Stranger in the night

Bon, je vais pas commencer mon article par mon traditionnel « la vie est parfois pleine de surprises » mais quand même, faut avouer que des fois, on a de jolis cadeaux auxquels on s’attendait pas.

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Il y a une dizaine de jours, je reçois un mail d’un dénommé Cyril me demandant si mon adresse mail était toujours valide, je lui réponds un « Oui mais je sais pas du tout qui tu es ! ». Bon, on commence à dialoguer un peu et à se présenter. On accroche plutôt bien, je le trouve pas mal intéressant, d’autant que nos métiers sont assez proches. Le soir, on s’échange de courts mails, plutôt que de passer par MSN, on trouve ça plus marrant. Oui parce qu’on est aussi joueurs l’un que l’autre. On balance quelques sous-entendus de temps en temps mais toujours dans une optique de jeu. Au bout d’une semaine, soit vendredi, on se connecte rapidement sur MSN pour voir nos trombines. A ben tiens, voilà le jeu qui se pimente. Je savais qu’il était métis mais je le trouve pas très typé, du moins en photo. On reprend nos conversations par mail puis il m’abandonne pour aller à ses 3 soirées (ouais, 3 !).

 

Le lendemain, on se retrouve par mail, on discute de tout et de rien, comme d’habitude. Je suis d’assez mauvaise humeur mais bon, il n’en fait pas les frais, rassurez-vous. Au détour d’une phrase, il m’explique qu’il a pas mal récupéré et qu’il est d’attaque pour sortir le soir. Heu, c’est une proposition ? Bon, finalement, on décide de se retrouver dans son quartier vers 22h. Ca tombe bien, j’ai grand besoin de le changer les idées. J’arrive donc à l’heure dite au métro et je vois arriver un petit brun assez mat de peau débarquer. Dans ma tête, je me dis un merveilleux et poétique : « Oh la vache, le canon ! ». Bon, forcément, un petit brun pas rasé de près, de suite, ça me fait craquer, même sans lunettes. Il m’emmène dans un bar que je connaissais pas, très sympa, la petite serveuse est adorable. On commande un premier cocktail puis deux, je suis un peu pompette mais je passe une délicieuse soirée. On a pas mal de choses à se raconter et Cyril a un sourire qui me fait totalement fondre. A minuit, il me demande si je veux rentrer ou aller boire un dernier verre chez lui, vu qu’il habite à côté. La musique était un peu trop forte sur la fin et on avait du mal à s’entendre. Bon, je choisis la deuxième solution. Il essaie d’aller payer (ce fut épique), une quadra morte poule jette son dévolu sur lui, je suis morte de rire. Bon, ok, j’étais un peu pompette mais elle était déchaînée la nana.

 

Bon on marche cinq minutes et on se retrouve devant chez lui, il me demande une nouvelle fois si je veux monter tout en me précisant qu’il me raccompagnera au métro après… Me voici donc en présence de deux messages contradictoires mais bon, vu qu’on s’entend bien, même si je dois repartir après, je monte. Quelques étages à pied plus tard (damned !), on rentre dans son appart, une petite merveille ! Grand avec deux cheminées (condamnées certes mais moi, j’en ai même pas une !). Il me sert un verre et on s’assoit sur un canapé d’angle, assez loin l’un de l’autre. Bon, ben, je crois que je prendrai le dernier métro… Mais on continue à discuter de tout et de rien, je me sens super bien et j’ai pas envie de rentrer. A un moment, il s’éclipse dans une pièce intime de son appart et là, je mets les turbines à fond. Faut que je tente un truc… Au pire, je prendrai un vent mais au moins, j’aurai essayé. Bon, il revient, on reprend la conversation et alors que je m’extasie sur son appart, il se penche vers moi et m’embrasse. Bon, on flirte un petit moment sur le canapé, on se débarrasse de nos t-shirts et là, je découvre à quel point sa peau est douce, c’est impressionnant. On finit par se rapatrier dans sa chambre, on poursuit notre effeuillage quand il me fait une terrible révélation : il n’a pas de préservatif. Et là, on applaudit très fort Gauthier qui truffe toujours mon sac de capotes quand on va dans une boîte gay. Merci, merci, moumour !

Bon, je vous passe les détails de ce qui suit. Ensuite, on reprend la conversation, on compare la couleur de nos peaux. Alors déjà que je parais blanche en temps normal, là, la différence est impressionnante. On se montre nos cicatrices (enfin surtout les siennes, moi, j’en ai presque pas, j’étais pas casse-cou étant gamine), on parle de nos vies amoureuses respectives… Il m’avoue qu’il n’avait aucune arrière-pensées quand il m’a fait monter chez lui, il pensait juste qu’on prendrait un verre tous les deux et basta… Le pauvre, il est épuisé, à 3h, on décidé d’éteindre la lumière mais finalement, on ne s’endort qu’une heure plus tard (héhéhé !). Ah, cette peau sous mes doigts, c’est super agréable et puis il sent bon en plus.

 

Le lendemain matin, on se réveille vers 10h30, on partage un café puis il me raccompagne jusqu’au métro. Là, il me fait la bise, ce qui m’étonne et il m’explique qu’au vu de sa situation amoureuse (bon, je vous rassure, il est quand même célibataire), il est un peu mal à l’aise mais je comprends. De toute façon, on convient tous les deux que nous avons passé une délicieuse soirée et nous n’avons aucun regret. Dimanche soir, on a repris nos conversations habituelles par mail, notre nuit n’a pas nui à notre bonne entente et c’est tout ce qui compte. De toute façon, au vu de sa situation (que je n’expliquerai pas parce que c’est sa vie et pas la mienne), ça aurait été clairement casse-gueule de tenter plus qu’une amitié. Et puis, cette nuit sera un bon souvenir, du moins pour moi.

 

En attendant, mon nouvel objectif est de le convaincre d’accepter la coloc qu’on lui a proposé pour pouvoir récupérer son appartement ! (on sait jamais, j’aurai peut-être un jour les moyens !)

