Je te quitte

Rassure-toi, lecteur, je ne quitte personne, ni toi, ni Brad, ni ce monde cruel. Il y a quelques jours, je discutais avec une blogueuse hautement intéressante qui m’a demandé si j’avais déjà écrit un article sur la rupture. Non, lui répondis-je, mais j’y pense. Donc acte.

L’amour est vraiment quelque chose de très compliqué. D’abord, on se pose 100 000 questions : comment séduire Brad ? Comment puis-je devenir sa Bradounette ? Et, ô miracle, un jour, cela se fait, vos lèvres s’effleurent sous un lampadaire un soir de printemps, c’est l’extase. Sauf que voilà, Brad n’est pas précisément le prince que vous imaginiez, il a un rire agaçant, il ne lit que football magazine, il se gratte les couilles en se levant (et en plus, il se renifle les doigts, après, comme tous les mecs) et en plus, il a les mêmes baskets
depuis 10 ans et l’odeur qui va avec. Bref, je caricature mais vous comprenez qu’avec Brad, ce sera jamais soirée philo autour d’un verre de vin et qu’il n’apprendra pas à Junior à jouer aux échecs. Donc, plutôt que de continuer cette mascarade ridicule, autant y mettre fin.

Mais comment ? Oui, comment. Parce que, quelque part, la rupture, c’est comme la séduction, je crois qu’on n’est pas vraiment nés pour. Enfin, pas moi, en tout cas. N’étant pas de nature sadique, je n’aime pas faire souffrir les gens et une rupture en général, ça fait mal. Comment dire à l’autre, qui a certes ses défauts mais qui reste un être humain, qu’il ne nous convient pas ? Comment lui dire que demain, il n’y aura plus de nous ? Y a bien que dans les films où les nanas arrivent à dire sans complexe : « bon, tu te casses, c’est fini, j’ai même jamais eu d’orgasmes avec toi. » Quand bien même ce serait vrai, je pourrais jamais dire ça. Limite, je trouve ça plus gentil d’arracher les ailes d’un papillon, c’est
pour dire. Pourtant, certain(e)s arrivent à se la jouer salauds ou salopes, arrivent à vous cracher les pires trucs à la tête. Un de mes « exs » m’expliquait une fois que son ex avait tout fait pour pourrir la relation pour que ce soit lui qui la quitte. Que c’est courageux, bravo, j’applaudis des deux mains. Ah oui, je peux me la jouer lâche, genre je prends un amant et je fais bien exprès de laisser traîner une capote dans la poubelle de la salle de bain… Oui parce que salope ne rime pas avec cracra, je laisserai pas une capote usagée sous mon lit, faut pas
déconner non plus. Hop, double coup de poignard : « non seulement je te trompe mais en plus, je te quitte. » Non, non, non.

Après, y a le coup du silence radio. Bon, ça, j’en suis incapable aussi. Déjà que je culpabilise de bloquer sur MSN un plan cul, imaginez ce que c’est pour un chéri… En plus, j’en ai été victime du silence radio avec Arnaud et y a rien de plus agaçant. Ok, tu veux pas continuer mais dis-moi au moins pourquoi, enfoiré ! Remarque, des fois, vaut mieux pas savoir. Dans le rayon « rupture ignoble », j’ai eu la palme avec Pierre le pervers. En gros, monsieur m’a reproché d’avoir passé une journée à essayer de le joindre chez lui et de pas laisser de
messages sur le répondeur. Oui, les répondeurs et moi, on n’est pas copains, je sais jamais quoi dire. Donc quand je lui ai dit que j’avais essayé de le joindre parce que j’avais envie de parler,
j’ai eu droit à un merveilleux : « si t’as envie de parler, va voir un psy ». Oh, mes jolies dents toutes éparpillées autour de moi ! Après avoir jeûné, pleuré, fait la gueule pendant 24h, soudain, je m’énerve : « mais…mais… cet enfoiré de fils de biiiip biiiiip m’a dit d’aller voir un psy, mais quel biiiiip de biiiip de biiiiip ! ». Et Gauthier, placide : « c’est bien, t’as mis que 24 heures pour t’en rendre compte. »

Oui, une rupture, c’est la faute à qui ? « Ca ne vient pas de toi, c’est moi » ou « ça ne vient pas de moi, c’est toi ? ». Mauvais raisonnement, à mon avis. Le problème n’est pas le toi ou le moi mais le nous. Hé oui, le Brad n’est pas universel, y en avec qui ça colle et d’autres non. Il n’y a personne à remettre en cause (sauf certains cas, quand même), c’est juste une question d’incompatibilité. Mais pour le faire comprendre, ça, faut se lever tôt. Parce que mine de rien, une rupture, on le vit souvent comme un rejet de soi. Moi,
en tout cas. S’il ne veut pas de moi, c’est que je ne mérite pas son amour… Mais qu’est-ce qui cloche en moi, bouhouhou ! Heureusement, dans ces cas-là, Gauthier m’engueule : faut que j’arrête de croire que c’est tout le temps ma faute. Ok mon capitaine. Mais pour ne pas douter, le meilleure façon, c’est d’avoir une explication et on en revient au point de départ : comment rompre ? Par texto ? Non mais ça va pas ! Et pourquoi pas envoyer un télégramme tant qu’on y est. Par téléphone, ça le fait pas trop non plus, sauf si la distance y oblige. Par lettre… mouais, ça permet d’expliquer les choses sans être interrompu mais le temps que la lettre arrive… Par blog ? Non, je déconne ! Le mieux reste le face à face mais comme c’est difficile ! Voir le visage de l’autre se décomposer, risquer la crise de larmes… Dans un lieu privé ou un lieu public ? Je crois que le dernier est à bannir, justement à cause de la possible dispute ou crise de larme. Seulement, en privé, on ne sait jamais comment ça peut finir, genre « une dernière brouette pour la route » ? C’est à chacun de voir mais
attention, si la personne ne veut pas rompre, la dernière brouette peut être une façon de nier la rupture, je crois. « Tu m’as dit que tu me quittais mais on a fait l’amour juste après donc ça veut dire que tu as toujours envie de moi, non ? ».

Une rupture, c’est vraiment compliqué à gérer puisque outre le comment, y a le quand. Y a toujours des événements qui font que ce n’est pas le bon moment : son anniversaire, le mien, les exams, la St Valentin, Noël, le repas de famille, l’annif de sa mère, la mort de son chien… Bref. La rupture, y a jamais de moments idéal. Quelque part, c’est comme un sparadrap : oui, ça va être douloureux mais vaut mieux ne pas traîner sinon, après, on a des traces noires sur la peau qui ont du mal à partir même si on frotte fort. Cette métaphore
totalement nulle et infâme souligne bien le côté pourrissement de la situation. Avec Guillaume 1, à la réflexion, on est vraiment passés très près de la catastrophe pendant nos vacances, la rupture a eu lieu deux mois trop tard parce que personne n’osait rompre. Puis il y eut le mot de trop et j’ai explosé : on arrête là. Après des explications et des larmes au téléphone, il
est venu chez moi pour consommer la rupture, si j’ose dire, histoire de ne pas dire qu’on a rompu par téléphone. Assis sur le canapé, sans oser se regarder ni se parler, il n’y avait plus de nous. Dieu Merci, nous n’étions pas ce genre de couple à avoir oublié le mot « je », on avait pas mal d’activités solo, ça a donc été plus facile de s’en remettre. Mais bon, c’est la première fois de ma vie que j’ai pris des médicaments pour dormir. Comme en plus je prenais des médicaments pour mes allergies, j’ai dormi pendant deux jours quasi non stop.

Si la séduction est un art difficile, la rupture l’est encore plus car on se retrouve sans rien à l’arrivée. Ceci étant, si on tombait dès le départ sur la bonne personne, ça se saurait.

Existe-t-il encore des célibataires acceptables ?

(Article écrit le mois dernier)

Je regarde le calendrier et la réalité s’impose à moi : dans quelques jours, maintenant, j’aurai 26 ans. Que le temps passe vite, que l’on s’amuse ou pas. 26 ans, pas mariée,
pas fiancée, même pas maquée. Mon horloge biologique commence à faire tic tac et me voilà à rêver que je suis enceinte jusqu’aux yeux de mon premier gosse qui n’a même pas la décence de naître le jour prévu et qui joue les prolongations dans mon ventre (j’ai vraiment rêvé de ça, oui). Mais n’est-il pas déjà trop tard pour trouver un mec convenable ?

mec-bien

Dimanche soir, déprime de fin de semaine. Pour tromper mon ennui, je mate un épisode de Sex and the city qui avait échappé à ma vigilance, celui où Carrie compare les hommes
célibataires à des animaux du cirque, tous avec une bizarrerie qui fait qu’ils ne seront pas le papa heureux de Carrie junior. Triste vision des choses ? Oui, mais ô combien répandue. La semaine dernière, une de mes amies sur le net (je ne sais plus si c’était Anne, Tatiana ou Zoé, honte sur moi) me dit quelque chose comme : « fais chier, tous les mecs sont soit maqués, soit bizarres », quelque chose du genre. Petit panorama de ma dernière année amoureuse : j’ai flashé sur des mecs pris, plusieurs fois, j’ai eu droit à des pervers, des obsédés, des idiots, des « oups, j’ai oublié de te rappeler » ou des qui habitent trop loin. Mouais, mon ratio de mecs biens, disponibles et vivant à moins de 3h de train de chez moi est assez faible, voire inexistant. Mince, alors, mon amie virtuelle aurait raison ?

