Je plaide coupable

La semaine dernière, j’ai regardé la télé sur une grande chaîne, ce qui devient de plus en plus rare. Du coup, je rate pas mal de publicités, ce qui n’est pas vraiment un mal en soi au vu de la qualité de ces dernières. Or l’autre soir, je suis tombée sur celle-ci de la société générale : « Cette année, Samia a déménagé 8 fois, obtenu 4 BTS… ». Bref, mise en scène d’une conseillère financière appelée Samia et là, j’ai eu cette pensée atroce : « Samia ? Ben bonjour le politiquement correct ». J’ai honte.



Entendons nous bien, je sais qu’il y a des Samia à la Société Générale, je le sais parce que j’en connais, ce n’est pas là que je situais le politiquement correct mais dans le fait de mettre une conseillère financière arabe dans une pub. J’ai lu il y a quelques temps Dieu seul sait où que la pub française restait beaucoup trop plus blanche que blanche. Faut dire que dès qu’ils intègrent des minorités, ça fait frémir. Vous vous souvenez des deux homos à l’accent marseillais (jamais compris pourquoi) pour la marque de lessive Omo ? Je suppose que les créas avaient pris quelque chose de très fort avant de faire cette association foireuse, passant directement des singes aux homos précieux et ridicules à l’accent improbable (mais pourquoi ?).  Pauvres minorités, qu’est-ce qu’on vous fait !


Et voici donc Samia, notre conseillère financière. Dans la série, il y en a d’autres genre Jérémy et Martine. Mais après m’être dit « bonjour le politiquement correct », j’ai eu honte. Parce que même si on peut se douter que chaque conseiller financier représente une identité en particulier (le jeune, l’arabe, la femme de 40-50 ans…), faut bien commencer quelque part. La pub nous présente trop de blancs bon teint hétérosexuels, si personne ni apporte une touche de couleurs, ce n’est pas prêt de changer. Or ici, notre Samia n’est que le cliché du conseiller financier sympa (ouais et bien ça dépend lesquels…) qui travaille dur (même remarque) mais en aucun cas le cliché d’une Arabe qui aurait réussi. On connaît son prénom mais de son « arabité », si j’ose dire, rien de plus. Alors oui, c’est certainement une part de politiquement correct mais au lieu de râler, je ferais mieux de m’en réjouir.



C’est là qu’on constate qu’en France, on a un souci avec nos minorités. Pas un souci genre « les minorités visibles, elles cassent tout, elles servent à rien, c’est que des délinquantes », non, non. Comme je dis toujours, si les cons étaient d’une couleur particulière, ça se saurait. Mais voilà, on ne sait pas comment en parler, finalement, on craint toujours de tomber dans le racisme . Prenons par exemple une blague intégrant un Arabe, si celui qui raconte la blague n’est pas Arabe lui-même, ça va tiquer. Alors que si elle est drôle,
autant partager. C’est un peu pareil avec l’homosexualité mais dans un degré drôlement moindre, l’homophobie découlant souvent d’un machisme est mieux acceptée que le racisme un peu latent. Même si parfois, on voit du racisme où il n’y en a pas mais le sujet est délicat, il est facile de sortir les sirènes du racisme à tort et à travers comme l’histoire de  l’agression dans le bus où certains y entendirent du racisme « anti blanc » (j’aime bien la précision, genre ce serait pas le même que l’anti noir… Soupirs).

Et pourtant, je suis la première à m’énerver quand on voit le mal où il n’est pas, à soupirer quand on souligne qu’Obama est noir et que grâce à ça, sa victoire est trop la plus belle chose au monde, c’est aussi bien que la chute du mur de Berlin (oui, je l’ai lu). On s’en fout qu’il soit noir, à l’arrivée, j’ai pas vu la face du monde changer depuis qu’il est là sauf que les Etats-Unis redécouvrent la joie d’avoir un Président populaire.  Et pourtant, j’ai beau m’énerver sur ce genre de choses, grincer des dents quand on me dit que la nomination des Rachida Dati, Rama Yade est avant tout politiquement correcte, finalement, je ne suis pas mieux que les autres. Et j’ai honte.

Merci la Société Générale de m’avoir ouvert les yeux. Ca me fait penser que je dois changer de banque, moi, tiens.

PS : Au fait, PinkLady m’a playmobilisé sur son blog aujourd’hui !


 

Curieusement, je ne prends pas trop ça pour un compliment

Les hommes sont parfois des êtres étranges. Les femmes aussi, évidemment mais nous sommes toujours dans le cadre de la semaine du sexe et je n’ai jamais couché avec une femme donc on les exclut de l’article, vous pourrez en parler en comms, messieurs, si vous voulez.

Donc, les hommes, je disais. Parfois, je suis étonnée par le sens de l’à propos et leur délicatesse à des moments où ce n’est pas le moment. Prenons par exemple un garçon que nous appellerons Thierry. Suite à une partie de jambes en l’air, le jeune homme me recontacte sur MSN et ça donne en gros :

Lui : Tu vas bien ?

Moi : Oui

Lui : On baise ?

Moi : Non, pas le temps.

Bon y avait plus de chair quand même mais en gros, lui était chaud bouillant, moi froide crevée. Oui, mon nouveau boulot est TRES prenant (mais je ne me plains pas, j’aime bien). Donc la conversation alternant les « et tu deviens quoi ? On baise ? », j’ai multiplié les non, il était clair que je n’étais pas dans le trip et là, attention : « c’était bien la dernière fois, tu [fffffffff] drôlement bien, on sent bien que c’est ton truc ». Bon, je vais me pincer le haut du nez là. Oui, le monsieur voulait me faire un compliment mais ce genre de déclaration, hors contexte torride, je sais pas pourquoi mais ça ne me flatte pas plus que ça. Voire pas du tout, en fait.

