sexe en dix minutes

L’autre jour, je suis allée déjeuner avec Gauthier puis je me suis baladée dans le rayon librairie de Virgin voir si un nouveau volume de mon manga préféré était sorti. Ben non. Je tombe alors nez à nez avec une table sur laquelle est exposée divers ouvrages : « Le sexe pour les nuls » « Devenir un pro du sexe », « le kama sutra facile » et autres ouvrages du genre. Bon, c’est pas nouveau que le sexe fait vendre mais là, on sent que l’été approche.

 

De façon toute personnelle, je n’ai pas ce genre de manuel. J’ai bien regardé sur le site d’aufeminin.com les petits conseils, je me suis poilée pendant une heure sur leur flûte enchantée mais une fois que je suis dans les mains expertes d’un homme, j’avoue que je calcule plus rien. Peu importe que ma jambe soit à 30 ou 45° honnêtement, j’ai pas mon compas, de toute façon. Une fois, en fouillant dans les livres de mes parents pour sustenter ma soif de littérature, j’ai trouvé un petit manuel de sexualité. Rien de bien hot, ça faisait plus « petit manuel
d’apprentissage pour les pucelles romantiques » avec de jolis dessins de couple au crayon de couleur. Tout ce que je savais déjà sur la lubrification naturelle du vagin, sur la pénétration et tutti quanti était là. Apparemment, ce livre a disparu, depuis, c’est bien dommage : je l’aurais refilé à mes enfants. Tant pis, je leur passerai « step up love story », manga érotico-rigolo, pour s’informer. Je suis une pédagogue née, y a pas à dire.

En fait, ces manuels me font marrer. Pas tant leur contenu que leur utilisation, je ne peux m’empêcher d’imaginer. Petite mise en situation burlesque. Gianni, mon voisin très buonito (qui n’existe pas en vrai, mes voisins sont soit vieux, soit moches, soit cons, soit les trois), me propose un petit dîner chez lui. Comme il me l’a demandé en me regardant droit dans les seins en se caressant distraitement le torse, je me dis qu’il y a quéquette sous couette. Mais voilà, Gianni, il est Italien et comme je suis traumatisée par Stallone (l’étalon, là…), je cours à la FNAC m’acheter « toi aussi deviens une pro du sexe en 10 minutes ». J’étudie, je m’entraîne toute seule chez moi (super ridicule), je fais des fiches. Soir X… Je suis tellement spontanée que je deviens la pire des amantes et Gianni pense désormais que j’étais vierge et que j’avais fait mon éducation sexuelle devant des films érotiques.
 

Autre mise en situation. Voilà, je sors officiellement avec Sagamore (ben oui, c’est plus Brad) depuis genre 6 mois et on a envie de pimenter notre vie sexuelle. Donc on s’achète un petit manuel « grimpez au rideau à coup sûr ». On rentre et tout émoustillés, on se jette l’un sur l’autre, on vire les fringues et là…

« Bon, sors le bouquin 
– Tiens, on pourrait faire ça.

– Ah ouais. Bon alors, comment ils disent ? Bon, tu mets ta jambe comme ça et moi comme ça… Ah non, c’est l’inverse

– Oui, ça m’étonnait aussi que je me retrouve avec ma jambe autour de ma taille.

– Ah, zut, mon bras me gêne…
– Oui, tu dois le mettre là.

– Ah (pif, je lui file un coup au passage). Pousse-toi, j’arrive pas à mettre mon bras !

– Oui mais si on bouge, on va perdre la position
– Ah ça y est !
– Ouais mais laisse tomber, je bande plus. »
Bon, j’avoue que j’exagère un poil mais c’est l’idée.
 

Je me demande toujours ce qui pousse les gens à acheter ce genre de bouquins. Non parce que s’il y en a autant, c’est que ça doit marcher. Il me semble même en avoir vu un qui s’appelait genre : « Bien faire l’amour dans le noir ». Juste ciel ! Personnellement, je considère que le sexe est quelque chose d’assez spontané. Avant de me lancer dans une brouette, je ne fais pas le menu. « Alors, on va commencer comme ça puis après, on pourrait enchaîner sur ça puis terminer ainsi. T’es partant ? ». Et l’improvisation, nom de nom ? Déjà, quand je suis avec un mec, je prévois pas le quand alors le comment, c’est d’un ridicule ! Moi, je préfère quand ça commence tout doucement et quand, sans qu’on comprenne comment, on retrouve la tête sous le bureau (oui, c’est du vécu, hum…).

Pour moi, le sexe, c’est un art. On peut apprendre la technique dans des livres mais ça ne veut pas dire qu’on sera doués pour autant. J’ai des livres de dessin à la maison, vous avez bien vu le résultat. Je peux acquérir la technique mais si j’ai pas le petit plus qui fera le « génie »… D’autant que, pour moi, le sexe, ça ne se pratique pas de la même façon selon le partenaire. C’est idiot de le dire mais c’est vrai. Avec un amant qui ne me satisfait que moyennement, je vais pas multiplier les brouettes acrobatiques alors qu’avec un mec particulièrement doué… Par ailleurs, certains mecs ont des particularités. Par exemple, avec Laurent, monsieur ne pouvait pas prendre son pied si je me la jouais pas amazone. Bon, ben, c’était comme ça mais c’était un peu lourd à force. J’aime pas les systématismes.

Bref, je me demande quel est le public de ce genre de livres surtout qu’il suffit de parfois bouger la jambe de 3 mm pour que la position étudiée prenne un autre nom. Le mieux : les magazines féminins qui nous expliquent que telle ou telle position pour se muscler. Alors certes, le sexe, c’est du sport mais je me vois bien dire à mon mec : « Non, chéri, on le fait comme ça, j’ai besoin de travailler mes abdos. » Bon, si le mec se barre pas en courant, j’aurai de la chance.

Plus sérieusement, autant ça peut flatter l’imagination, ce genre de lecture, autant une fois dans le feu de l’action, je suis pas foutue de penser technique. Franchement, si je commence à me dire « bon, alors, contracte les cuisses comme ça, ça va les affiner. Tourne-toi un peu, ça permet une meilleure pénétration. Ah, il a l’air d’apprécier. Maintenant, je vais passer ma jambe là, comme ça, on va passer direct de la brouette tonkinoise à sa variante javanaise. Ouah, on a changé de position, c’est cool », ben, forcément, je serai moins impliquée dans le truc. Je ne calcule pas. Je laisse faire. Et curieusement, y a que comme ça que je prends mon pied. Si je cogite, je décolle pas, c’est mathématique.

Le sexe, ça s’apprend pas dans les livres, ça se vit. Alors laissons la théorie au placard, rien ne vaut la pratique !