Il y a deux ans, j’avais fait une soirée avec un de mes profs de fac qui ADORAIT ses jeunes étudiantes. Lors d’une soirée fortement alcoolisée, il expliqua à mes camarades et
moi-même qu’il se méfiait des femmes de son âge, 37 ans, célibataires. Parce que si elles sont célibataires à cet âge-là, c’est pas normal. Parce que tu crois que c’est normal dans ton cas, mon gars ? Non mais c’est quoi ces considérations à deux balles ? Mais en y réfléchissant bien, chaque sexe n’a-t-il pas ce genre de pensées pour le sexe qui l’attire ?

Un jour de grand fatalisme, agacée, je me suis dit : « en fait, va falloir que je fasse la sortie des collèges pour trouver un mec célibataire potable ! ». Ouais, sortir avec un ado de 13 ans, redécouvrir les vicissitudes de l’adolescence… Non, ben non. De toute façon, je ne suis pas pédophile, il me faut un mâle, un vrai, qui a son permis et a fini de muer, c’est pas possible autrement. Mais voilà, à presque 26 ans, vais-je trouver une moitié convenable ? Tous ces beaux jeunes hommes que je croise dans la rue ou en soirée sont forcément pris… Sinon, c’est qu’il y a un défaut de conception, c’est pas possible autrement. Et pourtant, est-ce si difficile de penser que l’homme parfait pour moi existe ? Et que ma perfection en matière de garçon n’est pas la même pour les autres ?

Après tout, si je regarde autour de moi, j’ai plein de copines merveilleuses mais célibataires. Je vais m’inclure dans le lot : tu sais bien, lecteur, que la modestie n’est pas forcément ma qualité première. Bon, alors, voilà tout un tas de belles demoiselles vingtenaires sans mâle pour les accompagner. Pourquoi ? Sont-elles moches ? Non. Sont-elles connes ? Non. Sont-elles folles ? Non (quoi que moi, je suis assez originale, on dira). Alors si toutes ces demoiselles célibataires et bien sous tout rapport existent, pourquoi leur alter ego n’existerait pas ? Pourquoi ce beau gosse là-bas ne serait-il pas, en plus d’être délicieusement séduisant, brillant, drôle, cultivé ET célibataire ? Après tout, je suis bien célibataire, moi ! Car le célibat n’est pas forcément une question de tare cachée. Trouver chaussure à son pied n’est pas un exercice aisé, loin de là. Déjà, faut avoir l’occasion de faire des rencontres et ce n’est pas forcément évident. Gros concours en préparation, boulot prenant… quand vient la nuit, on n’a qu’une seule envie, aller se pieuter dans son lit, on ira draguer au dehors une autre fois. Oui car pour chasser le célibat, faut l’avouer, faut avoir une vie sociale, ça aide. Oui, lecteur (et surtout lectrice), je te le dis : la perle rare ne se trouve jamais sous notre lit, j’ai vérifié.

 

Par ailleurs, une personne peut se trouver célibataire suite à une rupture amoureuse. Tout le monde en a vécu un jour, même Brad Pitt ou Sophie Marceau alors M. l’homme de notre
vie aussi. Son cœur en vrac, avide d’amour, n’attend que nous, allons-y gaiement. Mais pas trop quand même, ça me gêne pas de jouer les infirmières mais merci de pas me jeter une fois le petit cœur réparé parce que qui va réparer mon petit cœur brisé, hein ?

 

Dans cette histoire, ce qui ressort, c’est la stigmatisation des célibataires : à croire qu’on a une date de péremption ! Bon, moi, je n’ai que 25 ans (pas encore 26,
commence pas à me vexer, lecteur !), mes plus belles années sont devant moi. Personnellement, j’ai de la chance, personne dans ma famille ne me fout la pression à ce niveau-là, aucune grand-mère ne me demande d’un air sadique : « hé alors Nina, il serait temps de te trouver un mari ! ». Même ma mère me dit d’un air entendu : « ahlala, mais tu as le temps ! ». Merci maman ! En même temps, je vais pas me trouver un mari juste pour faire plaisir à ma famille surtout que j’ai pas intérêt à ramener n’importe quoi, ma
grand-mère paternelle étant assez élitiste. En même temps, si je tombe folle amoureuse du facteur, je fais ce que je veux. N’étant une accro ni au mariage ni aux bébés (oui, j’ai toujours refusé de pondre une équipe de foot), je vis plutôt bien mon célibat. D’autant que je sais que la descendance sera forcément assurée par ma sœur qui finira bien par se reproduire avec Anthony et me fera de beaux neveux et nièces. Pas de panique ! Et puis au lieu de me jeter à la tête du premier célibataire venu, j’ai même le temps de me chercher un beau parti : un mec qui me plaît et avec qui je ne m’ennuie pas. Un mec qui me rend heureuse et que je rends heureux. Suis sûre qu’il y a encore ça sur le marché, pas de panique. Mais dans une société où on est gavés de soap opéras et de films romantiques à la con, être célibataire, c’est mal. Etre célibataire, c’est qu’on doit être laid ou particulièrement invivable. Mais comme m’objectait Gauthier un jour où je me lamentais sur mon célibat : « Mais de quoi tu te plains ? T’as vécu 4 ans et demi avec un mec, c’est pas rien, quand même ! ». Excellente objection, moumour. Je suis peut-être un peu difficile à vivre et un peu caractérielle (ô, doux euphémisme), je n’en suis pas pour autant infecte, sinon, j’aurais pas plus d’amis que de petits amis. L’amour est, à mon sens, une curieuse alchimie, ça passe ou ça casse sans que, forcément, les deux membres du couple soient à remettre en cause. Il existe parfois des « incompatibilités d’humeur » qui ne s’expliquent pas, l’amour ne peut durer et c’est comme ça. C’est pas pour autant que nous sommes irrécupérables, juste que nos deux caractères n’étaient pas compatibles au quotidien.

 

Curieusement, plus j’avance dans le temps et moins j’ai peur de finir vieille fille, je sais que le pot de mon couvercle ou la chaussure qui va à mon pied, je finirai par le/la
trouver. Et pas à la sortie d’un collège.

Nous ne sommes pas les paillassons de ces narcisses boursouflés

Cette phrase tirée de Friends me paraît un adage que toutes les femmes (et ça marche pour les hommes aussi, finalement) doivent garder en tête. Je resitue le contexte pour ceux qui ne connaissent pas la série ou n’ont pas vu cet épisode. Phoebe achète un livre hautement féministe qui explique aux femmes qu’elles ne doivent pas se laisser marcher sur les pieds. Sans être une féministe bornée et monomaniaque, il y a des choses qui me font hurler.


 


 

Mercredi, je traînais sur les blogs et je découvre le nouvel article de Mel qui me fout de mauvais poil. Cette demoiselle s’est fait plaquée d’une façon ignoble par un narcisse boursouflé qui mériterait bien un coup de pied au cul (et une chaude pisse, ça calmerait son zizi hyperactif, tiens). Oui, comme j’ai pas de vie sentimentale, je vis celle des autres par procuration. Et là, Mel a la réaction de toute fille normalement constituée qui a son petit cœur brisé : « ras le bol des mecs, j’en ai marre, c’est terminé ! ». Et là, je dis stop. Aucun homme ne mérite qu’une femme abandonne le terrain amoureux. Aucun ! Même Brad Pitt. Regardez la petite Jennifer Aniston : elle s’est faite plaquer par un des hommes le plus sexy de la planète en proie au démon de midi, elle s’est consolée dans les bras d’une baraque. Et elle a bien fait.

Oh, bien sûr, je ne jetterai jamais la pierre à Mel de penser ça ni à aucune autre femme puisque je suis la première à dire la même chose après une déception amoureuse :
« ces mecs, tous des connards, je me fais lesbienne ou je rentre au couvent. » Et là, la voix de la raison (à savoir Gauthier) me répond : « Mais non, t’aime trop la queue et t’es pas croyante. ». C’est bon d’avoir un meilleur ami, y a pas à dire. Evidemment qu’on s’en remettra pas en deux jours, évidemment qu’on va être plus méfiante et le prochain Brad a intérêt de montrer patte blanche avant qu’on l’autorise à entrer dans notre vie. Mais à 26 ans, on n’a pas le droit de laisser tomber tous les hommes à cause d’un seul. Surtout quand c’est un connard comme Roberto.