Autre cas, je discute avec un mec hautement hot sur MSN mais il est important de signaler qu’au début, le mec ne sait pas à quoi je ressemble. Il veut me voir là de suite à tout prix mais je refuse. Non que j’ai pas envie de le voir mais je suis en indisponibilité technique et pour pousser le vice, je lui explique même que pas de bol,  mes règles avaient en plus 15 jours de retard (nouveau boulot = stress quand même = mon corps me le fait payer). Je suis d’un glamour quand je m’y mets… Et là, le mec insiste pour qu’on se voit, « non, j’ai mes règles, c’est dégueu, pas agréable, laisse tomber » et il me sort : « j’ai envie de toi ». Rappelons qu’il n’avait pas vu ma tête et que je discourais sur mes règles depuis 10 bonnes minutes. Alors soit ce mec est un vampire, soit il a pas vu de femme à poil depuis une éternité. Pourtant, au vu de sa photo , c’est un magnifique lot. Mais bon, tout ça pour dire que là encore, le « j’ai envie de toi » ne m’a pas flatté une demi nano seconde. 

Mais pourquoi ils nous disent parfois ce genre de choses ? Autant dans le feu de l’action, ça ne me gêne pas du tout parce que voilà, c’est le contexte donc là ok. Quoi que faut pas que ça fasse « dans les films pornos que je regarde, le mec dit « han t’aimes ça, salope ! » donc je vais dire pareil » parce qu’au mieux, je vais exploser de rire, au pire, je vais me demander sur quel tocard je suis encore tombé. Faut que ça soit naturel et si vous ne dites rien, personne ne vous en voudra (comme si c’était le moment de faire des discours). Mais là, dans une conversation pas du tout hot, c’est juste… incongru. J’ai des talents de [ffffff] ? Ouais bah cool, ravie que ça t’ait plu mais je me serais passée
de cette déclaration. J’avais bien remarqué que ça t’avais plu, j’étais là, aussi…


Alors j’imagine qu’il existe aussi nombre de filles qui ratent les moments X et vous sortent de nulle part des « haaaaaaaaan, j’ai envie de ta grosse queue toute dure, là » alors que vous étiez en train de lui raconter que vous aviez eu quelques soucis sur un dossier… J’en suis même absolument persuadée, en fait.

Alors mesdames, messieurs, soyons des êtres de bon goût : ce genre de phrases,  on apprend à les sortir au moment adéquat parce que sinon, ça me donne juste envie de dire : « T’as qu’à le dire que t’en as rien à foutre de ce que je raconte. » Puis je ne trouve pas ça hyper respectueux. Si je dis non, ce n’est pas pour me faire désirer et faire mon effarouchée, c’est juste que j’ai pas envie parce que je suis fatiguée ou en pleine marée rouge (ahem) donc merci de changer de sujet.

Non mais…

Rendons la capote fun

Cette semaine, c’est la semaine du sexe sur les blogs alors bon, faut bien suivre. Bon, je me force pas des masses, j’ai pas envie de parler chômagie, recherche de l’homme, de ma démission (enfin, ce qu’il en reste) et même si j’ai drôlement plus envie de vous parler de ma nouvelle vie de chef de projet éditorial (jmelapete.com). Alors, parlons sexe. Et si vous êtes sages, demain aussi (si vous avez des désidératas sur le sujet, proposez en comm).

Depuis pas mal de temps, les publicistes essaient de rendre la capote fun pour qu’on oublie l’image sinistre de « l’anti SIDA ». Je suis de la génération SIDA, des capotes à 1 franc et pendant longtemps, la capote était une punition, un peu une espèce de malédiction divine pour nous empêcher de trop jouir et surtout nous empêcher de le faire sans un minimum de préparation, de « t’as des capotes ? ». Miam. Evidemment, on n’avait jamais connu autre chose, on ne pouvait pas trop se rendre compte de ce qu’on pouvait perdre.




Evidemment, ça n’a pas aidé la cause de la capote. Et puis, on s’est dit que quitte à devoir se protéger, autant que ça devienne un peu plus fun. Et pas en transformant les préservatifs en bombe à eau. Voilà que les capotes se nervurent, se strient, se parfument et même se voient dans le noir (paraît que c’est fun, dixit la Pomme, je vous ferai un test un jour, promis). Les publicitaires ont laissé tomber le sous entendu un peu foireux (« l’été sera chaud, sortez couverts », j’ai mis des années à la comprendre) et le côté prévention pour ne plus montrer que le côté joyeux de la capote.



Ainsi, désormais, on apprend que le préservatif accroît les sensations, nous fait jouir deux fois plus fort et que même ça menace l’humanité.


De façon toute personnelle, je vois quand même quelques avantages à la capote, même si ça reste moins agréable que sans. D’abord, la meilleure raison, la principale je dirais, outre le fait que je ne suis pas motivée à l’idée de choper une MST, c’est la contraception. Même si je trouve les gamins de plus en plus mignons, ce que je trouve inquiétant en soi, je n’ai toujours pas envie de partager mon patrimoine génétique avec un homme donc « faut fermer le chemin », comme dirait ma sœur. Or le préservatif, c’est quand même ultra simple, sans hormones, sans conséquence pour le corps (sauf allergies, bien sûr). En plus, l’avantage immense avec la capote, c’est que si elle ne remplit pas son rôle, on le SAIT. Alors qu’un stérilet mal placé ou une pilule mal prise, ça peut faire des surprises. Ok, super rarement et mon argument ici est un peu bancal mais je maintiens.




Mais surtout, la capote, c’est propre. Toute fille ayant couché sans voit de quoi je parle. Pour les autres, j’explique : quand le monsieur jouit, tout ne part pas direct au but dans l’utérus, non, non, non, il en reste plein juste à l’entrée, là. Et que se passe-t-il quand on se lève ? Ca coule. Oui, c’est pas très sexy ce que je raconte mais ce sont des faits. Combien de fois j’ai dû faire la chandelle avec Guillaume 1er tandis qu’il allait chercher du PQ dans la salle de bain ? Bon, certains me feront remarquer que la chandelle, ça fait les abdos mais je préfère encore aller les travailler dans une salle de sport et pas en serrant les cuisses pour éviter que la semence de mon mec dégouline partout sur mes cuisses… et sur mes draps. Parce que ma peau, à la limite, c’est pas grave, je vais aller prendre une douche juste après mais les draps… Et comme je ne planifie pas toujours la monté de mes désirs, je n’ai pas forcément envie de couper les préliminaires par un très glamour « attends, je vais chercher une serviette pour pas salir ». Et puis après, je peste si on sort du périmètre de la serviette ? Mais top glamour, les enfants ! Je sens que mon mec sera le plus épanoui de la planète. Alors que la capote, au moins, ça retient les fluides et c’est même pour ça qu’on la met.





