Petite(s) précision(s)

Par Gauthier

Je m’appelle Gauthier, j’ai 25 ans, je suis bac+5, et je suis complètement snob et élitiste. Bon on va pas en faire un fromage, c’est de notoriété publique ! L’article de Nina a déchaîné les passions hier. Alors qu’au départ c’était juste une perche tendue vers les lecteurs « invisibles », et une sorte de mise en garde envers les maniaco-dépressifs qui nous insultent régulièrement. Rien de méchant, juste peut-être un moyen un peu (trop ?) direct de réveiller nos lecteurs.

Actuellement Nina fait des semaines de 75h, pour 300€ par mois (et osez me parler de snobisme après ça !). Elle n’a même pas le temps de venir manger un demi-sandwich avec moi le midi, alors que je bosse à 10 minutes de chez elle. Et pourtant elle continue à vous pondre un article par jour, elle prend le temps de répondre à chacun de vos com, et à chacun de vos mails ! Pourquoi ? Tout simplement parce qu’elle aime ce blog, parce qu’elle aime l’échange qu’elle a avec vous tous, parce qu’elle aime sentir et ressentir tout ce que vous pouvez laisser ici à chacun de vos passages. Mais des fois on n’a pas le moral, des fois on a besoin d’entendre des évidences, juste pour s’en rappeler. Et au lieu de ressortir rassuré et encouragé le constat est le suivant : « On ferme ? ».
 
Moi je dis non ! Et je ne vais pas parler pour Nina (même si je la connais par cœur, ce n’est pas mon rôle !), non je vais parler de moi. Parce qu’alors que je ne demande rien à personne je m’en prends plein les gencives aussi. Alors je vais préciser deux trois choses sur ma vie.
 

Je suis snob et élitiste, oui et alors ? J’emmerde personne que je sache… Pourquoi j’ai envie de cracher sur les gens que je considère comme stupides et/ou inutiles ? Parce que ça me désole de les voir. Je ne suis pas génétiquement modifié, je suis capable de faire des études et de m’intéresser au monde (deux choses qui sont différentes !) alors que ma boite crânienne fait le même volume que celle de tous les hommes de cette planète.

 

Alors parlons de mes « facilités ». J’ai eu mon bac à 17 ans, parce que j’ai été dans une boite à bac ? Un lycée privé ou mon papa a dû jouer des coudes pour imposer son fiston ? Non je suis issu de l’enseignement public, et j’en suis fier. Je fais des études poussées parce que mes parents sont riches ? Parlons-en… Mes parents voulaient que je fasse des études, mon père m’a dit de faire une école de commerce, j’ai refusé « très bien mon fils, fait ce que tu veux, mais tu bosses ». Je travaille donc depuis que j’ai 18 ans, j’ai tout fait, du guichet de la poste au télémarketing en passant par la restauration rapide. J’ai bossé 35h par semaine pendant 4 ans. Et pourtant j’ai réussi (à grand renfort de redoublement) à obtenir une licence d’Histoire. Après j’en ai eu marre, je me suis rapproché de mes parents et je leur ai demandé de m’aider (condition : changer de voix, condition que j’aie acceptée). Ils m’ont aidé autant qu’ils pouvaient/voulaient, j’ai obtenu un bac + 4 puis un bac + 5 en Sciences Politiques, en continuant à bosser pendant les vacances et en m’endettant sur 10 ans.

 

Oui moi le gosse de riche comme décrit par certains, celui qui est né avec une cuillère en argent dans la bouche, qui ne sait pas ce que c’est que « le petit peuple », ben il est endetté sur 10 ans tout en ayant fait tous les petits boulots de la Terre !!!! Alors quand on vient m’expliquer la vie, ça me fout en boule. Je vis dans 18 m2, j’ai 4 tenues à ma taille, je ne suis pas parti en vacances depuis 3 ans ailleurs que dans ma famille ou chez des amis, je sais ce que c’est que d’être dans la merde… Et je ne veux plus ! Je me suis battu, je me suis construit, je n’ai tué personne pour ça, je ne le dois à personne, je n’en veux à personne, mais ne m’empêchez pas d’en être fier à en crever !

 

Aujourd’hui je me considère comme faisant partie de l’élite. Alors bien sûr pas de l’élite financière ou économique (quoique si l’on passe mes comptes en valeur absolu je suis riche !), mais de l’élite intellectuelle, oui ! Pourquoi ? De part mon (futur) métier. Je me suis toujours refusé à dire dans quoi je suis pour deux raisons :

 

1/ Je pensais que ça n’avait pas un grand intérêt.

2/ Je ne suis pas autorisé à en parler de toute façon… (l’anonymat est quand même plus que relatif ici)

 

Mais je me sens obligé de me justifier, peut-être parce que je me sens blessé et que de part mon ego surdimensionné je doive en imposer pour me sortir de ce mauvais pas. Alors voilà, j’ai fait un choix, plutôt difficile dans le fond, j’ai préféré le statut au salaire. Et me voilà embarqué dans l’administration, à occuper un poste de cadre (oui de cadre n’en déplaise à certain(e)s !) soumis au secret défense. Et j’en suis très très très très fier !!!!!

 

Quand tu veux, tu peux, j’en suis la preuve la plus étincelante. Et qu’on ne vienne pas me parler de reproduction sociale, ou de circonstances atténuantes. Tu es caissière à Mammouth et tu ne sais pas que « cucurbitacée » n’est pas une insulte ? Tu l’as cherché… Je te méprise ? Oui… Je t’empêche de vivre ? Non… Tu m’insultes parce que je représente tout ce que tu vomis ? Je te réponds… Ça te dérange ? TANT MIEUX ! Au moins tu apprendras des mots en venant nous lire 😉

 

Je m’emporte, et je m’en excuse, mais j’ai l’impression que les gens ne retiennent que ce qu’ils veulent, là au moins ils auront matière à me faire un procès en bonne et due forme (moumour tu seras mon avocate ? avocate du diable ça te va tellement bien !!!!).

 

J’aime écrire ma vie, mes envies, mes angoisses, je le fais dans l’intimité depuis de nombreuses années. Et je trouve que le blog est un outil formidable, il crée un espace d’échange, et j’aime les échanges (cette phrase n’a AUCUNE connotation sexuelle !). Alors j’espère pouvoir continuer le plus longtemps possible. Mais je suis un être humain, avec des sentiments, je ne fais de mal à personne, et je trouve légitime d’en demander de même à mes lecteurs… Je ne vous oblige pas à me lire… Ne l’oubliez pas s’il vous plait !

 
Gauthier un peu bluesy

Votre vie rêvée

Bientôt un an que ce blog existe et il y a toujours un truc qui m’étonne : le nombre de lecteurs. Ici, c’est un blog écrit, on ne rigole pas tous les jours (même si des fois, on s’en paye une bonne tranche), ça prend du temps à lire nos proses. Et pourtant, vous êtes quotidiennement plus d’un millier à venir ici, très peu commentent et se font connaître. Mais qu’est-ce que vous foutez là ?

 

Parmi les commentateurs qui sortent de l’ombre, revient souvent la phrase suivante : « je ne vis pas du tout comme vous, je lis pour comprendre. » Ah ? Il y a souvent une idée de fascination/répulsion pour notre style de vie. Mais c’est quoi notre style de vie ? Certes, on est un peu bobos, un peu métrosexuels, un peu adulescents. Mais en quoi notre vie est-elle enviable ou détestable ? A 26 ans, je trouve que ma vie est normale : je galère dans ma vie professionnelle et ma vie privée (même si là, je suis dans ma bulle merveilleuse), je sors, des fois, je bois. Je baise et j’assume mais rien d’extraordinaire. Seulement 8 hommes ont partagé ma couche en 2005, ça n’a rien d’exceptionnel. Sur le lot, seuls deux
ont été des one shot et j’ai eu des relations suivies avec deux d’entre eux. Certes, par rapport au reste de ma vie, ce fut la fête du slip mais je ne suis ni une tombeuse ni une acharnée du sexe. Je ne suis pas non plus une nonne. Une fille normale, en somme, avec ses coups de cœur et coups dans la gueule, rien d’exceptionnel.

Nos vies ne sont pas que strass, sexe et alcool, loin de là. Nous avons des ambitions et nous donnons les moyens de les obtenir. Je n’ai pas fait 7 ans d’études pour me retrouver dans un boulot qui ne me plaît pas. Désolée mais être caissière au supermarché et rentrer le soir m’occuper de ma marmaille, ça me stimule pas. Mais voilà, en France, avoir des ambitions, c’est mal. Mes études me destinent à faire partie d’une sphère intellectuelle, idem pour Gauthier. Nous sommes snobs ? Sans doute mais peut-on nous reprocher de vouloir le meilleur ? Ce qui est amusant, c’est qu’on nous prend parfois pour des êtres futiles et superficiels mais vous seriez surpris par nos conversations. Avec Gauthier, nous parlons souvent de politique internationale, j’ai travaillé sur le Québec et l’Irlande du Nord, lui sur le Japon, nous suivons l’actualité et nous avons des idées politiques, des opinions construites. Mais sur ce blog, on ne parle pas politique, ce n’est pas la ligne éditoriale.

On ne voit ici que notre vie privée et encore ce qu’on en voit. Si on met en avant le côté festif, ce n’est pas par provocation mais raconter mes soirées à la maison ne me paraît pas des plus excitants. Je pourrais disserter sur ma demi-heure de rameur, sur les conneries qui passent à la télé, sur le roman que je lis, la musique que j’écoute, ma grille de sudoku avant le dodo… Je pourrais même donner les horaires de mes pauses pipi, soyons subversifs ! Forcément nos aventures surviennent surtout quand on sort de chez nous, quand on va dans des lieux peuplés d’autres individus. Dans des soirées, en somme. Mais ce n’est pas pour autant que nous sommes de sortie tous les soirs, nous n’en avons pas les moyens. On se prend des cuites mais pas tant que ça.