Y a des fois où ça m’énerve. Dans mon entourage, il n’y a que des filles bien, c’est pas pour rien que ce sont mes amies (car qui se ressemble s’assemble, n’est-ce pas !). Elles comme moi avons eu à faire à des narcisses boursouflés qui se sont bien essuyés leurs pieds boueux sur notre ego, transformé en paillasson. Non seulement on en sort avec le cœur en morceau mais avec l’ego en berne. « Bouh, personne il m’aime, mais pourquoi ça m’arrive à moi ? ». Oui, tiens, pourquoi ça m’arrive à moi ? Je suis pourtant une fille charmante et conciliante, jolie et sympa, je ne devrais pas avoir à vivre ce genre d’épreuves. C’est pas normal qu’un mec oublie de me rappeler ou qu’un autre m’utilise comme punching ball en crachant tout son fiel sur ma pauvre pomme. L’autre soir, énervée, j’en parle à un copain sur MSN, sortant une phrase du genre : « Bordel, les hommes sont-ils tous des connards ou c’est moi qui ai pas de chance ? » Et lui de me répondre : « Tu connais la réponse. ». Oui, je la connais. En 26 ans, ma vie sentimentale ne fut pas de tout repos, comme l’immense
majorité des demoiselles de mon âge. Tous les hommes ne sont pas des connards, non. L’amour, c’est un peu comme la bicyclette, faut tomber plusieurs fois avant de savoir en faire.

Oui, certains mecs sont d’immondes porcs qui n’ont aucun respect pour notre personne mais je ne pense pas que ce soit notre faute. En général, ce genre de mec sera tout aussi odieux avec ses prochaines compagnes donc il ne faut pas culpabiliser. Quand je me demande ce qui ne va pas chez moi, pourquoi j’ai une lose amoureuse anthologique, je me dis que mon seul défaut, c’est ma naïveté. Je prends tous les crapauds qui passent pour de beaux princes mais un matin, je me réveille et les mots d’amour ne sont plus que d’atroces croassements. Et là, je m’énerve, je hurle, je pleure : « Mais comment ai-je pu être aussi naïve ? ». Car même quand on se fait lourder comme une merde par un narcisse boursouflé qui ne mérite aucune considération de notre part, on se demande toujours ce qu’on a mal fait, on se sent coupable.

Et bien, non. Un connard est un connard malgré nous, ça n’a rien à voir avec ce que l’on est ou ce que l’on a fait. A chaque peine amoureuse, quand je vais pleurer dans les jupes de Gauthier, je me prends toujours le sermon suivant : « Moumour, arrête de te remettre en question à chaque rupture, tu n’y es pour rien ! ». Ben oui… Donc pourquoi devrais-je empêcher tous les beaux princes de vivre une histoire d’amour avec moi parce que, dans ma vie, j’ai croisé la route d’un narcisse boursouflé et goujat ? Ce n’est pas juste !
De toute façon, aucun homme, quel qu’il soit, ne mérite que l’on renonce à notre vie amoureuse pour lui. Bien sûr, tout ne se passe pas en 24 heures, faut le temps de cicatriser et de repartir sur les chemins de la conquête amoureuse mais crois-moi, Mel, un jour, un Paulo remplacera l’insignifiant Roberto et ton cœur, certes cabossé, rebattra joyeusement et tu iras jusqu’à oublier cet ignoble connard. En attendant, je t’autorise à griffonner son numéro dans les toilettes de tous les clubs gays de la Côte, ça nous fera rire.

L’amour est un jeu risqué, on ne gagne pas toujours (même assez rarement, finalement) mais faut-il réellement arrêter de jouer après une défaite ? L’amour n’est-il pas le sel de la vie ? Bon, il n’y a pas que ça, certes, mais on va pas s’en priver juste à cause d’un connard qui passait par là… Ou d’une connasse, d’ailleurs, car certaines sont très douées pour détruire des cœurs en y enfonçant le talon aiguille de leur chaussure.

Si on résume, je pense que personne ne mérite qu’on renonce à l’amour pour lui ou pour elle. C’est comme si on renonçait aux études à la première mauvaise note ou que l’on démissionnait après un souci au travail. Non, c’est trop bête. Est-ce qu’un Roberto mérite qu’on se prive de doux moments avec un autre homme par la suite ? Non ! Est-ce qu’un Roberto mérite qu’on se cloisonne dans un couvent pour le reste de nos jours ? Non ! Perso, quand j’ai une peine de cœur, je me rappelle de toutes les fois où je me suis relevée. J’ai survécu à tant de choses, je vais pas abandonner maintenant, ce serait trop bête. Avoir souffert tout ça pour ça, le jeu n’en vaut pas la chandelle. Aucun narcisse boursouflé ne réussira à nous briser le cœur de façon irrémédiable. Qu’on se le dise !

Cravachons l’’hippopotame

Les années se suivent et ne se ressemblent guère. Il y a un an, à peine arrivée sur Paris, je fêtais mon anniversaire avec Gauthier et Lucie montés pour l’occasion, Clara qui
vivait chez moi et son meilleur ami et Pedro, qui nous avait bien emmerdé toute la soirée (« non mais moi je veux pas faire ça ou ça. Et puis d’abord, c’est Nina qui choisit, tu veux faire ce que Gauthier propose ou ce que je propose ? » Curieusement, Gauthier a gagné). Une soirée sympathique mais qui ne restera pas forcément dans les annales (sauf ma bûche mémorable sur le trottoir à St Michel).

 

Cette année, je fus gourmande : pour fêter mes 26 ans, qui me rapprochent inexorablement de la trentaine, j’ai décidé de le faire trois fois. En fait, au début de l’année 2006, j’étais trèèèès pessimiste sur ces 26 ans, j’avais un peu peur de revivre mes 22 ans, la pire année de ma vie, d’après mes souvenirs (premier échec scolaire de ma vie, des décès en pagaille dans mon entourage, rupture d’Alice et Anthony…). Pourtant, plus l’échéance approchait et plus je me sentais sereine, je pense que mon petit CDD a bien aidé. Première fête d’anniversaire à Toulouse avec Mister Big, Anne, Lucie et un couple d’amis. On va boire dans un bar toulousain et on rit comme des petits fous, quelle merveilleuse séance d’abdos. J’avoue que j’étais ravie de cette petite soirée car, l’an dernier, je n’avais pas pu le faire avec Anne, mon amie d’enfance, et ça m’avait fait un peu bizarre. Fête deux : avec ma famille. Samedi soir, le lendemain, petite soirée en famille, papa, maman, Johann et Alice (Anthony étant resté sur Paris pour passer son concours de pompier). Et comme j’avais pas encore assez mangé et bu du week-end, le dimanche, on se fait un petit repas en famille avec ma mamie et ma tante. Tout ça se solde par un paquet de nouvelles fringues, un livre de cuisine et un kit de massage (ma famille chercherait-elle à me caser ?).

 

Retour sur Paris. Mon anniversaire étant jeudi soir, il paraît logique de fêter ça le vendredi soir comme ça, on peut se coucher tard. La liste des invités est la
suivante :

– 3 vingtenaires : Tatiana, Gauthier et moi.
– 2 blogueuses : La rouquine et Lilvirgo
– 3 lecteurs : Lefroid, Bernardin et Sechev
– 2 amies parisiennes : Sab et Zoé
– 1 membre de ma famille : Alice
– 1 élément rapporté que je connais pas : un copain gay de la rouquine.

Bon, tout le monde arrive (en retard) sauf Zoé qui est malade mais qui n’a pas l’appendicite, rassurons-nous. Forcément, nous avions réservé une table dans notre bar-restaurant de
prédilection, où nous passons pas mal de soirées depuis octobre. Bon, on est un peu serrés à table, nous voilà tous très intimes. A côté de moi, j’ai pris ma sœur qui ne connaît pas le blog donc ordre du jour : deux mots sont interdits : « Nina » et « vingtenaire ». On discute et Alice me sort : « bon, et faut appeler les gens par leur vrai nom ou leur pseudo ? » Mon cerveau passe en mode alerte : mais comment elle sait ça, elle ? J’ai bien envoyé un mail à tout le monde sauf la miss pour donner les vrais prénoms,
aurais-je commis la faute de lui adresser aussi ? Non, c’est mon Gauthier d’amour qui a envoyé un mail à tout le monde (y compris ma soeurette) de sa boîte gauthier.vingtenaire en intitulant le dit message : « anniversaire [biiiiiiip]/Nina ». Bon, ça, c’est fait.

Elle a eu droit aussi à la fameuse histoire du sperme qui rend la peau douce. Comme je ne suis pas sûre que cette histoire ait été racontée ici, je vous la retranscris. C’était en deuxième année de fac, j’étais au resto U avec Gauthier et un copain commun, Guillaume (pas celui avec qui je suis sortie). J’étais en train de bouquiner quand Guillaume dit : « et alors, il paraît que le sperme, ça rend la peau douce. » Et là, je me frotte le coin de la bouche et je lâche un merveilleux : « ah ouais ! ». Bon, elle a eu droit à plein d’autres histoires sur ma personne, notamment celles où je fais l’amour à des étagères et des grilles en fer forgé en boîte. Donc ma sœur ne me regardera plus jamais comme avant, c’est clair et net. Elle m’a aussi révélé au passage qu’elle savait que je fumais. C’est fou comme c’est difficile de cacher des choses aux gens qui vous connaissent…

 

Bon, je ne parlerai pas de la qualité de la bouffe, très bonne, mais là n’est pas la question. Abordons l’essentiel : mes cadeaux. Bon, comme j’en ai eu plusieurs (hihihihi),
ils ont été distillés tout au long du repas. Oui, les cadeaux, c’est comme les brouettes, faut pas tout donner d’un coup, faut profiter de chacun d’entre eux. Entre en piste cadeau n°1 : un petit hippopotame tout bleu, tout doux, avec de grands yeux tout mignons et qui a la particularité de vibrer. Bon, déjà, on a mis deux heures à mettre les piles, le couvercle refusant de se fermer puis le gentil hippopo a fait plusieurs fois le tour de toute la table, toute la table voulant l’essayer : « oh, mais c’est tout doux ! », « oh, ça vibre ! », « oh ouah ! Ca fait vachement de bien » (personne ne l’a testé de façon intime, je préfère préciser). Mon ami l’hippopotame, baptisé Hugo, a été l’objet de toute l’attention, Le Froid a même tenté de me le subtiliser (la photo est d’elle, on applaudit).

