Tiens, un petit mail pro à 23h…

Aaaaah, le monde merveilleux du travail, ces us et coutumes… J’ai déjà parlé sur ces pages, il y a fort longtemps, de l’heure de départ du bureau. A 18h30, deux équipes se forment : ceux qui partent et ceux qui restent. Si tu fais partie des fuyards de la première heure et que tu n’as pas d’enfant, t’as pas intérêt à rendre tes dossiers en retard sous peine de passer pour un(e) tire-au-flanc sans motivation. Même si rester tard ne donne pas toujours une bonne image si le boulot abattu n’est pas colossal, tu deviens de suite la personne peu efficace et mal organisée. Mais voilà que se joue un nouveau match : celui des envois de mails tardifs.

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Le matin, 9h30. Peu éveillée, je clique sur l’icône outlook pour voir ce qu’il s’est passé entre mon départ de la boîte la veille (pas toujours très tôt) et mon arrivée (pourtant peu tardive). Je travaille avec notre agence en Asie donc il arrive qu’ils me racontent des choses pendant que je dors. Mais parfois, parmi les mails de mes amis Asiatiques, quelques alertes et messages automatiques, je découvre quelques mails de mes collègues français qui renvoient une reco, interpellent le client ou Dieu seul sait quoi… Au secours !

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Un soir parfois ordinaire, 20h30, je termine un document, prêt à envoyer aux équipes pour relecture avant envoi au client. J’hésite. Non parce que bon, j’ai pas envie de passer pour :
– la pauvre fille qui n’a pas de vie
– la fille corvéable à merci
Non parce que pour la peine, la fille désorganisée, non, ça va, vu le boulot que j’abats. Mais justement. Est-ce vraiment si positif que passer pour quelqu’un de rigoureux à l’extrême, qui bosse au-delà du raisonnable ? J’ai, pour ma part, toujours un peu pitié de ceux qui ne stoppent pas. Même si la personne est chez elle et qu’elle envoie un mail à 23h en lisant ses derniers courriels histoire de rien rater, je trouve qu’à un moment, faut déconnecter.

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Et puis envoyer un mail tard est dangereux : ils se retrouvent noyés dans les messages envoyés entre le départ du salarié et son retour au bureau le lendemain et rien ne garantit que vos interlocuteurs ont les mêmes horaires que vous. Plus y a de mails à lire, plus y a de chances pour que le vôtre passe à l’as. Dooooonc envoyer un message hors des heures de bureau n’est pas une bonne idée.

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Sauf que parfois, vous aimeriez bien que l’on note que vous finissez tard régulièrement parce que vous avez plein de travail et que vous ne voulez pas cacher vos heures supplémentaires comme la poussière sous le tapis. Evidemment, il y a les timesheets, ces fameuses feuilles de temps qui te donnent envie de pleurer quand tu renseignes 43H30 pendant une semaine de 4 jours (j’ai légèrement oublié ma vie privée à un moment…) mais ça fait du bien de temps en temps d’envoyer un mail anodin à 21h pour rappeler que, oui, oui, tu es toujours là (de préférence un mail avec un lien vers un document hébergé sur le serveur en mode « je suis toujours au bureau, même pas j’écris en direct de mon appart ! ». Mais être une bonne salariée dévouée, est-ce vraiment s’épuiser à la tâche ? Je veux dire est-ce qu’il faut vraiment bosser avec quelqu’un qui s’épuise et s’étiole ou quelqu’un qui sait couper quand il faut pour recharger les batteries et revenir le lendemain frais et dispos. Prêt à traiter les mails arrivés tardivement sur sa boîte.

Ma rentrée des classes

Par Tatiana 

C’est après quasiment un an et demi de non scolarisation que je reprends le chemin des cours. Cette année (l’ultime et dernière), je suis dans une école d’arts appliqués pour apprendre le graphisme. Comme certains le savent déjà, La semaine dernière j’ai eu ma prérentrée…Tout un poème. Deux heures de parlote du responsable de la filière (celui-là même qui m’a acceptée), pour nous détailler l’emploi du temps et plein d’autres trucs. J’ai pu m’inscrire à la sécu étudiante et avoir l’honneur de payer 189€ supplémentaires (comme si l’école était pas déjà assez chère). J’ai aussi appris que j’avais un test de typographie dès lundi 2 oct. MAIS J’EN AI JAMAIS FAIT MOI J’ETAIS PAS LA L’ANNEE DERNIERE !!!!! Heureusement j’ai récupéré les cours d’une nana et j’ai révisé ce que j’ai pu mais bon c’est pas le top non plus. Pareil, ils doivent rendre un rapport de stage mais moi j’ai pas fait de stage. Et la cerise sur le gâteau, il faut que je prépare un truc pour mercredi prochain, alors que j’ai aucune idée, snif ! Ca va qu’ils sont super cools dans l’école et que tout (ou presque) est négociable. Donc pas de prise de tête inutile on verra en temps voulu. Au niveau des gens qui composent ma classe, je n’ai pas pu me faire une opinion avec le peu de temps que je les ai vus. Ces deux heures ont juste servi à me coller une sacrée pression sur le dos avec un « comment je vais m’en sortir ».