Après, il y a la question de nos relations amoureuses. Je suis une femme, 26 ans, mes ovules n’ont servi à rien pour le moment et ma principale ambition dans ma vie n’est pas de me reproduire. Je n’ai pas une affection particulière pour les enfants qui me laissent plutôt de marbre, je ne fonds pas sur les bébés. Quand j’entame une relation, je ne commence pas à faire des plans sur la comète. Je ne planifie rien : le premier câlin crapuleux survient quand le désir est le plus fort, je vais pas m’imposer une période d’abstinence d’un mois « parce que c’est pas bien de coucher le premier soir ». Honnêtement, je reste persuadée que de ne pas coucher le premier soir ne protège pas des connards. Si un mec ne veut que me sauter, il attendra que je cède (ou même pas) et il me balancera une fois qu’il aura obtenu ce qu’il veut. De l’autre côté, les mecs qui visitent mon intimité le premier soir ne sont pas forcément des fieffés salauds, ne catégorisons pas les gens comme ça. Sauf qu’on a beau dire, au début du XXIe siècle, une fille qui assume une vie sexuelle devient une salope, une « fille comme ça », comme a dit un lecteur récemment. On n’avance pas.

Alors, voilà. Des tas de gens lisent ce blog et jugent sur le peu qu’ils connaissent de nous. On nous crache dessus, sur notre vie, on nous trouve désespérant, on prétend qu’on lit notre blog « pour comprendre des gens comme nous ». J’admire cette curiosité anthropologique et sociologique de ces personnes tout comme j’admire leur hypocrisie. Personnellement, lire
des blogs de personne dont la vie ne m’intéresse pas, voire même me dérange, je ne lis pas. Je suis suffisamment confrontée à la vie des autres dans les journaux pour ne pas en plus pousser la curiosité à polluer mes loisirs. Je lis la vie de gens qui m’intéressent, que je ne me permets pas de juger parce que, d’une part, je ne les connais pas et que, d’autre part, ils sont libres de
faire ce qu’ils veulent. C’est déjà dur d’essayer de conseiller ses amis les plus proches sans le faire en plus pour des inconnus. Mais je lis aussi la vie de gens que j’envie. Bon, globalement, 
je n’envie que des détails : celle-ci a l’air d’avoir un boulot passionnant, celui-là a une vie de couple vraiment marrante… Après, je ne vais pas lire un blog pour vivre une vie par procuration, faut pas exagérer non plus.

Je continue à me demander : pourquoi les gens qui nous trouvent pitoyables continuent à nous lire ? Ca me rappelle l’arrivée de Loft Story en France, une fille m’avait expliqué qu’elle trouvait ça « sociologiquement intéressant ». La sociologie et l’anthropologie ont bon dos, tiens ! Je me demande dans quelles mesures les gens ne nous crachent pas sur la gueule parce qu’au fond, ils nous envient et ça leur fait mal au cul de pas pouvoir vivre comme nous. Ici, il n’est pas question de moyen. Quand on sort, avec Gauthier, on ne va pas dans des restos à 50 euros l’entrée, on ne va pas dans les boîtes où on paye 15 euros le cocktail. Non, nous, notre boîte de prédilection est petite et chaleureuse, il n’y a pas de people et on s’en fout bien. Parfois, nos sorties se font chez les uns ou chez les autres, on dîne, on discute, on rigole. Comme n’importe qui.

Ce qui m’amuse le plus, ce sont ceux qui critiquent le vide de nos vies. C’est sûr, leur vie doit être super pleine pour qu’ils prennent non seulement le temps de nous lire mais de cracher leur fiel sur nous. Par ailleurs, ces charmantes personnes se cachent souvent derrière des pseudos inconnus qui viennent juste nous insulter un petit coup et repartent sans demander leur reste. Mais, Seigneur, quel est donc l’intérêt ? Attention, je ne fustige pas la critique, je peux envisager qu’on ne soit pas d’accord avec nous (enfin, j’ai du mal… je plaisante !).  Ce qui me dépasse, ce sont les gens qui nous détestent tellement qu’ils viennent nous lire tous les jours et ne ratent pas une occasion de nous snipper. C’est du masochisme, à ce niveau là !


Mais je dirais plutôt que c’est de l’envie. Tout ce que nous faisons dans nos vies (pas grand-chose d’exceptionnel à mon sens), ça en démange certains. Mais notre vie est ce que nous en faisons.

 

La vie d’’un Gauthier comme les autres

Par Gauthier

Je viens à l’instant même de remplir mon agenda électronique. Ça mérite une analyse. Non ? Mais si, je suis sur mon blog, je fais ce que je veux na ! Donc ça fait depuis le 25 avril qu’à part noter mes rendez-vous avec Nina, ou avec le laboratoire d’analyse médicale, il n’y avait pas grand-chose d’intéressant… Oui en fait, je ne note pas mes beuveries, ni même mes plans culs (en même temps tant mieux, sinon j’aurais déprimé ce mois-ci, vu qu’il n’y a RIEN à noter).

Et ce soir, je viens de remplir mon agenda jusqu’au 30 octobre, pfiou, ça fait un choc !!!! Et oui, le même mec qui décide de prendre l’avion 4h avant le 10 mai, planifie sa vie le 16 mai sur 4/5mois ! Je me fais peur tout seul à vrai dire…

Mais qu’ais-je donc mis dans mon agenda ? Je vous vois venir… Non je n’ai pas noté tous mes rendez-vous chez le coiffeur, ni ceux chez l’esthéticienne (quoique ça me fait penser qu’il faut que je prenne rendez vous pour une épilation, c’est la forêt vierge sous mes bras !). Je vous ai dit que j’avais trouvé un taff la semaine dernière, non ? Ben donc ça m’occupe jusqu’au 21 juillet. Déjà ça rempli bien une vie ça. Et je me suis fait un plaisir de noter tous les ponts dont je vais honteusement profiter 😉

 

Ensuite, mon stage commence le 1er août, jusqu’au 30 septembre, après quoi je me garde un mois pour faire le rapport et préparer la soutenance. Tout ceci en cherchant un autre travail en relation avec mon niveau diplôme tout beau tout neuf. Nous voilà donc fin octobre mine de rien. Mais bon des activités diurnes rémunérées ça ne remplit pas une vie complètement, et surtout pas la mienne.

 

Il faut donc ajouter les extras : une beuverie avec les copains de promo mercredi soir, un concert de Texas vendredi soir, l’anniversaire de Larouquine samedi soir (avec petit frère de moi sur Paris), un pont le week-end prochain (on part où ?), un pont 15 jours après (rebelote), une journée à la Commission Européenne (euh si je demande un jour de congés il me fait quoi mon nouveau patron ?), un mariage fin juin dans le sud (et merde je vais louper la Gay-Pride), un pont en juillet (Deauville me voilà), une semaine de vacances fin juillet (mamy je t’aime mais je crois que je vais partir en vacances avec Océane à l’Océan), un week-end début août avec Lucie à Paris, la semaine suivante toujours à Paris mais avec Mister Big (tout ceci en travaillant par contre), et pour finir le concert de Pink à Paris en octobre ! J’ADORE MA VIE !

 

Et voilà comment vous vous retrouvez overbooké sur 4 mois en 15 min !!!! Bon maintenant parlons de mon quotidien (mais non là on n’en parlait pas, on l’effleurait juste…). Deux chose, mon nouveau job et mes copains de promo.

 

Le nouveau job : le patron est un modèle de snobisme parigot qui me supplante complètement, je suis un petit joueur, mais grave, j’ai trouvé mon maître pour le coup. Au début je me disais que j’allais en rire, en fait c’est fatigant, mais bon je le cherche bien alors je me tais. Par contre il faut impérativement qu’il se lave les dents, c’est pas possible ! Enfin elles sont pas vraiment sales, quoique j’ai pas vraiment regardé, mais il a une haleine de chacal mort depuis 4 semaines… J’en vomis rien que d’y penser. Il faut savoir que je suis un maniaque de l’hygiène bucco dentaire. Moi quelqu’un qui a de la bouffe ou des animaux morts entre les dents, je peux pas, et quelqu’un qui sent plus mauvais de la bouche que la station d’épuration du village de mes parents c’est encore pire ! Là on est resté enfermé dans une salle de réunion toute la journée pour qu’il m’explique mon travail. Dans une tour de La Défense, il faut climatiser, vu que c’est en plein soleil, et donc on n’ouvre pas les fenêtres. Et au bout de trois heures moi je me suis jeté sur les fenêtres, tant pis pour les économies d’énergies… C’EST INVIVABLE !!! Dieu merci c’est un PDG très occupé, il n’est quasiment jamais là, et l’hygiène de la DG me paraît beaucoup moins douteuse !