 

Ma rentrée des classes

Par Tatiana 

C’est après quasiment un an et demi de non scolarisation que je reprends le chemin des cours. Cette année (l’ultime et dernière), je suis dans une école d’arts appliqués pour apprendre le graphisme. Comme certains le savent déjà, La semaine dernière j’ai eu ma prérentrée…Tout un poème. Deux heures de parlote du responsable de la filière (celui-là même qui m’a acceptée), pour nous détailler l’emploi du temps et plein d’autres trucs. J’ai pu m’inscrire à la sécu étudiante et avoir l’honneur de payer 189€ supplémentaires (comme si l’école était pas déjà assez chère). J’ai aussi appris que j’avais un test de typographie dès lundi 2 oct. MAIS J’EN AI JAMAIS FAIT MOI J’ETAIS PAS LA L’ANNEE DERNIERE !!!!! Heureusement j’ai récupéré les cours d’une nana et j’ai révisé ce que j’ai pu mais bon c’est pas le top non plus. Pareil, ils doivent rendre un rapport de stage mais moi j’ai pas fait de stage. Et la cerise sur le gâteau, il faut que je prépare un truc pour mercredi prochain, alors que j’ai aucune idée, snif ! Ca va qu’ils sont super cools dans l’école et que tout (ou presque) est négociable. Donc pas de prise de tête inutile on verra en temps voulu. Au niveau des gens qui composent ma classe, je n’ai pas pu me faire une opinion avec le peu de temps que je les ai vus. Ces deux heures ont juste servi à me coller une sacrée pression sur le dos avec un « comment je vais m’en sortir ».

La semaine est passée vite, on est déjà dimanche et je dois réviser le programme de l’année dernière. C’est chaud, très chaud. Les idées pour mon projet de mercredi sont minables. Bref, c’est la merde. J’ai pas réussi à m’endormir avant 1h du mat’ alors que j’étais quand même un peu fatiguée mais j’avais du boulot (avant même de commencer les cours).

Lundi, le jour J. Début des cours à 11h30 par le test sur les cours de l‘année dernière. La prof est toute gentille (méfions-nous ça doit cacher quelque chose), et elle me dit que c’est pas grave si je ne connais rien, je fais le test pour voir. J’espère juste qu’elle ne va pas trop me mettre une sale note. J’ai fait un truc à l’arrache totale. Sur la partie théorique ça allait plutôt mais le reste c’était du free style. Une petite pause et hop ! on attaque les choses sérieuses. Premier sujet de devoir à rendre. Je me plonge dedans direct et je jette une première idée, en esquisse sur une feuille. La prof la voit et me demande de lui présenter. Elle adhère et trouve que c’est plutôt une bonne idée. Tant mieux ! je peux tout de suite creuser le concept.

J’ai un peu plus parlé avec les gens, mais toujours rien de concluant. Je n’accroche avec personne en particulier. Il me faut encore un temps d’observation afin d’analyser tout ce petit monde. Mais quelques tendances se dessinent pourtant.

14h30 : c’est l’heure d’aller manger ! Je fonce à la maison car je n’ai qu’une heure et que je veux aller sur internet (oui il n’y a pas internet sur tous les postes informatique dans cette école c’est un peu naze). En plus il faut que j’achète des clopes car je n’en ai plus depuis samedi soir et que là j’ai besoin de fumer. Je mange, vais sur le net, consulte mes mails, achète mes clopes. Je suis dans les temps nickel. J’arrive à l’école, bizarre il n’y a personne devant. En même temps, c’est quasi l’heure du début du cours. J’arrive devant la salle, la porte est fermée. Là, ça craint grave. Je vérifie mon emploi du temps et bingo ! Tatiana elle a encore fait fort car elle s’est gourée dans l’horaire du cours. Il était à 15h le début ma fille ! J’ai pas envie de me taper l’affiche (oui il reste une demi heure de cours seulement) donc je ne rentre pas et je vais voir au secrétariat. Les filles me disent de voir avec la prof à la fin du cours. Je me sens quand même vraiment mal. Et en même temps c’est moi tout craché. A la fin du cours je vais voir la prof, et elle a pas l’air trop contrariée et me note présente au cours. Je m’inscris sur un groupe de travail au pif car il faut faire un truc en groupe la semaine prochaine.

Re pause et cours suivant (16h-19h). Le prof a l’air bien à l’ouest, surtout que je l’ai vu en panique juste avant quand j’attendais la fin du cours d’anglais. Et là, c’était l’enfer. La torture. Les trois pires heures de ma vie que ça fait longtemps que j’avais pas vécu un truc pareil. On a passé une heure et demie à regarder un poly sur un truc mortellement ennuyeux. Et ensuite il a voulu nous montrer des slides mais pas moyen de faire marcher le rétroprojecteur. A la fin tout le monde parlait c’était du n’importe quoi. Moi du coup, j’en ai profité pour parler avec ma voisine qui s’appelle Natacha. C’est la seule qui est venue vraiment vers moi sans que je lui parle et qui m’a demandé mon nom. Elle a l’air cool comme fille et je l’aime bien. J’espère que ma première impression sera la bonne. Maintenant je commence à cerner plus ou moins les gens (surtout les filles) et j’ai pu a peu près déterminer les groupes :

Les filles et les garçons ne se mélangent pas trop apparemment. Ca me rappelle vachement quand j’étais en DUT. On distingue plein de petits groupes avec des personnalités très différentes. Certains ont l’air d’être les gens « cools » de la classe, d’autres vivent leur vie tranquille sans rien demander. Mais tout le monde n’a pas l’air de s’entendre à merveille.

Une chose est sûre, moi je suis un peu l’intruse. Plein de personnes m’ont demandé si j’avais passé un entretien, montrer des travaux. Je me demande s’ils croient que j’ai fait l’objet d’un traitement de faveur. Mais j’espère bien que non ! J’ai envie de pouvoir penser que je suis ici parce que je le mérite. Enfin voilà ça y est, nouvelle année de boulot avant la vraie vie impitoyable du monde du travail.

Les au revoirs

Il y a un moment particulier que je déteste dans toute relation amoureuse : le moment où l’on doit se séparer. Je parle pas de rupture, non, mais bien du moment où chacun doit vaquer à ses occupations de son côté. Y a pas à dire, ça me fout franchement mal à l’aise.

