La liste de la grande brûlée (aïe)

Accessoirement, ce week-end, je suis en Bretagne chez Vicky, nananananère !

– Je l’ai déjà dit, je suis maladroite, genre j’ai deux mains gauches. Alors vu que j’en ai deux, j’en ai cramé une. Samedi soir, après une partie endiablée de FF X (j’adore les
passages où faut bastonner comme des débiles pour faire monter l’expérience…), il est temps d’aller au lit. Nettoyage en règle, pyjamage et là, c’est l’heure de la bouillote. Je fais bouillir l’eau et pendant que je verse l’eau dans la bouillote… Un gros jet par sur ma main gauche qui tient la bouillote. Je crie, je peste, je passe de suite l’eau sous l’eau froide.
Aaaaaaaaaaaaaaaaaaah, ça soulage. Bon, je me couche, je lis, ma main pique mais ça va passer. J’éteins. Aïe, j’ai effleuré les draps, ça piiiiiiiiiique. Ah l’air, ça pique aussiiiiiiiii !!
Bref je me lève pour passer la main sous l’eau. Je mouille une serviette pour l’entourer autour de la main mais ça me pique vite. Je mets des glaçons dans un petit sac plastique et sur la plaie mais ça fond. A 8h du mat, épuisée, j’ai fini par remplir mon bol d’eau glacée et le poser au pied du lit, la main dedans. Ben, là, j’ai dormi malgré la Kenya qui venait boire de temps en temps. Et pour ceux qui croient toutes les légendes urbaines, non, dormir la main dans un bol ne fait pas faire pipi.


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– Dans la semaine, je décide de torturer d’autres parties de mon corps, pour voir. Les élus : mes pieds. Comme mes chaussures d’été étaient devenues trop légère et mes
chaussures d’hiver de l’an dernier trop mortes (genre la semelle se décollait et je prenais l’eau), je suis allée m’acheter de nouvelles chaussures « trop jolies ». Sauf que les
chaussures « trop jolies » sont aussi celles qui font mal au pied. Rendue optimiste par l’arrêt de la grève, je les mets donc. Le soir, je rentre chez moi avec un tel mal de pied qu’en
fait, je les sens presque plus. Une main et deux pieds martyrisés dans la semaine, heureusement que ma main droite va bien.

– Pourquoi c’est toujours quand on a un rendez-vous que le train est en retard ? Oui, j’ai renoué avec mes amours sénécéfiques. Donc vendredi, j’ai rendez vous à 9h30 à mon
bureau avec Joëlle, la rédactrice en chef de TMF.com. Je me lève, me prépare, boucle ma valise (puisque départ direct du taf ce soir), je fais le lit, donne plein à manger pour Kenya, des fois qu’elle décide de devenir boulimique pile le week-end où je suis pas là, de l’eau, un câlinou pour la route (non mais je l’abandonne deux jours, je culpabilise mais elle, elle veut pas un câlinou, elle veut jouer alors tu me lâches, merci), les chaussures et me voilà dehors. A 9h03, je suis sur le quai pour choper le train de 9h03 mais apparemment, il a décidé d’arriver plus tôt. Plus tôt de combien, je sais pas, j’habite à deux minutes à pieds maxi de la gare et je l’ai pas entendu. Bon bé je vais partir de l’autre côté, avec de la chance, si je cours, je choperai le train de 9h03 qui est en retard, donc. Ah ben oui, de 10 mn. 9h25, je suis sur le quai du métro, la probabilité que je sois dans mon bureau dans 5 mn est d’aucune. Et là, je me rends compte que non seulement j’ai pas pris de tampon (devinez qui a ses règles cette semaine) mais j’ai oublié d’en mettre un ce matin ! Donc là, sur moi, j’ai un shorty gris clair et un pantalon…ah bah gris clair aussi, tiens. Ohlala, je me sens toute poisseuse, je ferme vite mon manteau (gris) pour cacher les dégâts. La rame est bondée, j’ai mon sac de voyage. Et ben tant pis, je tasse, m’en veuillez pas. Arrivée à destination, toute essoufflée et transpirante avec pile 10 mn de retard (les mêmes que le train) et là, mon rendez-vous n’est pas encore là, ouf. Je jette mes affaires et cours dans les toilettes pour essayer de me débrouiller. Je me désape et… shorty nickel chrome, pantalon idem. Hu ? Ah ben, si, en fait, dans mon demi sommeil, j’ai mis un tampon. Du coup, le midi, je m’a trompé, j’en ai acheté des parfumés avec applicateur rose (pour le temps que je m’en sers…). J’ai peur de sentir le airwick maintenant…

– A propos de train en retard, il faut que la SNCF arrête de dire que le train de 19h41 est à cette heure là car il passe toujours à 45 et donc le train de 45 qui m’intéresse car
il dessert Plumes est à 50. Vivement les horaires d’hiver réactualisées.

– Ma brûlure pèle, c’est méga laid et en plus, ça gratte.
 

– Ok, j’ai dit qu’il fallait s’aimer les uns les autres, tout ça, mais certains cherchent les embrouilles quand même. Lundi, je fais la queue au monoprix pour payer ma pomme et ma
salade de fruits. Alors que je suis à peu près à la moitié de la queue, une femme arrive, les bras plein de courses « pardon, pardon, je veux déposer ça ». Sauf qu’elle n’avait pas
précisé qu’elle allait le poser sur le tapis de caisse et griller quasi tout le monde, sans que personne ne dise rien. Et comme personne n’a rien dit et que j’en ai marre de passer pour l’aigrie de service, j’ai fermé ma gueule. Mais j’avoue que tant de culot me laisse sans voix.

– « Nina, tu veux signer la carte pour Vanessa ? ». Vanessa, une grande brune du bureau qui s’en va. Elle a l’air très sympa mais en un mois, je ne lui ai jamais adressé la parole, je pense qu’elle ne sait même pas comment je m’appelle (mais parce qu’en fait, elle est là juste un jour ou deux par semaine et sa remplaçante qui est là depuis 15 jours commence officiellement lundi. J’ai rien compris). Du coup, j’avoue que j’ai cédé ma place sur la carte parce qu’à part « navrée de ne pas t’avoir connue, bonne continuation, Nina », je vois vraiment pas ce que j’aurais pu écrire…

– Pas de clip cette semaine vu que j’ai pas accès à youtube du boulot et que je mets tout en ligne en avance car ce week-end, je suis pas là !

Suis-moi, je te fuis, fuis-moi…je suis parti

Il y a des dictons qui m’énervent, surtout quand je ne les trouve pas avérés. Parce que bon, si après la pluie vient le beau temps, qu’il vaut mieux un tien que deux tu l’auras, c’est œil pour œil et dent pour dent. Mais je mets la charrue avant les bœufs là. Oui, je trippe un peu toute seule, là, j’espère au moins ne pas avoir perdu la moitié d’entre vous.

