N’importe qui peut faire mon métier

 Il y a pas mal de temps, j’ai lu un article d’Hervé Brusini sur les journalisme et la blogosphère (Le journalisme, quand Internet est roi…, dans Le Monde du 05 mars… Oui, je
fais preuve d’une incroyable réactivité, là). Le lisant dans le train reliant mon sud adoré à Paris, j’étais déjà passablement de mauvaise humeur grâce à l’heure et demie de retard de mon train.
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Là, je lis la prose de M. Brusini et je suis passablement agacée. « Tous journalistes ? ». Ben tiens, c’est bien la peine que je me sois fait chier à faire 7 ans d’études alors que journaliste, c’est pas quelque chose qu’on devient, c’est quelque chose qu’on est. Hé oui, moi, je fais ma maline avec mon « master professionnel de journalisme » mais n’importe qui peut faire la même chose que moi.

Le blogueur est-il un journaliste ? Rien ne m’agace plus que cette affirmation. Qu’est-ce qu’un blogueur ? Quelqu’un qui écrit, se filme ou parle, nous sommes d’accord, il utilise finalement les mêmes formats qu’un journaliste. Je ne dénigre pas le média blog, sinon, j’aurais pas les miens ! Je trouve que les blogs, bien utilisés, sont un vecteur
d’information tout à fait intéressant, j’en lis tous les jours. Mais ce que j’aime dans leur blog, c’est leur subjectivité, leur légèreté.

Quand j’écris un article pour mes blogs, je suis en mode « fille ordinaire de 27 ans » et pas en mode journaliste. En gros, je ne fais pas de recherche documentaire, je décroche pas mon téléphone pour un entretien, avoir l’avis d’un psy, d’un sociologue ou d’un politologue, je croise pas les infos, j’ai pas de dossier de presse. Quand j’écris un article de blog, je me pose juste devant mon ordi et je plaque mes idées sur l’écran et ça ne va pas plus loin. C’est totalement subjectif et je le revendique. J’ai d’ailleurs dû m’énerver car pas mal d’internautes me reprochaient mes opinions, m’expliquant que « pour une journaliste », j’avais des avis bien tranchés. Apparemment, on est tous journalistes mais ceux qui en ont le diplôme n’ont pas le droit d’avoir un avis.

Un blog n’est-il pas finalement que la vision écrite (ou filmée) d’une conversation du café du commerce. Ici, je vais m’amuser à analyser l’actu, à donner mon opinion mais je ne
pose aucune vérité établie, je ne cherche pas à recouvrir ma prose d’un vernis de crédibilité pour vous faire adhérer à mon avis. Pour moi, la différence majeure entre journal et blog, c’est le but. Un journal cherche à informer et à faire comprendre alors que le blogueur cherche à partager. Une musique, un coup de cœur, une opinion mais il partage.

Je suis un peu fatiguée par cette volonté de toujours opposer les uns aux autres. Le fait de bloguer n’est pas du journalisme et je trouve très grave de faire l’amalgame. Parce que
c’est écrit, on a l’impression que c’est indiscutable, on se méfie plus des journalistes que des blogueurs sous prétexte que les blogueurs annoncent clairement leurs orientations politiques et sont « libres ». Pourtant, pas mal d’intox circulent sur le net comme les nombreux hoax qu’on reçoit par mails et que certains prennent pour argent comptant.

Le journaliste, lui, a une obligation morale et éthique de ne pas avancer n’importe quoi. Notre métier implique non seulement un savoir-faire qui ne s’acquiert pas en claquant des
doigts, un réseau constitué au fil des expériences, une rapidité d’exécution née de la pratique mais surtout une déontologie. La rumeur ne doit pas faire les choux gras des journaux. Bien sûr, ça, c’est la théorie. Mais tout de même, je suis lassée de voir à quel point mon métier est bradé aujourd’hui. Bien sûr que je savais écrire avant de commencer mon « master professionnel ». Mais j’oubliais parfois, comme mes camarades, que le but premier d’un article, c’est d’informer donc les titres semi obscurs genre on fait du Libé mais on pousse le bouchon trop loin, on oublie. Si on veut faire des effets de style qui rendent nos propos limite incompréhensible, on écrit un roman. Un article de journal, il faut que ce soit compréhensible pour tous. Sujet, verbe, complément, pas la peine de faire des phrases de 4 km de long. On apprend aussi l’art de choisir la bonne photo, comment fonctionne une caméra, ce qu’il faut filmer, les montages d’images qui donnent du sens, éviter les faux plans, les mauvais raccords, travailler sa voix pour la faire paraître plus spontanée. Quoi qu’en disent certains qui méprisent le journaleux, c’est
un vrai métier.

Mais Pourquoi sont-ils si méchants?

Par Diane
Aujourd’hui, j’ai à vous soumettre une grande perplexité personnelle. Je me suis pris récemment un PAF dans la gueule, si je puis m’exprimer ainsi, qui me rend de fait assez perplexe sur le fonctionnement de la petite cacahouète gluante qui flotte dans notre boite cranienne.
En effet, en faisant un tour d’horizon du Paysage Audiovisuel Français, je constate qu’il est extrêmement à la mode, chez les animateurs, d’être méchant.
Que ce soit Baffie, carlier/fogiel ou encore cette grosse bouse incommensurable que peut être le maillon faible, il est très tendance de se faire démolir la gueule avec le sourire silvouplait, devant des milliers de téléspectateurs ravis. Tiens encore récemment, j’ai pu voir sur le cable une formidable émission américaine, un petit bijou du genre, où un teenage fait sur mesure genre roi/reine de promo devait choisir sur des critères personnels un partenaire avec qui fricoter derrière un arbre, ce choix devant s’effectuer entre une belle brochette de prototypes
du même genre, qui attendent patiemment leur tours dans un beau camion. Mais c’est formidable, me dites vous, ces jeunes pousses innocentes et naives peuvent s’ouvrir à l’amour! Eh bien le meilleur, c’est que les candidats en question (ceux qui sont dans le camion) ont pour but de rester le plus longtemps possible en présence de roi/reine de promo, car chaque minute passée en plus leur fout un dollar dans la poche… merveilleux non?
Et même une fois les candidats écartés un par un par le jugement juste et réfléchi du roi de promo (« suivant! ah nan, tes dents, elles sont franchement trop moches! ; -elle avait un gros cul celle là! – j’aime pas les rousses, elles puent! »), le petit veinard qui se retrouve dernier en lice, a le choix entre partager un nouveau rendez vous d’amûûûr et voir éclore les
émouvants prémisses d’une timide et gauche idylle naissante…..ou se barrer de là avec 200 dollars en poche. (« elle vaut pas 200 dollars, cette morue! »)
Et bien sûr, en attendant, on a le droit à une petite présentation de chaque candidat en lice qui émet clairement et prosaïquement ses arguments de vente: « j’mappelle Michael, j’ai 21 ans, et jvais tous les éclater avec mes muscles, cette bande de gros mous! » ou, version féminine « jm’appelle Kelly -jennifer, brenda, ou tout autre de la bande à beverly hills- j’ai 19 ans et avec moi, ces pétasses n’ont qu’à bien se tenir! » (démonstration à l’appui de ses qualités individuelles par un trémoussage lascif et interdit au moins de 12 ans > flouté parce qu’elle se tripote à moitié les nichons) Bref cette émission est un beau petit  joyau de connerie et de concupiscence, et je pèse mes mots.