 

Mes « copains » de promo maintenant, ou plutôt « l’Intersyndicale des mononeuronaux », ils me fatiguent beaucoup. Il faut savoir que nous sommes 9 (dont moi), à avoir valider tous les examens. Je ne sais même pas si c’est sur la promo (24 étudiants) ou sur le Master toutes spécialités confondues (120 étudiants), vu que je n’ai toujours pas vu les résultats de mes propres yeux. Mais vu que je suis le seul, à ma connaissance, à avoir tout eu, il doit bien y avoir une sacrée hécatombe. Je comprends parfaitement que cela les perturbe. Vous comprenez les pauvres chéris, ils ont intégré un Master de Sciences Politiques et donc ça paraît logique qu’ils obtiennent leurs diplômes. Je suis d’accord, MAIS IL FAUT PEUT-ÊTRE BOSSER UN PEU, ET SURTOUT AVOIR UN PEU PLUS DE CULTURE ET D’ESPRIT !!!!!! Ils sont d’une bêtise navrante… Un de nos examens consistait à exposer notre projet professionnel. Lors de cet examen nous avions le choix entre ce sujet et un d’anglais. Il n’y a pas de compensation, donc la moindre note en dessous de la moyenne invalide le diplôme et précipite vers la seconde session. Un projet professionnel c’est quoi ? En gros il faut dire ce qu’on a fait avant, pourquoi on a passé tel ou tel diplôme, pourquoi on a fait tel ou tel stage, pourquoi on a bossé à côté et ce que ça nous a apporté, ce qu’on cherche comme métier, pourquoi on est capable de le faire, et comment on se voit dans 5/10/20 ans. C’est pas sorcier ! J’ai jamais eu de cours spécifique sur ça, c’est un peu du bon sens, et puis on le fait à chaque étape de nos vies (passage en Master, recherche de stage, recherche de job…). Donc on est censé être rodé ! Et les profs ont tout naturellement validé l’UE en fonction de la pertinence du projet professionnel, pour peu que celui-ci soit bien rédigé (ça c’est un autre problème !). Et là ils font une pétition dans laquelle ils s’insurgent de ne pas obtenir le diplôme du premier coup alors qu’ils ont été pris dans le Master. Je préfère en rire…

 

Voilà, j’ai fini d’étaler ma vie pour ce soir, je file au lit. Demain je travaille (j’ai du mal à m’y faire).

 
Gauthier tout fatigué.

Sodomie et beurre de normandie

Par Mister Big

Ce n’est pas sans une intention particulière que j’ai juxtaposé ces deux éléments. Le sujet du jour est : et vous, dans un lit, vous jouez avec quoi ? On arrête pas de parler de brouette, mais, sauf manquement de ma part (n’oubliez pas que j’ai manqué 6 mois de blog !) on a jamais abordé le sujet des « accessoires de tout les jours que l’on peut intégrer à sa vie sexuelle »…

Je me souviens d’une époque, jadis, où je mangeais autant à table que dans un lit… C’était le bon temps ! Ben oui, en France, c’est bien connu, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées ! Et à défaut d’avoir un outillage digne de « maison et jardin » pour égayer sa vie sexuelle, on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a sous la main… Et en l’occurrence, le frigo est une source quasi-inépuisable d’inspiration… C’est donc pour vous faire partager quelques souvenirs de bons moments buco-génito-culinaires que je vais fouiller avec vous mon frigo tout au long de cet article.

Tout d’abord, il y a les classiques : si on parle de sexe et nourriture, la plupart penseront au nutella, grand classique devant l’éternel, d’autres dirons « chantilly, fraises » ou encore « fraises, champagne ». Ok, mais ça, c’est comme le missionnaire, la levrette ou le crabe tonkinois : on connaît tous ses classiques, y’a plus rien de bien surprenant la dedans ! Comme les copains, j’ai essayé, c’est sympa, c’est vrai, mais bon… quoique, le nutella, j’adhère moyen, car ça aurait tendance à laisser penser à un plan scato qui aurait dérivé.

Le miel. Ça, c’est terrible ! Mais il y a quand même un grand défaut : faut changer les draps après ! Ca colle comme pas permis, ce qui rend justement intéressant le nettoyage buccal des zones tartinées de sécrétions d’abeilles. Mais attention : NE PRATIQUER QUE SUR DES ZONES IMBERBES !!! Sinon, ça vire à l’épilation au miel, et ça, c’est pas très agréable pour celui qui le subit ! Et choisissez le liquide et en bouteille à bouchon doseur, car les pots de miel semi-figé, c’est pas très glam…

Ensuite… le vin bu au creux des reins… classique aussi, mais très agréable de sentir son amant frémir quand on lèche son bas du dos. Après, on peut varier avec du champagne, de la vodka, du rhum, du cointreau, de la chartreuse (ouais, bon, je sais, j’essaye de me faire sponsorisé par des fournisseurs d’alcool, donc faut y mettre la paquet !) etc… Mais avec du champ, y’a quand même une chose de beaucoup plus sympa à faire : une pipe ! Qui n’a jamais essayé ? C’est pas mal du tout, ça aussi, de sentir les petites bubulles picoter le méat et chatouiller le gland…

Poursuivons… les glaçons !!! On écrémait le frigo, et j’ai failli oublier le bac à glaçon !!! Ca aussi, c’est un classique, le glaçon ! Le faire courir un peu partout sur le corps de son amant… lui faire aussi une pipe avec la bouche remplie de glaçon, et, chose intéressante, lui introduire un ou deux glaçons dans l’anus… Effet garanti ! Et contre-effet immédiat : un glaçon, ça fond ! Une minute après l’introduction, expulsion du dit glaçon sous sa forme liquide !

Bon, il me reste quoi… ça serait trop facile de parler de l’utilisation des courgettes, concombres, aubergines ou autres curcubitacées… Idem pour la banane. Le fromage, c’est tabou. Les bouteilles, c’est extrême. Le ketchup ? Pas trop d’intérêt, surtout si il est épicé. La viande… heu… je préfère pas imaginer ! Le poisson ? Ouch ! Les crevettes, encore, mangées avec des baguettes sur le ventre du compagnon, pourquoi pas… les sushis, d’ailleurs, mangés à même la peau, c’est divin ! Les œufs ? Heu… joker ! Il nous reste… le yaourt ? Intéressantes perspectives… j’ai jamais essayé, mais ç’est à faire !

Ha ! J’allais oublier : le beurre ! Hé oui ! J’en ai pas fait le titre pour rien ! Le beurre, grand ami de la sodomie quand on a pas de gel sous la main ! Sur les conseils d’une amie, j’ai essayé… et franchement, ça vaut le détour ! Une tite noisette de beurre, et hop-là ! Avec l’avantage de ne pas sécher en deux allers-retours comme les gels lubrifiants classiques… un peu de beurre, et c’est parti pour la nuit ! Mais, je vous en prie, s’il n’y a qu’un conseil à retenir de tout ce que je viens de vous dire : du beurre doux, pas du demi-sel !!! L’élu(e) de votre cœur risque de vous larguer illico-presto si vous lui faites ça avec du demi-sel !

Bref… si vous avez d’autres idées, confiez-les moi !

Sur les rotules

Depuis quelques temps, me voici devenue une working girl. C’est plutôt une bonne nouvelle, vu ce que j’ai galéré pendant les 6 derniers mois. Cette semaine, j’ai donc entamé un nouveau stage. Problème : la masse de travail est énorme et je suis pour l’instant seule à l’accomplir. Jeudi et vendredi, ce fut donc après-midi boulot chez Michel pour déblayer un peu le terrain. Résultat : mon week-end à Toulouse va être des plus réduits car je dois être de retour lundi à 8h. C’est parti pour un week-end marathon.

 


Jeudi, je sors de ma première réunion et j’ai compris : inutile d’espérer pouvoir partir le lendemain en province, j’ai encore une réunion et elle va finir tard. Effectivement, elle a terminé à 21h. Bon, c’est le début, ça va se calmer après. Donc je prends le train samedi à 7h30. Oui, vous avez bien lu, moi, dans un train à 7h30. Samedi, 6h, mon réveil me tire de mon sommeil. Fais chier, je serais bien restée au lit. Et c’est parti pour une des journées les plus longues de l’année. Je me lève, je m’habille, je finis mon sac et 6h30, je sors de chez moi (je me suis pas maquillée, ça fait gagner du temps). 7h, me voilà arrivée à la gare donc avec une demi heure d’avance qui m’ont servi à boire un café. Dans le train, ô misère, je tombe dans un compartiment, c’est impossible de dormir là-dedans, je fais comment pour finir ma nuit, moi ? Autant ne plus y compter. Heureusement, à Limoges, je change de train et dans le nouveau, y a de la place donc je dois dormir/somnoler deux bonnes heures. Sauf que dormir dans le train, ça fait mal au dos et aux cervicales. Donc décision : cet après-midi, je fais la sieste sinon, je ne tiendrai pas.

Arrivée à la gare, je retrouve mes parents et là, on croise la mère d’Anne qui vient justement chercher sa fille. On reste un peu à papoter et voilà justement Anne qui me propose de passer chez elle. Donc, je rentre chez mes parents, je jette mon sac dans un coin, mon linge dans la machine (oui, pour les draps, un sèche-linge, c’est top et je n’en ai pas), mon café dans le gosier, Technopolis sur le blog et je repars. Après-midi chez Anne à me gaver de thé et de café car je sais que je pourrai plus dormir. On papote de nos vies, de nos hommes (surtout d’eux, des oreilles ont dû siffler samedi après-midi), on dit un peu de mal des gens mais pas trop. Bref, un après-midi normal entre filles.

18h15, retour chez moi, opération « douche ». Mmmm, que ça fait du bien. Sauf que le drame se noue. En sortant de la douche, je tends la main pour attraper mes vêtements posés sur le rebord de la baignoire (oui, dans la salle de bain de mes parents, y a une cabine de douche ET une baignoire) et je fais tout tomber dedans. Ce qui est ennuyeux car il y a un phénomène de reflux donc toute l’eau que j’ai utilisée pour me laver stagne au fond de la baignoire et mes fringues trempent désormais dedans. Et merde ! Donc je fais une expédition punitive dans le placard de ma mère qui, heureusement, se fringue bien et fait la même taille que moi. Du coup, je suis à la bourre, je me maquille en parlant à ma maman qui venait de finir ses courses (dont la carte de vœu pour Gaugau, une carte miniature…).

Je pars enfin pour Toulouse, je perds une plombe à la station essence puis je prends l’autoroute. Arrivée sur place, je récupère Lucie et on va manger chez un couple d’amis. Première partie de la soirée calme, on mange des pizzas tout en jouant à la belote. Ben, mine de rien, j’adore la belote et ça devait faire plus d’un an que j’avais pas joué et ça m’a fait bien plaisir, surtout que mon partenaire et moi avons rétamé Lucie et son collègue lors de la deuxième partie. Bon, nous, on avait du jeu et pas eux. D’ordinaire, j’ai pas de chance aux jeux, moi, j’espère que je ne dois en tirer aucune conclusion… (je plaisante).