Alors aujourd’hui, je dis merci aux publicitaires d’avoir pris ce virage du fun. Même si je crois qu’il y a encore un gros travail à faire pour faire de la capote un espèce de sextoy ludique mais indispensable et dédramatiser ce qu’il représente : l’arme ultime contre le SIDA (contrairement à ce que Crétinus XVI. D’ailleurs, je ne résiste pas à l’envie de vous copier/coller le comm d’un certain Theo75018 que je trouve merveilleux sur cet article

« Oh… Je découvre à l’instant l’article du Washington Post…

Jusqu’à présent, on se contentait de diffuser une espèce de « note scientifique » – avec de très gras guillemets, indiquant en gros et sans la moindre précaution, qu’au terme de comptages sérieux
et d’interminables journées de traitement statistique des données recueillies, on pouvait raisonnablement conclure que « moins on baise, moins on a de chance d’attraper le sida », CQFD n°1.

A ce propos, donc, n’oublions pas de signaler aussi, à tous ceux qui ont pris cela pour du pain blanc, que plus on s’éloigne de la piscine, moins on a de chance de se noyer ? Il y a peut-être là
matière à comptage ? »

Ces éclairs d’intelligence sur le net sont tellement délectables).



PS : Quelqu’un peut-il me dire pourquoi la première pub que j’ai mise (Manix) est interdite au moins de 16 ans ? On voit bien pire dans certains films tout public, il me semble.

Hugo m’a donné la foi…

Par Diane

Parce que de temps en temps il fait bon prêcher pour sa paroisse et se rappeler ce pourquoi et ce en quoi l’on croit.
J’ai acquis avec le temps une sorte de conviction qui me fait dire que l’homme ne peut pas vivre sans une sorte de croyance, sans avoir foi en  quelque chose. Sinon c’est juste trop dur, d’avancer sans savoir ou, ni pourquoi.
Pour beaucoup, ça va être la foi en un dieu. Soit. Personnellement, Dieu, je n’y crois pas. Et la meilleure « preuve » que je puisse trouver à mon sens à la non-existence de Dieu, bah c’est tout simplement que j’aimerais mieux y croire. Le sens de la vie, la vie après la mort….dieu donne un peu trop toutes les réponses à nos angoisses les plus profondes pour être crédible, à mon sens je le répète.
Pour ceux qui ne croient pas en dieu, il reste d’autres choses en quoi croire: certains vont croire en la raison, d’autres au hasard, d’autres encore aux mathématiques, et vont chercher là dedans les explications à leurs questions existentielles. Il y a des hommes capables d’expliquer tout l’univers avec une équation. En ce qui me concerne, je suis plutot du genre rationnel, et j’ai tendance à aller chercher les réponses à mes questions dans les livres. Quand je ressens un besoin particulier, je me dirige vers ma bibliothèque ou celle des autres et va y puiser de quoi le combler, ou du moins en partie.

Parfois, il m’arrive de ne pas comprendre un comportement humain. Le mien, celui d’un autre. Alors je me penche vers ceux qui ont passé du temps et de l’encre à tenter d’expliquer ce genre de choses. Psychologie, psychanalyse, neuro-biologie (vulgarisé, hein…)…chacun y va de sa petite théorie. Et que je crois en l’une ou en l’autre ou pas, ça donne toujours des clés d’explication.

Parfois, encore, quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle, on a envie d’y échapper quelques instants, et je me dirige alors vers Sherlock holmes, Philéas Fogg, M. Jourdain,  Rodrigue….rien que le fait de tourner les pages a quelque chose de confortant, chaque froissement de page tournée nous éloignant un peu plus du lourd fardeau du temps qui brise nos épaules et nous penche vers la terre.

Et puis parfois, toujours, souvent me vient l’envie de ce sentiment très étrange -que je ne me suis jamais parvenu à expliquer mais dont j’espère ardemment qu’il ne disparaitra jamais- que je ressens parfois, au fil de mes lectures. Je lis, mes yeux parcourent les lignes, et puis tout à coup, au détour d’un vers, d’une virgule, ou même sur le suspens d’un mot, je m’arrête, sans même m’en rendre compte, et je retiens mon souffle un moment, de peur de la voir s’échapper, cette petite émotion fugitive mais d’une densité émotionnelle et esthétique extraordinaire, que faute de mieux (et qu’on me pardonne  la banalité de l’expression) j’appellerai simplement la beauté du mot. Le mot qui dans un tout autre contexte n’est rien qu’un signe, un assemblage de lettres arbitraire à qui l’on a donné un sens, mais qui à cet endroit précis du texte s’auréole d’une sorte de magie fugace qui nous maintient en l’air quelques secondes, nous fait lever les yeux du texte et suspendre notre lecture un instant, en tentant de la retenir encore un peu.

Ces petits instants là sont rares et précieux dans une oeuvre. A mon sens, on reconnait un bon écrivain à ce qu’il est capable, ne serais-ce qu’une fois, d’engendrer de tels instants. Allez, je vous en donne un des miens, ne serais-ce que pour mon plaisir égoiste de le relire. (Par une sorte de superstition je pense, je ne relis pas trop souvent mes petits moments de beautés fugaces préférés, je crois que j’ai peur que si je les lis trop souvent, ils vont s’échapper)
Dans l’acte V scène 5 de Cyrano de Bergerac, à la toute fin, Christian est mort depuis longtemps, Cyrano n’a jamais avoué son amour à Roxanne, et continue tous les samedis à aller la voir au couvent où elle s’est recluse. Ce samedi ci, Cyrano a été victime d’une attaque, il arrive au couvent blessé (sans que Roxanne ne le voit, il dissimule sa blessure), et agit comme d’habitude, tout en sachant que la mort n’est pas loin. Le soir tombe, ils sont dehors, un soir d’automne, et regardent les feuilles mortes tomber.

ROXANE
A ce moment, un peu de brise fait tomber les feuilles.

