La vie d’’un Gauthier comme les autres

Par Gauthier

Je viens à l’instant même de remplir mon agenda électronique. Ça mérite une analyse. Non ? Mais si, je suis sur mon blog, je fais ce que je veux na ! Donc ça fait depuis le 25 avril qu’à part noter mes rendez-vous avec Nina, ou avec le laboratoire d’analyse médicale, il n’y avait pas grand-chose d’intéressant… Oui en fait, je ne note pas mes beuveries, ni même mes plans culs (en même temps tant mieux, sinon j’aurais déprimé ce mois-ci, vu qu’il n’y a RIEN à noter).

Et ce soir, je viens de remplir mon agenda jusqu’au 30 octobre, pfiou, ça fait un choc !!!! Et oui, le même mec qui décide de prendre l’avion 4h avant le 10 mai, planifie sa vie le 16 mai sur 4/5mois ! Je me fais peur tout seul à vrai dire…

Mais qu’ais-je donc mis dans mon agenda ? Je vous vois venir… Non je n’ai pas noté tous mes rendez-vous chez le coiffeur, ni ceux chez l’esthéticienne (quoique ça me fait penser qu’il faut que je prenne rendez vous pour une épilation, c’est la forêt vierge sous mes bras !). Je vous ai dit que j’avais trouvé un taff la semaine dernière, non ? Ben donc ça m’occupe jusqu’au 21 juillet. Déjà ça rempli bien une vie ça. Et je me suis fait un plaisir de noter tous les ponts dont je vais honteusement profiter 😉

 

Ensuite, mon stage commence le 1er août, jusqu’au 30 septembre, après quoi je me garde un mois pour faire le rapport et préparer la soutenance. Tout ceci en cherchant un autre travail en relation avec mon niveau diplôme tout beau tout neuf. Nous voilà donc fin octobre mine de rien. Mais bon des activités diurnes rémunérées ça ne remplit pas une vie complètement, et surtout pas la mienne.

 

Il faut donc ajouter les extras : une beuverie avec les copains de promo mercredi soir, un concert de Texas vendredi soir, l’anniversaire de Larouquine samedi soir (avec petit frère de moi sur Paris), un pont le week-end prochain (on part où ?), un pont 15 jours après (rebelote), une journée à la Commission Européenne (euh si je demande un jour de congés il me fait quoi mon nouveau patron ?), un mariage fin juin dans le sud (et merde je vais louper la Gay-Pride), un pont en juillet (Deauville me voilà), une semaine de vacances fin juillet (mamy je t’aime mais je crois que je vais partir en vacances avec Océane à l’Océan), un week-end début août avec Lucie à Paris, la semaine suivante toujours à Paris mais avec Mister Big (tout ceci en travaillant par contre), et pour finir le concert de Pink à Paris en octobre ! J’ADORE MA VIE !

 

Et voilà comment vous vous retrouvez overbooké sur 4 mois en 15 min !!!! Bon maintenant parlons de mon quotidien (mais non là on n’en parlait pas, on l’effleurait juste…). Deux chose, mon nouveau job et mes copains de promo.

 

Le nouveau job : le patron est un modèle de snobisme parigot qui me supplante complètement, je suis un petit joueur, mais grave, j’ai trouvé mon maître pour le coup. Au début je me disais que j’allais en rire, en fait c’est fatigant, mais bon je le cherche bien alors je me tais. Par contre il faut impérativement qu’il se lave les dents, c’est pas possible ! Enfin elles sont pas vraiment sales, quoique j’ai pas vraiment regardé, mais il a une haleine de chacal mort depuis 4 semaines… J’en vomis rien que d’y penser. Il faut savoir que je suis un maniaque de l’hygiène bucco dentaire. Moi quelqu’un qui a de la bouffe ou des animaux morts entre les dents, je peux pas, et quelqu’un qui sent plus mauvais de la bouche que la station d’épuration du village de mes parents c’est encore pire ! Là on est resté enfermé dans une salle de réunion toute la journée pour qu’il m’explique mon travail. Dans une tour de La Défense, il faut climatiser, vu que c’est en plein soleil, et donc on n’ouvre pas les fenêtres. Et au bout de trois heures moi je me suis jeté sur les fenêtres, tant pis pour les économies d’énergies… C’EST INVIVABLE !!! Dieu merci c’est un PDG très occupé, il n’est quasiment jamais là, et l’hygiène de la DG me paraît beaucoup moins douteuse !