Alors, que les téléspectateurs se repaissent hagards et béats de méchanceté, de cruauté et d’humiliation, bon, ça… et encore, (moi même j’avoue être une inconditionnelle du Dr House et que Carlier quand il était à france inter, me faisait bien marrer) il me semble que la méchanceté peut avoir ça d’intéressant qu’elle est pratiquée par des gens intéressants. (un génie froid et méchant, ça fascine, un mec con et méchant, ça bassine), MAIS que les gens se plient à cela, que les invités viennent à ces émissions là, qu’ils se bousculent au portillon
pour venir se faire insulter…..ça me dépasse. 
Alors j’ai tenté de trouver quelques explications qui valent ce qu’elles valent:
1/Ils sont masos (dixit  Kenickie à Rizzo -grease-, «  »rhhaa insultes moi vas y j’adooore çaaa »)
2/ils sont absolument prêts à tout pour une illusoire et éphémère heure de gloire en passant à la télé et pourront soupirer d’aise en entendant leurs boulangers raconter à mme robichet comment ils se sont fait anéantir l’amour propre en direct live.
3/cela permet à eux spectateurs frustrés de vivre par procuration leur propre méchanceté qu’ils sont obligés de contenir au quotidien
4/quelque part, la méchanceté donne un certain contrôle sur l’autre, et est donc jouissive, même si ça parait un peu autodestructeur. (cf JP Sartre: « moi je suis méchant, ça veut dire que j’ai besoin de la souffrance des autres pour exister ») Un monsieur spécialiste de la question nous affirme même que « les méchants ne sont pas heureux. sans cicatriser leurs plaies anciennes, leur méchanceté en ouvre de nouvelles. Leur besoin de tout maîtriser les rend incapables d’avoir des relations humaines simples. Ils rabaissent les autres pour se sentir supérieurs. en vain. Leur ego démesuré n’éponge jamais totalement leur misère sentimentale. » ouf. Les livres et le films avaient donc raison, les méchants sont toujours punis!! (on a eu chaud, quand même)


Bref, cet engouement pour les méchants et la méchanceté en soi a quelque chose d’un peu inquiétant, mais à la fois est aussi révélateur: je me demande: se pourrait-il que nous dans cette société là, on se sentent obligés d’être trop gentils dans un monde bisounours (je caricature, hein) parce que il faut être gentil et pas s’énerver et pas s’engueuler ni rentrer en conflit, et ce contre
nature, ce qui créerait une sorte de frustration que l’on pallie en se gavant de méchanceté audiovisuelle?

Bon, personnellement, j’ai un peu de mal à concevoir qu’on puisse prendre plaisir à se faire démonter la gueule, insulter et mépriser par des inconnus, et le tout devant des milliers de téléspectateurs ahuris, mais il faut avouer que c’est intéressant comme phénomène, et que si vous avez des explications à founir, je suis preneuse.

Parodie littéraire

Après la parodie au cinéma, voici la parodie littéraire ! Ouais, bon, ok, ce n’est pas nouveau mais comme je viens de lire « Et si c’était niais » de Pascal Fioretto, je vous en parle. Pour ceux qui n’en ont pas entendu parler, petit résumé : ce bref roman nous livre une parodie de nos plus grands auteurs contemporains. Grands en terme de chiffre de vente, hein ! Donc à travers 11 chapitres, on suit la même histoire, chaque chapitre reprenant le style littéraire de 11 auteurs français. L’histoire ? Les meilleures plumes de l’éditeur Chiflon sont kidnappées ! Le commissaire Adam Seberg enquête, entre deux crises avec sa bien aimée Clara. 

Dans ce roman, on retrouve les parodies de Bernard Henry Lévi, Christine Angiot, Fred Vargas, Marc Lévy, Amélie Nothomb, Jean d’Ormesson, Pascal Sevran, Bernard Werber,
Jean-Christophe Grangé, Frédéric Beigbeder et Anna Gavalda. Et franchement, je me suis bien marrée même si je n’ai pas lu tous ces auteurs. Perso, j’en ai lu 5 sur les 11 mais j’ai plus du tout envie de lire ceux qui me manquent puisque si la parodie est hilarante, ça souligne bien la lourdeur de l’écriture originale. Donc, je lis, je ris mais quand même, ça m’interpelle : pourquoi ? Je veux dire, pourquoi ce livre ? Car il apparaît vite que la motivation du kidnappeur est de faire disparaître ces gens qui ne savent pas écrire et piquent la place de ceux qui, eux, savent.

