Mentir, c’’est naturel

L’autre jour, je lisais Cosmo et il y avait un article sur le mensonge, expliquant que c’était naturel. Je me penche sur mon cas. Oui, je suis une menteuse sans être mytho, je mens toujours pour la bonne cause. Pourquoi je ne rends pas mon article à temps ? Problème d’ordi. Je veux pas venir bosser ? Suis malade. Je fume ? Mais non, maman, voyons. Je pars en week-end en Bretagne voir un mec ? Mais non, Alice, je pars dans les Yvelines consoler une copine en pleine rupture.

 

Donc, je mens. Mal, mais je mens. Comme tout le monde. Que celui qui n’a jamais menti me jette la première pierre mais j’aurai du mal à le croire. Bon, le problème, chez moi, c’est qu’une fois sur deux, je me fais attraper. J’ai une particularité : je parle aux gens en les regardant droit dans les yeux. Sauf quand je mens. Je me souviens d’une fois où Gauthier, plein de bon sens, m’a dit de retourner dormir dans le lit après une dispute amoureuse. Oui, moi, je voulais dormir dans la baignoire, tellement j’étais furieuse. « Moumour, tu retournes au lit ! Je te vois demain et je saurai si tu mens ou pas et si tu as dormi dans la salle de bain, ça va chier ! ». Bon, ben du coup, j’ai rejoint piteuse le fameux lit.

 

Parfois, mes mensonges se retournent contre moi. Exemple : en 2002, je travaillais à l’Observatoire de la vie étudiante, à la fac. C’est-à-dire que je corrigeais les questionnaires renvoyés par les étudiants, passionnant ! Heureusement, on avait quelques perles, ça nous occupait. Un vendredi matin, j’avais le choix entre aller bosser et aller faire un micro-trottoir avec deux mecs de la radio dont le fameux démon tentateur. Bon, ok, je vais faire le micro-trott’, c’est mieux pour ma carrière, après tout. Donc, la veille, je m’engage à les rejoindre en expliquant que je raconterais que j’ai une fuite chez moi. Jeudi soir, je fais ma tambouille quand j’avise une flaque sous le frigo. Hein ? Bon, je passe la serpillière, pensant que j’ai fait des cochonneries en faisant la vaisselle. Eeeeeeeeet merde, la flaque revient, c’est pas normal, là ! Diagnostic : mon frigo est en train de décéder. Ca t’apprendra à mentir, vilaine !

 

Mais pourquoi on ment ? Pour ma part, c’est essentiellement pour éviter les conflits. Par exemple, il y a des moments où je suis pas au mieux de ma forme et donc les gens me saoulent rapidement donc plutôt que de leur dire cash : « tu me fais chier, je te trouve vraiment trop con(ne) », je m’abstiens. Surtout que quand ça va mieux, je me rends compte parfois que j’ai exagéré et je m’en veux. De la même façon, j’évite de dire à ma mère que je fume pour pas qu’on entre en conflit ni que je suis de gauche, même si, ça, mes parents le savent bien. C’est du mensonge par omission mais je sais qu’on peut pas débattre chez moi donc pas la peine de s’engueuler. Je mens aussi pour le travail, histoire de ne cacher mes manques de sérieux, parfois. Genre, au lieu de dire : « j’ai pas fini mon travail parce que j’ai traîné au lit jusqu’à 10h », je dis « la recherche documentaire m’a pris du temps », ce qui n’est pas faux. De toute façon, ça prend du temps de lire les sources et de rédiger, surtout quand on fait autre chose en même temps… Mais le mensonge a ses limites et des fois, je suis bluffante d’honnêteté, je le fais pas exprès. Au début de mon stage, mon boss me demande pourquoi j’ai pas traité la PQR, réponse : « j’ai complètement zappé ! ». Pareil, une fois, on regardait les infos avec mes parents et y avait un sujet sur les jeunes et le shit. Ma mère :

« Mais ça me dépasse ça, pourquoi ils se droguent les jeunes ? T’as déjà fumé un joint, toi, Nina ?

– Oui. »
Hein ? C’est moi qui ai répondu ça ? Oups !

« Ah ? poursuit ma mère. Faudra que j’essaie un jour, histoire de voir. »

Ah ben tiens, je m’attendais pas du tout à cette réaction. N’empêche que voir ma mère fumer un joint, ce serait quand même énorme !

 

Après, je ne suis pas pour autant mytho. Quand mes amis me font chier, je le leur dis. Genre quand Gauthier s’ennuie au boulot et me pourrit sur MSN, il a droit à un aimable : « Bon, tu me laisses bosser, oui ? » ou « Non, je n’irai pas voir Madonna en concert, je la supporte pas ! ». J’ai passé l’âge d’être conformiste et de dire que j’aime tout ce qu’il faut aimer pour être hype. J’aime pas Madonna, ni Louise Attaque, « Clint Eastwood » de Gorillaz me donnait envie de jeter mon réveil par la fenêtre et j’ai bien aimé lire le Da Vinci Code. J’ai pas vu le journal de Bridget Jones et je compte pas le voir, j’ai détesté la dernière saison d’Ally McBeal et le dernier épisode de Friends pue la guimauve. Non
mais ! De la même façon, quand on me parle de quelque chose que je connais pas, je fais pas semblant. Je ne suis pas une usurpatrice, je reconnais que je ne sais pas tout sur tout et heureusement. Si à 26 ans, j’étais déjà omnisciente, ce serait bien triste. Moi, ce que j’aime dans la vie, c’est apprendre. Quand Alex me parlait de ses études, je le regarde les yeux ronds, la bouche ouverte : je connais rien mais j’essaie au moins de comprendre. Quand on me parle du Metropolitan Museum de New York, j’écoute sans donner mon avis : j’y suis jamais allée, je vais pas faire semblant ! Car s’il y a bien un truc qui m’agace, ce sont les gens qui ne reconnaissent pas leurs lacunes en matière de culture alors que c’est évident qu’on ne peut pas tout savoir.

 

Le pire : les mythomanes. Et j’en ai croisé ! L’an dernier, je fréquentais une nana et plus ça allait dans le temps, plus je tiquais : ses histoires n’étaient pas cohérentes. Un coup elle avait rencontré l’amour de sa vie à une soirée, un coup dans la rue. Au début, je me suis dit que j’avais mal compris, jusqu’à ce que je la prenne en flagrant délit de gros mensonge. Durant l’été, la demoiselle m’informe gentiment qu’elle a « la foufoune en feu » car elle est allergique au latex. Je suis heureuse de le savoir, tiens ! Deux mois plus tard, je vais déjeuner chez elle avec une autre amie et là, elle nous explique : « avec machin, on ne s’est jamais protégés et il me demandait même pas si je prenais la pilule ». Hein quoi ? Question : comment peut-on faire une allergie à la capote si on en utilise pas ? Parce que c’est bien avec machin qu’elle avait fait son allergie !De la même façon, un jour, elle m’expliquait que son pire drame serait de ne pas avoir d’enfants. Un autre jour, sa plus grande phobie est d’avoir un enfant, elle n’en veut pas, elle ne supporte pas l’idée. Hein quoi ? Bon, du coup, j’ai fini par la dégager de mon entourage. Je ne sais même pas si elle consciente ou pas de sa mythomanie mais je n’aime pas qu’on me prenne pour,une bille. De la même façon, l’autre jour, je parlais avec Lucie qui m’expliquait que Johanne, mon ex amie totalement barrée était mytho. « Oui, elle nous a raconté qu’elle s’était fait violée étant jeune ! ». Quoi ? Je la connais depuis la maternelle, je sais précisément quand et comment elle a perdu sa virginité, vu qu’elle avait la pudeur d’un ver de terre. Bon, alors, je conçois tout à fait qu’un viol, c’est traumatisant mais il me semble que c’est plus logique d’en parler à ses amis proches qu’à des quasi inconnus entre le fromage et le dessert.
En même temps, sa mythomanie n’est pas une découverte : vers la fin, elle me racontait qu’elle voyait des monstres la nuit pour justifier le fait qu’elle passait la nuit chez de parfaits inconnus. Des fois, je me demande ce qui pousse les gens à mentir comme ça. Pour la fille dont je parlais en premier, c’était clairement dans un désir absolu de plaire, elle arrangeait sa vie selon ses interlocuteurs. Pour Johanne aussi, je pense. Sauf que, perso, quand je prends une personne en flagrant délit de mythomanie, j’ai tendance à prendre mes jambes à mon cou. C’est sans doute pour ça que ses personnes sont seules, au fond.

 

Bref, mentir, tout le monde le fait, c’est pas forcément bien mais si ça permet d’éviter certains conflits, ce n’est pas condamnable. Du moment que ça ne devient pas une habitude…

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He’’s the one

Quand mes yeux se sont plongés dans les siens, j’ai su : c’est lui. C’est avec lui que je partagerai les prochaines années, nos enfants seront fabriqués à partir de nos gênes. Plus tard, il verra mes premières rides et mes premières mèches argentées, je le verrai déambuler avec une démarche un peu moins assurée. Nos petits prodiges quitteront le nid et nous nous retrouverons seuls, le soir. Heureux. Car c’est lui, car c’est moi, car c’est nous.


