Petite(s) précision(s)

Par Gauthier

Je m’appelle Gauthier, j’ai 25 ans, je suis bac+5, et je suis complètement snob et élitiste. Bon on va pas en faire un fromage, c’est de notoriété publique ! L’article de Nina a déchaîné les passions hier. Alors qu’au départ c’était juste une perche tendue vers les lecteurs « invisibles », et une sorte de mise en garde envers les maniaco-dépressifs qui nous insultent régulièrement. Rien de méchant, juste peut-être un moyen un peu (trop ?) direct de réveiller nos lecteurs.

Actuellement Nina fait des semaines de 75h, pour 300€ par mois (et osez me parler de snobisme après ça !). Elle n’a même pas le temps de venir manger un demi-sandwich avec moi le midi, alors que je bosse à 10 minutes de chez elle. Et pourtant elle continue à vous pondre un article par jour, elle prend le temps de répondre à chacun de vos com, et à chacun de vos mails ! Pourquoi ? Tout simplement parce qu’elle aime ce blog, parce qu’elle aime l’échange qu’elle a avec vous tous, parce qu’elle aime sentir et ressentir tout ce que vous pouvez laisser ici à chacun de vos passages. Mais des fois on n’a pas le moral, des fois on a besoin d’entendre des évidences, juste pour s’en rappeler. Et au lieu de ressortir rassuré et encouragé le constat est le suivant : « On ferme ? ».
 
Moi je dis non ! Et je ne vais pas parler pour Nina (même si je la connais par cœur, ce n’est pas mon rôle !), non je vais parler de moi. Parce qu’alors que je ne demande rien à personne je m’en prends plein les gencives aussi. Alors je vais préciser deux trois choses sur ma vie.
 

Je suis snob et élitiste, oui et alors ? J’emmerde personne que je sache… Pourquoi j’ai envie de cracher sur les gens que je considère comme stupides et/ou inutiles ? Parce que ça me désole de les voir. Je ne suis pas génétiquement modifié, je suis capable de faire des études et de m’intéresser au monde (deux choses qui sont différentes !) alors que ma boite crânienne fait le même volume que celle de tous les hommes de cette planète.

 

Alors parlons de mes « facilités ». J’ai eu mon bac à 17 ans, parce que j’ai été dans une boite à bac ? Un lycée privé ou mon papa a dû jouer des coudes pour imposer son fiston ? Non je suis issu de l’enseignement public, et j’en suis fier. Je fais des études poussées parce que mes parents sont riches ? Parlons-en… Mes parents voulaient que je fasse des études, mon père m’a dit de faire une école de commerce, j’ai refusé « très bien mon fils, fait ce que tu veux, mais tu bosses ». Je travaille donc depuis que j’ai 18 ans, j’ai tout fait, du guichet de la poste au télémarketing en passant par la restauration rapide. J’ai bossé 35h par semaine pendant 4 ans. Et pourtant j’ai réussi (à grand renfort de redoublement) à obtenir une licence d’Histoire. Après j’en ai eu marre, je me suis rapproché de mes parents et je leur ai demandé de m’aider (condition : changer de voix, condition que j’aie acceptée). Ils m’ont aidé autant qu’ils pouvaient/voulaient, j’ai obtenu un bac + 4 puis un bac + 5 en Sciences Politiques, en continuant à bosser pendant les vacances et en m’endettant sur 10 ans.

 

Oui moi le gosse de riche comme décrit par certains, celui qui est né avec une cuillère en argent dans la bouche, qui ne sait pas ce que c’est que « le petit peuple », ben il est endetté sur 10 ans tout en ayant fait tous les petits boulots de la Terre !!!! Alors quand on vient m’expliquer la vie, ça me fout en boule. Je vis dans 18 m2, j’ai 4 tenues à ma taille, je ne suis pas parti en vacances depuis 3 ans ailleurs que dans ma famille ou chez des amis, je sais ce que c’est que d’être dans la merde… Et je ne veux plus ! Je me suis battu, je me suis construit, je n’ai tué personne pour ça, je ne le dois à personne, je n’en veux à personne, mais ne m’empêchez pas d’en être fier à en crever !

 

Aujourd’hui je me considère comme faisant partie de l’élite. Alors bien sûr pas de l’élite financière ou économique (quoique si l’on passe mes comptes en valeur absolu je suis riche !), mais de l’élite intellectuelle, oui ! Pourquoi ? De part mon (futur) métier. Je me suis toujours refusé à dire dans quoi je suis pour deux raisons :

 

1/ Je pensais que ça n’avait pas un grand intérêt.

