Hier, je suis allée voter

Je me suis demandée comment traiter du sujet, à savoir celui des Européennes et surtout celui de l’abstention record. Car hier, quand j’ai vu que 60% des Français n’avaient pas daigné lever leur cul de leur canapé pour aller poser un papier dans une boîte, j’ai eu honte, mais vraiment. Evidemment, remis à l’échelle de l’Europe où l’abstention était à 56%, on relativise, on se dit qu’on est juste un petit peu pire que les autres.


En premier lieu, j’ai envisagé un article agressif à base de « vous me gonflez à ne pas voter, surtout que moins vous votez, plus vous gueulez pour tout et rien ». Parce que ça, les abstentionnistes sont généralement forts en gueule. En 2002, j’étais au Mirail, la super fac extrémiste (de gauche) qui manifeste au moindre pet odorant de la Présidence. Le lendemain du 1er tour où on se retrouvait avec un Chirac- Le Pen, évidemment, tout le monde était motivé pour manifester et péter des dents. Sauf que la plupart de ces gens hyper engagés n’avaient même pas voté au premier tour parce que bon, il faisait beau, tu comprends… Non, je ne comprends pas, un bureau de vote est ouvert entre 10 et 12h, selon où l’on vit. Hier, j’ai pris une heure de mon temps pour aller voter (parce que j’ai pas dit à la mairie que j’avais déménagé et j’habite à 25 mn à pieds du bureau de vote) alors que j’avais autre chose à faire mais je l’ai fait. Parce que l’Europe, c’est bien plus important que ce qu’on nous dit dans les journaux. L’Europe, c’est ce qui peut rendre caduque certaines de nos lois comme par exemple la fameuse loi Hadopi que tout le monde a conspué derrière son écran (mais personne n’est pas allé manifester en vrai, faut pas déconner). On est aujourd’hui trop engagé dans l’Europe pour la négliger mais il faut se battre pour ne pas laisser l’Europe se faire sans nous. Je vous rappelle à tout hasard que dans la constitution qui n’a pas été ratifiée, il était question d’inscrire la culture judéo-chrétienne de l’Europe. Perso, ça me fait mal à ma laïcité.



Hier, j’ai eu une idée qui, je suis sûre, va faire hurler dans les chaumières mais je ne peux m’empêcher de la partager. Je propose qu’une personne qui ne vote pas durant trois élections d’affilée soit rayée des listes électorales. Hou, ça agace hein ? Mais attendez un peu avant de râler. Voter est aussi un devoir et pourtant, c’est le seul devoir qui n’est pas sanctionné s’il n’est pas suivi.  Si vous ne respectez pas la limitation de vitesse, paf amende. Si vous ne payez pas vos impôts, paf, majoration (faut que je le fasse !). Si tu ne votes pas… ben rien. Alors qu’en Belgique, si tu sautes trois élections sans une bonne raison, tu te prends une amende, en France, rien de rien, même pas les gros yeux. Alors si les gens ne prennent pas leur droit de vote, autant le leur enlever. Extrémiste ? Oui bien sûr mais peut-être que si le droit de vote est menacé, on va un peu plus se mobiliser.



Alors j’entends déjà la litanie de bonnes excuses. Que je pouvais pas aller voter pour ci ou pour ça. Evidemment, sur les 60% d’abstentionnistes, on peut considérer que 2 à 5% n’ont pas pu voter malgré eux (genre ils sont morts dans le week-end, ils ont été coincés dans les bouchons et n’ont pas pu rentrer avant la fermeture du bureau de votes (genre mes parents qui sont arrivés à 18h30, ça fermait à 18h). Mais bon, on ne peut pas penser sérieusement que plus d’un citoyen français sur deux a eu un empêchement. La plupart d’entre eux ont préféré ne pas quitter leur canapé et regarder le Grand Prix et Roland Garros plutôt que de voter. Je ne sortirai pas les grands discours à base de « nos ancêtres se sont battus pour ça » ou « y a 65 ans, les femmes ne pouvaient même pas voter, tu y penses ? ». Non, au fond, l’argument larmoyant, ça m’épuise. Certains me diront qu’il vaut mieux parfois ne pas voter que voter n’importe quoi et que si le vote blanc était vraiment reconnu, ils iraient voter. Sur ce dernier point, je doute fort mais alors fort. Et je ne parlerai même pas des adeptes du « élections piège à con » parce que passé un certain âge, je trouve ça assez ridicule. Surtout que j’en vois qui sont très fiers de ne pas voter et qui tâcle Sarko et ses amis à longueur de journée. On t’avait laissé le choix entre lui et une autre à l’époque, tu l’as pas pris alors maintenant, ferme ta gueule. Mais comme dirait Martin Vidberg : « on n’a pas voté mais on râlera quand même ». Sacrés Français.


Maintenant, je laisse aux politiques le soin de dire que tout ça, c’est la faute aux journalistes qui n’ont pas couverts la campagne comme il faut alors que ce sont eux qui ont fait des élections européennes une occasion de se débarrasser des ministres boulets (ciao Rachida !) ou un vote sanction du gouvernement (aucun rapport, merci Martine). Enfin, je terminerai juste par cette réflexion : l’UMP a « gagné » les élections. Comment peut-on gagner une élection où plus d’un citoyen français n’a pas voté ? Surtout quand on sait que Sarko a été président de l’UE il y a moins d’un an. Sa présidence ne nous a pas rendu l’Europe plus proche et moi, j’appelle ça un échec.


Pour finir, un petit lien vers Camille de Rue 89 qui, j’espère, fera taire les chantres de la bonne excuse. Parce que quand on veut vraiment voter, on se bouge le cul.

Et voilà, on a atteint le point Sarko !

Je vous parlais il y a quelques temps du point Sarko, il est temps de vous en parler car hier, j’en ai vu tellement que ça m’a donné envie de hurler. En gros, tout comme le point Godwin ou Alonso, c’est le moment de la conversation où un être incapable de défendre une quelconque argumentation lance un « tout ça, c’est la faute à Sarko ». Sauf que des fois, ça tombe vraiment comme un cheveu sur la soupe.