 

De façon générale, je suis pas douée pour les aux revoirs. En gros, je ne sais jamais quand il faut quitter une personne. Si on part trop tôt, on passe pour une personne limite malpolie qui ne fait aucun effort pour cacher son ennui. Si on part trop tard, on passe pour le squatteur de service qui veut pas se retrouver tout seul chez lui. Heureusement, dans les grandes villes où je n’ai pas de voiture, les transports en commun imposent leurs horaires. Oui, je vous aime mais je préfère rentrer en métro qu’en taxi, on se revoit plus tard !

En amour (avec un petit ou un grand a), c’est encore pire, du moins à mes yeux. Je me souviens quand je sortais avec Arnaud, qui se levait à 6h du matin pour rentrer chez lui se doucher et se changer avant de partir au boulot. 6h, réveil sonne, 6h10, il est temps de se dire au revoir (oui, c’était un rapide mais pas dans tous les domaines, heureusement pour moi). Moi, totalement dans le pâté, je me forçais à me réveiller pour lui donner un baiser de départ mais je me demandais si j’étais pas trop froide. Pareil quand Alex est venu vivre quelques jours chez moi. Là, la situation était inversée puisque c’est moi qui partais travailler alors qu’il restait à la maison (quel couple moderne !). Donc je m’extirpais péniblement du lit, allais me préparer puis juste avant de partir, je le couvrais de baisers histoire de lui faire comprendre que je le quittais à regret mais pas trop quand même pour pas passer pour une folle hystérique.
Mais bon, j’avoue que j’aime pas quitter mon chéri (même si je ne supporterais pas de vivre 24h/24 avec sans rapidement péter les plombs, une de mes nombreuses contradictions). Je me souviens avec Guillaume, on se séparait de moins en moins vu qu’on vivait quasiment ensemble sur la fin mais c’était très ritualisé : trois baisers parce que « jamais deux sans trois » (oui, je sais mais quand on est amoureux, on peut parfois être très con). Par contre, le matin, monsieur se réveillait pas. Je me levais, je partais dans la salle de bain me préparer, je déjeunais, il dormait du sommeil du juste. Mais du coup, au moment de partir, dilemme : je le réveille pour lui dire au revoir ou je le laisse dormir ? Bon, je le réveillais car je trouvais ça triste de partir sans lui faire un bisou même si je revenais le midi.

Autre au revoir que je déteste viscéralement : ceux sur le quai de la gare. Comme tu le sais, lecteur, je suis un peu la pro des relations à distance donc les adieux sur le quai d’une gare, je connais. Avec Guillaume 2, je me souviens, on restait ensemble jusqu’à ce que le train parte. Sauf qu’entre la fermeture des portes et le départ effectif du train, il se passe une ou deux minutes pendant lesquelles on se sent très con. Je restais plantée sur mon quai à rien faire, n’osant me tirer pour pas passer pour la nana qui n’en a rien à foutre. Avec Pierre le pervers et Alex, récemment, ce fut différent. En gros « pars, ça sert à rien d’attendre que le train s’en aille et même, j’aime pas ça. »Donc après un ultime baiser, je me retrouve seule et j’hésite : je pars vraiment ou pas ? Bah, s’il me l’a demandé…

C’est sans doute un peu bizarre que je me pose des questions à ce sujet. Comme dirait le charmant jeune homme avec qui j’ai passé mon dimanche après-midi, c’est une question de convention. C’est vrai que, perso, quand je quitte mon chéri, j’ai tendance à l’embrasser comme une folle histoire de « faire le plein », si j’ose dire, histoire de pouvoir passer la journée sans être en manque. Mais voilà, cette avalanche de baisers n’est-elle pas « excessive » ? Pourtant, c’est amusant, je ne suis pas forcément très attentive à la façon dont
les mecs me disent au revoir. Je comprends pas pourquoi ce moment me fout à ce point mal à l’aise. Le « pire », je crois, c’était avec Guillaume III. On passe notre dernière soirée ensemble, je peux pas rester dormir donc je dois rentrer chez mes parents mais j’ose pas trop partir, je veux pas passer pour une sauvage (surtout qu’on passait une super soirée et que j’avais pas forcément envie de partir). Disons que je ne veux surtout pas envoyer le message « bon ben merci pour toutes ces brouettes, c’était sympa, rappelons-nous à l’occasion » parce que c’était pas ça.

 Bref, en fait, j’ai peur d’envoyer un message incontrôlé soit un « en fait, tu me fais chier, casse toi » ou un « je t’aiiiiiiiiiiime, marions-nous et ne nous

séparons plus jamais ». Psychopathe, moi ? Non, si peu !

Un dimanche d’automne

Ben, y a des jours, comme ça, on sait pas trop quoi raconter. Je rentre chez moi à 11h30 après une nuit fort agréable, je dois repartir à 14h30 pour un après-midi avec un jeune homme fort charmant, j’ai donc 3h pour écrire un texte (mais en fait, j’ai pris une douche entre temps donc 2h30, en fait) et… et… ben je sais pas trop de quoi parler.

 

Des idées d’articles du dimanche, j’en ai plein, faudra que je vous parle de Moravia (depuis le temps), de la série érotique de NT1 parce que c’est vraiment trop drôle, encore de politique, de la société, du journalisme, puis des trucs plus légers, aussi parce que fuck ! le dimanche, c’est pas fait pour être sérieux. J’avais aussi envisagé de faire une BD pour vous expliquer la relation particulière que j’entretiens avec mon chat… Genre là, j’écris en aveugle car elle se tient entre l’écran et moi (et j’ai même pas fait une faute !). Oui parce que Kenya est une créature jalouse de tout. De mon ordi (et vas-y que je m’installe sur ton bras gauche pour dormir), de mon lit (vas-y que je te dors dessus pour que tu aies conscience de ma présence), de mes toilettes (j’adore faire pipi avec le chat qui s’installe sur mes genoux) et même de ma valise (elle a vomi dessus, ça m’apprendra à ne pas défaire ma valise sitôt arrivée). Mais en fait, j’ai pas envie de dessiner aujourd’hui non plus.