Nous sommes arrivées à 20h30. 22h, Gauthier commence à nous harceler pour qu’on se dépêche mais on finit notre repas-belote quand même surtout que j’apprends par Lucie que je dois récupérer trois personnes au passage. Sympa de me prévenir, c’est quand même moi qui conduit. Bon, on finit par partir vers 22h45 puis on tourne dans Toulouse pour récupérer les 3 personnes et on part enfin chez Mister Big. Ô miracle, on trouve une place en bas de chez lui, même pas besoin de faire un créneau. J’étais partie sur un : « à 1h, je me casse ». Finalement, le temps qu’on parle, qu’on fasse les cadeaux et tout ça, on décolle un peu avant 3h, je redépose mes passagers de l’aller moins une et je finis finalement par me coucher à 4h, totalement épuisée. Je ne m’endors qu’une demi heure plus tard.

Le lendemain mati, j’émerge à 12h30 et c’est reparti. Un bisou à ma mamie qui est venue manger, une douche vite fait avec lavage de cheveux obligatoire et hop, on déjeune. On mange sans se presser en avalant les infos, arrêt sur images (ouais, j’ai enfin réussi à faire regarder cette émission à mes parents !), les Guignols et le zapping. On débarrasse, je fais un tour rapide sur le net pour lire mes mails et les comms sur le blog. Je redescends, ma grand-mère part, je lui fais un bisou. Puis comme il est hors de question que je m’allonge et qu’il n’est que 14h30 (mon train étant à 16h39), on décide d’aller faire un tour dans la nouvelle voiture de ma mère, qui a la particularité d’être décapotable. Yeah. Je fais donc mon sac et vers 15h, nous voilà parties sur les routes de la campagne. Bon, c’est super agréable de se balader en décapotable, faut le dire, même si la luminosité me dérange un peu au départ. Bon, au bout d’un moment, la gorge me gratte et mes yeux se mettent à pleurer mais ce n’est pas très grave. Ca fait longtemps que mon allergie au pollen ne s’était pas à ce point manifestée.

Le problème, c’est qu’on se promène, on se promène et qu’à un moment, je fais : « maman, mon train part dans 20 minutes ». « Maman, mon train part dans 10 minutes… ». « Maman, a priori, je n’aurai pas mon train et le prochain me fait arriver à 23h50. » Bon, on va quand même à la gare, j’arrive et je vois que le train est là, voie 2, donc je prends les escaliers en courant avec ma valise qui pèse un peu quand même, j’arrive sur le quai d’en face, le coup de sifflet vient de retentir mais une porte est encore ouverte, deux contrôleurs discutant donc j’essaie de me jeter à l’intérieur mais ils me bloquent : « non, mademoiselle, aucun passager de cette gare ne peut monter dans ce wagon. » Bon, sur le coup, je me dis que je suis tombée sur un farceur mais apparemment, non, ce n’est pas le cas. Il m’a expliqué mais je n’ai rien compris et je m’en fous : le train est encore ouvert, je suis sur le quai, je veux monter. Il me dit qu’il y a une majoration de 35 euros, je réponds que je les paierai mais je veux partir ! Heureusement, le contrôleur du train est plus sympa, il me fait monter avec la promesse que je change de wagon à l’arrêt suivant (c’est un grand convoi avec deux TGV collés). Je m’installe donc tout au bout du premier TGV et docile, à l’arrêt suivant, je descends et je change de place. Sauf que la SNCF est très joueuse, elle ne m’a attribuée aucune place précise…Je trouve cependant une banquette libre, je m’y installe. A l’arrêt suivant, personne ne vient me chasser de là, un gars vient s’asseoir à côté de moi et m’explique que, comme moi, il n’a aucune place attribuée… Décidément ! Surtout que le train est loin d’être plein… Enfin, je suis assise. Au menu : écriture puis quand l’ordinateur bippera la fin de sa batterie, je lirai avant de m’assoupir. En rentrant chez moi, j’ai beaucoup de boulot mais ça attendra. Ce soir, je ne fais rien, ça me changera de ce week-end. En tout cas, j’aurai réussi en 26 heures à voir mes parents, ma mamie, Gauthier, Mister Big, Lucie, Emma et Anne, à fêter un anniversaire, faire deux parties de belote, boire un peu (Mister Big, ton margarita fraise, mmmm), me faire un nouvel ami qui est une machine à compliments, mettre mon blog à jour, faire une balade avec ma maman et apprendre les derniers potins de la famille (Gaugau, parenthèse pour toi : mon cousin pas beau de 20 ans va être papa… au secours), faire une lessive, prendre deux douches (dont une où je me lave les cheveux), noyer mes vêtements… Finalement, y a que dormir qui manque à la liste. Et le week-end prochain, le frère de Gauthier monte… Seigneur !

 

D’’Hélène et les garçons à la Star Ac

Au vu de mon état physique déplorable dû au fait que j’ai veillé 22h hier (levée 6, couchée 4h) et que mon week-end fut très chargé, l’article du jour ne se veut qu’un délire débile qui me permet de reposer un peu mes pauvres neurones qui ont pas mal de boulot pour demain.

 

 

L’autre soir, mercredi, soirée à thème. Vous avez le choix entre les Experts ou le foot sur la 1, Nouvelle Star sur M6, Nip/Tuck sur Paris-Première (enfin, ce n’est plus le cas). Donc lors des mercredi non-footeux, je mate donc les Experts et quand ça passait, je regardais ensuite Nip/Tuck, le tout en restant sur le net. Un soir, Gauthier me parle sur MSN genre : « Oh, c’est Dominique qui chante, elle est trop forte ! » Je lui indique que vu que je ne regarde pas, j’en ai un peu rien à battre de Dominique, de la Tortue ou de chais pas qui. Puis à un moment, il me dit : « regarde la 2, c’est énorme ». Ok, je zappe et je tombe sur un Ça se discute spécial « anciennes célébrités oubliées ». Ça marche toujours d’enfer ce genre d’émission, on dirait qu’on a toujours une nostalgie des starlettes d’antan et celles-ci sont ravies de se trouver à nouveau en haut de l’affiche le temps d’une soirée. Là, c’était un spécial « produits AB ». Là, avec Gauthier, on commente : « Oh, y a Nicolas d’Hélène et les garçons ! Oh, y a Annette de Premiers Baisers ! Waaaah, elle est bien sans lunettes ! ». En gros, c’était ça.

Et là, tout à coup, j’ai pensé à un truc : finalement, ces acteurs parfois improvisés ne sont-ils pas les ancêtres de tous les jeunes que l’on voit dans les émissions de télé réalité. Je m’explique. Déjà, vous remarquerez qu’on a parlé de Nicolas et d’Annette, pas de tout de leur nom d’acteur que personne ne retient, en général. Par ailleurs, Annette et Nicolas ont pour nom de famille la série dont ils sont issus, comme Nolwenn de la Star Ac ou Loana du Loft. Bon, encore, ceux qui sortent de la Star Ac, on leur file vite un vrai nom de famille (quoi que je savais pas que Jenifer avait ressorti le sien) mais ceux du Loft… Le premier qui me sort le nom de famille de Loana a gagné ! Je sais que c’est un truc italien en cci mais je me souviens pas exactement et comme je tape cet article dans le train, j’ai pas accès au net. Et puis on s’en fout.

Revenons à nos stars AB. Oui, ce fut des stars à l’époque, comme Loana et ses amis. Hélène a fait je ne sais combien de couvertures de magasines, les OK Podium et autres proposaient beaucoup d’interviews de ces jeunes-là… De vraies références. Finalement, on savait peu de choses de leur vie, Jérôme était avec Justine et on se tapait de savoir qu’en vrai, ils n’étaient pas un couple. Même, d’apprendre que ce n’était pas vrai avait quelque chose de dérangeant. Justine, Jérôme, Annette puis les autres, c’était un peu nos copains, ils vivaient presque la même chose que nous… On suivait leur vie quotidiennement ou hebdomadairement (j’avoue que je ne suis plus sûre), comme on suivait le Loft. Il y avait plus d’aventures et plus de décors, moins de sexe mais au fond, c’était un peu le même principe : des gens normaux qui vivent des choses normales et à qui on peut s’identifier.

Mais derrière ces personnages souvent caricaturaux, il y avait des acteurs avec une vie bouleversée par les séries AB. Ces jeunes (oui, certains étaient vraiment très jeunes) se sont retrouvés soudain avec un compte en banque super garni, propulsés sur le devant de la scène. Certains en ont profité, d’autres se sont cramés les ailes, certains décidaient de tout arrêter avant de, finalement, revenir dans la série. Comme les stars de la téléréalité, ils ont mélangé les genres : d’acteurs, ils ont fait chanteurs (ou vice et versa, Hélène était plus chanteuse qu’actrice, au départ). Au collège, j’avais fait un exposé sur les émissions jeunesses et j’avais appris comment fonctionnait l’entreprise AB : on encourageait au maximum les acteurs à pousser la chansonnette. Cricri d’amour, qui s’appelait en vrai Sébastien Roch (ouais, lui, j’ai retenu) a, par exemple, enregistré un disque chez un concurrent d’AB et du coup, zouuuuu, viré de la série, son personnage détruit par les scénaristes qui en profitent pour faire passer un message : « la drogue, c’est pas beau ! ». Un autre acteur qui jouait un batteur chez Hélène fut rapidement viré car il clamait haut et fort qu’il ne voulait pas chanter pour eux. Donc en gros, sur TF1, on alternait entre les chansons et les séries AB, tout ça présenté par notre amie Dorothée.