Hier, un avion d’Air France a disparu, c’est dramatique. On pourrait disserter des heures sur ce qui a pu se passer, il n’en reste pas moins qu’on n’en sait rien alors nos théories, on peut se les mettre où je pense avant de s’indigner sur ça ou ça ou de dire que le gouvernement nous ment et que c’est un attentat. Oui parce qu’hier, j’ai encore cédé à mon vice le plus pervers : lire les commentaires de journaux en ligne. Il faut que j’arrête, c’est aussi nocif que Confessions intimes, ça me force à regarder les yeux dans les yeux la connerie humaine (du moins celle de ceux qui s’expriment) et ça me désespère. Parce que c’est fou comme tout le monde est soudain spécialiste en aéronautique et que tout le monde connaît la vérité. Et voilà qu’arrive notre ami le point Sarko : « de toute façon, c’est la faute de Sarko, ça l’arrange bien pour les européennes, gna gna gna ». Une dame a même dit : « Ce sont pas ces gens là qui auraient dû
être dans l’avion mais l’autre, là ». Il est vrai qu’il coûte plus cher de dire le nom de Sarkozy que de se taire, cf un « casse toi sale con » qui n’a abouti sur rien et un « Sarkozy je te vois » qui a coûté cher à son auteur, bien que personne n’ait encore compris pourquoi.



Alors voilà, maintenant, dans tout débat français, arrive toujours un point où c’est la faute à Sarko, même sur des points où il n’a rien à voir comme la météo ou un crash d’avion, au hasard. Comme je dis souvent : « la plus grande force de Sarkozy, ce sont ses détracteurs ». Parce que la plupart sont tellement cons que ça me donne envie de pleurer. Parce qu’on lui tape dessus tellement pour n’importe quoi qu’il joue sur du velours. D’abord, on ne peut s’empêcher d’ironiser sur sa petite taille. Mais quelle intelligence ! C’est sûr que le gars, il va avoir la contre argumentation facile : « Ma petite taille, c’est tout ce que vous avez à me reprocher ? ». Hé oui, taper sur le physique, c’est facile et ça laisse deviner qu’il n’y a aucun autre argument derrière. Donc si les anti Sarkozystes primaires étaient moins cons, ils chercheraient d’autres arguments et Dieu sait qu’il y en a. Je comprends parfaitement qu’on soit anti Sarkozyste, moi-même je dois l’être puisque je souhaite qu’il dégage en 2012 (mais je n’aime pas trop le « anti », un peu trop extrêmiste). Mais y a quand même bien d’autres choses à dire que de taper sur sa taille. Même sans se pencher sur sa politique, il n’y a qu’à taper sur son français alternatif ou sa didactique assez curieuse pour commencer. Comme disait le Petit journal, il passe son temps à se répéter ou à s’auto contredire, ce qui donne à peu près ceci « Mais aujourd’hui, le drame en France… le drame en France… ce sont tous ces gens qui ne travaillent pas. Oui… Non mais d’accord, on ne peut pas dire ça mais c’est quand même un problème grave… un problème grave. Quoi ? La crise ? Oui, il nous faut la surmonter en proposant des solutions au chômage… des solutions au chômage ». On peut à la limite taper sur son côté bling bling, sur la mise en scène ridicule de son couple (« à plus tard, chouchou ! ») mais bon sang, il y a suffisamment de quoi dire pour ne pas lui inventer des torts supplémentaires. Quand je lis que le crash d’un avion l’arrange ainsi que son gouvernement, là, je dis stop. Vous êtes cons ou quoi ? Quand on voit le nombre d’incidents/crashes que connaît Air France depuis quelques temps (Concorde en 2000, Toronto l’an dernier et le crash d’hier), sans parler de la remise en cause de l’Airbus A 330, Airbus qui est quand même LE moteur industriel de la région toulousaine, je ne vois vraiment pas en quoi ça l’arrange. Sans parler du drame humain qui toucherait pas moins de 25 pays, d’après ce qui a été annoncé. Ah ouais, trop bon pour son image, super.



Bref, ne pas aimer Sarkozy est un droit, je comprends parfaitement vu qu’il me donne parfois envie de pleurer. Mais ça ne nous autorise pas non plus à tomber dans le grand n’importe quoi voire carrément souhaiter sa mort, faut arrêter le délire et réfléchir un peu avant de parler. Parce qu’à force de s’acharner comme ça, à tort et à travers, ça va finir par le rendre sympathique, il va jouer la posture du « En France, le changement dérange mais je ne faiblirai pas malgré les critiques ». Allez, trouvez de vrais arguments (il y en a une foultitude, comme dirait Ségolène ou Chirac, les champions du néologisme), prouvez qu’on peut être intelligemment anti Sarkozyste. Je vous jure, c’est possible.

De quoi vais-je mourir aujourd’hui ?

S’il y a une chose qui m’insupporte au possible, c’est le catastrophisme ambiant surtout en matière de santé. En ce moment, avec la grippe porcine… Euh, grippe A, pardon, on déguste : attention, on va tous crever, y a déjà des gens qui meurent et le virus se propage partout, c’est la fin du moooooooooonde !


Remettons les choses dans leur contexte. Nous avons 11263 cas confirmés dans le monde pour 89 morts certifiées. Notre bonne vieille grippe, celle qu’on estime anodine et qui nous rend bien malade touche 2.5 millions de Français par an en moyenne et tue entre 100 et 1500 personnes. Alors pardon messieurs dames de l’OMS mais vous n’avez pas un peu exagéré ? Je comprends que l’arrivée d’une nouvelle maladie vous fasse flipper mais l’histoire nous a déjà appris que s’inquiéter à ce point n’ était pas forcément nécessaire. Souvenez vous du SRAS, la maladie dont on devait tous mourir ou à peu près et qui finalement s’est arrêtée comme elle a commencé. Bref, comme disait mon père : « une grippe mondiale qui touche 10 000 personnes et en tue 50, faut arrêter de s’exciter ».