Alors que faire ? Bon, ben commencer un article, comme ça, et voir où il aboutira. Là, j’ai quand même fait 20 lignes sur ma non-inspiration, tandis que Kenya s’attaque à Monica ma cravache, décidant que c’est top pour se faire les dents. Ah non, finalement, elle se met à cheval sur mon épaule en faisant ronron… Merde, je suis pas prête de le finir, ce non article.

Bon, si, je vais vous parler de buzz. Non, pas Buzz l’éclair ! Non, pas de drogue non plus ! Le buzz, c’est un truc marketing que ma sœur m’a expliqué (c’est un peu son métier). Prenons un exemple, ça ira de suite plus vite. Il y a quelques longs mois, apparaît un peu partout le mot « toutouyoutour ». Mais qu’est-ce ? Les gens cherchent sur Internet et tout et finalement, un jour, ils ont la réponse : c’est le truc du 118-218. Les publicitaires ont su créer une vraie attente et, mine de rien, le 118-218 est leader du marché. Bon, ok, ils sponsorisent Lost et la Star Ac donc ça doit aider, aussi…

Autre buzz, à propos de la Star Ac : la star hack. Quelques temps avant le début de cette merveilleuse émission (il y a une ironie dans ma phrase, la retrouveras-tu, lecteur ?), Internet est envahi par des pubs pour la star hack, à savoir des parodies de la star academy. On prend des vraies images de l’émission et on fait une post-synchro dessus, le tout orchestré par Arthur et ses amis. Dois-je rappeler qu’Arthur était encore il y a peu le directeur artistique (ou un truc comme ça) d’Endemol France… qui produit justement la Star Ac ? Ou comment reparler de l’émission avant même qu’elle n’ait commencé. En plus c’est super malin : il y a un site star hack avec les parodies de célébrités (Arthur, donc, Farrugia, Salomone… Certaines sont pas mal) mais en plus, tu peux faire toi-même ta parodie ! Bon, perso, la star ac, je l’ai pas du tout matée cette année. Enfin, si, l’autre soir parce que Tatiana voulait que je vois le gilet de Nikos qui était effectivement une insulte au bon goût… Je comprends même pas que les stylistes de la star ac se soient pas encore pris un procès, à défigurer les gens de la sorte ! Bon, du coup, j’ai pu voir un petit black rondouillet qui ressemble vachement à Turk dans Scrubs sauf que le gars de la star ac, je le soupçonne d’être plus attiré par JD
que par Carla… (je parle des persos de Scrubs, pas des candidats de la star ac). Mais bon, grâce à la Star Hack, je sais qu’il y a une blondinette qui joue de la guitare… je sais pas du tout qui
c’est mais j’ai conscience de son existence.

A propos de la star ac, jouons un peu les langues de pute, ça faisait longtemps. Figure-toi, lecteur, qu’un de mes anciens camarades de lycée a passé le casting, si, si ! Ce mec a un don hallucinant : partout où il passe, il n’est pas aimé. C’est dingue cette propension qu’il a à gaver les gens. Au lycée, tout le monde se foutait de sa gueule. Dans l’école de gestion où était ma sœur et où il a fini par atterrir, c’était pareil. Faut dire que ce mec est tout simplement puant. Fils unique d’un entrepreneur de ma ville, il pensait que l’argent pouvait tout acheter, y compris des amis. A l’école de ma sœur, il s’est isolé dès le départ, expliquant qu’il ne pouvait pas participer à la soirée d’intégration car sa copine devait se faire opérer d’urgence (le mec qui dit ça 15 jours avant la soirée, elle est pas si urgente que ça, l’opération…). Après, lors d’une autre soirée, il accepte de faire le DJ… à condition qu’il soit payé ! Evidemment, ses camarades se sont adressé à quelqu’un d’autre, un camarade qui acceptait de le faire gratos… Bref, en mai/juin, je reçois un mail d’Anne, un scan du journal local nous révélant que notre ami est en phase finale de la star ac. Info que je m’empresse de relayer à mon père et ma sœur. Cette dernière arrive à trouver la vidéo du casting du jeune homme et… comment dire ? Je comprends pourquoi il a pas été pris. D’abord, il chante une chanson de Marc Lavoine, je me sens si seul. Bon, quand je dis chanter, j’exagère, ça donne « mouaaaaaaa
mouaaaaaaaaa, mouaaaaaaaaaaa, je me sens si seul, tu me manques trop… ». En gros, il articulait tellement bien le couplet que je n’ai décelé aucun mot de langue française (ni étrangère
ou alors c’est une langue que je connais pas). Mais le meilleur, ce fut la danse ! Franchement, ça faisait « Charles-Edouard découvre les joies de la discothèque… han, ça pulse ! ». Bref, il est raide comme un piquet, ça le fait trop pas. Résultat, il ne sera pas dans la star ac (ce qui m’ôtait la seule raison que j’avais de regarder cette émission, à l’exception des gilets de Nikos).

Bon, voilà, j’ai écrit une page et demie word pour ne rien dire, j’ai quand même un talent inné pour remplir le vide… Mon stage étant officiellement fini depuis vendredi, je vais avoir un peu plus de temps à consacrer à ce blog donc promis, moins d’articles vides… Enfin, si mon nouveau projet ne me prend pas trop de temps !


Sinon, chez moi, ça pèle, l’été indien n’aura pas trop duré cette année…

Toi aussi, fais une interview

Bon, voilà, j’avais eu l’idée d’écrire une auto-interview mais comme je ne suis pas super inspirée pour ça, je te propose, lecteur, de me poser tes questions, j’y répondrai.

Ceci étant, je ne m’engage pas à répondre à toutes les questions. Tout ce qui touche à mon anonymat et celui des gens qui m’entourent, je ne répondrai pas (donc pas la peine de me demander mon vrai
prénom). Je ne répondrai pas non plus à des questions susceptibles de remuer la merde…

Alors, voilà, posez vos questions, j’y répondrai samedi prochain! 🙂 Si ça marche bien, les autres vingtenaires passeront, eux aussi, à la question!

Ni la nuit ni le jour

Ce devait être un été à Décathlon. Un été à 35 heures au lieu des 18 habituelles. Tout ça pour rattraper les « semaines à 0 », octroyées par mon boss pendant les partiels en Janvier et Juin. Un été à Paris sur la moquette, sous les néons.