 Dans les faits, je n’ai jamais eu une telle certitude. Des hommes, j’en ai rencontrés, certains ont fait battre mon cœur, je me suis dit : « c’est peut-être le bon », mais y a toujours eu ce peut-être. Sans doute une question d’expérience. En grandissant, je me suis rendue compte que mon intuition féminine était influencée par mes sentiments. Il me plaît, forcément, ce sera l’homme de ma vie. Biiiiip, mauvaise réponse. Sinon, je serais pas célibataire, logique. Pourtant, il était beau, celui-là, je suis sûre que nous aurions fait de beaux enfants. En plus, il était même pas idiot ! Mais non, malgré ce que me hurlait mon intuition féminine : ce ne sera pas lui.
 

L’autre soir, je parlais à une copine sur MSN et elle me demandait comment savoir si c’est le bon. Réponse : y a pas moyen. Je trouve ça merveilleux les nanas qui pensent ça mais j’en suis pas capable. D’abord parce que j’ai vécu quelques déconvenues et qu’ensuite, on ne sait jamais. A 26 ans, je peux changer, il peut changer et nos deux personnalités peuvent, à un moment, ne plus s’accorder. J’ai la chance d’avoir deux parents toujours mariés ET amoureux (oui car l’un n’implique pas l’autre, des fois) mais combien de couples autour d’eux ont divorcés ? Ils se marièrent, eurent des enfants et au bout de vingt ans, ils se séparèrent. La durée n’est pas une garantie. Quand j’ai rompu avec Guillaume 1er au bout de 4 ans et demi, j’ai eu une sale remise en question de l’amour : ce n’est pas parce que ça dure que ça ne se terminera pas un jour.

Pourtant, dois-je dire à quelqu’un qui me dit ça : « mais tu te trompes, tu ne sauras jamais, sauf sur ton lit de mort ». Non parce que c’est quand même glauque de dire ça. Après tout, si les deux personnes s’aiment sincèrement, inutile d’agiter sous leur nez le spectre d’une possible séparation, mais quel sadisme ! Qu’ils suivent leur chemin ensemble, si crise il y a, il sera temps de dire que ce n’est peut-être pas la bonne personne mais en attendant… J’en connais des gens qui s’aiment, quand je vois Alice et Anthony, je suis sincèrement heureuse de leur bonheur et j’espère qu’ils vieilliront ensemble, de tout mon cœur. Mais dans les faits, il n’y a de garantie nulle part. Même ce que l’on construit à deux, même si des enfants surviennent… C’est effrayant de penser ça mais c’est un fait.

Ado, je tombais amoureuse du « beau mec là-bas » et j’étais persuadée que c’était lui, l’homme de ma vie. Aujourd’hui, quand je parle d’homme de ma vie, c’est plus un effet de langage qu’une conviction. Oh, ça m’arrive de dire ça d’un mec qui me fait complètement craquer : « ah, c’est l’homme de ma vie et le père de mes futurs enfants » mais au fond, je ne le pense pas. Alors pourquoi on veut y croire ? Pourquoi on veut croire que « c’est lui ». Je ne sais pas si c’est typiquement féminin mais nous, on a du mal à conceptualiser la fragilité de l’amour, même si c’est une réalité. Et heureusement, quelque part. Je ne dis pas que je ne crois pas en l’amour toujours, je comprends juste qu’une relation peut
s’éteindre un jour. Mais que c’est effrayant de l’énoncer, de l’admettre. Une relation est-elle vouée à l’échec dès le départ ? Pas nécessairement, c’est une possibilité comme une autre. Pourtant, on veut y croire à cet amour balbutiant, voire même pas né. On veut croire que ce beau gars qui nous fait vibrer au plus profond de notre âme sera nôtre pour l’éternité. Que nos corps reposeront dans le même caveau… Enfin, moi, je veux me faire incinérer mais vous avez compris l’idée. Si, dès le départ, on se dit que ça ne marchera peut-être pas ad eternam, on condamne de suite la relation, non ?

Et pourtant, j’aimerais pouvoir dire un jour : « c’est lui », ce beau mec intelligent, cultivé et drôle qui fait vibrer mon cœur de façon inédite. Celui qui me donne de vivre en couple au bout de deux mois. Est-ce moi qui me protège trop ou alors ne sais-je pas aimer ? Non, je crois que je suis surtout réaliste. « C’est lui » à un moment donné de ma vie qui peut s’étendre sur des années et des années, peut-être jusqu’à ma mort. Mais jamais je ne pourrai l’affirmer avec certitude car on ne sait jamais comment on évolue. Tant lui que moi.

Je suis du genre trouillarde, en amour. Je m’engage à la vitesse d’un escargot alcoolique, je suis un peu comme l’enfant qui hésite à sauter dans le grand bain. Je m’avance, je regarde, je mets un orteil dans l’eau, je recule… Dire « je t’aime » ? Heu… nan. Vivre ensemble ? Mais si on se dispute ?

Sauf qu’à force de pas sauter, je passe mon après-midi piscine à ne rien faire, si ce n’est choper un coup de soleil. J’ai vraiment un don pour la métaphore particulier ! Dans la vie, il faut savoir prendre quelques risques. Et si on se dispute alors qu’on vit ensemble ? J’irai dormir chez Gaugau (il sera content de l’apprendre). Et si on vient à se séparer ? Ben, ça arrive à tout le monde et personne n’en meurt. C’était juste que ce n’était pas « le bon ». Peut-être le prochain…

La bisexualité, c’’est le pied !

Imaginez que vous vivez dans un monde où vous aimez les hommes et les femmes, quel que soit votre sexe. Imaginez que vous avez deux fois plus de chance de tomber amoureux. Imaginez que vous pouvez trouver votre âme sœur avec une personne quel que soit son sexe… En général, les monosexuels (on va dire ça pour les hétéros et les homos, ça m’évitera de préciser à chaque fois)
ont une vision assez idyllique de la chose. Pourtant, si la bisexualité était simple, ça se saurait.

Quelque part au printemps 2004, Douschka et moi sortons du cours de comm po et on se tape une bonne marche de dix minutes pour aller poser nos fessiers dans un amphi surchauffés pour faire semblant de suivre un cours de systèmes comparés avec une prof en toge dépressive (la prof, pas la toge, hein !). Je sais pas si vous avez remarqué mais au printemps, quand dardent les premiers rayons du soleil post hivernal, tout le monde est beau. On respire tous l’épanouissement, les fringues colorées sont toutes ressorties du placards, nos cœurs sont légers comme des plumes. Et là, je dis à Douschka : « Des fois, je me dis que c’est le pied d’être bisexuelle. Tu imagines, je peux potentiellement tomber amoureuse de tout le monde. » O vision naïve ! Non parce que je me connais : vu comme je suis assez difficile avec les mecs, je ne serai guère plus conciliante avec les filles, déjà. Et je ne suis pas sûre que la multiplication des amant(e)s potentiel(le)s soit vraiment pour me simplifier la vie.

L’autre jour, je regardais une série à la télé et une fille disait à une autre qui affichait clairement sa bisexualité : « ouais mais être bisexuelle, c’est risquer qu’on nous brise deux fois plus le cœur ». Oui, ce n’est pas faux. L’amour n’est jamais simple, ni avec un sexe ni avec l’autre. Et puis être bisexuel ne signifie pas aimer deux personnes de sexe différent en même temps. Si je suis avec un mec et que je vis une rupture douloureuse, je vais pas forcément avoir une demoiselle sous le coude pour me consoler.

C’est marrant comme les monosexuels ont souvent une vision idyllique de la bisexualité. Oui, c’est formidable d’être attiré potentiellement par tout le monde mais en vrai, ce n’est pas si simple que ça, les quelques bisexuels que je connais me l’ont bien montré. Ce que je trouve amusant, c’est l’idée qu’on a qu’on a une période mec, une période fille… A y réfléchir trente secondes, c’est un peu curieux comme théorie. En tant qu’hétéro, j’ai pas une période blond, une période brun, par exemple. On ne choisit pas une période en fonction du sexe qu’on préfère, je suis même pas sûre qu’il y ait une préférence. C’est plus une question d’affinités.