Alors oui, ok, faut bien surveiller cette nouvelle mutation du H1N1 puisque une de ses variantes a provoqué la grippe espagnole de 1918-19 tuant 30 millions de personnes (Wikipedia est mon ami, bien sûr). Sauf que là, je suis fatiguée par ce catastrophisme, surtout qu’on a les vaccins et on en a bien plus qu’il n’y aura de malades alors c’est bon, lâchons un peu la pression.



De toute façon, il faut bien mourir un jour et je crois que mourir d’une grippe en une semaine chrono, ce sera toujours mieux que les milliers de cancers qu’on me promet. Je résume. Je fume et je vis dans une ville polluée : possibles cancers des poumons et de la peau, de toute la tuyauterie respiratoire… Même si j’en suis actuellement à 3-4 cigarettes par jour. Non, je ne veux pas arrêter. Ensuite, j’utilise des produits de beauté à base de paraben qui va sans doute me coller un cancer du sein. Faudra au passage m’expliquer comment une crème pour le visage peut me filer un cancer du sein, ça me fascine. Idem pour mon déo, d’ailleurs, cancer du sein. Je suppose que dans quelques temps, on va me dire que je vais aussi développer des cancers de la peau. Je consomme de l’aspartame, en quantité très réduites mais voilà, cancer, cancer, cancer. Ah et j’oubliais, téléphone, wifi : tumeurs au cerveau. Oui, au
pluriel, tumeurs parce qu’au boulot, on a tous des portables et on bosse en wifi, mon cerveau va se cloquer de partout.


Ah tiens, parlons bouffe. J’ai mangé au RU pendant l’histoire de la vache folle, ça m’étonnerait que j’ai pas attrapé Creutzfeld-Jacob. Mais avec le temps d’incubation, faut attendre un peu. Puis je mange des produits laitiers, du poulet, des légumes qui sont peut-être des OGM… Bon, bref, il paraît évident que je vais mourir d’un cancer ou d’une horrible maladie donc à tout prendre, une grippe, ça ira plus vite et ça fera moins mal.


Evidemment, je me planque derrière le cynisme et on va me dire qu’on ne peut pas rigoler de la santé, blablablabla. Oui, ok, mais le cancer a toujours existé, c’est une façon qu’a notre corps de nous faire partir parce que hého, nous ne sommes pas éternels. Mangez tous les fruits et légumes que vous voulez loin de la pollution des hommes et des vaches (bon courage), sans aucune onde à proximité… Certains cancers sont héréditaires donc c’est même pas sûr qu’on y échappe. Il y a plus de cancers qu’avant ? Certainement car ils sont dépistés plus tôt. Perso, je ne doute pas d’y avoir droit un jour : ma grand-mère paternelle en a développé un au sein (peu de chance que je l’attrape néanmoins), ma grand-mère maternelle est morte d’un cancer généralisé, mon grand-père maternel est indirectement mort de polypes dans les intestins, polypes dont ont hérité ses filles. Et je suis sûre que je n’ai rien d’un cas exceptionnel.

Le grand-père de Guillaume 1er vient de mourir d’un cancer généralisé fulgurant, exactement comme ma grand-mère. Mais il approchait des 90 ans et il avait fumé comme un pompier la majorité de sa vie, ce n’est même pas ce qui l’a tué.



En fait, j’en ai marre. On nous fait tellement flipper avec tout ce qui nous entoure qui va nous tuer que je finis par ne plus rien prendre au sérieux, d’autant que tous les jours, on nous sort des études qui prouvent tout et leur contraire. Tiens, prenons cette histoire d’étude scientifique qui prouverait que l’utilisation de la capote favorise la transmission du SIDA. En fait, les résultats de l’étude démontraient en gros que grâce à la capote, on a moins peur du sida et que parfois, ça casse et que du coup, là, on peut choper le
SIDA. Forcément, si je monte pas dans une voiture, j’aurai moins de chances de mourir d’un accident de la route.



Bref, je veux bien qu’on me prévienne que je vais mourir de tous les cancers et grippes qui existent. Seulement je crois aussi qu’il faudrait arrêter de s’alarmer pour un rien et faire du sensationnalisme sur le sujet. Je crois qu’arrive un moment où scientifiques et journalistes doivent aussi prendre du recul au lieu de nous jeter à la figure les conclusions d’une étude (en attendant la preuve du contraire dans l’étude suivante).  De toute façon, on mourra tous de quelque chose…

Je plaide coupable

La semaine dernière, j’ai regardé la télé sur une grande chaîne, ce qui devient de plus en plus rare. Du coup, je rate pas mal de publicités, ce qui n’est pas vraiment un mal en soi au vu de la qualité de ces dernières. Or l’autre soir, je suis tombée sur celle-ci de la société générale : « Cette année, Samia a déménagé 8 fois, obtenu 4 BTS… ». Bref, mise en scène d’une conseillère financière appelée Samia et là, j’ai eu cette pensée atroce : « Samia ? Ben bonjour le politiquement correct ». J’ai honte.



Entendons nous bien, je sais qu’il y a des Samia à la Société Générale, je le sais parce que j’en connais, ce n’est pas là que je situais le politiquement correct mais dans le fait de mettre une conseillère financière arabe dans une pub. J’ai lu il y a quelques temps Dieu seul sait où que la pub française restait beaucoup trop plus blanche que blanche. Faut dire que dès qu’ils intègrent des minorités, ça fait frémir. Vous vous souvenez des deux homos à l’accent marseillais (jamais compris pourquoi) pour la marque de lessive Omo ? Je suppose que les créas avaient pris quelque chose de très fort avant de faire cette association foireuse, passant directement des singes aux homos précieux et ridicules à l’accent improbable (mais pourquoi ?).  Pauvres minorités, qu’est-ce qu’on vous fait !