CYRANO
Les feuilles !

ROXANE, levant la tête, et regardant au loin, dans les
allées

Elles sont d’un blond vénitien.
Regardez-les tomber.

CYRANO
Comme elles tombent bien !
Dans ce trajet si court de la branche à la terre,
Comme elles savent mettre une beauté dernière,
Et malgré leur terreur de pourrir sur le sol,
Veulent que cette chute ait la grâce d’un vol !

Voilà, juste quelques vers, et peut-être qu’à vous cela ne fait strictement rien, mais à moi cela me hérisse jusque les poils du nez.

Alors voilà pourquoi, voilà pourquoi à tous ceux qui me répètent et me répèteront que la littérature, ça ne sert à rien, que ce n’est pas « utile », que ce n’est pas ça qui va relancer l’économie, qu’il faut faire S si on a des bonnes notes en maths même si on n’a absolument aucun intérêt en la matière, à tous ceux là je leur répondrais que nous n’avons pas la même notion de l’ « utilité », voilà tout. Qu’il y en a qui n’ont pas pour but absolu dans la vie de faire plein de fric.
Notre président a répondu aux plaintes des enseignants sur les réformes de l’enseignement que ces réformes allaient permettre de les payer plus. Les enseignants lui ont répondu que l’argent ne faisait pas partie de leurs revendications, et  que ce qu’ils voulaient c’était des formations solides et des professeurs compétents dans leur matière. Mais peut-il simplement saisir cela? Que le progrès puisse consister en autre chose qu’avoir un plus haut salaire?
Je n’ai pas envie que cet article dérive en pamphlet politique, déja parce que je ne m’en sens pas capable, et ensuite parce que ça m’emmerderait profondément, mais il faut avouer que il y en a un qui a particulièrement le don de m’énerver, quand il s’y met.

Donc je me permettrais juste de répondre aux propos de notre président dans un discours fait à Lyon en 2007:
« L’autre jour, je m’amusais, on s’amuse comme on peut, à regarder le programme du concours d’attaché d’administration. Un sadique ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d’interroger les concurrents sur La Princesse de Clèves. Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu’elle pensait de la Princesse de Clèves… Imaginez un peu le spectacle ! »

Je ne sais pas vous, mais moi j’ai pas particulièrement envie de vivre dans un monde où les professeurs de français lisent la princesse de Clèves et la guichetière Biba. Et à mon humble avis cela relève d’un esprit aussi étriqué que stupide de penser qu’il faille un bac + 5 pour apprécier un livre, un film ou un tableau. L’art et la culture, c’est pour tous, et il revient à certains de les rendre abordables à d’autres, de les rendre compréhensibles.

Et pour conclure, je ne résiste pas à vous citer quelques passages de Victor Hugo à propos de Napoléon le Petit (Napoléon III) qui pourront vous sembler un brin familiers et qui parlent d’eux mêmes.

 » Que peut-il ? Tout. Qu’a-t-il fait ? Rien. Avec cette pleine puissance, en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France, de l’Europe peut-être.  Seulement voilà, il a pris la France et n’en sait rien faire. Dieu sait pourtant que le Président se démène : il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ; c’est le
mouvement perpétuel ; mais, hélas ! cette roue tourne à vide.  L’homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangère est un carriériste avantageux. Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir. Il a pour lui l’argent, l’agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort.
Il a des caprices, il faut qu’il les satisfasse. Quand on mesure l’homme et qu’on le trouve si petit et qu’ensuite on mesure le succès et qu’on le trouve énorme, il est impossible que l’esprit n’éprouve pas quelque surprise. On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds, lui rit au nez, la brave, la nie, l’insulte et la bafoue ! Triste spectacle que celui du galop, à travers l’absurde, d’un homme médiocre échappé. »

Je m’appelle Emilie Jolie

Par Lucas

Ou pourquoi il faut réécouter la petite fille aux cheveux blonds… (pour celles et ceux qui ont un compte Deezer, voila une playlist, lien vers une nouvelle fenêtre)


Il y a peu de temps j’ai retrouvé mon CD d’Emilie Jolie. La vraie version, celle de 79, mon année de naissance. Oui je sais, ça ne nous rajeunit pas…

En fait derrière son apparence conte pour enfants, Emilie Jolie cache tout un tas de préceptes ou d’invitations à la réflexion. Non, ne partez pas : je vais essayer de ne pas être lourd ; de ne pas faire comme les profs de français qui vous mettaient un poème en pièce pour vous montrer à quel point il était beau…

Emilie Jolie, c’est un monde magique et nébuleux où tout semble mignon. Certes.

Mais c’est surtout un reflet de notre existence.
On a tous en nous une Emilie Jolie, une impatience juvénile, une envie d’entendre une belle histoire qui nous fasse oublier la routine et l’absurdité du monde.

C’est un monde où les oiseaux nous invitent rêver notre vie et à vivre nos rêves.
Un monde où les Princes ne s’arrêtent pas à l’apparence de sorcière mais y débusquent la princesse
Bien sûr, les rabats-joie diront que la vraie vie ce n’est pas ça, qu’on ne choisit pas toujours tout, que la vie n’est pas un songe. Mais Philippe Chatel balaye cette logique d’un revers de main avec le personnage du Prince Charmant Débutant.

Eh oui, nous les hommes, nous sommes tous des princes charmants débutants, sans épée ou cheval blanc. Comme lui, il nous faut écrire notre histoire, notre conte ; aller de l’avant, être responsable et prendre notre vie en mains, mais aussi…

Mais aussi débusquer dans l’apparente sorcière une vraie princesse… D’une part comprendre que derrière une carapace peut se cacher un être adorable, d’autre part et dans une conception « amour courtois », mettre tout en œuvre pour assurer le bonheur de sa dame, la magnifier, la porter plus haut. Sic.

Mais revenons à la sorcière, elle-même très méchante au début de l’histoire. Elle montre qu’il est possible de reconnaître ses torts et changer. Question d’amour propre, de courage…et d’honnêteté intellectuelle.

Question de communication aussi, comme le montre le hérisson plus loin. Il évoque toutes les difficultés qu’on peut avoir pour
exprimer un désir, une envie.