Pour autant, je ne suis pas bisexuelle. L’autre jour, à la gay pride, j’ai vu des tas de femmes qui aimaient les femmes… Et je ne me suis pas du tout sentie attirée par l’une d’entre elles. De toute façon, comme dit si justement Gauthier : « non mais toi, t’aimes trop la queue ». Heu…oui. Ceci étant dit, ce n’est pas pour autant que je refuse l’idée d’être un jour attirée par une femme. Mais pour l’heure, même si je reconnais qu’une femme est belle, je n’ai pour les femmes qu’une attirance intellectuelle. J’en parlais l’autre jour avec une amie bisexuelle, je lui expliquais que je ne pouvais ni ne voulais envisager une relation homosexuelle « juste pour voir ». Je pense que je ne retirerai aucun plaisir de cette expérience et ça pourrait même vexer la fille en face. Puis de façon totalement sexuelle, autant je suis assez clitoridienne, autant j’adore la pénétration. Oui, il y a des artifices pour compenser mais je sais pas si ce sera pareil. De toute façon, comme j’expliquais à Gauthier :

« Moi, si je dois coucher avec une fille, je fais ma passive ! Je la touche pas, on fait dans le noir, elle a des cheveux courts et pas de seins…

– Et des poils et une bite. Un mec, quoi.
– Heu… »
 

Il y a quelques années, je fréquentai un temps Pierre le pervers qui m’expliquait avoir eu des aventures homosexuelles. La première pour voir, la seconde parce qu’à un moment, il s’est senti bien avec un homme. Pour ma part, je ne peux envisager une expérience homosexuelle que comme ça. Parce qu’une fille, tout à coup, m’apportera ce dont j’ai besoin, sans que ce soit prémédité. Même si, dans l’absolu, j’aimerais savoir ce que ça fait de coucher avec une fille, je refuse de le faire juste par expérience. Je ne coucherai pas avec un mec qui ne m’attire pas « pour l’expérience », pourquoi je le ferais avec une fille ? Ce serait lui manquer de respect, en plus. Enfin bref.

Mais revenons à la bisexualité de façon générale. Pour ma part, je pense que la bisexualité « pure », du 50/50 n’existe pas dans les faits, on est forcément plus attirés par un sexe que par l’autre. Des études américaines menées dans les années 70 abondaient dans ce sens, révélant que l’hétérosexualité ou l’homosexualité « pure » n’existait pas non plus. Il y a toujours un peu de nuance et je pense qu’on devrait resservir cette étude à pas mal d’homophobes forcenés. Enfin, pour la bisexualité, il est intéressant de constater qu’on la
retrouve surtout chez les jeunes qui n’osent pas encore se déclarer franchement homo. Il fut un temps (lointain) où Gauthier se définissait comme bi. Bon, même si techniquement, il a déjà couché avec une femme, c’est un peu abusé, cette appellation… D’ailleurs, il est le premier à le reconnaître aujourd’hui. Ceci étant, je ne dis pas que tous les bi sont des homos refoulés, certains sont
effectivement attirés par des personnes du même sexe parfois mais sont globalement plus hétéros. D’ailleurs, si un jour je devais avoir une expérience lesbienne, je ne pense pas que c’est ce qui me ferait devenir automatiquement lesbienne. Ça me plaira sans doute, je prendrai mon pied, j’espère. Mais c’est pas pour autant que je vais renoncer aux hommes. En 26 ans, je n’ai été attirée
que par des individus à pénis, je vois pas comment, du jour au lendemain, je pourrais ne plus m’intéresser à eux.

 

Rêver de pouvoir être attiré par tout le monde, c’est beau. Mais dans la réalité, c’est vraiment plus compliqué que ça. Comme toujours.

Qui est Nina ?

Après un an et des brouettes de blog, il était temps de se poser la question ! En fait, pour moi, la réponse était claire : c’était une certaine partie de moi. Pas forcément la meilleure mais une partie. L’autre jour, je discutais avec un jeune homme qui ne connaissait pas Nina donc, dans la conversation, j’en viens à parler du blog. Il le lit et en substance, il me dit : « autant, toi, je t’adore, autant avec Nina, j’ai du mal. »

Je tombe des nues. Hein ? De quoi ? Mais quelle est la différence ? Donc il m’explique, il détaille et là, je réalise que Nina peut être très éloignée de mon moi profond par moment. Et aussi qu’en un an, j’ai bien changé. Exit l’étudiante insouciante et mangeuse d’hommes. Quoi que déjà, le côté mangeuse d’hommes était très relatif, je suis une petite joueuse comparée à d’autres. Mais bon, je m’en fous, je ne couche pas pour faire du chiffre. Depuis fin octobre, je n’ai partagé mes nuits qu’avec deux hommes pour qui j’ai eu des sentiments. Pendant 4 mois, je fus abstinente, par volonté et pas par obligation. Les brouettes sans lendemain, j’en ai marre. Ce butinage m’a valu quelques claques bien méritées. Je ne regrette rien, ceci dit, mais tout ça est derrière moi. De ce point de vue, j’ai vraiment changé. Le sexe, c’est bien mais c’est encore mieux quand c’est fait avec la bonne personne. C’est comme la nourriture : le McDo, ça nourrit, mais ça vaut pas des pâtes aux truffes. Et moi, j’ai suffisamment mangé de McDo pour n’avoir désormais envie que de pâtes aux truffes. Si je veux du sexe, je décroche mon tel et j’appelle Laurent l’obsédé, toujours prêt à me rendre service en la matière. Sauf que si je l’ai pas rappelé depuis octobre, c’est pas pour rien.

Nina est libérée ? Heu… Ça dépend ce que l’on entend par là. Dans la mesure où je ne considère pas le sexe comme un tabou, pourquoi pas ? Ceci étant, j’ai mes limites, elles ne sont certes pas celles que la morale essaie de nous imposer genre pas coucher le premier soir, pas coucher avant le mariage, certaines pratiques sont saaaaaaaaales. Ma seule limite est, finalement, de pouvoir me lever le matin et de pouvoir me regarder dans une glace sans être dégoûtée par la fille que j’y vois. Si on se réfère à tout ce qu’il faut faire pour être libérée mode Elsa Linux, je suis une sale puritaine. J’ai jamais tenté le lesbianisme, je suis jamais allée dans un club sado maso pour me faire prendre par une foule d’inconnus, je me suis jamais faite prendre en étant accrochée à une porte, me suis jamais faite sodomisée par mon boss, jamais une collègue ne m’a offerte comme cadeau d’anniversaire à son mari qui trouve amusant de mettre sa montre en cockring (j’espère pour lui que c’était pas les montres à bracelet élastique, ça peut faire mal aux poils), je me suis jamais photocopié le sexe… Oui bon, on va arrêter la liste là. Très franchement, je m’en porte très bien merci. Je ne suis pas un objet et je n’ai pas envie de faire pas mal de choses dans cette liste, je vois pas pourquoi je me forcerais. Si être libérée, c’est devoir absolument tout tester, je préfère être puritaine, merci. Parfois, quand je vois certains comportements, je me dis que c’est pathétique. D’un autre côté, je me rends compte que les aventuriers (ou aventurières) du sexe s’en servent souvent pour combler quelque chose. Si l’été dernier, ça a été autant la fête du string de mon côté, c’était pour combler une certaine solitude et aussi tester mon pouvoir de séduction auprès des hommes. Depuis, j’ai compris que n’importe quel thon pouvait se taper des mecs si elle voulait donc mon truc servait à rien. Et, comme par hasard, depuis que Gauthier est sur Paris, je me suis calmée. Coïncidence ?

Nina est trash ? Non, je crois pas. Directe dans ses propos, oui. Autant appeler un chat, un chat, un pénis, ça reste un pénis, quelle que soit la métaphore qu’on utilise. Evidemment, j’évite des mots moches comme bite ou chatte. Ces mots ne me plaisent pas, je vais pas les employer ! De la même façon, j’essaie de ne pas faire dans le vulgaire. Le « putain, il m’a explosé la chatte », ça peut être marrant entre amis dans un certain contexte mais il ne faut point en abuser. D’abord, on n’explose pas ma chatte, on la traite avec délicatesse, non mais ! A quoi ça sert que Rogé Cavailles il se décarcasse, sinon ? J’ai certes un côté gentiment trashouille avec ma cravache et mes menottes mais c’est plus pour rigoler qu’autre chose, je n’ai jamais cravaché personne, sauf sur demande. Et c’était à la gay pride donc ça compte pas. Il est vrai que je peux facilement parler des pornos (ou érotiques) que j’ai vus, raconter ma virée au sex shop ou parler sexe dans la rue mais je ne me considère pas trash pour autant. C’est juste que je ne fais pas une montagne du sexe, c’est un sujet comme un autre. Par contre, j’évite de trop en raconter, surtout à des personnes qui me connaissent peu. D’ailleurs, vous aurez noté que, sur ce blog, j’ai beaucoup parlé de mes plans culs mais très peu de mes mecs, finalement. On sait qu’ils sont là mais ce que l’on fait dans l’intimité de notre chambre, ça reste secret. Honnêtement, j’ai pas envie de le partager. Et puis les gens qui racontent leur vie sexuelle en détail, je trouve ça un peu chiant. T’as fait ça 10 fois pendant le week-end, y compris sur le buffet de grand-mère ? Heu… Tu me passes le sel, s’il te plaît ? Ma liberté de ton vient sans doute de ma culture gay où on se demande sans fioriture des nouvelles de nos vies sexuelles, qu’on parle sexe sans tabous mais de façon assez construite. Les trois quart des articles présentés ici ne sont finalement qu’une synthèse de nos discussions. Mais bon, on parle aussi d’autre chose !