Et voici donc Samia, notre conseillère financière. Dans la série, il y en a d’autres genre Jérémy et Martine. Mais après m’être dit « bonjour le politiquement correct », j’ai eu honte. Parce que même si on peut se douter que chaque conseiller financier représente une identité en particulier (le jeune, l’arabe, la femme de 40-50 ans…), faut bien commencer quelque part. La pub nous présente trop de blancs bon teint hétérosexuels, si personne ni apporte une touche de couleurs, ce n’est pas prêt de changer. Or ici, notre Samia n’est que le cliché du conseiller financier sympa (ouais et bien ça dépend lesquels…) qui travaille dur (même remarque) mais en aucun cas le cliché d’une Arabe qui aurait réussi. On connaît son prénom mais de son « arabité », si j’ose dire, rien de plus. Alors oui, c’est certainement une part de politiquement correct mais au lieu de râler, je ferais mieux de m’en réjouir.



C’est là qu’on constate qu’en France, on a un souci avec nos minorités. Pas un souci genre « les minorités visibles, elles cassent tout, elles servent à rien, c’est que des délinquantes », non, non. Comme je dis toujours, si les cons étaient d’une couleur particulière, ça se saurait. Mais voilà, on ne sait pas comment en parler, finalement, on craint toujours de tomber dans le racisme . Prenons par exemple une blague intégrant un Arabe, si celui qui raconte la blague n’est pas Arabe lui-même, ça va tiquer. Alors que si elle est drôle,
autant partager. C’est un peu pareil avec l’homosexualité mais dans un degré drôlement moindre, l’homophobie découlant souvent d’un machisme est mieux acceptée que le racisme un peu latent. Même si parfois, on voit du racisme où il n’y en a pas mais le sujet est délicat, il est facile de sortir les sirènes du racisme à tort et à travers comme l’histoire de  l’agression dans le bus où certains y entendirent du racisme « anti blanc » (j’aime bien la précision, genre ce serait pas le même que l’anti noir… Soupirs).

Et pourtant, je suis la première à m’énerver quand on voit le mal où il n’est pas, à soupirer quand on souligne qu’Obama est noir et que grâce à ça, sa victoire est trop la plus belle chose au monde, c’est aussi bien que la chute du mur de Berlin (oui, je l’ai lu). On s’en fout qu’il soit noir, à l’arrivée, j’ai pas vu la face du monde changer depuis qu’il est là sauf que les Etats-Unis redécouvrent la joie d’avoir un Président populaire.  Et pourtant, j’ai beau m’énerver sur ce genre de choses, grincer des dents quand on me dit que la nomination des Rachida Dati, Rama Yade est avant tout politiquement correcte, finalement, je ne suis pas mieux que les autres. Et j’ai honte.

Merci la Société Générale de m’avoir ouvert les yeux. Ca me fait penser que je dois changer de banque, moi, tiens.

PS : Au fait, PinkLady m’a playmobilisé sur son blog aujourd’hui !


 

Merci de prendre votre cerveau avant de surfer

Est-ce moi ou sont-ce les internautes ? Je ne sais pas mais ces derniers temps, je prends de moins en moins de plaisir à lire les commentaires des journaux online. Ce qui me faisait rire avant me fait franchement frémir maintenant. Surfer sur le net rend-il profondément con ?

Prenons le cas bien polémique de l’agression d’un jeune homme dansun noctilien surdiffusée sur le net. Je ne mettrai pas la vidéo ici vu qu’elle est supprimée très rapidement dès que quelqu’un l’a met en ligne et surtout, je n’ai pas envie de polémiquer sur la vidéo mais sur les réactions. Pour ceux qui n’ont pas vu, j’explique. Un homme assez jeune, la trentaine, prend un noctilien, une écharpe Burberry autour du cou quand quelques jeunes qui cherchaient visiblement à foutre le bordel lui piquent son portefeuille. Quand le jeune homme essaie de récupérer son bien, les gamins lui sautent dessus, baston qui dure environ 2 mn (contrairement à la vidéo qui en fait 6 grâce au montage), elle est très violente.  Une plainte est ensuite déposée, deux agresseurs sont arrêtés.



L’histoire aurait pu s’arrêter là mais un policier poste la vidéo sur Internet pour la montrer à ses amis. Déjà, faudrait un jour comprendre que sur le net, on fait très attention où on partage les choses, merci bien. Evidemment, la vidéo a fuité, s’est démultipliée sur youtube passant de « agression dans un noctilien » à « agression d’un jeune blanc par des racailles ». Parce qu’il semblerait qu’un des gamins dise « sale Français » dans la baston, je ne l’ai pas entendu donc je ne peuxpas dire si c’est exact ou non. Peu Importe au fond. Mais voilà, les agresseurs que l’on arrive à identifier semblent bien bronzés et c’est parti : « la France est menacée par les sauvageons ici de l’immigration », blablablaaaaaaaa. Pardon, je reviens, je vais vomir. Et tout le monde en prend pour son grade, le chauffeur qui s’est contenté d’appeler la sécurité (c’est sûr qu’abandonner son poste pour aller cogner de l’ado aurait été une sublime idée), les passagers qui ne sont pas intervenus (car ils avaient tous une ceinture noire de karaté bien sûr), la victime qui s’est exprimée sur le sujet expliquant que non, ce n’était pas une agression raciste (« et bé vas y, excuse-les tant que t’y es ! »), le policier qui a diffusé la vidéo (là, par contre, j’adhère, ça nous fait un bien joli vice de procédure). Et voilà que ça donne un joli déferlement de haine débile.



Autre cas, lu sur le Post, le pire ramassis de merde du web. Un mélange de billets des blogueurs influents qui n’écrivent que pour eux et se penchent sur des sujets qui ne maîtrisent pas du tout et de faits divers que même le Parisien fait mieux. Quoi que… Et je ne vous parle même pas des fautes et phrases ésotériques qui ne doivent avoir de sens que pour leur auteur. Et sur le Post, il y a franchement les commentateurs les plus cons du monde. Enfin de France en tout cas. Exemple : un article paraît sur l’histoire d’une gamine tabassée par trois autres derrière un foyer culturel en Lozère. Et là dans les commentaires, c’est reparti : la victime est une Française, les agresseuses pas. Evidemment, jene sais pas d’où ils sortent ça vu qu’aucun prénom n’est cité dans l’article mais on part dans de grands délires racistes. Epuisée, je suis. Je peux juste dire qu’il y a de fortes chance que les vilaines filles, même si elles s’appellent Naïma ou Carlotta peuvent être tout à fait françaises ? Que m’est avis que les petits cons du noctilien ont la même carte d’identité que moi ? Hé oui, ça peut paraître dingue mais il existe des Français qui ne sont pas blancs, dis donc !