Là, la parodie, je dirais même plus la satire (avec un i, pas un y, heiiiiin !), prend tout son sens. Il est vrai que ce petit roman souligne de façon très drôle les travers littéraires de nos écrivains français gros vendeurs. Et c’est vrai qu’on ne peut que reconnaître le talent de Fioretto pour souligner les tics de nos auteurs. Entre Werber et ses pléonasmes et redondances, Amélie Nothomb qui truffe ses bouquins de termes de figures linguistiques, Jean-Christophe Grangé et son écriture « crade » à base de cadavres énuclées ou autres, Marc Lévy et sa niaiserie, Gavalda et ses personnages Amélipoulainesques… Bref, j’ai adoré les chapitres d’auteurs que j’avais lu car ça m’a vraiment fait rire. Mais quand même, me
vient en tête le fameux « la critique est facile, l’art difficile ». Ici, l’intérêt du livre n’est pas l’intrigue, globalement très mince, mais la parodie en tant que telle, tout
comme les précédents ouvrages de Fioretto. Scribouillard raté, aigri et jaloux ? Personnellement, des auteurs que j’ai lus, j’avoue que je ne comprends effectivement pas ce qui vaut leur succès. Je trouve les écritures de Gavalda, Werber et Lévy plates, les intrigues ennuyeuses, les dénouements trop prévisibles. Beigbeder, un style génial pour du blogging, pas mieux. Amélie Nothomb, autant j’aime bien ses autofictions, comme on dit, autant ses romans sont trop similaires et ça m’a particulièrement gonflée pour Acide Sulfurique, resucée d’Attentat que j’avais pas aimé. En gros, la beauté et l’intelligence contre la mocheté et la laideur. Alors en faire un roman, c’était déjà beaucoup alors plusieurs… Ca m’a déçue. Surtout que souvent, ses romans, c’est « on s’assoit et on discute ». Et ça, Fioretto l’a bien saisi ! Après, je ne m’érige pas en juge de ce qui mérite d’être publié ou pas, vu que je suis pas éditrice. Moi, je suis lectrice alors je décide juste de ce qui est lisible ou pas et c’est vrai que la rentrée littéraire s’est faite sans moi ou presque ! Si les chiffres des ventes ne sont pas forcément proportionnels à la qualité d’écriture, on en revient toujours au même débat : oui mais lui, il a été édité parce que c’est le fils de, parce qu’il passe à la télé et qu’il vend beaucoup. Finalement, le milieu littéraire n’est pas bien différent des autres milieux artistiques type ciné ou musique : oui, il y a des héritiers et quand on est le fils de, ça aide. Oui, certains tombent en littérature sans qu’on comprenne bien ce qu’ils foutent là, que les autobiographies de Loana ou Lorie sont de vastes fumisteries. Alors, forcément, comme ces milieux artistiques, il est normal que le milieu littéraire ait aussi ses parodies et je dirais même que c’est sain, ça évite la sclérose par manque de recul et d’auto dérision.

Bref, certains diront que ce livre n’est que le reflet de l’aigreur de son auteur qui n’arrive pas à être publié autrement qu’en parodiant. Moi, je m’en fous, je vais pas bouder mon plaisir face à ce bouquin vraiment hilarant. Mais une question me taraude depuis quelques temps concernant le milieu littéraire : quand est-ce que ça sortir le premier remake ou reprise d’un livre déjà existant ? Je parle pas de plagiat, hein, je parle de vraie reprise proclamée ! Après tout, ça me paraît une suite logique…

Les vingtenaires n’existent pas

Début du mois d’octobre, je vais chez mon marchand de journaux glaner les titres du mois. Au menu, notamment, Technikart, ze magazine de référence de bobo qui se la pète. Je suis pas une bobo qui se la pète mais j’aime bien faire genre. La preuve : je roule même pas en Velib, je prends le métro. Ceci étant, vu mon sens de l’orientation, aller au taf en Velib, c’est la garantie de ne jamais y arriver ou alors très tard. 

Mais je m’égare, pour changer. Donc Technikart, en couverture, un petit con de 15 ans en costard, le dossier du mois ? Les ados tâclent les trentenaires, du genre « poussez vous les vieux, on arrive ». Et comme d’hab, qui a disparu du tableau ? Nous, les vingtenaires. Et bordel, ça me gonfle ! Parce que si les ados veulent piquer la place des trentenaires, les « vieux », nous, on fait quoi ? Personne ne veut piquer nos places, c’est déjà ça, mais peut-être aussi parce que nos places ne font pas envie. Ou alors, la vingtaine, c’est un âge où on est occupé à faire des études et à trouver un job donc bon, qui aurait envie de ça hein ? Ben, ça fait peut-être pas envie mais va falloir en passer par là, messieurs les ados, il ne suffit pas d’écrire un roman pour passer directement de la vie d’ado chez maman à celle de trentenaire épanoui. 

Je n’aime pas l’idée de conflit entre les générations, dès le départ. Je suis vingtenaire parce que je suis née en 80, ce n’est pas pour autant que je crache sur ceux dont l’âge commence par 1 ou 3, ça n’a aucune importance à mes yeux. Le 06 avril 2010, je passerai trentenaire, est-ce que cette date symbolique changera ma vie ? Est-ce qu’à partir de là, j’aurai le droit de dire du mal de la génération post soixante-huitarde « qui a tout pris et ne nous a rien laissé » ? Je crois pas, non. La seule différence, c’est que ce jour là, je passerai dans la catégorie des « trentenaires », celle qui a apparemment toute légitimité à ouvrir sa gueule, contrairement à nous, les vingtenaires. Je l’ai déjà dit sur ce blog à plusieurs reprises, notamment dans l’édito, mais j’ai l’impression que les médias ne s’intéressent pas à ce que nous avons à dire. Les ados, ça intéresse, forcément. C’est l’âge de la rébellion, de la formation de l’identité et, apparemment, les ados consomment beaucoup les artistes qu’on leur impose. Achète Star Ac, Nouvelle Star ou Popstar, achète  du rap, de l’émo rock, du métal, selon ta tendance. Achète des fringues, va voir ce film « de toute une génération avant même sa sortie ».
Ce sont tes parents qui payent, tout va bien. Pareil pour les trentenaires : hé, vous êtes posés dans la vie, vous avez un salaire et peut être même une famille, achète chez nous, achète chez nous ! Alors que les vingtenaires, étudiants, chômeurs ou jeunes travailleurs, t’as pas de tune et tes parents ne te paient plus rien parce que t’es grand alors on va pas te parler, tu consommes pas. Oui, moi, par exemple, je ne vais jamais dans aucune boutique, je n’écoute pas de musique, je ne regarde aucun film, je ne mange même pas. Bien sûr, et mon cul, c’est du poulet ? Ce n’est pas parce qu’on est une génération qui, sur le papier, consomme moins qu’il faut toujours nous oublier. 

Quand je regarde ma (courte) vie, je me rends compte que j’ai vécu 100 000 fois plus de trucs en étant vingtenaire qu’en étant teens. D’ailleurs, ma crise de rebellitude alcoolique, je l’ai vécue à 25 ans. Exception ? Pas si sûr, j’en connais pas mal dans ce cas mais c’est logique quelque part : ado, je vivais sagement chez mes parents dans ma petite ville de province, ne pensant pas à faire de conneries. Une fois partie dans la grand’ville faire mes études, je découvrais une nouvelle liberté que je ne goûtais pas immédiatement, me
retrouvant vite en couple option « les soirées pantoufles, c’est mieux que les soirées défonce ». Après, j’ai déconné, je suppose que c’est un passager un peu obligé même si ma rebellitude a vite trouvé ses limites et elles n’étaient pas bien loin. Dans ma vingtaine, j’ai vécu le célibat sage, le célibat survolté, des aventures éphémères, une vraie relation de couple. Dans ma vingtaine, j’ai déménagé, quitté ma région d’origine pour la capitale pour ma carrière. Dans ma vingtaine, j’ai connu la fin des études, le chômage, mes premiers emplois. Dans ma vingtaine, j’ai crée un blog et ça fait 2 ans et demi que je trouve quotidiennement quelque chose à dire. 