Nina est une femme des années 2000 que rien ne peut atteindre ? Alors, là, c’est archifaux. Je pense avoir pleuré plus ces 7 derniers mois que pendant le reste de ma vie. Non, j’exagère mais qu’est-ce que ça n’allait pas ! Il y eut d’abord mon chômage. Ça, je l’ai salement vécu, faut dire ce qui est. Je crois que pour la première fois de ma vie, j’ai flirté avec la dépression, je me sentais une sombre merde. Je me levais de plus en plus tard, je traînais toute la journée, toujours prête à pleurer pour le moindre truc. Là, ça va mieux, même si je suis pas encore sortie de l’auberge. Ils me prennent en stage jusqu’en octobre puis après, j’ai un gros boulot à faire qui m’amènera quasiment jusqu’au printemps et pour la suite, j’ai une idée sur laquelle je dois travailler. L’optimisme est enfin revenu, il me semble apercevoir le bout du tunnel. J’ai aussi été très malheureuse suite à ma dernière rupture que j’ai à peine évoquée sur ce blog. Pourquoi ? Peut-être parce que ça me touchait trop. Certainement parce que je ne voulais pas qu’on le juge. Déjà, en parler, ça aurait été dévoiler une partie de la vie du jeune homme et, là, je crois que je n’avais pas à faire ça. Ensuite, j’avais peur qu’il se prenne des volées de « connard », « pauvre type » ou autre donc j’ai préféré m’abstenir. Mes ex, y a que moi qui ai le droit de les insulter. Et Gaugau aussi mais lui, c’est pas pareil : vu que c’est toujours lui qui me ramasse en larmes au téléphone, ça lui donne quelque prérogatives. Et puis, de toute façon, l’histoire était suffisamment compliquée pour pas y ajouter d’autres personnes ne connaissant pas la situation.

Mais je ne parle pas non plus de mes petits bonheurs. Des moments partagés en amoureux, des rigolades parce que Kenya fait la nouille (ce qui est très naturel chez elle), nos délires avec Gaugau ou autre, des petits instants de bonheur fugaces qui ne donnent plus rien une fois écrits. Et puis des choses que je n’a même pas envie de partager parce que je peux être égoïste, aussi, et que c’est trop beau pour être écrit.

Enfin, Nina n’est pas une pintade même si, des fois, j’aime bien faire dans le superficiel. Ça m’amuse d’écrire des articles sur les soaps opéras, de faire ma Guy Carlier en critiquant certaines émissions de merde. Même si j’ai pas regardé la Star Ac ou la nouvelle star juste pour critiquer, faut pas déconner non plus. Parce que je ne suis pas toujours sérieuse dans la vie et que j’aime bien me prendre un gros délire. Ça n’empêche pas que, des fois, je réfléchis à la société qui m’entoure, que j’ai des opinions politiques, je suis l’actualité et quand je vois ce qu’il se passe dans le monde, j’ai envie de baisser les bras. Mais je n’en parle pas ici. Juste parce que ça ne correspond pas à la ligne éditoriale et que je n’ai pas forcément envie de débattre de certains sujets ici.

Bref, je me rends compte que, parfois, le blog est un prisme déformant qui peut donner une fausse image de ma personne. Je suis bien plus complexe que Nina, il y a des choses que je ne dis pas, par choix ou pas. Bref, toute ma vie n’est pas ici et ceux qui s’arrêtent à « Nina » ratent bien des choses de ma personne !

A partir de maintenant, je mettrai un peu de musique sur les articles, si j’en ai envie, un peu à la manière de Yojik. Aujourd’hui, la the nana de Léo Ferré, le garçon qui m’a inspiré cet article sait pourquoi.

Faut-il se marier pour réussir ?

Il y a des jours, je regarde la télé et je zappe. M6 : émission de foot présentée par Estelle Denis qui n’est pas n’importe : c’est madame Raymond Domenech. Bon, on m’a expliqué qu’elle était très douée pour ce qu’elle avait à faire dont soit. Ceci étant, elle a eu chaud aux fesses, la demoiselle. Les Bleus se seraient ratés, je pense qu’elle n’aurait pas gardé son fauteuil. Sur W9 (si je ne m’abuse), une émission de rallye est présentée par Séverine Loeb, la femme de Sébastien du même nom, le champion du monde. Alors, là, je m’interroge ? Faut-il
se marier pour avoir son émission ?

estelle-denis-foot

 

L’univers des people en France est un microcosme essentiellement parisien où tout le monde connaît tout le monde. Pour intégrer de nouvelles personnes dans ce paysage, il y a soit la télé réalité, soit le mariage. Pernault épouse une ex miss France oubliée de tous ? La voilà « star » d’un été avec sa ferme et ses flirts avec M. Ducruet. Il paraît qu’elle est en pourparlers avec je ne sais quelle chaîne pour présenter une émission. Cendrine Dominguez est (ou était ?) l’épouse d’un tennisman célèbre en son temps. La femme de Patrick Bruel (enfin,
sa compagne, je sais pas s’ils sont mariés) a, comme de par hasard, publié un roman il y a peu… Bon, bref, vous avez compris l’idée. Et bien, je ne trouve pas ça juste. Déjà qu’il faut être jolie et bien foutue, si en plus, il faut être mariée à une célébrité, on n’y arrivera jamais !

 Personnellement, comme tu le sais, lecteur, je suis journaliste. Donc je veux travailler dans cet univers-là. Mais je ne suis pas la fille de Mitterrand donc pas de tribune dans les colonnes de Elle. Je sais pas si vous avez eu l’occasion de lire la prose de Mlle Pingeot mais ce n’est que du verbiage sans queue ni tête. On lit et à la fin, la seule réaction possible est un : « hein ? quoi ? ». De la même façon, certaines présentatrices télé font peur. Mais qu’est-ce qu’elles sont nulles ! Genre une blonde anorexique qui s’appelait Clémence Arnaud. Si vous vous en souvenez, vous êtes forts. Moi, je m’en souviens surtout parce que j’ai relu récemment une chronique de Guy Carlier à son sujet (oui, dans les chiottes de mes parents, y a les bouquins de Guy Carlier, ça occupe). Donc cette demoiselle était du genre « à côté de la plaque », elle présentait une émission humoristique où trois comiques viennent présenter leur dernier spectacle. Vous savez, le genre où la présentatrice fait des blagues qui tombent à plat, des humoristes qui se font clairement chier et des extraits de spectacles à la

pelle ? Bon, ben notre amie Clémence présentait ça, elle était nulle, toujours un train de retard, elle passait plus de temps à minauder devant la caméra qu’à faire son job… Et comme de par hasard, qui était le producteur de cette… chose ? Son mari ! Fou, non ? Je crois que c’est pareil pour Daniela Lumbroso. Nuance : j’ESPERE que c’est pareil pour Daniela Lumbroso parce que dans le style nulle… Elle a forcément dû coucher sinon, j’ai honte pour la télévision publique française (déjà que…).

 

Donc voilà, je regarde tout ça et je me dis que, merde, j’ai épousé personne de célèbre moi. Bon, j’ai épousé personne tout court, en effet. Mais l’épouse d’un sportif fera-t-elle forcément une bonne journaliste sportive ? Déjà, ils nous imposent les bombasses nullasses : Thalmann est une très jolie fille mais on sent bien que le foot, c’est pas son truc. Idem pour la nouvelle poulette de la F1, une Asiatique parlant à peine français à qui on charge désormais d’interviewer Jean-Louis Moncet, journaliste…à TF1. Oui, je sais pas si vous avez remarqué
mais c’est le grand jeu des journalistes sportifs de s’interviewer entre eux. Genre, tout à l’heure, pendant le Tour de France, avant le départ, les cyclistes commencent à pédaler et comme les journalistes de France 2 savent pas quoi faire, ils interviewent Jalabert qui n’a rien à dire vu que la course n’est pas partie puis « Biloute », le conducteur d’une voiture qui est là depuis 20 ans… Bon, ok, pour le Tour de France, on interviewe pas les cyclistes en plein effort. Mais sur une grille de départ en F1, y a quand même des pilotes, des directeurs d’écurie, des pros de la stratégie alors qu’est-ce que coui-couille première qui parle même pas français nous fait chier à interviewer Jean-Louis Moncet qui parlera tout au long de la course, de toute façon ? Y a des jours où je regrette Karen Minier. Elle était pas forcément plus compétente mais au moins, quand elle parlait, on la comprenait. Puis elle, au moins, elle s’est approchée des pilotes,
particulièrement de David Coulthard, hein !

 Bref, revenons à nos moutons. Donc, en plus des bonnasses, ils nous imposent les « femmes de » et là, je suis pas d’accord. Parce qu’une femme est mariée à un pilote ou à un footballeur, est-elle censée mieux s’y connaître qu’une journaliste qui a fait des études ? Rien n’est moins sûr. J’ai passé quatre ans et demi avec un rôliste, je serais totalement infoutue de présenter une émission sur le sujet. D’ailleurs, il m’a appelée l’autre jour pour prendre des nouvelles et a commencé à m’entreprendre sur le sujet. Au bout d’une demi-heure (durant

laquelle je m’étais habillée, maquillée et coiffée pour sortir, ce qui veut dire que je n’écoutais mais je n’avais rien à répondre), je l’arrête : « je comprends rien à ce que tu me racontes ! ». Donc est-ce que parce qu’on partage la vie d’une personne connue, on est plus à même de faire de la télé (ou du ciné, de la musique, de la littérature et, donc, du journalisme). Non ! Et pourtant, être « femme de… », quel précieux sésame.