Je pourrais citer des milliers d’autres cas, tout est dans le même ton. Même le très bon Rue 89 commence à être touché par la crétinerie dans les commentaires (par exemple là). Je ne vous parle que de cas où le racisme peut s’exprimer mais j’avais lu pas mal de commentaires surréalistes sur le Pape et la capote, par exemple. Y compris un excellent : « ben ouais, coucher augmente le risque de choper le sida comme s’approcher du feu accroît le risque de se brûler, c’était bien la peine de faire une étude scientifique pour
ça ». Oui, dans toute cette décérébration permettant aux gens de se défouler en crachant leur haine de l’autre bien planqué derrière son écran, il y a quand même des îlots d’intelligence hyper appréciables.

Mais surtout, ce qui me fascine dans tout ça, c’est la capacité des internautes à juger, condamner, « lyncher » les gens sans la moindre réflexion, se défouler sur n’importe quel sujet, tenir des propos surréalistes sur la faute des uns et des autres dans des choses qui n’ont rien à voir. D’ailleurs, avec Vicky, on a inventé le point Sarkozy, je détaillerai ça dans un prochain article.

Liberté d’expression, ça marche à tous les coups ?

Depuis quelques jours, je réfléchis à la liberté d’expression. Pas la mienne, non, en général. Premier cas soumis à ma réflexion : le vilain Stéphane Guillon. Puis deuxième cas : le poète très fleuri Orelsan qui voudrait avorter sa copine infidèle avec son opinel. Entre autre.

Guillon d’abord. Autant le dire de suite, il ne me fait pas rire du tout. Je trouve qu’il se vautre dans la vanne facile et l’autosatisfaction, pile tout ce qui m’énerve. Le fait de savoir qu’il n’animera plus sa chronique sur France Inter l’an prochain ne m’émeut pas vraiment dans la mesure où je ne l’écoutais déjà pas. Ceci étant dit, je tique un peu quand même. Même si je n’aime pas ce qu’il fait, je n’aime pas vraiment la polémique qu’il y a autour de lui. Strauss Kahn n’a pas aimé la chronique que Guillon lui a réservé. C’est pas le premier et sans doute pas le dernier donc pourquoi en faire un tel foin ? Il est vrai que la chronique était trèèèèèèèèèès lourde mais bon, pourquoi ça a été monté en épingle comme ça ? Ca m’échappe. Quoi qu’il en soit, ça me navre qu’une chronique soit arrêtée parce qu’elle fâche les « puissants ». Si c’est la réelle raison de l’arrêt de la chronique parce que là, on arrive un peu dans une impasse : si les gens se mobilisent pour qu’elle reste parce qu’elle gratte justement ceux qui ont du pouvoir, Guillon va devenir indéboulonnable et pas forcément pour de bonnes raisons.

Maintenant, arrivons-en à Orelsan, le monsieur qui chante de belles chansons intitulées sale pute et suce ma bite à la St Valentin. Quand j’ai vu le clip de Sale Pute (que je vous laisse chercher, je vais pas diffuser ça ici), j’ai vraiment cru à une blague. Le mec qui chante avec sa bouteille d’alcool dans la main, c’est sérieux ? Ah oui. Tellement que des blogueuses ont lancé une pétition pour retirer la chanson du net. Chanson tellement assumée par son auteur qu’il a préféré ne pas la mettre sur son album. Premier abord : c’est clair que cette chanson est atroce et qu’il faut arrêter d’encenser un mec qui dit « on verra comme tu suces quand je t’aurai défoncé la mâchoire » ou à peu près. Puis j’ai regardé un peu les débats sur le net et me voilà moins tranchée. D’abord, je rejette l’argument du « ça encourage la violence envers les femmes ». La banaliser, oui, l’encourager, non.  Disons que je
pense qu’il est toujours un peu trop facile d’aller chercher les causes d’une femme battue ou de n’importe quel délit ou crime ailleurs. C’est pas la faute à un chanteur ou à un jeu vidéo, faut
accepter à un moment que les gens sont pleinement responsables de leurs actes. Mais il n’en reste pas moins que ça banalise.

Et la liberté d’expression dans ce cas, on fait quoi ? Pourquoi cette chanson est condamnable et les chansons appelant à casser du flic sont adulées ? En gros, où poser la limite ? C’est vrai que si sale pute s’appelait sale arabe, hop, raciste, ça ne serait pas passé. Alors qu’un sale pute, sale pédé ou sale gouine, ouais. Sale fils de pute aussi. Mais justement, il y a la limite par rapport au racisme, pourquoi les autres injures sont tolérées ? Après réflexion, je trouve que cette chanson devrait juste terminer à la poubelle, d’abord parce qu’elle est mauvaise mais surtout car elle est inutilement violente et agressive. C’est de la haine à de l’état pur et je pense qu’on peut tous s’en passer. Parce qu’au fond, ce qui me dérange le plus là dedans, c’est cette sensation de haine gratuite et nauséabonde qui ne sert et ne dessert rien. Au moins, ça a fait du buzz autour du chanteur mais ça risque de lui coûter. Le gars, qui n’a pas mis cette chanson dans son album est actuellement en tournée et je lui souhaite bien du courage.

Touche pas cette capote, tu vas attraper le sida

Y a des fois, je me demande si je vis bien sur la même planète que les autres et si j’entends bien ce que j’entends. Je force peut-être un peu trop sur le coton tige, c’est pas possible autrement. Notre ami le Pape est en goguette, grand bien lui en fasse, mais voilà que soudain, il ouvre la bouche et dit : « l’utilisation du préservatif en Afrique ne règlera pas le problème du sida, il l’aggrave ». Allo ? Allo ? Y a un pilote dans l’avion ?

