Summer in the City

Par Keira

Non, je ne parle pas de la vingtenaire, je parle du titre de la rencontre Youtube à laquelle j’ai participé il y 15 jours de cela.

Partie le vendredi 28 à 9h30 du matin heure de Paris, arrivée à King’s Cross – St Pancras à 10h36 London time.

Autant dire que j’ai passé une très mauvaise nuit à imaginer les pires scénarios possibles. Mais étrangement, une fois dans le train c’est plutôt avec un sourire grandissant que j’ai commencé mon aventure.

Une fois à Londres, prendre mes travel tickets m’a bien bouffé 45 minutes (les anglais aiment bien, comme les français, n’ouvrir qu’un guichet sur deux), mais une fois mes sésames en main, j’étais comme une aventurière en terre inconnue (même si civilisée).

Première épreuve : le métro. Bah oui, ils ont un système à lignes de métros multi-branches qui paraît étrange au premier abord, et heureusement, je me suis pas trop trompée pour ma première fois. Ensuite, une fois à la station Swiss Cottage, trouver l’hôtel a été un jeu d’enfant. Hôtel trèèèès sympa soit dit en passant.

Si jamais vous n’avez pas peur des dortoirs, pour 20 euros pour avez un lit et le petit déjeuner inclus. Cool, non ? (l’hôtel s’appelle Palmer’s Lodge).

Une fois le « check in » terminé, j’ai pu me poser quelques minutes dans le salon qui possède des canapés vraiment trop confortables, bien failli m’endormir.

Sortie poser mes bagages j’ai discuté avec une irlandaise super sympa et très étonnée de voir une française se débrouiller en anglais (comme quoi… ça existe).

Midi arrivé, le temps d’acheter un sandwich dans un magasin à côté, j’ai sauté dans le métro avec mes accessoires de touriste : appareil photo, guide, lunettes de soleil et crème solaire. Qui soit dit en passant était inutile ce jour-là.

Arrivée à Waterloo, je me suis plantée au moins 4 fois de chemin avant d’atteindre le London Eye, là je suis tombée sur un des organisateurs que j’ai reconnu, lui ai demandé où était le lieu de rendez-vous et c’était bien évidemment juste à côté.

Là j’ai connu mon premier moment de terreur absolue. Entourée d’une foule de gens parlant tous anglais et devant trouver le courage de m’approcher du groupe qui faisait la fête sur la pelouse et qui ressemblait fortement à ce que je cherchais. Au bout de 20 minutes j’ai foncé tête baissée. Et là autre moment de surprise totale… on m’a littéralement broyée.

Ouais, ils font des câlins les anglais jeunes et contents. Et ça surprend. Surtout quand on connaît mon côté « j’aime-pas-qu’on-me-touche.com ».

Au bout de quelques instants un géant me surplombe, Andy, allemand et super content de rencontrer quelqu’un du continent. Puis vient Sian, une anglaise qui m’a reconnue comme une de ses abonnées sur Youtube. J’ai immédiatement sympathisé avec elle. Et notre duo a ensuite été rejoint par une canadienne nommée Shannon. En gros elles m’ont aidé pendant tout le week-end et sans elles je ne sais pas si j’aurai été aussi enthousiasmée par cet évènement.

Une fois tout le monde arrivée (et on était quand même plus de cent personnes ce jour-là), on commence la visite du coin en nous séparant en groupes.

Notre guide est nul mais on se marre bien, surtout grâce à deux écossais complètement dingues qui nous refont l’histoire d’Angleterre à leur sauce.

La journée se termine à Leicester Square puis dans une espèce de centre de jeux où l’ont se fait courser par des zombies, des parties d’auto-tamponneuses etc.

Retour à l’hôtel où je bois un verre avec les filles et dodo.

Le samedi, réveil à 6h. Pourquoi ? J’en sais rien, mon horloge interne est déglinguée. Donc douche dans le calme et attente du petit déjeuner où Danny et d’autres mecs de la veille me rejoignent. Attente ensuite dans le salon.

Direction Hyde Park pour midi où nous sommes cette fois près de 250. On papote, on se marre, je fais des super rencontres, je discute avec des mecs que je suis sur Youtube depuis près d’un an, je distribue les bouteilles de vins que j’ai apporté de France (autant dire qu’ils étaient aux anges). Bref, une journée ensoleillée avec des gens supers, des organisateurs surprenants et très accessibles. Je me suis régalée.