 

Donc, dans le souci de réussir ma vie, il est temps que j’agisse. Sagamore, c’est à toi que je parle. Oui, je le sais que tu lis mon blog (ohé, ça va, j’ai le droit de dreamer in blue moi aussi) et que tu es fasciné par ma personne. Crois-moi, en vrai, c’est encore mieux. Alors Sagamore, agis ! Envoie moi un mail à nina.bartoldi@hotmail.fr et fais de moi ta femme. Bon, je te préviens de suite, nos enfants, c’est moi qui choisis les prénoms, vous êtes un peu trop joueur
de ton côté. Bref, ce serait sympa que tu m’épouses. En échange, je ferai ce que tu veux, de la musique, du cinéma (enfin, n’oublie pas que je suis journaliste et potentiellement écrivaine à la base), on nous prendra en photo dans Voici et Closer. A partir de là, tu deviendras la star incontournable qu’on verra dans tous les films et moi, je mènerai ma carrière tranquille. Mais bon, je te promets aussi des nuits torrides, de l’amour que même pas t’en rêvais, je te promets le sel au baiser de ma bouche, je te promets le miel à ma main qui te touche… Enfin, tout ça, quoi. Et en plus, Sagamore, je parlerai de toi sur ce blog qui réunit quand même l’équivalent d’un Olympia par jour, tu imagines ? Je dirai que du bien de toi. Alors, écris ce mail, Sagamore, n’hésite plus !

Plus sérieusement, je trouve ça assez injuste. Il y a des nanas genre moi qui font des tas d’années d’études et qui rament comme des malades (et encore, je suis pas la pire !) et d’autres qui se contentent de passer devant le Maire et grillent toutes les places. C’est pas parce que je n’ai pas épousé quelqu’un de célèbre ou que je ne suis pas la fille de que je suis incompétente. Evidemment, je le sais que c’est comme ça et rien de ce que je dirai ne changera les choses. Mais y a des jours, je me dis que je ferais mieux de passer mes soirées au milieu de la
jet set, on ne sait jamais… Au cas où l’alcool et le sexe seraient plus rentables que mes foutus diplômes et expériences.

Episode 22

Maria jeta un œil par la fenêtre et soupira. Depuis qu’elle vivait dans cette ville, elle avait rêvé de revoir ce ciel bleu qui lui manquait tant. A présent qu’elle le pouvait, elle
aurait voulu être ailleurs, dans l’ombre, avec Juan. Dans quelques heures, elle allait mourir et elle avait peur. Elle regrettait d’avoir quitté le groupe de rebelles et d’avoir agi sans réfléchir,
ça l’avait amenée directement à sa perte.
Elle s’assit sur le sol humide de la cellule et se recroquevilla sur elle-même pour pleurer, tout en récitant des prières à la Vierge. Auparavant, elle ne s’était jamais rendue compte qu’elle avait
peur de la mort, ça lui semblait si abstrait. Elle était beaucoup trop jeune pour mourir et pourtant, le lendemain soir, elle servirait de spectacle à tous ses élitaires égoïstes et bouffis
d’orgueil. C’était vraiment une fin peu réjouissante !  Avec de la chance, ses bombes allaient quand même exploser, ce qui lui permettrait de se venger à titre posthume. Mais c’était vraiment
une consolation un peu trop maigre à son goût. Elle voulait revoir Juan une dernière fois pour lui dire au revoir, mais si on lui demandait ses dernières volontés, ce qui l’étonnerait beaucoup,
elle ne parlerait pas de son frère. Il serait accusé de faire partie des rebelles et serait condamné à son tour et il en n’était pas question, elle ne pouvait pas livrer son frère. Elle n’avait
même pas donné le nom d’Oceany, d’une part parce qu’elle voulait être la seule martyre, mais aussi parce que la blonde n’attendait que ça et elle lui avait été trop antipathique. Il n’était pas
question de lui donner satisfaction. De toute façon, Oceany n’était absolument pour rien dans cette histoire, la dénoncer aurait été malhonnête et, même si elle avait beaucoup de défauts. Ce
n’était pas son genre de faire porter le chapeau aux autres, elle assumait pleinement ses actes.
Elle écrasa une larme qui lui coulait le long des joues et regarda sa main où se trouvait la goutte d’eau, réfléchissant à un moyen de s’enfuir. Il était encore trop tôt pour baisser les bras, elle
avait encore un faible espoir. Après tout, elle n’était pas encore morte.

—–

    Kelly referma soigneusement la porte de la « chambre » du grand patron et s’apprêtait à repartir dans le bureau de son mari. Elle se retrouva nez à nez avec
Bryan, ce qui la fit sursauter, mais elle garda son sang-froid. Bryan ne savait rien du grand patron, c’était tout juste s’il connaissait son existence et c’était déjà bien suffisant.
« Qu’est ce que tu fais ici ?  demanda-t-il.
– Je pourrais te poser la même question.
– Je te cherchais. Qu’y a-t-il derrière cette porte ?
– Rien que tu n’as besoin de connaître.
– Tu sembles savoir énormément de choses, alors que moi, j’avance dans le brouillard et je commence à en avoir assez.
– Je n’en sais pas plus que toi.
– Vraiment ?  Je suis sûr que tu connais l’identité du grand patron et qu’il n’est pas loin, dans l’immeuble même de la mairie, pour tout contrôler e tu viens juste d’aller le voir. N’est ce
pas ?
– Ca ne te regarde pas, je fais ce que je veux.
– Vraiment ?  Tu sais, je pourrais tout raconter à ton cher Bill sur tes activités et sur le grand patron, ça pourrait foutre tes plans en l’air.
– Tu me fais chanter ?
– On peut appeler ça comme ça, oui. »
Elle éclata de rire ce qui mit Bryan mal à l’aise. Il la connaissait, elle allait lui sortir un de ses tours de passe-passe qu’il haïssait et il ne se trompa pas. Elle sortit un petit revolver de
son sac et le pointa sur lui.
« Je te laisse une dernière chance parce que tu es très mignon et que je prends bien mon pied avec toi, mais encore une menace de ce style et je t ‘élimine sans hésiter. C’est  moi qui mène la
barque, tu rames ou tu coules, tu choisis.
– OK, c’est bon, répondit-il en avalant difficilement sa salive. Je ne te demanderai plus rien sur notre chef mystérieux.
– C’est mieux comme ça. Bon, viens, il faut qu’on organise l’exécution de ce soir. Il pensait l’écarteler, mais je trouve ça trop…difficile comme spectacle, il y a des enfants et ça pourrait donner
une mauvaise image de nous. Alors je pensais à quelque chose de plus classique mais de très sophistiqué.
– Tu es bien la première personne que je connais qui qualifie une exécution publique de sophistiquée.
– Je n’ai pas demandé ton avis, tu gardes des remarques pour toi. Bon, j’ai pensé qu’on pourrait la guillotiner, ce n’est pas trop affreux mais assez spectaculaire et ça fait très royal !  En
plus, nous avons une très belle guillotine au théâtre, pas besoin de la fabriquer.
– Il y a une guillotine au Théâtre ?
– Oui, c’était un élément de décor, à la base, mais il suffit juste de mettre une vraie lame et le tour est joué. Oh, j’ai vraiment hâte de voir ça et, avec de la chance, la rebelle va nous donner
le nom de son chef au dernier moment. Une double exécution, le pied !
– C’est la double exécution qui t’excite ou la possibilité de te débarrasser d’Oceany ?
– Elle doit payer pour ce qu’elle a osé me faire et je te jure que je vais m’arranger pour qu’elle souffre un maximum.
– Est-ce que tu as envisagé la possibilité qu’elle soit totalement innocente ?
– Elle ne l’est pas et puis, si c’était le cas…elle mourra sur l’autel de la justice, c’est tout.
– Mais bon sang, qu’est-ce qu’elle t’a fait, cette pauvre gosse, pour que tu lui en veuilles à ce point ?
– Elle s’est foutue de nous, elle a voulu nous défier, elle va s’en mordre les doigts !  Bon, si tu allais voir Bill, il a sûrement besoin de toi. Moi, je vais me préparer pour ce soir. »
Elle le planta là et partit en direction de la sortie. Plus ça allait, plus il se sentait mal à l’aise avec elle. Elle était dangereuse et au moindre faux pas, elle n’hésiterait pas à se
débarrasser de lui, idée vraiment peu réjouissante. Pourquoi ne lui faisait-elle donc pas confiance ? Pourquoi refusait-elle de lui révéler l’identité du grand patron ? Ca devait être un élitiste
très connu et très respecté, ça expliquait peut-être son attitude, mais qui ? La plupart étaient trop vieux pour avoir deux idées claires à la suite et les autres n’avaient pas assez de volonté
pour diriger toute cette ville. La réponse se trouvait dans le fichier confidentiel auquel personne n’avait accès à l’exception de Kelly et de son cher patron, mais il allait travailler dessus
activement. S’il découvrait le nom de ce mystérieux dirigeant, il comprendrait peut-être mieux le comportement de sa maîtresse et tous ces secrets autour de lui.
Mais pour le moment, il n’avait pas le temps de s’en occuper, il avait trop à faire avec la réception de fiançailles qui approchait à grands pas.