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Bon, le dicton qui me saoule en ce moment est, vous l’aurez compris grâce au titre « pierre qui roule n’amasse pas mousse ». Non, je déconne, c’est « suis-moi, je te fuis, fuis-moi, je te suis ». Déjà, j’ai du mal avec les conseils amoureux du genre « si tu veux un mec, tu dois faire ça et pas ça et ça et pas ça… ». Donc, en gros, si je comprends bien, faut que je m’adapte aux désirs de monsieur et que ce que je suis en vrai, on s’en fout. Et je dois cacher mon naturel jusqu’à quand exactement ? Non parce que je vais pas tenir toute une vie non plus…Surtout que je suis du genre à croire qu’il n’y a aucune règle absolue en la matière, tout est question de personnalité.

Revenons à notre fameux « je te suis, tu me fuis, je te fuis, tu me suis ». Donc l’idée de base est la suivante : on ne désire jamais rien autant que ce qu’on ne peut pas avoir. Donc partant de ce principe, il faut se faire désirer. Sur le principe, c’est vrai, c’est meilleur d’avoir quelque chose qu’on a obtenu en se battant. Même si des fois, les trucs qui tombent du ciel, c’est bien aussi. Ceci étant dit, faire des efforts, ok, mais pas trop. Se préparer pour un 5000 mètres et se retrouver à faire un marathon, on va pas tenir jusqu’au bout. En
tant que fille, quand un mec me plaît, je veux bien courir un peu mais pas me faire balader, déjà. Puis surtout à force de courir, je ne vois plus l’arrivée et je me dis que ça n’en vaut plus la peine. En gros, je rencontre Pietro et je le drague mais si au bout d’un moment, le dossier n’avance pas, je laisse tomber. Alors que s’il le faut, Pietro jouait juste le « je te fuis… ». Raté ! Mais arrive un moment où il faut arrêter de jouer et mettre carte sur table. Je te plais, tu me plais, on va perdre encore du temps pour des bêtises ou écrire le chapitre 1 de notre love story ?

Par ailleurs, dans tout ça, ce qui est gonflant, c’est l’impression d’une stratégie amoureuse. Je ne stratégise rien en la matière. Je ne prévois pas de craquer sur un mec et quand ça arrive, je n’établis pas un plan de guerre. Je laisse d’abord faire un peu, pour voir. Ces derniers temps, les mecs qui me faisaient craquer étaient soit en couple, soit en couple et gays, en plus. Je me serais jetée à leur cou, bonjour le ridicule. Puis le premier coup d’œil n’est pas suffisant. Il est craca miaou, ok, mais après ? S’il le faut, il est tellement con qu’au bout d’une demi heure, j’aurai envie de le noyer dans les toilettes. Ou alors, il déteste les chats, les enfants et les dauphins, allez savoir. Peut-être même qu’il a du P. Diddy en sonnerie de portable ! Donc, c’est vrai que j’ai tendance à voir un peu ce qu’il peut se passer sans chercher à concrétiser à tout prix, à établir une stratégie. Quand un mec me plaît, je lui fais comprendre sans me traîner à ses pieds non plus. J’improvise en fonction du moment, je lance des perches, je saisis celles qu’on me tend mais comment prévoir ? On peut se faire des dialogues 100 fois dans la tête, ça ne se passera jamais comme on l’a prévu alors arrêtons de se la jouer stratégie militaire de séduction. Surtout que dans tout ça, j’ai l’impression que l’autre que l’on cherche à séduire devient limite un ennemi à battre. « Si je t’aime, prends garde à toi ! ». Combien de fois on s’énerve « tain, il m’a pas appelé ce con, je le déteste ! ». Et tu l’as appelé, toi ? Non ? Ah. Alors lui, c’est un con de pas appeler mais pour toi, c’est normal. C’est souvent ce que je me dis quand un mec me donne pas signe de vie, au lieu de m’énerver dans mon coin, moi, je lui donne signe de vie. S’il répond pas, là, au moins, c’est clair. Mais faut un peu s’asseoir sur sa fierté mal placée et ses théories à la con et prendre le taureau par les cornes. Parce que si vous jouez à « je te fuis… » et que l’autre aussi, autant vous dire que vous n’êtes pas rendus. Le jeu amoureux, c’est sympa quand on flirte. Sinon, c’est ridicule.

En conséquence de quoi, j’ai décidé d’adhérer au groupe facebook d’utilité publique : suis moi jte fuis, fuis moi jte suce. Avec mon profil Nina, bien sûr, pas la peine d’aller chercher mon vrai nom sur ce groupe !

Les petites annonces

En journalisme, des annonces, il y en a. Peu mais il y en a. La plupart sont regroupées sur le site www.categorynet.com, je vous invite à jeter un œil, si vous êtes curieux. Evidemment, chaque personne demande un profil précis et il est parfois difficile d’oser postuler à certains postes. Non parce que je connais mes compétences, je peux travailler dans pas mal de domaines, je me fous des horaires mais je parle pas russe, je suis pas handicapée, je n’ai pas 10 ans d’expérience, etc. Oui parce que des fois, y a des spécificités bizarres. Qu’on me demande de parler néerlandais quand je postule en Belgique, je peux comprendre. Mais que je parle russe pour un magazine de mode, un peu moins. 

Donc, pour trouver du boulot, répondre à une annonce peut être une bonne idée. Une entreprise qui vous indique gentiment qu’elle a besoin de vous, c’est pas tous les jours !
Bon, on regarde déjà la description du poste. Bon, je suis pas forcément hyper calée en économie (je le suis même pas du tout), je n’ai pas d’expérience en politique mais je tente quand même. Après tout, l’entreprise aura mon CV, on sait jamais, ça pourra toujours servir. Non parce qu’il m’est déjà arrivé d’être rappelée 4 mois après avoir envoyé un CV pour un autre poste. Maintenant, grâce aux mails, on peut en envoyer 150 de CV sans que ça nous coûte un sou, autant en profiter.  

Mais revenons à l’essence même de cet article, la réponse à une annonce. Je regarde les annonces et je regarde celles qui me correspondent à peu près. C’est à dire que si on exige
des langues que je ne parle vraiment pas ou des logiciels que je n’ai jamais vus de ma vie, je zappe. Parce que je suis peut-être pas bilingue en anglais ou italien mais je sais me débrouiller dans ces deux langues et ça revient très vite. Je suis pas un pro de Quark Xpress mais je l’ai déjà utilisé donc je peux me débrouiller dessus. Par contre, je parle pas portugais, russe ou espagnol, je ne connais pas In Design et je suis pas graphiste. Donc bon, faut quand même être raisonnable et ne pas envoyer son CV vraiment n’importe où parce que, du coup, ça peut donner l’impression que j’ai même pas lu leur annonce et que j’ai sauté sur leur mail sans réfléchir.  