Le soir c’est le concert. Direction une petite salle appelée Luminaire qui est au nord de Londres. Comme j’arrive avec les organisateurs principaux, je rentre très rapidement avec mes deux compères Sian et Shannon. C’était visiblement une très bonne idée puisque certaines personnes arrivée un tout petit peu après nous n’ont pas pu entrer ! La salle est remplie, l’alcool coule à flot et je retrouve ma pote irlandaise du premier jour qui est là avec une amie. Autant dire que la soirée se passe très bien, les musiciens assurent un spectacle d’enfer et apprécient que tout le monde connaisse leurs chansons, on achète des CD, des T-Shirt et encore de l’alcool.

Autant le dire, je suis rentrée une fois le concert terminé avec les derniers métros et j’étais pompette. Donc me suis endormie comme une…

Les autres sont restés dans la boîte pour continuer à boire et se marrer, perso je ne tenais plus debout : fatigue + vodka ne font pas bon ménage.

Réveillée par ma voisine du dessous qui met les voiles avec son groupe d’autrichiennes. Je lui demande quelle heure il est, lui demande même de répéter : neuf heures moins le quart, cool, temps de prendre la douche et manger.

Revenue de la douche, le dortoir dort à poings fermés. Etrange… Et il fait nuit… Encore plus étrange.

Du coup j’allume mon portable et là une envie de meurtre me saisis. Il est 5h20…  Si seulement l’autrichienne était encore là, je crois que je lui aurai fait manger ses dents.

Me recouche les cheveux mouillés, autant dire qu’une fois neuf heures et demi arrivé, quand je me lève, je fais fureur avec ma coupe à la Dragon Ball.

Ma mésaventure fait beaucoup rire Sian qui elle a dormi comme un bébé.

Apparemment la fin de soirée au Luminaire valait le détour car tous les organisateurs étaient chiffons. D’ailleurs nous les retrouvons dans le salon pour une partie de Wii et il semble que certains n’aient pas beaucoup dormi.

Pour le dimanche le programme c’était de glander à Leicester Square, et nous avons très bien rempli notre contrat vu que nous étions tous dans le gaz. On a chanté, mangé, dormi un peu, beaucoup parlé, filmé plein de choses inutiles.

Vers 15h Karen et Jackie les deux irlandaises doivent partir.

Vers 16h Sian et Shannon partent en mission shopping, pour ma part je reste avec le groupe vu que l’heure du départ s’approche de plus en plus.

Et j’ai bien fait car 15 minutes plus tard le groupe décide de retourner au London Eye à Waterloo.

Une fois là-bas on se refait les auto-tamponneuses et autres bêtises et j’ai l’occasion de beaucoup parler avec Rob, un anglais très sympa et très entiché d’un des organisateurs.

Rob est linguiste, fan de Muriel Robin et parle très très bien français. Autant dire qu’on s’est bien marrés.

L’heure du départ à sonné, pas envie d’y aller.

Une fois à la gare j’ai envie de pleurer, je serai bien restée quelques jours de plus

J’ai peu de photos vu la carte mémoire de merde de l’appareil photo qu’on m’a prêté.

Mais bon sang, mon cerveau est plein à craquer de souvenirs magiques et j’ai plein de nouveaux potes que je veux revoir le plus rapidement possible.

Ils ont décidé de remettre ça l’année prochaine dès le lendemain.

Et devinez quoi ? J’y serai !

Wesh wesh couzin !

L’autre jour, je lisais dans Elle un article sur un bouquin qui vient de sortir, un lexique de la cité avec un entretien avec les auteurs et une linguiste. Je vous résume en substance : le langage de la cité est un mélange de verlan, d’apports d’autres langues, un langage qui se réinvente chaque jour. Les personnes qui le parlent connaissent très bien le français aussi, c’est juste qu’ils veulent avoir leur langue et leurs codes à eux pour que les autres ne comprennent pas. Et ce langage enrichit la langue française.

Bon, voilà un résumé très succinct de l’article qu’il vaudrait mieux lire pour comprendre, ça ira plus vite. Je lis ça et je réfléchis. Si je regarde la langue française actuelle, celle estampillée « lu dans le Petit Larousse », il est vrai que des milliers de mots vient d’un langage argotique et j’en utilise chaque jour. Oui, je kiffe et ça déchire, maintenant, c’est entré dans les mœurs, c’est hype. Même si dans les cités, c’est complètement dépassé. Le phénomène est, en gros, le suivant : ces personnes inventent leur langage, rapidement
popularisé et repris à grande échelle. Du coup, leurs codes n’en sont plus et ils en réinventent encore et encore. De ce point de vue là, la richesse existe, c’est indéniable. Mais j’ai parfois l’impression que le langage devient une denrée jetable. L’expression à la mode chez moi, genre petite bourgeoise de la petite couronne parisienne est largement dépassé dans la cité, il sera très prisé par les grands bourgeois qui veulent faire djeuns dans peu de temps et on se foutra d’eux car c’est has been. En attendant, j’aurai repris des nouvelles expressions dépassées dans leurs cités d’origines. Je ne cherche pas forcément à reprendre des expressions de cité pour faire genre que je suis hypra branchée parce que, techniquement, je m’en fous un peu. Moi, ce que j’aime, c’est avoir mes propres gimmicks. Mais forcément, je me nourris de ce que j’entends.