Et après, on voudrait me faire croire que ma décennie n’est pas intéressante ? On croit rêver !

Tu me sers de la soupe dans laquelle je viens de cracher ?

Rumeurs dans la ville la semaine dernière ! Benjamin Biolay ferait partie du jury de la Star Academy. Invité sur le plateau de Pif Paf sur Paris Première, il ne confirme ni ne dément. Isabelle Morin-Dubosc confirme le « scoop » une fois le chanteur parti : « C’est sûr, la preuve : lui qui manie jamais la langue de bois, là, il nous l’a servie ! ».

Mardi soir, je regarde pas la Star Ac mais je vérifie quand même sur yahoo ! le lendemain : hé oui, Benjamin Biolay est bien jury. Et là, je me marre. Je m’explique. Je ne suis pas fan de Benjamin Biolay, je n’ai pas trop d’avis sur lui mais je le trouve un peu trop « la musique française, c’est que de la merde sauf moi ». Musicalement, je connais pas. Si, le jardin d’hiver d’Henri Salvador que je trouve chiante comme la pluie et la ceinture d’Elodie Frégé que j’aime bien. En septembre, Benjamin « j’ai-pas-ma-langue-dans-ma-poche-puisque-j’y-ai-déjà-ma-tune » (© Yojik) tirait à vue sur la variété française, expliquant notamment qu’il avait accepté de faire l’album pour Elodie Frégé pour la tune parce qu’il méprise ces émissions de télé réalité même si Elodie, elle, est sympa. Alors bon, qu’il compose un album, son métier, pour une jeune chanteuse issue d’une émission de téléréalité, c’est une chose. Faire le guignol à la télé parce qu’on est compositeur donc on peut juger des petits gamins pour la modique somme de beaucoup d’euros en est une autre.

Je parle de Benjamin Biolay mais ce n’est pas le seul à manger la soupe dans laquelle il a craché avant. Je me pose souvent la question de la droiture et de l’honnêteté intellectuelle. A sa place, aurais-je dit non alors que de l’argent, c’est de l’argent et que ça va me permettre de vendre mon CD en m’offrant une promo d’enfer ? Certains artistes ont toujours refusé d’aller à la Star Ac, c’est le cas de Zazie, notamment donc c’est possible de ne pas vendre son âme au diable et vendre des CDs quand même. Je peux concevoir que certains
chanteurs trouvent bien le concept de la Star Ac, après tout, pourquoi pas. Mais quand on a craché dessus avant, ce n’est pas cohérent. L’argent achète-t-il tout ?

Evidemment, il faut se poser une autre question : est-on prêt à tout pour faire une promo ? Genre tirer à vue sur la variété française pour choper la Une de Technikart avec plein de belles phrases choc et de l’autre côté, participer à la promo d’une émission dont on a dit énormément de mal pour avoir une visibilité supplémentaire. Au fond, c’est compréhensible mais tellement classique, Bien sur, certains me feront remarquer qu’on peut changer d’avis et que peut-être que Biolay s’est finalement rendu compte des « qualités » d’une émission de
la Star Ac. Ben ouais, on peut changer d’avis en une minuscule poignée de mois, après tout. Mouais, mouais, mouais…  C’est vrai que du coup, son image d’artiste rebelle à part dans la chanson française qui se veut anti commercial et tout, c’est complètement raté. Je me demande si le calcul est le bon. Alors oui, Ben, il va gagner sans doute plein de fans de 15-25 ans midinettes ou midinets qui vont venir crier à tous ses concerts, cool. Sauf que ce n’est pas sa cible, à Ben, on s’en doute. Du coup, je me pose la question : à force de dire blanc pour
faire noir, de brouiller les pistes, de manger à tous les rateliers, on perd non seulement sa crédibilité mais aussi ses fans de base. Parce que les ados qui matent la Star Ac, on sait très bien qu’ils sont versatiles donc ouais, possible que son dernier album soit un carton, mais le suivant ?

 

Bref, erreur marketing ou coup de génie, je suis pas sûre, pour moi, c’est casse gueule. Certains commencent déjà à délirer « ouais mais qui dit qu’en son temps, Gainsbourg n’aurait pas fait la Star Ac, aussi ? ». Moi je dis que c’est pas le sujet, laissons Gainsbourg où il est. Je pense juste qu’à un moment, on a le choix entre plein de fric et rester en accord avec ce qu’on dit (même pas ce qu’on pense, hein, ce qu’on dit). Biolay a fait son choix. Dommage, il était remonté dans mon estime avec son interview, là, il redescend très bas. Surtout
que maintenant, je le soupçonne d’avoir fait son interview snipper juste pour faire parler de lui. D’ailleurs, sur le plateau de Pif Paf, il est revenu sur ses déclarations « mais non, j’ai jamais dit que Zazie nuisait à la musique française, pas du tout, ce sont les journalistes qui ont écrit ça comme ça. Par contre, Bénabar, c’est de la merde ». Ahlala, c’est fou ce qu’on peut vite retourner sa veste. Au moins, avec son salaire, il aura les moyens de s’acheter du shampoing.

Cécilia et Nicolas Sarkozy divorcent !

Jeudi, une nouvelle tout à fait croyable est tombée : notre Président divorce de la première dame de France, celle qui a libéré les infirmières bulgares. J’avoue que je trouve cette nouvelle fascinante. Pas parce que c’est Cécilia et Nicolas, ça, je dois avouer que je m’en fous. Non, ce qui me fascine, c’est tout ce que ça représente derrière : oh my, on va avoir un homme divorcé comme Président et même que ses copines vont se retrouver premières dames de France. Tiens, j’ai rêvé que je faisais des cochonneries avec lui (véridique, c’te honte mais ça en
restait à des bisous dans le cou), je vais postuler du coup. Si je me démerde bien, j’aurai mon mot à dire dans la politique internationale du pays et le choix des collaborateurs, la classe !