Quelle est la fée dans ce livre
Qui me donnera l’envie de vivre
Quelle est la petite fille aux yeux bleus
Qui va me rendre heureux…

Il est aussi fragile que le petit caillou qui pleure. Celui-là aurait très bien pu chanter « Nobody knows you when you’re down & out ». La question essentielle de l’amitié, des gens qu’on oublie sur le bord de la route.

Je suis un caillou, un petit caillou un joli caillou
Je cherche un ami dans la poche de qui je ferais mon logis
Et comme mes frères et comme mes soeurs je serais content
D’être avec un enfant.

Bien sur les rabats joie me diront que par certains cotés c’est un peu glauque. que la chanson Emilie Jolie et le Grand Oiseau évoque toute la vie que Emilie doit vivre avant d’aller au paradis

(Emilie Jolie)
Je m’appellle Emilie Jolie,
Je m’appellle Emilie Jolie…
Et si un jour je deviens vieille,
J’irai pour le ciel, sur vos ailes,
Au rendez vous du paradis
(Le Grand Oiseau)
Mais prend le temps de vivre ta vie
Ma petite Emilie Jolie,
Tu sais dans les pays rêvés
Les oiseaux ne sont pas pressés…
Mais y a tant de choses à voir avant
De partir pour le firmament
Y a tant de pages à tourner
Ta vie ne fait que commencer…

Bon, je vais en rester là ; ne pas vous parler du Coq et de l’Ane et de l’amitié qui transcende les différences sinon on va me taxer de défoncage de porte ouverte. Oui, oui, oui, je commence à vous connaître…
Mais franchement, je pourrais continuer encore longtemps avec tous les personnages et mon discours de Schtroumpf à Lunettes, à mi chemin entre le naïf et le sentencieux.

Reprenez plutôt votre CD ou votre disque vinyle.

Etonnez vous d’y trouver Eddy Mitchell, Alain Souchon, Laurent Voulzy, Françoise Hardy, Julien Clerc, Georges Brassens, Henri Salvador, Louis Chédid…

Goûtez aux mélodies bien trouvées, aux références éparses, à la dimension féerique.

Laissez-vous glisser.

Vous allez voir : ça fait un bien fou…

De la love story 2.0

Parfois, il m’arrive de me connecter à twitter pour faire part au monde de mes fulgurances ou de la publication d’un nouvel article. Au monde, j’exagère, j’ai précisément 56 gens qui me suivent dont un bon paquet de fakes, je pense. Mais l’avantage de ne pas avoir grand monde sur son twitter, c’est qu’on ne rate aucune histoire, y compris une love story débutante à caractère participatif.

Connaissez-vous Marion ? Vous pouvez aller sur son blog mais en gros, c’est une jeune parisienne de 23 ans qui me paraît fort sympathique . Il y a une semaine, elle poste un message sur son twitter « cherche un mec, please RT » (RT= reprenez sur vos
twitters). De là, un mec se crée un profil « unmec » et un blog unmecpourmarion. De là s’ensuivent des échanges de post et un rendez-vous vendredi soir à République. C’est ultra résumé, je sais. Sur twitter, tout le monde a suivi l’histoire, a conseillé Marion sur sa tenue, les blogueurs ont rigolé de cette histoire, se demandant si Marion devait prendre des capotes et une brosse à dents pour le rendez-vous.



Puis vendredi soir, le rencard et… vers minuit, une personne annonce qu’elle va publier sur son blog les photos du rencard puisqu’elle y était en tant que « garde du corps » de Marion au cas où unmec ne soit pas quelqu’un de très recommandable. Comme j’ai le talent d’attirer naturellement tous les psychopathes de la blogosphère, je l’approuve totalement sur ce point. Et effectivement, voilà des photos floues, genre paparazzis sur le blog de la personne. Même si elles ont été prises avec l’accord des deux parties concernées,
j’avoue que là, je trouve que le jeu est allé un peu trop loin.




Prenons les deux hypothèses plausibles. En un, suite à ce rendez-vous, il ne se passe rien : unmec se prend un râteau devant un bon millier d’internautes, pas trop grave, encore (sauf pour son ego mais c’était le risque). En deux, ça fonctionne et là, un couple se crée. Et bien bon courage. Un couple à deux, déjà, c’est compliqué alors à 1000… Parce que voilà, on nous a donné le début de l’histoire, il va être très difficile maintenant de fermer la porte de la chambre en nous expliquant qu’à partir de là, ça ne nous regarde plus. Parce que déjà, quand on ne donne pas grand-chose, l’internaute essaie de voir à travers le trou de la serrure, il est parfois un peu trop intrusif. Alors là, on a assisté à toute la parade nuptiale, on veut aussi la première nuit (sextape ?), le premier réveil (bonne ou mauvaise haleine, le sexe avant ou après le brossage de dents ?), le premier week-end, la présentation aux parents, le choix du chien… Ok, ok, je m’emballe peut-être un peu. Mais bon, comment transformer une histoire publique en histoire privée ?




Par le passé, j’ai eu quelques histoires un peu trop mises en avant sur ce blog avec le monsieur qui participait à la vie communautaire et par la suite, j’ai dû taper sur quelques doigts virtuels pour qu’on me laisse un peu d’intimité car la ligne était un peu trop rapidement franchie. Je raconte ce que je veux, n’allez pas chercher ce que je tais. Il existe quelques couples bien identifiés sur la blogosphère, la Blonde et son Muche, les H2 et tant d’autres que je ne remets pas là de suite absolument. Mais voilà, ils ont dès le départ ouvert des fenêtres et fermé des portes. Là, j’ai parfois l’impression que l’histoire de Marion et d’unmec ne leur appartient pas vraiment, je suis limite étonnée qu’il n’y ait pas eu de vote SMS pour décider s’ils devaient oui ou non coucher ensemble.

Bref, si j’ai bien appris quelque chose en 4 ans de blog, c’est que pour vivre heureux, mieux valait vivre caché sur certains points. J’espère que, pour la suite, Marion et unmec ne se sentiront pas trop obligés de nous faire vivre leur histoire dans TOUS ses détails.

