Ma rentrée des classes

Par Tatiana 

C’est après quasiment un an et demi de non scolarisation que je reprends le chemin des cours. Cette année (l’ultime et dernière), je suis dans une école d’arts appliqués pour apprendre le graphisme. Comme certains le savent déjà, La semaine dernière j’ai eu ma prérentrée…Tout un poème. Deux heures de parlote du responsable de la filière (celui-là même qui m’a acceptée), pour nous détailler l’emploi du temps et plein d’autres trucs. J’ai pu m’inscrire à la sécu étudiante et avoir l’honneur de payer 189€ supplémentaires (comme si l’école était pas déjà assez chère). J’ai aussi appris que j’avais un test de typographie dès lundi 2 oct. MAIS J’EN AI JAMAIS FAIT MOI J’ETAIS PAS LA L’ANNEE DERNIERE !!!!! Heureusement j’ai récupéré les cours d’une nana et j’ai révisé ce que j’ai pu mais bon c’est pas le top non plus. Pareil, ils doivent rendre un rapport de stage mais moi j’ai pas fait de stage. Et la cerise sur le gâteau, il faut que je prépare un truc pour mercredi prochain, alors que j’ai aucune idée, snif ! Ca va qu’ils sont super cools dans l’école et que tout (ou presque) est négociable. Donc pas de prise de tête inutile on verra en temps voulu. Au niveau des gens qui composent ma classe, je n’ai pas pu me faire une opinion avec le peu de temps que je les ai vus. Ces deux heures ont juste servi à me coller une sacrée pression sur le dos avec un « comment je vais m’en sortir ».

La semaine est passée vite, on est déjà dimanche et je dois réviser le programme de l’année dernière. C’est chaud, très chaud. Les idées pour mon projet de mercredi sont minables. Bref, c’est la merde. J’ai pas réussi à m’endormir avant 1h du mat’ alors que j’étais quand même un peu fatiguée mais j’avais du boulot (avant même de commencer les cours).

Lundi, le jour J. Début des cours à 11h30 par le test sur les cours de l‘année dernière. La prof est toute gentille (méfions-nous ça doit cacher quelque chose), et elle me dit que c’est pas grave si je ne connais rien, je fais le test pour voir. J’espère juste qu’elle ne va pas trop me mettre une sale note. J’ai fait un truc à l’arrache totale. Sur la partie théorique ça allait plutôt mais le reste c’était du free style. Une petite pause et hop ! on attaque les choses sérieuses. Premier sujet de devoir à rendre. Je me plonge dedans direct et je jette une première idée, en esquisse sur une feuille. La prof la voit et me demande de lui présenter. Elle adhère et trouve que c’est plutôt une bonne idée. Tant mieux ! je peux tout de suite creuser le concept.

J’ai un peu plus parlé avec les gens, mais toujours rien de concluant. Je n’accroche avec personne en particulier. Il me faut encore un temps d’observation afin d’analyser tout ce petit monde. Mais quelques tendances se dessinent pourtant.

14h30 : c’est l’heure d’aller manger ! Je fonce à la maison car je n’ai qu’une heure et que je veux aller sur internet (oui il n’y a pas internet sur tous les postes informatique dans cette école c’est un peu naze). En plus il faut que j’achète des clopes car je n’en ai plus depuis samedi soir et que là j’ai besoin de fumer. Je mange, vais sur le net, consulte mes mails, achète mes clopes. Je suis dans les temps nickel. J’arrive à l’école, bizarre il n’y a personne devant. En même temps, c’est quasi l’heure du début du cours. J’arrive devant la salle, la porte est fermée. Là, ça craint grave. Je vérifie mon emploi du temps et bingo ! Tatiana elle a encore fait fort car elle s’est gourée dans l’horaire du cours. Il était à 15h le début ma fille ! J’ai pas envie de me taper l’affiche (oui il reste une demi heure de cours seulement) donc je ne rentre pas et je vais voir au secrétariat. Les filles me disent de voir avec la prof à la fin du cours. Je me sens quand même vraiment mal. Et en même temps c’est moi tout craché. A la fin du cours je vais voir la prof, et elle a pas l’air trop contrariée et me note présente au cours. Je m’inscris sur un groupe de travail au pif car il faut faire un truc en groupe la semaine prochaine.

Re pause et cours suivant (16h-19h). Le prof a l’air bien à l’ouest, surtout que je l’ai vu en panique juste avant quand j’attendais la fin du cours d’anglais. Et là, c’était l’enfer. La torture. Les trois pires heures de ma vie que ça fait longtemps que j’avais pas vécu un truc pareil. On a passé une heure et demie à regarder un poly sur un truc mortellement ennuyeux. Et ensuite il a voulu nous montrer des slides mais pas moyen de faire marcher le rétroprojecteur. A la fin tout le monde parlait c’était du n’importe quoi. Moi du coup, j’en ai profité pour parler avec ma voisine qui s’appelle Natacha. C’est la seule qui est venue vraiment vers moi sans que je lui parle et qui m’a demandé mon nom. Elle a l’air cool comme fille et je l’aime bien. J’espère que ma première impression sera la bonne. Maintenant je commence à cerner plus ou moins les gens (surtout les filles) et j’ai pu a peu près déterminer les groupes :

Les filles et les garçons ne se mélangent pas trop apparemment. Ca me rappelle vachement quand j’étais en DUT. On distingue plein de petits groupes avec des personnalités très différentes. Certains ont l’air d’être les gens « cools » de la classe, d’autres vivent leur vie tranquille sans rien demander. Mais tout le monde n’a pas l’air de s’entendre à merveille.