Alors il est certes vrai que l’abstinence, c’est le nec plus ultra de la prévention contre le SIDA. A condition bien sûr que l’abstinent n’ait pas l’idée saugrenue de naître d’une mère séropositive  ou d’aller se frotter à la seringue d’un autre. Les gens sont joueurs des fois. Ceci étant dit, la capote, ça reste quand même bien fiable même si parfois, ça se déchire et comme dirait ma blogueuse djeunz qui, hélas, n’écrit plus : « tu peux etre cool et sexy a la fois mais baizé c encore plus debile si tu suce c pire si tu te fais enculer alors la tu es dans une erde mais le pire dans tout sa c’est que si tu baize et que le preservatif éclate sa jte jure tu vas kiffé mais faudrait pas etre mére à 14,15,16,17;mais plutôt à18,19,20,21,22etc…. ». Voilà comme ça, ça restera sur ce blog à vie. Ceci étant dit, si on sait s’en servir, ça se déchire rarement (pour ma part, j’en compte deux sur je ne sais combien d’utilisées).

Vous allez me dire que le Pape, y a plus grand monde qui l’écoute et ceux qui le font pratiquent la virginité avant le mariage, tout ça. Non ben je ne suis pas d’accord. Je trouve dramatique qu’un homme médiatique tienne de tels propos, même si c’est essentiellement pour prêcher pour sa paroisse et qu’on sent bien la mauvaise foi. Deux jeux de mots dans une seule phrase, c’est violent. C’est dans ces moments là que je vomis la religion. Pas le fait de croire, ça, je dirais que ça ne me regarde pas et chacun sa spiritualité mais les dogmes. Déjà, y a un truc que je ne comprends pas. Comment un Dieu si miséricordieux nous impose-t-il des règles aussi drastiques, pour commencer ? Hein ? Bref, on n’est pas là pour avoir un débat théologique, ça importe peu dans cette histoire, au fond. Ce que je trouve gravissime, c’est le discours, la culpabilisation permanente du sexe (coucher, c’est le mal et tu seras puni, c’est comme ça et pas autrement). Evidemment que ce que dit le Pape ne m’empêchera pas de coucher avec capote (voire sans si je me mets en couple après le test adéquat mais ce n’est pas la question). Je ne donne pas foi à tout ce qu’il dit, surtout que mon catholicisme, je l’ai un peu oublié.

Mais quand même, un homme disposant d’une quelconque autorité peut-il réellement dire de telles sornettes ? Est-ce que ce n’est pas un crime de proférer une telle connerie monumentale ? Un homme politique aurait dit ça, il aurait été poussé rapidement vers la sortie (appelée « élections européennes »). Là, le Pape dit ça, les gens disent « ohlala, pas bien » mais le mec reste investi de son autorité. Mais au fond, y a quand même un truc qui me fait marrer (jaune) : on n’arrête pas de cracher sur l’Islam en la présentant comme une religion arriérée mais franchement, le christianisme, avec son « le préservatif aggrave l’épidémie du sida » ou « excommunions ceux qui ont avorté la petite fille de 9 ans enceinte suite aux viols répétés de son oncle », c’est pas mieux. C’est une honte, vraiment. Surtout que même si en France, on est un peu moins sous la coupe des religieux chrétiens, il n’en reste pas moins que dans de nombreux pays,  les dires du personnel religieux reste parole d’évangile. Et là, j’ai peur.

Conclusion : si vous n’avez pas envie de choisir la voie de l’abstinence (je ne vous en veux pas, moi-même, je ne le fais pas), les capotes, c’est le top.

Et on va lire cet article de Charles Mouloud sur le sujet. Je crois que j’aime de plus en plus Rue 89.

On est meilleur quand on est mort

Ce matin (ahem) en surfant sur le web, je tombe sur une news « Heath Ledger gagnera-t-il un oscar posthume ? ». Et allez, c’est reparti pour un tour, on va avoir droit à la minute poignante de la cérémonie où la personne qui ouvrira l’enveloppe dira d’une voix tremblante, au bord des larmes : « Heath Ledger ». Sauf qu’à force d’y avoir droit à chaque remise de prix, l’émotion est légèrement émoussée.


Evidemment qu’il est triste que ce jeune homme soit mort et selon Simon qui s’y connaît plus en cinéma que moi (ce qui n’est pas dur non plus), l’oscar ne serait pas volé. Bon, très bien. Mais quand même, cette « émotion » télécommandée me fatigue un peu. Ca fait presque un an qu’il est décédé, la plupart des acteurs ou actrices qui donnent le prix ne l’ont jamais croisé donc bon, faudrait arrêter un peu les larmes de crocodile. Tout ça est bien triste mais des gens doués dans leur métier qui meurent prématurément, c’est tous les jours que ça arrive. Et comme on aime l’émotion dégoulinante, si Heath gagne (ce qui ne fait à peu près aucun doute pour moi), c’est sa fille Matilda qui viendra chercher la statuette. Ils font sponsoriser la soirée par Kleenex j’espère au moins. Et financeront aussi la psychothérapie dont aura certainement besoin la fillette dans quelques années.

Au-delà de ça, on est en plein dans le syndrome « on ne trouve que des qualités aux morts ». J’adore les nécrologies des journaux, de vraies hagiographies en bonne et due forme où l’on ne trouve que des qualités aux défunts. Parfois, on évoque quelques zones sombres de sa vie mais on passe rapidement dessus car on ne dit pas de mal des morts. Prenons Mitterrand par exemple : à sa mort, on a surtout parlé de son travail de président, des avancées qu’il a amenées dans la société française mais tout ce qui touche les zones troubles de la période Vichyste, on l’évoque en quelques mots, on ne s’appesantit pas. On peut me dire que c’est mal de tirer à boulets rouges sur un homme mort qui ne peut pas se défendre (on ne tire pas sur l’ambulance…ni sur le corbillard) mais quand même, ça a également fait partie de sa vie.  De la même façon, on oublie un peu souvent de rappeler qu’Heath n’a pas joué que dans des Brokeback Mountain ou The Dark Knight, il a aussi joué dans 10 bonnes raisons de te larguer. Un navet en règle.

