Par Mister Big
La spécialité maison des vingtenaires, outre la brouette, bien entendu, semble être le mur. J’explique. Le mur, ce n’est pas qu’un ouvrage de maçonnerie, c’est aussi un style de vie. Comparons nos petites vies à un voyage en voiture. On roule, on roule, des fois on crève, des fois on fait des excès de vitesse, on a des pannes sèches, le moteur a des ratés, etc etc… Mais en ce qui concerne les étapes sentimentales de nos existences tourmentées, on parlera plutôt de « murs plantés au beau milieu de la route ». On est dans nos petites zautomobiles, peinards, on ne demande rien à personne, et là surgit un mur au beau milieu du chemin ! On le voit, on sait qu’on va se le manger, et qu’est-ce qu’on fait ? On freine des deux pieds ? Que nenni ! Bien au contraire ! On se dresse les deux pieds sur l’accélérateur et on tourne bien le volant histoire de pas le louper, ce mur ! Masochisme, quand tu nous tiens…

Et, scoop pour certains, questions d’habitude pour les autres, en ce moment, il y a une émergence aigue de murs dans le monde des vingtenaires ! Que ce soit, Gauthier, Nina, Océane, votre serviteur, etc… on est tous en train d’investir dans le parpaing !
Je viens d’avoir Océane au téléphone, et on en a justement déduit que la chanson de l’été 2006 des vingtenaires sera « Another Brick » !
Gauthier a ses « moumours », moi j’ai mon « mumur » en ce moment.
Il est beau comme un cœur, gentil comme pas permis (je viens de passer une semaine malade comme un chien et il a joué les garde malade à la perfection !), intelligent, fou juste ce qu’il faut pour que ça colle entre nous ; dans un lit, je ne dirai qu’une chose : perfect ! (et encore, il vous dira que je n’ai pas eu droit à tout l’étalage de ses talents ! L’inverse est vrai, aussi, d’ailleurs…), on passe des soirées entière à parler de tout et de rien (ça change du couple : « heu… on fait quoi ? » « ben… heu… » qui finit par légumer devant un film ou par baiser car il n’a rien à se dire !), il est hyperactif à sa façon, donc il passerait son temps à faire du rangement, la vaisselle, etc (un parfait petit homme d’intérieur !)… Je pourrais passer des paragraphes entiers pour vous dire à quel point il est parfait ! Alors, où sont les briques, me direz-vous ? Ben il faut que je tombe sur cette perle rare, ce petit diamant à l’état brut, juste maintenant, tandis que ce charmant polyglotte doit filer pour ses études en septembre à Londres pour 1 an ! Et quand je dis 1an, c’est bien 12 mois, pas une « année scolaire » qui démarre en octobre et qui finit en mai ! Pourquoi tant de haine ? Pourquoi mettre ce mec si parfait sur ma route si c’est pour me le retirer à peine rencontré ???
Je ne vous parlerai pas des murs de Gauthier, Nina et Océane (ce sont les premiers qui me viennent à l’esprit, là) car ce n’est pas à moi de le faire et parce qu’ils ont le droit de se planter dans l’intimité, mais on est au moins 4 à voir notre été partir en sucette à cause de ça !
Et surtout, tous autant qu’on est, on est conscients de foncer droit dans ces murs ! Faut-il y voir un côté masochiste ou est-ce plutôt un espoir, une croyance incontrôlable, qui nous pousse à « tenter le tout pour le tout » même si on est presque sur de se planter à l’arriver ? Au grand jeu des relations humaines, certains restent désespérément pessimistes et n’osent même plus prendre de risque. A quoi bon ? Encore se faire mal ? Encore mettre des mois à ramasser les morceaux de nos egos éparpillés par le dernier mec qui nous aura jeté ? Personnellement, je le vois, le mur, mais à quoi bon l’éviter ? Si jamais je braque, là, je passerai à côté, et après ? Des regrets… car même si on évite ce mur par anticipation, on en gardera que ça : « et si ça avait été le bon ? Et si, malgré tout, je ne m’étais pas planté ? » et ça finirait par m’aigrir, me dessécher… Et nous sommes comme ça, chez les vingtenaires : masochistes de la vie ! Mieux vaut souffrir d’être vivants que ne pas souffrir mais ne pas tout à fait vivre…