En plus, le rêve avait quelque chose d’accessible : les comédiens n’avaient pas tous fait le Cour Florent et plus on produisait de séries, pire c’était. Ainsi, sur Hélène et les Garçons, le couple José/Bénédicte a été recruté dans le personnel qui travaillait sur la série, ils étaient tous les deux décorateurs, je crois. Il y a eu une autre histoire par rapport à Anthony Dupray qui jouait dans Premiers Baisers, je l’ai découvert en lisant le blog de Fabien Remblier (Jérôme de Premiers Baisers). Je vous conseille de le lire, on apprend des trucs super marrants et on découvre que tous ces acteurs n’étaient pas forcément aussi purs que leur personnage. Bref, il explique donc que le petit Anthony bossait sur Premiers Baisers depuis longtemps en tant que figurant et que la prod a décidé de le mettre en première ligne mais pas n’importe comment : ils ont fait croire qu’il avait envoyé une chanson à AB où il chantait qu’il aimait Hélène ou quelque chose de ce goût-là. Donc le petit Anthony (qui avait quand même une belle gueule) est officiellement devenu le fan anonyme d’Hélène propulsé au sommet. Donc en gros, n’importe qui pouvait devenir la star d’une série AB.

Donc, mercredi soir, on revoyait tous ces jeunes là, y avait Nicolas, Sébastien, José, Annette et Mallaury Nataf (elle, vu qu’elle a montré sous ses jupes à la télé, on retient plus son vrai nom que le nom de son personnage). Il devait y en avoir d’autres mais j’ai pas regardé l’émission jusqu’au bout, Nip/Tuck oblige. Je voyais donc ces gens-là, constatant qu’il étaient encore jeunes puisqu’à peine trentenaires (ça donne l’idée de leur jeune âge quand ils ont débuté) et déjà has been. Comme la téléréalité, l’étiquette AB fut au départ un bon moyen d’ouvrir les portes et, aujourd’hui, les ferme très rapidement. Ils rebondissent un peu grâce au théâtre et à la téléréalité (ils cumulent !) mais à part le Sébastien Roch-Cricri d’amour, je n’en ai vu aucun au cinéma. Ah si, y a une fille de Premiers Baisers qui a joué dans le dernier Jaoui, mais je sais pas si c’était un grand rôle, j’ai pas vu le film. La plupart ont été obligés d’abandonner la comédie ou de l’exercer de façon moins exposée. Y a par exemple Sébastien d’Hélène qui fait du doublage.

C’est fou cette capacité qu’on a à brûler nos idoles. Sur le devant de la scène un jour, hasbeen indésirable le lendemain. Et j’ai l’impression que plus ça va, plus le « hasbeenage » est rapide (je n’ai que peu dormi ce week-end, je m’autorise l’invention de mot). Prenons Loana : consacrée gagnant du Loft en 2001, tellement ringarde en 2006 qu’elle se tape une émission qui ne réunit que des gens dont on connaît à peine le nom. En 5 ans, elle est morte médiatiquement alors qu’il me semble que Hélène et Co, ça a duré bien plus que ça. On pousse même le vice à faire des émissions de téléréalité où on pousse ces stars ringardes à tenter de revenir sur le devant de la scène tout en se moquant d’eux : « bah, elle, elle sait plus quoi faire pour qu’on parle d’elle ! ». Le problème, c’est que ces gens ont connu une gloire fulgurante et massive et qu’une fois le phénomène de mode essoufflé, non seulement ils se rendent compte qu’il ne suffit pas de claquer des doigts pour obtenir ce que l’on veut mais aussi que leur étiquette est devenu un vrai handicap.

Et pourtant, chaque année, ils sont de plus en plus nombreux à tenter désespérément de pousser la porte du château de la Star Ac ou de se produire sur la scène de la Nouvelle Star… De vraies usines à has been.

Episode 12

Oceany referma la porte de la cellule avec le cadenas et rejoignit tous les autres qui s’affairaient, ne se préoccupant absolument pas d’elle, à
l’exception de Mai-Li qui l’attendait un peu plus loin, assise sur un vieux fauteuil à moitié défoncé. Depuis quelques temps, la Chinoise semblait fatiguée et Oceany s’inquiétait pour elle. Si
elle était malade, elle ne pourrait pas consulter de médecin : elle était une fugitive. La jeune Chinoise lui sourit et fit un signe de la tête en direction d’un siège voisin, l’invitant
ainsi à s’asseoir.
« Alors ?
– Je crois que c’est mal parti, il est complètement endoctriné. J’arrive pas à comprendre comment des gens intelligents, comme lui, peuvent se
laisser embobiner comme ça . Même ma mère est en train de changer de camp : plus le temps passe, plus on est seuls. Il faudrait peut-être accélérer le mouvement.
– Non, il ne faut pas se précipiter, on risquerait d’échouer et tu sais bien qu’on n’a pas le droit à l’erreur.
– Mmm. J’aimerais quand même bien savoir comment ils font. A propos, nous avons une mission spéciale, ce soir : libérer une nouvelle
esclave.
– Je ne crois pas que ce soit une bonne idée. Ils ont installé un nouveau système de sécurité à la prison et on va avoir énormément de mal à
passer.
– Oui, mais l’esclave dont je parle n’est pas en prison, mais chez Bill Oxford.
– Quoi ? Tu es folle, on ne peut pas faire ça !
– Enfin, Mai, on ne peut pas laisser faire ça ! Toi qui a été esclave, ça devrait te révolter encore plus que moi : ils la traitent comme
un animal, c’est vraiment atroce, on doit agir.
– C’est trop dangereux, Oceany, tu vas te faire attraper.
– Qui ne tente rien n’a rien, je veux y aller.
– Aller où ?  »
Maria se tenait à présent devant elles et les regardait d’un air interrogateur, se demandant sans doute ce qu’elles étaient en train de
manigancer.
« J’ai découvert cet après-midi que Bill Oxford avait une esclave et je veux, non, je dois aller la libérer, parce qu’il n’a pas le droit de
traiter un être humain de la sorte. Mais Mai ne veut pas que j’y aille.
– Elle a raison, tu ne dois en aucun cas te faire prendre. Juan et moi, on va se charger de cette histoire. Tu as pu accéder à la
mairie ?
– Oui et j’ai pu leur voler pas mal d’informations, mais je n’ai pas encore eu le temps de voir de quoi ça parlait.
– D’accord. Raison de plus pour que tu n’y ailles pas : si tu te fais attraper, on ne pourra jamais avoir accès à ces informations. Bon, on va
attendre une heure pour être tranquille, puis on va s’occuper de cette fille.
– Je vais vous faire un plan pour vous expliquer comment accéder à sa chambre…si on peut appeler ça comme ça. »
—–
            Oceany regarda sa montre et soupira. Ils mettaient beaucoup de temps pour libérer
Kirstie, ça devenait inquiétant. Et s’ils s’étaient fait attraper ? Elle espéra que ce n’était pas le cas, mais ça ne la réconforta pas vraiment. Ce n’était pas en restant les bras croisés
dans cet entrepôt qu’elle pourrait les aider. Mai-Li vint s’asseoir à côté d’elle et lui passa la main dans les cheveux.
« Ne t’inquiète pas, je suis sûre que tout se passe bien, ils ne vont pas tarder à rentrer.
– J’espère vraiment que tu as raison, mais j’ai des doutes. Je n’aurais jamais dû les envoyer là-bas.
– C’est une mission risquée mais nécessaire. L’esclavagisme est tout simplement inadmissible et nous sommes les seuls à pouvoir y mettre un
terme.
– Comment ça se fait que nous soyons si peu nombreux à nous rebeller ? Ca m’échappe, ça : je ne peux pas être la seule élitaire à me rendre
compte de la situation.
– Ils sont tous heureux, dans leur petit appartement luxueux, que demander de plus ?
– De l’air pur, de pouvoir regarder les étoiles, de pouvoir sentir l’odeur de la pluie…J’ai l’impression d’être la seule à qui ça manque, tout ça…ils
préfèrent vivre dans leur bulle géante, bien tranquilles. Moi, je ne rêve que de sortir de là.
– Patiente un peu, ce sera bientôt possible.
– Mmm…cet air en conserve n’est pas bon : tu as mauvaise mine depuis quelques jours, et plus vite on aura fini, mieux ce sera pour toi. De toute
façon, toutes ces ondes électromagnétiques doivent être néfastes, à la longue.
– Ne t’inquiète pas pour moi, je vais bien. Si j’ai l’air fatigué, ces derniers temps, c’est parce que…je suis enceinte. »
Oceany regarda son amie, muette de surprise et partagée entre deux réactions : d’une part, elle était heureuse pour son amie et son compagnon,
mais d’un autre côté, ce n’était pas du tout prudent, compte tenu de leur situation actuelle.Mais elle ne voulait pas inquiéter la future maman et décida donc de lui manifester sa joie. Elle la
prit donc dans ses bras et la serra fort.
« C’est formidable ! Ca fait combien de temps ?
– Trois semaines.
– Et tu me le dis que maintenant ?
– Je ne savais pas comment tu réagirais parce que…nous sommes des fugitifs et on ne peut pas s’encombrer d’une femme enceinte, et…
– Arrête ! Tu es notre amie et on t’aidera à te sortir d’ici, enceinte ou pas. Je… »
Elle fut interrompue par le vombrissement des motos, annonçant le retour de Maria et Juan. Quand elle les vit entrer dans le hangar en compagnie de
Kirstie, elle se sentit profondément soulagée. Elle alla à leur rencontre et se chargea d’accueillir Kirstie.
« Je suis heureuse de vous revoir, Kirstie ! Je vois que tout c’est bien passé.
– Ca a été juste, expliqua Juan. Oxford ne traite pas sa propre sécurité à la légère. On a dû semer tout un groupe de vigiles, ça n’a pas été facile,
mais tu sais bien qu’on est les plus forts ! Apparemment, M Oxford a installé un système d’alarme qui prévient immédiatement la police. Bon, je vais m’occuper de Kirstie, lui présenter tout
le monde et lui montrer sa nouvelle chambre, si on peut appeler ça comme ça. Tiens, je t’ai volé ça pour toi, chez Oxford. »
Il lui jeta quasiment l’objet à la figure et partit sans même attendre qu’elle ait regardé ? elle regarda le cadeau et soupira : il
s’agissait d’une photo de Mark. Il avait apparemment du mal à accepter ses futures fiançailles, mais elle n’y pouvait rien, il ne fallait pas la blâmer. Il ressentait cette alliance comme une
sorte de trahison : leur amie qui se lie à l’un de leurs pires ennemis, ça paraissait peu concevable. Maria passa à côté d’elle et la bouscula légèrement, mais ne s’excusa pas ; il
devenait urgent de calmer les esprits. Mais ce soir-là, elle était trop fatiguée pour ça, elle n’avait aucune envie de subir ce genre d’épreuves. De toute façon, elle n’était pas à un jour
près : tant qu’ils ne se lançaient pas à l’attaque de Technopolis, ils n’avaient pas besoin d’être absolument soudés. Mais dès que la mission commencerait, la moindre erreur aurait d’énormes
conséquences.
Elle abandonna la photo sur une table, pour indiquer à Juan qu’elle ne ressentait rien pour le jeune homme et retourna au centre du hangar, à côté de
Mai qui étudiait un plan de la ville. Elle regarda longuement la porte de la cellule d’Ethan : quel camp allait-il choisir ? Elle ne pourrait pas le forcer à être de leur côté. Au
contraire, ça ne le rebuterait qu’encore plus. Mais il était nécessaire de le convaincre de rejoindre leur camp : ça leur ferait un allié de taille. De plus, elle ne pouvait pas le libérer
tant qu’elle n’était pas absolument certaine qu’il ne révélerait pas son secret mais ils n’étaient pas en mesure de le garder prisonnier indéfiniment. Déjà, ils n’avaient jamais envisagé la
possibilité de retenir quelqu’un et avait dû sacrifier une chambre pour en faire une cellule.
Mais ce n’était pas pour ces raisons qu’elle aurait aimé qu’il les rejoigne, mais parce qu’elle l’appréciait et qu’elle savait qu’il se donnerait
corps et âme pour leur cause. Ils avaient besoin de gens surmotivés car d’un point de vue objectif, ils n’avaient quasiment aucune chance. Mai-Li lui montra quelque chose sur la carte en lui
faisant un bref exposé de la situation, mais elle ne l’écouta pas, perdue dans ses pensées, essayant de se convaincre qu’Ethan Wadeker allait les rejoindre. Mais il était si endoctriné, comment
faire pour le convaincre qu’il avait tort ? Mais elle n’était pas prête de baisser les bras, elle avait encore quelques arguments dans la poche.
 