 

Mes « copains » de promo maintenant, ou plutôt « l’Intersyndicale des mononeuronaux », ils me fatiguent beaucoup. Il faut savoir que nous sommes 9 (dont moi), à avoir valider tous les examens. Je ne sais même pas si c’est sur la promo (24 étudiants) ou sur le Master toutes spécialités confondues (120 étudiants), vu que je n’ai toujours pas vu les résultats de mes propres yeux. Mais vu que je suis le seul, à ma connaissance, à avoir tout eu, il doit bien y avoir une sacrée hécatombe. Je comprends parfaitement que cela les perturbe. Vous comprenez les pauvres chéris, ils ont intégré un Master de Sciences Politiques et donc ça paraît logique qu’ils obtiennent leurs diplômes. Je suis d’accord, MAIS IL FAUT PEUT-ÊTRE BOSSER UN PEU, ET SURTOUT AVOIR UN PEU PLUS DE CULTURE ET D’ESPRIT !!!!!! Ils sont d’une bêtise navrante… Un de nos examens consistait à exposer notre projet professionnel. Lors de cet examen nous avions le choix entre ce sujet et un d’anglais. Il n’y a pas de compensation, donc la moindre note en dessous de la moyenne invalide le diplôme et précipite vers la seconde session. Un projet professionnel c’est quoi ? En gros il faut dire ce qu’on a fait avant, pourquoi on a passé tel ou tel diplôme, pourquoi on a fait tel ou tel stage, pourquoi on a bossé à côté et ce que ça nous a apporté, ce qu’on cherche comme métier, pourquoi on est capable de le faire, et comment on se voit dans 5/10/20 ans. C’est pas sorcier ! J’ai jamais eu de cours spécifique sur ça, c’est un peu du bon sens, et puis on le fait à chaque étape de nos vies (passage en Master, recherche de stage, recherche de job…). Donc on est censé être rodé ! Et les profs ont tout naturellement validé l’UE en fonction de la pertinence du projet professionnel, pour peu que celui-ci soit bien rédigé (ça c’est un autre problème !). Et là ils font une pétition dans laquelle ils s’insurgent de ne pas obtenir le diplôme du premier coup alors qu’ils ont été pris dans le Master. Je préfère en rire…

 

Voilà, j’ai fini d’étaler ma vie pour ce soir, je file au lit. Demain je travaille (j’ai du mal à m’y faire).

 
Gauthier tout fatigué.

La perfection est glabre

Grosso modo, il existe deux catégorie de femmes : les célibataires (y compris les amoureuses en attente) et les maquées (y compris les femmes mariées). Zoé et moi sommes des célibataires, elle très en attente de M. Zoé qui vient mais qui se presse pas quand même (je te lui foutrais un coup de pied au cul pour qu’il avance plus vite, moi !). Samedi, Zoé reçoit un texto de M. Zoé : « tu es chez toi ? ». Zoé étant un individu de sexe féminin normalement constituée, elle interprète ce message comme un « dis, je peux venir ? » légitime. « Oui », répondit-elle, ajoutant un petit plus voulant dire : je t’attends avec plaisir.