 

Autre petit point qui m’interpelle un peu, c’est cette remise de trophées, quel qu’ils soient, à titre posthume. Si Heath Ledger n’était pas mort, aurait-il même été nominé ? Qui le sait, on pourrait en débattre des heures et des heures que nous n’aurions toujours aucune certitude sur la question. Mais y a toujours un truc qui me turlupine un peu dans cette histoire. Je parle de titre posthume, pas de Heath Ledger en particulier. Pour moi, un oscar est certes la consécration d’un travail mais ne doit pas être une fin en soi, c’est un encouragement à continuer. Donner ce prix (ou un autre) à un mort, ça me paraît aussi utile que péter au vent. Oui, il était bon mais techniquement, il n’est pas là pour prendre la mesure de l’hommage que lui rend la profession. Comme disait ma grand-mère : « Bof, tu sais, les fleurs que tu mets sur la tombe, là où est le mort, il s’en fiche bien ». Oui, je sais que je peux paraître totalement insensible dans cette affaire mais je trouve la démarche de prix posthume un peu vain, surtout qu’en face, se trouvent des nominés qui, eux, sont toujours là et ont une carrière à poursuivre, un oscar pourrait leur donner un bon coup de pouce. A eux évidemment de transformer l’essai, se reposer sur ses lauriers n’est utile pour personne.  J’imagine les pauvres co-nominés (en l’occurence Robert Downey Jr, Josh Brolin, Michael Shannon et Philip Seymour, je mets la liste car dans l’ensemble, on n’en parle même pas). Ce jour devrait être essentiel pour eux mais en l’occurrence, face à un mort, aussi talentueux soit-il, ils n’ont à peu près aucune chance.



J’imagine que si Amy Winehouse meurt demain, on saluera sa grande carrière de chanteuse à un seul album, on saluerait de la même façon la grande carrière de Pamela Anderson… On dit souvent qu’on est rarement reconnu de son vivant. Pour certains, le talent semble pousser après la mort. Mais quelque part, être reconnu le meilleur après sa mort, c’est d’une inutilité… La postérité, franchement, ça sert à quoi ?

Et si on gardait la tête froide, pour voir

Il y a un truc que je déteste, c’est la surmédiatisation et quand on me parle trop d’un sujet, je finis par être énervée. Exemple type du moment : Obama. Oh mon Dieu, le Messie est noir, alleluïa, paix sur la Terre, il va tout régler en un claquement de doigts. Chantons en cœur avec Beyonce et Aretha Franklin avec la même allégresse que les Noirs dans les champs de coton. Copyright Jean-Claude Narcy pour la fin de ma phrase précédente, il rivalise de crétinisme avec Pernault…



A la base, je suis pro O, dans la mesure du raisonnable. Non parce qu’il est Noir, je ne suis pas aussi superficielle, mais parce qu’après 8 ans de Bushisme, on ne peut qu’espérer un mieux et c’était pas avec le ticket McCain-Palin qu’on allait s’en sortir. Quoi que ce serait drôle que Sarah Palin s’exprime un peu plus, on l’entend plus depuis les élections, on s’ennuie un peu. Heureusement que notre humoriste préférée, Ségolène, est là pour faire de la bonne vanne. Donc, Obama a toute ma sympathie et une part de ma confiance pour le moment même si je reste désespérément aussi cynique et blasée en ce qui concerne la politique. De toute façon, je suis comme Martine Aubry, je ne crois pas en l’homme providentiel. Même s’il est Noir.


Quand je regarde le best of de l’investiture, outre la connerie profonde de Narcy et la sensibilité de la Miss France au nom de saucisse, je commence à être lassée et limite effrayée par cet espèce de fanatisme politique autour d’Obama. Déjà, le côté « on n’interroge que les Afro Américains pour nos reportages télé », ça commence à faire. Obama est le Président de tous les Américains, ça englobe les Noirs mais aussi les Asiatiques, les Blancs, Arabes et tout ce que vous voulez. Si ça avait été Hillary à sa place, on n’aurait interrogé que des femmes ? On aurait parlé que de son sexe ? Non alors par pitié, passons au dessus pour commencer. Mais surtout, ce qui est inquiétant, c’est le pouvoir que donne cette ferveur. Et là, remercions le Ciel ou qui vous voulez qu’Obama ait l’air tout à fait sain, équilibré et doté d’un sang froid à toute épreuve. Parce qu’un tel délire populaire, ça ouvre les portes à beaucoup de choses et dans de mauvaises mains, ça peut amener à des choses dramatiques. Non, je ne ferai pas de point Godwin. Mais imaginons trente secondes ce qu’il se serait passé si c’était Obama qui avait déclenché la guerre en Irak y a quelques années, par exemple. Avec le crédit populaire qu’il a, aurait-on vraiment manifesté aussi fortement contre cette guerre (qui a quand même eu lieu) ? Et comme il est Noir, faut pas le critiquer sinon, c’est du racisme. D’ailleurs, je sens bien que je vais finir par me le prendre en pleine tête, c’est suspect que je ne partage pas l’idolâtrie mondiale.


Enfin, ce qui me fait le plus rire, c’est le paradoxe français. Depuis maintenant presque deux ans, on n’arrête pas de vomir sur le côté bling bling de Sarko avec son concert mégalo à la Concorde suite à son élection, et sa nuit au Fouquets, et ses séjours en yacht et sa grosse montre, ses raybans et sa femme. Je suis la première à être gonflée par tout ça, d’ailleurs. Mais par contre, quand Obama fait un super concert pour son investiture avec pléthore d’artistes (et même pas que des Noirs, Obama va apparemment au delà de la couleur de la peau, lui), va à des dizaines de soirées réunissant le gratin people avec un costard somptueux, sans parler de la robe de son épouse. Mais comme c’est Obamaaaaaaaaa, c’est génial, c’est grandiose, comme tout ce qu’il fait. Mais j’avoue que je suis très déçue de pas l’avoir vu marcher sur l’eau, il craint un peu votre Messie.