 
Chapitre 8
 
            Bill s’étira longuement puis observa un instant sa femme qui était en train de
dormir à ses côtés. Elle était si belle, si désirable…elle ne l’aimait pas, il le savait, elle était uniquement attiré par son pouvoir. Mais il ne voulait pas se séparer d’elle, car il avait
besoin des rares moments d’amour qu’elle consentait à lui accorder. De plus, cette relation l’excitait particulièrement et lui prouvait chaque jour que le pouvoir pouvait tout lui offrir. Le
pouvoir. Rien qu’à entendre ce mot, il entrait quasiment en transe : il contrôlait toute cette ville et les idiots qui y vivaient et qui lui accordaient une confiance aveugle.
Au bout d’un instant, il se leva enfin du lit et enfila une robe de chambre pour descendre dans la cuisine, où il s’installa tranquillement, mais il
remarqua immédiatement l’absence de Kirstie. De toutes les esclaves de Technopolis, il avait fallu qu’il tombe sur la plus feignante de toutes. Il se leva brusquement et se rendit jusqu’à la
chambre de la jeune femme, pour lui apprendre l’exactitude. Il ne supportait pas de se lever le matin et de constater que rien n’était prêt, ça le mettait de mauvaise humeur pour toute la
journée.
Il appuya énergiquement sur le bouton de la porte de la chambre pour l’ouvrir et quand le passage fut libre, il entra dans la pièce et commença à
crier, mais il s’arrêta instantanément : elle était vide. Où était passé son esclave ? Il inspecta rapidement la maison en l’interpellant, réveillant au passage sa femme et son fils,
mais il ne trouva trace de la jeune femme : était-il possible qu’elle se soit enfuie ?
Kelly le rejoignit, visiblement agacée par tout ce remue-ménage et lui demanda ce qu’il se passait.
« Kirstie a disparu.
– Quoi ? Qu’est ce que tu racontes ?
– Quel mot tu n’as pas compris dans la phrase : Kirstie a disparu ? Elle s’est échappée.
– Voyons, c’est impossible ! Cette maison est surveillée nuit et jour, elle n’a pas pu s’enfuir sans être repérée.
– Et pourtant…je vais consulter la police pour voir ce qu’il s’est passé. Ces maudits robots ne sont pas fiables, il va falloir y
remédier. »
Il se précipita vers le visiophone et demanda un compte-rendu de la soirée ; il apprit ainsi que des intrus s’étaient introduits chez lui et
avaient fui avec deux motos qui avaient été volées quelques temps auparavant. Il demanda à voir la vidéo surveillance des robots qui avaient poursuivis les fuyards et reconnut parfaitement
Kirstie, mais les deux autres portaient d’étranges masques, empêchant toute identification. Quand il eut fini de consulter les images, il raccrocha et retourna à la cuisine où il retrouva Kelly
et Mark, qui semblait avoir été mis au courant de la situation.
« Ce sont des rebelles qui ont fait le coup, avec des motos volées à la police. Cette histoire est profondément humiliante, que vont penser mes
citoyens ?
– Ils n’en penseront rien car ils ne sauront rien : qui pourrait parler ? Peu de gens savent que nous avons une esclave et ceux qui
remarqueront la disparition de Kirstie, nous dirons que nous l’avons changée parce qu’elle n’était pas assez compétente et travailleuse. Quant à la police, ce ne sont que de vulgaires robots, à
qui veux-tu qu’ils racontent ça ? Et tu n’as aucun soucis à te faire pour la presse, puisque c’est toi qui la contrôle. Personne ne sera au courant de cette histoire.
– Comment savaient-ils que Kirstie était ici ? questionna Mark.
– Je n’en sais rien. Et comment ont-ils pu monter jusqu’ici ? Ils doivent avoir des alliés jusque dans l’élite.
– C’est ridicule : qui pourrait vouloir semer la pagaille ici ? C’est tellement merveilleux !
– Il y a toujours eu des anarchistes, des asociaux, des révolutionnaires…enfin des gens qui n’ont aucun respect pour le pouvoir et la société et font
tout pour tout détruire. Tu vois, Mark, mon but est d’éliminer ces gens pour que tous puissent être heureux et vivre sans crainte. J’espère arriver à mes fins avant ma mort, mais si j’échoue, je
souhaite que tu reprennes dignement le flambeau.
– Je te le promets, papa.
– Bien. Bon, je vais aller m’habiller, sinon je vais être en retard. »
Il quitta la cuisine et se rendit dans sa chambre pour enfiler un de ses costumes sombres, mais il n’eut pas le temps de finir de s’habiller que
Kelly le rejoignit.
« C’est elle, déclara-t-elle.
– Quoi ?
– Je parie qu’Oceany Antelwort Geller est mêlée à toute cette histoire.
– Qu’est ce que tu racontes, voyons ? C’est la future fiancée de mon fils, dont tu parles, je te le rappelle.
– Je sais, mais réfléchis un peu, Bill. Elle est venue ici hier et a fait la connaissance de Kirstie et comme par hasard, le soir même, les rebelles
viennent la libérer. Tu ne trouves pas ça bizarre ?
– Comme tu l’as dit, c’est un hasard. Oceany n’a aucune raison de faire ça, cette idée est ridicule.
– Vraiment ? Ils ont un complice parmi nous, sinon comment se seraient-ils procurés les passes ? Je n’ai pas de preuves mais pour moi, il
n’y a pas l’ombre d’un doute : Oceany est contre nous.
– Je n’ai pas le temps de partager tes délires, Kelly, je suis en retard. On en reparlera ce soir. »
Il acheva d’attacher sa cravate et passa à côté de sa femme pour sortir, sans même lui accorder un regard : il n’était pas question pour lui
d’envisager que sa future belle-fille puisse être une menace pour lui. Il avait le pouvoir absolu sur tous les élitaires et Oceany ne faisait pas exception à la règle.

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Air France vs SNCF

Par Gauthier

Je suis en plein vol. Je m’ennuie comme un rat mort, alors je décide de pondre un article sur les bienfaits de l’avion. D’aucuns diront que l’avion est le moyen de transport le plus rapide qui soit. Jusque-là je suis d’accord, si on prend en compte que pour faire un Paris Toulouse, l’avion met 1h là où le train met 5h30 en moyenne. Mais, parce qu’il y a un terrible « mais », le train conserve ses avantages.

En effet quand on prend le train il n’est pas nécessaire d’aller à Roissy (à moins d’être complètement siphonné, quand on vit dans le 11e on ne va pas choper un TGV à Roissy !). il n’est pas nécessaire dans une gare SNCF de faire une heure de queue à l’enregistrement ALORS que l’on a déjà acheté son billet sur Internet ! Il n’est pas non plus nécessaire de passer 4 points de contrôle (dont un où l’on vérifie que je ne cache pas une tête nucléaire dans mon iBook !), et de poireauter dans une salle en plein soleil pendant 1h avant d’entrer dans l’avion. Et ça, c’est quand il n’y a pas de grève ou de dysfonctionnement majeur.
 