Je ne fréquente pas des gens des cités. Non que je les fuis, c’est juste comme ça. Nous ne faisons pas partie du même univers, je ne les rejette pas mais chercher leur compagnie juste pour faire genre « moi, je suis pas discriminante, j’ai même des amis dans le 9-3 », bof. Mes relations se font comme ça. Donc forcément, quand j’entends des jeunes dans le métro parler entre eux, j’ai du mal à tout saisir. Ca m’apprendra à écouter les conversations qui ne me regardent pas, tiens ! Par contre, les médias les reprennent à outrance. Le rap les véhicule aussi, voici comment ça arrive dans mes petites oreilles et que ça reste. Aujourd’hui, c’est très chébran (ça, c’est ringard) de kiffer, tout le monde kiffe. Si ce mot ne finit pas par tomber en désuétude rapidement (ce qui peut arriver), il sera sans doute dans notre Petit Larousse prochainement.

Le français est une langue vivante qui se nourrit en permanence des gens qui le parlent. Il y a différents français, à la base : le français métropolitain, le belge, le québécois, celui d’Afrique, du Maghreb, des îles. Déjà, ces langues là évoluent forcément différemment selon les différentes influences qu’elles subissent. Prenons le québécois par exemple, cas que je connais mieux que les autres. Le français québécois est le résultat d’un mélange entre vieux français, anglais et américain francisé. Les Québécois traduisent littéralement des mots anglais, conduisant un char plutôt qu’une voiture, allant au blackouse pour les toilettes (de l’anglais black house). Les Québécois s’arrêtent à l’arrêt plutôt qu’au stop, vont au dépanneur quand nous, on va dans une épicerie arabe… Evidemment, en France, nous avons des influences dues aux différentes immigrations, africaine et maghrébines avec également des emprunts au tzigane. Par
exemple, j’ai appris que les mots en « ave » venaient du tzigane. Non pas les betteraves mais grayave, par exemple (ça veut dire manger).

C’est vrai que des fois, je grimace quand j’entends certains mots que je trouve phonétiquement laids. Cependant, les mots français du dico ne sont pas toujours très beaux phonétiquement parlant. Cucurbitacée, c’est pas le plus beau mot de notre langue, par exemple. Désolée, c’est le premier mot qui m’est venu à l’esprit. Et que dire du langage SMS qui me massacre les yeux ? Je trouve ça laid au possible cette façon d’écrire, peu compréhensible. Mais n’est-ce pas un peu trop réac de dire non à toute forme d’évolution linguistique uniquement parce qu’on ne la comprend pas ? Je ne suis pas favorable au langage SMS dans la mesure où je crains toujours qu’il nuise à l’apprentissage du bon orthographe, vous savez comme je suis tatillonne sur le sujet. Mais pour l’heure, on n’a pas encore suffisamment de recul sur le sujet pour dire que, oui, le SMS est en train de produire une génération d’illettrés. Je bosse avec des ados
amateurs de SMS. Quand ils l’abandonnent pour écrire correctement, ils ont un français tout à fait correct.

Bref, il faut arrêter de stigmatiser le langage « cité », puisque c’est ainsi qu’on l’appelle en l’accusant de dénaturer le français et d’être le produit d’illettrés incapables de parler correctement notre langue et qui se cachent derrière ces expressions pour masquer un vocabulaire pauvre. Il faut se mettre en tête que le français est une langue vivante qui ne peut qu’évoluer. Qui doit évoluer. Nous n’arrêtons pas de nous vanter de notre multiculturalisme (mouais, allez au Canada et on reparle de notre multiculturalisme) alors pourquoi en rejeter ces formes linguistiques ? Nous ne sommes pas tous obligés de parler « cité ». Je crois le français suffisamment riches pour que nous puissions choisir comment nous voulons le parler dans des sphères privées. Et M. Larousse, ça lui permet chaque année de faire la promo de sa nouvelle édition avec « plein de nouveaux mots dedans ! ».

Pour les joueurs, j’ai écrit cet article en version SMS là