Bon, par contre, si je corresponds à peu près, je saute sur l’occasion. Etape 1 : copier le mail. Etape 2 : aller sur ma boîte mail spéciale recherche d’emploi (oui, j’en ai une), prends ma lettre de motivation type et je personnalise. Si je sais à quelle boîte je m’adresse (ce n’est, hélas, pas toujours le cas), je leur fais un peu de lèche, comme expliqué dans
mon article sur les lettres de motivation. Ça montre aussi que j’envoie pas toujours le même courrier quand je postule, ça ne fait pas très sérieux sinon. Donc je parle d’eux, je dis où j’ai trouvé leur annonce. Après le paragraphe classique « ma formation, mon expérience », je mets en lumière les compétences qu’ils exigent, je pousse même le vice à leur proposer quelques articles… Après tout, ne lésinons pas sur les moyens, on postule pour un job, pas pour un jeu concours. 

Je clique sur envoi. Première étape terminée. Là, vous avez plusieurs possibilités :

– vous ne connaissez pas l’entreprise pour laquelle vous avez postulé car il n’y avait aucune précision à ce sujet. Donc une fois le CV envoyé, c’est terminé, on attend la réponse,
si réponse il doit y avoir.

– vous avez le nom de l’entreprise mais vous recevez une réponse automatique « on a bien reçu votre CV, surtout, ne rappelez pas ». On obéit ou pas ? Perso, j’ai tendance à pas rappeler dans ce cas-là parce que, de toute façon, vous n’arriverez jamais à avoir la bonne personne au bout du fil.

– vous avez le nom de l’entreprise, le numéro et aucune consigne au sujet du rappel. Ben, tant qu’à faire… 

Parce que, sachez-le, pour 10 CV envoyés, si on a une réponse (même négative), c’est le bout du monde. Je me demandais pourquoi, y voyant un mépris manifeste pour les pauvres
candidats mais en fait, j’ai eu un élément de réponse quand j’ai passé l’entretien y a trois semaines : c’est parce que seules les premières candidatures sont examinées, les autres partent au panier. Parce que je suis pas la seule à connaître categorynet : dès qu’une annonce y passe, vous pouvez être sûrs que le recruteur reçoit une centaine de CVs dans la journée. Du coup, je suis sur les dents, je réponds dès qu’une me correspond… même le dimanche !

En colère !

(article garanti 0% coup de gueule ou récriminations d’aucune sorte)

Lundi, jour de parution du Elle, je m’empresse donc d’entamer ma lecture. 40ème page, je tombe sur un article qui m’interpelle. Non, pas celui sur « recasons
Patrick Bruel », on s’en fout. Celui sur la colère, là. Résumé : la colère, c’est hype, tout le monde est en colère et même un psy nous explique que la psychanalyse a tout faux de penser que c’est le sexe qui nous guide alors que c’est la colère. Si tu veux, je suis pas psy, je vais pas approuver ou contester. Moi, ce qui m’intéresse, c’est cette « mode », très entre guillemet, de la colère.

Faut dire ce qui est : en ce moment, l’ambiance est pourrie. Non, ce n’est pas lié à la grève parce que mine de rien, sorti de l’Ile de France et ceux qui prennent le train, ça n’a pas touché tout le monde. Et puis, surtout, ça date d’avant. Sarkozy ? Mais il a encore une majorité d’opinion positive (55% le 17 novembre selon Le Monde) donc normalement, si vous demandez aux gens comment ça va, vous avez un petit peu plus de chance de tomber sur quelqu’un qui va bien que quelqu’un qui va pas. Et puis y a pas qu’en France que ça va pas, j’ai l’impression que la grogne est partout. En Allemagne, c’est la grève aussi, en Belgique, y a même plus de gouvernement et on se demande vers quoi on va. C’est même pas l’hiver puisque la crise belge ne date pas d’hier. Sur facebook, y a plein de groupes à base de ras le bol : marre des gens qui restent à gauche sur l’escalator (j’en suis), marre des gens qui marchent lentement dans la rue (j’en
suis), marre des abrutis congénitaux qui écoutent toutes leurs sonneries de portable en public (j’en suis), je crois avoir vu un marre de ceux qui écoutent la musique en public sans écouteurs (j’en suis pas mais j’en pense pas moins). Je suis même dans le groupe « marre des gens qui râlent contre les gens qui râlent ». Bref « moi » (moi, moi mais moi, toi, moi, lui, le moi, quoi) et les autres, on s’aime plus. Tous des cons sauf moi, je l’ai déjà dit.

 

Mais j’en pète de toute cette colère. De cette haine de l’autre. Je ne parlerai pas des débats sur la grève, Marine a déjà démontré les accès ultimes de la connerie haineuse, on va pas y revenir dessus. J’ai un autre exemple. Grâce à LilVirgo, j’ai découvert une perle de connerie et de haine de l’autre, sur le site du Figaro. Au départ, un article (si on peut appeler ça comme ça) dont je vous fais le résumé : il y a un projet de déménagement de l’EHESS à Aubervilliers, dans le mythique 9-3 pour désamiantage de leurs locaux actuels mais les chercheurs ne
veulent pas quitter Paris pour un no man’s land (on les mettrait en pleine friche industrielle). La journaliste se gausse : « huhuhu, ils étudient la banlieue et ne veulent pas y aller, bel exemple ». Et là, c’est parti pour le défoulement en règle anti-« sociologue de gauche » puisque c’est bien connu que pour être sociologue, c’est carrément impossible si t’es pas de gauche. Heureusement, quelques commentateurs plus intelligents que la moyenne ont élevé le débat en faisant remarquer que : a) A l’EHESS, il n’y a pas que des sociologues et que tous
les sociologues ne bossent pas sur la banlieue, b) si c’étaient au sociologues de régler tous les problèmes de société, à quoi servent donc les politiques ? c) Aubervilliers, c’est pas le problème, c’est la déconnexion entre élite intellectuelle parisienne et l’EHESS. Et puis se taper une heure de transport pour aller à la bibliothèque de son bureau, ça fait chier. Sans oublier que les chercheurs sont en général profs et que donner des cours à Aubervilliers où il n’y a pas de campus et de fac, ça sert à rien. Mais de déluge de fiel sur les « chercheurs gauchos qui veulent même pas aller en banlieue alors que depuis le temps qu’on les paye, ils auraient pu trouver la solution » a été la goutte d’eau. J’ai arrêté de parler politique sur le net, c’est impossible de pas se faire agresser dès que t’as pas la même avis que l’autre. Ce qui est compliqué sur un forum où il y a plusieurs personnes. Evidemment, je dirais que le problème du net est
qu’on ne voit pas physiquement la personne, on a même parfois tendance à oublier qu’il y a une personne en chair et en os derrière l’écran qui n’est pas obligée d’apprécier les insultes. Mais l’agressivité est partout, cette colère contre l’autre.