« Bonjour Madame. Non Madame, je ne suis pas un vendeur, en fait j’ai piqué le gilet et je fais l’espion dans le magasin. Mais chut hein… Ca reste entre nous. »
« Bonjour Madame. Pardon ? Ah! Nooon! Non, voyez vous, si je suis vendeur tennis c’est justement parce que je n’y connais rien du tout : c’est plus sympa! Par contre si vous voulez un conseil en bilboquet… »

Ce genre de phrase, bien sûr, personne ne les dira jamais.

C’est le genre de phrase qui fait sourire alors qu’on boit son café, tout seul, en salle de pause.
Or, si une demoiselle rentre dans la pièce à ce moment là et voit un damoiseau, tout seul, de dos, en train de mimer une réponse crétine à une cliente imaginaire, eh bien là, on bascule, sans bruit, dans ce qu’on appelle un grand moment de solitude.

Pourtant, ce ridicule partagé, c’est aussi un premier élément de connivence : le mec pris sur le fait, la nana rigolarde, cette complicité… Certains esprits futés auront déjà compris où je veux les emmener ; ils diront sûrement, sarcastiques : « Eh oui Lucas, c’est de ce ciment là dont on fait les plus jolis murs… »

Mais n’anticipons pas.

Gaëlle était futée et des le premier regard elle a lu en moi. Les filles ont cette décence infinie qui leur permet, quand elles le veulent, de rester stoïques, de ne pas s’offusquer ou de ne pas sourire quand elles lisent le désir dans les yeux d’un homme. Pour autant, à cet instant précis c’était plutôt une fascination. Vous savez… un je ne sais quoi, une présence ; quelque chose d’attirant qui n’a rien à voir avec la plastique, la beauté ou le charme.

Notre petite discussion fut courte. Un intérêt pour la personne en face, une exigence envers l’autre dans l’échange, des références communes : le temps de fumer sa clope, nous savions déjà que nous allions être proche. Le temps de fumer sa clope, nous avions déjà les cendres de notre relation.

Je crois que c’est elle qui l’a compris la première car elle a fait un sourire contrit avant de clôturer la pause en m’expliquant sa presence : étudiante en beaux arts à Rennes, venue travailler à Paris le temps d’un été pour gagner peu et voir beaucoup : musées, expos, architectures, attitudes, amospheres… Tout ça avant de partir, deux ans, à Buenos Aires.

Deux ans…

Pendant deux mois,
Nous avons discuté, beaucoup. Joué sur les mots, un peu. Echangé, plein de choses ; sûrement trop.
Nous avons partagé,
Des promenades, des avis, des rires; de cruelles moqueries sur des inconnus, des rues traversées en courant parce que le petit bonhomme était rouge ; de belles émotions, à Beaubourg ou aux concerts du Parc Floral, allongés dans l’herbe.  Nous avons eu de ces moments magiques. Mais oui , vous savez… Quand on dit que « les grands esprits se rencontrent » en réprimant un sourire, tout étonnés et ravis de se découvrir une tournure d’esprit identique et…
Bref, nous étions bien ensemble.
Mais aucun des deux n’était dupe.

Nous avons chacun laissé monter en nous ce sentiment amoureux, naissant. Nous n’avons rien dit mais tout était clair. Dans nos regards, nos silences, les sourires amusés des gens qui nous observaient. Oui, le mur approchait mais nous n’y pensions pas. Où plutôt, je crois que nous ne voulions pas y penser. Que peut-on faire quand au matin, au réveil,  l’une des premières images qui vient en tête c’est une jeune femme cachée derrière son carton à dessin ???

Je l’ai ramené maintes fois chez elle en voiture. A chaque fois, je prenais les devants, la quittant comme un eunuque, sans lui laisser le temps de proposer un dernier verre chez elle. Et elle en souriait. Elle savait, elle aussi, que dans certaines nuits câlines la tendresse partagée est un catalyseur de sentiments plus forts, un accélérateur de sentiments. Nous roulions déjà tellement vite.

C’est elle qui a craqué le dernier jour sur le quai du RER. Elle était assise en tailleur sur son siège RATP, le regard flou. Elle m’a souri, s’est levé et elle m’a demandé : « tu crois qu’on a eu tort ? »

Je n’ai pas répondu, j’ai souri, je me suis mordu la lèvre. Et puis je l’ai serré très fort dans mes bras, en pleurant.

4e semaine à la vingtenaire academy

Une fois de plus, un candidat ne m’a pas rendu sa copie et se retrouve donc éliminé. Au revoir Lucas 22!

On continue cette semaine avec les articles sur les « murs ». Bon, ben, c’est pas forcément drôle mais un vingtenaire n’a pas toujours la vie rose.

Pour découvrir la prose de vos candidats préférés, allez là :

http://vingtenaire.academy.over-blog.com

Sea, sex and moto

Comme tu le sais lecteur, ce week-end, je n’étais pas là. J’étais loin, quelque part dans le sud ouest pour un petit week-end qui m’a fait un bien fou. Ma vie parisienne me saoule un peu en ce moment donc partir deux jours loin, en me déconnectant du reste du monde, ça vous repose une Nina.

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Vendredi, 17h30, je peste contre tous ces foutus Parisiens qui ont décide de partir en même temps que moi. En fait, c’est pas qu’ils partent en même temps que moi qui m’énerve, c’est leur propension à se planter pile en plein milieu, empêchant quiconque de passer. Bon, je pose mon divin fessier dans le train et c’est parti. Un peu (beaucoup) plus tard, j’arrive à destination et là, c’est le jeu : « toi aussi, retrouve ton hôte sur le quai de la gare alors que t’as même pas tes lunettes. » Evidemment, je sors du quai d’un côté, il rentre de l’autre et après avoir un peu tourné (et s’être appelés), on finit par se retrouver. Me voici donc parti pour un week-end avec Olivier, trentenaire, motard et homme fascinant. On se parle par MSN et téléphone depuis deux mois, autant vous dire que j’avais vraiment hâte de le voir. Il m’embarque dans sa voiture et m’emmène dans sa maison. Une baraque à son image : unique en son genre et bourrée de charme, je me sens de suite comme chez moi. On prend l’apéro en discutant, on s’embrasse un peu puis on file au resto. En moto, ouais ! En fait, ils ont annoncé un mauvais temps tout le week-end donc on se précipite sur le deux-roues car c’est pas sûr qu’on puisse en refaire par la suite. On file à toute vitesse, je m’accroche fort à lui, j’adore. Sur une moto, on se sent si libre, tout notre corps est caressé par le vent, c’est vraiment une sensation que j’adore. Surtout que de la moto, ça faisait un an que j’en avais pas fait.