Bon, allez, je redeviens sérieuse, je veux pas me taper Nicolas Sarkozy en vrai, je le trouve pas sex. Surtout qu’il a quasi l’âge de ma mère. Bon, bref, revenons à nos (futurs) divorcés. Déjà, un divorce 4 mois à peine après l’élection, je sais pas vous mais moi, ça me paraît un peu gros. Genre ils se sont réconciliés pour la campagne parce qu’un candidat célibataire, ça le fait pas. Ségolène a fait pareil de l’autre côté. Hé ouais on a beau se la jouer libéral « la vie privée des candidats ne nous regarde pas », si les 2 plus gros candidats ont masqué leurs problèmes de couple, ce n’est quand même pas un hasard. D’ailleurs, si on y regarde de plus près, ça fait quelques campagnes que les candidats nous offrent de belles photos avec femme et enfants, tout le monde sourit, tout le monde est heureux. J’avais d’ailleurs lu une chronique sur le sujet dans Métro quand on avait appris que François Hollande et Ségolène Royal s’étaient séparés : un candidat célibataire, ça le fait pas. Parce que, oui, vous m’objecterez très justement que Sarkozy a déjà divorcé, Cécilia étant sa deuxième femme, mais il était officiellement en couple lors de la campagne.

Maintenant, nous voici avec un Président célibataire. Même pas veuf, séparé. Bon, je ne m’étendrai pas sur la question du divorce car le Président ne peut avoir à faire à la justice. Je suppose que le conseil constitutionnel va arranger ça et encore, uniquement s’il n’y a pas divorce à l’amiable et je vois pas Sarkozy refuser le divorce maintenant. Mais là, c’est quand même une révolution sociale. Bon, vu qu’il est déjà élu, il est tranquille pour les 4 années et demies prochaines. Mais justement, que va-t-il se passer pendant ces 4 années et
quelques ? Même si un Président est très occupé (surtout Sarko, à Marseille le midi, Lille l’après-midi et le soir à Moscou ou Londres, en passant à Paris pour faire un bisou au petit Louis), j’ai du mal à croire qu’il va mener une vie monacale le père Sarko. Il paraît qu’il est assez séducteur, comme la plupart de nos Présidents mais dans les faits, j’en sais rien. Je le connais pas personnellement, c’est pas parce qu’il furète dans mon cou dans un de mes rêves que c’est forcément un chaud lapin. Mais bon, il n’en reste pas moins que lors de la dernière séparation entre Cécilia et lui, il n’a pas traîné pour lui trouver une remplaçante. Avec toutes les femmes dans ses sphères, entre les journalistes, conseillères, collaboratrices, femmes de ménage, tout ça, tout ça, ça nous en fait des compagnes potentielles. Or quand on voit l’influence qu’a eu Cécilia sur le choix des collaborateurs, si la prochaine madame a la même influence, ben, ça va valser à l’Elysée.

Bref, je trouve cette histoire de divorce sociologiquement très intéressante. Sarkozy a fait ce que ses prédécesseurs n’ont pas osé (enfin, apparemment, c’est Cécilia, peu importe). Quand on sait à quoi ressemblait le couple Mitterrand ou Chirac à la fin de leurs mandats, on peut se demander pourquoi ils sont restés ensemble. Par habitude ? Autre temps, autres mœurs, Sakorzy n’est pas de la même génération, ceci explique sans doute cela. Mais que notre Président subisse également les affres du divorce comme un couple français sur 3, ça montre à quel point ce comportement est devenu aujourd’hui courant. Bien sûr, je pense que dans certaines franges très traditionnalistes de son électorat, ça va faire grincer pas mal de dents. Déjà, un divorce, bof, mais deux, ouhlala ! Mais à la limite, je préfère ça à un couple qui sourit par devant et qui ne se fréquente même pas par derrière (non, il n’y a aucun sous-entendu dans
cette phrase, nan mais !). Bon certains vont être tentés de me la jouer « ouais mais comme par hasard, ils annoncent ça le jour de la grève pour noyer le poisson, tu trouves pas ça un peu gros ? ». Je dirais que je m’en fous. C’est juste pas le sujet. Moi, je m’attache juste à cette évolution de la société, me demandant si, à l’arrivée, ça changera quelque chose ou pas.

Comment bien vivre la grève

Bien que je ne sois pas Birmane réprimée, je me permets de reparler de grève mais de façon un peu ludique car après tout, on va arrêter de se la jouer sérieux, rigolons un peu. Donc me voici dans la tourmente, au cœur du cyclone. Ce n’était pas la première grève que je subissais mais celle la était bien terrible, je devais m’organiser.

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Bon puisque c’est la galère, ce n’est pas la peine de partir à l’aube. Déjà, je me démerde pour venir bosser, c’est pas si mal. Et puis si j’arrive vraiment tard, je mettrai ça sur le dos des grèves. Donc je pars tranquille de chez moi. Bizarrement, il fait beau. Non parce que je dois marcher 15 mn pour rejoindre un métro donc 5 à 10 dehors… Arrivée à la station, je m’arrête acheter Elle. Ben oui, les attentes seront longues alors bon…Mais j’ai de la chance, je peux prendre des lignes qui marchent encore (ou à peu près) et au départ, en plus. Première rame part 5 minutes après que j’ai posé mes fesses dedans, j’attends pas trop à la correspondance non plus. Arrivée à la correspondance suivante, par contre, la ligne que je dois prendre ne marche pas donc je finis à pied. Un petit quart d’heure mais il fait beau.

Le soir, j’ai la bonne idée de partir tôt mais en fait, c’était pas une bonne idée. Je refais le même trajet. Après mon quart d’heure de marche, j’arrive à la station « la prochaine rame passe dans 25 mn ». Putaiiiiiiiiiiiiiiin. L’autre ligne refonctionne mais c’est pire donc je reviens sur la première et patiente. Elle est mon amie. En face, la rame passe, si y en a un qui pète, la rame explose. Une vieille à côté de moi qui a très envie de parler commence à commenter « ohlala, tout le monde n’a pas pu monter ».J’essaie de la rassurer, lui rappelant qu’il y a une grosse station juste avant la nôtre, les gens seront descendus. Voilà notre rame. Bondée. Pas grave, on monte. Dans le métro, quasi que des touristes, ça parle dans toutes les langues. J’envoie un peu chier une dame qui s’appuie lourdement sur la barre centrale, m’empêchant de m’y accrocher. Mais si ce premier bout de trajet se passe bien, la suite par contre… Arrivée sur le quai de l’autre ligne, c’est la cohue. Que 10 minutes d’attente, ça gère. La rame arrive, c’est bondé, les gens montent et je me retrouve sur le quai face à une foule compacte.