 

Et plus j’y pense, moins je comprends. Angoisse pour l’avenir ? Possible. Il est vrai que si je regarde ma situation perso, salaire sympa sans exploser les scores et que je m’inquiète de mon pouvoir d’achat avec les hausses annoncées des produits laitiers et céréaliers, je n’ose imaginer dans quel état de nerfs sont les gens qui gagnent moins que moi et vivent en région parisienne. Parce qu’à salaire égal, en province, j’aurais un T2 peinarde. Sans parler des guerres, de la pollution et tout ça… Le matin, on se lève, on se prend une avalanche de mauvaises nouvelles. Mais c’est pas nouveau, ça. Alors pourquoi j’ai la sensation qu’aujourd’hui, en particulier, on est à deux doigts de se taper dessus pour des conneries ? D’où ça sort ? J’arrive pas à situer. Mais j’aimerais bien que ça se calme un peu parce que ça en devient invivable.

Société de consommation des corps

Situation type d’une vingtenaire ordinaire. Vous êtes dans un café ou ailleurs pour un papotage en règle avec un(e) ami(e) qui vous raconte sa dernière
mésaventure amoureuse : « alors, tu vois, on passe une super soirée, il me couvre de compliments et tout et le lendemain, plus de nouvelles. Il m’a bloquée sur MSN ce con ! ». Des fois, c’est vous qui racontez cette histoire. Ca marche aussi avec les femmes, hein « elle a pris mon numéro, elle ne s’en est jamais servi alors qu’on avait passé une nuit si torride ! ». Là surgit la systématique explication « tu sais, j’ai l’impression qu’aujourd’hui, on prend, on use et on jette, c’est comme ça ! ».

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Et nous revoici en plein dans le complexe du « nous, de nos 20 ans, on a tout inventé au sexe ». Le délire du « c’est nouveau comme comportement » me fait lever les yeux au ciel. Je me souviens avoir lu un blog il y a très longtemps (je me souviens pas du nom donc pas de lien) d’un gars qui parlait de la baise facile
dans les années 80. Par exemple, il raconte l’histoire d’une nana qu’il croise aux toilettes d’un resto et ils s’enfilent joyeusement. Réel ou fictif, c’est pas la question mais cet écrit révèle bien la facilité de baiser à l’époque où le SIDA n’existait pas, de façon officielle et reconnue du moins. Les années 70, juste après mai 68, le mouvement hippie, faites l’amour pas la guerre, Woodstock… IL me semble que la jouissance des corps était très à la mode aussi. Et que penser de Don Juan et Sade, pour ne citer que des exemples connus, collectionneurs compulsifs de conquêtes ?

Une fois de plus, je dirais qu’on n’a rien inventé en matière d’amour et qu’il faut arrêter de se désespérer de cette époque qui pousse aux amours consommables et vite consommées. Meetic simplifie la chope ? Parce que vous pensiez sincèrement qu’avant meetic, il n’y avait pas le minitel ? Avant le minitel les petites annonces ? Des lieux de rencontre pour fast love ? Des individus qui disparaissent une fois leur coup tiré ? Bien sûr, d’un point de vue juridique, il est plus facile de se séparer qu’avant, la procédure de divorce se simplifie d’années en années mais en déduire qu’aujourd’hui, on se sépare plus facilement de ce conjoint devenu boulet est pour moi une erreur. Ce n’est pas une question d’époque, au fond, c’est une question de caractères. IL y a les hommes d’une seule femme et les femmes d’un seul homme et ceux qui, comme dirait ma mère, « naviguent ».

C’est dans tous les domaines pareils. Qui ne connaît pas, de près ou de loin, quelqu’un qui aligne les petits boulots car il démissionne à la première épreuve ?  Lâcheté ? Sans doute un peu même si ça ne doit pas être facile à vivre non plus.

Je parle caractère mais c’est aussi parfois une question de passade. Y a des moments où on veut aucune chaîne et dès que l’autre fait mine de
s’attacher, on disparaît. Parce qu’au moment M, on ne se sent pas capable de tenter le couple. Lâche, sans doute toujours, mais c’est pas tellement la question. Puis c’est aussi une question de lieu et de milieu : les grandes villes favorisent les rencontres et les attitudes consuméristes (même si ce n’est pas non plus une obligation). Les longues études poussent souvent à n’envisager la vie privée qu’une fois les études terminées, donc plus tard que ceux qui ont fait des études courtes et travaillent déjà. A l’arrivée, qui est concerné par cette volonté consumériste des corps ? Souvent les « intellectuels », les jet setteurs, bref, ceux qui prennent la parole et semblent donc être porteur d’une tendance, d’un mouvement. Mais qui a la vie d’une Catherine M. ou même d’un Frédéric Beigbeder en dehors d’un certain milieu qui est en effet très visible mais pas forcément représentatif ? Je vous pose la question. Maintenant, dès qu’on se plaint du connard (connasse) qui ne nous a pas rappelé, on nous répond, fataliste : « bah, oui, tu sais, aujourd’hui, les gens baisent et puis basta, c’est tellement facile… ». Et bien, je suis contre ce fatalisme, moi. Ce n’est pas la société qui veut ça mais l’abruti(e) qui s’en est allé sans demander son reste. Nous ne sommes pas forcément condamnés à des vies amoureuses en puzzle, c’est avant tout une question de chance et de contexte. Mais ce serait bien que tout le monde comprenne bien que le fait de ne pas parler de mariage au petit
déjeuner après une folle nuit de sexe n’est pas un accord tacite pour ne plus jamais se parler. Peut-être faut-il inventer ses propres codes amoureux pour faire comprendre à l’autre que même si on lui promet pas l’amour pour la vie dès le premier petit déjeuner, on aimerait bien partager un bout de chemin ensemble. En général, je demande quand on se revoit. Si on me répond « j sais
pas, on en reparle »,veuillez comprendre « non mais c’est bon, on a passé une nuit ensemble, ça suffit. Tu vas où là ? ». Au lieu de dire un bête « non, on en reste là » mais c’est sans doute pas très poli.