Une chose est sûre, moi je suis un peu l’intruse. Plein de personnes m’ont demandé si j’avais passé un entretien, montrer des travaux. Je me demande s’ils croient que j’ai fait l’objet d’un traitement de faveur. Mais j’espère bien que non ! J’ai envie de pouvoir penser que je suis ici parce que je le mérite. Enfin voilà ça y est, nouvelle année de boulot avant la vraie vie impitoyable du monde du travail.

Apologie d’une colocation ratée

Par Océane
L’origine
On prend deux copines qui se rencontrent au lycée. Elles accrochent bien ensemble et se disent que quand elles seraient grandes, elles s’envoleraient ensemble du nid familial. 
 
La patience
Pendant les trois années qui s’écoulent, chacune commence à rêver de leur future vie. Elles en parlent souvent… Elles sont toutes les deux à la fac. La première marche plutôt très bien et l’autre passe toutes ces journées en ville et toutes ces nuits en boîte de nuit.
 
Le saut décalé
Puis celles qui toutes les nuits déconnées se retrouve un beau matin de juillet au pied du mur. Elle annonce à ses parents très très stricts qu’elle n’a pas eu pour la deuxième fois sa première année et qu’elle ne reviendra pas à la maison. De toute manière, ses parents ne s’en doutent pas mais elle rentre de Nice et est actuellement à Narbonne. Toujours avec sa copine et pleins d’amis…
Elle emménage alors dans un petit quartier résidentiel de sa ville. Dans une maison magnifique, grande et munie d’une piscine ( chose non négligeable, surtout l’année de la canicule!), le tout au frais de la princesse. Oui, ben pour la première fois de sa vie elle a de la chance! Elle trouve même une solution pour son avenir qui réconforte ces parents : un BTS par alternance = payes + études…
 
Banzaï
Il va bien falloir un jour que cette maison soit vendue et c’est là que les deux compères ou plutôt commères emménagent enfin ensemble… Tout se passe très bien.
 
C’était pas au programme
Pendant un an et demi tout se passe très bien, malgré l’arrivée imprévue d’un enfant. La studieuse continue ces études et la « fofolle » continue son travail, ces études et l’éducation de son enfant… 
 
 Achtung
En juillet, premier avertissement : la studieuse se sent trop oppressé par les demandes de la fofolle et de son enfant…
Petit recadrage et c’est reparti car dans la vie en générale et en communauté particulièrement l’élément le plus important est la communication.
Ainsi tout reprend son cours et tout se passe très bien… Tout le monde a trouvé son équilibre.
 
Mais qui a encore changé le programme?
Au mois de février suivant, l’incompréhensible commence… La studieuse arrête la fac après des partiels qui n’étaient sommes toute pas mauvais bien que pas excellents. Sans en informer personne, même pas son amie, la colocataire. Une fois que celle-ci s’en rend compte, elle n’aura pour seule explication qu’un « ça m’a gavée » qui la laisse encore sur sa faim… Puis elle refuse tout contact avec le père de l’enfant de son ami qui vient juste d’être mis au courant. Elle va jusqu’à, inconsciemment pense-t-on, empêcher son amie de le revoir…
Enfin c’est trois fois d’affilée qu’elle bousille littéralement le week-end de sa colocataire. Et les mères de famille savent à quel point le temps libre pour elles est précieux et à utiliser avec beaucoup d’intelligence sinon, il est perdu et laisse un vilain goût d’amertume.
 
Le plus produit
La fofolle est têtue et après plusieurs tentatives d’explication, une porte cassée, et beaucoup de méchanceté gratuite, elle décide de passer au-dessus car l’air de rien c’est l’heure pour elle réviser son examen final.
Pas de chance, elle devra d’abord s’occuper de son fils, car la nounou a aussi droit à des vacances, puis de l’amie d’enfance de sa « copine » qui s’est enfin payer l’opération de chirurgie esthétique dont elle rêvait depuis si longtemps et au final, pas une seule seconde pour réviser tranquille.
A peine le temps de survoler quelques cours qu’elle a déjà fini ces examens. Seule.
 
 L’ultime coup de poignard ?
Après avoir réfléchi et tourné le problème dans tous les sens, notre future recalée au BTS décide de quand même prendre un appartement plus grand avec son amie de toujours. Après tout, elle n’est pas comme ça normalement et elle se dit que tout le monde a besoin à un moment donné de faire un bilan sur sa vie, d’explorer d’autres voies avant de s’engager quelques part…de prendre soin de soi quoi!! Même si c’est au détriment des autres, elle comprend. Enfin elle essaye… Sauf que quand à quinze jours du déménagement, l’autre n’a toujours pas fourni le moindre garant alors que c’est elle qui a insisté sur le choix de l’appartement et c’est encore elle qui a signé les chèques de la caution et des frais d’agence, seule, dans son coin, on commence forcement à s’inquiéter. 
On prend des nouvelles et comme toutes les phrases que j’ai prononcées depuis quatre mois, je la commence par « ne te vexe pas » et je la termine par « ce n’est pas un reproche » La réponse fut à la hauteur des appréhensions : aucune réponse.
Un démerden ti sich géant.
 
Morale ?
Il n’y en a pas. La vie est comme ça. Dans certains cas, il faut être assez lucide pour partir, tourner le dos à tout un pan de sa vie et ne jamais se retourner. Surtout il faut laisser toute la rancœur et les regrets à la porte que l’on franchit et ne jamais plus y repenser.
La volonté et la colère sont souvent de bons moteurs mais il existe certaines exceptions où il faut abandonner sans haine ni reproche…
Il suffit juste de retenir que la communication est à la base de tous les rapports.