Prochaine rame ? 25 mn. Et ta sœur, elle bat le beurre ? Alors on va y aller en finesse, on pousse dans le tas, c’est le Chabal powaaaaaaaaaaaaaaaa. Bon, je rentre mon pied, c’est bon, ça passe. Sauf que les portes se referment et j’ai le bras tendu vers le haut, y a pas de place pour le redescendre. A chaque station, ça fait un peu piscine à vague humaine, on est poussé dans tous les sens. Le premier qui a le mal de mer, je le décalque !  On ne me vomit pas dessus. Mes 15 mn de marche, quelques courses. J’ai mis 2h pour rentrer contre 40 minutes en temps normal.

Le lendemain, je la joue autrement. Partie (très) tardivement, c’est surtout au retour que je vais décaler mon départ : puisque de toute façon, faut attendre, autant ne pas le faire aux heures de pointes. Donc me voici à 19h30 sur le quai et là, j’attends à peine quelques minutes. Idem à la correspondance. Du coup, je me voici rentrée plus vite. En me décalant, j’ai croisé du monde, bien sûr, mais moins globalement. Toujours pas mal de touristes… Ben ouais, quand tu viens passer tes vacances dans une capitale, c’est pas une grève qui va t’empêcher de
visiter. Parce que les touristes descendent rarement en lointaine banlieue.

 Bref, les choses reprennent leur cours normal, j’ai craint un instant qu’on revive le remake de cet hiver (3 semaines de grève donc) parce que ça va deux jours, je fais contre mauvaise fortune bon cœur mais faut pas pousser mémé dans les orties. Moi, j’ai pu aller travailler sans (trop) de soucis, ce ne fut pas le cas de beaucoup de gens. Bon, j’en ai honteusement profité pour faire des mini grasses mat, je pourrais pousser la mauvaise foi à dire que c’est en solidarité avec les cheminots mais honnêtement, jeudi et vendredi matin, la seule chose avec

laquelle j’étais solidaire, c’était mon lit. Et c’était trop bon !

Wesh wesh couzin !

L’autre jour, je lisais dans Elle un article sur un bouquin qui vient de sortir, un lexique de la cité avec un entretien avec les auteurs et une linguiste. Je vous résume en substance : le langage de la cité est un mélange de verlan, d’apports d’autres langues, un langage qui se réinvente chaque jour. Les personnes qui le parlent connaissent très bien le français aussi, c’est juste qu’ils veulent avoir leur langue et leurs codes à eux pour que les autres ne comprennent pas. Et ce langage enrichit la langue française.

Bon, voilà un résumé très succinct de l’article qu’il vaudrait mieux lire pour comprendre, ça ira plus vite. Je lis ça et je réfléchis. Si je regarde la langue française actuelle, celle estampillée « lu dans le Petit Larousse », il est vrai que des milliers de mots vient d’un langage argotique et j’en utilise chaque jour. Oui, je kiffe et ça déchire, maintenant, c’est entré dans les mœurs, c’est hype. Même si dans les cités, c’est complètement dépassé. Le phénomène est, en gros, le suivant : ces personnes inventent leur langage, rapidement
popularisé et repris à grande échelle. Du coup, leurs codes n’en sont plus et ils en réinventent encore et encore. De ce point de vue là, la richesse existe, c’est indéniable. Mais j’ai parfois l’impression que le langage devient une denrée jetable. L’expression à la mode chez moi, genre petite bourgeoise de la petite couronne parisienne est largement dépassé dans la cité, il sera très prisé par les grands bourgeois qui veulent faire djeuns dans peu de temps et on se foutra d’eux car c’est has been. En attendant, j’aurai repris des nouvelles expressions dépassées dans leurs cités d’origines. Je ne cherche pas forcément à reprendre des expressions de cité pour faire genre que je suis hypra branchée parce que, techniquement, je m’en fous un peu. Moi, ce que j’aime, c’est avoir mes propres gimmicks. Mais forcément, je me nourris de ce que j’entends.

Je ne fréquente pas des gens des cités. Non que je les fuis, c’est juste comme ça. Nous ne faisons pas partie du même univers, je ne les rejette pas mais chercher leur compagnie juste pour faire genre « moi, je suis pas discriminante, j’ai même des amis dans le 9-3 », bof. Mes relations se font comme ça. Donc forcément, quand j’entends des jeunes dans le métro parler entre eux, j’ai du mal à tout saisir. Ca m’apprendra à écouter les conversations qui ne me regardent pas, tiens ! Par contre, les médias les reprennent à outrance. Le rap les véhicule aussi, voici comment ça arrive dans mes petites oreilles et que ça reste. Aujourd’hui, c’est très chébran (ça, c’est ringard) de kiffer, tout le monde kiffe. Si ce mot ne finit pas par tomber en désuétude rapidement (ce qui peut arriver), il sera sans doute dans notre Petit Larousse prochainement.

Le français est une langue vivante qui se nourrit en permanence des gens qui le parlent. Il y a différents français, à la base : le français métropolitain, le belge, le québécois, celui d’Afrique, du Maghreb, des îles. Déjà, ces langues là évoluent forcément différemment selon les différentes influences qu’elles subissent. Prenons le québécois par exemple, cas que je connais mieux que les autres. Le français québécois est le résultat d’un mélange entre vieux français, anglais et américain francisé. Les Québécois traduisent littéralement des mots anglais, conduisant un char plutôt qu’une voiture, allant au blackouse pour les toilettes (de l’anglais black house). Les Québécois s’arrêtent à l’arrêt plutôt qu’au stop, vont au dépanneur quand nous, on va dans une épicerie arabe… Evidemment, en France, nous avons des influences dues aux différentes immigrations, africaine et maghrébines avec également des emprunts au tzigane. Par
exemple, j’ai appris que les mots en « ave » venaient du tzigane. Non pas les betteraves mais grayave, par exemple (ça veut dire manger).

C’est vrai que des fois, je grimace quand j’entends certains mots que je trouve phonétiquement laids. Cependant, les mots français du dico ne sont pas toujours très beaux phonétiquement parlant. Cucurbitacée, c’est pas le plus beau mot de notre langue, par exemple. Désolée, c’est le premier mot qui m’est venu à l’esprit. Et que dire du langage SMS qui me massacre les yeux ? Je trouve ça laid au possible cette façon d’écrire, peu compréhensible. Mais n’est-ce pas un peu trop réac de dire non à toute forme d’évolution linguistique uniquement parce qu’on ne la comprend pas ? Je ne suis pas favorable au langage SMS dans la mesure où je crains toujours qu’il nuise à l’apprentissage du bon orthographe, vous savez comme je suis tatillonne sur le sujet. Mais pour l’heure, on n’a pas encore suffisamment de recul sur le sujet pour dire que, oui, le SMS est en train de produire une génération d’illettrés. Je bosse avec des ados
amateurs de SMS. Quand ils l’abandonnent pour écrire correctement, ils ont un français tout à fait correct.

