Quand je lis les littératures girlies pour les filles d’aujourd’hui (donc pour moi), je me rends compte que je suis loin du compte : a) je ne suis pas
dépressive car célibataire et à la recherche perpétuelle du prince charmant, b) je vais pas chez un psy. Ayant développé moult fois le a) dans d’autres articles, on va zapper, vous m’en voudrez pas, et passons au b). En gros : dois-je aller chez un psy pour être hype. Merci de continuer à lire l’article avant de m’insulter en comm.

Des gens qui vont chez le psy, j’en connais ou j’en eus connu. Pour certains, il y avait un vrai problème à régler genre mon cousin qui fait son coming out à 15 ans et qui a du mal à gérer tout ça, ma tante qui s’est retrouvée veuve à 38 ans avec trois enfants de 8 à 13 ans, des amis qui ont vécu des choses dramatiques (mais vraiment)… Bon, bref, cet
article ne vise pas à dire que les psys, ça sert juste à être à la mode, rassurons nous. Mais après, il y a des gens qui suivent une thérapie, je ne comprends pas bien pourquoi. Bien sûr que nous avons tous en nous une part sombre, un mal être, des névroses et compagnie. Des fois, quand j’entends certains me dire qu’ils vont consulter un psy pour X ou Y raisons, je souris poliment mais intérieurement, je ricane. Y en a qui n’ont vraiment rien d’autres à faire de leur vie que de dépenser des sous pour pouvoir dire « oui alors tu vois, mon psy… ». Bon, c’est sûr, du coup, on peut se faire plaindre « quoi, tu vas chez un psyyyyyyy ? Mais pourquoiiiiiiii ? » « Parce que petite, ma mère m’a mis une claque parce que je
lui avais piqué ses chaussures pour jouer et depuis, quand je vois des chaussures à talon rouge, je fais une crise de panique ». Ouais j’exagère. Mais franchement, aller chez un psy, j’ai parfois l’impression que c’est du parisianisme snob que ça n’en peut plus.
Il y a quelques temps, je me suis en effet posé la question. Disons que je suis quelqu’un d’assez fort mais j’ai une faille dans ma carapace, une faille très vite visible où les gens qui me veulent du mal tapent allègrement pour me blesser et ça fait très mal. Donc, en janvier, après qu’un ancien ami ait une fois de plus appuyé où ça faisait ma (et pas qu’un peu), je me dis que je devrais peut-être régler ce problème là. J’en parle à mon ex, Alex, qui me dit que si je ressens le besoin, pourquoi pas, mais que c’est pas forcément l’idée du siècle. Sab me dit la même chose : c’est pas tant un problème psychologique qu’un problème d’acceptation de moi et qu’il y a une technique genre acupuncture qui me permettrait
de digérer ça. C’est moins cher et moins dangereux.
Moins dangereux ? Oui, c’est là où je veux en venir. Donc en janvier, je parle de ça à Mister Alex, lui expliquant que je crains un peu la psychothérapie (ou psychanalyse, je ne connais pas bien la différence). Pourquoi ? Parce que ça remue la merde, y compris celle qu’on n’avait pas vue. En gros, vous y allez pour un problème, ça vous colle une dizaine de névroses supplémentaires, vous en avez pour 10 ans et vous n’osez plus regarder votre papa dans les yeux parce qu’il paraît que vous n’avez pas résolu votre Œdipe et que c’est pour ça que vous faites tout pour ressembler à votre mère, votre « rivale ». Oui, je sais, je caricature. Il est vrai que j’ai des attitudes un peu bizarres, comme mon incapacité chronique à ignorer mes (petits) problèmes de santé plutôt que de les soigner parce que je me dois d’être toujours en bonne forme. En y réfléchissant toute seule de mon côté, j’ai une explication : petite, jusqu’à 7 ans à peu près, j’étais tout le temps malade. Une à deux fois par mois, je faisais de grosses fièvres genre 39 à 40°, gâchant à l’occasion les
vacances au ski de mes parents. Je suppose que quelque part, j’ai intégré que le fait d’être malade était « mal » et donc, que je devais toujours être en forme. Bon, rassurez-vous, je n’ai pas de gros problèmes de santé, je vais bien. Même très bien en ce moment, ça fait un moment que j’ai pas été malade, je touche du bois.
Bien sûr, en ce moment, je n’ai aucune raison d’aller voir un psy, je suis heureuse. Peu de nuages dans mon ciel, des trucs sans importance. Je me sens enfin être quelqu’un depuis que je bosse, une nouvelle moi, enfin adulte. Mais je reste exaspérée par le réflexe qu’ont certain d’aller chez un psy pour régler des trucs totalement insignifiants qu’on peut régler par soi même. Certains me répondront, peut-être, que ce que je dis vient du fait que je veux toujours être en bonne forme, je sais pas. Mais j’aimerais bien que certains prennent conscience qu’une psychothérapie/psychanalyse n’est pas qu’un truc à la mode pour faire chic et délicieusement névrosée comme Ally McBeal et je sais pas qui. Il y a des gens qui en ont vraiment besoin, je ne dirai jamais le contraire. Pour les autres, l’écriture d’un blog suffira amplement !