—–

    Oceany se regarda dans son miroir et sourit. Oliver avait beaucoup de goûts pour un petit garçon de 9 ans. Sa robe, d’un joli bleu pastel, était striée de
fils d’argent et lui permettait une assez grande liberté de mouvements grâce à la grande fente sur les côtés, mais surtout, il ne lui avait pas trouvé une affreuse robe meringue qu’elle détestait
et trouvait ridicule. Elle soigna sa coiffure en passant plus d’une heure à se faire de jolies anglaises et se maquilla légèrement, car elle ne comptait pas garder son masque toute la soirée, même
s’il était très joli. Argenté, il s’harmonisait bien avec la robe et présentait un visage rieur, ce qu’elle trouvait charmant. Elle s’assit sur son lit et resta un instant, les yeux dans le vague,
à considérer tout ce que cette soirée représentait pour elle. Elle allait se fiancer avec Marc dans quelques heures et le seul homme auquel elle ne cessait de penser, c’était Ethan. Elle avait hâte
de le revoir, même s’ils ne pourraient pas être seuls durant toute la soirée. Rien qu’être près de lui, ça lui suffisait pour être heureuse.
On frappa la porte et Oliver fit irruption dans la chambre dans sa tenue de lutin et sauta sur le lit, à côté de sa sœur.
« Alors, il te plaît, ton costume ?
– Oui, tu as très bien choisi, je suis fière de toi. Tu sais que tu es très mignon en lutin ? Toutes les filles vont être amoureuses de toi, ce soir.
– Ah non ! Beurk ! Pas les filles ! Elles sont trop gnangnan !
– Gnangnan ? Tu trouves que je suis gnangnan ?
– Non, toi, tu es une grande, c’est pas pareil.
– Tu vas bientôt changer de discours, crois-moi !
– Dis, maman m’a dit que tu allais bientôt partir avec Mark, c’est vrai ? Parce que moi, je veux pas que tu partes !
– On verra, Oliver, on verra. »
Elle embrassa tendrement le front de son frère et le serra contre elle. Avec de la chance, s’ils agissaient tous à temps, elle n’aurait pas à se marier avec Mark, elle pourrait quitter cette
maudite ville et vivre avec ceux qu’elle aimait. Finalement, le bonheur, ce n’était pas le luxe et le faste, c’était juste mener une vie simple avec les siens.

—–

    « On ne peut pas y aller armés, on va se faire attraper ! »
Mai leva les yeux au ciel et soupira. Juan ne mettait vraiment aucune bonne volonté dans cette mission et rien ne l’exaspérait plus que celui qui faisait exprès de retarder les choses.
« Voyons, nous avons des invitations et ils sont minuscules, ces revolvers, ils tiennent dans la main ! De toute façon, on aura pas à s’en servir, c’est juste au cas où. On va bien s’amuser, tu vas
voir. J’ai hâte de voir la tête d’Oxford quand notre gâteau va lui exploser à la figure ! Avec les félicitations des rebelles !
– Je la sens mal, cette soirée, il va se passer quelque chose, j’en suis sûr. Je crois qu’on ferait mieux de tout annuler.
– Non, on n’annule rien ! Nous voulons montrer à tous ces élitaires que nous pouvons les atteindre sans problème et qu’ils prennent conscience qu’il y a un problème à Technopolis. Nous devons être
plus convaincant que leur propagande.
– Oui, je sais tout ça, ça fait vingt fois que tu me le répètes, mais je le sens mal quand même, c’est tout. Où sont Myo et Kirstie ?
– Ils se préparent. Tiens, mets-toi ça sur la figure.
– Qu’est ce que c’est que cette pâté blanche ?
– Du maquillage : c’est pour éviter qu’on remarque la couleur de nos peaux un peu trop colorées au goût de cette foutue ville. En plus, les gens ne pourront pas nous différencier et ne verront pas
que nous sommes quatre. »
Il soupira et commença à étaler la crème sur son visage. C’était tout simplement grotesque, mais Mai avait raison : même si les gens ne les détaillaient pas de la tête aux pieds, ils verraient bien
la couleur noire de Kirstie et comprendraient qu’ils étaient tous des rebelles. La jeune Noire arriva d’ailleurs à ce moment-là, vêtue de sa combinaison en latex qui la moulait parfaitement et
mettait en valeur ses formes féminines.
« Je me demande bien pourquoi je viens, commença-t-elle.
– Pour t’amuser avec nous. On va ridiculiser tous ces esclavagistes égocentriques, ça va être très chouette. Tu vas voir, tu vas adorer.
– Je trouve ça inutilement dangereux. Si on se fait attraper, c’est fini et je suis beaucoup plus exposée que vous. Mon masque ne couvre pas tout mon visage et ils vont bien voir que je suis noire,
et mes mains.
– Hop ! Voici des gants pour tes mains et voici de la crème pour ton visage, il sera encore plus blanc que blanc !
– Mai, je crois qu’on fait une erreur.
– Enfin quelqu’un qui est d’accord avec moi ! s’exclama Juan.
– Votre optimisme vous tuera, à tous les deux ! Il va y avoir des centaines de personnes, là-bas, comment pourront-ils nous reconnaître, c’est tout simplement impossible !
– Et tu n’as pas peur qu’ils fouillent la salle pour vérifier qu’il n’y a pas de rebelles quand le gâteau va exploser ? Si j’étais Oxford, c’est ce que je ferais.
– Et ton fils aura une superbe fin de fiançailles : une fouille en règle de chaque invité ! Je ne  crois pas que ce cher Bill veuille gâcher la fête de son fils.
– Oxford n’aime qu’une seule personne, à savoir, lui, intervint Kirstie. A mon avis, sa blessure d’amour propre sera plus forte que son amour paternel, j’en suis sûre.
– D’accord, on va préparer un plan de repli ! On va garer les motos sous les fenêtres du théâtre, comme ça, en cas de coup dur, on file. De toute façon, arrêtez de vous inquiéter, tout se passera
bien, j’en suis sûre. Et en cas de pépin, Oceany et Ethan pourront nous aider, alors relax. Bon, où est Myo ?
– Je suis là, mon trésor ! fit-il en apparaissant costumé et maquillé. Je te plais ?
– Et bien…arrête le maquillage, ça te va vraiment pas.
– Oh ! Femme cruelle qui me brise le cœur ! Bon, je vois que tout le monde est prêt, on va pouvoir partir. Parfait, pile dans les temps. Bon, Juan, tu pars avec Kirstie, moi, je voyage avec ma
charmante épouse.
– D’accord.
– Ca va aller, Juan ! dit Mai. Relaxe-toi, je sens que tout va bien se passer. Intuition féminine.
– Espérons que tu as un bon feeling. »

Je t’’aime

Par Gauthier

Petit être de chair qui illumine ma vie à chacun de tes sourires, sache que je t’aime plus que tout sur cette Terre. Tu es si fragile, si petit, si tendre, si beau, tu es le soleil qui illumine ma vie et celle de ta mère.

On a attendu ta venue en paniquant, saurions-nous faire ? Allons nous savoir nous occuper de ce petit bout ? Tant de questions que nous refusions de nous poser pendant que tu étais au chaud et que tu poussais tranquillement loin du tumulte de ce monde. Puis tu es venu, en avance, comme si tu étais pressé de vivre, pressé de nous rencontrer et de croquer la vie à pleine dent.

Aujourd’hui ça fait deux ans que tu es là. Deux ans déjà, que je n’ai pas vu passer, pour moi tu seras toujours ce petit bout de 2080g qu’une infirmière installa dans mes bras pour faire sa première sieste digestive alors que ta mère se remettait de ta venue au monde. Deux ans de bonheur, d’angoisse, de rire, de fatigue, de crise, de joi d’émerveillement. Ton premier sourire, ton premier rire, le premier objet que tu as attrapé, les premiers pas que tu as faits tout chancelant, le premier mot que tu as prononcé, la première fois que tu m’as parlé au téléphone, la première fois que tu m’as appelé papa !

Je ne suis pas ton père, de façon biologique en tout cas. Mais tu ne le connaîtras sûrement jamais, enfin pas tant que tu ne seras pas assez grand pour aller sonner à sa porte, parce que lui ne veut pas te connaître pour le moment. Mais je suis là, je t’aime, je te regarde grandir, je t’aide à comprendre ce monde qui t’émerveille tous les jours. Je t’aime petit bout.

Un jour, ta maman va se marier et tu auras un papa à domicile qui t’aimera autant que moi, mais je serais toujours là, pas loin. Tu as un parrain pour faire tout ce que ta maman t’interdit de faire, pour partir en vacances, pour profiter encore plus de la vie. Tu es mon petit bonheur.

Un jour, j’aurai un fils ou une fille qui vivra avec moi, je l’aimerais de tout me cœur. Mais je ne cesserai jamais de t’aimer toi qui n’es pas avec moi tout le temps, toi qui a déjà une famille, toi que je ne peux pas élever.