 

Après le plat principal entre le cadeau n°2, celui que je réclamais à corps et à cris depuis 6 mois et qui était enfin entre mes petites menottes excitées : une cravache que
j’ai baptisée Monica. Oui, j’aime donner un nom à mes objets coquins et alors ? Monica n’est pas très grande mais elle est très jolie, tout à mon image. Elle manque encore un peu de souplesse mais ça viendra avec le temps. J’ai donc passé le reste de la soirée à jouer avec, à l’agiter sous le nez des gens quand je veux leur parler et à en cravacher quelques uns. Bref, si Gauthier avait eu quelques doutes sur ce cadeau, il n’en avait plus, après. Enfin, troisième et dernier cadeau : un après-midi shopping, youhou ! Je vous tiendrai au courant de cette dernière partie du cadeau. J’ai aussi eu droit à deux roses, une offert par La rouquine, une autre par un gars qui fêtait son anniversaire à la table d’à côté. Ca devait faire trois ou quatre ans qu’un homme m’avait pas offert de roses…

 

Enfin, samedi, j’ai eu un dernier petit cadeau qui m’a fait très plaisir. Nous sommes sortis avec La rouquine, Le froid et Gauthier (of course), une folle soirée où j’ai dansé
comme une folle. Note pour moi-même : ce n’est pas une bonne idée de danser quand on a eu un torticolis dans la semaine, faut que j’apprenne à danser sans jeter ma tête de droite à gauche pour faire de supers effets avec ma chevelure. Bref, vers 4h du matin, Gauthier et moi décidons de nous transposer dans notre boîte gay préférée, prenant Le Froid sous le bras. La semaine précédente, j’avais harcelé le barman pour qu’il m’offre la merveilleuse paire de menotte en foufoune rose qui pendait à côté des bouteilles et qui étaient toutes malheureuses, seules, inutiles, inexploitées. Donc cette semaine, je reviens et je fais : « hé, tu sais, c’était mon anniversaire, jeudi ! ». Et là, je les ai eues, mes belles menottes. Et bien, la foufoune rose est très douce, je me suis baladée pour la fin de la nuit avec mes menottes au poignet, yahaa !!

 

Bon, maintenant, me reste plus qu’à trouver le monsieur qui fera la connaissance Monica et des menottes à qui j’ai pas donné de nom…

 

Voilà, j’ai maintenant 26 ans et je reprends ma vie en main, j’ai profité du week-end pour régler des choses qui ne pouvaient plus attendre, il est temps de ne plus subir les
événements mais de les maîtriser. Déjà, à peine ai-je soufflé mes bougies que je vais commencer un nouveau boulot. Ca commence plutôt bien, non ?

 

Pour terminer : je remercie les gens qui sont venus à mon anniversaire, j’ai passé une super bonne soirée et j’étais ravie de mes cadeaux. On se refait ça l’an prochain,
hein ?

L’’alcool, ce douloureux problème de société

Par Gauthier

Il y a différentes formes d’alcoolisme, et je vais essayer d’identifier la mienne à l’aide d’un article à 45% (non dilué s’il vous plait).

Donc je vais commencer par mon préféré : l’alcoolisme mondain. Qu’est ce que c’est ? Tout simplement une forme élitiste de l’alcoolisme pmu-esque (que nous verrons tout à l’heure). L’alcoolique mondain se targue assez régulièrement d’une particule ou d’une dizaine de couv’ de Télé 7 jours. Les deux n’ont aucune importance, sauf pour celui qui les revendique fièrement. Un alcoolique mondain ça ne paye pas ses consommations. Il boit dans les dîners, dans les cocktails, dans les soirées VIP (Very Important People), toujours à l’œil. Et oui plus on est riches moins on doit dépenser d’argent. D’ailleurs heureusement pour lui, parce que s’il boit autant c’est pour oublier qu’il est has been, ou has never been… et donc complètement fauché ! Moi je paye trop souvent ce que je bois donc ce n’est pas moi.

 

Voyons maintenant l’alcoolisme domestique. L’alcoolique domestique (alcoolicus domesticus) est un être troublé et troublant. Tout le monde est susceptible de le devenir après une rupture, un défilé JPG raté, une baisse des taux d’intérêts ou une hausse du prix du tabac… Bref les déclencheurs sont différents, mais le résultat reste le même. Le pauvre bougre boira tout le temps, en permanence, et du lever au coucher, il aura une bouteille pleine à moins de 2 m de lui où qu’il soit. C’est pour ça qu’il sort peu, les femmes sont plus touchées, en effet, il n’est pas convenable pour une femme de se foutre minable en public, donc elle se cache ! Toutes les CSP peuvent être touchées. Donc l’alcoolique domestique boira de la villageoise, de la bière, de la vodka, de l’armagnac ou du champagne. Du moment qu’il y a de l’alcool… Mais lui il paye sa consommation, il se cache quand il achète les bouteilles au Shoppy, faisant jusqu’à trois superettes par jour pour brouiller les pistes. La désociabilisation est souvent le corollaire de cette forme d’alcoolisme. Je ne suis pas concerné, je ne bois pas tout seul chez moi, je suis hyper sociabilisé, et je n’ai aucune honte à boire comme un trou…

 

L’alcoolisme pmu-esque fait des ravages dans nos campagnes principalement. Où que vous viviez, qui que vous soyez, vous êtes déjà entré dans un PMU, ne serait ce que pour demander votre chemin. Et là votre regard se perd dans la foule des habitués, là un vieux à moustache, avec un gros nez rouge et un béret de travers, entre deux lampé du gros rouge qui lui sert de carburant, il réajuste son mégot de gitane maïs et se gratte la tête avec des ongles qui engendrerait un cataclysme par attaque cardiaque dans un salon de beauté… Là une femme, blonde décolorée délavée, avec un pull marin sale et déformé, elle doit avoir 29 ans sur sa carte d’identité, mais les poches sous ses yeux et ses dents pourries lui donne 48 ans, elle tient un verre de blanc, et fume des gauloise sans filtres. Là bas un homme, le mari de la blondasse apparemment, il fini vite son demi pour aller chercher leur progéniture à l’école, il ne s’est jamais brossé les dents de sa vie… l’alcoolique pmu-esque paye ses consommations, le plus souvent avec son RMI ou sa retraite. Si quelqu’un a pensé que ça pouvait être mon cas je le brûle sur place !!!! Je suis jeune, je suis beau, je dépense une fortune en crème miracle pour paraître frais en toutes circonstances, je m’asperge de parfum à 70€ la bouteille, et j’ai une hygiène irréprochable !!!! Non mais…

 

Il reste une catégorie : l’alcoolisme étudiants. Le brave étudiant qui travaille comme un forcené toute l’année pour obtenir des diplômes qui lui permettront un jour de rentrer, tête haute, dans son agence ANPE pour s’inscrire au RMI. Il doit décompresser, et donc que fait-il le week-end ? Il boit avec ses potes. Alors après les modalités diffèrent, il peut se mettre minable à domicile avec une bande de potes, ou sur un quai de Seine, toujours avec ses potes, mais aussi, encore avec ses potes plus quelques autres, dans la boite du coin. L’étudiant alcoolique a une espérance de vie réduite du moment qu’il vit en province et qu’il doit conduire pour rentrer… Les platanes ne sont pas vos amis, ils viennent se mettre juste devant votre voiture (mais que fait Sarkozy ?). Avec un peu de chances, il croisera la route du Lieutenant Lebo de la Gendarmerie de Péquins s/ Argoules qui lui retirera poliment son permis de conduire avant de le reconduire chez ses parents qu’il connaît depuis le collège. L’étudiant alcoolique est le plus souvent très gentil, très amoureux quand il boit un peu trop. Mais il y a aussi la forme bourrine : deux verres et il veut casser la gueule de tous ces cons qui le regardent de travers sur la piste. J’ai une très grande expérience du mec qui veut me dessouder parce que je parle avec sa meuf. Il me chope par le col et m’informe qu’il va me faire sortir les dents par l’anus, là s’armer de son plus beau sourire et tout en posant une main sur ses fesses lui dire : « Mais je préférerais faire autre chose avec mon anus, on t’a déjà dit que tu avais un cul d’enfer ? ». Là c’est quitte ou double, et perso je m’en suis toujours bien tiré, le bourrin arrête tout net, de peur que je le viole sur place. C’est fou ce que les hétéros ont peur des pédés ! Quelque part je suis un étudiant alcoolique, certes, mais je ne paye pas suffisamment mes conso pour ça, je sors trop souvent dans des endroits fréquentés par des VIP (Very Important Poufiasse).