La semaine est passée vite, on est déjà dimanche et je dois réviser le programme de l’année dernière. C’est chaud, très chaud. Les idées pour mon projet de mercredi sont minables. Bref, c’est la merde. J’ai pas réussi à m’endormir avant 1h du mat’ alors que j’étais quand même un peu fatiguée mais j’avais du boulot (avant même de commencer les cours).

Lundi, le jour J. Début des cours à 11h30 par le test sur les cours de l‘année dernière. La prof est toute gentille (méfions-nous ça doit cacher quelque chose), et elle me dit que c’est pas grave si je ne connais rien, je fais le test pour voir. J’espère juste qu’elle ne va pas trop me mettre une sale note. J’ai fait un truc à l’arrache totale. Sur la partie théorique ça allait plutôt mais le reste c’était du free style. Une petite pause et hop ! on attaque les choses sérieuses. Premier sujet de devoir à rendre. Je me plonge dedans direct et je jette une première idée, en esquisse sur une feuille. La prof la voit et me demande de lui présenter. Elle adhère et trouve que c’est plutôt une bonne idée. Tant mieux ! je peux tout de suite creuser le concept.

J’ai un peu plus parlé avec les gens, mais toujours rien de concluant. Je n’accroche avec personne en particulier. Il me faut encore un temps d’observation afin d’analyser tout ce petit monde. Mais quelques tendances se dessinent pourtant.

14h30 : c’est l’heure d’aller manger ! Je fonce à la maison car je n’ai qu’une heure et que je veux aller sur internet (oui il n’y a pas internet sur tous les postes informatique dans cette école c’est un peu naze). En plus il faut que j’achète des clopes car je n’en ai plus depuis samedi soir et que là j’ai besoin de fumer. Je mange, vais sur le net, consulte mes mails, achète mes clopes. Je suis dans les temps nickel. J’arrive à l’école, bizarre il n’y a personne devant. En même temps, c’est quasi l’heure du début du cours. J’arrive devant la salle, la porte est fermée. Là, ça craint grave. Je vérifie mon emploi du temps et bingo ! Tatiana elle a encore fait fort car elle s’est gourée dans l’horaire du cours. Il était à 15h le début ma fille ! J’ai pas envie de me taper l’affiche (oui il reste une demi heure de cours seulement) donc je ne rentre pas et je vais voir au secrétariat. Les filles me disent de voir avec la prof à la fin du cours. Je me sens quand même vraiment mal. Et en même temps c’est moi tout craché. A la fin du cours je vais voir la prof, et elle a pas l’air trop contrariée et me note présente au cours. Je m’inscris sur un groupe de travail au pif car il faut faire un truc en groupe la semaine prochaine.

Re pause et cours suivant (16h-19h). Le prof a l’air bien à l’ouest, surtout que je l’ai vu en panique juste avant quand j’attendais la fin du cours d’anglais. Et là, c’était l’enfer. La torture. Les trois pires heures de ma vie que ça fait longtemps que j’avais pas vécu un truc pareil. On a passé une heure et demie à regarder un poly sur un truc mortellement ennuyeux. Et ensuite il a voulu nous montrer des slides mais pas moyen de faire marcher le rétroprojecteur. A la fin tout le monde parlait c’était du n’importe quoi. Moi du coup, j’en ai profité pour parler avec ma voisine qui s’appelle Natacha. C’est la seule qui est venue vraiment vers moi sans que je lui parle et qui m’a demandé mon nom. Elle a l’air cool comme fille et je l’aime bien. J’espère que ma première impression sera la bonne. Maintenant je commence à cerner plus ou moins les gens (surtout les filles) et j’ai pu a peu près déterminer les groupes :

Les filles et les garçons ne se mélangent pas trop apparemment. Ca me rappelle vachement quand j’étais en DUT. On distingue plein de petits groupes avec des personnalités très différentes. Certains ont l’air d’être les gens « cools » de la classe, d’autres vivent leur vie tranquille sans rien demander. Mais tout le monde n’a pas l’air de s’entendre à merveille.

Une chose est sûre, moi je suis un peu l’intruse. Plein de personnes m’ont demandé si j’avais passé un entretien, montrer des travaux. Je me demande s’ils croient que j’ai fait l’objet d’un traitement de faveur. Mais j’espère bien que non ! J’ai envie de pouvoir penser que je suis ici parce que je le mérite. Enfin voilà ça y est, nouvelle année de boulot avant la vraie vie impitoyable du monde du travail.