Bref, il faut arrêter de stigmatiser le langage « cité », puisque c’est ainsi qu’on l’appelle en l’accusant de dénaturer le français et d’être le produit d’illettrés incapables de parler correctement notre langue et qui se cachent derrière ces expressions pour masquer un vocabulaire pauvre. Il faut se mettre en tête que le français est une langue vivante qui ne peut qu’évoluer. Qui doit évoluer. Nous n’arrêtons pas de nous vanter de notre multiculturalisme (mouais, allez au Canada et on reparle de notre multiculturalisme) alors pourquoi en rejeter ces formes linguistiques ? Nous ne sommes pas tous obligés de parler « cité ». Je crois le français suffisamment riches pour que nous puissions choisir comment nous voulons le parler dans des sphères privées. Et M. Larousse, ça lui permet chaque année de faire la promo de sa nouvelle édition avec « plein de nouveaux mots dedans ! ».

Pour les joueurs, j’ai écrit cet article en version SMS là

Trop de grève tue la grève

Aujourd’hui, c’est grève, j’imagine que certains d’entre vous résidant en banlieue lointaine n’iront pas bosser. Moi, comme une fille sérieuse que je suis, je vais me démerder comme je peux, je vais essayer de prendre un métro quelque part. Mais bon, je sens que je vais rire. Pour ceux qui ne vivent pas à Paris, je résume : quasi aucun RER, quasi aucun métro sauf ligne 14 car pas de conducteur (mais je m’en fous, la 14 me sert à rien pour aller bosser), pas de train non plus… Le Velib ? S’il en reste un, j’aurai de la chance. Bref, c’est la
merdasse.
 Je ne souhaite pas débattre des raisons de la grève car chacun va avoir son petit avis selon sa position donc je pressens le truc stérile. Non, moi, je vais parler de grève en tant que telle. Ca faisait longtemps qu’on n’en avait pas eu une, depuis l’hiver dernier, de mémoire. Mais là, elle est gigantesque, celle là. Je sais pas en province mais à Paris, c’est le cataclysme annoncé, plein de gens vont rester bloqués chez eux, tout ça, tout ça. Du coup, quelle que soit la cause défendue, les gens ne sont pas vraiment ravis de la situation. Demain, tendez l’oreille,

je vous parie que plus d’une personne sur deux pestera « font chier à la SNCF, ils en foutent pas une et nous, on a le droit d’aller bosser ». Au milieu, il y aura sans doute une petite brunette également excédée qui va pester en attendant son métro… Parce que moi, je veux bien écouter leur cause mais je veux bien aller bosser puisque les régimes spéciaux, tout ça, ça ne me concerne absolument pas. Ce qui me concerne, moi, c’est mon loyer… Solidarité ? Mais ce n’est pas mon corps de métier. Je veux bien être solidaire mais pas n’importe comment.

Ca me rappelle la fac. J’étais au Mirail, fac rouge cramoisie. J’ai subi deux piquets de grève, un dès la première année, un en 2e année de maîtrise, j’avais plus cours donc c’était moins dramatique. Mais la première, je l’ai mal vécue, je me suis sentie prise en otage. On ne pouvait plus accéder aux salles de cours à cause des piquets, donc, on se faisait traiter de fasciste si on ne partageait pas leurs revendications. Autant vous dire que ce genre de comportement n’aide pas à compatir à la situation, loin de là. Surtout que ça virait au n’importe quoi « on est contre le rapport Attali, le 3-5-8 et puis on veut une maison des étudiants dans tous les quartiers et les transports gratuits ! » Et pourquoi pas une
visite gratuite dans un salon de massage ? Un syndicaliste m’avait expliqué un jour que c’était le principe de demander un bras pour obtenir une main… Mouais. Sauf qu’à l’arrivée, leurs premières victimes furent les étudiants qui, démotivés par 3 semaines de grève dures ont laissé tomber.

Du coup, je me pose la question de l’utilisation de la grève. Bien entendu, remettre en cause le droit de grève serait un grave problème. Surtout quand on a fait histoire. Maintenant, la question est : quand faut-il faire grève et comment ? C’est vrai que quand la SNCF ou la Poste font grève, forcément, ça se voit. Quand il s’agit d’une petite PME, beaucoup moins. Mais il est vrai qu’être victime de ces grèves, ça agace. L’hiver dernier, il n’y avait quasi plus de train pendant 3 semaines par chez moi car ils refusaient les nouvelles horaires… Sauf que ce sont les mêmes qu’avant ! Là, y a sans doute aussi un problème de communication sur les causes de la grève, ça nous paraît ridicule, du coup, infondé et juste agaçant.

Bien sûr, le service minimum est une solution. Ma mère est infirmière, si elle fait grève, elle doit quand même travailler, tout comme les pompiers, par exemple… Bon, ok, entre un train et un hôpital, c’est pas la même utilité mais tout de même. J’avoue que je n’aime pas cette sensation d’être prise en otage, c’est obligée de « compatir » à une cause. A la fac, on était « face en grève » pour une poignée qui empêche les autres de bosser.

Mais surtout, la question essentielle que je me pose est : trop de grève tue-t-il la grève ? On n’écoute plus les revendications, on en a marre. Y a qu’à voir les
commentaires sur mon article sur les problèmes de transport, c’est sorti plusieurs fois. Par ailleurs, je me demande si toutes ces grèves ne risquent pas d’amoindrir les revendications futures ? Il est vrai que des grèves ont permis de mettre fin à certains trucs comme le CPE. Mais je sais pas si se battre contre toutes les évolutions est forcément une bonne chose. Ok, le CPE n’était pas une bonne proposition mais il y a des systèmes qui ne fonctionnent plus… N’est-il pas possible de se concerter avant de protester ? Des fois, j’aimerais que les syndicats soient aussi force de proposition plutôt que de contestation, on avancerait plus. Parce que bon, dire non, c’est bien mais on peut plus rester dans l’état où nous sommes…

Enfin, bref, en attendant, bon courage à ceux qui doivent prendre les transports en commun aujourd’hui, je sens qu’on va pas s’ennuyer…

Mmmmm Chabal !!

Débuter un article avec un titre aussi naze, je sais, je devrais avoir méga honte mais pas du tout, en fait. Pour les 3 du fond qui n’ont pas suivi, je vais parler rugby mais restez parce que le sujet, c’est pas que ça, en fait. En fait voici l’article que j’avais prévu la semaine dernière mais que j’avais pas écrit parce que je faisais autre chose.

