La minceur des people, tout est relatif

Régulièrement, je lis la presse féminine et depuis quelques temps, je constate un truc étrange… Les commentaires sur la sveltesse (ou non) des célébrités féminines. Bon, masculines aussi mais moins puisque qui dit magazine féminin dit lectRICE dit on se compare aux stars. Enfin, normalement.

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Or, la majorité des stars sont belles et athlétiques. Forcément, moi, j’aurais 3h de sport par jour, je serais ultra goalée aussi. Mais voilà, ma profession ne m’impose pas d’être d’une sveltesse exemplaire et si je veux faire du sport, je suis priée de le faire hors heures de bureau. Je peux même pas négocier, je ne rencontre quasi jamais de clients et
mon poids de base ne menace pas les chaises du bureau. Alors du coup, dès qu’une star a un gramme de cellulite et je dis bien un gramme, on la montre du doigt en ricanant. Des fois même quand on suppose que la star a pris 3.5 g pendant le réveillon (cf cet article hallucinant). Haaaaaaaaaaan Britney, elle est grasse et Demi Moore aussi (enfin, plus maintenant) et Rihanna, et Lady Gaga et je ne sais plus qui…

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Vous allez me dire, quand son corps est un outil de travail (enfin, façon de parler), c’est légitime qu’on se permette de critiquer, même si ce n’est pas très fin. Surtout quand la différence entre la version naturelle et la version photoshopée s’élève à 10 kg à minima. Ok, admettons. C’est vrai qu’on pourrait y voir une volonté de montrer la réalité, que les chanteuses n’ont pas 3 mètres de jambes, blablabla. Mouais mais je suis pas sûre de saisir l’intérêt de fustiger le moindre gramme de graisse quand même, ce n’est pas un bon exemple pour la jeunesse.

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Ah mais si, justement, je suis mauvaise langue ! Les magazines ont décidé d’aller dans la décomplexion et de nous mettre des femmes avec des formes. Ouiiiiiiii ? Là, je pouffe un peu. Dans le même numéro, on nous colle une nana taille 42 nous expliquant qu’elle est mannequin grande taille mais trop belle, elle s’assume, yahoo ! Mais à côté, on a droit à tout un tas de mannequins tellement photoshopées qu’on se demande encore comment leurs immenses jambes si fines peuvent tenir leur cage thoracique. Mais surtout, j’ai l’impression qu’on applaudit toutes les excentricités des + de 36 (la taille, pas l’âge) car elles s’assument.

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Cas concret : Beth Dilo des Gossip. Alors là, tout le monde crie au génie, à la meuf trop cool parce qu’elle est obèse (oui, je suis désolée mais là, oui)mais se fringue hypra moulant, elle s’assume. Non mais pardon mais c’est atroce, c’est vulgaire, c’est moche, rien de ce qu’elle porte (fringue ou maquillage)ne la met en valeur. Prenez Marianne James, par exemple, elle, elle sait se mettre en valeur. Je l’ai croisée une fois dans la rue, elle est juste sculpturale, il n’y a pas d’autres mots. Beth, on dirait un rôti. Mais le pire dans l’histoire, c’est que quand Britney Spears porte une tenue similaire, ça rit grassement sur sa cellulite. Politiquement correct, vous avez dit ?

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Parce que oui, j’ai la sensation que derrière tout ça se cache une immense hypocrisie qui finir par me crisper légèrement. Se moquer des filles sveltes, c’est trop cool, allons y gaiement. Mais les autres, oh bah non, alors, louons leur féminité, leurs rondeurs en des termes tellement édulcorés et métaphoriques qu’on sent que le sujet met vaguement mal à
l’aise…


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J’ai lu quelque part que le magazine idéal serait celui où toutes les femmes seraient traitées de la même façon (et avec la même visiblité). C’est pas gagné. En attendant, j’ai pas compris si je devais être très mince ou très grosse…

Moi, je m’entends pas avec les autres filles

J’aime observer mes congénères, ça m’occupe. En lisant pas mal de blogs et en écoutant pas mal de conversations, je remarque un truc récurrent. Le grand argument de séduction des femmes est : « moi, je m’entends pas avec les autres filles ». Sous entendu : elles sont connes, futiles et hypocrites. Moi pas.