2/ Je ne suis pas autorisé à en parler de toute façon… (l’anonymat est quand même plus que relatif ici)

 

Mais je me sens obligé de me justifier, peut-être parce que je me sens blessé et que de part mon ego surdimensionné je doive en imposer pour me sortir de ce mauvais pas. Alors voilà, j’ai fait un choix, plutôt difficile dans le fond, j’ai préféré le statut au salaire. Et me voilà embarqué dans l’administration, à occuper un poste de cadre (oui de cadre n’en déplaise à certain(e)s !) soumis au secret défense. Et j’en suis très très très très fier !!!!!

 

Quand tu veux, tu peux, j’en suis la preuve la plus étincelante. Et qu’on ne vienne pas me parler de reproduction sociale, ou de circonstances atténuantes. Tu es caissière à Mammouth et tu ne sais pas que « cucurbitacée » n’est pas une insulte ? Tu l’as cherché… Je te méprise ? Oui… Je t’empêche de vivre ? Non… Tu m’insultes parce que je représente tout ce que tu vomis ? Je te réponds… Ça te dérange ? TANT MIEUX ! Au moins tu apprendras des mots en venant nous lire 😉

 

Je m’emporte, et je m’en excuse, mais j’ai l’impression que les gens ne retiennent que ce qu’ils veulent, là au moins ils auront matière à me faire un procès en bonne et due forme (moumour tu seras mon avocate ? avocate du diable ça te va tellement bien !!!!).

 

J’aime écrire ma vie, mes envies, mes angoisses, je le fais dans l’intimité depuis de nombreuses années. Et je trouve que le blog est un outil formidable, il crée un espace d’échange, et j’aime les échanges (cette phrase n’a AUCUNE connotation sexuelle !). Alors j’espère pouvoir continuer le plus longtemps possible. Mais je suis un être humain, avec des sentiments, je ne fais de mal à personne, et je trouve légitime d’en demander de même à mes lecteurs… Je ne vous oblige pas à me lire… Ne l’oubliez pas s’il vous plait !

 
Gauthier un peu bluesy

100

Aujourd’hui, je valide mon centième article, déjà ! Je pense que l’occasion est belle pour dresser un petit bilan de cette aventure bloguesque. Ai-je réussi ce que je voulais faire ? Vais-je poursuivre sur cette voie ? Telles sont les questions que je me pose et je vais voir si je peux y répondre.

je m'éclate sur mon blog

Quand j’ai crée ce blog, imaginais-je que j’aurais plus de 400 lecteurs par jour ? Des lecteurs aussi assidus ? Franchement… non. J’avais envie de créer un blog depuis quelques temps, on en parlait souvent en cours (journalisme oblige) mais un blog sur quoi ? En fait, ce blog n’est pas mon premier mais ma première tentative s’est terminée brutalement, je vous raconte !
 
Moi in Paris : mon premier blog
Mon premier blog n’avait rien à voir avec les vingtenaires, non. Il racontait ma nouvelle vie à Paris, je l’ai débuté très rapidement. Au départ, je ne mettais pas les vrais prénoms mais des initiales, ce qui rendait la lecture difficile donc au bout de 3 articles, voilà les vrais prénoms qui apparaissent : qui ira lire ça, de toute façon ? Mes seuls lecteurs sont les personnes qui ont l’adresse de ce site, à savoir Gauthier, Anne, Lucie et Clara (plus quelques autres, je crois). Je me lâche, donc, je parle d’un mec que j’ai en vue, je dis que c’est un connard car j’ai aménagé à 500 mètres de chez lui et qu’il m’appelle pas pour prendre un verre. Tout ça, c’est la faute de sa greluche que je déteste, je suis sûre qu’elle est mocheet patati et patata. Que des amabilités donc. Oui, lecteur, tu ne le sais pas mais je peux être d’une mauvaise foi pas croyable quand je m’y mets.
 
Or, ce garçon est directeur de publication dans un webzine où je travaille. Un jour, je suis au boulot, tout va bien, quand le téléphone sonne. Je décroche, mon rédac’ chef en face de moi. C’est la rédactrice en chef du webzine en question.
« Salut, ça va bien ? fis-je, enjouée.
– Oui. Dis…euh…je t’appelle car il y a un problème dans les liens… hum… Tu sais, en tant qu’administrateurs, on voit d’où les gens viennent avant d’arriver
sur le site.
– Oui, je sais.
– Ouais et tu es venue directement de ton blog sur le site ! »
Oh Seigneur Dieu !! Elle l’a lu, elle a compris. Heureusement, le vendredi, le directeur de publication ne bosse pas le matin donc il n’a pas eu le temps de le voir. 10 minutes plus tard, mon blog n’existait plus.
 