 

On se fait un petit jap’ tranquille. Puis on a fait un petit tour en ville avant de rentrer à la maison se prendre un petit verre et se coucher. Bon, évidemment, deux adultes consentants dans un même lit, nous n’avons pas fait que dormir mais quand même un peu. Et franchement, les hommes d’expérience, c’est quand même vachement bien, ils vous amènent au pays des orgasmes multiples. Enfin, celui-là, en tout cas. Même s’il aime bien me faire mariner parce que paraît qu’il faut que j’apprenne la patience… Le lendemain, vu le temps maussade, nous n’avons pas bougé mais c’est pas grave, on a profité l’un de l’autre, on a beaucoup discuté aussi. J’avoue quand même que c’est super enrichissant de discuter avec quelqu’un d’un peu plus âgé qui a vécu plein de choses, ça permet d’avoir un certain recul sur ce que l’on vit. Bref, on reste tous les deux mais on ne s’ennuie pas, on passe encore une délicieuse journée.

 

Dimanche, quoi qu’il arrive, on avait décidé d’aller à la plage, j’y tenais particulièrement : j’y suis pas allée, cette année. On prend la voiture, le temps est mitigé. Plus on s’approche de la plage, plus le ciel est couvert. Tiens, les voitures en face ont les phares allumés… Tiens, ils ont les essuie-glace, aussi. Merde, il pleut. C’est pas grave, c’est pas ça qui va nous arrêter ! Bon, il flotte mais on commence quand même à longer la plage mais à peine arrivés, le temps se lève et là, tous les gens réfugiés dans les crêperies alentour débarquent mais contrairement aux plages méditerranéennes, on se marche pas dessus. J’avais promis à Olivier que je tremperai les pieds dans l’océan et vu que le soleil est revenu, je me lance. J’enlève mes bottes, mes bas, je remonte mon pantalon et j’y vais, armée de mon portable pour prendre une preuve de mon barbotage. Sauf que moi, je suis une fille de la Méditerranée donc pendant que j’essaie de photographier mes pieds, je fais pas attention aux vagues et je me retrouve avec de l’eau jusqu’aux cuisses sans trop comprendre ! Il n’empêche que l’eau est délicieuse et je regrette soudain de pas avoir pris mon maillot, j’ai très envie de me baigner. Mais mon string minimaliste ne peut pas faire office de maillot, pas plus que mon sous-tif certes très joli mais une fois trempé risque d’être tout transparent. Enfin, certains n’ont pas ma pudeur vu qu’on a vu passer un mec à poil courant joyeusement dans les vagues. Je sais pas pourquoi, mais un mec courant à poil a toujours un côté ridicule, avec son pénis qui ballotte.

 

Je retourne auprès d’Olivier et on s’étale sur le sable humide, au soleil, assez loin pour pas se prendre une vague (marée montante, j’ai tendance à l’oublier, ça aussi). On reste allongés là une bonne heure, Olivier s’endort tandis que je savoure. C’est un moment de pur bonheur, vous savez, où tout est parfait ? Je le sens bien allongée sur le sable, le soleil caressant ma peau laiteuse, le ressac nous isolant des conversations voisines. Je sens mes batteries qui se rechargent, tout le stress parisien parti aux oubliettes. Je suis bien, tout simplement. On finit par rentrer, décidant de récupérer la moto pour se balader un peu mais en rentrant en ville, on retrouve l’orage. A cause de la pluie, on décide de manger à la maison, on passe au McDo se ravitailler. Après ce dîner hautement calorique, on boit un dernier verre puis on part se coucher car le lendemain, faut se lever tôt. Mais évidemment, on ne s’endort pas de suite.

Il pleut toute la nuit, on se serre souvent l’un contre l’autre. A Paris, j’entends pas quand il pleut et ça me manque. J’adore cette sensation quand il pleut, la nuit, et que je suis sous ma couette, je me sens protégée. Chez mes parents, je dors sous les toits donc j’entends bien le crépitement des gouttes sous les tuiles. J’aime ce bruit, ça berce. On se réveille quelques minutes avant la sonnerie du réveil (ça, par contre, j’aime pas, j’aime me réveiller et voir qu’il me reste encore une heure ou deux à dormir). On se prépare, on se lave, on petit-déjeune puis après avoir vérifié que je n’avais rien oublié, il me ramène à la gare. Je suis un peu triste de partir car j’ai vraiment passé un super week-end et l’idée de retourner dans la grisaille parisienne ne m’enchante pas du tout (mais alors pas du tout).

Dans le train, je suis placée à côté d’un monsieur au surpoids impressionnant qui mord un peu sur mon espace vital, juste à côté de pompiers qui montent manifester. Je mate discrètement le plus beau de la brigade (enfin, le seul beau), ils attaquent direct au vin et au pâté, à 8h30, c’est violent. Alors que mon voisin part au bar prendre un café, le beau pompier s’assoit à côté de moi mais bon, j’avoue que ce week-end a calmé ma libido pour quelques temps donc je reste lire mon foutu bouquin de Roland Barthes que j’arrive pas à finir. Au dehors, j’aperçois deux magnifiques arcs en ciel. Oui, c’est mon côté girlie-petite fille-licorne rose (© grr), je m’extasie sur les merveilles de la nature, les papillons et les arcs en ciel. D’ailleurs, dans la voiture, quand on rentrait de la mer, Olivier a eu droit à un « non mais ils conduisent vraiment comme des cons ici. Moi ça me dépasse cette façon de… OH UN ARC EN CIEL ! ». Puis je m’emmitoufle dans ma veste et soudain, on est à Paris et je comprends rien. On vient pas juste de partir ?