 

Donc résumons, je suis un savant mélange d’alcoolisme mondain et d’alcoolisme étudiant… Nous voilà bien avancé… Mais dans tous les cas la seule chose à retenir c’est que je bois comme un trou, que j’aime ça, et que je l’assume complètement !!!! Maintenant il faut s’attaquer à l’autre souci : les trous de mémoire en soirée… Si vous avez un remède autre que « mais arrête de boire Gauthier bordel » je suis preneur…

Mars et Venus ne se rejoignent jamais ou presque

Par Tatiana
Aujourd’hui j’ai décidé de rebondir sur un article de Nina, précédemment publié, sur la psychologie masculine, en donnant moi aussi mon avis sur cette épineuse question. Cette idée m’est venue ce WE en parlant avec le copain d’une de mes amies. C’est d’autant plus d’actualité qu’aujourd’hui, au moment même où j’écris ces lignes, je suis en train d’attendre des news d’une personne de la gente masculine qui met beaucoup trop de temps à mon goût à se manifester, et j’ai deux de mes amis masculins qui ne répondent ni aux mails ni aux messages en ce moment (ça fait plaisir là, je me sens pas du tout rejetée).

Ce WE j’étais à Grenoble chez Sandra, qui vit là-bas depuis 4 ans (ou 5 peut-être). Après un samedi après-midi shopping, activités hautement parisienne et féminine – oui, parce qu’à Grenoble (ou Gre pour les habitués de cette ville) on ne fait pas du shopping le WE mais du sport, et d’ailleurs moi je fais un peu figure d’hérétique en tant que parisienne qui va là-bas mais pas pour faire du ski. Donc, après notre shopping nous avons rejoint son tendre et cher dans un café pour papoter un peu. Au passage le café était très sympathique : décors très tendance et le capuccino vous est servi avec des gâteaux et de la chantilly dans un petit ramequin à part. Nous voilà partis à parler de tout et de rien et plus précisément de ce que nous allions faire le soir : un resto entre nanas. Sandra propose à sa moitié de venir mais comme de par hasard il nous dit qu’un mec avec 4 nanas ca va pas vraiment le faire, et que ces messieurs risquent d’en prendre pour leur grade, genre « tous des salauds… ». Là je lui réponds que non peut-être pas aussi poussé mais que quand même y a des fois où il sont franchement maladroits ces hommes. Là, il sourit et me dit qu’ils pensent la même chose de nous. C’est à ce moment précis que j’ai été interpelée par ce fait : les hommes et les femmes ne se comprennent pas mais pensent la même chose. Pourquoi n’arrivons nous pas à nous comprendre mutuellement ? Vaste question sur laquelle je pense qu’il n’y a pas de réponse, mais seulement des exemples d’incompréhensions qui glissent sur des quiproquos voire des conflits stupides qui n’auraient pas lieu d’exister.

Premier exemple : depuis ce matin j’attends (désespérément je l’avoue) qu’un homme me donne de ses nouvelles car il est rentré de vacances et silence complet. Bien sûr tout de suite je me dis « ça y est il en profite pour faire le mort, le lâche ! le con !…». c’est vrai cette solution est peu être envisageable, mais avant de m’écrier à la trahison je ferais peut-être bien de me renseigner sur ce qu’il en est réellement car très souvent il y a une raison et l’on s’énerve pour rien. Imaginons que je décide de lui envoyer un mail d’insultes bien construites qui lui explique la manière dont je le perçois en ce moment. Si je me trompe, là c’est sûr il va mal le prendre et du coup il va s’énerver, moi je vais m’énerver et on aura gagné une engueulade, voire une rupture définitive. Car de son point de vue il ne voit pas où est le mal, donner de ses nouvelles aujourd’hui ou demain quelle différence ? Ici est le cœur du problème : les hommes ne pensent pas comme les femmes et inversement. Mais pourquoi sommes nous faits ainsi ?

J’entends très souvent mes amis mâles me dirent que nous sommes trop exigeantes (et là je cite une personne bien précise) : nous voulons un homme doux et violent à la fois, sûr de lui et timide à la fois, viril-poilu et épilé intégralement à la fois, bavard et muet comme une carpe à la fois, vieille école et sex toys/new sex à la fois, et je m’arrêterai là car la liste était encore longue. Mais messieurs je peux vous retourner la pareille car vous voulez une femme qui soit amie, amante et mère à la fois, il faut qu’on soit toujours disponible quand vous voulez nous voir mais il faut pas que l’on soit trop sur vous et qu’on exige trop de vous. Il faut que vous sentiez qu’on vous aime mais faut pas non plus tomber dans les « je t’aime » toutes les deux minutes. Bref, tout autant de paramètres à gérer qui fait que nous aussi on a des tendances schizophrènes.      

Autre exemple, hier (oui nous sommes un jour plus tard depuis le début de mon article) en plus de ne pas avoir eu de nouvelles de M. X je me suis pris un vent monumental par mes anciens collègues de boulot avec qui je voulais manger aujourd’hui. Je leur avais envoyé un mail et pas de réponse. Donc le soir, j’envoie un deuxième mail en disant que vu que pas de réponse, pas de déj. Car je viens pas sans confirmation, moi, imagine qu’ils soient pas là ou autre chose. Et ce matin je reçois un mail de l’un d’eux qui me dit « ben pour moi c’était ok… » voilà encore une nouvelle fois la démonstration de nos différence de formatage cérébral. Pour eux, le fait de ne pas répondre ça voulait dire ok, mais comment j’aurais pu le deviner ??? N’étant pas madame soleil je ne sais pas encore passer par le réseau internet pour atteindre le cerveau des gens.

Alors comment faire pour se comprendre ? La seule solution semble être que chacun dise explicitement ce qu’il ressent à chaque fois afin d’éviter tout malentendu. Mais cela deviendrait vite invivable. Toujours en illustration, les fameuses phrases du genre « non c’est pas la peine de m’appeler » alors que nous la seule chose qu’on attend c’est que vous nous appeliez. En fait c’est très simple, la plupart du temps quand on dit ce genre de chose on le pense vraiment, enfin à la base. Mais c’est pas pour autant qu’on vous interdit de nous appeler (ou autre chose) au contraire si vous le faites sans qu’on vous l’ait suggéré c’est encore mieux. Mais si vous le faites pas là c’est plus ou moins le drame car entre temps on se dit « ah mais il appelle pas, d’accord je lui ai dis de pas le faire mais c’est pas une raison, il tient pas à moi… » – oui je sais, l’imagination féminine a cette merveilleuse capacité d’emphase que l’on aime tant.

 

Entre temps j’ai reçu une réponse de ce fameux (et mystérieux) M. X. Réponse chaleureuse qui explique le pourquoi de sa non manifestation plus tôt, mais qui n’a pas du tout l’air de rendre compte que moi de mon côté je me suis fait tout un tas de films noirs, du genre le pire du pire. Il ne le saura jamais d’ailleurs car je me vois mal lui faire une scène parce qu’il a mis un jour de trop à m’écrire. Vu que lui il ne sait pas tout ce qui m’a traversé l’esprit, il comprendrait rien du tout à ce que je pourrais lui dire, et je passerai pour une folle hystérique alors que bon quand même c’est pas mon cas je vous assure. Mes deux autres amis se sont eux aussi manifestés entre hier et ce matin, donc finalement tout est rentré dans l’ordre.

Faut-il être prude ou chaude pour séduire ?

En tant que fille, je me pose toujours des questions essentielles. Et comme je suis sympa, je partage ça avec mes copines, les plongeant dans des considérations ésotériques et des
abysses insondables de perplexité. Oui, aujourd’hui, j’ai envie de faire mon intello avec des mots de plus de deux syllabes.

 


 

Bon, passons ces délires verbaux et étudions ensemble ma dernière question existentielle en matière de séduction : pour séduire un homme, quelle image donner de soi ? Ou plutôt quelle genre de nanas fait craquer les hommes. Faut-il se la jouer prude ou, au contraire, pro du sexe ? La question peut paraître saugrenue mais non.

 

Posons l’équation : d’un côté, Nina, ENCORE 25 ans (non mais !), célibataire et disponible. De l’autre, des hommes. Le premier se vante, il a couché avec la moitié de la planète et connaît des positions du bout du monde. Mon verdict : peut-être pour une nuit mais guère plus. Un mec qui a eu autant d’aventures (si tant est que ce soit vrai) ne va pas se caser si facilement, même avec la meilleure maîtresse du monde (je ne parle pas de moi, là). Donc, bof. Le second est la pudibonderie réincarnée : aucune vie sexuelle déclarée, ce qui ne veut pas dire qu’il en a pas mais visiblement, il n’est pas porté sur la chose. Certes, un couple n’est pas basé que sur le sexe, c’est pas pour autant qu’on va s’en passer. Le problème, c’est que ce qui en disent trop et ce qui n’en disent rien, difficile de savoir si on ne sera pas déçue par le premier et surprise par le second. Mais idéalement, il me faut une moyenne des deux : un mec qui a suffisamment vu du pays pour pas se servir de moi pour en apprendre plus et me jeter après mais pas un obsédé de la quéquette qui a besoin de changer de copine tous les 15 jours… Maximum.

 

Donc, de là, raisonnement inverse : comment me comporter pour séduire. Bon, honnêtement, je suis pas du genre à jouer les Saintes vierges la vertu, sans pour autant être
nympho à partager ma couche avec 15 mecs différents par mois. Seulement une fille un peu exubérante niveau sexuel ne risque d’elle pas de faire fuir les hommes.