Merci de prendre votre cerveau avant de surfer

Est-ce moi ou sont-ce les internautes ? Je ne sais pas mais ces derniers temps, je prends de moins en moins de plaisir à lire les commentaires des journaux online. Ce qui me faisait rire avant me fait franchement frémir maintenant. Surfer sur le net rend-il profondément con ?

Prenons le cas bien polémique de l’agression d’un jeune homme dansun noctilien surdiffusée sur le net. Je ne mettrai pas la vidéo ici vu qu’elle est supprimée très rapidement dès que quelqu’un l’a met en ligne et surtout, je n’ai pas envie de polémiquer sur la vidéo mais sur les réactions. Pour ceux qui n’ont pas vu, j’explique. Un homme assez jeune, la trentaine, prend un noctilien, une écharpe Burberry autour du cou quand quelques jeunes qui cherchaient visiblement à foutre le bordel lui piquent son portefeuille. Quand le jeune homme essaie de récupérer son bien, les gamins lui sautent dessus, baston qui dure environ 2 mn (contrairement à la vidéo qui en fait 6 grâce au montage), elle est très violente.  Une plainte est ensuite déposée, deux agresseurs sont arrêtés.



L’histoire aurait pu s’arrêter là mais un policier poste la vidéo sur Internet pour la montrer à ses amis. Déjà, faudrait un jour comprendre que sur le net, on fait très attention où on partage les choses, merci bien. Evidemment, la vidéo a fuité, s’est démultipliée sur youtube passant de « agression dans un noctilien » à « agression d’un jeune blanc par des racailles ». Parce qu’il semblerait qu’un des gamins dise « sale Français » dans la baston, je ne l’ai pas entendu donc je ne peuxpas dire si c’est exact ou non. Peu Importe au fond. Mais voilà, les agresseurs que l’on arrive à identifier semblent bien bronzés et c’est parti : « la France est menacée par les sauvageons ici de l’immigration », blablablaaaaaaaa. Pardon, je reviens, je vais vomir. Et tout le monde en prend pour son grade, le chauffeur qui s’est contenté d’appeler la sécurité (c’est sûr qu’abandonner son poste pour aller cogner de l’ado aurait été une sublime idée), les passagers qui ne sont pas intervenus (car ils avaient tous une ceinture noire de karaté bien sûr), la victime qui s’est exprimée sur le sujet expliquant que non, ce n’était pas une agression raciste (« et bé vas y, excuse-les tant que t’y es ! »), le policier qui a diffusé la vidéo (là, par contre, j’adhère, ça nous fait un bien joli vice de procédure). Et voilà que ça donne un joli déferlement de haine débile.



Autre cas, lu sur le Post, le pire ramassis de merde du web. Un mélange de billets des blogueurs influents qui n’écrivent que pour eux et se penchent sur des sujets qui ne maîtrisent pas du tout et de faits divers que même le Parisien fait mieux. Quoi que… Et je ne vous parle même pas des fautes et phrases ésotériques qui ne doivent avoir de sens que pour leur auteur. Et sur le Post, il y a franchement les commentateurs les plus cons du monde. Enfin de France en tout cas. Exemple : un article paraît sur l’histoire d’une gamine tabassée par trois autres derrière un foyer culturel en Lozère. Et là dans les commentaires, c’est reparti : la victime est une Française, les agresseuses pas. Evidemment, jene sais pas d’où ils sortent ça vu qu’aucun prénom n’est cité dans l’article mais on part dans de grands délires racistes. Epuisée, je suis. Je peux juste dire qu’il y a de fortes chance que les vilaines filles, même si elles s’appellent Naïma ou Carlotta peuvent être tout à fait françaises ? Que m’est avis que les petits cons du noctilien ont la même carte d’identité que moi ? Hé oui, ça peut paraître dingue mais il existe des Français qui ne sont pas blancs, dis donc !

Je pourrais citer des milliers d’autres cas, tout est dans le même ton. Même le très bon Rue 89 commence à être touché par la crétinerie dans les commentaires (par exemple ). Je ne vous parle que de cas où le racisme peut s’exprimer mais j’avais lu pas mal de commentaires surréalistes sur le Pape et la capote, par exemple. Y compris un excellent : « ben ouais, coucher augmente le risque de choper le sida comme s’approcher du feu accroît le risque de se brûler, c’était bien la peine de faire une étude scientifique pour
ça ». Oui, dans toute cette décérébration permettant aux gens de se défouler en crachant leur haine de l’autre bien planqué derrière son écran, il y a quand même des îlots d’intelligence hyper appréciables.

Mais surtout, ce qui me fascine dans tout ça, c’est la capacité des internautes à juger, condamner, « lyncher » les gens sans la moindre réflexion, se défouler sur n’importe quel sujet, tenir des propos surréalistes sur la faute des uns et des autres dans des choses qui n’ont rien à voir. D’ailleurs, avec Vicky, on a inventé le point Sarkozy, je détaillerai ça dans un prochain article.

Jeune, tu es une manne pour les employeurs

 


Sauf qu’ils n’auront pas tous l’honnêteté de te payer à ta juste valeur. Pour ceux qui ne sont pas au courant, ô joie, le journal 20 ans ressort. Bon, je ne le lisais pas à  l’époque mais tiens, pourquoi pas. Je n’ai même pas eu le temps de l’acheter que je veux déjà ne plus rien savoir de ce torchon. Je ne parle pas des papiers (après tout, de prime abord, ils valent ceux des autres féminins) mais des révélations pas jolies jolies qui ont été faites sur la rémunération des « journalistes ». Entre guillemets parce qu’à ce niveau là, j’appellerais plutôt ça de pauvres victimes.