 

Bref, c’était LE week-end dont j’avais besoin, une mise au vert nécessaire qui m’a permis de me remettre sur les rails. Mon hôte est un homme charmant et chaleureux, à la fois fort et tendre à la fois. Un peu un deux en un. D’une virilité pas croyable à certains moments et super câlin à d’autres. Le genre d’hommes avec qui je me sens bien, à côté de qui je peux rester sans parler sans me sentir mal à l’aise. Il n’empêche qu’il paraît aujourd’hui évident que je pourrai pas vivre sur Paris tout ma vie : le vert, qu’est-ce que ça me manque !

PS : j’ai pas pu mettre la photo de mes pieds, j’arrive pas à passer les photos de mon téléphone à mon ordi mais y a des gens qui ont des preuves!

Le jeu de l’’interview

Quand on est journaliste, il est un exercice auquel on ne peut couper : l’interview. Il y a bien sûr l’interview classique qu’on reproduit telle quelle dans le journal mais aussi l’interview qui sert de base pour écrire un article, avec citation à l’appui. Par exemple, quand je bossais dans le milieu du rugby, j’interviewais les joueurs à la fin du match mais je les intégrais dans l’article de résumé du match.
TV reporter with microphone, Tv interview 

J’avoue que l’interview est, de très loin, mon exercice préféré. La raison est très simple : ça permet de rencontrer des gens et discuter avec eux. Evidemment, rien ne vaut l’interview en face à face mais c’est pas toujours possible surtout que le journalisme, aujourd’hui, ça se passe surtout par téléphone. Donc bon, dès qu’il y a possibilité d’aller sur le terrain, je suis ravie. Pourtant, l’interview n’est pas toujours facile, réservés s’abstenir. Bon, bien sûr, y a les interviews faciles en face à face dans un lieu tranquille (généralement un café) mais après, y a les interviews de type micro-trottoir, le but du jeu étant de sauter sur les gens dans la rue pour qu’ils répondent à des questions. Et c’est parfois très drôle. Je me souviens d’une fois où je faisais un micro-trottoir avec Julien pour la radio, on se balade donc avec notre mini disc enregistreur équipé d’un micro. A un moment, on aborde une nana de 25 ans à peu près avec sa mamie pour un micro-trottoir sur les femmes. On pose nos questions et tout puis à la fin, la nana nous fait : « c’est pour la télé ? ». Heu, comment dire ? On n’a pas de caméras, ça te donne pas un indice ?

 

Bon, les interviewés, y a des bons et des mauvais. Oui parce que moi, je suis une super journaliste, je pose que des questions pertinentes ! Qu’est-ce qu’un mauvais interviewé. Tout connement quelqu’un qui n’a rien à dire et qui ne répond rien d’autre que « oui », « non », « je sais pas ». Le cauchemar. Non parce que quand vous avez un papier à faire, on vous impose une longueur et les monosyllabes, ça aide pas. Bon, c’est vrai que dans les micro-trottoirs, c’est pas évident que les gens soient inspirés par mes questions. Je me souviens une fois où je devais faire un micro-trott’ sur une foire aux vins à côté de chez moi. « Vous allez dans les foires aux vins ?

– Non
– Pourquoi ?
– C’est mon mari qui achète le vin, je n’y connais rien.
– Mais vous pensez que c’est bien ces foires aux vins ?
– Heu… Oui, sans doute. »

Allez, toi aussi, rédige un article avec ça. Du coup, pour remplir un peu, je faisais du « Si je vais dans les foires aux vins ? J’avoue que non car c’est mon mari qui se charge de ça. Moi, je n’y connais rien mais je pense que les foire aux vins sont une manifestation intéressante pour ceux qui s’y connaissent ». Tatan ! Mais y a aussi ceux qu’on interroge sur leur métier, sur un domaine qu’ils connaissent sur le bout des doigts, mais que vous faites visiblement chier. Eux aussi pratiquent la monosyllabe et faut les bombarder de questions pour arriver à avoir de quoi rédiger quelques lignes. Une vraie joute verbale…

 

Mais après, y a les interviewés de rêve, ceux qui ont des choses à dire et qui le disent bien. Ce genre de personnes à qui vous n’avez presque pas besoin de poser de questions tellement ils ont de choses à dire. Limite, vous leur filez le stylo et ils écrivent le papier tout seul. Je me souviens d’une fois où je couvrais un festival, j’avais interviewé un organisateur bien mignon qui m’avait donné de quoi écrire un livre sur le festival, limite. L’histoire du festival, la programmation de l’année avec moults détails, des anecdotes, des artistes qui se sont produits précédemment… Il m’avait fait faire le tour du village transformé pour l’occasion, me montrant les installation, et tout. Du pain béni.

 

Hier, j’ai eu l’interview de rêve, aussi. J’avais rendez-vous avec Emilie Maume, j’ai parlé de son livre il y a quelques temps ici même. A 18h, je retrouve donc la jeune demoiselle à Montparnasse et le bon contact est plutôt rassurant : elle est souriante et jolie, Emilie (ok, elle est pourrie ma blague, on doit lui faire 50 fois par jour mais d’un autre côté, s’appeler Emilie et ne pas entendre « ah Emilie jolie ! », ça doit être vexant, finalement). Une petite brunette au charme naturel, elle m’a fait penser à LilVirgo, dans le style. Bon, vu qu’on a presque le même âge, on passe direct au tutoiement et on commence l’interview. Bon, alors par rapport à ce que j’ai dit la dernière fois, Emilie a galéré elle aussi et ne se plaint pas juste parce qu’elle sort de Science Po. D’abord, elle a fait plein d’autres trucs et ce qu’elle dit, moi, je suis tout à fait d’accord. En plus, c’est marrant, on a fait des études d’histoire toutes les deux et quand je lui demande son sujet, elle me répond « les Indiens du Québec à l’époque moderne ». Bon, Emilie, c’est ma nouvelle meilleure amie ! Bref, Emilie, c’est l’interviewée rêvée : non seulement, elle a des choses à dire mais elle le fait bien. Du coup, j’ai juste qu’à retranscrire, aucun travail de réécriture, l’idéal.