Alors je te souhaite un joyeux anniversaire, je te souhaite de continuer à grandir aussi bien, je te souhaite de profiter de la vie en étant en bonne santé. Tu es heureux petit homme, ça se voit, et je continuerai à contribuer à ce bonheur à ma façon, à mon niveau. Un jour tu deviendras un homme, tu combleras de bonheur ta maman, tes grands parents, et moi-même, et à ce moment-là je regarderai par-dessus mon épaule et je serai fier de tout ce qu’on a accompli ensemble.

Je t’aime petit bout, continue de faire le bonheur de toutes les personnes qui t’entourent. Tu es la plus belle chose qui nous soit arrivée.

La famille, y a que ça de vrai

Cette semaine, je suis chez mes parents et ce jusqu’au 26 juillet. Pas vraiment des vacances puisque je dois bosser mais je suis quand même à la campagne avec Kenya, je peux faire des pauses piscine, tout va bien. Si je suis rentrée pour le 15 juillet, c’est pas pour voir le feu d’artifice en direct de ma ville natale (je suis même pas allée le voir) mais pour assister à la grande réunion de famille qui eut lieu chez moi samedi. Voici donc une petite chronique de la vie de la famille Parmentier (côté maternel, donc).

guepard 

Ils étaient presque tous là. Mes trois tantes, quatre cousins-cousines, quatre compagnons, une sœur et un presque frère. En tout, nous voilà dix-sept. Qu’allons-nous fêter ? Officiellement, la retraite de tante n°1 qui après trente ans de bons et loyaux services au sein de l’Education Nationale prend une retraite anticipée mais méritée. En fait, pour l’occasion, ses trois enfants (cousine, cousin 1 et cousin 2) ainsi que la chérie de cousin 2 lui ont fait un cadeau. Mais on fête aussi les 18 ans de cousin 3 et son bac, par la même occasion, sans parler des fêtes de tante 2 (et tante 3, décédée) et l’anniversaire prochain de tante 4. On aime bien cumuler. En fait, il ne manquait que cousine 2 et ses trois gamins (dont un que j’ai jamais vu) et cousin 4 et sa copine enceinte jusqu’aux yeux. Mais nous sommes plutôt en froid avec cette partie de la famille, ils n’ont même pas été conviés.

Tout le monde arrive vers 19h, tout est prêt : les tables dressées, la bouffe fraîche (oui, il fait 35e degré ici donc pour la raclette, on repassera. Oncle 1 commence à m’entreprendre et on refait le monde, comme à notre habitude. Il faut savoir que dans la famille, ils sont tous à droite sauf oncle 1, donc, cousin 3 et tante 2, je suppose. Tante 4 était à gauche aussi avant mais il paraît qu’elle ne l’est plus. Ma mère m’a expliqué que tante 4 avait voté Le Pen en 2002, j’avoue que je me suis prise une sacrée claque, j’ai du mal à y croire. Je me souviens, il y a quelques années, tante 4 était partie de chez moi en claquant la porte après une conversation très houleuse avec ma mère sur le sujet. Merde alors… Bon, bref. Lors du dernier repas de famille, nous avions découvert Aglaé, la chérie de cousin 2 (une Bretonne, c’est fou cette passion pour nos amis aux chapeaux ronds). Elle est toujours là, parfaitement intégrée à la famille tout comme Anthony, la tendre moitié de ma soeur et Yohann, mon presque frère. En son temps, Guillaume 1er avait aussi trouvé sa place. Bref, dans ma famille, on accueille gentiment les nouveaux arrivants. Cette année encore, il y en a eu un ! Pas le fiancée de cousine ou le mien, vu qu’on n’en a pas, ni le compagnon de cousin 1 puisqu’il viennent de se séparer, pas plus que le petit copain de cousin 3, ma grand-mère ne sachant pas que celui-là aussi est homo. Elle l’a un peu mal pris pour cousin 1 alors on va peut-être pas lui dire pour le petit dernier. Il faut savoir que cousin 3 est né en juillet 88, à peine deux mois après le décès inattendu de mon oncle, mari de tante 1. Donc, forcément, cousin 3, il a été extrêmement choyé, c’est un peu le chouchou de tout le monde. Si on dit à la mamie que cousin 3 est gay et qu’il s’installe à la rentrée avec son copain (oui, il est super précoce), ça va la tuer. Donc ce n’est pas du côté des cousins qu’il faut chercher le nouvel arrivant mais du côté des tantes : tante 2 nous a enfin présenté son compagnon ! Ça fait dix ans qu’ils sont ensembles mais elle nous l’avait jamais présenté car « ce n’était pas le bon ». Bon, finalement, elle a dû changer d’avis. Il est très sympathique, un look à la Bernard Lavilliers (cheveux un peu long, boucle d’oreille, chemise blanche en lin…).

 

Bon, tout le monde est là, on attaque l’apéro : soupe de champagne et cakes. Bon, il fait très chaud donc je tape un peu beaucoup dans la soupe au champagne, genre quatre coupes à moi toute seule, je commence à rire. On passe à table, oncle 1 tape l’incruste parmi les jeunes. Avant de dîner, on fait les discours. Ma mamie adresse un message à chacune de ses filles, sans oublier tante 3 qui n’est donc plus parmi nous depuis trois ans, maintenant. Sobre mais émouvant. Vient ensuite la lettre écrite par les enfants de tante 1 et par Aglaé, une lettre très émouvante qui fait pleurer ma mère. Alice et moi, on fait les fières mais on a un peu la boule dans la gorge aussi. Si c’est cousin 2 qui l’a lue, c’est que les trois autres n’en auraient pas été capables sans pleurer, Aglaé écrase aussi une petite larme. Oui, dans ma famille, on est super sensibles. Avec le discours, il y a un cadeau, donc : un voyage en Egypte. Tante 1 remercie et là, tante 2 lui dit : « Il faut que je te dise un truc. Pendant ton voyage, tu partageras ta cabine avec moi. » Et là, tante 1, 55 ans, prof de son état, se met à sauter partout et à trépigner comme une petite fille ivre de joie. Ma mère rajoute : « oui et tu devras nous supporter tous les deux » en parlant de mon père et elle. Re-trépignements de joie. Bref, c’est le bonheur. Ma grand-mère n’est pas super rassurée de voir trois de ses quatre filles restantes partir ensemble dans un pays arabe au vu de la conjoncture actuelle mais bon…

Bref, le dîner se passe plutôt bien, oncle 1 entreprend Yohann sur le sujet de la religion : les deux ont des avis fondamentalement opposés mais tout reste cordial. Alice et moi buvons tranquillement du rosé et du champagne. Autant vous dire qu’à la fin du repas, on rigole joyeusement. Tout le monde discute avec tout le monde puis à minuit, tout le monde file, reste la famille Bartoldi, Yohann et Anthony. Ma sœur décide que c’est l’heure de faire des photos donc elle y va gaiement. Elle nous impose une séance de photos : tous les 6 ensemble (ça dure trois plombes), ma mère, elle et moi, Yohann et Anthony, Yohann et elle, mon père, elle et moi… Elle nous prend en photo pendant qu’on fait la vaisselle. Oui parce que j’ai beau être saoule, j’essuie les assiettes avec Anthony et même pas j’en ai cassée une.

Bref, le lendemain, ma mère expliqua à ma mamie : « Ahlala, mes deux filles étaient pilos (ouais, ma mère parle djeuns, des fois), y en a une qui arrêtait pas de parler et l’autre qui n’arrêtait pas de prendre des photos. » Ben crois-le si tu veux, lecteur, mais ma mamie a deviné de suite laquelle avait fait quoi.
 
En somme, une petite réunion de famille comme il en existe tant, des gens liés par le sang (ou par alliance) qui se donnent des nouvelles, confrontent leur vision des choses, se racontent des blagues ou des anecdotes. Rien d’exceptionnel… Mais ça fait vraiment du bien.

Qu’il est beau ce mur…

Par Mister Big

La spécialité maison des vingtenaires, outre la brouette, bien entendu, semble être le mur. J’explique. Le mur, ce n’est pas qu’un ouvrage de maçonnerie, c’est aussi un style de vie. Comparons nos petites vies à un voyage en voiture. On roule, on roule, des fois on crève, des fois on fait des excès de vitesse, on a des pannes sèches, le moteur a des ratés, etc etc… Mais en ce qui concerne les étapes sentimentales de nos existences tourmentées, on parlera plutôt de « murs plantés au beau milieu de la route ». On est dans nos petites zautomobiles, peinards, on ne demande rien à personne, et là surgit un mur au beau milieu du chemin ! On le voit, on sait qu’on va se le manger, et qu’est-ce qu’on fait ? On freine des deux pieds ? Que nenni ! Bien au contraire ! On se dresse les deux pieds sur l’accélérateur et on tourne bien le volant histoire de pas le louper, ce mur ! Masochisme, quand tu nous tiens…


Et, scoop pour certains, questions d’habitude pour les autres, en ce moment, il y a une émergence aigue de murs dans le monde des vingtenaires ! Que ce soit, Gauthier, Nina, Océane, votre serviteur, etc… on est tous en train d’investir dans le parpaing !

Je viens d’avoir Océane au téléphone, et on en a justement déduit que la chanson de l’été 2006 des vingtenaires sera « Another Brick » !

 

Gauthier a ses « moumours », moi j’ai mon « mumur » en ce moment.