Moi j’ai toujours les plus produit, je prends habituellement l’avion à Orly (zone 4), exceptionnellement orienté vers Roissy, je ne fais point attention à la zone, qui pour moi est forcément la même. Et ben non ! Roissy : zone 5. Bon heureusement il n’y a pas de barrières trop hautes, j’ai donc sauté par-dessus avec ma valise de 25kg (oui je pars pour 4 jours, mais j’ai besoin de toute ma garde-robe, on ne sait jamais !). ensuite, moi je ne connais pas l’aérogare, donc je me perds bien, mais alors bien :

 
« Excusez-moi mademoiselle, je suis perdu !
Oui, vous cherchez quel vol ?
Toulouse, 20h20.

Euh, vous voyez le plan, on est là, et vous ben vous devez aller à l’opposé !

Les taxis c’est par où ?« 
 

Sur le coup elle m’a regardé bizarre, puis a compris que je blaguais. Une fois mon terminal trouvé, Je cherche le check point, bon là j’ai été plus rapide, en plus comme je suis abonné, forcément ça va plus vite. Oui alors tiens, ça aussi, le truc qui tue. Je passe ma vie dans un avion, donc j’ai le droit à mon billet gratuit. Tout content, je réserve donc avec mes points-fidélités un beau billet d’avion tout gratuit. Comme d’hab’ je demande une issue de secours à l’enregistrement, pour plus de confort, et là, c’est le drame :

« Monsieur, vous ne pouvez pas choisir une issue de secours, vous êtes en classe éco.

Attendez dans un A320 on s’en fou, c’est un rideau qui sépare les classes éco du reste.

Mais monsieur, vous allez voler sur un A321, et il y a les issues de secours pour classe éco, toutes pleines, et celles pour classe affaire, et vous n’y avez pas le droit !

Et j’en fais quoi de mes jambes ?
 

Ok, sur le coup j’ai pas été super sympa avec elle, mais bon ça m’énerve. Je paye toute l’année le prix fort, et quand ils m’offrent un billet c’est au fond de l’avion avec les genoux dans les dents GRRRRRRRR

 

Une fois installé, ils ont eu un problème pour nous compter. Moralité on décolle pas tout à fait à l’heure. C’est mon père qui va être heureux de poireauter à l’arrivée, connaissant le naturel joyeux du paternel, je vais en prendre plein les feuilles.

On rajoute à ça que j’ai passé la journée à courir dans tous les sens (trois rdv super important, dont un d’embauche à la défense), moi j’ai pas eu le temps de manger depuis que je suis debout (à savoir 9h), et une fois à Roissy je me suis offert un petit goûter. Je ne sais pas pourquoi vu que je suis censé manger dans l’avion gratuitement. Mais je ne le sentais pas. Quelle bonne idée j’ai eue ! « Mesdames, Messieurs, suite à un mouvement de grève dans l’hôtellerie, nous ne sommes pas en mesure de vous fournir les prestations que vous attendez ! », moralité en guise de repas nous avons… de l’eau !

 

Franchement la grève dans l’hôtellerie, je ne m’y attendais pas… Et pourtant j’ai eu le droit à toutes les formes de grèves qui peuvent vous pourrir un week-end ou des vacances. Tout ça pour dire qu’il me faut encore récupérer mes bagages, je sens que ça va être rapide, sinon il va y avoir un meurtre ou deux.

Ça me fera des sujets de conversations avec mon nouveau patron, qui est, au passage, encore plus snob et élitiste que moi, je sens que je vais me plaire chez lui 😉

Moralité je suis parti de chez moi à 18h, et je suis arrivé à Toulouse à 22h, soit 1h de moins qu’en prennant le train! Donc l’avion gagne encore, et puis ça me fait des choses à vous raconter

 
Gauthier en dessous du 45° parallèle.

Que c’’est indécent !

La vie est une chose vraiment curieuse. En ce moment, je ne cesse de m’émerveiller sur les surprises qu’elle me fait. Enfin, mon ange gardien s’est réveillé et là, il se fait pardonner des looses subies depuis octobre. Après 6 mois de sales coups, là, je cumule les coups de chance.

 

Donc, il y a trois semaines, je commençais un CDD et j’en étais plutôt contente. Un boulot dans le journalisme, c’était rêvé. Mais voilà, au bout d’une semaine et demi, je retrouve mes vieilles angoisses : après, je fais quoi ? On arrive au mois de mai, c’est bientôt les vacances DONC les DRH s’en foutent de ma candidature, ils verront ça plus tard. Dois-je griller ma super idée de candidature maintenant ou attendre septembre ? Et je fais quoi en attendant ? Je commence à me dire que je vais faire de l’interim en attendant septembre de pouvoir me réinscrire à la fac et faire des stages au besoin. Mais m’inscrire en quoi ? Maman, au secours, je suis perdue ! Donc, je commence à emmerder ma sœur : faut qu’on se voie, faut qu’on mette un plan sur pied. Oui, j’ai promue ma sœur « agent de la Nina ».

Jeudi, avant dernier jour de travail, je fais tranquillement mon boulot en vérifiant de temps en temps mes mails. Là, je vois un mail d’un dénommé Simon Jospin intitulé : « stage, urgent », en gros. Je jette un œil, le CV des gens avec qui je vais travailler me pousse à répondre de suite : CELSA, HEC, Science Po (Paris), oh pinaise ! Je VEUX ce stage. Donc je réponds aussi sec : « je suis disponible à partir de demain mais attention à la convention de stage, j’en ai pas ». Une heure plus tard, Simon me remercie de ma réponse rapide et me dit qu’il me recontacte dès que possible.

Le lendemain, alors que je commençais à désespérer, « tititit », mon téléphone sonne, un numéro que je ne connais pas. C’est mon ami Simon ! Il veut me voir de suite, il me propose un entretien samedi mais je refuse : je préfère passer ma journée avec Alex. Donc rendez-vous est pris pour lundi. Lundi matin, téléphone : Simon m’annonce que le rendez-vous est avancé de 30 mn et que je ne le verrai pas puisqu’il travaille (il est avocat). J’aurai donc rendez-vous avec Michel et Karima, deux autres membres de l’association. Comme j’étais prête, cette petite demi-heure ne me gêne pas. J’enfile mon tailleur (oui, j’aime bien mettre des tailleurs donc j’en profite), mes chaussures à talons (là, j’aime moins) et c’est parti. Je trouve le lieu sans trop de problème, j’appelle Michel qui m’introduit dans un appartement, il me présente Karima. Bon, désolée de faire de la discrimination physique mais ces deux là ont une bonne bouille, ce doit être de jeunes trentenaires qui ont l’air d’avoir 25 ans à tout casser. D’ailleurs, à la fin de l’entretien, quand je parle des difficultés que je peux rencontrer à cause de ma tête de Bisounours (disons qu’on me prend toujours pour la petite stagiaire de 20 ans) et Michel me fait : « Ah ben, on a le même problème ! ».

Première phase : qui sont-ils ? Une association qui sera créée dans les prochains jours mise en place par des gens brillants. Leur mission en gros : aider les jeunes à se faire une place dans les milieux politique, économiques et syndicaux. Donc ma mission : une revue de presse quotidienne sur le sujet, faire du lobbying auprès des partis, entreprises et syndicaux, s’entretenir avec des universitaires sur le sujet… Dans mes yeux, des étoiles s’allument. Je vois mon carnet d’adresse qui se remplit. Je vois une envie de m’investir. Je vois des articles passionnants. Je vois des rencontres avec des gens hautement cultivés et intéressants. Ok, c’est vendu, je veux être prise.

Deuxième phase : qui suis-je ? Ah, partie que je commence à maîtriser. Je balance mon press book qui impressionne toujours un peu (oui, en trois ou quatre ans, j’ai multiplié les expériences mais je dois le refaire). J’explique que je suis une grande curieuse qui adore découvrir de nouveaux horizons, d’où mon CV assez particulier (en gros : du sport, du local, du féminin, des relations internationales, de l’universitaire…) mais je détaille. Je suis trop jeune pour m’enfermer dans un style et j’adore m’attaquer à de nouveaux domaines. J’ai une grande capacité d’adaptation et je suis opiniâtre, ça tombe bien. Rien ne me fait peur. Karima m’explique que je dois gérer la rédaction ET la communication, faire la journaliste et l’attachée de presse. Là, grand sourire : « oui, en temps normal, journalistes et attachées de presse ne s’aiment pas. Moi, au contraire, ça me plaît de coiffer plusieurs casquettes. Au niveau de l’expérience, c’est idéal. » Bon, j’avoue, je suis super motivée donc c’est facile de rebondir sur tout ce qu’on me dit pour m’exclamer : « ah ouais, super, je veux ! ». Bon, il y a le petit souci de la non-convention de stage mais on verra. J’explique que je comprends leur démarche : j’ai des amis dans la politique, j’ai connu les syndicats étudiants et à peine sortie de là, j’ai découvert le monde du chômage. J’ai fait un tabac, d’ailleurs, avec la phrase : « J’ai quitté le monde universitaire pour entrer dans celui du chômage », ça les a fait mourir de rire. Comme je suis trop drôle comme fille, je le fais même pas exprès.

Phase trois, la plus surprenante. Mes deux nouveaux amis me disent :

« Maintenant, on va te laisser cinq, dix minutes pour préparer une interview de Michel.

Oui mais sur quel sujet ?

Ben, sur l’association. Mais tu dois faire une interview négative, genre notre association ne sert à rien. Fais ton Fogiel ».