 

Du coup, je suis partie de cet entretien enchantée. J’adore travailler quand tout se déroule parfaitement comme ça, un vrai bonheur ! D’ailleurs, à la fin de l’interview, on s’est dit que ce serait sympa d’aller boire un verre dans un cadre moins formel. Hé ouais, le boulot, c’est pas toujours chiant !  

Messieurs, je vous aime

Bon, j’avoue, des fois, je suis pas tendre avec vous donc profitons de cette période où mon horizon est dégagé de connard pour vous rendre hommage. Non, je précise, je suis pas amoureuse, cette bienveillance (qui n’est pas nouvelle, je suis pas si aigrie que ça) est motivée par un livre et son auteur : Le musée de l’homme de David Abiker.

Cet été, j’ai joué mon intellectuelle, c’est-à-dire que j’ai alterné roman/essai/roman/essai, histoire de me culturer un peu. Là, je suis en train de me taper Mythologies de Roland Barthes. Très intéressant mais le style est un peu trop sociologique par moment mais on s’en fout, c’est pas le sujet de l’article. Donc cet été, j’ai lu pas mal d’ouvrages consacrés aux jeunes dans le sens large du terme ou aux trentenaires et j’étais un peu fatiguée par le discours misérabiliste que je lisais mais j’en parlerai (peut-être) dans un autre article. Et au milieu de toutes ces récriminations, j’ai trouvé ma pépite, un râleur qui m’a fait mourir de rire, David Abiker. Sur le coup, j’ai pas percuté mais une blogueuse (Lambchop, je balance) m’a rappelée sur un blog voisin de qui il s’agissait : le gars à lunettes de Arrêt sur images. Vous savez, celui qui fait une chronique en début d’émission et qui après écoute, intervient des fois, avec de grosses lunettes noires. Bon ben depuis que j’ai lu son bouquin, je le regarde plus du même œil, David parce qu’en fait, sous ses airs pince-sans-rire, je fais l’intello à la télé, ce mec est bourré d’humour. D’ailleurs, j’avais l’air très con à rigoler toute seule dans le train ou dans le métro mais bon, je suis plus à ça près.

 

Bon, mais pourquoi je m’extasie soudain sur David. Parce que mon attirance innée pour les lunetteux n’explique pas tout. Donc j’achète ce bouquin suite aux conseils d’un ami. Et je découvre la vie de David, trentenaire ordinaire, marié, papa de deux petites filles. David nous parle de la deuxième grossesse de sa femme, de son talent inné pour le bricolage, des copines célibataires de sa femme qui parlent mecs, du copain homo de sa copine, il répond à une interview de Elle chez le pédiatre à la place de Mélanie Doutey, trouvant ses réponses plus intéressantes que celle de l’actrice… Plus intéressante, je sais pas mais plus hilarantes, y a pas de doutes. Je vous mets quelques morceaux choisis, mais c’est super dur à choisir.

 

A propos de son talent inné du bricolage : [après s’être explosé le doigt avec son marteau] « je prononçais des paroles incompréhensibles où il était question de clémence divine, de prostitution et de la mère d’un ami (Bon Dieu de bordel de la putain de sa mère) ».

 

A propos des homos : « Ma femme a un ami, un gué. Un type très bien,vraiment. On dîne chez lui, ce soir.

En plus, il est beau ce mec.
– En plus de quoi ?
– Mais en plus de rien, laisse-moi conduire, steuplé ! »

D’ailleurs, quand il est chez le gué, il lit Têtu en douce dans le salon pendant que sa femme et l’ami cuisinent et évidemment, le gué devine qu’il lit Têtu, ce
qui étonne David : mais comment sait-il ? Tu sais, David, tous les hétéros lisent Têtu chez leurs amis homos. Même moi. Surtout quand le beau mec en page centrale ressemble à un Dieu grec.

 

David, c’est un macho… Un faux macho. Un mec qui chouine parce que sa femme gagne plus que lui, qui se dit que les copines célibataires de sa femme devraient le tester car on fait pas mieux que l’homme marié. Il laisse les mamans des autres enfants le soin de surveiller les siens… Non parce que c’est l’homme, quoi, un vrai, celui qui se sent Charles Ingalls quand il plante
un clou dans un mur. David pourrait agacer avec sa vision masculine du monde mais en fait, non, il est juste attendrissant. Ces trois femmes de sa vie, il a beau dire, il les aime. On sent qu’au fond, il a surtout peur de plus plaire à sa femme… Et puis David, il a beau jouer les Charles Ingalls, il fait quand même la cuisine, même qu’il met un tablier avec une femme en sous-vêtements dessus.

 

Moi, j’aime bien les faux machos, ceux qui jouent des muscles mais qui, finalement, ne le sont pas. Par exemple, Guillaume 1er qui m’explique que si un mec m’emmerde, il monte à Paris lui péter la gueule… Avant de remarquer tout que du haut de son mètre 73 (oui, si vous voulez vexer Guillaume 1er, mettez en doute sa taille, il va pas se laisser faire !) et de ses 63 kg, il cassera pas la gueule à grand monde… Mais c’est touchant. Moi, ça m’amuse, ces touches de machisme et de virilité, ces hommes qui jouent les durs et se désamorcent tout seul.

 

En plus d’être un mari aimant, David est un super papa. Je vous raconte la dernière scène du livre (mais c’est pas grave, vous pouvez le lire quand même) : il va souvent au musée d’histoire naturelle avec ses deux schtroumpfettes. A la fin du musée, il y a une grande fresque avec des tas de photos de personnes pour illustrer la diversité humaine et, inlassablement, l’aînée demande qui sont ses gens. Parce que la petite, elle a remis en cause le statut masculin de David en expliquant que puisqu’il n’était pas représenté au musée de l’Homme, c’est qu’il n’en était pas un (logique enfantine, j’adore !). Un jour, David va en douce au musée et ça coller sa photo sur la fresque. Quand il retourne au musée, sa fille lui pose la question rituelle et il répond : « des amis de papa ». « Meeeuh, je te crois pas ! T’es pas un homme du musée de l’homme ! ». Et là, il lui montre la photo et la petite fille déborde d’admiration pour son papa, précisant même « maman va être jalouse ! ». Et David est tout fier. Ben, moi, David, quand j’ai lu ces lignes, je t’ai aimé. Je veux un homme comme toi !