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Globalement, il est vrai que l’amitié féminine est parfois plus instable. Mais j’avoue que j’ai du mal à m’exprimer sur l’amitié masculo-masculine vu que je suis pas un mec. Je sais pas pourquoi mais il me semble que les femmes ont besoin d’être aimées par tout le monde, ce qui engendre une certaine hypocrisie. Souriante par devant, langue de pute par derrière. Je ne condamne pas le langue de putage, on en fait tous et toutes à un moment mais c’est vrai qu’à un moment, quand quelqu’un me saoule trop, j’évite de le voir et point. On s’apprécie pas, c’est pas la peine de faire semblant, la vie est trop courte pour se faire chier.

Mais je trouve les femmes dures entre elles. Oui, je suis futile parfois, oui, il m’arrive parler fringues et maquillage mais quand je lis certains trucs, je me rends compte que je suis une méga petite joueuse. Je lisais l’autre jour l’excellent blog de viscose et acrylique qui m’a fait mourir de rire et certaines citations de blogs me donnaient envie de distribuer des baffes. Malheureusement, ce blog n’est déjà plus, je suis dégoûtée ! Si la marque des fringues est un critère de sélection pour certaines, je suis éliminée d’office. Mais bon, je revendique ma part de futilité. J’aime les jolies choses, j’ai pas toujours les moyens de les acheter, rarement d’ailleurs. Mais j’ai des yeux pour voir, c’est comme Jean-Baptiste Elissalde : je pourrai jamais l’avoir mais c’est pas pour autant que je vais pas le regarder et expliquer à ma mère qui le trouve craca miaou : « ça, c’est exactement mon style de mec ».

Futile,oui, conne non. Pourquoi la lecture de Cosmo ou Glamour m’empêcherait de lire Le Monde ou Courrier International, de m’intéresser au monde qui m’entoure ? Une fille, c’est pas tout rose ou tout noir, c’est tout un tas de nuances. Comme les mecs, d’ailleurs, tiens. Alors quand j’entends ça, le « je m’entends pas avec les autres filles », je me demande si, quelque part, c’est pas un rejet de sa propre féminité. Si je prends mon cas personnel, j’ai été dans cette logique de « j’aime pas l’amitié féminine ». Oui, j’ai été déçue par certaines nanas, découvert l’hypocrisie féminine mais tous les mecs ne sont pas francs du collier non plus et j’ai aussi de belles amitiés féminines. 25 ans d’amitié avec Anne, par exemple, la girlie team, c’est pas rien, tout ça. Oui, avant, je crachais sur la presse féminine parce que c’est futile, gna gna gna. Mais toute la presse féminine n’est pas que futile et puis même, ça fait du bien de lire des trucs de fille. J’ai pas envie d’être sérieuse tout le temps, quel intérêt de toute façon ? Mon cerveau aime bien se détendre des fois aussi. Des fois, ça m’amuse d’imaginer ce que pourrait penser quelqu’un qui me voit lire dans le métro tous les jours. Un jour, Elle, Technikart ou Cosmo, le lendemain, Harry Potter ou Lucia Extebarria, le surlendemain, un docu fiction sur Alexandre Litvinenko. Ben oui mais tout ça, c’est moi. Et si je suis si riche, je vois pas pourquoi les autres filles ne le seraient pas. Avec la girlie team, on peut passer une soirée à se vernir les ongles en grignotant des macarons Ladurée tout en parlant politique, état du monde et de la société. Aujourd’hui, j’assume totalement ma féminité : oui, j’ai envie d’être jolie et de me vêtir/maquiller en conséquence, je cours après une certaine sveltesse (mais pas trop parce que ma silhouette idéale reste féminine). Oui, j’aime commenter la plastique des beaux mecs et raconter les derniers potins avec mes copines. Et alors ?

Je ne dis pas que toutes les femmes aiment ce côté girlie, certaines n’aiment vraiment pas les magazines féminins, la mode, le maquillage… Ca n’en fait pas de « fausses » femmes pour autant. Tout en nuance, toujours. Mais est-ce pour autant qu’il faut rejeter toutes les femmes, « toutes des connes sauf moi ? ». Après tout, je pense avoir assez de qualité à moi toute seule pour pas séduire en me comparant aux autres. J’existe avec ou sans elles. Moi, je suis girlie sans atteindre les sommets, j’aime me bichonner, m’habiller, me maquiller et mes coupines. Si ça dérange futur monsieur, je pense qu’il vaut mieux s’arrêter là. Tu dois craquer sur moi, jeune homme, pas sur un avatar crée de toute pièce pour coller à ton idéal. Puis comme on dit, chassez le naturel, il revient au galop !