Donc me voilà seule pendant dix minutes et je me prépare à faire ma chienne. En gros, je passe en mode : les jeunes ne sont que des sauvageons qui pètent tout, qui en ont rien à foutre de la politique, de toute façon, et dès qu’on leur propose des solutions pour trouver du boulot (CPE), ils crachent dessus. Nina, odieuse journaliste réac, c’est moi. L’interview commence mais soudain, le ou la candidate suivante appelle donc Michel nous abandonne quelques minutes et Karima me fait :

« Mais tu écris quoi, là ?
Ben, les réponses qu’il me donne.
Ah bon, tu notes tout ?
– Ben oui, on me dit de faire une interview, je le fais à fond. »

Bon, bref, fin de l’interview, on en parle un peu. Michel maîtrise parfaitement bien son discours et me renvoie tous mes arguments à la figure sans la moindre agressivité. Les propos sont simples et cohérents, j’apprends pas mal de choses sur leurs objectifs et l’association, ça me rassure. Le but n’est pas de foutre les vieux dehors mais de permettre aux jeunes d’avoir une représentation équivalente à leur poids dans la société. Je dis :

« Oui, enfin, les questions que j’ai posées doivent être assez classiques.

Ah non, non, pas du tout, certaines ont été très surprenantes ! »

Bon, j’ai essayé de mettre au max des références d’actualité pour montrer que j’avais un peu de culture.

On se sépare là, Michel m’explique qu’ils m’appelleront mercredi pour me donner la réponse car je ne suis pas la seule sur les rangs, une autre personne attend d’ailleurs dans la pièce voisine. Merde, je croyais être la seule sur les rangs. Je pars, plutôt satisfaite de moi-même. Même si j’ai un peu peur de ma non convention de stage, je l’avoue.

Mercredi, 13h, téléphone sonne. C’est Alexandre : « t’as pas de nouvelles ? ». Bah non. 15h30, pas de nouvelles, pas de mails. 16h, toujours rien, c’est le désert. Enfin, le téléphone sonne, je sais que c’est Michel mais mon téléphone refuse de fonctionner. Enfin, on arrive à communiquer et là, il m’annonce la nouvelle : « on voudrait que vous rejoigniez nos rangs ! ». Yes !! En résumé : j’ai été la meilleure. Aujourd’hui, premier déjeuner avec mes nouveaux collègues, j’ai hâte. Je suis extrêmement motivée, ce stage est une chance en or. Je commence de suite et ce jusqu’en septembre, je serai payée 300 euros par mois. C’est pas énorme mais entre un boulot rémunéré n’ayant aucun rapport avec mon métier et ce stage, il n’y avait même pas à hésiter.

Depuis toujours, j’ai pu compter sur ma bonne étoile. Elle avait un peu disparu pendant 6 mois mais là, elle brille à nouveau : vie pro, vie privée, tout me sourit. Bon, il y a une petite ombre au tableau puisque le médecin a confirmé que ma mère avait un lupus mais c’est la forme bénigne de la maladie. Normalement, avec les médicaments, ça ira. Elle a également un accident en sortant de la clinique où elle venait d’apprendre le diagnostic mais seule la portière a morflé (et le malus, aussi, ça fait le deuxième accident en un mois où elle est totalement en faute). Rien de grave, en somme mais quelque part, ces ombres me rassurent un peu. Tant de bonheur, c’est limite indécent.

 

Accusé de réception

« Cher Père Noël,

Alors que je m’apprêtais à écrire à ton SAV pour dire que j’avais pas reçu l’homme idéal que j’avais commandé, le voilà qui m’arrive enfin ! Avec une semaine de retard sur le délai que je t’avais demandé mais on va pas chipoter pour une semaine. J’avoue que ce fut une belle surprise, je l’ai pas vu venir. Tu as plutôt bien respecté mes demandes, excepté les yeux verts et les 3 heures de train… Oui, faudra un jour qu’on m’explique comment je me débrouille pour toujours trouver des mecs qui vivent loin. Bon, je te confesse que tu as bien respecté certaines de mes demandes, comme la barbe (mmmm…), le beau profil, l’humour, la culture… Et il est même pas allergique aux chats, même si, pour l’heure, il n’apprécie pas trop Kenya. Bon, ok, c’est pas sa faute, elle est particulièrement chiante en ce moment.

Laisse-moi te raconter un peu l’arrivée de ton cadeau dans ma vie et surtout la livraison. Donc, comme je te disais, ce fut une belle surprise, je ne m’y attendais pas (ou plus, comme tu veux). Dès notre première conversation MSN, on ne se quittait déjà plus, on a fini par se déconnecter à 6h du matin… Heureusement, en ce moment, il y a de longs week-end. Bref, tous les soirs, on se retrouve, on se parle et on n’arrive pas à se quitter. Je t’avoue que me coucher tous les soirs entre 2 et 3h du matin, ça n’aide pas à être en forme au boulot le lendemain mais j’assume, je suis une professionnelle. Bon, j’ai la tête dans le cul et Pierre-Cécil doit se demander ce que je fais de mes nuits mais passons.

Avec le jeune homme, Alexandre, on se reconnaît, on s’attache, on devient accro l’un à l’autre. Le soir, je rentre, je jette mes affaires pour me mettre sur MSN et lui parler. Ce n’est pas que j’ai beaucoup de choses à lui raconter, mes journées ne sont pas palpitantes, mais j’adore parler avec lui. Et c’est réciproque. A tel point qu’il décide de venir me voir dans la capitale. Je suis excitée comme une puce, je souris bêtement quand il m’appelle ou m’envoie un SMS, une vraie adolescente, en somme. Au départ, il devait dormir chez son meilleur ami et finalement, il vient directement chez moi. De toute façon, faut être honnête, il aurait passé toutes les soirées et nuits chez moi donc autant faire gagner du temps à tout le monde.

Mardi, le jour J, je suis trop nerveuse. Après avoir nettoyé mon appart, je me refais une beauté et je file le chercher à la gare mais le parcours est semé d’embûches. D’abord, j’arrive aux abords de ma gare, je vois le train arriver donc c’est parti pour un sprint. Sauf que pour arriver sur le quai, y a une sacrée pente donc je cours, mes abdos et mes jambes protestent, j’arrive en haut et… je me rends compte que le train n’arrive que dans 3 minutes, celui que j’ai vu ne s’arrêtait pas. Argh ! Bon, je prends mon train, j’arrive à la gare et je m’en vais prendre le RER. Toute guillerette, je glisse mon ticket dans la machine, je pousse la barrière d’un coup de bassin et… Aïe, il s’ouvre pas ! Bon, je reprends mon ticket et je vais au portique suivant, rebelote. Quoi ? Le ticket tout neuf du mois de mai qui me coûte les yeux de la tête ose me résister ? Je regarde autour de moi, personne ne vient. Bon, portique, c’est pas que ça m’enchante mais je vais te passer dessus. Comme je suis très maladroite, je vérifie quand même une dernière fois que personne ne vient car je pressens que je vais me péter le dos ou une dent (au choix). Pied droit, pied gauche… Ciel, je suis de l’autre côté et entière ! Bon, tant mieux, aller chercher Alex à la gare avec un dent pétée, ça l’aurait pas fait.

Donc je rejoins la gare où le jeune homme arrive, je suis un poil en avance et totalement stressée donc j’allume une clope. Au loin, je vois le phare du train qui arrive, mon cœur bat à tout rompre. Ben, merde, me voilà aussi nerveuse qu’une collégienne qui a rendez-vous avec un garçon pour son premier baiser. Le train s’arrête, les gens descendent et là, panique : sans lunettes, je ne distingue pas les visages. Il va arriver et je le verrai même pas, ça le fait pas de coller un vent à ce pauvre garçon d’entrée de jeu. Dieu merci, il était au courant de ma vision pas très nette donc il a mis un T-shirt que je lui connaissais. On se retrouve enfin face à face, en vrai… La rencontre est plus que chaleureuse puisqu’on s’embrasse à en perdre haleine. Enfin, on se trouve !

Bon, ensuite, on va au resto, on rigole bien. C’est un peu comme si on se connaissait déjà, on est très à l’aise. On se dévore des yeux, on se caresse du bout des doigts. Bon sang, Père Noël, t’as quand même bien fait les choses, quel charme ! Déjà, en photo, il était bien mais en vrai, miam ! Après un bon dîner, on repart, le cœur léger, on monte dans le métro mais au bout de deux stations, panique : il n’a plus son ordi portable. On retourne fissa au resto, il est persuadé qu’on lui a piqué, moi, je reste positive. Le séjour ne peut pas mal commencer, c’est obligé. Quand je lui sors mon argument, il me promet un massage si on retrouvait le pc. Ben, j’ai gagné (mais je l’ai pas eu, mon massage, je n’oublierai pas de le réclamer la prochaine fois !).

Comme on est un peu pressés de rentrer, on opte finalement pour un taxi. Comme on est très chanceux, on tombe sur un chauffeur qui a oublié de se doucher depuis quelques temps, le taxi pue la sueur, ce qui nous amuse. On se chahute un peu puis on arrive enfin chez moi. Bon, la tentative de massage a très vite dégénérée mais je n’en dirai pas plus, Père Noël, tu es un vieux monsieur et je ne voudrais pas te choquer. Sache en tout cas que je suis très satisfaite des performances du jeune homme…

La semaine en compagnie d’Alex fut plus qu’agréable et j’avais la gorge serrée quand il est parti. Une fois de plus, me voilà partie dans une histoire pas simple, je dois les chercher, quelque part. Mais bon, je pense que tout ira pour le mieux, vu que tout me sourit en ce moment. Puis tu es gentil, Père Noël, t’es pas comme le petit Jésus, tu fais pas des coups foireux. Puis tout le monde s’extasie sur mon nouvel épanouissement. Malgré mes courtes nuits et mes longues pauses coquines entre deux reportages (hihihi), malgré mes cernes, apparemment, j’ai bonne mine.

Voilà, merci donc pour mon cadeau, je vais en prendre bien soin, rassure-toi. Je voulais t’envoyer une photo du monsieur mais j’ai pas pu la mettre sur le pc… Je te l’enverrai quand je pourrai, tu verras comme je le traite bien.

Bisous Père Noël (et à la mère Noël aussi, ne soyons pas sectaire)

Nina, heureuse. »