beautiful legs in spa 

Mais là, panique : son épilation laisse à désirer. Au secours ! Opération : éradiquons la toison. Résultat, voici notre Zoé zéro poils délicatement vêtue d’une nuisette sexy en diable. Bon, hélas, M. Zoé ne viendra pas, nous apprîmes plus tard que ce message était destiné à sa mère. M. Zoé, confondre sa mère et sa future moitié, je ne trouve pas ça bien, faut arrêter la drogue. Bon, du coup, avec Zoé, nous avons épilogué lundi sur la « malédiction du poil ». Si elle s’était pas épilée, il serait venu. C’est typiquement féminin, ça aussi : si on s’avance trop sur ce qui n’est pas acquis, on ne l’aura pas. Il est vrai qu’il m’est arrivé quelque fois d’aller à un rendez-vous parfaitement épilée dans l’espoir de…et rien. Par contre, il m’est aussi arrivé d’aller un rendez-vous avec une épilation un peu douteuse (pas de forêt vierge, tout de même, faut pas déconner) et bam, brouette. Foutue malédiction du poil.

 

Bon, au-delà de ce joyeux délire Zoé-Nina (oui, c’est un délire, on ne pense pas vraiment que les poils épilés se liguent contre nous pour nous empêcher de conclure), nous avons
réfléchi à cette triste réalité : célibataires, on doit toujours être nickel, « au cas où ». Par exemple, je ne vais jamais à une soirée mal épilée, on ne sait jamais… Oui, j’aurais très bien pu conclure avec ce beau et grand Marocain à la soirée costumée où personne n’était déguisé (véridique) s’il n’était pas parti se coucher avec les poules (ce qui est dangereux à l’heure actuelle). Je lui avais parlé pendant au moins 20 minutes les yeux dans les yeux en me cambrant un max pour mettre en avant ce qui se remarque déjà le mieux. Bon, en plus, j’étais saoule donc je faisais plus du tout dans la finesse. Peut-être qu’à la prochaine soirée, il y aura un beau Brad et qu’à force de se parler avec le langage de la langue, on aura envie de s’explorer mutuellement dans le secret d’une chambre. Non parce que même si les probabilités sont faibles (je sors soit dans le milieu gay, soit avec les camarades de promo de M. Gauthier qui sont physiquement… pas du tout mon genre), j’ai pas envie de me payer la honte. Parce que soit je suis sobre et je refuse, expliquant à Brad que je peux pas parce que mes poils ont eu droit à un sursis, soit je suis saoule et j’oublie la douce pelouse qui recouvre mes jambes et je pète la honte.

 

Certains me diront : mais on s’en fout de vos poils. Ben nous, non. On se doit d’être l’incarnation de la perfection en permanence. Je veux bien être celle qui a de la cellulite, celle qui n’a ni tatouage ni piercing, celle qui a les pieds grecs, celle qui a des pieds bizarres mais je ne serais jamais « la poilue »… Du moins les six premiers mois de couple après, on autorise à quelques poils de survivre. De la même façon, je n’irai jamais à une soirée avec mes vieux sous-vêtements. Ceux-là, je les mets pour la maison ou pour aller au supermarché mais c’est tout. Je ne veux pas non plus être celle qui a une culotte trouée. Par ailleurs, mes sous-vêtements sont toujours coordonnés parce que c’est plus joli, on imagine volontiers la fille qui passe du temps à choisir ses dessous, soigneusement rangés, le matin, et pas la souillon qui tire une culotte et un sous-tif d’un magma de tissus et qui enfile ça sans se poser de questions. Non mais sans rire : dans les films pornos, le livreur de pizza ne tombe que sur des nymphomanes totalement épilées, jamais y a de poil suspect (sauf dans les films « velues et cochonnes »).