Bref, je pense pas qu’il y ait plus de sexe consumériste qu’avant, vraiment pas. Je pense juste qu’avec les blogs et tout ça, on peut tous en parler,
que certains en ont fait leur fond de commerce et que ça donne cette impression là. Mais ce n’est pas parce que blogueur X dit qu’il baise à tout va que c’est forcément représentatif de quoi que ce soit. Déjà que c’est même pas sûr que ce soit représentatif de sa sexualité à lui…

Tu m’écoutes ? Non j’t’audite…

Par Lucas

Sujet : Dans une étude argumentée et construite, vous analyserez l’annonce d’emploi  suivante reçue sur la boite mail de votre école de commerce…

 

Titre : Futurs diplômés, rejoignez CSP Plus Plus, l’un des leaders mondiaux du conseil.

 

Un début qui donne le ton : une accroche musclée grâce à un déséquilibre travaillé. Une incantation mise en apposition (« Futurs Diplômés« ) qui nous fait chuter vers l’inconnu en trébuchant sur la virgule. Heureusement, voila la proposition relative « rejoignez CSP Plus Plus » qui nous offre un parachute doré (36K€) et nous fait retomber sur nos pattes. CSP Plus Plus nous offre donc une proposition à forte valeur trouducutoire  ajoutée grâce à un pluriel sibyllin : « leaders mondiaux du conseil« . Il convient de dénoncer cette incohérence odieuse et cette malhonnêteté intellectuelle. Par définition, « le leader » est unique. Il  assurer un leadership donne une direction au travers d’une image
de chef.  En outre, l’incohérence totale saute immediatement aux yeux du passant honnête : comment un jeune diplômé fraichement émoulu de son école et qui n’a que deux trois expériences à son actif, comment donc ce jeune là peut-il être de bon conseil ? Parce qu’il est intelligent ? Parce qu’il a fait Sup de Co Reims et qu’il a donc un niveau intellectuel nécessairement supérieur
à un mec qui a fait Sup de Co Vesoul ?

Dès son introduction, notre interlocuteur se pose donc en faux et démontre à quel point son boulot est insignifiant. « Mais tu comprends l’audit ça fait joli sur un CV alors je pense que je vais postuler quand mê… »

Aujourd’hui, vous le savez, les technologies de l’information se placent au cœur des enjeux stratégiques de l’entreprise, en transformant leurs activités et en accélérant leur développement.

L’auteur commence son propos d’un « Aujourd’hui » introductif afin de nous rappeler qu’il est un homme du présent, de l’action, de l’efficacité. Il recherche notre confiance en flattant notre égo d’un « vous le savez » car si on a fait Reims c’est automatiquement qu’on a une culture économique de ouf gueudin et qu’on sait tout sur tout. Il évoque les sibyllines « technologies de l’information« , un fourre-tout facile qui nous parle mais sans idées précises. C’est là un phénomène recherché, un flou artistique. L’auteur continue son propos pour mieux nous rassurer avec la tendresse du cœur… et les questions « stratégiques« . La stratégie : que voila un sujet passionnant pour le futur cadre, homme de responsabilités. Ainsi remis sur un terrain de confiance, nous pouvons être flatté dans le sens du poil avec les promesses d’un quotidien aussi intense qu’haletant. Ce n’est pas pour rien que l’auteur choisit les mots « activité » et « développement » et surtout les verbes « accélérer » et « transformer« . Enfin de l’action, que diable !

 Les consultants sont donc devenus indispensables. Mais les compétences sont rares et les besoins aujourd’hui bien supérieurs aux ressources disponibles.

Le lien logique avec le paragraphe précédent (« sont donc devenus« ) est aussi sibyllin qu’évanescent. Avec cette phrase qui se veut modestement dithyrambique, l’auteur fait une belle figure de style : une raffarinade. En outre, il tente de déguiser son angoisse. Celle de ne pas réussir à trouver des troupes, des jeunes à envoyer la fleur au fusil et le tableur Excel à la main chez le client. Il évoque des compétences mais ne développe pas dessus. Il reste évasif pour mieux attirer le chaland. Il sait bien que le turn over en audit est très fort du fait de la vacuité du boulot. Saluons donc son effort consistant à rendre son taff attractif en créant un phénomène d’attente.

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Avec cette affirmation qui se veut paternaliste, enjouée et qui déguise une jubilation intérieure, le recruteur travaille en cohérence avec ces compagnons DRH d’autres boites. Il cherche à donner une légitimité au stage de fin d’études qui est un concept répugnant. Ce stage n’est en fait rien d’autre qu’une première expérience avec, pour le stagiaire, les mêmes impératifs de réussite, les mêmes pressions pour les rendus, la même expérience glanée. Tout ça pour un salaire ridiculement bas et encore t’as de la chance nous on les paye les stagiaires (ramené au nombre d’heures travaillées, on est en juste au dessus du SMIC malgache). Heureusement qu’on va apprendre plein de trucs et qu’on aura le label « j’ai fait de l’audit » pour compenser. Ouhai
heureusement)

Un Master à Paris Dauphine pour devenir un expert ERP !
Vous êtes attiré par le métier de consultant ERP mais souhaitez perfectionner votre formation ? CSP Plus Plus vous invite à vous inscrire à la prochaine promotion de son Master Consulting & Systemes d’infos à l’Université de Paris XV Odéon Plage : un cursus d’un an en apprentissage, qui vous garantit une formation ciblée et un emploi de consultant ERP à la sortie. Les inscriptions seront ouvertes en mars 2008.

Enfin un point positif dans cet amalgame de suffisance et de non dits scabreux : une formation pour affiner les enseignements de Sup de Co. Pour autant, le propos est ici sibyllin et maquillé à grand renfort d’un vocabulaire à la con (« expert », « consulting »,) et de points d’exclamation hypocrites : toi aussi deviens un expert de l’expertise !

Là encore, on ne le dit pas les choses explicitement…

Le consulting est un art : celui d’observer pour déduire, de regarder pour mieux faire évoluer, d’écouter pour mieux proposer, d’observer la réalité pour la sublimer…
Rendons grâce à cette démarche : c’est bien la seule chose à retenir de cette annonce.