Le problème, ce n’est pas Obama en temps que personne, c’est le piédestal de 40 mètres de long qu’on lui a bâti qui m’inquiète. Parce que selon le mec qu’on placera dessus, le monde tournera plus ou moins bien. Ou mal. Mais non, toujours pas de point Godwin. Et je vais vous dire, au fond, je plains très profondément ce mec car des espoirs si irréalistes sur ses seules épaules, c’est beaucoup trop. 4 ans pour faire la paix dans le monde, régler définitivement le réchauffement de la planète, se débarrasser de la crise, faire disparaître tout le racisme du monde car les Etats-Unis sont un pays merveilleux et tellement modèle. Tiens, c’est marrant, y a encore 6 mois, il fallait les détester plus que tout. Juste pour info, les crimes raciaux ont augmenté depuis l’élection d’Obama. On est loin du pays merveilleux du melting pot… Bref, il faudrait un peu revenir sur Terre, arrêter de comparer cette élection à n’importe quoi (y a quand même une nana qui a comparé ça à la chute du mur de Berlin, mais au secours !) et prendre Obama pour ce qu’il est : un homme, un politicien entouré d’une équipe, qui a une pile de dossiers bien merdiques à régler. Et surtout, Obama, je vous souhaite bon courage pour faire enfin comprendre aux gens que derrière votre peau noire, il y a sans doute autre chose.

Et hop, un petit lien vers un article qui résume de façon lapidaire le fond de ma pensée.

Rachida, tu m’épuises

Allez, moi aussi, je me jette dans la polémique top fascinante du moment et même si mon avis arrive plus tard que tout le monde, je ne peux m’empêcher de l’exprimer car on touche là à un sujet qui me tient à cœur : les droits des femmes.


Résumons un peu la situation : une femme d’une quarantaine d’années financièrement indépendante tombe enceinte d’on ne sait qui et décide de zapper son congé maternité. Et là, tout le monde se sent obligé de commenter ce fait. Evidemment, cette femme est une Ministre mais l’identité de son père ne changera pas la face du monde, ça ne changera même pas ma journée si un jour, on apprend qui c’est. Je dirai : « Ah ouais ? C’est ce que j’avais entendu dire » ou « Ah ben j’aurais pas cru ! » et j’oublierai aussi sec. Parce que globalement, j’en ai rien à faire de l’identité du père, elle couche et se reproduit avec qui elle veut. Quoi qu’apparemment, d’après mes sources peu fiables, ce serait bien Aznar.

Mais pour ma part, j’aime avoir des théories surréalistes qui seraient :

– y a pas vraiment de papa, c’est un bébé éprouvette pour se rendre plus sympa auprès du public

– d’ailleurs, en vrai, elle n’a jamais été enceinte et n’a pas eu de bébé, d’où le retour aux affaires après 5 jours du faux accouchement (très Sunset
Beachien)

– pour qu’elle taise le nom du père comme ça, c’est que c’est trop la honte de donner son nom. C’est donc George W. Bush.


Bon, on rigole (on va pas pleurer non plus) mais je reviens à cette histoire d’accouchement et de reprise de boulot au bout de 5 jours et de la polémique qui en découle. Perso, qu’elle reprenne ou non le boulot ne m’intéresse absolument pas, c’est son problème et pas le mien. Ce qui me turlupine plus, c’est ce qu’on en dit, en fait, parce que je me rends compte que là aussi, le féminisme a encore de beaux jours devant lui.



D’un côté, on s’insurge qu’elle reprenne le boulot si vite parce qu’elle a besoin de créer un lien avec son bébé, gna gna gna. Ben, oui, justement, c’est SON bébé. Evidemment, elle a les moyens de faire garder la petite mais est-ce qu’on peut déjà la cataloguer comme mauvaise mère ? Dati n’est pas la seule à reprendre le boulot à peine l’accouchement terminé, c’est le cas également des commerçantes, certaines ne prennent pas le congé parental et c’est leur compagnon qui le fait… Bref, il n’y a pas une façon d’être mère mais des dizaines, ce n’est pas parce qu’elle a choisi d’être mère de cette façon qu’elle en sera forcément une mauvaise, c’est peut-être un peu trop tôt pour être si affirmatif.

De l’autre côté, les ultra féministes se gaussent : « ouais, enfin une femme qui, à peine sortie de la salle d’accouchement, reprend le travail, quelle executive woman ! ». Ouiiiiiii mais moi, ce que je crains légèrement, c’est que ça vire au « le congé maternité ne sert à rien, la preuve ». Parce que si Rachida Dati a choisi de reprendre le travail de suite, c’est un choix. D’autres femmes ont envie ou besoin de se remettre de l’accouchement et de bichonner leur bébé, s’occuper de lui. Je pense que la maternité n’est pas vécu par chacune de la même façon. D’ailleurs, à chacune de choisir sa priorité, certaines sont à fond sur le travail, plus sur la vie privée.


Bref, au fond, ce qui m’énerve le plus, c’est que tout le monde se permet d’avoir un avis sur un choix de vie privée qui fait parler essentiellement parce que ça parle de maternité. Un homme reprendrait le travail à peine quelques jours après une grosse opération, par exemple, personne n’aurait l’idée de commenter réellement la nouvelle. Alors que là, affaire d’Etat entre les pro maternité et anti maternité. D’ailleurs, on notera qu’apparemment, être féministe, c’est refuser d’envisager que la femme peut vouloir être mère à temps plein aussi. Mais enfin, le féminisme devrait se battre pour nous laisser avoir le choix, qu’on puisse profiter de notre congé maternité ou y renoncer sans que personne ne trouve rien à redire. Si un homm prend son congé parental, personne ne trouve rien à redire. C’est un droit qu’il a. Evidemment qu’il s’agit d’une Ministre et que ça nous concerne un peu mais la Rachida mère, on n’a pas à s’en mêler. Ça ne regarde qu’elle et éventuellement le père s’il est dans les parages. Mais ne commençons pas à plaindre son bébé. Même pas 15 jours et déjà, Rachida est qualifiée de mauvaise mère…


Encore un bel exemple de tolérance.