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Semaine dernière, avant le quart de finale contre les All Blacks, je lis mon Elle. Oui, une phrase qui allie Elle et rugby, c’est possible. Là, je découvre une chronique de mon cher ami Eric Zemmour. Lui, je vois son nom, j’ai des envie de meurtre, c’est automatique. Et quand je le lis, c’est pire. Je vous résume sa pensée (si, si, paraît qu’il y en a une) : Chabal, c’est trop trop cool qu’il soit mis en avant parce que ce sont les vraies valeurs viriles du rugby qu’il représente, contrairement aux tapettes joueurs du calendrier et du Stade Français. Regardez, femmes, un homme, c’est barbu, poilu, hirsute, musclé, cradouille, pas gentil… Les autres, c’est que des pédés, il nous sape notre virilité. Et puis vous n’y connaissez rien au rugby, d’abord, c’est votre faute, à vous et aux tafioles homosexuels qui ont imposé cette féminité dans le sport. Au moins.

Forcément, je lis ça, je m’énerve. Bon, déjà, Zemmour, je devrais vraiment pas lire, je le sais que ça va m’énerver. Alors, M. Zemmour, je me permets de vous répondre, malgré mon irrespect et mon mépris pour vous. Alors commençons par le « vous n’y connaissez rien au rugby et vous le féminisez ». Prenons mon cas personnel, au hasard. 25 ans, journaliste rugby (oui, stagiaire mais quand même) qui attend devant les vestiaires pour interviewer les joueurs et qui pose des questions intelligentes parce que je m’intéresse à ce qu’ils ont fait sur le terrain. Même que j’ai suivi le match et même que j’ai compris tout ce qu’il se passait. Oui, je m’intéresse au rugby et pas qu’au cul des joueurs. Moi, quand je regarde le rugby, j’explique à Enzo sur MSN les règles, je m’énerve face à certaines couffes des Français, je peux expliquer à Vicky ce qu’il se passe à la télé… Alors, oui, je suis folle amoureuse d’Elissalde, j’ai fait ma maline
quand Michalak m’a fait la bise, quand je croise Betsen en boîte, je trouve sa virilité torride. Donc je m’intéresse au rugby en dépit du calendrier, du maillot rose du Stade Français, du côté glamour de certains joueurs parce qu’au fond, je ne regarderais pas un sport juste pour mater des mecs. Si on regarde le foot, par exemple, y a des joueurs très craqua miou genre les Italiens, là, mais je vais pas me taper de 90 minutes d’un sport qui m’intéresse pas pour mater épisodiquement un mec. J’ai autre chose à foutre de ma vie.

 Et puis ça veut dire quoi « vous, les femmes, vous vous intéressez qu’à la plastique des joueurs ». Alors voilà, aux hommes le sport, aux femmes les soap et émissions de cuisine. Bah ouais, qu’est-ce qu’on fait chier à regarder et même à aimer le sport ? C’est un truc de mec, nous, on a juste droit à la gym, la danse et à la limite, la natation synchronisée. Ah, et le cheval aussi. Ce qui est « amusant », très entre guillemets, c’est la réaction des mecs lambdas quand on dit qu’on s’intéresse à des sports de « mecs ». Toi, tu t’y connais en rugby? Mouahahahah! Ben ouais, mon gars, je suis allée dans les vestiaires, je les ai interrogés, j’étais la chouchoute de l’équipe d’Aurillac, j’avais qu’à demander quel joueur je voulais interviewer et je l’avais. Et ce n’est pas juste parce que j’ai des gros seins et les yeux bleus, c’est surtout parce que je faisais de bons papiers. D’ailleurs, je n’ai jamais été mal vue par les joueurs. Entre eux et moi, il

n’y avait pas de question de sexe, j’étais journaliste asexuée, point. Pareil quand je me mets à parler F1, au début, ça rigole et on se rend vite compte que je sais de quoi je parle. De toute façon, en F1, si on regarde que pour la beauté des pilotes, il ne faut regarder que les 5 minutes du podium, sinon, ils ont un casque, on voit rien ! On voit même pas leur cul. Mais c’est vrai qu’aujourd’hui encore, j’ai l’impression qu’une femme ne peut pas aimer le sport sans que ça paraisse suspect.

 Enfin, Chabal. Bon joueur, ok, mais pas toujours. Face à la Nouvelle Zélande, il a été plutôt discret, on dira. Pourquoi c’est la nouvelle coqueluche? Mais parce qu’il détonne. Il y a 5-10 ans, ce qui déteignait, c’était les beaux gosses pas abîmés et « fins » (par rapport aux autres parce que même les plus fins sont hyper baraques). Et ça, on aime les « pas pareil ». Je suis pas sûre que si Chabal avait été anglais ou néo-zélandais, il aurait été une star à ce point vu qu’il serait plus dans le ton. Oui, il est bon, oui, il est impressionnant mais moi, il me fait pas

triper. Sa virilité, ça me fait pas craquer du tout, c’est juste pas mon genre. Quand il fait une belle action, j’applaudis, quand il se vautre, je râle. Il joue tant mieux, il joue pas, tant pis. Mais si on regarde, sur le papier, j’ai l’impression que le meilleur joueur français de ce mondial, c’est Elissalde, le gars fin d’1m72. Forcément, Elissalde et Chabal, ils n’occupent pas le même poste, je rappelle. On n’a pas besoin des mêmes forces pour l’un et l’autre… Ah, ça, M. Zemmour, il a pas fait gaffe. Non parce que si on regarde Betsen, par exemple, qui a toujours été dans le calendrier, avec son visage aux traits saillants, ses cicatrices, ses cuisses larges comme des troncs, sa carrure puissante, il n’a rien du tout à envier à Chabal. Hé oui, les joueurs virils n’a rien de nouveau et même que des fois ils sont dans le calendrier… Je ne sais pas pourquoi Betsen n’a jamais été plus sur le devant de la scène et pourquoi Chabal est devenu la nouvelle coqueluche, peu importe. Mais je le dis haut et fort : oui, les femmes ont le droit de s’intéresser au sport et pas juste pour les petits culs moulés, les (bons) joueurs virils peuvent aussi jouer le jeu du calendrier. La « pédéisation » du Stade Français amenée par Max Guazzini, ça agace ? Et alors ? Ils sont quand même champion de France et c’est pas un hasard. Mais bon, c’est vrai qu’à force de se focaliser sur ce genre de détails, on oublie que les mecs sur le calendrier, ce sont des joueurs des vrais. Ceux qui, une fois rhabillés, s’arrachent sur un terrain. Et c’est ça qui compte. N’est-ce pas, M. Zemmour ?