Néanmoins…
Vous connaissez le proverbe « Qui veut la fin veut les moyens« …  

 

Le consulting c’est exactement le contraire et on pourrait en faire une devise pour cette activité. Etant donné qu’avoir un « objectif » c’est ne pas tomber dans la « médiocrité », je me décharge de toute responsabilité quand aux jeux de mots et aux sens qu’on pourrait donner aux mots « fin » et « moyen »…

Consulting : quand le moyen devient une fin…

La culture de la gratuité

Discussion jeudi avec Summer : « je suis dégoûtée, y en a encore un qui nous a lâché pour mister personnality, je n’organiserai plus de concours ! ». Et là, je déballe ma science de community manager (j’adore ce terme) : « Ben ouais mais tu comprends, les gens, ils sont passifs souvent, s’il n’y a pas de carotte au bout, ils restent spectateurs, c’est comme ça ». C’est vrai qu’un verre avec la girlie team, c’est moins tentant qu’un iphone, un blackberry ou un sony vaio.
Mais si j’avais les moyens d’avoir tout ça, je les aurais déjà pour moi ! Enfin, pas l’i phone, j’ai vraiment du mal avec le truc mais le blackberry et le sony vaio par contre…

 

En 7 mois d’expérience de community manager (j’adore ce terme, hihihi), j’ai dû mettre en place nombre d’animation dont le but est de faire participer les internautes pour générer de l’action. Oui, les résultats se mesurent en terme de nombre de commentaires et d’articles postés sur les forums mais aussi en nombre de messages postés sur le forum de TMF.com à l’heure actuelle. D’ailleurs, c’est la cata, sur TMF.com, on voulait un certain nombre de messages par jour, on n’en est qu’à la moitié. Bouh ! Mais le problème est que si on n’offre rien à l’internaute, il ne voit pas l’intérêt de participer. Dans mon ancien taf, on avait les bons points, le truc qui ne sert strictement à rien mais qui déclenche des guerres pas possible entre les blogueurs. Parfois, on proposait des vrais lots comme des téléphones portables et là, la participation explosait. Dans mon boulot actuel, on a instauré des points sur un des forums, géré par Simon et ça marche ! Alors que sur TMF, on gagne rien et la plupart des messages sont de la pub. Autre info intéressante : moins le concours demande d’effort, plus les gens participent. En gros, si je lance un concours « écrivez une phrase en comm », par exemple, il y aura beaucoup plus de participants que pour un concours plus créatif qui consistera à aller prendre des photos ou produire un vrai texte. C’est le jeu ma bonne Lucette.

Je crois que nous en sommes arrivés à une telle société du spectacle qu’aujourd’hui, il paraît naturel de prendre sans rien donner en retour, sauf s’il y a un cadeau à la clé. On attend que les autres fassent le show pour nous (en gros). Des fois, ça me fait un peu l’effet des jeux du cirque à Rome, les morts en moins, on se régale de la lutte, de la sueur des autres. Par exemple, je pense que sur tous les téléspectateurs d’une émission de la télé, il n’y a pas 20% qui aimeraient se retrouver à la place des candidats. Par exemple, Secret Story, émission qui ne nécessitait aucun talent particulier. Les candidats passent leurs journées avachis sur des canapés à discuter, s’engueuler… C’est à la portée de tous. Qui l’a regardé et qui aimerait être à leur place ? Pourtant, si on regarde, c’est que ça nous amuse. Mais c’est aux autres de se mouiller, pas à nous. On attend que les gens produisent le spectacle et s’ils ne sont pas à la hauteur,

on se plaint. Tu donnes, je prends, si j’aime pas, je jette. Le cas des concours sans lot à faire pâlir d’envie ton voisin est typique : quand on a lancé le concours mister personnality, un candidat a jeté l’éponge sous prétexte qu’il ne voulait pas jouer sérieusement. Le fait que nous, on l’organise sérieusement, que Summer y passe du temps et co, c’est normal. Mais que le candidat
bouge son cul pour écrire un article tous les 15 jours, là, c’est un scandale enfin ! Lui, il a une vie, il n’a pas que ça à faire. Alors que nous, si, apparemment. Le fait de s’engager dans un jeu, même sans contrat et sans lot, apparemment, n’est pas une raison pour le faire jusqu’au bout. Bien sûr, il peut y avoir des cas exceptionnels : lors de mister vingtenaire, on avait perdu Lucas22, ce qui m’avait étonnée mais quelques jours plus tard, explication : « mon net est tombé en rade, j’ai pas pu me connecter avant ». Ok, je comprends.

Mais bon, c’est vrai que des fois, y a de quoi désespérer, nous, on investit du temps et on n’a rien en retour. Bien sûr, il m’arrive aussi de vouloir participer à un concours Internet et de laisser filer le temps au point que j’ai raté la dernière échéance. Bien sûr, certains concours ne correspondent pas à mes capacités comme les concours dessin, par exemple. Mais des fois, les gens ne se rendent pas compte que ce qu’on fait n’est pas gratuit non plus, on ne le fait pas juste pour amuser les foules, ça prend du temps et on n’en a pas non plus à profusion. Summer est dégoûtée à vie des concours à organiser,moi, je n’en ai plus envie non plus, donner tout le temps sans ne rien recevoir, c’est limite chiant. Surtout quand on se fait en plus cracher à la gueule. Même écrire des articles prend du temps, on vous en donne un tous les jours (je sais, on n’est pas obligés, ce n’est pas ce que je veux dire), l’immense majorité des lecteurs ne dit rien, ne réagit pas. Parfois sans doute parce qu’il n’a rien à dire. Souvent parce que la place de lecteur anonyme est plus confortable. Mais c’est vrai que des fois, on aimerait juste un petit retour. Mais je crois que c’est, ce n’est pas trop à la mode. A y penser, je crois que ça ne l’a jamais été.

EDIT : Puisque vous n’êtes même pas capable de lire un article en entier et en détail avant de me faire un procès, JE NE VOUS REPROCHE RIEN alors merci d’arrêter de m’insulter. Je parle d’un phénomène GENERAL prenant des EXEMPLES que je connais mais cet article n’est pas un reproche. SI 10 d’entre vous ont compris, c’est que ce n’est pas impossible. Prochain
comm qui me dit que je suis chiante de me plaindre ou qui me traite de merde, je ferme les comms sur cet article. Vous n’êtes pas capable de lire un article correctement, je vois pas pourquoi je devrais subir vos reproches (alors que je ne vous en fais pas, c’était écrit en toute lettre dans l’article)

La liste de la fille qui a eu une semaine pépère

Mais qu’est-ce que je vais vous raconter ?

– Je n’ai toujours pas d’adresse mail pro. Apparemment, je paie le fait d’avoir eu un ordi et mon bureau de suite. Mais bon, ça devient quand même super handicapant.