 


Il était une fois un groupe presse qui se dit « tiens, si on ressuscitait un magazine féminin connu pour se faire plein de blé ? » « Ouaiiiiiiiiiiiiis ! ». Alors prenons un magazine féminin mort style 20 ans qui bénéficie d’une bonne image nostalgique chez ses anciennes lectrices. Maintenant, prenons de très jeunes filles genre blogueuses ou étudiantes en école de journalisme ou comm et faisons leur une proposition d’enfer : « Alors, tu vois, tu vas travailler avec nous, ça va être trop top pour ta carrière, ça va faire super joli sur ton CV ! La paie ? 20 euros les deux pages, 10 euros l’une, 5 euros la demi page ». En gros, on t’encule à sec avec verre pilé sans lubrifiant et t’es mignonne, tu souris, merci.  Des tarifs scandaleux, une équipe inexpérimentée : la rédac chef avait 19 ans, stagiaire et s’est d’ailleurs fait remercier avant la sortie du 1er numéro. Et curieusement, le gentil directeur (Frédéric Truskolaski) rechignent à leur donner leur argent de poche. Oui, moi, j’appelle pas ça un salaire mais de l’argent de poche.




J’ai déjà parlé de ce patron de presse qui m’avait tenu sensiblement le même discours dans le temps. Pourtant, je n’ai rien contre la pige bénévole puisque j’en ai déjà fait (et que ça m’arrive encore), je pense même que c’est un bon tremplin. Mes deux ans de pige bénévole en tant que chef de rubrique sur un webzine étudiant m’a drôlement aidé à trouver du boulot. Il y a aussi l’aventure Sensuelles montée de toute pièce par une équipe motivée et bénévole. Mais là où il y a une énorme différence, c’est qu’en l’espèce, rien qu’une page de pub dans le magazine permettra de payer nos pauvres journalistes et le reste, direct dans la poche du patron. C’est ce qu’on appelle de l’exploitation, non ? Si.




Oui mais il reste quand même le volet expérience vont souligner les esprits grognons ou ceux qui ne savent pas ce qu’est la précarité et la course à la moindre pige. Non mais c’est vrai, elles font chier ses petites connes à chouiner alors qu’elles ont écrit sur 20 ans et ça va faire trop bien sur le CV. Et bah tiens ! 20 minutes ayant révélé ce qu’il se passait en coulisses, bonjour la crédibilité. Même si pour ma part, j’admire Claire Crepon, la jeune de 19 ans qui a réussi le lancement du mag en 1 mois et demi, sachant que tout se faisait par MSN vu qu’il n’y avait pas de locaux. Claire si tu me lis, je te paie un verre quand tu veux, ça me ferait plaisir de te rencontrer, ceci sans ironie. Le challenge qu’elle a relevé est juste énorme. Sauf que voilà, 20 ans, ça sent un peu mauvais suite à ce mini scandale. Travailler par MSN, c’est bon pour les magazines amateurs, pas pour les titres de presse avec plein de gros sous investis dessus.



Et voilà dans quel monde on vit. Entre les stagiaires et les piges payées avec les billets qui traînent dans la tirelire, on est loin de se sortir du trou. Tout ça m’écoeure et me donne envie de hurler. Parce que j’ai vécu ce genre d’expérience, parce que j’ai parfois été trop conne d’accepter parce que j’espérais que ça  m’ouvrirait des portes et que je m’en suis prises sur le bout du nez.  Que je vois nombre de webzines ne pouvant payer les gens qui écrivent dedans et qui s’excusent platement de ne pouvoir le faire (genre le très bon Save my brain ou Madmoizelle) et qu’à côté de ça, des mecs peu scrupuleux se font construire une jolie maison en exploitant nos espoirs en une belle carrière,  notre envie de bosser coûte que coûte, même si le salaire n’est pas là…



Et après, on nous dit que les jeunes ne sont pas travailleurs. Et bien…

Mémoire du quotidien

par Bobby

Certains d’entre vous le savent peut-être déjà. Depuis le 20 mars 2009, j’ai entamé un projet expérimental particulier qui me tenait à coeur depuis longtemps : une série qui comporte pour chaque jour de l’année un petit épisode de trois minutes, mettant en scène la routine de voisins qui évoluent dans une résidence, au centre de laquelle se trouve un arbre, pivot de leur quotidien. Cette série s’appelle Autour d’un Arbre, et, à l’heure où j’écris, 21 épisodes sont déjà en ligne.


Souvent, quand on crée, on doit plaire. C’est chiant, mais c’est comme ça. Il ne faut pas se « foutre de la gueule » du spectateur, parce que sans le spectateur, y a pas d’oeuvre. Oeuvre, oeuvre… quand on a vingt et un ans, c’est un bien grand mot. Je préfère parler d’expérimentation. Quand je serai grand, j’espère, je ferai des « oeuvres ». On me payera pour ça, alors il faudra que ça marche. Donc je devrai prendre en compte les envies des gens, les attentes, les fantasmes. Et comme je me respecte, je devrai aussi m’écouter moi, et faire un compromis entre ce que je veux montrer et ce que les gens aiment. Ce qui les maintient en éveil. Ce qui leur donne envie de revenir. Il y a des mécanismes tout fait pour ça. L’homme est une machine bien connue des dramaturges depuis des millénaires.

En attendant, je suis petit, et je veux en profiter pour faire ce qui me plait à moi. Je ne dis pas que je me fiche complètement que mes petites productions soient hermétiques, ni que je me fiche que ça ne plaise pas à grand monde. Au contraire. J’ai un gros ego tout boursouflé qui se vexe férocement, même si dès le début je sais que ça va pas emballer les foules, quand on me dit « y a pas d’intérêt ». Et il faut dire que le fait de montrer des moments du réel, sans action, sans intrigue, avec une caméra qui tremble, un son mauvais et une lumière crue, ce que d’aucuns qualifieraient de « film de famille », ça fait pas bander. Mais moi, j’aime. Je vais pas dire que je sais pas pourquoi, parce que j’y ai pas mal réfléchi. Laissez-moi vous expliquer.

Je crois que j’ai un furieux besoin, presque viscéral, d’archiver le réel au jour le jour. De le mettre en mémoire. Parcourir ce blog, qui a plusieurs années derrière lui et une solide rigueur dans la publication des articles (merci à Nina), c’est pour moi particulièrement jouissif. Parce que c’est un espace qui a une histoire, une histoire proche de celle du journal intime. J’adore les journaux intimes. Relire ce qui s’est passé le 18 mars 2006, voir les détails qui se répètent à foison, puis évoluent, peu à peu. Regarder le cycle des saisons qui tournent. Les personnages qui changent. Si seulement Plus Belle la Vie cherchait moins l’audimat à tout prix et redevenais ce qu’elle devait être initialement, c’est à dire une série vraisemblable (et non pas l’histoire d’un quartier où tout le monde meurt dans des trafics aussi incessants qu’improbables), je trouverais ce soap merveilleux.