Entre en scène Brad 1. Sans être puceau, Brad 1 n’a pas eu beaucoup de partenaires sexuelles, bien qu’il soit beau comme un Dieu. Est-ce que mon passé sexuel, qui n’est pas si impressionnant que ça quand même, ne risque pas de le castrer un peu ? Je ne suis pas un mec donc je raisonne peut-être par l’absurde mais certains mecs ne peuvent-ils pas être vexée que leur petite amie ait eu plus de partenaires qu’eux donc, a priori, plus d’expérience. Bon, très honnêtement, je ne pense pas que la quantité fasse la qualité mais je me pose quand même la question. Donc si je veux sortir avec Brad 1, faudrait peut-être que je diminue le nombre de mes partenaires.

 

Entre en scène Brad 2. Lui non plus n’a pas beaucoup d’expérience et, justement, il est avide d’apprendre. Donc il se dit qu’une fille qui a couché avec plus de trois mecs (moyenne nationale) amatrice de certaines pratiques pas pratiquées par toutes pourra lui apprendre plein de trucs. Mais le problème de Brad 2, c’est qu’une fois qu’il se sera bien amusé, il s’envolera car de toute façon, il n’est pas sorti pour mes beaux yeux azur mais juste pour s’amuser. Pour séduire Brad 2, il faudrait donc qu’au départ, j’exagère un peu le nombre de mes expériences, même si je me fais plaquer à l’arrivée.

 

Bon, on peut multiplier les hypothèses à l’infini mais la question reste : être prude ou être cochonne ? Sage ou libérée ? Et surtout, comment savoir si le Brad que l’on convoite va être intéressé par l’une ou l’autre de ces versions ? Il y a quelques temps, j’avais fait un article sur la virginité, expliquant que certains mecs préféraient les vierges car elles ne pouvaient pas comparer avec un autre partenaire. Soit. Mais plus on avance dans le temps et plus il est difficile de trouver des vierges. Par ailleurs, je vais pas me faire recoudre l’hymen pour faire semblant. J’ai un passé dont je ne rougis ni ne me vante car le passé est le passé, justement et qu’au fond, ça ne veut rien dire. J’ai presque appris plus avec mon premier amant qu’avec tous les autres réunis. Oui, bon, certes, je ne pouvais qu’apprendre avec lui puisque j’étais vierge mais les expériences furent très nombreuses. Par contre, j’ai appris quelque chose avec Guillaume 1er que je n’aurais pu apprendre ailleurs : que le sexe quand on aime, c’est encore meilleur. Et ça, je n’aurais pas pu l’apprendre avec 50 amants d’un soir, voire d’une semaine. De toute façon, chaque amant a quelque chose à nous apporter puisqu’on ne fait pas l’amour de la même façon selon la personne qui se trouve en face de nous. On peut appliquer les mêmes techniques et les mêmes positions, il y a toujours de l’inédit. Donc mes Brad, ils n’ont pas à rougir de n’avoir couché qu’avec deux filles dans leur vie mais ça, faut arriver à leur faire comprendre.

 

Quelque part, je trouve ça assez curieux cette espèce de défi statistique. Je parlais l’autre jour avec un gars qui a passé près de 10 ans avec sa petite amie, elle fut sa première
partenaire et il me fit remarquer : « j’ai peut-être eu qu’une partenaire dans ma vie mais au nombre de brouettes, je n’ai pas à rougir. » Ben, c’est pas faux. Je ne sais pas combien de fois j’ai fait l’amour avec Guillaume 1er puisque Dieu merci, j’ai pas passé quatre ans et demi à tenir des compte mais on explose largement la centaine, voire les cinq cents, voire les mille… Oui, après calcul, 4 ans faisant 1460 jours, on doit effectivement être plus proche des mille mais peu importe. J’ai donc fait l’amour plus de fois avec lui qu’avec tous les autres réunis mais que retiendra-t-on ? Si je dis que je n’ai couché qu’avec deux hommes dans ma vie, ce qui était le cas après ma rupture avec Guillaume 1er, on va me regarder comme une mère la vertu. Je dis que j’ai eu une dizaine de partenaires, hop, je suis l’experte en sexe de service. En plus, franchement, une dizaine, c’est rien du tout, si on considère le nombre de mecs qu’une fille peut connaître intimement entre 18 et 25 ans. Oui mais voilà, c’est toujours ce chiffre du partenaire que l’on retient. Et c’est celui qui attirera sans doute Brad 2 et fuir Brad 1.

 

En juin, j’avais dîné avec une copine qui se vantait d’une vie sexuelle bien remplie (elle fait l’armée, ça aide…) et elle me dit : « tu vois, j’ai eu 15 partenaires sexuels dans ma vie, je peux me caser maintenant. » Bon, vu ce qu’elle racontait, je pensais qu’elle en avait eu bien plus mais elle soulève un point important. Au lieu de croire qu’un nombre (relativement) élevé de partenaires n’indique-t-il pas au contraire que la demoiselle, ou le monsieur, a enfin envie de se caser, ayant eu l’occasion de rouler sa bosse, si j’ose dire ?

 

Mais au fond, pour choisir entre Brad 1 ou 2 ou un autre Brad, le seul critère n’est-il pas justement que Brad s’en fout du nombre de partenaire que j’ai eus ? Car au fond,
c’est moi qu’il est censé aimer, pas ma vie sexuelle.

 

Questions à choix multiples

Par Anne
L’amour conjugué…
 
Au passé:
Nous étions deux filles en concurrence pour le même mec. Il hésitait entre nous deux. Il la choisit elle et pas moi. Quel goujat!
 
Le présent:
Elle le quitte, pour des raisons qui n’ont rien à voir avec moi. (dommage) Et le voilà qu’Il me rappelle. Il me dit qu’il s’est fait jeté, qu’il a fait le mauvais choix entre les deux, il m’invite autour d’un verre et il me fait comprendre que je lui plais. A ce moment là, que vous dîtes-vous ?  Je me suis dit:
– Quel goujat!
-Je m’en fous et c’est bien fait pour sa gueule. (hum… mais quelle belle gueule)
-Ah, ben si elle l’a jeté, c’est un loser, j’ai rien perdu finalement.
– Maintenant qu’Il est libre, je lui saute dessus.
-Non, zut, crotte, flûte, je suis fière et je ne suis pas un second choix, s’il revient vers mois je l’envoie balader.
-Mais comment peut-il passer d’une fille à une autre aussi vite?
-Je réfléchis à une vitesse phénoménale, je ne suis pas si blonde que ça.
-Et si je sors avec lui et qu’il passe de moi à une autre fille aussi vite?
-J’aimerais l’envoyer chier mais il m’attire toujours autant bordel, je me sens vraiment pitoyable de savoir que je suis prête à m’asseoir aussi facilement sur ma fierté pour un mec qui ne m’a pas choisie en premier.
-Merde, je n’ai pas envie de l’envoyer paître, s’il insiste je craque…
 
Comportements sociaux
 
Le conditionnel:
Vous avez la possibilité de connaître d’avance l’issue de votre histoire d’amour, peu importe comment, vous êtes médium, Dieu vous a parlé, vous habitez dans un manoir, vous avez deux soeurs sorcières et vous avez des prémonitions…. L’histoire est belle au début mais la fin est tragique, VOUS finirez par le quitter, vous lanceriez-vous dans cette aventure?
C’est reparti pour une avalanche de questions, je prends un efferalgan.
 
Si oui, pourquoi?
a) parce que la personne concernée vous plaît beaucoup malgré tout au moment présent (instinct animal)
b) pour profiter des bons moments du début, tant pis si vous souffrez ensuite. (carpe diem)
c) pour essayer de savoir ce qui ne colle pas et de changer la fin de l’histoire. (louable)
d) pour passer le temps en attendant une autre occas’. (honteux)
e) Autres:
 
Si non, pourquoi?
a) pour éviter de le faire souffrir et de souffrir aussi. (trouille)
b) pour éviter de perdre du temps dans une relation vouée à l’échec. (aigri)
c) pour ne pas passer, entre temps, à côté de l’homme de votre vie. (supposition)
d) pour éviter de réfléchir à ce qui peut faire échouer la relation (lâche)
e) Autres:
Vous êtes passionné et un peu SM, vous aimez l’exotisme et le danger, cette aventure est faites pour vous … Dernière démarque sur les coeurs torturés … J’attends vos suggestions.

Le baiser

Sur ce blog, on parle brouette sans complexes mais jusqu’à présent, personne n’a évoqué le prélude à toute brouette qui se respecte, ce qui donne le
coup d’envoi de la montée d’excitation : le baiser.
 
Le baiser est le premier acte d’amour que l’on sait maîtriser. Petit, on fait des bisous à tout le monde, à son papa, sa maman, son frère et sa sœur
(ça change, ça, après…). Par contre, on n’aime pas trop quand on nous en fait, surtout les bises baveuses. A la maternelle, on embrasse notre petit amoureux, nos parents trouvent ça 
« trooooop mignon ». Bref, le baiser, c’est naturel, c’est doux, tout le monde aime ça.
 