– Les responsables de communautés (ou community manager, comme dit Simon pour qu’on comprenne encore moins notre taf) sont de gros malades. Bon, je peux pas vous expliquer exactement pourquoi parce qu’il y a des choses qui ne s’écrivent pas sur un blog concernant le taf. Mais en très gros, on a pris un sacré délire qui nous a fait marrer tout jeudi après-midi (et un peu vendredi). Mais je pense qu’en fait, nous sommes tous déséquilibrés, ce qui fait de nous de merveilleux community managers

– Vendredi, petit déj au boulot. C’est normal que je ne reconnaisse pas la moitié des gens ? Y en a plein que j’avais jamais vu… On a fait une embauche massive ou quoi ? Mais bon, il paraît qu’on est 150, j’ai jamais vu plus de 30 personnes au bureau… Mais faut dire que cette semaine, j’ai découvert le bureau des développeurs, je savais même pas qu’il y en avait un (de bureau, hein, pas de développeur)

– Y a des moments, je suis désespérée par ma boulettitude étourderie qui fleure la pathologie, là. Par exemple, ça fait deux mois que mon code pour entrer dans mon appart a changé, 2 mois que je persiste à taper l’ancien. A mon nouveau taf, pour aller à l’espace détente, faut descendre au sous-sol, à l’open space graphiste. Pour y aller, il faut passer devant l’accueil, remonter un couloir et au bout aller à gauche. Moi, je persiste à aller à droite, dans le bureau des éditeurs qui me regardent toujours bizarre. Mais euh…

– S’exclamer bruyamment qu’on va créer le syndicat de la boîte sur facebook (mes revendications sont une adresse mail et des tiroirs) alors que le big boss de la boîte entre dans le bureau en même temps, c’est peut-être pas l’idée du siècle (mais ça va, hein, j’ai pas eu de reproches).

– Vendredi, j’ai repris le RER, presque 15 jours que ça m’était pas arrivée, j’étais toute émue. Surtout que je suis arrivée au boulot vachement plus vite !

– J’ai des conversations passionnantes sur MSN, des fois. Best of « les mister freeze bleus étaient la framboise, c’est pas logique, ça doit être pour les différencier de celui à la fraise… Ah non, j’ai cherché sur le net, il est à la passion ! ». « J’aime pas trop Gibbs de NCIS. De toute façon, le mec, ça fait 4 ans qu’il ponce son bateau, c’est louche. Il est accro à la sciure de bois où il ponce juste quand y a une nana parce que la menuiserie, c’est sexy et poncer, ça fait saillir les muscles ! ».

– Lundi matin, me voici dans la station de métro, à attendre la rame (c’est fou, non ?), le walkman sur les oreilles. Sur un banc, une vieille fait la manche et interpelle les gens en criant « s’il vous plaît, s’il vous plaît, S’IL VOUS PLAIT ! ». Je lui fais un signe pour lui indiquer que j’ai rien et là, je commence à me faire engueuler mais d’une force. Comme je supporte pas ça, je commence à crier moi aussi « NON MAIS CA VA PAS ???? ». Là, une dame passe à côté de moi et me dit, gentiment « non mais faut pas s’inquiéter, elle est tout le temps comme ça. » Ok mais curieusement, se faire agresser dès le matin, je suis pas fan. Enfin, deux minutes après, une personne a subi pareil.

– Dans la série, la grève et la contestation m’inspire, après ma grève (fictive) pour avoir mon adresse mail, opération « je proteste contre la nouvelle pub des produits laitiers ». La musique est tout simplement insupportable, sans parler de la gueule de la pub, les petits personnages sont hideux et la pub interminable en plus. Je préférais vraiment la pub avec le lait qui perlait sur le ventre de la fille ou la nana qui s’essuie le lait au coin de la bouche, figurant le sperme donneur de vie (ou pas).

– Alors, cette semaine, je vous laisse choisir entre la Nina garce et la Nina gentille, je vous mets le clip des produits laitiers(la pub ignoble, là) et un clip plus mieux pour me faire pardonner de n’avoir rien vécu d’exaltant cette semaine. Mais c’est la faute à la grève et à l’hiver.

Moi, je m’entends pas avec les autres filles

J’aime observer mes congénères, ça m’occupe. En lisant pas mal de blogs et en écoutant pas mal de conversations, je remarque un truc récurrent. Le grand argument de séduction des femmes est : « moi, je m’entends pas avec les autres filles ». Sous entendu : elles sont connes, futiles et hypocrites. Moi pas.

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Globalement, il est vrai que l’amitié féminine est parfois plus instable. Mais j’avoue que j’ai du mal à m’exprimer sur l’amitié masculo-masculine vu que je suis pas un mec. Je sais pas pourquoi mais il me semble que les femmes ont besoin d’être aimées par tout le monde, ce qui engendre une certaine hypocrisie. Souriante par devant, langue de pute par derrière. Je ne condamne pas le langue de putage, on en fait tous et toutes à un moment mais c’est vrai qu’à un moment, quand quelqu’un me saoule trop, j’évite de le voir et point. On s’apprécie pas, c’est pas la peine de faire semblant, la vie est trop courte pour se faire chier.

Mais je trouve les femmes dures entre elles. Oui, je suis futile parfois, oui, il m’arrive parler fringues et maquillage mais quand je lis certains trucs, je me rends compte que je suis une méga petite joueuse. Je lisais l’autre jour l’excellent blog de viscose et acrylique qui m’a fait mourir de rire et certaines citations de blogs me donnaient envie de distribuer des baffes. Malheureusement, ce blog n’est déjà plus, je suis dégoûtée ! Si la marque des fringues est un critère de sélection pour certaines, je suis éliminée d’office. Mais bon, je revendique ma part de futilité. J’aime les jolies choses, j’ai pas toujours les moyens de les acheter, rarement d’ailleurs. Mais j’ai des yeux pour voir, c’est comme Jean-Baptiste Elissalde : je pourrai jamais l’avoir mais c’est pas pour autant que je vais pas le regarder et expliquer à ma mère qui le trouve craca miaou : « ça, c’est exactement mon style de mec ».

Futile,oui, conne non. Pourquoi la lecture de Cosmo ou Glamour m’empêcherait de lire Le Monde ou Courrier International, de m’intéresser au monde qui m’entoure ? Une fille, c’est pas tout rose ou tout noir, c’est tout un tas de nuances. Comme les mecs, d’ailleurs, tiens. Alors quand j’entends ça, le « je m’entends pas avec les autres filles », je me demande si, quelque part, c’est pas un rejet de sa propre féminité. Si je prends mon cas personnel, j’ai été dans cette logique de « j’aime pas l’amitié féminine ». Oui, j’ai été déçue par certaines nanas, découvert l’hypocrisie féminine mais tous les mecs ne sont pas francs du collier non plus et j’ai aussi de belles amitiés féminines. 25 ans d’amitié avec Anne, par exemple, la girlie team, c’est pas rien, tout ça. Oui, avant, je crachais sur la presse féminine parce que c’est futile, gna gna gna. Mais toute la presse féminine n’est pas que futile et puis même, ça fait du bien de lire des trucs de fille. J’ai pas envie d’être sérieuse tout le temps, quel intérêt de toute façon ? Mon cerveau aime bien se détendre des fois aussi. Des fois, ça m’amuse d’imaginer ce que pourrait penser quelqu’un qui me voit lire dans le métro tous les jours. Un jour, Elle, Technikart ou Cosmo, le lendemain, Harry Potter ou Lucia Extebarria, le surlendemain, un docu fiction sur Alexandre Litvinenko. Ben oui mais tout ça, c’est moi. Et si je suis si riche, je vois pas pourquoi les autres filles ne le seraient pas. Avec la girlie team, on peut passer une soirée à se vernir les ongles en grignotant des macarons Ladurée tout en parlant politique, état du monde et de la société. Aujourd’hui, j’assume totalement ma féminité : oui, j’ai envie d’être jolie et de me vêtir/maquiller en conséquence, je cours après une certaine sveltesse (mais pas trop parce que ma silhouette idéale reste féminine). Oui, j’aime commenter la plastique des beaux mecs et raconter les derniers potins avec mes copines. Et alors ?