Et vous savez quoi ? Je ne suis pas le seul dans ce cas. Regardez les blogs par milliers qui éclosent sur la toile, ces gens anonymes qui racontent leur vie, qui conservent tout. Regardez Fessebouc, et la façon dont nous stockons tous nos faits et gestes : Bobby fait le ménage, Bobby part à la fac, Bobby est triste ce soir, etc. Regardez aussi la folie photographique, avec des téléphones, des appareils numériques, et nos disques durs qui en sont remplis à ras bord. Ma meilleure amie en est à un tel point qu’elle note tous ses textos depuis des années, qu’elle ne jette jamais rien avant d’avoir pris une photo (tous ses emballages y passent, son ordinateur en contient des milliers).

Je trouve ça fascinant. Nous avons un rapport au présent qui ne m’intéresse que dans la perspective ou cette multitude d’instants deviendra une multitude de souvenirs et constituera une histoire. Est-ce qu’il faut expliquer tout cela aux gens pour leur montrer que ma série n’est pas si cucu qu’elle en a l’air ? Ou est-ce qu’il faut laisser les gens réfléchir et trouver par eux-même ce qu’il peut y avoir de riche dans un tel projet ? J’avoue que ça, je ne sais pas encore.

Pour voir la série, c’est ICI.

Ma vie avec deux chats

En ce jour férié où on glande chez nous au lieu de bosser (ouais !), je me disais qu’un article léger comme de la crème chantilly serait une bonne idée. Mon article sérieux prévu pour hier mais pas fini attendra la semaine prochaine. En attendant, je vous fais part de ma réflexion sur ma vie avec  deux chats.


En un, nous avons la célèbre Kenya Bartoldi, toujours aussi caractérielle. Kenya souffre du syndrome dit de l’enfant unique. Elle est en adoration devant les humains gentils (les autres, elle les ignore, c’est super utile comme info), fait sa belle, ronronne, attire l’attention. C’est ce que j’appelle globalement une fayote. Alors évidemment, quand un autre félin entre dans son environnement, ça ne lui plaît pas du tout. Justement, entrée en scène du deuxième félin : Carambar, la chatte de ma sœur, en pension jusqu’à mardi. En effet, je me suis dit que pour elle, ce serait mieux de vivre avec moi pendant 4 jours plutôt que de me voir 30 mn par jour pendant le même laps de temps. Carambar est du genre plus coulante, très collante et câline. Et aussi gourmande car voici la bonne blague du week-end : Carambar est au régime et doit donc manger des croquettes de régime. La mienne ne l’est pas vu que j’aimerais qu’elle pèse un peu plus lourd. Evidemment, ce qui devait arriver arriva, Carambar mange les croquettes normales de Kenya… Et Kenya celles de régime. Je crois que mon chat a un problème d’anorexie.



Donc jeudi soir, Anthony et Alice m’amènent Carambar, ils posent la sacoche sur le sol, l’ouvrent, Carambar sort la tête, Kenya arrive et « kssssssssssssss ! ». On va rire. Bon, jeudi soir, Carambar sous le lit, Kenya dans la salle de bain. Comme ça, au moins, c’est fait. Et si on excepte un petit coup de sifflage à 6h du matin car Carambar a tenté une excursion sur mon lit alors que Kenya y dormait déjà, tout va bien. Vendredi soir, c’est plus tendu puisque comme je suis très joueuse, je tente de mettre une Vicky en plus dans l’équation. La pauvre fut totalement traumatisée par une Kenya grognante, sifflante et agressive (j’ai récolté une belle balafre sur mon annulaire droit alors qu’elle ne m’avait pas griffée depuis facile 3 ans, du moins volontairement). Je sentais que mon appart ne survivrait pas.



Et puis finalement, samedi, ENFIN, elles ont commencé à jouer, ce qui n’est pas forcément mieux vu que le « tapatap tapatap » des galops des chats sur le lino, c’est pas forcément génial comme réveil, surtout que Kenya a tendance à tout ponctuer de roucoulements pas super félins.  Surtout que de temps en temps, la bagarre se localise sur le lit et plus précisément sur Vicky qui, rappelons le, vient de développer une félinophobie. Dormir du coté du mur, c’est le bien (en plus, quand il commence à faire chaud, on peut coller ses fesses contre le mur frais, ça fait vachement de bien).



Bon, maintenant qu’elles sont copines, on croit que tout va rouler mais bon. Kenya est retombée en enfance et fait des conneries genre manger mes roses. Cette bête ne mange rien mais elle est super motivée à l’idée de grignoter mes fleurs. Hein ? Carambar est en demande constante d’attention et me tient de grands discours, réclame toujours de l’eau au lavabo, des câlins… Au moins, elle ne fait pas de conneries, son seul crime est de pondre des crottes énormes et qui puent très fort sans pour autant les enterrer. Yerk !


Mais au fond, vivre avec deux chats me montre que j’ai quelques soucis de culpabilité mal placée. Les premiers jours, je me trouvais le cul entre deux chaises. Carambar se fait agresser par une furie qui fait la moitié de son poids donc je dois la câliner pour la rassurer. Ce qui provoquera la jalousie de Kenya qui est quand même mon chat. Mais si je câline Kenya sans me préoccuper de Carambar, celle-ci va finir traumatisée et je vais la rendre en mauvais état à ma sœur alors que la pauvre choute n’a rien demandé. Ah mais que faire, c’est pire que le choix de Sophie… Et là, je me dis que si j’en suis à ce point là avec des chats, j’imagine même pas avec des gosses qui seraient les miens. Genre « je vais mesurer le temps de câlin apporté à chacun pour que l’autre ne se sente pas abandonné ». Hé bé…


En attendant, le truc essentiel à retenir c’est qu’avoir deux chats, c’est réduire la possibilité de faire une nuit calme vu que ça réclame deux fois plus de câlins au petit matin. Super…