 

Le pire quand on est célibataire, c’est quand on a un rendez-vous galant. Brad nous a invitée à boire un verre, c’est peut-être juste amical mais ne sait-on jamais, préparons-nous. Et c’est parti : on épile, on gomme, on hydrate, on nourrit, on lave, on sèche, on brosse, on pare, on parfume… Les princesses sont de sortie. Parce qu’on veut que Brad, il soit tellement ébloui par nous, avec ou sans vêtements, qu’on ne laisse rien au hasard, quitte à s’épiler les trois poils qui restent avec la pince à épiler car tout doit être ni-ckel ! Bon, ceci étant dit, c’est agréable de se bichonner puis là, y a quand même une perspective, on n’est pas trop prises au dépourvu. Sauf si Brad décide de passer nous prendre une heure à l’avance chez nous, là, c’est la cata intégrale. Messieurs, c’est très incorrect d’arriver en avance, sachez-le. Moi, je sonne toujours deux minutes après l’heure dite pour pas faire trop la fille « pile à l’heure , j’ai attendu la demi pile pile pour sonner ».

 

Comme me fait remarquer Zoé, tout ceci n’est pas très juste : quand on doit être célibataire, on doit être aussi parfaite qu’une fille en couple alors qu’on ne partage notre
couche, ni rien d’autre d’ailleurs, avec un homme. Moi, quand je suis célibataire, ça m’emmerde de passer mon temps à m’épiler parce que quand je constate que c’est plus très net, je pense : « à quoi bon, personne n’en profite, de toute façon ». Mais je le fais quand même, ne sait-on jamais… Alors que justement, les poils de célibataire devraient pouvoir avoir une espérance de vie plus longue, on devrait pouvoir mettre nos vieilles culottes et nos bas filés, gardant ceux intacts pour notre fut Brad. Mais voilà, une fille à poils, ça le fait pas. Imaginez qu’on rencontre un homme dans la rue avec nos poils, notre culotte trouée qui poche aux fesses, nos soutien-gorge sans baleine (oui, parce que des fois, elles s’évadent seules) et nos bas troués. Imaginez qu’on conclue. Bon, ça me paraît très improbable d’aller forniquer dans l’heure qui suit avec un mec rencontré dans la rue mais nous sommes dans une logique de l’absurde. La même qui m’a fait dire à Anne que s’il le fallait Bataille et Fontaine lisaient du Kant et du Hegel sur leur plateau mais qu’on pouvait pas savoir puisqu’on regardait pas. Bref, nous voilà dans une chambre avec ce délicieux inconnu qui plonge la main dans notre culotte et nous sort un charmant : « ben c’est la forêt vierge là-dedans » ou un : « ah non, je te fais pas de cunni, y a trop de poils ». Pourtant, ça te gêne pas que je me retrouve avec un poil coincé entre les dents après une fellation, abruti ! Bref, vous avez compris le topo.

 

Mais c’est fatigant d’être parfaites tout le temps, toujours prêtes, « au cas où ». Je ne suis pas une fille négligée et je ne veux pas qu’un homme ait cette fausse image de moi, juste parce que mon épilation n’est pas du matin et que j’ai pas les moyens de me racheter des dessous tout neufs tous les mois. Un jour, je serai pétée de tunes et je me ferai une épilation définitive mais en attendant…

 

Voilà quelque part le drame de la femme : célibataire, faut toujours être parfaite « au cas où », genre au cas où M. Zoé préviendrait 10 minutes à l’avance qu’il débarque (tout à fait son genre, en plus, un délice de spontanéité, ce garçon.) ou que mon Brad frappe à la porte parce que je vois pas pourquoi ça pourrait pas arriver ! Ensuite, une fois nos M. Zoé et Brad attrapés, faut encore être parfaites car nous partageons notre couche avec eux. On peut mettre de côté nos vieux pyjamas en pilou-pilou, notre chemise de nuit avec des oursons et/ou des chats dessus, notre bas de pyjama qui n’a plus d’élastique et qui laisse entrevoir une bonne partie de notre (charmant) fessier. Alors que ces messieurs ne s’épilent pas et nous sortent très rapidement leurs vieux boxers fanés ou leurs chaussettes aérées. C’est injuste mais c’est comme ça. Comme dirait les Robins des bois : « être sexy en toutes circonstances, voilà qui n’est pas aisé ». Comme c’est bien résumé !