Les vingtenaires : l’histoire.
J’ai continué à écrire mes aventures parisiennes mais par mail (un jour, je récupèrerai un vieux mail pour en faire un article, pour que vous compreniez le style). Entre temps, je rencontre Victoire. Un jour, on discute par messages privés sur notre forum préféré, elle me parle d’un jeune homme rencontré sur meetic qui veut l’amener au musée, ce qui la désespère : elle veut une brouette ! Donc je la rassure, lui disant que le musée ne pouvait être qu’un préliminaire à autre chose. Suspense, suspense ! Le lendemain, elle me confirme que j’avais
raison (comme si j’en doutais). Je m’en vais fumer ma clope, réfléchissant à tout ça et là, bang, une idée vient me frapper : et si je faisais un blog à la sex and the city ! Après tout, je suis journaliste, comme Carry, j’adore écrire et ce sera drôle ! Je reviens à mon bureau, tout excitée (dès que j’ai une idée de ce genre, je suis toute excitée mais dans le bon sens du terme, bande de pervers !) et j’envoie aussitôt un mail à des personnes dont je veux parler dans mon blog, leur demandant si elles sont intéressées. Cependant, chat échaudé craint l’eau froide : on aura tous de faux prénoms. C’est donc en ce jour funeste du 24 mai 2005 que sont nés Nina, Gauthier, Victoire, Lucie, Anne et Clara. Au début, le blog a eu du mal à partir, je ne le faisais pas sérieusement. Puis, mi-juillet, le déclic, c’est reparti ! Curieusement, c’est reparti au moment où j’entamais un nouveau stage, profondément soporifique !
 
Et alors ?
Nous voilà donc aujourd’hui au centième article, 400 visiteurs uniques par jour en moyenne et l’envie de continuer. Ce blog a pas mal changé par rapport à ce que j’envisageais. En effet, au départ, je voyais plus des articles à la « sex and the city », du genre : et tandis que Nina faisait ça, Victoire, de son côté… Au départ, je pensais tout écrire mais j’ai quand même une vie, à côté, donc chacun commence à écrire ses articles et ce n’est pas plus mal… Maintenant, il faut que je remotive certaines qui se laissent un peu aller ! 
 
Je suis étonnée de l’impact de ce blog : 400 lecteurs par jour, c’est énorme ! Tous les jours, je vois revenir les mêmes lecteurs qui laissent des commentaires, d’autres qui restent anonymes…  Je me rends compte que nous sommes devenus des gens que vous connaissez alors que nous savons si peu sur vous, mais c’est le jeu du blog, je suppose. En tout cas, certains m’écrivent, certains ne peuvent passer sans commenter les articles (Stef, même si tes commentaires sont trop longs, ils me manqueraient). Qu’on nous aime ou qu’on nous déteste, on nous lit, vous nous donnez vos avis. Ce blog est devenu un espace d’échange que j’apprécie énormément.
 
Et maintenant, que vais-je faire ?
Honnêtement, quand j’ai crée ce blog, je ne savais pas combien de temps il durerait… Nous en sommes à presque 4 mois donc deux actifs. Lundi soir, Clara m’a appelée, nous avons discuté et elle m’a demandé si je poursuivais le blog, je lui ai répondu par l’affirmative. « Mais tu n’avais pas dit que tu l’arrêterais le jour où tu aurais un mec ? » Si, je l’ai dit. Mais, finalement, l’un n’empêche pas l’autre. Certes, je ne parle plus trop de ma vie privée, sans doute car il n’y a rien à raconter : tout se passe bien. Et puis, j’ai encore beaucoup de sujets généraux à aborder, une vie professionnelle, amicale et familiale assez dense donc tout un tas d’articles en perspective. Enfin, je suis avec Arnaud depuis presque un mois,
allez savoir si ça va durer ou pas… Moi, je ne sais pas, en tout cas.
 
De plus, vu le succès de ce blog, vu les gens qui viennent tous les jours donner leur avis, tous les sujets que j’ai encore envie d’aborder, il est hors de question qu’il disparaisse. On se retrouve dans 100 articles pour un nouveau bilan !
 
Je vous embrasse tous et vous remercie, c’est quand même grâce à vous tous que j’ai envie de continuer.