Arrivé à l’adolescence, nous devons franchir une nouvelle étape : le baiser avec la langue. J’avoue ne pas me souvenir quand j’ai appris qu’un baiser, ça se faisait avec la langue, j’ai dû trouver ça dégueulasse sur le coup mais ça m’a pas traumatisée plus que ça (ou alors, j’ai occulté). Je me souviens, en centre aéré, Anne et mo étions très intriguées par la question et elle avait piqué le OK podium de sa sœur aînée pour apprendre comment faire. Bon, alors, lecteur, si tu es jeune et que tu veux savoir comment embrasser, c’est pas en lisant un magazine sur le sujet que tu sauras, j’ai rien compris à ce qu’ils disaient. De toute façon, en grandissant, je me suis rendue compte qu’il n’y avait pas vraiment de
technique.
 
Lors du premier baiser, allez savoir pourquoi, ça bave toujours mais quelle volupté, Seigneur ! Deux langues qui se caressent, c’est quand même super agréable, il faut dire ce qui est. Evidemment, tout dépend du partenaire. Y a-t-il de mauvais embrasseurs ? Je ne crois pas, c’est plus une question de compatibilité, sans doute. Tout comme la brouette. Personnellement, j’aime pas les mecs qui confondent baiser et examen approfondi de mes amygdales. J’aime pas non plus les langues trop inquisitrices ou trop insistantes, j’ai pas envie d’avoir la sensation qu’on me viole la bouche.
 
J’avoue que ce que j’aime dans le baiser, c’est quand c’est tout doux, de tendres caresses qui me mettent en émoi. Le baiser peut vouloir dire peu et beaucoup à la fois. Il peut y avoir le baiser pré-brouette entre deux amants qui ne partagent rien d’autre que cette envie de s’envoyer en l’air. Ce sont des baisers qui vont directement au but, si j’ose dire, les langues se mêlent aussi sec dans un ballet torride et le baiser ne veut rien dire de plus que l’ouverture officielle des préliminaires. Puis il y a le baiser qui scelle une nouvelle union. Je ne parle pas du prude bisou échangé le jour du mariage, non ! Je parle du premier baiser d’un couple. Avant ce baiser, il reste toujours une petite parcelle de doute : a-t-il vraiment envie de moi ou ne fait-il que jouer ? Est-il censé m’embrasser ou dois-je prendre l’initiative ? Comme je disais sur un autre article, moi trop petite, moi
pas prendre initiative, à moins que je ne jette mon dévolu sur passe-partout. Je me contente de mettre des étoiles dans les yeux et de jouer avec mes cheveux (signaux clairs, quand même). Donc 
juste avant : « va-t-il m’embrasser ? »  Et là, enfin, le premier baiser. Idéalement (enfin, je ne parle que pour moi), ça ne doit pas être une soupe de langue, ça fait
trop pelle pré-brouette, ça. Ce doit juste être nos lèvres qui se rencontrent, se caressent, tout doucement, puis je sens poindr délicatement sa langue qui vient un peu titiller la mienne et,
là, nos langues peuvent se rencontrer mais pas de façon trop violente. Je suis pas chez l’ORL, mes amygdales ont juste envie d’avoir la paix. Ensuite, ce baiser scelle une union. Maintenant, nous 
sommes ensemble, toi et moi… Et on n’a pas fini d’en baver. Ce simple baiser est très riche en signification. Selon le couple, il veut dire à la fois don de soi, fidélité, fin des aventures amoureuses (le temps que durera le couple, évidemment), on ne dira plus « je » mais « nous »… Enfin, pour ce dernier point, faut le temps que ça se mette en place mais c’est l’idée. Quant au dernier baiser… Ben, celui-là, je ne l’aime pas car on le voit rarement venir. Par exemple, je ne me souviens pas de mon dernier baiser avec Guillaume 1er… Je me doute qu’il s’agissait d’un simple smack, plus amical qu’amoureux mais après. Je me souviens de celui qui faillit être notre dernier baiser. Alors que nous avions mis un terme définitif à notre
relation et que nous pleurions dans les bras l’un de l’autre, on a failli s’embrasser, pur réflexe. Mais non, nous ne sommes plus ensemble, c’est terminé, les baisers. Pour mes deux dernières 
relations en date (Arnaud et Guillaume 2), le dernier baiser eut lieu à la gare, mais pas la même. Pour le premier, je ne le savais pas mais curieusement, quand mon train a quitté la gare et que je l’ai vu sur le quai, j’ai eu comme un pressentiment. Pour Guillaume, je le savais mais ce n’était pas comme dans les films, le grand baiser à la Withney Houston et Kevin Kostner dans Bodyguard
(bravo les références cinématographiques), non, un doux baiser plus amical qu’amoureux et rapidement donné car mon train partait. En même temps, la vie n’est pas un film.
 
Mais revenons au premier baiser. Si je réfléchis trente secondes, je me rends compte que la plupart de mes premiers baisers ont eu lieu dans un lieu privé. En fait, si on excepte mes changements de salive en soirée et en boîte, ils ont tous eu lieu dans un lieu privé et ce n’est pas plus mal, je crois. Je ne suis pas anti baiser dans la rue, pas du tout, mais je sais pas, le premier, c’est un moment à vivre à deux et j’ai pas forcément envie que tout le monde partage ça. Même si tout le monde s’en fout car personne ne connaît mon histoire et personne ne va se dire : « oh, la petite châtain à chapeau, là-bas, c’est la première fois qu’elle embrasse ce charmant garçon. Qu’est-ce qu’il est mignon, elle en a de la chance ! » (la dernière phrase sert juste à flatter mon ego). Honnêtement, c’est très con, mais j’adore les histoires de premier baiser, même si elles diffèrent rarement. C’est généralement du genre : « on était chez lui ou chez moi, à l’aise, on discutait sur le canapé, j’avais mis toutes les étoiles que je pouvais dans mes yeux et de l’or dans mes cheveux, j’étais tellement près de lui que plus près, j’étais sur ses genoux puis il y a eu un blanc et le baiser est arrivé ! ». J’avoue que dans mon cas, ce fut souvent ce scénario ou quelque chose d’approchant, sauf Reno qui m’a embrassée alors que j’étais en train de parler, ce qui m’a surprise. N’empêche que je m’en souviendrai, de ce baiser-là.
 
Le premier baiser est quand même un moment que j’adore, que j’attends et que je redoute un peu en même temps. D’abord, je l’attends car tant que ce n’est pas fait, je doute de l’issue de l’histoire. Quand bien même le mec m’envoie tous les signaux possibles pour me manifester son intérêt pour moi, y a toujours un moment où je me demande si ce n’est pas juste un jeu, limite il me dit que je suis jolie par politesse. Avec Guillaume 1er, je fus particulièrement lourde : il a fallu qu’une copine me fasse remarquer que ce n’était pas normal qu’un type qui avait une vingtaine d’amis à la cafétéria passe son temps avec un groupe qu’il ne connaissait que depuis trois jours. Alors qu’il me disait clairement qu’il voulait sortir avec moi (il n’a pas dit texto ça mais quelque chose plein de sens dont je ne me souviens pas particulièrement, honte à moi), je n’osais lui répondre franchement, de peur de me prendre un vent. Bon, depuis mes 20 ans, j’ai progressé et suis un peu plus audacieuse mais quand même. Tant qu’il ne m’a pas embrassée, rien n’est fait. J’en parlais à Sally l’autre soir, elle
m’a dit que c’était pareil pour elle, ça me rassure. Je le redoute aussi car s’il embrasse mal, qu’est-ce que je fais ? Grosso merdo, je ne suis tombée que sur des bons embrasseurs, enfin, 
des gars qui embrassaient comme j’aime et qui me mettaient les reins en feu. Selon mes souvenirs, trois exceptions : Pierre, un mec qui m’avait draguée en boîte, il m’avait déchiqueté les lèvres. Pas grave, ça ne dura qu’une soirée. Ensuite, Louis, je n’ai jamais rien compris à sa façon d’embrasser. Et le dernier, Arnaud. Là, j’étais franchement emmerdée parce que je savais que ce n’était pas le coup d’une nuit et ça calmait un peu mes ardeurs à faire de lui le père de mes enfants. Pour les smacks, il pinçait un peu les lèvres et pour les baisers profonds, ils étaient effectivement très profonds, genre je tâte ta glotte pour voir si tout va bien. Du coup, c’était bizarre et je me retrouvais le contour des lèvres irrité par sa barbe (oui parce que très poilu et
même quand il se rasait le matin, il y avait du poil le soir). Franchement, je suis sortie avec quelques poilus et j’ai jamais été irritée comme ça.
 
L’avantage du baiser, par rapport à la brouette, c’est que c’est quand on veut, où on veut et ça peut être tout aussi excitant. Après tout, qui peut démarrer des préliminaires sans de longs baisers passionnés ? Moi, j’adore.

Belle-famille, je t’’aime……ou pas.