Il est beau comme un cœur, gentil comme pas permis (je viens de passer une semaine malade comme un chien et il a joué les garde malade à la perfection !), intelligent, fou juste ce qu’il faut pour que ça colle entre nous ; dans un lit, je ne dirai qu’une chose : perfect ! (et encore, il vous dira que je n’ai pas eu droit à tout l’étalage de ses talents ! L’inverse est vrai, aussi, d’ailleurs…), on passe des soirées entière à parler de tout et de rien (ça change du couple : « heu… on fait quoi ? » « ben… heu… » qui finit par légumer devant un film ou par baiser car il n’a rien à se dire !), il est hyperactif à sa façon, donc il passerait son temps à faire du rangement, la vaisselle, etc (un parfait petit homme d’intérieur !)… Je pourrais passer des paragraphes entiers pour vous dire à quel point il est parfait ! Alors, où sont les briques, me direz-vous ? Ben il faut que je tombe sur cette perle rare, ce petit diamant à l’état brut, juste maintenant, tandis que ce charmant polyglotte doit filer pour ses études en septembre à Londres pour 1 an ! Et quand je dis 1an, c’est bien 12 mois, pas une « année scolaire » qui démarre en octobre et qui finit en mai ! Pourquoi tant de haine ? Pourquoi mettre ce mec si parfait sur ma route si c’est pour me le retirer à peine rencontré ???

 

Je ne vous parlerai pas des murs de Gauthier, Nina et Océane (ce sont les premiers qui me viennent à l’esprit, là) car ce n’est pas à moi de le faire et parce qu’ils ont le droit de se planter dans l’intimité, mais on est au moins 4 à voir notre été partir en sucette à cause de ça !

Et surtout, tous autant qu’on est, on est conscients de foncer droit dans ces murs ! Faut-il y voir un côté masochiste ou est-ce plutôt un espoir, une croyance incontrôlable, qui nous pousse à « tenter le tout pour le tout » même si on est presque sur de se planter à l’arriver ? Au grand jeu des relations humaines, certains restent désespérément pessimistes et n’osent même plus prendre de risque. A quoi bon ? Encore se faire mal ? Encore mettre des mois à ramasser les morceaux de nos egos éparpillés par le dernier mec qui nous aura jeté ? Personnellement, je le vois, le mur, mais à quoi bon l’éviter ? Si jamais je braque, là, je passerai à côté, et après ? Des regrets… car même si on évite ce mur par anticipation, on en gardera que ça : « et si ça avait été le bon ?  Et si, malgré tout, je ne m’étais pas planté ? » et ça finirait par m’aigrir, me dessécher… Et nous sommes comme ça, chez les vingtenaires : masochistes de la vie ! Mieux vaut souffrir d’être vivants que ne pas souffrir mais ne pas tout à fait vivre…

Ne pas coucher le premier soir : le défi ?

Un vendredi soir de février, à Toulouse, petites heures de la nuit, je suis en boîte avec Lucie, nous sommes un peu éméchées (enfin, c’est un doux euphémisme me concernant, je suis morte poule). Après s’être dit 100 fois que nous nous aimions, que nous étions merveilleuses et que nous étions fières de l’autre, nous voilà à parler des hommes et là, Lucie me fait une suggestion : et si la prochaine fois, j’attendais avant de sauter le pas ?

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Suggestion intéressante qui mérite réflexion. Jusqu’à présent, je n’ai jamais attendu, sauf avec Arnaud (et pas par choix) et, à l’arrivée, ça ne m’a pas porté bonheur. Ici, la question n’est pas celle du bien ou du mal de coucher le premier soir, mon avis sur la question n’a absolument pas changé sur le sujet. Je reste persuadée qu’un connard reste un connard, qu’on lui cède dès le départ ou un peu plus tard. A la limite, retarder la brouette avec un type qui ne veut que me sauter ne retardera que l’échéance : s’il ne veut que ça, il me larguera dès qu’il aura eu ce qu’il voulait, au bout d’une nuit, d’une semaine ou d’un mois, rien ne changera. Si tous les mecs qui acceptent d’attendre un peu pour consommer étaient tous des mecs bien, ça se saurait.

L’idée n’est pas là. Ce que me suggérait Lucie, c’était plutôt de créer une intimité avec la personne, d’apprendre à se connaître avant de consommer. Ne pas coucher le premier soir n’interdit pas l’érotisme, à mon sens, bien au contraire. Découvrir le corps de l’autre à fond, ce qui le fait réagir, ce qui lui plaît, ce qui me plaît, en voilà un défi intéressant. Dormir ensemble, l’un contre l’autre, nus comme des vers, se caresser sans aller jusqu’au bout… Pourquoi ne tenterais-je pas le coup ? Après tout, pourquoi ne pas pousser le jeu érotique jusqu’à attendre pour le coït ? Il arrivera quand il arrivera, pas non plus la peine de le programmer. En amour, pas de calculs, on va pas se dire : on passe trois nuits ensemble et la quatrième, brouette !
 

En fait, le principe serait le suivant : plutôt que de tout donner de suite, on fait monter la pression, on se découvre, on se chauffe, on s’excite… puis on refait baisser la tension pour mieux savourer les prochains jeux érotiques, le tout jusqu’à ce qu’on en puisse plus. C’est un peu comme un feu d’artifice : ça part fort puis tout à coup, on a droit à trois fusées merdiques avec une voix qui nous raconte l’histoire de la révolution puis à nouveau de belles explosions, un truc pourri et enfin, le bouquet final qui nous émerveille.

 Effectivement, cette perspective me séduit mais je me pose une question corollaire : en suis-je capable ? Question qui peut paraître surprenante mais franchement, quand je suis lancée, j’ai du mal à m’arrêter. Est-ce que terminer des câlins coquins par une nuit sans sexe n’est-il pas trop frustrant pour moi ? Si je regarde mon passé sexuel, je n’ai jamais su résister à la tentation de la brouette immédiate, je n’ai jamais fait l’effort d’ailleurs. Le problème, c’est que les baisers et les caresses me rendent complètement folles, mes hormones sont au plafond et je serais totalement incapable d’arrêter les ébats à ce point pour « me préserver ». Mais si c’était le monsieur qui disait stop ?
 

Bon, allez, hop, imaginons. Me voilà avec Sagamore, mon nouveau petit ami, nous nous sommes échangés notre premier baiser sur le pont St Michel (oui ben quoi, j’imagine ce que je veux) et nous voilà à l’intimité de son appartement ou du mien. Ca dépendra où est domicilié Sagamore, on dira. Donc nous voilà chez lui, nous sommes en train d’échanger nos fluides salivaires sur le canapé (voire pire, sur le lit), nos mains sont très baladeuses, je commence à pousser des gémissement et des soupirs d’excitation et là, Sagamore me fait : « écoute, chérie, j’ai envie d’attendre un peu pour passer à la vitesse supérieure. » Et alors là, je fais quoi ? Ben, j’en sais rien. Selon le ton qu’il adopte, faudrait voir à ce que je sois pas vexée… Mais bon, si c’est dit avec une voix suave et des yeux qui me dévorent… Ok, j’accepte.

En fait, la dernière fois, avec Alex, il était question de ne rien faire le premier soir pour des questions que nous qualifierons de techniques. Bon, ça fait un peu un mois qu’on crève d’envie de se voir donc forcément, une fois chez moi, on commence à s’embrasser et à se dévêtir un peu. C’est qu’il fait chaud au mois de mai à Paris… Donc, au bout d’une heure de frottis-frotta intensifs, les questions techniques sont passées tellement au second plan qu’on les a oubliées et qu’on a passé une bonne partie de la nuit à faire l’amour. Bon, de un, je regrette pas, de deux, Alex ne venant pas de Paris, il fallait profiter au maximum du temps qu’on avait ensemble. Mais bon, une fois de plus, je n’ai su résister à la tentation… Oui, bon, ok, je n’ai pas fait le moindre effort pour résister, pas le moindre petit « non » n’a été susurré.

Ça aussi, ça joue, le contexte : si le monsieur n’habite pas sur Paris et qu’on se voit peu, je vais pas retarder les échéances. Ça fait un peu un mois (ou plus) qu’on se parle sur MSN ou autre, on a eu le temps de se découvrir un peu. Pas physiquement, certes, mais un peu quand même. Alors comme on a pas le temps, on va pas s’amuser à le perdre.

Il y a des fois, ça me fait halluciner ma propre incapacité à résister à l’appel de la chair. Je ne me définis pas du tout comme une obsédée sexuelle, je pense avoir une sexualité normale avec mes fantasmes, mes trucs préférés, les trucs que j’aime pas (non, personne ne me touchera les pieds !), des périodes d’abstinence plus ou moins courte ou plus ou moins longues selon les périodes. Et ben j’en suis pas morte alors pourquoi dès qu’un mec me pelote un peu, j’arrive pas à résister, il faut aller à tout prix jusqu’au bout ? D’un autre côté, pourquoi se torturer ? Si je veux pas coucher avec un mec le premier soir, j’ai qu’à éviter de le ramener chez moi ou de le suivre chez lui, ce sera plus simple.