Je ne dis pas que toutes les femmes aiment ce côté girlie, certaines n’aiment vraiment pas les magazines féminins, la mode, le maquillage… Ca n’en fait pas de « fausses » femmes pour autant. Tout en nuance, toujours. Mais est-ce pour autant qu’il faut rejeter toutes les femmes, « toutes des connes sauf moi ? ». Après tout, je pense avoir assez de qualité à moi toute seule pour pas séduire en me comparant aux autres. J’existe avec ou sans elles. Moi, je suis girlie sans atteindre les sommets, j’aime me bichonner, m’habiller, me maquiller et mes coupines. Si ça dérange futur monsieur, je pense qu’il vaut mieux s’arrêter là. Tu dois craquer sur moi, jeune homme, pas sur un avatar crée de toute pièce pour coller à ton idéal. Puis comme on dit, chassez le naturel, il revient au galop !

La lettre de motivation

Alors, maintenant qu’on a un CV parfait ou à peu près, il faut rédiger cette lettre. En sachant qu’il y a à peu près une chance sur trois qu’elle soit lue. Non parce qu’il ne faut pas être naïf. Le recruteur lit votre CV et s’il plaît, il jette un œil sur la lettre de motivation. Là, elle peut faire la différence mais si le CV n’est pas bon dès le départ, la lettre ne servira à rien. Hé oui. Mais c’est pas pour autant qu’il faut s’en dispenser.

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Alors, à quoi ressemble une jolie lettre de motivation ? Bon, on met notre adresse à gauche, histoire que le recruteur sache qui parle. La date à droite, la personne à qui l’on s’adresse en dessous. Avant de commencer votre prose, surtout, précisez ce que vous lui voulez, à la personne. Non parce que ne croyez pas que le recruteur va lire votre lettre jusqu’au bout pour apprendre à la fin que vous cherchez un stage ou un job. Non, il veut le savoir de suite et on le comprend donc on lui mâche le travail. Soyons humains et
charitables.

Maintenant qu’on a clairement défini à qui on parle et ce qu’on lui veut, il est temps de prendre la parole, justement, d’écrire ce texte qui fait que le recruteur nous voudra. Car une lettre de motivation me fait souvent l’effet d’une demande en mariage : toi, moi, nous pour l’éternité. Ne vois-tu pas à quel point notre union ne peut être que parfaite, mon amour ? Mais dans la séduction comme en recherche d’emploi, faut un peu de subtilité. Un « Seigneur, mademoiselle, votre beauté est telle que j’ai cru un instant être plongé en plein rêve » vaudra toujours mieux qu’un « oh, zyva, meuf, comme t’es trop bonne ! ». Parce qu’il faut d’abord flatter l’entreprise. Nous sommes les dragueurs, nous devons la brosser dans le sens du poil. Je veux travailler chez vous parce que votre entreprise est prestigieuse, perspectives d’avenir, rigueur et professionnalisme, philosophie du travail que nous partageons… Bon, le recruteur n’est pas dupe, il sait que j’ai envoyé la même lettre à pas mal de gens, c’est le jeu. Mais faisons semblant quand même.

Bon, après avoir flatté la belle (entreprise), il faut la convaincre qu’elle ne trouvera pas mieux que nous donc allons-y pour l’exposition de nos qualités et talents. On exhibe nos diplômes comme d’autres leurs biceps, on en met plein la vue avec nos expériences et nos compétences mais il ne faut point trop en faire. Nous sommes des séducteurs, pas des dragueurs lourds de bord de plage. George Clooney plutôt qu’Aldo Maccione. D’ailleurs, ce je n’est rien sans ce nous auquel nous aspirons. Là, il faut expliquer ce que je peux
apporter à l’entreprise, ce que nous ferions de beau ensemble. Un site Internet riche en contenu, des articles écrits d’une plume acérée et cynique ou légère et amusante (ça dépend qui vous visez aussi), un reportage parfaitement soigné, une émission radio dont le concept ne peut que séduire… On vend du rêve, quoi ! Mais de façon convaincante tout de même. On promet pas un voyage au
bout du monde quand on est RMIste, par exemple. 

Bien sûr, dans toute tentative de séduction, les mots comptent surtout quand, comme moi, vous travaillez dans un métier de l’écrit. Aucune faute d’orthographe ou de grammaire ne doit passer, ce serait comme un rot au milieu d’un dîner romantique, c’est inenvisageable. Au-delà de ça, le choix des mots est important. Les répétitions, c’est pénible à lire, on évite. Mais surtout n’utilisons pas un mot pour un autre et ne faisons pas dans le ronflant. On cherche l’efficacité donc certains mots pompeux peuvent être évités. Je crois que la méthode la plus efficace est encore de rester le plus proche possible de son style habituel, ça évitera les phrases lourdes et les tournures suspectes. Personnellement, il y a des mots que je n’ai pas l’habitude d’utiliser, je vais pas les mettre dans ma lettre de motivation juste pour faire genre. C’est quand même moi que je vends, à l’arrivée, pas mon voisin.

Enfin, le truc pour laquelle je suis super mauvaise : la conclusion. Bon, j’indique que j’attends une réponse avec un « dans l’attente
d’une réponse de votre part », ce qui ne veut pas dire que je le relancerai pas si j’ai pas de nouvelles. J’indique aussi que je suis libre quand il veut, où il veut « je suis disponible pour tout entretien ». Par contre, à la fin, trouvons la bonne formule de politesse. Moi, j’aime bien le cordialement mais pour un recruteur, ça le fait pas donc je lui envoie mes salutations distinguées et je le prie de les accepter.

Voilà, ma lettre est déjà finie mais elle doit faire moins d’une page aussi (donc être plus courte que cet article) donc ça va vite. On relit. Pas de fautes ? Notre numéro est le bon ? Je m’adresse à la bonne personne ? Alors, c’est parti, on clique sur envoi.