Dimanche, je suis allée avec M. Gauthier voir un film « Un esprit de famille »… Je vous épargnerai mon avis, on va encore dire que je sais que critiquer. En gros, vous prenez tous les films américains qui mélangent Noël et famille, vous y prenez les clichés habituels (les vieux films, le beau sapin, des histoires d’amour à la mord moi le nœud…) et vous avez ce film. Mais pour rentabiliser cette soirée (enfin, on a papoté avec Gauthier, c’était quand même sympa), j’ai décidé d’écrire un article sur la « belle famille ».
esprit-de-famille
Comme tu le sais sans doute, lecteur, je n’ai jamais été mariée. Cependant, j’ai été quatre ans et demi avec un garçon, Guillaume (pour les nouveaux arrivants) et j’ai donc eu droit à divers repas de famille chez lui. Et lui chez moi. Comme je le sentais bien, ce petit copain-là, je l’ai ramené au bout de trois semaines chez mes parents. Je pense que mes parents sont plutôt sympathiques, on raconte des histoires de famille marrantes. Parfois, on fait de grandes tablées : les trois enfants (avec mon presque frère) et nos compagnons respectifs… Ah famille nombreuse, ah famille heureuse ! Je ne crois pas que mes parents soient des gens intimidants mais bon, moi, ça fait 25 ans que je les connais, je suis pas très objective. Bref, au bout de trois semaines, je ramenais Guillaume chez moi et nous partagions la même couche. A y repenser, ils sont ouverts d’esprit mes parents, quand même ! Guillaume est le seul petit ami que j’ai ramené à la maison.
 
De la même façon, les parents de Guillaume sont les seuls que j’ai côtoyés. Je me souviens parfaitement du jour où je les ai rencontrés. Ça faisait six mois qu’on sortait ensemble et je leur avais parlé quelques fois au téléphone, de grandes conversations.« Allo, madame Bidule ? J’aurais souhaité parlé à Guillaume, de la part de Nina, s’il vous plaît, merci ! ». Passionnant, n’est-il pas ? Donc, un jour, je ramène Guillaume de chez mes parents où nous avions passé le week-end et là, il me fait : « viens, je te présente à mes parents ! ». J’étais alors vécu d’un mini short qui tenait plus de la culotte qu’autre chose et je me suis sentie de suite follement à l’aise ! En plus, j’étais morte de trouille parce que son père était très strict et je ne savais trop comment ça allait se passer. Rassurez-vous, ses parents ont été charmants avec moi, ils m’ont proposé des verres mais je n’ai pas accepté, j’avais trois quarts d’heure de route pour rentrer chez moi.
 
Une fois la première rencontre faite, je faisais partie de la famille. Comme Guillaume était fils unique, sa mère me donnait plein de bricoles genre trousse à maquillage ou bracelet de la Redoute, ce qui était très gentil de sa part. Contrairement à tout ce qu’on m’avait dit, sa mère ne me considérait pas comme la « rivale », celle qui allait lui voler son fils pour toujours… Son père me stressait plus, donc, car il était très strict avec son fils et je me suis parfois retrouvée entre les deux quand le ton montait. Bon, Guillaume s’est aussi retrouvé entre ma mère et moi lors de disputes donc finalement…Son père était très gentil avec moi même s’il avait tendance à toujours me remplir mon verre, ce qui faisait qu’à la fin des repas, je me retrouvais un peu ivre.
 
Ensuite, en tant que compagne de Guillaume, j’ai assisté à de nombreux repas de famille, j’ai donc rencontré tous ses grands parents. Son grand-père paternel était sourd donc je devais parler fort et distinctement pour m’adresser à lui… J’avoue que je suis pas du tout habituée et j’en faisais des caisses pour être sûre d’être comprise. Côté maternel, nous allions voir ses grands parents à chaque fois que nous partions en vacances dans l’appartement de ma grand-mère au bord de la mer, ils habitaient à côté (nous avions tous deux des origines catalanes). Quelquefois, il y avait d’autres membres de la famille ce qui fait qu’en quatre ans, j’ai rencontré quasiment toute la smala. Je me souviens, une fois, on avait passé un après-midi chez eux, devant le Tour de France, Guillaume et son grand-père sur un canapé en train de parler de la course, sa grand-mère et moi en train de faire semblant d’être éveillées sur l’autre. La dernière fois que je les ai vus, je venais de pleurer toutes les larmes de mon corps car on avait eu une discussion assez difficile avec Guillaume. En gros, j’avais compris que c’était terminé, lui aussi, mais nous n’avons pas rompu à ce moment-là. Je devais vraiment avoir une drôle de tête avec mes yeux rouges et gonflés…
 
Quoi qu’il en soit, j’ai eu de la chance avec cette belle famille (je crois), je m’entendais bien avec tout le monde et je pense avoir été bien acceptée, notamment par ses cousines que j’aimais bien voir. La seule que j’ai pas rencontrée, c’est une dénommée Nina qui était journaliste… Amusant ! D’autres ont moins de chance comme, au hasard, ma mère. Quand elle a rencontré mon père, il avait encore ses deux parents mais ma mère ne les a rencontré que tard, vu qu’ils vivaient loin. Le jour J, ma mère se trouve face à sa future belle-mère et celle-là lui assène un : « Et bien, je n’ai pas de complexes à avoir ! ». 30 ans plus tard, ma mère lui en veut encore. Mais il n’y a pas eu que ça. Mon père et ma mère ne sont pas du même milieu social donc pour le mariage, ma grand-mère paternelle a refusé de cohabiter avec la famille de ma mère, des « ploucs » et a déjeuné dans une pièce voisine. J’ai des valises d’histoires comme ça. Il y eut la fois, aussi, où mes parents et moi-même étions chez mes grands-parents pour le week-end, ma mère et ma tante (la femme du frère de mon père) étaient enceinte, ma mère avait un trimestre d’avance sur ma tante mais ma grand-mère lui faisait faire tout le ménage alors que son autre belle-fille (pharmacienne et donc d’un niveau social plus élevé que ma mère) se prélassait, fatiguée par sa grossesse. Ce jour-là, ma mère fit ses valises et partit, rattrapée de justesse par mon père à la gare… Enfin, je vais pas tout raconter, je pense qu’on a saisi l’essentiel.
 
Je n’ai jamais rencontré d’autres beaux-parents, même si je les ai souvent vus en photo ou entendus au téléphone. Je me souviens, quand j’étais avec Arnaud, mes parents étaient venus sur Paris. Sur le coup, je l’avais un peu taquiné : « Tu veux pas que je te présente à mes parents ? Ils sont sympas ! ». Bien entendu, c’était une blague mais quand je lui ai demandé s’il avait déjà rencontré les parents de ses anciennes copines, sa réponse négative m’avait étonnée. « J’ai jamais eu l’occasion ! ». Ça, ça aurait dû me mettre la puce à l’oreille.
 
A la réflexion, je ne comprends pas vraiment pourquoi on craint à ce point la belle-famille… Evidemment, on peut tomber sur des cas comme ma grand-mère mais malgré toutes ses tentatives (dont certaines lettres), mon père a tout de même épousé ma mère et ils ont eu deux super enfants ! Certes, ma première expérience en la matière fut plutôt rassurante puisque le principal défaut des parents de Guillaume était leur caniche que je détestais et qui passait son temps à me sauter dessus (je n’aime pas trop les chiens). De plus, sans me vanter, je pense être une belle-fille plutôt bien : polie, serviable, souriante, jolie (ahah !), diplômée, une bonne situation (oui, d’ici que je me trouve un fiancé qui me présentera à ses parents, j’aurai un boulot)… Je peux même être non tabagique sur demande. Bon, je ne sais pas encore si je suis fertile mais selon le dernier voyant que j’ai vu, oui.
 
Du côté de mes parents, ils doivent se demander pourquoi en un an et demi de célibat, je ne leur ai présenté personne alors que Yohann ramène régulièrement de nouvelles conquêtes. Ils ont su que j’étais sortie avec Arnaud dont il ont vu une photo et je suppose qu’ils sont au courant pour Guillaume. Pendant les vacances, mon père a répondu à mon téléphone portable quand Guillaume appelait… Or quand il appelle, une photo de lui en peignoir apparaît… Hum ! Et encore, heureusement que ce n’est pas ma mère qui a répondu, sinon, elle aurait eu droit à un « chérie ! »… Je me demande aussi si ma sœur n’a pas craché le morceau (oui, elle est au courant, comme ça, elle me garde Kenya quand je pars en Bretagne) puisque vendredi, elle m’a sortie une petite pique.
« Ce que j’envisage, expliquai-je, c’est de commencer ma carrière à Paris puis partir ensuite en province.
– En Bretagne, par exemple… »
Ma mère m’a fait aussi une référence au pays des crêpes mais je me souviens plus laquelle… Mais bon, outre le fait que Guillaume et moi ne nous engageons pas, je vois pas en quelle occasion je pourrais lui présenter mes parents.
 
En fait, là où la présentation des beaux-parents peut être angoissante, ce n’est pas tant de rencontrer deux individus qui n’ont rien de plus ou de moins par rapport à nous. Mais être présentée aux beaux-parents est un pas de plus dans la relation… La prochaine étape, c’est quoi ? L’appart commun, les fiançailles ? Ah, quel stress ! C’est vrai que, dans ma famille, on a une certaine pudeur par rapport à ça. Une fois ma mère m’a expliqué que ça la gênait que Yohann ramène toutes ses copines : « Tu comprends, on s’attache aux gens et après, ils s’en vont… ». Du coup, le prochain que je ramènerai, j’attendrai un peu plus de trois semaines avant de le ramener !